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3 septembre 2017 7 03 /09 /septembre /2017 22:12
FRANCE, Valence: A child sits in a classroom at a school in Valence, southern France, on September 1, 2015, the first day of the new school year. - CITIZENSIDE/CHRISTOPHE ESTASSY

FRANCE, Valence: A child sits in a classroom at a school in Valence, southern France, on September 1, 2015, the first day of the new school year. - CITIZENSIDE/CHRISTOPHE ESTASSY

Laurent Mouloud - Lundi, 4 Septembre, 2017 – L'Humanité

 

Douze millions d’élèves font leur retour en classe aujourd’hui. Une rentrée marquée par la mise en place de plusieurs réformes qui suscitent déjà l’inquiétude. Derrière l’activisme du ministre Blanquer se dessine une vision libérale de l’école.

Depuis une semaine, Jean-Michel Blanquer répète en boucle son élément de langage favori : il veut « une école de la confiance ». Mais l’omniprésent ministre de l’Éducation nationale devrait savoir que cette fameuse « confiance » ne se décrète pas, elle se gagne. Or force est de constater que, trois mois après sa nomination, le locataire de la Rue de Grenelle déroute, irrite et inquiète plus qu’il ne rassure. Alors que douze millions d’élèves reprennent aujourd’hui le chemin de l’école, celui que certains surnomment déjà « CTRL-Z » – le raccourci clavier qui efface ce qui a été fait – empile les réformes à rebours du quinquennat précédent. Semaine de quatre jours, redoublement, emplois aidés, évaluations… Le libéral Blanquer, proche de l’Institut Montaigne, avance au pas de charge. Et ravive les tensions. Loin du pragmatisme revendiqué, c’est surtout avec les vieilles lunes néoconservatrices que le gouvernement renoue en cette rentrée scolaire.

Les principales mesures imposées en cette rentrée scolaire témoignent de cette politique de faux-semblant.

Décryptage :

1 - l’imbroglio des classes de CP à douze élèves

Promesse électorale d’Emmanuel Macron, qui en a fait sa réforme phare dans la lutte contre les inégalités sociales à l’école, le dispositif des douze élèves par classe dans les CP et CE1 des réseaux prioritaires (REP) commence à se mettre en place dans 2 500 CP de REP+ (les plus défavorisés). Il continuera de se déployer lors des deux prochaines années. Sur le papier, l’image est belle. Diminuer les effectifs dans les zones en difficulté, qui pourrait être contre ? Mais voilà, le financement de cette mesure ne relève pas d’un vrai choix budgétaire. Il se fait en piochant dans d’autres dispositifs. « C’est un véritable détournement de fond », dénonce Francette Popineau, secrétaire générale du SNUipp-FSU. Pour arriver à ses fins, le ministère a pris dans les postes destinés au remplacement des maîtres, aux Rased (maîtres spécialisés dans la difficulté scolaire), mais aussi à la scolarisation des enfants de moins de 3 ans et dans le dispositif prometteur « Plus de maîtres que de classes ». Ce dernier va, à lui seul, perdre 1 200 postes sur les 4 100 qui lui étaient promis en cette rentrée… « Ces CP dédoublés, c’est très bien si cela ne se fait pas au détriment d’autres améliorations, résume Francette Popineau. Là, on va de nouveau se retrouver avec des maîtresses malades qui ne seront pas remplacées et les élèves seront alors entassés dans d’autres classes. » Les 12 000 postes nécessaires pour déployer l’ensemble de cette mesure dans les années à venir inquiètent. Où le gouvernement les trouvera-t-il, lui qui n’a prévu que 4 500 créations dans l’éducation lors de ce quinquennat ? À Vaulx-en-Velin (Rhône), les enseignants de REP+ seront en grève aujourd’hui pour dénoncer « l’arrivée précipitée des “CP à 12” ». Une mesure qui, par un jeu comptable, occasionne des hausses d’effectifs jusqu’à 27 élèves dans les autres classes que le CP. « Derrière cette mesure, on assiste à un délitement des moyens alloués à l’éducation prioritaire », déplorent ces profs qui n’ont, en revanche, obtenu aucun des postes réclamés dans le secteur éducatif, médical et social…

2 - Le grand flou des emplois aidés

L’autre inquiétude de cette rentrée est la baisse drastique du nombre d’emplois aidés, annoncée en plein mois d’août. Près de 23 000 (sur 73 000) devraient être supprimés dans l’éducation nationale. Lesquels ? Mystère. La secrétaire d’État en charge des personnes handicapées, Sophie Cluzel, a promis que son secteur ne serait pas touché : 50 000 contrats d’auxiliaires de vie scolaire (AVS) et 30 000 contrats d’accompagnants d’élèves en situation de handicap (Aesh) seraient « sanctuarisés ». Pour finir de rassurer, Emmanuel Macron et Jean-Michel Blanquer se rendront aujourd’hui dans une école de Forbach (Moselle), exemplaire en matière d’inclusion des élèves handicapés… Bref, les suppressions devraient s’opérer plutôt dans les emplois dédiés à l’administration, notamment l’assistance des directeurs d’école. Du côté des municipalités, le flou demeure. À la suite de la menace de certaines communes de reporter la rentrée face aux difficultés d’organiser le transport scolaire, la cantine ou encore la garderie, le gouvernement a promis de la « souplesse ». « L’État va regarder au cas par cas, les préfets auront l’obligation d’être à l’écoute des maires pour régler les situations particulières », assure l’Association des maires de France. Bref, ceux qui râleront seront servis, les autres devront faire sans… Le règne de l’arbitraire en guise de politique.

3 - Rythmes, évaluations… Le retour des années Sarkozy

Cette rentrée est également marquée par le retour de la semaine de quatre jours pour un tiers des écoles, mais également par une série d’annonces qui renvoient à l’ère Sarkozy. Internats d’excellence, évaluations en CP, redoublement, autonomie des établissements, Marseillaise… Des polémiques éculées qui flattent l’électorat de droite et agacent la plupart des syndicats. « Blanquer se présente comme un homme neuf tout en passant son temps à ressusciter les idées du passé », résume Stéphane Crochet, secrétaire général du SE-Unsa. De son côté, Frédérique Rolet, pour le Snes-FSU, parle d’une «politique brouillée».

En trois mois, ce ministre qui se pique de pragmatisme scientifique a aligné pas mal d’énormités. Le retour du redoublement tout en le gardant exceptionnel ? C’est déjà le cas. La suppression de la méthode de lecture globale ? Elle n’est plus pratiquée depuis longtemps. L’apprentissage de la Marseillaise au CM1 ? Elle figure au programme depuis des années. Les internats d’excellence ? Ils se sont fait étriller par l’inspection générale… Quant aux évaluations en français et maths, en septembre pour les CP et en novembre pour les 6es, elles font déjà soupirer de lassitude tous les observateurs du milieu scolaire. « Le repérage des difficultés n’est pas ce qui pose problème aux enseignants, relève Francette Popineau. Ce sont les solutions pour les surmonter qui manquent et sur ce point le ministère n’apporte aucune réponse. » Le scientifique Blanquer va devoir retourner à ses études…

Laurent Mouloud - Chef de la rubrique société


 

 

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L'HUMAIN AVANT TOUT Canton de Pont-du-Château - dans Editos Société
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31 août 2017 4 31 /08 /août /2017 22:48
Photo : Philippe Wojazer/AFP

Photo : Philippe Wojazer/AFP

Jeudi, 31 Août, 2017 – Humanite.fr

 

Communiqué de la CGT. Le gouvernement vient de nous proposer dans la droite ligne de ses prédécesseurs une énième réforme du droit du travail partant du principe que le travail est un coût, alors qu’il produit les richesses. Cette loi va se rajouter aux précédentes sans même les avoir évaluées et pour cause, elles sont inefficaces.

Pourtant, lors de sa première rencontre avec le gouvernement, la CGT a fourni 14 pages de propositions pour que notre pays engage de réelles réformes afin de sortir de cette spirale qui nous enfonce dans un chômage de masse. Pour rappel, si on comptabilise l’ensemble des catégories A-B-C-D et E, ce sont plus de 6,6 millions de chômeurs inscrits à Pôle Emploi que comptera la France, auxquels s’ajoutent des millions de précaires, de salariés à temps partiel imposé, dont une majorité de femmes et de jeunes.

 

Le code du travail permet que les salariés aient les mêmes droits, il n’a jamais permis de créer des emplois car ça n’a jamais été son rôle ! Monsieur GATTAZ Yvon (le père) annonçait déjà en 1986 la création de 471 000 emplois grâce à la suppression administrative de licenciement, le fils portait un pin’s (« 1 million d’emplois ») il y a deux ans ! On connaît le résultat !

 

Le gouvernement vient de confirmer les craintes que nous pouvions avoir.

 

D’abord, il va encore accentuer l’inversion de la hiérarchie des normes qui s’était engagée dès 1984 et qui n’a cessé de s’intensifier au fil des différentes réformes depuis 40 ans.

 

La primauté de l’accord d’entreprise, même moins favorable, sur l’accord de branche va s’accentuer dans la plupart des domaines (primes, indemnités diverses, congé de maternité, etc..). La primauté de l’accord de branche sur la loi s’élargit considérablement (ex : durée et renouvellement des CDD, contrats de chantiers).

 

Cette mesure n’aura qu’un seul effet : l’amplification du dumping social, en accentuant la mise en concurrence des PME et PMI et de leurs salariés. Cela va aggraver l’insécurité sociale de ces entreprises toujours plus placées sous l’emprise des donneurs d’ordres.

 

A l’heure où la souffrance au travail,  les maladies professionnelles et accidents du travail et le désengagement de nombreux salariés s’intensifient parce qu’ils ne peuvent effectuer un travail de qualité, le CHSCT, qui est l’outil essentiel pour aborder les questions autour du travail réel va être fusionné avec les autres instances représentatives du personnel.

 

La négociation est un droit des salariés exercé par leur syndicat. Le patronat vient d’obtenir une relation de gré à gré avec un salarié isolé et non protégé dans les PME/PMI. On imagine aisément comment pourront se dérouler de futures négociations.

 

Ce déséquilibre va être renforcé, l’employeur pouvant prendre l’initiative d’un référendum au style déjà connu « choisissez entre la peste et le choléra ».

 

Une étape supplémentaire dans la liberté de licencier sans contrainte est également franchie. Sont en effet instaurées les ruptures conventionnelles, collectives, contournant les règles des PSE.  Ce sont encore moins de droits et de protection pour les salariés.

 

Enfin, pour couronner le tout, un plafond des dommages et intérêts est fixé pour les indemnités prud’homales, ce qui pourra permettre à un employeur de provisionner un licenciement et amortir l’embauche d’un jeune de qualification égale mais moins payé.

 

Cette loi sur le droit du travail,  comme les précédentes, n’améliorera pas le chômage, va augmenter encore la précarité, développer la pauvreté comme c’est déjà le cas en Allemagne ou en Angleterre.

 

Le 12 septembre doit être une première riposte de grèves et manifestations à cette loi du travail XXL.

 

La CGT [et ses partenaires, FSU, Solidaires, UNEF, Ndlr] va continuer à informer partout les salariés sur les conséquences très concrètes qu’ils pourraient subir dans leurs entreprises.

 

La CGT va engager le débat avec eux pour d’autres propositions, comme l’augmentation de salaire, une autre répartition des richesses (41 milliards de dollars versés aux actionnaires au 2ème semestre 2017 mettant la France première des pays européens), la réduction du temps de travail, des droits attachés à la personne et transférables d’une entreprise à l’autre, une sécurité sociale professionnelle permettant de ne plus passer par le chômage après la perte d’un travail.

 

La CGT fera tout pour unir les salariés, les travailleurs indépendants, les privés d’emploi, les retraités, les jeunes lycéens et étudiants avec l’ensemble des autres organisations syndicales afin de gagner des réformes de progrès social.


 

 

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16 août 2017 3 16 /08 /août /2017 22:50
Carte des arrêtés publiés le 8 août. En gris: vigilance. En jaune : alerte. En orange : alerte renforcée. En rouge : crise.

Carte des arrêtés publiés le 8 août. En gris: vigilance. En jaune : alerte. En orange : alerte renforcée. En rouge : crise.

Marion Gauthier - Jeudi, 10 Août, 2017 - L'Humanité

 

Nicolas Hulot et Stéphane Travert ont proposé hier des « axes d’action » pour une meilleure gestion de l’eau. Mais certaines solutions sont déjà critiquées.

 

Nicolas Hulot l’avait annoncé. Le nouveau plan de gestion de l’eau a été rendu public mercredi soir, via un communiqué signé par le ministre de la Transition écologique et celui de l’Agriculture, Stéphane Travert. Parmi les « actions concrètes » mises en avant, le stockage hivernal de l’eau, la réduction des fuites dans les canalisations des collectivités et une ébauche de réorientation agricole figurent en bonne place. Les deux ministres en charge du dossier misent par ailleurs sur l’innovation scientifique pour une plus grande « efficience de l’irrigation » et le « développement de nouvelles solutions ». Voilà qui laisse ouvertes les perspectives.

Alors que le nombre d’arrêtés sécheresse continue d’augmenter - les consulter sur le site Propluvia - il s’agit, selon le communiqué, de trouver une solution durable à un « dérèglement climatique » laissant présager des difficultés fréquentes du point de vue des ressources en eau. « On parle beaucoup de l’agriculture parce que c’est le plus gros consommateur d’eau mais il y a des améliorations à apporter dans tous les secteurs », souligne Lorraine Levieuge, chargée de missions eau pour l’association France Nature Environnement (FNE). Et de poursuivre : « Par exemple, pour ce qui est de l’eau potable, les réseaux sont souvent obsolètes, il faudrait donc les rénover pour limiter les fuites. » Sur ce point comme sur le nécessaire développement d’une « agriculture plus économe en eau » prôné en Conseil des ministres, l’association FNE voit ses attentes satisfaites.

 

« Il ne faut pas permettre à un modèle dépassé de survivre »

A cependant été adopté le « stockage hivernal de l’eau », à savoir la mise en place de réservoirs, remplis pendant l’hiver, permettant de combler les besoins estivaux : cette mesure vise à « éviter les prélèvements en période sèche, lorsque l’eau est rare ». C’est là que le bât blesse. « L’eau est un bien public, réagit Lorraine Levieuge ; la stocker pour quelques-uns n’est pas une bonne solution. Il est temps de changer les pratiques pour réduire notre dépendance à cette ressource et assurer un partage équitable entre tous les usages. On a besoin d’eau pour l’agriculture mais il ne faut pas permettre à un modèle dépassé de survivre. Il faut accompagner une agriculture durable, qui a besoin d’eau, certes, mais de façon plus raisonnée. » Pour couronner le tout, ces réservoirs, perturbant les écosystèmes aquatiques, iraient à l’encontre d’une obligation européenne, celle du « bon état des eaux ».

 

« Le stockage de l’eau ne réglera pas le problème de l’irrigation »

Benoît Biteau, agronome et conseiller régional de la Nouvelle-Aquitaine, contacté avant le Conseil des ministres, fustigeait par avance la mesure prise par les nouveaux gestionnaires de la ressource nationale en eau. « Le stockage de l’eau ne réglera pas le problème de l’irrigation. Il implique de faire des trous de sept mètres de profondeur, remplis grâce à des forages ! Lorsqu’on prélevait directement dans le milieu naturel pour irriguer les cultures, avant les premiers équipements de stockage, l’étiage (débit minimum d’un cours d’eau – NDLR) apparaissait à partir du mois de juin. Depuis qu’on remplit ces équipements, qui sont financés à 70 % par de l’argent public, avec de l’eau captée par les forages pendant l’hiver, c’est en avril que l’étiage apparaît. »

Diverses campagnes de sensibilisation et de communication ainsi qu’un deuxième plan national d’adaptation au changement climatique sont enfin inscrits au plan de gestion durable de l’eau. Dans un contexte de tensions croissantes autour du modèle agricole et de la ligne à tenir face aux épisodes répétés de sécheresse, le ministre de la Transition écologique tente encore une fois de ménager la chèvre et le chou.

 

 

 

 

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L'HUMAIN AVANT TOUT Canton de Pont-du-Château - dans Société
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15 août 2017 2 15 /08 /août /2017 21:22
L'annonce de l'annulation soudaine et immédiate des 46,5 millions d'euros de crédit dédiés à la politique de la ville fait réagir nombre d'élus locaux. (Photo AFP)

L'annonce de l'annulation soudaine et immédiate des 46,5 millions d'euros de crédit dédiés à la politique de la ville fait réagir nombre d'élus locaux. (Photo AFP)

Vendredi, 11 Août, 2017 - L'Humanité

 

Cinquante maires sont les premiers signataires d'une lettre ouverte adressée à Emmanuel Macron dans les pages de l'Humanité. [Nous aurions aimé y trouver la signature du Maire de Lempdes, mais peut-être qu'il n'est pas trop tard ?] Ndlr]

 

Monsieur le président de la République,

 

Élus communaux et intercommunaux, nous sommes stupéfaits et atterrés par l’annonce de l’annulation des 46,5 millions d’euros de crédits du programme 147 du budget 2017 de l’État non encore engagés au 1er juillet, destinés aux programmes d’actions des associations intervenant, dans le cadre des « contrats de ville », en faveur des populations les plus fragiles du pays résidant dans les quartiers prioritaires de la politique de la ville (QPV).

Ces actions concourent à rétablir l’égalité républicaine par la fraternité solidaire de la nation, s’appuyant sur une stratégie de « cohésion des territoires » à laquelle vous avez choisi de dédier un ministère. Elles se déclinent en programmes vers l’économie et l’emploi, la formation, la lutte contre l’illettrisme, l’éducation scolaire et des temps libres, l’accès aux sports et à la culture, la solidarité, la prévention sanitaire et la santé, le vivre-ensemble dans la cité, les mobilités, la vie sociale de l’habitat, la prévention de la délinquance et des radicalisations, l’accès à la justice et au droit, l’aide aux victimes, la citoyenneté, notamment celle des conseils citoyens, et la démocratie de proximité.

En plein milieu d’exercice budgétaire, les conséquences du décret 2017-1182 du 20 juillet du ministre de l’Action et des Comptes publics, conduisant à la perte de 11 % des crédits découlant de l’engagement contractuel de l’État, peuvent être catastrophiques pour la survie des associations qui garantissent la cohésion sociale, pour les bénéficiaires de leurs actions, et plus globalement pour les 5 millions d’habitants des QPV, ainsi que, par voie de conséquence, pour les populations des territoires urbains qui les abritent.

Elles risquent en outre d’entraîner, dans certains territoires, un désengagement de collectivités cosignataires des « contrats de ville » qui accroîtra le danger de rupture grave du climat urbain.

Nous sommes d’autant plus préoccupés que, outre le programme 147, le même décret annule dangereusement les crédits de nombre d’autres missions de l’État indispensables à la prévention de la fracture sociale : l’embauche dans les petites et moyennes entreprises (– 80 millions d’euros), l’intégration et l’accès à la nationalité française (– 40,5 millions d’euros), la police nationale, dont les réservistes volontaires (– 110 millions d’euros), les concours financiers aux communes, dont la « dotation politique de la ville » destinée à soutenir les villes pauvres abritant des populations pauvres (– 209 millions d’euros), l’amélioration de l’habitat (– 130,5 millions d’euros), l’accès au droit et à la justice (– 10 millions), la protection judiciaire de la jeunesse (– 16,8 millions d’euros), l’égalité entre les femmes et les hommes (– 7,5 millions d’euros), la prévention, la sécurité sanitaire et l’offre de soins (– 24,5 millions d’euros), les politiques sanitaires, sociales, du sport, de la jeunesse et de la vie associative (– 69,7 millions d’euros), les services de transport (– 194,7 millions d’euros), la démocratisation de la culture (– 39 millions d’euros).

En cette année 2017, où l’État a chargé le commissariat général à l’Égalité des territoires (CGET) de célébrer le 40e anniversaire de la politique de la ville, nous tenons à vous rappeler que, la seule année, 2005, en quatre décennies où les quartiers populaires ont eu à subir pareil désengagement de la puissance publique, a été celle qui les a vus s’enflammer et connaître les violences urbaines sans précédent qui demeurent dans les mémoires.

Nous vous demandons donc solennellement de faire revenir dans l’urgence le gouvernement sur sa décision d’annulation de ces crédits indispensables à l’équilibre républicain des territoires.

Nous vous prions d’agréer, Monsieur le président de la République, l’expression de notre haute considération.

 

Les signataires :

Gérard Allard, maire de Rezé, Marie-Hélène Aimable, maire de Bagneux, Catherine Arenou, maire de Chanteloup-les-Vignes, François Asensi, maire de Tremblay-en-France, Françoise Baud, maire de Valenton, Patrice Bessac, maire de Montreuil, Jean-Pierre Bosino, sénateur maire de Montataire, Philippe Bouyssou, maire d’Ivry-sur-Seine, Patrick Braouezec, conseiller municipal de Saint-Denis, Damien Carême, maire de Grande-Synthe, Alain Cazabonne, maire de Talence, Gérard Cosme, maire du Pré-Saint-Gervais, Meriem Derkaoui, maire d’Aubervilliers, Patrick Douet, maire de Bonneuil-sur-Marne, Driss Ettazaoui, conseiller municipal d’Évreux, Patricia Fernandez-Pédinielli, maire de Port-de-Bouc, Michel Fourcade, maire de Pierrefitte-sur-Seine, Patrick Jarry, maire de Nanterre, Jean-Claude Kennedy, maire de Vitry-sur-Seine, Bertrand Kern, maire de Pantin, André Laignel, maire d’Issoudun, Patrice Leclerc, maire de Gennevilliers, Gilles Leproust, maire d’Allonnes, Jean-Michel Longueval, maire de Bron, Françoise Marhuenda, maire des Ulis, J ean-Louis Marsac, maire de Villiers-le-Bel, Christian Métairie, maire d’Arcueil, André Molino, maire de Septèmes-les-Vallons, Jean-Marc Nicolle, maire du Kremlin-Bicêtre, Michèle Picard, maire de Vénissieux, Marie-Line Pichery, maire de Savigny-le-Temple, Gilles Poux, maire de La Courneuve, Bertrand Pasciuto, maire de Cournon-d’Auvergne, François Pupponi, député maire de Sarcelles , Marjolaine Rauze, maire de Morsang-sur-Orge, Philippe Rio, maire de Grigny, Clément Rossignol-Puech, maire de Bègles, Christophe Rouillon, maire de Coulaines, Laurent Russier, maire de Saint-Denis, Nicolas Sansu, maire de Vierzon, Renzo Sulli, maire d’Échirolles, Azzédine Taïbi, maire de Stains , Rodolphe Thomas, maire d’Hérouville-Saint-Clair, Frédéric Vigouroux, maire de Miramas, Jean-Claude Villemain, maire de Creil, Marc Vuillemot, maire de La Seyne-sur-Mer, Gérard Weyn, maire de Villers-Saint-Paul.

 

 

 

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12 août 2017 6 12 /08 /août /2017 19:36
Jean Ortiz - Jeudi, 10 Août, 2017

Jean Ortiz - Jeudi, 10 Août, 2017

A Pau, un lundi, les rues du Vieux Quartier, piétonnier, ressemblent à celles de Santiago, jadis, à l’époque du couvre-feu et de l’état de siège... dictature dure en moins. Nous sommes toujours en « État d’urgence », en « dictamolle ».

Les riverains s’en accommodent. Ils ont le silence compris dans les clauses de leurs assurances et de leurs baux... Il est vrai que le quartier est plutôt bobo. Le peuple, lui, se cache et se prépare... Gare à la revanche quand tous les palois pauvres s’y mettront !!! Plagiat... Rue Joffre ! Trompettes guerrières...

Les deux jeunes passantes, égarées, paraissent normales, alors que l’homme du premier plan, qui n’a pas manqué d’intriguer la journaliste Eugénie, arbore une lissitude de statue. Il est rouge, de couleur et de plaisir. Il reposait sur un socle que mon ami le photographe urbain et coquin Manuel Baena a enlevé pour que l’extraterrestre repose sur ses pieds... ou peut-être est-ce un étranger ? Le monde en est plein... Cet homme, au sourire niais de ravi de la crèche, ne nous ressemble pas encore tout à fait. Dans sa bulle, il bade à son reflet. Et sans doute aussi au consumérisme à cette heure et ce jour en sommeil.

Qui peut nier que demain nous risquons d’être à l’image de cet homme totalement aliéné, statufié, si nous n’y prenons garde ?

 

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9 août 2017 3 09 /08 /août /2017 21:44
Éditorial par Patrick Le Hyaric. Honneur à l’UGTT, syndicat des travailleurs tunisiens, qui empêche et demande de bloquer dans tous les ports européens l’accostage du bateau du racisme.

Éditorial par Patrick Le Hyaric. Honneur à l’UGTT, syndicat des travailleurs tunisiens, qui empêche et demande de bloquer dans tous les ports européens l’accostage du bateau du racisme.

Par Patrick Le Hyaric - Mercredi, 9 Août, 2017 - L'Humanité

 

Honneur à l’UGTT, syndicat des travailleurs tunisiens, qui empêche et demande de bloquer dans tous les ports européens l’accostage du bateau du racisme. Avec eux, brisons partout les barreaux de l’échelle de l’horreur, qui ne semblent pas émouvoir ces puissants qui se barricadent dans ces sommets qui n’accouchent que d’insipides déclarations aux invisibles effets. Alors que l’Union européenne pousse à une gestion répressive des migrations portées par la violence des flammes des guerres ou les sécheresses des misères, elle tergiverse, regarde ailleurs, quand il s’agit de mettre hors d’état de nuire un bateau chargé de militants d’extrême droite, propriété d’un homme d’affaires suédois plusieurs fois condamné pour fraude, naviguant sous pavillon de complaisance mongol. Ce navire fait profession de chasser les réfugiés – migrants en Méditerranée – en repoussant les embarcations des associations humanitaires affrétées pour les secourir. Le périple de ce bateau de la haine et de la barbarie pourrait être interrompu immédiatement avec les patrouilles de l’Otan et de Frontex, devenu utile cette fois. Le droit maritime international interdit de telles embarcations.

À quoi jouent donc les institutions européennes et les gouvernements ? D’un côté ils demandent des « codes de bonne conduite » aux associations qui sauvent des vies ; de l’autre ils sont muets devant le bateau des milices fascisantes. Veulent-ils laisser se développer une guerre civile maritime pour faire prospérer la peur, nouvel argument pour justifier les refus de l’accueil ? Tout y ramène, qu’il s’agisse du plan européen pour éloigner les demandeurs d’asile, des renvois organisés vers la Turquie, de l’érection de murs et de barricades.

Qu’il s’agisse aussi de la condamnation de Cédric Herrou parce qu’il tend une généreuse main à celles et ceux qui fuient l’indicible… que le ministre de l’Intérieur prétend « trier » !

Élevons la voix pour la liberté, la tolérance et l’accueil.

Patrick Le Hyaric - Directeur de l'Humanité


 

Éditorial. Le bateau de la haine et de la honte !
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1 août 2017 2 01 /08 /août /2017 21:44
Même dans l’Allier (Auvergne), une des dernières rivières sauvages de France, les résultats des tests ont été positifs. Jeremy Savel/REA

Même dans l’Allier (Auvergne), une des dernières rivières sauvages de France, les résultats des tests ont été positifs. Jeremy Savel/REA

Cyprien caddeo - Lundi, 31 Juillet, 2017 - L'Humanité

 

Sujet méconnu, la présence généralisée de microplastiques dans les rivières françaises a pourtant de quoi inquiéter sur le plan environnemental.

Huit milliards de tonnes. C’est, selon une étude publiée dans Science Advances, la quantité de plastique que l’homme a produite depuis 1950. Et ce chiffre pourrait passer à 25 milliards d’ici à 2050. L’homme moderne vit plus que jamais à l’âge du plastique, si bien que celui-ci est partout, jusque dans les endroits les plus sauvages.

Les déchets – sacs plastique, bouteilles – qu’on trouve par terre ne sont que la partie émergée de l’iceberg. Les microplastiques, des particules de quelques micromètres seulement, infestent l’environnement. Invisibles, ils ont envahi tous les cours d’eau de France, au point d’inquiéter la communauté scientifique. « On arrive à des niveaux effarants de pollution au plastique », alerte Vincent Verney. Ce chercheur au CNRS et à l’Institut de chimie de Clermont-Ferrand a mené une étude sur l’Allier (Auvergne), une des dernières rivières sauvages de France, pour y mesurer le taux de microplastiques. « L’Allier est une rivière à saumons qui ne passe pas dans des bassins très industrialisés ou de population très importants. On s’est dit que même si dans cette rivière on trouvait des microplastiques, la situation était grave. Et les résultats ont tous été positifs », explique le chercheur.

 

De multiples causes de pollution

Les origines de ces particules sont multiples. Comme l’explique Vincent Verney, « le terme microplastique englobe plusieurs types de particules, dont les microplastiques primaires, qu’on trouve dans les cosmétiques ». Si cette source de pollution va se tarir, car les microbilles exfoliantes seront interdites en 2020, le chercheur explique qu’« il y a aussi les fibres textiles en polyester, celles-ci ne risquant pas de disparaître puisqu’il faut bien qu’on lave notre linge ». Ni les filtres des machines à laver ni les stations d’épuration n’arrêtent en effet ces particules qui se détachent lors des lavages, et finissent dans les rivières.

 

« Il faut se méfier des effets cocktail »

L’usure des pneus et la peinture des routes en produisent également, qui se déplacent sous l’effet combiné du vent et de la pluie. « Et, enfin, il y a les déchets abandonnés, par négligence ou incivilité, qui vont se désagréger au cours du temps », ajoute le scientifique. « C’est ce qui rend le sujet très sensible, il concerne la plupart des gestes de nos vies quotidiennes », estime Alexandre Schaal, cofondateur de l’association la Pagaie sauvage, qui effectue des prélèvements pour cartographier la présence de ces microplastiques sur le réseau hydrique français. « Pourtant, on ne peut pas l’ignorer, car se baigner en rivière, c’est la certitude d’être exposé à ces particules », prévient-il.

Est-on alors en danger si l’on se baigne en rivière ? [l'interdiction de baignade au plan d'eau de Cournon d'Auvergne et en de nombreux lieux de baignades  auvergnats ont bien l'air de le confirmer ! Ndlr] Il est « trop tôt pour le dire », juge Alexandre Schaal, car l’impact exact sur la santé humaine reste flou. Cependant, l’empreinte néfaste sur les écosystèmes contaminés est avérée. En première ligne, les poissons : des études sur la perche ont montré que les microplastiques bouleversent leur croissance et leur fertilité. Ce qui est inquiétant aussi car ce sont des « aimants à métaux lourds et des fixateurs de perturbateurs endocriniens », rappelle Vincent Verney, pour qui « il faut se méfier des effets cocktail, car les rivières ne sont pas uniquement polluées aux microplastiques mais aussi par les pesticides et les médicaments ». Pour lui, « c’est un phénomène qui va augmenter, surtout qu’on ne va pas arrêter le plastique pour autant : sans lui, pas de cœur artificiel, pas d’ordinateurs… ». D’où la nécessité d’une prise de conscience globale. Le chercheur estime ainsi que, « faute de pouvoir filtrer l’eau ou purifier les sédiments des rivières, nettoyer les gros déchets est une priorité, car ils produisent des microplastiques pendant des décennies ». Cela suppose aussi de recycler et d’arrêter d’abandonner des déchets dans la nature. C’est pourquoi la Pagaie sauvage mise sur l’écocitoyenneté et fait participer des volontaires aux prélèvements. Une manière de sensibiliser le public à la sauvegarde des rivières, pour ensuite interpeller une sphère politique encore terriblement silencieuse.

 

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31 juillet 2017 1 31 /07 /juillet /2017 22:08

Comme chaque 31 juillet, Patrick le Hyaric a rendu hommage à Jean Jaurès, devant le café du Croissant où a été assassiné cet homme de paix qui, entre mille combats, créa il y a 113 ans le journal l'Humanité. Tandis que l’actuel directeur du journal rappelait l’engagement de son fondateur pour les droits des travailleurs, nous sommes allés à la rencontre de celles et ceux pour lesquels la pensée et l’œuvre de Jaurès sont plus que jamais d’actualité.

 

Hommage à Jean Jaurès ! [Comme chaque année, combien je regrette de ne pas avoir assisté à cet hommage : Note de Michel Bouchet]
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15 juillet 2017 6 15 /07 /juillet /2017 17:48
Maurice Ulrich - Journaliste

Maurice Ulrich - Journaliste

Jeudi, 13 Juillet, 2017 - L'Humanité

 

Le pape François aurait donc l’intention de béatifier Blaise Pascal. Le philosophe français du XVIIe siècle, certes chrétien et janséniste, n’en attendait sans doute pas tant, qui invitait les nombreux joueurs de son temps à parier sur l’existence de Dieu et la vie éternelle, ce qui peut se discuter en matière de foi. Surtout, Blaise Pascal n’avait pas tout à fait une vision béate de la création :

« Je vois ces effroyables espaces de l’univers qui m’enferment, et je me trouve attaché à un coin de cette vaste étendue, sans que je sache pourquoi je suis plutôt placé en ce lieu qu’en un autre, ni pourquoi ce peu de temps qui m’est donné à vivre m’est assigné à ce point plutôt qu’à un autre de toute l’éternité qui m’a précédé et de toute celle qui me suit. »

En matière de certitude quant au dessein de Dieu, on fait mieux. Sinon on voit mal Pascal installé au paradis chanter des actions de grâce à jamais, en robe de lin blanc. L’éternité, c’est long, surtout vers la fin !

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6 juillet 2017 4 06 /07 /juillet /2017 21:46
DROIT AU COMPTE BANCAIRE : les banques traînent !

Seulement 250 000 personnes, soit 10% des trois millions de personnes en situation de fragilité financière, ont disposé d’une offre bancaire adaptée.

« C’est loin des ambitions qui avaient été nourries à cet égard », estime l’Observatoire de l’inclusion bancaire (OIB), qui rend public son rapport annuel.

La loi de 2013 instituant un droit au compte stipule pourtant que toute personne en difficulté financière doit pouvoir bénéficier des services bancaires de base à un prix adapté.

Le faible niveau d’application de la loi s’explique par le manque de connaissance de cette offre encore nouvelle, des cour¬riers des banques « insuffisamment explicites » ou encore l’absence de suivi par les établissements bancaires, souligne l’OIB.

Même quand elle est mise en place, l’offre spécifique reste trop élevée.

Alors qu’en principe l’ensemble des frais ne devrait pas dépasser 23 euros par mois, la seule commission d’intervention demandée par les banques atteint 182 euros mensuels !

 

DROIT AU COMPTE BANCAIRE : les banques traînent !
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