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12 mars 2017 7 12 /03 /mars /2017 21:33
Photo Tony Karumba/AFP

Photo Tony Karumba/AFP

avec afp - Dimanche, 12 Mars, 2017 - Humanite.fr

 

Les Nations Unies ont averti ce samedi que le monde est confrontée à la « pire crise humanitaire depuis la fin de la Seconde guerre mondiale », avec un risque de malnutrition et de famine pour 20 millions d'habitants de trois pays d'Afrique et au Yémen.

Somalie, Soudan du Sud, Nigeria et Yémen, tous en proie à des conflits armés, sont les pays cités dans la déclaration faite vendredi devant le Conseil de sécurité par le Secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires et Coordonnateur des secours d'urgence de l'ONU, Stephen O'Brien. Le responsable qui s'est rendu au début du mois au Yémen, au Soudan du Sud et en Somalie, a lancé un appel à une mobilisation urgente, réclamant 4,4 milliards de dollars à la communauté internationale d'ici juillet pour « éviter une catastrophe. » LIRE LA DÉCLARATION (en anglais)

« Les Nations Unies lancent un avertissement, le monde fait face à sa pire crise humanitaire depuis la fin de la Seconde guerre mondiale, avec plus de 20 millions de gens confrontés à la faim et à la famine dans quatre pays », a-t-il déclaré.

« Sinon, on peut prédire que beaucoup de gens vont mourir de faim, perdre leurs moyens de subsistance et voir annulés les acquis politiques durement gagnés au cours des dernières années », a ajouté M. O'Brien. « Sans des efforts collectifs et coordonnés à l'échelle mondiale, des gens vont tout simplement mourir de faim. Beaucoup d'autres vont souffrir et mourir de maladie. Des enfants vont être retardés (dans leur développement) et manqueront l'école. Des moyens d'existence, des avenirs et des espoirs seront perdus », a averti le secrétaire général adjoint.

Le Yémen, a-t-il souligné, est actuellement le théâtre de la « pire crise humanitaire au monde ». Deux tiers de sa population - 18,8 millions de personnes - ont besoin d'assistance et plus de sept millions « gnorent d'où proviendra leur prochain repas » a-t-il dit en faisant état de déplacements massifs de populations, déracinées par les combats entre forces gouvernementales et houthistes. Le conflit a déjà fait plus de 7.400 morts et 40.000 blessés depuis mars 2015, selon l'ONU.

De récents accords entre les belligérants ont permis l'acheminement d'une aide alimentaire à 4,9 millions de personnes le mois derniers. « Pourtant, toutes les parties au conflit refusent arbitrairement un accès durable aux humanitaires et instrumentalisent l'aide à des fins politiques », a déclaré M. O'Brien. Il a estimé que 2,1 milliards de dollars étaient nécessaires pour aider 12 millions de gens et annoncé qu'une conférence au niveau ministériel aurait lieu le 25 avril à Genève en présence du secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres pour lever des fonds.

Au Soudan du Sud, M. O'Brien a dit avoir trouvé « la situation pire que jamais », en raison de la guerre civile qui ravage le pays depuis décembre 2013. Les parties du conflit sont responsables de la famine, a-t-il accusé. Plus de 7,5 millions de personnes ont besoin d'aide, soit 1,4 million de plus que l'an dernier, dans ce pays qui compte 3,4 millions de déplacés. En Somalie, c'est plus de la moitié de la population -- 6,2 millions d'habitants -- qui a besoin d'aide et de protection, dont 2,9 millions menacés par la famine. Près d'un million d'enfants de moins de 5 ans souffriront cette année de grave malnutrition, a-t-il dit, dans ce pays plongé depuis près de trois décennies dans le chaos et la violence entretenus par des milices claniques, des gangs criminels et l'insurrection des islamistes shebab.

« Ce que j'ai vu et entendu lors de ma visite en Somalie était bouleversant - des femmes et enfants marchent des semaines à la recherche de nourriture et d'eau ». « Ils ont perdu leur bétail, les sources d'eau potable se sont asséchées et ils ne leur reste plus rien pour vivre », a-t-il noté, ajoutant qu'on assistait à un vaste mouvement de population vers les centres urbains. Enfin, dans le nord-est du Nigeria, théâtre de l'insurrection des islamistes de Boko Haram depuis 2009, frappé par le changement climatique et victime de la mauvaise gouvernance, plus de 10 millions de personnes ont besoin d'une aide humanitaire, dont 7,1 millions sont « confrontées à une grave précarité alimentaire », a dit M. O'Brien. Lors de la Conférence d'Oslo sur le Nigeria et le bassin du lac Tchad le mois dernier, des contributions à hauteur de 672 millions de dollars ont été annoncées, en deçà de l'appel, fixé à 1,5 milliard de dollars.

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11 mars 2017 6 11 /03 /mars /2017 21:22
Rassemblement à gauche : urgence !  Pour une candidature commune à l’élection présidentielle et un pacte de majorité

Pour signer cliquer ici !

 

L'élection présidentielle approche dans une situation très préoccupante, lourde de dangers. Le FN est en tête dans les sondages et E. Macron semble pouvoir se substituer à F. Fillon pour qualifier la ligne ultra-libérale et austéritaire pour le 2d tour.

Cela relance le défi de la construction d’un rassemblement de la gauche pour battre la droite et l’extrême-droite, rompre avec le social-libéralisme et sortir de l’austérité avec une candidature commune à la présidentielle, un contrat de majorité pour les législatives, avec un pluralisme des candidatures et une dynamique de luttes populaires.

La responsabilité des candidats et des forces de gauche est engagée.

Jean-Luc Mélenchon somme Benoît Hamon de se rallier à lui tandis que Benoît Hamon paraît se contenter de miser sur un « vote utile » sans bouger sur le contenu de son programme. Continuer ainsi, c’est courir à la catastrophe d’un deuxième tour entre la droite et l’extrême-droite, alors que des éléments nouveaux permettraient de la conjurer. Qui est prêt à en porter la responsabilité ?

Devant les réticences des deux candidats à s’unir, il est urgent de travailler à la convergence des propositions. C’est possible et c’est le moyen de concrétiser le rassemblement !

Travaillons à converger sur un pacte majoritaire avec le souci d’une cohérence associant des objectifs sociaux audacieux à la conquête de pouvoirs pour les salariés et les citoyens sur l’utilisation de l’argent. On conjuguera ainsi, au lieu de les opposer, réalisme, efficacité et radicalité.

Nous avons la conviction qu'il est possible de converger sur quelques grands axes dont le contenu doit être débattu :

1. Emploi, travail, salaires : Il s’agit de la préoccupation majeure de la population française. Face au défi de la révolution numérique, il faut conquérir des moyens financiers (à travers le crédit et la fiscalité) et des pouvoirs sur ceux-ci pour sécuriser l’emploi et la formation ainsi que le revenu, et créer les conditions d'une véritable égalité femmes-hommes. Ce n’est plus le marché ni le patronat qui doivent décider des trajectoires professionnelles de chacune et de chacun, de nos vies. Augmenter les salaires, retraites et minima sociaux, réduire le temps de travail, redonner sens au travail, devraient faire partie des objectifs communs. On irait ainsi vers l'éradication progressive du chômage et de la pauvreté.

2. Protection sociale : son avenir exige une forme de refondation, à la fois à travers de nouveaux modes de financement qui responsabilisent les entreprises (avec modulation des cotisations selon le volume et la qualité de l’emploi) et qui  fasse contribuer la finance. Ce n’est pas le « coût du travail » qu’il faut baisser, c’est le « coût du capital » (intérêts, dividendes, etc.), pour consacrer beaucoup plus de moyens au développement de toutes les capacités humaines. C'est indispensable pour revenir à la gratuité des soins à 100 % comme à la retraite à 60 ans.

3. Services publics : leur relance est nécessaire pour répondre aux besoins populaires sur tous les territoires (éducation, santé, recherche, écologie, culture, justice, logement, énergie, …). Elle soutiendrait aussi la demande, aujourd’hui si insuffisante, tout en développant l’efficacité de la production nationale (l’offre). Il faut rompre avec l’austérité budgétaire, mettre en cause le verrou européen actuel. Il faut repenser les missions des services publics à partir de leurs finalités spécifiques, donner une priorité aux valeurs humanistes, et à leur démocratisation profonde avec leurs usagers.

4. Écologie : la lutte contre le réchauffement climatique et la préservation des ressources naturelles avec, dans une transition énergétique pour remplacer les énergies carbonées, un mix associant développement des énergies renouvelables et encadrement de celui du nucléaire, sous contrôle public et social. Elle va de pair avec l’essor de tous les services publics et le soutien à un mode de développement et de production alternatif fondé sur l'économie de moyens matériels, la promotion de nouveaux emplois et de nouvelles qualifications, avec de nouveaux financements maîtrisés par les populations et leurs élu.e.s.

5. Argent : la dictature des marchés financiers et des grandes banques privées sur l’utilisation de l’argent doit être combattue de façon conséquente. Pour cela, il faut un pôle public bancaire démocratique, pour pratiquer un crédit incitatif à l'essor de l'emploi, des qualifications, et de la recherche. Il y a besoin de pouvoirs pour les salariés et les habitants afin de changer l’utilisation de l’argent des entreprises, contre la spéculation financière et l’évasion fiscale et pour soutenir un développement efficace et écologique de l’activité et d’un emploi de qualité. Le CICE doit être supprimé et une réforme fiscale de progrès entreprise.

6. Europe : Le Pacte de stabilité est une stupidité. Les centaines de milliards d’euros créés par la BCE doivent servir à une expansion nouvelle de tous les services publics, avec les emplois et les investissements nécessaires. Cela permettrait d’aborder tout autrement les enjeux européens, pour construire avec les autres peuples les rapports de force nécessaires à des mesures immédiates de progrès. Il faut viser une refondation progressiste de l’Union européenne, une transformation progressive du monde, avec de tout autres traités que le CETA ou le TAFTA.

7. Démocratie : une VIème République est nécessaire, sociale et démocratique, rompant avec le présidentialisme et ressourçant la démocratie représentative : pouvoirs décisionnels nouveaux des salariés dans les entreprises et les administrations, et des citoyens sur le territoire. Il faut aussi inciter au renouvellement des élus et représentants politiques.

8. Egalité et Justice : Une égalité réelle pour toutes et tous, émancipée des origines assignées, univoques et prétendument apparentes, de toute différenciation injuste liée à l’âge, au genre, à la catégorie sociale, doit être instaurée et affirmée en donnant les mêmes droits à chacun.e, dans une égale dignité de participation et d’intervention. La politique des boucs émissaires, des relégations territoriales, de l’incitation au racisme et de la stigmatisation masque les vrais problèmes et les entretient. Cela appelle tout à la fois un effort culturel, un effort démocratique, une justice réaffirmée, une autre police et un nouvel âge des services publics.

 Rien n’est joué. Il est urgent et encore possible de construire des bases solides au rassemblement nécessaire pour battre la droite et l’extrême-droite.

 Une candidature commune à gauche est possible et indispensable.

 Cet appel ouvert rassemble des militants et responsables politiques du PCF et de différents partis de gauche, des personnalités intellectuelles, des syndicalistes, des militants associatifs et des personnalités de la société civile.

42 Premiers signataires :

Gérard ASCHIERI

Alain BEITONE

Amar BELLAL

Thibaut BIZE

Alain BOLLA

Frédéric BOCCARA

Paul BOCCARA

Gaby CHARROUX

André CHASSAIGNE

Ulf CLERWALL

Gilles COHEN-TANNOUDJI

Mahama COMPAORE

Raphaël DEBÛ

Yves DIMICOLI

Marc DOLEZ

Denis DURAND

Jean-Marc DURAND

Serge GUICHARD

Valérie GONCALVES

Roland GORI

Aurélien GUILLOT

François JACQUART

Jacky HENIN

Sylvestre HUET

Brahim JLALJI

Pascal JOLY

Marie-Jo KOTLICKI

Pierre LACAZE

Cédric LATTUADA

Didier LE RESTE

Cécile LEFEVRE

Gérard MATTERA

Nicolas MARCHAND

Catherine MILLS

Yannick MONNET

François MORIN

Alain PAGANO

Christian PIQUET

Sébastien PRAT

Frédéric RAUCH

Dominique VIDAL

Bora YILMAZ

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9 mars 2017 4 09 /03 /mars /2017 22:25
Les chaînes d’information en continu n’en finissent pas de mettre en avant les chances qu’aurait Emmanuel Macron de devenir président de la République. Photo : AFP

Les chaînes d’information en continu n’en finissent pas de mettre en avant les chances qu’aurait Emmanuel Macron de devenir président de la République. Photo : AFP

Un sondage réalisé par Harris Interactive pour France Télévision place Emmanuel Macron en tête dans les intentions de vote pour l’élection présidentielle. Alors que Fillon patine tandis que Hamon et Mélenchon se neutralisent,  certains médias sont désormais dans une stratégie de promotion  du candidat d’En Marche !.

Alors que François Fillon se trouve quelque peu handicapé par les méthodes qu’il a utilisées pour se faire du fric des années durant, les médias audiovisuels et leurs chaînes d’information en continu n’en finissent pas de mettre en avant les chances qu’aurait Emmanuel Macron de devenir président de la République. Ces médias mettent en exergue les ralliements qui vont de Robert Hue à Bertrand Delanoë et spéculent sur ceux susceptibles d’intervenir chez certains ministres du gouvernement de Bernard Cazeneuve. Tout est fait pour rendre incontournable l’ancien ministre de l’Economie du gouvernement que dirigea Manuel Valls.

Mais qui est donc Macron le "gendre idéal" ?

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L'HUMAIN AVANT TOUT Canton de Pont-du-Château - dans Elections Billet d'humeur
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7 mars 2017 2 07 /03 /mars /2017 21:47

Le documentaire « Aujourd’hui comme hier, combattre l’extrême droite - Histoire croisée du syndicalisme et de l’extrême droite »a été réalisé par l'IHS-CGT, dans le cadre de la campagne CGT-Solidaires-FSU-Unef-FIDL-UNL « Combattre l’extrême droite, ses idées, ses pratiques » initiée le 29 janvier 2014 à la Bourse du travail de Paris. Ce documentaire de 11 minutes peut être utilisé dans le cadre de formations, de débats, de réunions publiques et permet de se réapproprier l'histoire de la lutte antifasciste d'un point de vue syndical.

« Aujourd'hui comme hier, combattre l'extrême droite » - Suite à notre article d'hier "Décrypter les programmes de la réaction : Aujourd’hui il est utile de travailler sur les programmes des candidats, de les faire comprendre, de les décrypter !"
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L'HUMAIN AVANT TOUT Canton de Pont-du-Château - dans Société Culture et politique
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6 mars 2017 1 06 /03 /mars /2017 22:28
La procession filloniste au Trocadéro a révélé la porosité de son électorat avec l’extrême droite. Thomas Samson/AFP

La procession filloniste au Trocadéro a révélé la porosité de son électorat avec l’extrême droite. Thomas Samson/AFP

L’ouvrage Front national : l’imposture. Droite : le danger (Editions de l’Atelier, 6 euros) de Pierre Laurent, Alain Hayot et Marc Brynhole, sort le 9 mars prochain.

 

Aujourd’hui il est utile de travailler sur les programmes des candidats, de les faire comprendre, de les décrypter. En l’occurrence le programme de Marine Le Pen qui trompe, joue sur les mots. Avec elle, le débat politique est plutôt fuyant ; alors il faut redonner les clés de son discours. Et don¬ner aussi les clés du discours et du programme de François Fillon. Avec les affaires juridico-familiales de ce dernier, l’actualité a laissé un peu de côté le contenu de ce qu’il proposait. Or c’est un programme de droite qui est une véritable guerre au monde du travail.

Il est bon de décrypter les programmes, de donner du sens pour permettre à un public de lecteurs, de militants d’avoir des outils pour être en capacité de combattre ces idées, argument après argument. Dans ce livre ont été choisis dix points du programme de l’un, dix points du pro¬gramme de l’autre.

D’ailleurs, certains éléments se recoupent ; on constate que des passerelles, demain, pourraient intervenir entre ces deux formations, entre une droite dure et réactionnaire et l’extrême droite. Donc dix points qui peu¬vent concerner la Sécurité sociale pour l’un, la question de la laïcité pour l’autre, ce qu’ils disent dans leur programme et comment on décrypte ces propos à l’aide de documents, une démonstration précise pour démonter ces propositions, donner à voir le dessous des cartes.

C’est un livre mode d’emploi, un livre outil pour les militants mais pas seulement ; c’est un livre qui sera utile dans la campagne qui vient pour ne pas se laisser emporter par l’idée, entendue parfois, qu’on ne peut pas combattre Marine Le Pen, ou qu’on ne pourrait la combattre qu’avec l’identification au fascisme. On peut la combattre à partir de la réalité telle qu’elle est aujourd’hui. En fait, ni Fillon, ni Le Pen ne sont en capacité de répondre à la crise profonde que traverse notre pays.

Pire, ils nous conduiraient dans des difficultés accrues. Pour Marine Le Pen, c’est le libéralisme poussé très loin. Pour François Fillon, c’est une politique de droite très dure pour le monde du travail, très ancrée dans des idées réactionnaires rétrogrades, nous ramenant loin en arrière, avant les conquêtes de la Libération, avant celles du Front populaire. C’est une espèce de revanche historique sur le monde ouvrier. Tous les deux nous tracent un chemin qui n’est vraiment pas un chemin de sortie de crise.

 

Il y a une tromperie sociale de Marine Le Pen, car finalement la préférence nationale, ou priorité nationale, ne résoudra en rien le poids et les pouvoirs du monde de la finance, un monde que Le Pen ne touche jamais !

 

 

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5 mars 2017 7 05 /03 /mars /2017 21:41
Lettre ouverte d'un maire communiste à Benoît et Jean-Luc !

Philippe RIO Maire COMMUNISTE de Grigny./ESSONNES

 

Cher Benoît, cher Jean-Luc,

Je suis maire d’une ville où plus d’un enfant sur deux vit sous le seuil de pauvreté. Dans cette ville, la santé est devenue un luxe. Dans cette ville, le plafond de verre contraint une partie de la jeunesse à renoncer à ses rêves. Dans cette ville, des gens ne mangent pas toujours à leur faim…

Cette ville, ma ville, est une ville populaire. Il y manque des médecins, des enseignants, des policiers, des assistants sociaux. Cette ville, c’est Grigny. Mais cela pourrait être n’importe quelle autre ville populaire. Nous sommes victimes de la ségrégation sociale et territoriale, de la discrimination à l’adresse, de ce système qui fabrique de l’exclusion, de la résignation et de la violence.

Les Grignois, comme l’ensemble de nos concitoyens modestes, ne peuvent plus attendre pour l’égalité. Ils ont besoin d’une hausse immédiate des salaires. Il faut redonner des moyens à l’école de la République et renouer avec la police de proximité. Nos concitoyens veulent des logements dignes, des transports de qualité, une énergie propre et moins chère, un environnement respirable. Ils doivent pouvoir se soigner et continuer à être fiers d’un système de sécurité sociale qui émancipe de la loi du plus fort.

Cher Benoît, cher Jean-Luc, à Grigny comme ailleurs, vos carrières, vos querelles, on n’en a rien à faire. L’urgence dans ce pays est sociale. Elle est celle de l’égalité réelle, des droits sociaux, du climat. Ensemble faisons le constat que ce quinquennat est un rendez-vous – encore – manqué pour les classes populaires. Construisons des propositions d’urgence pour les habitants de nos quartiers. Nous voulons la mise en œuvre de droits réels. Nous n’accepterons plus le saupoudrage de la politique de la ville, des politiques dites prioritaires, toutes ces expressions de solidarité, voire de charité.

Je vous invite à Grigny pour que vous vous rendiez compte de l’état de nos vies, de ces peurs face au quotidien, de ces résistances autant que des espoirs immenses. Je vous invite à venir dire aux Grignois, les yeux dans les yeux, qu’ils peuvent attendre cinq ans supplémentaires pour une vraie politique de gauche, que la victoire de la droite populiste, ou de l’extrême droite fasciste, ce n’est pas grave. Que la cure libérale de Macron, ça ne leur fera pas de mal.

Messieurs, la vraie raison de l’engagement à gauche est ici. Elle est dans ces vies qui se brisent face à la précarité, à l’exclusion et à la misère. Au lieu de cela, vous hésitez, vous posez des principes, vous discutez. Et, dans l’entre soi d’une salle de restaurant, vous décrétez que le rassemblement est impossible. L’excuse ? L’Europe. Trop facile !

Tout cela, ce n’est que de la petite politique. Où est le sens du commun ? Où est l’intérêt général dans cette guéguerre ? L’Europe que nous refusons, nous la combattions ensemble dès 2005. Nous pourrions rouvrir le même front en 2017. Mais par votre obstination à chercher le plus petit diviseur commun, vous vous apprêtez à faire perdurer trente années d’inégalités.

Vos divisions tuent l’espoir d’une politique ambitieuse qui pourrait mettre fin à l’insupportable. L’union est un combat quotidien. Dans nos quartiers, nous le mettons en œuvre tous les jours pour survivre. Alors pourquoi pas vous ?

Pire, vous vous apprêtez à dégoûter encore un peu plus de la politique ceux qui ne peuvent plus attendre.

Messieurs devant l’Histoire, soyez dignes !

Pour le petit peuple que nous sommes, prenez vos responsabilités, rassemblez-vous !

Philippe RIO Maire de Grigny.

 

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L'HUMAIN AVANT TOUT Canton de Pont-du-Château
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4 mars 2017 6 04 /03 /mars /2017 23:52
Photo : AFP

Photo : AFP

Les mots qui fâchent par Philippe Torreton.

Ceci sera ma dernière chronique dans l’Humanité.

À moins qu’en lieu et place de ce billet, on me laisse écrire chaque semaine une recette de cuisine ou des conseils de jardinage, car le reste me procure un profond dégoût. Comme beaucoup d’entre vous, j’espérais de cette élection : nous avions rendez-vous avec l’Histoire, je l’ai dit à Jean-Luc Mélenchon. Jeudi 23 février dernier, les portes n’étaient pas officiellement fermées au dialogue, même âpre et tendu. Mais cet entrebâillement, reconnaissons-le maintenant, n’était que posture. Je ne sais pas si la gauche y laissera des plumes et, pour tout vous dire, je m’en moque un peu de la gauche, si la gauche c’est ce résultat. Ce qui est grave pour moi, c’est que l’écologie soit passée tout près d’une victoire historique et qu’elle va retomber dans les oubliettes des préoccupations politiques. La gauche va regarder Marine Le Pen, François Fillon et Emmanuel Macron, ils devront beaucoup à Benoît Hamon et Jean-Luc Mélenchon. Maintenant, vient le temps des vrais débats sérieux, qui fleurent bon le terroir et l’encaustique, la baisse des dépenses publiques, celle des charges qui pèsent sur les entreprises, la réduction du nombre de fonctionnaires, la recherche sur le gaz de schiste, la flexibilité, la quête de croissance, la sécurité, les valeurs de la France, la laïcité instrumentalisée… Car, c’est cela, ce non-accord : un blanc-seing pour la droite. Chacun reconnaissant qu’il vaut mieux la droite qu’un compromis. Pourtant, il me semble qu’un compromis, même en mordant sa chique, aurait soulagé bien de la misère en France ; un compromis aurait peut-être permis à quelques centaines de milliers de personnes de retrouver un toit ; un compromis, même tiré par les cheveux, aurait pu améliorer les conditions de travail de centaines de milliers de travailleurs au bout du rouleau ; un compromis aurait sûrement sauvé des sites naturels, rendu respirable de l’urbain asphyxié, amélioré la santé des plus faibles, remis à l’école des errances, donné de l’espoir aux enseignants et calmé la police en la rapprochant du peuple. Ils n’avaient pas envie de ça, nos deux têtes… d’affiche. Peut-être que la France ne va pas si mal que ça, finalement. Si ça se trouve, je me monte le bourrichon. Peut-être que tout cela peut attendre… Voilà, chers amis, je laisse la case à un poète qui saura donner dans l’allusif. Maintenant que la bataille est perdue, on peut penser à autre chose. Si vous êtes intéressés par ma recette de terrine de lapin façon mémé, écrivez au journal, qui transmettra. Fraternellement.

 

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2 mars 2017 4 02 /03 /mars /2017 21:41
Anne Tursz : « pour les enfants, curieusement, les responsables politiques ne se sentent guère 'obligés' » Photo : Géoffroy Ven Der Hasselt/AFP

Anne Tursz : « pour les enfants, curieusement, les responsables politiques ne se sentent guère 'obligés' » Photo : Géoffroy Ven Der Hasselt/AFP

Entretien réalisé par Alexandre Fache - Jeudi, 2 Mars, 2017 - Humanite.fr

 

Épidémiologiste et directrice de recherches à l'Inserm, la pédiatre Anne Tursz est l'une des meilleures spécialistes françaises de la maltraitance des enfants. Elle juge pour l'Humanité le plan présenté mercredi 1er mars 2017 par la ministre Laurence Rossignol.

 

Un plan spécifique pour lutter contre les violences faites aux enfants, c'est une bonne chose?

Anne Tursz. Bien sûr. Car il s'agit d'un problème majeur, qui méritait une mobilisation des pouvoirs publics, et une prise de conscience de la société dans son ensemble, comme celle intervenue sur les violences faites aux femmes. Ce plan arrive certes tard dans ce quinquennat, mais en la matière, mieux vaut tard que jamais. La protection de l'enfance a aussi fait l'objet d'une loi l'an passé. On ne peut donc pas dire que rien n'a été fait. Le problème, c'est de savoir ce que les successeurs de ce gouvernement feront de ce plan, s'il l'appliqueront ou pas. Cela concernerait les animaux ou les personnes âgées, je serais relativement optimiste... Mais pour les enfants, curieusement, les responsables politiques ne se sentent guère 'obligés'.

 

Quelle mesure vous paraît-elle la plus intéressante?

Anne Tursz. Celle qui entend aider le secteur médical à participer vraiment à la collecte d'informations, au repérage et au signalement des enfants maltraités. Aujourd'hui, les médecins ne sont absolument pas impliqués là dedans. Ils n'ont pas été formés pour ça, ça ne les intéresse guère, voire ça les barbe franchement. C'est pourquoi l'idée d'un médecin référent sur ces violences dans chaque hôpital est très intéressante. Ca va coûter un peu d'argent. Espérons que cela sera quand même mis en oeuvre. Car comme le disait la Haute Autorité de Santé dans son rapport de 2014, il ne faut surtout pas rester dans la solitude face à ces problèmes. Ce médecin référent doit être un relai, une ressource, une aide pour les autres professionnels qui ne savent pas toujours quoi faire.

 

Le problème avec la maltraitance des enfants est aussi le manque de données fiables, la méconnaissance de ce fléau en profondeur...

Anne Tursz. Oui et à ce titre, la mesure consistant à prévoir une autopsie obligatoire en cas de mort inexpliquée des enfants de moins de deux ans va dans le bon sens... Si toutefois elle est appliquée, car beaucoup y sont encore hostiles. Et puis il y a tous les cas qui restent en dehors des radars. Par exemple, ceux où les médecins de famille ferment les yeux sur des violences. Ce qui introduit une forme de sélection sociale: dans les milieux défavorisés, il n'y a souvent pas de médecin de famille, donc, en cas de problème, ce sont les pompiers qui interviennent. Lesquels sont tenus d'appeler la police, qui, elle, doit aviser le procureur. Là, pas de problème. La dissimulation est plus aisée quand il y a un dialogue entre un médecin de famille et des parents, disons, bien sous tous rapports. Or, les violences existent aussi dans ces milieux là.

 

Le plan se propose de rendre public chaque année le nombre d'enfants morts suite à des violences intrafamiliales...

Anne Tursz. Pourquoi pas... Mais cette disposition est un peu naïve car ce chiffre va être très compliqué à déterminer. Certes, les morts, a priori, c'est ce qu'il y a de plus facile à mettre au jour. Mais en réalité, en fonction des classes d'âge, il existe des définitions différentes de la maltraitance. Ce ne sont pas non plus les mêmes acteurs qui interviennent. Bref, il faudra un gros travail pour tout remettre à plat avant de se lancer. Ce qui n'évitera pas les oublis ou les doublons. Un chiffre annuel pour marquer les esprits, d'accord. Mais il pourra difficilement être un indicateur fiable de suivi des tendances.

 

Des enfants tués par leurs parents, cela émeut logiquement l'opinion, l'écho médiatique est souvent fort. Non sans effets pervers, dites vous. Lesquels?

Anne Tursz. Ces faits divers horribles attirent l'attention sur eux parce qu'ils sont 'croustillants'. Mais ils sont tellement horribles qu'on peine à croire qu'il y en a en réalité des centaines par an. Cela alimente le déni. Or, si: il y en a des centaines par an. Les quelques affaires qui font donc les Unes des journaux font ainsi figure d'arbre qui cache la forêt. Plus insidieusement, ils dédouanent aussi les parents qui font subir à leur(s) enfant(s) une éducation brutale et une pedagogie à base d'interdits, de gifles, etc... Ces derniers peuvent se dire: 'ça va, je n'en suis tout de même pas là'. Or, il n'y a pas de limite claire entre la maltraitance et la violence éducative ordinaire.

 

Le plan présenté par Laurence Rossignol entend justement promouvoir une éducation non violente, par le biais de livrets donnés aux parents, à la naissance, et, nouveauté, au début de l'adolescence. Ca peut marcher?

Anne Tursz. L'intention est excellente. Mais, là aussi, croire que ces livrets vont règler le problème apparaît un peu naïf. Tous les parents ne sont pas capables d'offrir à leurs enfants une éducation positive, non violente, favorisant leur épanouissement. Notamment ceux qui ont eux mêmes subi des enfances très difficiles ou très violentes. De fait, tous les parents ne sont pas capables de supporter la frustration, ou d'écouter hurler un enfant dix nuits de suite. Certes, le livret peut rassurer en partie certains d'entre eux, leur montrer qu'ils ne sont pas seuls dans la difficulté. Mais cela ne suffit pas. Ainsi, dans une recherche (1) menée il y a dix ans avec d'autre collègues (et qui avait été totalement enterrée par le ministre de l'époque, Xavier Bertrand), nous avions insisté sur la phase pré-natale : l'entretien prénatal précoce, le dépistage des familles vulnérables... Or, ces idées ont disparu du plan actuel. Et surtout, cela ne se fait pratiquement plus dans les faits. Pourtant, la vraie prévention, c'est ça: l'identification des facteurs de risques de maltraitance.

 

Le plan préfère en appeler aux voisins, en les invitant à dénoncer de potentiels faits de maltraitance. "Enfants en danger, dans le doute, agissez", proclame le slogan. C'est légitime?

Anne Tursz. Quand on entend un enfant pleurer régulièrement, continuellement, près de chez soi, la loi oblige déjà à agir. Le signalement peut être le fait de voisins, mais il doit surtout être initié par les professionnels (médecins, infirmières...). D'aucuns disent que ça va favoriser la délation. Mais la délation n'a pas attendu ce dispositif pour exister. La vraie question est de savoir si le numéro vert 119 (Allo Enfance en Danger), déjà saturé, pourra absorber et traiter toutes ces informations. Surtout, ce qui fera vraiment avancer les choses, c'est que chacun prenne conscience que les enfants n'appartiennent pas à leurs parents. Comme le rappelle la Convention internationale des Droits de l'Enfant, ce sont des personnes à part entière, qui ont des droits. Or, on ne rappelle jamais cette évidence. Résultat: la plupart des parents en France pensent que leurs enfants leur appartiennent. La maltraitance démarre là. Heureusement, tous les parents ne sont pas nocifs pour leurs enfants. Mais certains le sont, et la société a le devoir de les protéger.

(1) "Violences et santé", Documentation française, 2006

Le petit Lilian (4 ans) assassiné le 21 février à Lempdes (63)

Lilian a été découvert inanimé le 21 février dans l’appartement de sa mère et de son beau-père. Ce dernier est aujourd’hui poursuivi pour coups mortels. photo d’archives Pierre Couble © Pierre COUBLE

Lilian a été découvert inanimé le 21 février dans l’appartement de sa mère et de son beau-père. Ce dernier est aujourd’hui poursuivi pour coups mortels. photo d’archives Pierre Couble © Pierre COUBLE

Lilian, 4 ans, a succombé le 21 février sous les coups présumés de son beau-père, à Lempdes (Puy-de-Dôme). Le père de l’enfant avait pourtant dénoncé dès 2015 des violences commises par le suspect sur son fils. En vain.

 

La procédure date du 6 août 2015. Ce jour-là, le père récupère son petit garçon chez son ex. Il constate aussitôt que Lilian, âgé de 2 ans, présente de nombreux bleus. De retour à Thiers, le père inquiet file à la gendarmerie. Et dépose aussitôt plainte pour violences volontaires contre le beau-père, le nouveau compagnon de la mère du garçonnet.

Terrible enchaînement

Puis le père se rend à l’hôpital local. Il en ressort avec un certificat médical circonstancié. Le document, que nous avons pu consulter, n’établit pas d’ITT. Mais il confirme la présence « d’érythèmes et d’hématomes » sur les joues, le cuir chevelu, les lèvres et la poitrine de l’enfant.

Sur la base de ces suspicions de maltraitance, Me Anne-Laure Lebert, l’avocate du papa, demande le transfert de la résidence principale de Lilian. Le juge aux affaires familiales (JAF) la suit en janvier 2016. L’enfant revient donc s’installer à Thiers.
Cette décision est pourtant vite remise en cause par une enquête sociale dévastatrice pour le père.

« À défaut de preuves […], les traces de violences constatées par le médecin pourraient aussi être le fait du père », se hasarde même l’enquêtrice. Dénonçant des conclusions « à charge », « sans neutralité ni mesure », Me Lebert réclame un nouveau rapport. En vain. En juin 2016, le JAF tranche : Lilian doit retourner au domicile de sa mère.

Mais le père refuse d’obtempérer. Il est placé en garde à vue en juillet. Sans effet. Rebelote en novembre. Avec, cette fois, des conséquences lourdes : les gendarmes récupèrent Lilian et le remettent à sa mère. Trois mois plus tard, l’enfant est découvert inanimé, à Lempdes, dans le logement de la jeune femme et de son compagnon…

L’autopsie révèle notamment une fracture du crâne.  Le beau-père, âgé de 22 ans, déjà condamné plusieurs fois pour violences, est mis en examen deux jours plus tard pour coups mortels et placé en détention provisoire (*)

 

Le père accusé de "dénonciations mensongères"

Dans l’intervalle, qu’est-il advenu de la plainte déposée en août 2015 ? Le beau-père et la mère de Lilian ont été entendus par les policiers clermontois en septembre 2016. Le premier jure alors n’avoir jamais frappé l’enfant. La seconde confirme en bloc. Le duo va jusqu’à accuser le père de « dénonciations mensongères ».

Conséquence : la procédure – parmi les centaines de signalements traités chaque année par la brigade des mineurs – est classée sans suite par le parquet en octobre.

D’où cette question, terrible, mais inévitable : y a-t-il eu dysfonctionnement ? « L’interrogation est légitime, répond Éric Maillaud, le procureur de la République. J’ai tout examiné en détail. Et mon sentiment, c’est que tout a été fait raisonnablement. L’enquête pénale pour les violences a été traitée. Il n’a malheureusement pas été possible de caractériser l’infraction. Le dossier était suivi de près par le JAF. Nous avions aussi saisi le juge des enfants. La mairie a enfin déclenché une enquête sociale. Toutes les institutions ont réagi avec célérité ».

"Il s’est démené pour attirer l’attention sur le danger qui menaçait Lilian, mais il n’a pas été entendu."

Me Lebert

« Personne ne peut dire, de manière audible, qu’il n’y a pas eu des dysfonctionnements graves, s’insurge à l’inverse Me Lebert. Alors qu’il existait un certificat accablant, les seules investigations pénales ont consisté à auditionner le beau-père et la mère, plus d’un an après, pour classer le dossier sans suite. »

« Mon client, poursuit-elle, a fait ce qu’il devait le jour-même pour faire reconnaître les violences : déposer plainte et les faire constater médicalement. Il s’est démené pour attirer l’attention sur le danger qui menaçait Lilian, mais il n’a pas été entendu. C’est dramatique. Son refus de rendre l’enfant à la mère était tout à fait justifié. Lui, au moins, n’a pas failli. » 

(*) Il nie les faits et reste à ce stade présumé innocent.

Stéphane Barnoin - La Montagne

 

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28 février 2017 2 28 /02 /février /2017 21:44
Prendre le pouvoir sur l’argent !

La deuxième rencontre nationale du PCF, à la Bellevilloise (Paris), le 28 février dernier, a été consacrée à la question de l’argent, à son utilisation.

Pourquoi sur l’argent ?

Parce que les questions de l’argent sont des questions majeures. Il y a besoin de donner un sens dans le débat politique, il faut désigner un ennemi, et l’ennemi, ce n’est pas l’immigré, ce n’est pas le coût du travail, l’ennemi, c’est le capital financier. On dit la finance de façon un peu vague, le mot plus juste est le capital financier. Et l’enjeu, c’est de prendre le pouvoir sur l’argent. C’est ce sur quoi la gauche a buté depuis 1983. Et sur laquelle elle bute de façon récurrente.

C’est la question majeure, donc, et en même temps c’est la question dont les gens commencent à être conscients. Il faut arriver à éclairer cet enjeu, en indiquant que finalement le point clé, c’est les banques. Ce qu’il faut changer, c’est la logique dans laquelle l’argent est utilisé. Cela veut dire quoi ? Cela veut dire qu’aujourd’hui, cette logique vise à baisser le coût du travail. Or il s’agit de l’utiliser pour baisser le coût du capital, afin de faire des dépenses de développement, d’autres dépenses, dans les entreprises (salaires, investissements efficaces), dans la formation, la recherche, la protection sociale, les transports, l’école…

Et puis, alors qu’il est beaucoup question d’unité à gauche, le point clé pour avancer vers cette unité, c’est d’avancer sur la question de l’argent.

En désignant le capital financier comme ennemi, c’est aussi une façon de conjurer les périls de l’extrême droite qui, derrière l’immigré, s’en prend aux salariés, aux dépenses sociales. Le Pen, Fillon, Macron, c’est pas touche au capital.

Après la rencontre, l’idée est d’aller vers des initiatives dans les fédérations, ou localement, notamment sur l’idée d’un pôle public bancaire pour pratiquer un autre crédit, un crédit qui appuie des projets de développement de l’emploi.

On veut fournir un vadémécum pour des initiatives à partir d’un cas de lutte d’entreprise, ou de fermeture d’un service public, ou d’une collectivité locale en difficulté ; on veut faire monter dans le débat public l’idée qu’il faut un autre crédit et qu’il y ait une interpellation des forces de gauche sur ces enjeux.


 

Prendre le pouvoir sur l’argent !
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L'HUMAIN AVANT TOUT Canton de Pont-du-Château - dans Société Elections
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27 février 2017 1 27 /02 /février /2017 21:25
Photos : Joël Saget/AFP

Photos : Joël Saget/AFP

Rappel des faits. Alors que les appels au rassemblementse multiplient, les représentants des forces de gauche ont entamé des discussions. Citoyens et citoyennes prennent la parole.

À quelles conditions le rassemblement à gauche est-il encore possible ?

Un moment historique

par Marie-Jean Sauret, psychanalyste

Anticipons de quelques années. La logique néolibérale débouche sur les catastrophes annoncées. Les mêmes causes produisant les mêmes effets, le clash économique planétaire est cette fois sans recours bancaire, étatique ou privé ; la catastrophe écologique est terrible et ingérable : les eaux ont inondé des pays entiers ; la chaleur est quasi irrespirable sur la surface de la planète ; la majorité des espèces animales et végétales ont disparu ; tempêtes et inondations sont quotidiennes ; le peu d’alimentation en provenance des endroits où l’élevage et l’agriculture ont été préservés est polluée, comme sont pollués l’air et l’eau. La faillite politique est à son comble : rien ni personne n’est susceptible d’imposer la moindre autorité (à quelques îlots dictatoriaux et criminels près) et de fonder les communautés sur la moindre valeur ; les conflits se règlent par la guerre civile, et la guerre est quasi générale. La crise sociale est mondialisée : des peuples entiers migrent, chassés par les guerres, les inondations, la famine, le réchauffement climatique et aucun État, ni aucune ONG n’ont désormais les moyens d’accorder le moindre accueil ou secours ; la pauvreté est généralisée ; le chômage est devenu la règle générale ; la situation sanitaire est cataclysmique, et il y a longtemps que les avantages sociaux et les systèmes de soins sont en faillite…

Voilà le monde que nous construisons pour nos petits-enfants.

Et maintenant, imaginons l’improbable : seuls Marine Le Pen et le Front national disposeraient de la clef de ce problème susceptible d’éviter l’échéance finale. Hésiterions-nous à voter Le Pen ? Les catastrophes annoncées sont en effet pires que Le Pen. Il faut pourtant se ressaisir et se rappeler que la politique de Le Pen participe de la logique de la globalisation qui va déboucher, à moyen terme, sur le tableau apocalyptique ci-dessus.

Mais il convient de se souvenir que le social-libéralisme est, partout où lui et ses proches ont gouverné, responsable des avancées de cette logique, parfois plus que les partis de droite. Jacques Delors a donné à la Communauté économique européenne l’impulsion libérale décisive quant à l’orientation de l’Europe actuelle. Aux États-Unis et dans le monde, Clinton a fait plus que les Bush ; en Grande-Bretagne, Tony Blair plus que Margaret Thatcher ; en France, le second Mitterrand a plus nationalisé que la droite française, et Jospin et Hollande libéralisé plus que Chirac et Sarkozy, etc. Et l’Europe ordolibérale maltraite les Grecs, pactise avec les dictateurs, laisse s’opérer tel ou tel massacre de population, regarde les migrants se noyer…

Alors, si les catastrophes annoncées sont pires queLe Pen, allons-nous agiter le chiffon Le Pen pour se contraindre à rallier Hamon (sauf un accord sur un programme de rupture) et le cortège du PS dont on sait la responsabilité dans la situation actuelle et celle qui pourrait advenir ?

Il n’y a qu’un vote utile, qu’un vote de rupture, qu’un vote qui envisage le dérèglement de la logique néolibérale (à supposer qu’il soit encore temps) : celui de la France insoumise. Le temps n’est plus aux discussions de salon. Untel n’aime pas la personnalité de Mélenchon ? Mais est-ce qu’il préférerait mourir noyé au motif que son sauveteur n’a pas le « look » convenable ? D’où vient cette recrudescence meurtrière du narcissisme (délit de faciès) à cet endroit ?

D’autres font le calcul de gagner l’élection avec Hamon et de se retourner ensuite pour détruire le parti du social-libéralisme : un peu comme si l’on commençait à soigner la patte brisée d’un chien enragé et à attendre qu’il soit remis avant de tenter de l’abattre ! Il s’en trouve même pour dénier la réalité de la menace au motif que nous n’en serons sûrs qu’avec sa réalisation : no comment.

Sans doute le plus grand nombre a peur d’un changement engageant chacun à sa suite. À dire vrai, ce sont sans doute des croyants, ceux qui espèrent gagner du temps en écartant à coup sûr Le Pen au profit de Hamon : dans le temps gagné, Dieu devrait bien faire quelque chose pour sauver sa création, à moins que ne survienne enfin l’homme providentiel !

Aimons-nous la vie ? Pas la nôtre, celle de ceux qui viendront après nous ?

Outre que la catastrophe est imminente et que le temps ainsi gagné est du temps perdu pour l’éviter, il n’y a pas d’autre homme providentiel que celui que nous porterons à la tête du mouvement décidé à changer les choses. De la même façon que les républicains américains qui ont choisi Hilary Clinton plutôt que Bernie Sanders ont de fait choisi Trump plutôt que Sanders, de la même façon choisir un social-libéral plutôt qu’une candidature de rupture revient à préférer Le Pen à Mélenchon.

Il nous revient de créer cette condition d’une chance de survie. Le PCF s’honorerait de ne pas participer au démenti du réel sur lequel nous courons le risque de nous fracasser si rien n’est fait. Au fond, pas d’autres femmes et hommes providentiels que celles et ceux qui auront le courage d’engager par leur vote ce changement de logique, maintenant.

Ne ratons pas ce moment historique et pensons aux générations qui pourraient nous suivre. Ne sacrifions pas l’avenir à notre peur de Le Pen.

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