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1 novembre 2017 3 01 /11 /novembre /2017 20:26
Réformes budgétaires d'Emmanuel Macron : qui sont les gagnants et les perdants ? Président des riches ?

Franceinfo calcule, pour cinq profils de Français, l'impact des mesures gouvernementales sur leur porte-monnaie.

 

Grâce à la calculatrice réalisée par franceinfo.fr, vous pouvez déterminer l'impact de ces mesures sur votre porte-monnaie. (MAXPPP)

 

Ilan CaroFrance Télévisions

Réformes budgétaires d'Emmanuel Macron : qui sont les gagnants et les perdants ? Président des riches ?

Qui seront les gagnants et les perdants des réformes budgétaires d'Emmanuel Macron ? Grâce à la calculatrice réalisée par franceinfo.fr, vous pouvez déterminer l'impact de ces mesures sur votre porte-monnaie. Nous avons nous-mêmes créé cinq profils de Français fictifs afin de bien saisir qui seront les personnes les plus privilégiées.

>> Et vous, faites-vous partie des gagnants ou des perdants des réformes de Macron ? Utilisez notre calculette

Rappelons que notre calculette prend en compte l'augmentation (partiellement compensée) de la CSG, la première étape de la suppression de la taxe d'habitation, la réforme de l'impôt de solidarité sur la fortune (ISF), la baisse de 5 euros par mois des aides au logement et la revalorisation de certaines allocations et primes. En revanche, elle ne prend pas en compte la mise en place d'un prélèvement forfaitaire unique, ou "flat tax", de 30% sur les revenus du capital.

 

Une fonctionnaire qui élève seule ses deux enfants

Avec un salaire de 1 400 euros par mois, cette mère de famille qui élève seule ses deux enfants a droit à une prime d'activité de 300 euros par mois. Puisque cette dernière sera revalorisée de 20 euros par mois à partir d'octobre 2018, le gain pour cette fonctionnaire sera de 60 euros sur l'ensemble de cette année 2018.

Les autres mesures du budget 2018 seront sans effet pour elle. L'augmentation de la CSG devrait être compensée "à l'euro près" par des revalorisations salariales, a promis le gouvernement. En raison de son niveau de revenu et de son nombre de parts fiscales, cette femme est déjà exonérée de taxe d'habitation : elle ne bénéficiera donc pas de la réforme visant à supprimer cet impôt local pour 80% des ménages.

 

Un couple de classe moyenne avec un enfant

Avec deux salaires de 2 000 et 2 500 euros par mois, ce couple marié qui a un enfant à charge se situe dans la classe moyenne. Dans leur cas, la hausse de la CSG sera largement compensée par la suppression de leurs cotisations chômage et maladie. A eux deux, ils gagneront au total plus de 600 euros sur l'année directement sur leurs bulletins de salaire.

Relativement élevés, leurs revenus sont à la limite du plafond en dessous duquel ils pourraient bénéficier d'une suppression de la taxe d'habitation, qui leur coûte 1 000 euros par an. Ils ne bénéficieront donc que partiellement de ce dispositif, ce qui leur octroiera une réduction de 150 euros en 2018, au lieu de 300 euros s'ils avaient des revenus moins élevés.

   

Une retraitée avec une pension de 1 500 euros

Cette retraitée va être touchée de plein fouet par la hausse de 1,7 point de la CSG. Contrairement aux salariés, qui bénéficient d'un allègement de cotisations sociales, les retraités ne bénéficieront d'aucune contrepartie. Dans le cas de cette retraitée, la facture s'élèvera à 340 euros sur l'année.

Avec sa pension de retraite de 1 500 euros par mois, cette retraitée qui vit seule va pouvoir bénéficier de la suppression de la taxe d'habitation, qui s'élève chaque année à 750 euros. En 2018, première étape de cette suppression, elle bénéficiera donc d'une exonération de 30% du montant de cette taxe, soit 225 euros.

 

Un chef d'entreprise avec un important capital

Avec son salaire de 15 000 euros par mois, ce chef d'entreprise dont l'épouse ne travaille pas va gagner 350 euros sur l'année grâce à la suppression des cotisations sociales.

Mais c'est surtout la réforme de l'impôt de solidarité sur la fortune (ISF), et sa transformation en impôt sur la fortune immobilière (IFI) qui va avantager ce contribuable. En effet, ce propriétaire ne sera plus imposé que sur la partie immobilière de son patrimoine (une maison d'une valeur de 1,5 million d'euros) et pas sur la partie mobilière (diverses actions et participations dans des entreprises, à hauteur de 500 000 euros). Résultat : alors qu'il payait 7 400 euros d'ISF, il ne paiera plus que 3 900 euros d'IFI, soit une ristourne de près de 50%.

   

Un demandeur d'emploi à faibles revenus

Les réformes de l'exécutif ne vont pas spécialement aider ce demandeur d'emploi. Certes, il ne sera pas pénalisé par la hausse de la CSG, mais étant déjà exonéré de taxe d'habitation, il ne bénéficiera pas de sa suppression. Allocataire d'une aide au logement en raison de ses faibles revenus, il devra endurer la baisse de 5 euros par mois (soit 60 euros par an) décrétée par le gouvernement.

 

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L'HUMAIN AVANT TOUT Canton de Pont-du-Château - dans Info presse Société
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22 octobre 2017 7 22 /10 /octobre /2017 20:15
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L'HUMAIN AVANT TOUT Canton de Pont-du-Château - dans Politique Société
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13 octobre 2017 5 13 /10 /octobre /2017 21:26
COURRIER D'INTERPELLATION A LA PREFECTURE !

PARTI COMMUNISTE FRANçAIS

Fédération du Puy de Dôme

34 rue des Clos 63100 Clermont-Ferrand

Téléphone : 04.73.24.14.17 / Fax : 04.73.25.57.24

Mel : pcf63@wanadoo.fr / Site internet : http://63.pcf.fr/

 

A Clermont-Ferrand, le 13 octobre 2017

 

Monsieur le Préfet,

Nous vous interpellons solennellement concernant la situation de près d’une centaine demandeurs d’asile rassemblés dans des campements de fortunes à la Faculté de Lettres de Gergovia à Clermont-Fd.

Depuis plusieurs mois, la situation de ces personnes, hommes, femmes et enfants tend à se détériorer et aucune solution pérenne de relogement ne leur est fournie. Une situation d’autant plus inacceptable au regard de la mobilisation d’associations, d’élus locaux, de syndicats et de citoyen-ne-s.

Pour trouver dans l’écoute et le dialogue des solutions pérennes d’hébergement et pour un accueil digne des migrants à Clermont-Ferrand, nous demandons en urgence l’organisation d’une table ronde associant : la préfecture et les services de l’Etat, la ville de Clermont-Fd, le conseil départemental du Puy-de-Dôme, le président de l’Université Blaise Pascal et les associations engagées aux côtés des migrants telles que RESF, LDH, CIMADE, CODE 63, …

Il est du rôle de l’Etat, dont les responsabilités sont prépondérantes sur ce sujet, de déverrouiller une situation inhumaine et invivable qui fait honte à la République.

Faute de fonctionnaires en  nombre suffisant, les lourds dysfonctionnements du guichet unique à la préfecture ne permettent plus de traiter les demandes d’asiles et d’orienter efficacement des personnes souvent fragilisées vers des structures adaptées (CAO, CADA, …). Par une question écrite début août au Ministre de l’Intérieur, André Chassaigne, député du Puy-de-Dôme, avait tiré le signal d’alarme en citant les nombreux cas de délais d’attente de plusieurs mois :

« Ce dysfonctionnement a été confirmé par le Défenseur des droits, dans son rapport publié en mai 2016, soulignant que « les demandeurs n’arrivent jamais à obtenir de rendez-vous, le volume de plages horaires proposées s’avérant manifestement insuffisant…" (voir rapport à télécharger : page 55) Il citait également le rapport « A guichets fermés » rendu public le 16/03/2016 par la Cimade, qui avait notamment réalisé des enquêtes confirmant que le service public rendu par une majorité des préfectures est totalement insuffisant. Dans ce cadre, le défenseur des droits a fait des recommandations au ministère de l’intérieur afin que celui-ci intervienne auprès des préfets. (voir même rapport à télécharger : pages 56/57). Le comble est que le service étranger des préfectures doivent sanctionner d’une taxe de 180 € le demandeur si celui-ci n’a pas pu obtenir un rendez-vous avant la date limite de validité (voir article L311-13 du CESEDA), et même s’il peut justifier ses très nombreuses tentatives bien avant cette date ! En définitive, les demandeurs et leurs proches, les associations, les élus locaux sollicités, mais aussi sans doute le personnel concerné des préfectures, ont des raisons légitimes d’être excédés par cette situation inacceptable. La solution semble passer au niveau national et régional par de nouveaux moyens et une procédure plus adaptée, alternative en cas de besoin, en concertation avec les acteurs associatifs. Il lui demande aussi d’intervenir afin que soient supprimée toute sanction financière à l’égard des demandeurs quand le retard est manifestement imputable au dysfonctionnement du système de prise de rendez-vous. »

Le conseil départemental doit lui aussi assumer ses responsabilités : à travers l’ASE (Aide Sociale à l’Enfance), son devoir est d’intervenir auprès des enfants et mineurs isolés.

Par le biais des actions quotidiennes de secours et d’assistance assurées par la CCAS, la ville de Clermont-Fd s’investit pour apporter des réponses à cette population démunie. Si l’Etat et le Conseil Départemental du Puy-de-Dôme décidaient enfin de prendre ce problème à bras le corps, la municipalité pourrait renforcer son implication et œuvrer à démontrer que les pouvoirs publics prennent la mesure de la situation en agissant concrètement et durablement.

Des outils existent. Une redimension des CADA (Centre d’accueil de demandeurs d’asile) semble nécessaire mais l’on peut s’appuyer également sur les CAO (Centre d’accueil et d’orientation).

Alors que la période hivernale se rapproche, menaçant d’élever les risques sanitaires, les sentiments du cœur et le bon sens appellent des actes qui s’inscrivent dans la tradition de secours et d’accueil de notre nation.

Comptant sur votre diligence, recevez Monsieur le Préfet, nos salutations républicaines

André CHASSAIGNE,

Député du Puy-de-Dôme

 

Boris BOUCHET et Catherine FROMAGE,

Conseillers régionaux Auvergne-Rhône-Alpes

 

Jacky GRAND,

Conseiller départemental

 

Cyril CINEUX,

Président du groupe Communiste et Républicain à Clermont Métropole

 

Jean Christophe CERVANTES

Président du groupe communiste et Républicain- Front de Gauche à la municipalité de Clermont-Fd

 

Sylviane TARDIEU, Gérard BOHNER, Nicole PRIEUX, Pierre MIQUEL, Magali GALLAIS,

Conseillers municipaux de Clermont-Fd

 

 

 

 

 


 

 

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L'HUMAIN AVANT TOUT Canton de Pont-du-Château - dans Société Politique
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1 octobre 2017 7 01 /10 /octobre /2017 20:12
Vieillir chez soi avec des aides à la vie quotidienne ? Un souhait partagé par 84/% des personnes sondées, contre 3/% qui se voient vivre dans une maison de retraite médicalisée. Pascal Grimaud/Signatures

Vieillir chez soi avec des aides à la vie quotidienne ? Un souhait partagé par 84/% des personnes sondées, contre 3/% qui se voient vivre dans une maison de retraite médicalisée. Pascal Grimaud/Signatures

Ixchel Delaporte - Vendredi, 29 Septembre, 2017 - L'Humanité

 

Les Petits Frères des pauvres ont présenté, hier, une étude sur la fracture sociale et territoriale subie par les plus de 60 ans. Un isolement permanent dont les pouvoirs publics ne se préoccupent pas assez.

L’invisibilité se fait progressivement et à bas bruit. Aujourd’hui, en France, on compte près de 300 000 personnes âgées en situation de « mort sociale ». C’est ce chiffre terrible qu’a dévoilé, hier, l’association des Petits Frères des pauvres lors de la présentation d’une étude, réalisée par l’institut CSA, auprès des plus de 60 ans. Rupture des liens sociaux, des relations affectives, familiales, de voisinage ou associatives... Une série noire à laquelle s’ajoute parfois un isolement territorial assignant les seniors dans leur logement. Des résultats jugés « inquiétants » par Alain Villez, président des Petits Frères des pauvres, pour qui la question de l’isolement social, révélée par les très nombreux décès de personnes âgées lors de la canicule de 2003, devrait préoccuper davantage le ministère des Solidarités et de la Santé.

Près d’une personne de plus de 60 ans sur dix se sent seule « tous les jours ou souvent ». Et, d’après le rapport, ce sentiment et cette vie recluse touchent fortement les plus de 85 ans. Au quotidien, les sondés expliquent qu’ils n’ont aucune personne sur laquelle compter. La traduction de cet isolement passe par le fait de moins sortir de chez soi et de faire moins d’activités : 78 % n’en pratiquent pas. Et pourtant, 74 % souhaiteraient voir se développer des loisirs adaptés. Sans compter les disparités territoriales qui viennent aggraver encore un peu plus les conditions de vie. Repérés comme la région la plus fragile, les Hauts-de-France comptent le pourcentage le plus élevé de personnes de plus de 85 ans isolées des réseaux associatifs (66 %).

Lancement de quatorze propositions pour lutter contre l’isolement

Malgré cela, d’autres chiffres s’avèrent plus rassurants sur l’état de la solidarité familiale en France. Peu de seniors se déclarent isolés du cercle familial (22 %). Dans les Hauts-de-France, seuls 17 % des seniors se disent coupés de leur famille. Un faible pourcentage dont se réjouit le sociologue et spécialiste du grand âge Michel Billé : « Contrairement au discours couramment admis, les familles sont présentes et positivement actives plus qu’on ne le croit. Recomposées, éclatées ou non, elles activent les liens affectifs et sociaux et permettent de faire entrave à l’isolement. » Autre point positif, les 60 ans et plus semblent largement heureux, même les plus âgés, puisque 84 % des plus de 85 ans s’estiment heureux. « En revanche, pondère le rapport, le manque d’autonomie dans la vie quotidienne et les faibles revenus renforcent le sentiment de malheur. » Parmi les personnes soutenues par l’association en 2016, 77 % ont des ressources inférieures à 1 000 euros mensuels et 10 % ont des revenus inférieurs à 500 euros.

« Dans ce contexte d’inégalités, la présence des services de proximité est un enjeu de taille pour maintenir un lien social, et surtout en zone rurale, insiste Alain Villez. Les commerces, les médecins, les services de transports dits secondaires jouent des rôles d’alerte pour ceux qui aspirent à rester chez eux. » Vieillir chez soi avec des aides à la vie quotidienne ? Un souhait partagé par 84 % des personnes sondées, contre 3 % qui se voient vivre dans une maison de retraite médicalisée. Il est donc logique qu’une majorité (90 %) se prononce aussi pour le maintien des commerces et des services à proximité comme moyen de lutte contre la solitude et l’isolement. Quasiment le même pourcentage en ce qui concerne le développement de solutions de transport adaptées et pour davantage d’informations sur les aides et les allocations financières.

Ces deux dernières réponses amorcent des pistes de réflexion. Car, au-delà des constats, l’association lance quatorze propositions pour lutter contre l’isolement. Et parmi elles, l’opposition farouche à la « marchandisation du lien social ». Armelle de Guibert, déléguée générale de l’association, est formelle : « Restaurer le lien social doit rester une démarche gratuite entre personnes qui ont fait le choix de se rencontrer. » Les entreprises commerciales qui s’engouffrent dans ce marché de la vieillesse excluent de fait par leurs tarifs les plus précaires et les plus isolés. À l’opposé des liens sociaux de qualité que tissent les bénévoles de l’association avec les plus âgés. Enfin, se doter d’une définition partagée de l’isolement social de manière à « mettre en œuvre des dispositifs et des solutions adaptées ».

La double peine par le numérique

L’étude réalisée par l’institut CSA pointe une exclusion numérique accrue chez les personnes âgées. Pour les 60 ans et plus, ils sont 31 % à ne jamais se servir d’Internet. Le taux grimpe à 68 % pour les 85 ans et plus. La dématérialisation progressive des démarches administratives laisse de nombreux seniors sur le bord de la route et participe à l’augmentation du non-recours aux droits.

Ixchel Delaporte

 

 

 

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Michel Bouchet - dans Société
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3 septembre 2017 7 03 /09 /septembre /2017 22:12
FRANCE, Valence: A child sits in a classroom at a school in Valence, southern France, on September 1, 2015, the first day of the new school year. - CITIZENSIDE/CHRISTOPHE ESTASSY

FRANCE, Valence: A child sits in a classroom at a school in Valence, southern France, on September 1, 2015, the first day of the new school year. - CITIZENSIDE/CHRISTOPHE ESTASSY

Laurent Mouloud - Lundi, 4 Septembre, 2017 – L'Humanité

 

Douze millions d’élèves font leur retour en classe aujourd’hui. Une rentrée marquée par la mise en place de plusieurs réformes qui suscitent déjà l’inquiétude. Derrière l’activisme du ministre Blanquer se dessine une vision libérale de l’école.

Depuis une semaine, Jean-Michel Blanquer répète en boucle son élément de langage favori : il veut « une école de la confiance ». Mais l’omniprésent ministre de l’Éducation nationale devrait savoir que cette fameuse « confiance » ne se décrète pas, elle se gagne. Or force est de constater que, trois mois après sa nomination, le locataire de la Rue de Grenelle déroute, irrite et inquiète plus qu’il ne rassure. Alors que douze millions d’élèves reprennent aujourd’hui le chemin de l’école, celui que certains surnomment déjà « CTRL-Z » – le raccourci clavier qui efface ce qui a été fait – empile les réformes à rebours du quinquennat précédent. Semaine de quatre jours, redoublement, emplois aidés, évaluations… Le libéral Blanquer, proche de l’Institut Montaigne, avance au pas de charge. Et ravive les tensions. Loin du pragmatisme revendiqué, c’est surtout avec les vieilles lunes néoconservatrices que le gouvernement renoue en cette rentrée scolaire.

Les principales mesures imposées en cette rentrée scolaire témoignent de cette politique de faux-semblant.

Décryptage :

1 - l’imbroglio des classes de CP à douze élèves

Promesse électorale d’Emmanuel Macron, qui en a fait sa réforme phare dans la lutte contre les inégalités sociales à l’école, le dispositif des douze élèves par classe dans les CP et CE1 des réseaux prioritaires (REP) commence à se mettre en place dans 2 500 CP de REP+ (les plus défavorisés). Il continuera de se déployer lors des deux prochaines années. Sur le papier, l’image est belle. Diminuer les effectifs dans les zones en difficulté, qui pourrait être contre ? Mais voilà, le financement de cette mesure ne relève pas d’un vrai choix budgétaire. Il se fait en piochant dans d’autres dispositifs. « C’est un véritable détournement de fond », dénonce Francette Popineau, secrétaire générale du SNUipp-FSU. Pour arriver à ses fins, le ministère a pris dans les postes destinés au remplacement des maîtres, aux Rased (maîtres spécialisés dans la difficulté scolaire), mais aussi à la scolarisation des enfants de moins de 3 ans et dans le dispositif prometteur « Plus de maîtres que de classes ». Ce dernier va, à lui seul, perdre 1 200 postes sur les 4 100 qui lui étaient promis en cette rentrée… « Ces CP dédoublés, c’est très bien si cela ne se fait pas au détriment d’autres améliorations, résume Francette Popineau. Là, on va de nouveau se retrouver avec des maîtresses malades qui ne seront pas remplacées et les élèves seront alors entassés dans d’autres classes. » Les 12 000 postes nécessaires pour déployer l’ensemble de cette mesure dans les années à venir inquiètent. Où le gouvernement les trouvera-t-il, lui qui n’a prévu que 4 500 créations dans l’éducation lors de ce quinquennat ? À Vaulx-en-Velin (Rhône), les enseignants de REP+ seront en grève aujourd’hui pour dénoncer « l’arrivée précipitée des “CP à 12” ». Une mesure qui, par un jeu comptable, occasionne des hausses d’effectifs jusqu’à 27 élèves dans les autres classes que le CP. « Derrière cette mesure, on assiste à un délitement des moyens alloués à l’éducation prioritaire », déplorent ces profs qui n’ont, en revanche, obtenu aucun des postes réclamés dans le secteur éducatif, médical et social…

2 - Le grand flou des emplois aidés

L’autre inquiétude de cette rentrée est la baisse drastique du nombre d’emplois aidés, annoncée en plein mois d’août. Près de 23 000 (sur 73 000) devraient être supprimés dans l’éducation nationale. Lesquels ? Mystère. La secrétaire d’État en charge des personnes handicapées, Sophie Cluzel, a promis que son secteur ne serait pas touché : 50 000 contrats d’auxiliaires de vie scolaire (AVS) et 30 000 contrats d’accompagnants d’élèves en situation de handicap (Aesh) seraient « sanctuarisés ». Pour finir de rassurer, Emmanuel Macron et Jean-Michel Blanquer se rendront aujourd’hui dans une école de Forbach (Moselle), exemplaire en matière d’inclusion des élèves handicapés… Bref, les suppressions devraient s’opérer plutôt dans les emplois dédiés à l’administration, notamment l’assistance des directeurs d’école. Du côté des municipalités, le flou demeure. À la suite de la menace de certaines communes de reporter la rentrée face aux difficultés d’organiser le transport scolaire, la cantine ou encore la garderie, le gouvernement a promis de la « souplesse ». « L’État va regarder au cas par cas, les préfets auront l’obligation d’être à l’écoute des maires pour régler les situations particulières », assure l’Association des maires de France. Bref, ceux qui râleront seront servis, les autres devront faire sans… Le règne de l’arbitraire en guise de politique.

3 - Rythmes, évaluations… Le retour des années Sarkozy

Cette rentrée est également marquée par le retour de la semaine de quatre jours pour un tiers des écoles, mais également par une série d’annonces qui renvoient à l’ère Sarkozy. Internats d’excellence, évaluations en CP, redoublement, autonomie des établissements, Marseillaise… Des polémiques éculées qui flattent l’électorat de droite et agacent la plupart des syndicats. « Blanquer se présente comme un homme neuf tout en passant son temps à ressusciter les idées du passé », résume Stéphane Crochet, secrétaire général du SE-Unsa. De son côté, Frédérique Rolet, pour le Snes-FSU, parle d’une «politique brouillée».

En trois mois, ce ministre qui se pique de pragmatisme scientifique a aligné pas mal d’énormités. Le retour du redoublement tout en le gardant exceptionnel ? C’est déjà le cas. La suppression de la méthode de lecture globale ? Elle n’est plus pratiquée depuis longtemps. L’apprentissage de la Marseillaise au CM1 ? Elle figure au programme depuis des années. Les internats d’excellence ? Ils se sont fait étriller par l’inspection générale… Quant aux évaluations en français et maths, en septembre pour les CP et en novembre pour les 6es, elles font déjà soupirer de lassitude tous les observateurs du milieu scolaire. « Le repérage des difficultés n’est pas ce qui pose problème aux enseignants, relève Francette Popineau. Ce sont les solutions pour les surmonter qui manquent et sur ce point le ministère n’apporte aucune réponse. » Le scientifique Blanquer va devoir retourner à ses études…

Laurent Mouloud - Chef de la rubrique société


 

 

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L'HUMAIN AVANT TOUT Canton de Pont-du-Château - dans Editos Société
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31 août 2017 4 31 /08 /août /2017 22:48
Photo : Philippe Wojazer/AFP

Photo : Philippe Wojazer/AFP

Jeudi, 31 Août, 2017 – Humanite.fr

 

Communiqué de la CGT. Le gouvernement vient de nous proposer dans la droite ligne de ses prédécesseurs une énième réforme du droit du travail partant du principe que le travail est un coût, alors qu’il produit les richesses. Cette loi va se rajouter aux précédentes sans même les avoir évaluées et pour cause, elles sont inefficaces.

Pourtant, lors de sa première rencontre avec le gouvernement, la CGT a fourni 14 pages de propositions pour que notre pays engage de réelles réformes afin de sortir de cette spirale qui nous enfonce dans un chômage de masse. Pour rappel, si on comptabilise l’ensemble des catégories A-B-C-D et E, ce sont plus de 6,6 millions de chômeurs inscrits à Pôle Emploi que comptera la France, auxquels s’ajoutent des millions de précaires, de salariés à temps partiel imposé, dont une majorité de femmes et de jeunes.

 

Le code du travail permet que les salariés aient les mêmes droits, il n’a jamais permis de créer des emplois car ça n’a jamais été son rôle ! Monsieur GATTAZ Yvon (le père) annonçait déjà en 1986 la création de 471 000 emplois grâce à la suppression administrative de licenciement, le fils portait un pin’s (« 1 million d’emplois ») il y a deux ans ! On connaît le résultat !

 

Le gouvernement vient de confirmer les craintes que nous pouvions avoir.

 

D’abord, il va encore accentuer l’inversion de la hiérarchie des normes qui s’était engagée dès 1984 et qui n’a cessé de s’intensifier au fil des différentes réformes depuis 40 ans.

 

La primauté de l’accord d’entreprise, même moins favorable, sur l’accord de branche va s’accentuer dans la plupart des domaines (primes, indemnités diverses, congé de maternité, etc..). La primauté de l’accord de branche sur la loi s’élargit considérablement (ex : durée et renouvellement des CDD, contrats de chantiers).

 

Cette mesure n’aura qu’un seul effet : l’amplification du dumping social, en accentuant la mise en concurrence des PME et PMI et de leurs salariés. Cela va aggraver l’insécurité sociale de ces entreprises toujours plus placées sous l’emprise des donneurs d’ordres.

 

A l’heure où la souffrance au travail,  les maladies professionnelles et accidents du travail et le désengagement de nombreux salariés s’intensifient parce qu’ils ne peuvent effectuer un travail de qualité, le CHSCT, qui est l’outil essentiel pour aborder les questions autour du travail réel va être fusionné avec les autres instances représentatives du personnel.

 

La négociation est un droit des salariés exercé par leur syndicat. Le patronat vient d’obtenir une relation de gré à gré avec un salarié isolé et non protégé dans les PME/PMI. On imagine aisément comment pourront se dérouler de futures négociations.

 

Ce déséquilibre va être renforcé, l’employeur pouvant prendre l’initiative d’un référendum au style déjà connu « choisissez entre la peste et le choléra ».

 

Une étape supplémentaire dans la liberté de licencier sans contrainte est également franchie. Sont en effet instaurées les ruptures conventionnelles, collectives, contournant les règles des PSE.  Ce sont encore moins de droits et de protection pour les salariés.

 

Enfin, pour couronner le tout, un plafond des dommages et intérêts est fixé pour les indemnités prud’homales, ce qui pourra permettre à un employeur de provisionner un licenciement et amortir l’embauche d’un jeune de qualification égale mais moins payé.

 

Cette loi sur le droit du travail,  comme les précédentes, n’améliorera pas le chômage, va augmenter encore la précarité, développer la pauvreté comme c’est déjà le cas en Allemagne ou en Angleterre.

 

Le 12 septembre doit être une première riposte de grèves et manifestations à cette loi du travail XXL.

 

La CGT [et ses partenaires, FSU, Solidaires, UNEF, Ndlr] va continuer à informer partout les salariés sur les conséquences très concrètes qu’ils pourraient subir dans leurs entreprises.

 

La CGT va engager le débat avec eux pour d’autres propositions, comme l’augmentation de salaire, une autre répartition des richesses (41 milliards de dollars versés aux actionnaires au 2ème semestre 2017 mettant la France première des pays européens), la réduction du temps de travail, des droits attachés à la personne et transférables d’une entreprise à l’autre, une sécurité sociale professionnelle permettant de ne plus passer par le chômage après la perte d’un travail.

 

La CGT fera tout pour unir les salariés, les travailleurs indépendants, les privés d’emploi, les retraités, les jeunes lycéens et étudiants avec l’ensemble des autres organisations syndicales afin de gagner des réformes de progrès social.


 

 

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L'HUMAIN AVANT TOUT Canton de Pont-du-Château - dans Politique Société
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16 août 2017 3 16 /08 /août /2017 22:50
Carte des arrêtés publiés le 8 août. En gris: vigilance. En jaune : alerte. En orange : alerte renforcée. En rouge : crise.

Carte des arrêtés publiés le 8 août. En gris: vigilance. En jaune : alerte. En orange : alerte renforcée. En rouge : crise.

Marion Gauthier - Jeudi, 10 Août, 2017 - L'Humanité

 

Nicolas Hulot et Stéphane Travert ont proposé hier des « axes d’action » pour une meilleure gestion de l’eau. Mais certaines solutions sont déjà critiquées.

 

Nicolas Hulot l’avait annoncé. Le nouveau plan de gestion de l’eau a été rendu public mercredi soir, via un communiqué signé par le ministre de la Transition écologique et celui de l’Agriculture, Stéphane Travert. Parmi les « actions concrètes » mises en avant, le stockage hivernal de l’eau, la réduction des fuites dans les canalisations des collectivités et une ébauche de réorientation agricole figurent en bonne place. Les deux ministres en charge du dossier misent par ailleurs sur l’innovation scientifique pour une plus grande « efficience de l’irrigation » et le « développement de nouvelles solutions ». Voilà qui laisse ouvertes les perspectives.

Alors que le nombre d’arrêtés sécheresse continue d’augmenter - les consulter sur le site Propluvia - il s’agit, selon le communiqué, de trouver une solution durable à un « dérèglement climatique » laissant présager des difficultés fréquentes du point de vue des ressources en eau. « On parle beaucoup de l’agriculture parce que c’est le plus gros consommateur d’eau mais il y a des améliorations à apporter dans tous les secteurs », souligne Lorraine Levieuge, chargée de missions eau pour l’association France Nature Environnement (FNE). Et de poursuivre : « Par exemple, pour ce qui est de l’eau potable, les réseaux sont souvent obsolètes, il faudrait donc les rénover pour limiter les fuites. » Sur ce point comme sur le nécessaire développement d’une « agriculture plus économe en eau » prôné en Conseil des ministres, l’association FNE voit ses attentes satisfaites.

 

« Il ne faut pas permettre à un modèle dépassé de survivre »

A cependant été adopté le « stockage hivernal de l’eau », à savoir la mise en place de réservoirs, remplis pendant l’hiver, permettant de combler les besoins estivaux : cette mesure vise à « éviter les prélèvements en période sèche, lorsque l’eau est rare ». C’est là que le bât blesse. « L’eau est un bien public, réagit Lorraine Levieuge ; la stocker pour quelques-uns n’est pas une bonne solution. Il est temps de changer les pratiques pour réduire notre dépendance à cette ressource et assurer un partage équitable entre tous les usages. On a besoin d’eau pour l’agriculture mais il ne faut pas permettre à un modèle dépassé de survivre. Il faut accompagner une agriculture durable, qui a besoin d’eau, certes, mais de façon plus raisonnée. » Pour couronner le tout, ces réservoirs, perturbant les écosystèmes aquatiques, iraient à l’encontre d’une obligation européenne, celle du « bon état des eaux ».

 

« Le stockage de l’eau ne réglera pas le problème de l’irrigation »

Benoît Biteau, agronome et conseiller régional de la Nouvelle-Aquitaine, contacté avant le Conseil des ministres, fustigeait par avance la mesure prise par les nouveaux gestionnaires de la ressource nationale en eau. « Le stockage de l’eau ne réglera pas le problème de l’irrigation. Il implique de faire des trous de sept mètres de profondeur, remplis grâce à des forages ! Lorsqu’on prélevait directement dans le milieu naturel pour irriguer les cultures, avant les premiers équipements de stockage, l’étiage (débit minimum d’un cours d’eau – NDLR) apparaissait à partir du mois de juin. Depuis qu’on remplit ces équipements, qui sont financés à 70 % par de l’argent public, avec de l’eau captée par les forages pendant l’hiver, c’est en avril que l’étiage apparaît. »

Diverses campagnes de sensibilisation et de communication ainsi qu’un deuxième plan national d’adaptation au changement climatique sont enfin inscrits au plan de gestion durable de l’eau. Dans un contexte de tensions croissantes autour du modèle agricole et de la ligne à tenir face aux épisodes répétés de sécheresse, le ministre de la Transition écologique tente encore une fois de ménager la chèvre et le chou.

 

 

 

 

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15 août 2017 2 15 /08 /août /2017 21:22
L'annonce de l'annulation soudaine et immédiate des 46,5 millions d'euros de crédit dédiés à la politique de la ville fait réagir nombre d'élus locaux. (Photo AFP)

L'annonce de l'annulation soudaine et immédiate des 46,5 millions d'euros de crédit dédiés à la politique de la ville fait réagir nombre d'élus locaux. (Photo AFP)

Vendredi, 11 Août, 2017 - L'Humanité

 

Cinquante maires sont les premiers signataires d'une lettre ouverte adressée à Emmanuel Macron dans les pages de l'Humanité. [Nous aurions aimé y trouver la signature du Maire de Lempdes, mais peut-être qu'il n'est pas trop tard ?] Ndlr]

 

Monsieur le président de la République,

 

Élus communaux et intercommunaux, nous sommes stupéfaits et atterrés par l’annonce de l’annulation des 46,5 millions d’euros de crédits du programme 147 du budget 2017 de l’État non encore engagés au 1er juillet, destinés aux programmes d’actions des associations intervenant, dans le cadre des « contrats de ville », en faveur des populations les plus fragiles du pays résidant dans les quartiers prioritaires de la politique de la ville (QPV).

Ces actions concourent à rétablir l’égalité républicaine par la fraternité solidaire de la nation, s’appuyant sur une stratégie de « cohésion des territoires » à laquelle vous avez choisi de dédier un ministère. Elles se déclinent en programmes vers l’économie et l’emploi, la formation, la lutte contre l’illettrisme, l’éducation scolaire et des temps libres, l’accès aux sports et à la culture, la solidarité, la prévention sanitaire et la santé, le vivre-ensemble dans la cité, les mobilités, la vie sociale de l’habitat, la prévention de la délinquance et des radicalisations, l’accès à la justice et au droit, l’aide aux victimes, la citoyenneté, notamment celle des conseils citoyens, et la démocratie de proximité.

En plein milieu d’exercice budgétaire, les conséquences du décret 2017-1182 du 20 juillet du ministre de l’Action et des Comptes publics, conduisant à la perte de 11 % des crédits découlant de l’engagement contractuel de l’État, peuvent être catastrophiques pour la survie des associations qui garantissent la cohésion sociale, pour les bénéficiaires de leurs actions, et plus globalement pour les 5 millions d’habitants des QPV, ainsi que, par voie de conséquence, pour les populations des territoires urbains qui les abritent.

Elles risquent en outre d’entraîner, dans certains territoires, un désengagement de collectivités cosignataires des « contrats de ville » qui accroîtra le danger de rupture grave du climat urbain.

Nous sommes d’autant plus préoccupés que, outre le programme 147, le même décret annule dangereusement les crédits de nombre d’autres missions de l’État indispensables à la prévention de la fracture sociale : l’embauche dans les petites et moyennes entreprises (– 80 millions d’euros), l’intégration et l’accès à la nationalité française (– 40,5 millions d’euros), la police nationale, dont les réservistes volontaires (– 110 millions d’euros), les concours financiers aux communes, dont la « dotation politique de la ville » destinée à soutenir les villes pauvres abritant des populations pauvres (– 209 millions d’euros), l’amélioration de l’habitat (– 130,5 millions d’euros), l’accès au droit et à la justice (– 10 millions), la protection judiciaire de la jeunesse (– 16,8 millions d’euros), l’égalité entre les femmes et les hommes (– 7,5 millions d’euros), la prévention, la sécurité sanitaire et l’offre de soins (– 24,5 millions d’euros), les politiques sanitaires, sociales, du sport, de la jeunesse et de la vie associative (– 69,7 millions d’euros), les services de transport (– 194,7 millions d’euros), la démocratisation de la culture (– 39 millions d’euros).

En cette année 2017, où l’État a chargé le commissariat général à l’Égalité des territoires (CGET) de célébrer le 40e anniversaire de la politique de la ville, nous tenons à vous rappeler que, la seule année, 2005, en quatre décennies où les quartiers populaires ont eu à subir pareil désengagement de la puissance publique, a été celle qui les a vus s’enflammer et connaître les violences urbaines sans précédent qui demeurent dans les mémoires.

Nous vous demandons donc solennellement de faire revenir dans l’urgence le gouvernement sur sa décision d’annulation de ces crédits indispensables à l’équilibre républicain des territoires.

Nous vous prions d’agréer, Monsieur le président de la République, l’expression de notre haute considération.

 

Les signataires :

Gérard Allard, maire de Rezé, Marie-Hélène Aimable, maire de Bagneux, Catherine Arenou, maire de Chanteloup-les-Vignes, François Asensi, maire de Tremblay-en-France, Françoise Baud, maire de Valenton, Patrice Bessac, maire de Montreuil, Jean-Pierre Bosino, sénateur maire de Montataire, Philippe Bouyssou, maire d’Ivry-sur-Seine, Patrick Braouezec, conseiller municipal de Saint-Denis, Damien Carême, maire de Grande-Synthe, Alain Cazabonne, maire de Talence, Gérard Cosme, maire du Pré-Saint-Gervais, Meriem Derkaoui, maire d’Aubervilliers, Patrick Douet, maire de Bonneuil-sur-Marne, Driss Ettazaoui, conseiller municipal d’Évreux, Patricia Fernandez-Pédinielli, maire de Port-de-Bouc, Michel Fourcade, maire de Pierrefitte-sur-Seine, Patrick Jarry, maire de Nanterre, Jean-Claude Kennedy, maire de Vitry-sur-Seine, Bertrand Kern, maire de Pantin, André Laignel, maire d’Issoudun, Patrice Leclerc, maire de Gennevilliers, Gilles Leproust, maire d’Allonnes, Jean-Michel Longueval, maire de Bron, Françoise Marhuenda, maire des Ulis, J ean-Louis Marsac, maire de Villiers-le-Bel, Christian Métairie, maire d’Arcueil, André Molino, maire de Septèmes-les-Vallons, Jean-Marc Nicolle, maire du Kremlin-Bicêtre, Michèle Picard, maire de Vénissieux, Marie-Line Pichery, maire de Savigny-le-Temple, Gilles Poux, maire de La Courneuve, Bertrand Pasciuto, maire de Cournon-d’Auvergne, François Pupponi, député maire de Sarcelles , Marjolaine Rauze, maire de Morsang-sur-Orge, Philippe Rio, maire de Grigny, Clément Rossignol-Puech, maire de Bègles, Christophe Rouillon, maire de Coulaines, Laurent Russier, maire de Saint-Denis, Nicolas Sansu, maire de Vierzon, Renzo Sulli, maire d’Échirolles, Azzédine Taïbi, maire de Stains , Rodolphe Thomas, maire d’Hérouville-Saint-Clair, Frédéric Vigouroux, maire de Miramas, Jean-Claude Villemain, maire de Creil, Marc Vuillemot, maire de La Seyne-sur-Mer, Gérard Weyn, maire de Villers-Saint-Paul.

 

 

 

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12 août 2017 6 12 /08 /août /2017 19:36
Jean Ortiz - Jeudi, 10 Août, 2017

Jean Ortiz - Jeudi, 10 Août, 2017

A Pau, un lundi, les rues du Vieux Quartier, piétonnier, ressemblent à celles de Santiago, jadis, à l’époque du couvre-feu et de l’état de siège... dictature dure en moins. Nous sommes toujours en « État d’urgence », en « dictamolle ».

Les riverains s’en accommodent. Ils ont le silence compris dans les clauses de leurs assurances et de leurs baux... Il est vrai que le quartier est plutôt bobo. Le peuple, lui, se cache et se prépare... Gare à la revanche quand tous les palois pauvres s’y mettront !!! Plagiat... Rue Joffre ! Trompettes guerrières...

Les deux jeunes passantes, égarées, paraissent normales, alors que l’homme du premier plan, qui n’a pas manqué d’intriguer la journaliste Eugénie, arbore une lissitude de statue. Il est rouge, de couleur et de plaisir. Il reposait sur un socle que mon ami le photographe urbain et coquin Manuel Baena a enlevé pour que l’extraterrestre repose sur ses pieds... ou peut-être est-ce un étranger ? Le monde en est plein... Cet homme, au sourire niais de ravi de la crèche, ne nous ressemble pas encore tout à fait. Dans sa bulle, il bade à son reflet. Et sans doute aussi au consumérisme à cette heure et ce jour en sommeil.

Qui peut nier que demain nous risquons d’être à l’image de cet homme totalement aliéné, statufié, si nous n’y prenons garde ?

 

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9 août 2017 3 09 /08 /août /2017 21:44
Éditorial par Patrick Le Hyaric. Honneur à l’UGTT, syndicat des travailleurs tunisiens, qui empêche et demande de bloquer dans tous les ports européens l’accostage du bateau du racisme.

Éditorial par Patrick Le Hyaric. Honneur à l’UGTT, syndicat des travailleurs tunisiens, qui empêche et demande de bloquer dans tous les ports européens l’accostage du bateau du racisme.

Par Patrick Le Hyaric - Mercredi, 9 Août, 2017 - L'Humanité

 

Honneur à l’UGTT, syndicat des travailleurs tunisiens, qui empêche et demande de bloquer dans tous les ports européens l’accostage du bateau du racisme. Avec eux, brisons partout les barreaux de l’échelle de l’horreur, qui ne semblent pas émouvoir ces puissants qui se barricadent dans ces sommets qui n’accouchent que d’insipides déclarations aux invisibles effets. Alors que l’Union européenne pousse à une gestion répressive des migrations portées par la violence des flammes des guerres ou les sécheresses des misères, elle tergiverse, regarde ailleurs, quand il s’agit de mettre hors d’état de nuire un bateau chargé de militants d’extrême droite, propriété d’un homme d’affaires suédois plusieurs fois condamné pour fraude, naviguant sous pavillon de complaisance mongol. Ce navire fait profession de chasser les réfugiés – migrants en Méditerranée – en repoussant les embarcations des associations humanitaires affrétées pour les secourir. Le périple de ce bateau de la haine et de la barbarie pourrait être interrompu immédiatement avec les patrouilles de l’Otan et de Frontex, devenu utile cette fois. Le droit maritime international interdit de telles embarcations.

À quoi jouent donc les institutions européennes et les gouvernements ? D’un côté ils demandent des « codes de bonne conduite » aux associations qui sauvent des vies ; de l’autre ils sont muets devant le bateau des milices fascisantes. Veulent-ils laisser se développer une guerre civile maritime pour faire prospérer la peur, nouvel argument pour justifier les refus de l’accueil ? Tout y ramène, qu’il s’agisse du plan européen pour éloigner les demandeurs d’asile, des renvois organisés vers la Turquie, de l’érection de murs et de barricades.

Qu’il s’agisse aussi de la condamnation de Cédric Herrou parce qu’il tend une généreuse main à celles et ceux qui fuient l’indicible… que le ministre de l’Intérieur prétend « trier » !

Élevons la voix pour la liberté, la tolérance et l’accueil.

Patrick Le Hyaric - Directeur de l'Humanité


 

Éditorial. Le bateau de la haine et de la honte !
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