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16 juillet 2017 7 16 /07 /juillet /2017 20:09
Montage AFP

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Le Parti communiste a déploré samedi la venue du Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, aux commémorations du 75e anniversaire de la rafle du Vel'd'Hiv.

 

Le 16 juillet, Emmanuel Macron et le premier ministre israélien [ont commémoré] ensemble la rafle du Vél’d’Hiv de 1942, où 13 152 personnes juives, parmi lesquelles plus de 4 000 enfants, ont été arrêtées par la police de Pétain pour être déportées. Ce moment de recueillement devrait envoyer un message fort de paix, selon le PCF, qui souligne que Netanyahou, « dont l’obédience d’extrême droite n’est plus un secret » et « qui, chaque jour, fait obstacle à la construction d’un processus de paix, juste et durable, entre Israéliens et Palestiniens », n’est pas l’homme de ce message. « Nul n’a oublié qu’en octobre 2015, il avait provoqué une indignation unanime, jusqu’au gouvernement allemand, en affirmant, au mépris de la réalité historique et des faits, qu’Hitler n’(avait) pas souhaité exterminer les juifs », rappelle le communiqué. En janvier, le premier ministre israélien avait refusé de participer à la conférence internationale sur le Proche-Orient, la qualifiant l’événement « d’imposture ».

 

Maud Vergnol - Chef de la rubrique Politique

 

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12 mars 2017 7 12 /03 /mars /2017 21:33
Photo Tony Karumba/AFP

Photo Tony Karumba/AFP

avec afp - Dimanche, 12 Mars, 2017 - Humanite.fr

 

Les Nations Unies ont averti ce samedi que le monde est confrontée à la « pire crise humanitaire depuis la fin de la Seconde guerre mondiale », avec un risque de malnutrition et de famine pour 20 millions d'habitants de trois pays d'Afrique et au Yémen.

Somalie, Soudan du Sud, Nigeria et Yémen, tous en proie à des conflits armés, sont les pays cités dans la déclaration faite vendredi devant le Conseil de sécurité par le Secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires et Coordonnateur des secours d'urgence de l'ONU, Stephen O'Brien. Le responsable qui s'est rendu au début du mois au Yémen, au Soudan du Sud et en Somalie, a lancé un appel à une mobilisation urgente, réclamant 4,4 milliards de dollars à la communauté internationale d'ici juillet pour « éviter une catastrophe. » LIRE LA DÉCLARATION (en anglais)

« Les Nations Unies lancent un avertissement, le monde fait face à sa pire crise humanitaire depuis la fin de la Seconde guerre mondiale, avec plus de 20 millions de gens confrontés à la faim et à la famine dans quatre pays », a-t-il déclaré.

« Sinon, on peut prédire que beaucoup de gens vont mourir de faim, perdre leurs moyens de subsistance et voir annulés les acquis politiques durement gagnés au cours des dernières années », a ajouté M. O'Brien. « Sans des efforts collectifs et coordonnés à l'échelle mondiale, des gens vont tout simplement mourir de faim. Beaucoup d'autres vont souffrir et mourir de maladie. Des enfants vont être retardés (dans leur développement) et manqueront l'école. Des moyens d'existence, des avenirs et des espoirs seront perdus », a averti le secrétaire général adjoint.

Le Yémen, a-t-il souligné, est actuellement le théâtre de la « pire crise humanitaire au monde ». Deux tiers de sa population - 18,8 millions de personnes - ont besoin d'assistance et plus de sept millions « gnorent d'où proviendra leur prochain repas » a-t-il dit en faisant état de déplacements massifs de populations, déracinées par les combats entre forces gouvernementales et houthistes. Le conflit a déjà fait plus de 7.400 morts et 40.000 blessés depuis mars 2015, selon l'ONU.

De récents accords entre les belligérants ont permis l'acheminement d'une aide alimentaire à 4,9 millions de personnes le mois derniers. « Pourtant, toutes les parties au conflit refusent arbitrairement un accès durable aux humanitaires et instrumentalisent l'aide à des fins politiques », a déclaré M. O'Brien. Il a estimé que 2,1 milliards de dollars étaient nécessaires pour aider 12 millions de gens et annoncé qu'une conférence au niveau ministériel aurait lieu le 25 avril à Genève en présence du secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres pour lever des fonds.

Au Soudan du Sud, M. O'Brien a dit avoir trouvé « la situation pire que jamais », en raison de la guerre civile qui ravage le pays depuis décembre 2013. Les parties du conflit sont responsables de la famine, a-t-il accusé. Plus de 7,5 millions de personnes ont besoin d'aide, soit 1,4 million de plus que l'an dernier, dans ce pays qui compte 3,4 millions de déplacés. En Somalie, c'est plus de la moitié de la population -- 6,2 millions d'habitants -- qui a besoin d'aide et de protection, dont 2,9 millions menacés par la famine. Près d'un million d'enfants de moins de 5 ans souffriront cette année de grave malnutrition, a-t-il dit, dans ce pays plongé depuis près de trois décennies dans le chaos et la violence entretenus par des milices claniques, des gangs criminels et l'insurrection des islamistes shebab.

« Ce que j'ai vu et entendu lors de ma visite en Somalie était bouleversant - des femmes et enfants marchent des semaines à la recherche de nourriture et d'eau ». « Ils ont perdu leur bétail, les sources d'eau potable se sont asséchées et ils ne leur reste plus rien pour vivre », a-t-il noté, ajoutant qu'on assistait à un vaste mouvement de population vers les centres urbains. Enfin, dans le nord-est du Nigeria, théâtre de l'insurrection des islamistes de Boko Haram depuis 2009, frappé par le changement climatique et victime de la mauvaise gouvernance, plus de 10 millions de personnes ont besoin d'une aide humanitaire, dont 7,1 millions sont « confrontées à une grave précarité alimentaire », a dit M. O'Brien. Lors de la Conférence d'Oslo sur le Nigeria et le bassin du lac Tchad le mois dernier, des contributions à hauteur de 672 millions de dollars ont été annoncées, en deçà de l'appel, fixé à 1,5 milliard de dollars.

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7 février 2017 2 07 /02 /février /2017 22:21
Mohamed ben Abdelkrim El Khattabi, fréquemment appelé plus simplement Abd El Krim ou Moulay Mohand par les rifains (en rifain: Muḥand n-ʿAbdel Krim Lkheṭṭabi, ou Mulay Muḥand, en arabe: محمد بن عبد الكريم الخطابي), né vers 1882 à Ajdir, au Maroc, et mort le 6 février 1963 au Caire, en Égypte, est un résistant marocain du Rif. Il est devenu le chef d'un mouvement de résistance contre la France et l'Espagne au Maroc, lors de la guerre du Rif, puis l'icône des mouvements indépendantistes luttant contre le colonialisme.

Mohamed ben Abdelkrim El Khattabi, fréquemment appelé plus simplement Abd El Krim ou Moulay Mohand par les rifains (en rifain: Muḥand n-ʿAbdel Krim Lkheṭṭabi, ou Mulay Muḥand, en arabe: محمد بن عبد الكريم الخطابي), né vers 1882 à Ajdir, au Maroc, et mort le 6 février 1963 au Caire, en Égypte, est un résistant marocain du Rif. Il est devenu le chef d'un mouvement de résistance contre la France et l'Espagne au Maroc, lors de la guerre du Rif, puis l'icône des mouvements indépendantistes luttant contre le colonialisme.

Le roi du Maroc envoie ses nervis contre la jeunesse

Ils n’ont pas honte !. - Lina Sankari - Mardi, 7 Février, 2017 - L'Humanité

La répression continue dans le Rif marocain. Des jeunes sont été blessés lors d'un rassemblement en hommage à l'anticolonialiste Abdelkrim.

Le roi du Maroc cherche-t-il à parvenir au point de rupture dans la région du Rif ? Dimanche, un nombre indéterminé de civils et une trentaine de policiers ont été blessés alors que les autorités ont interdit un rassemblement en la mémoire d’Abdelkrim qui lança, en 1921 dans cette région du nord, la première guerre anticoloniale du XXe siècle. À Boukidaren, une commune située à une dizaine de kilomètres d’Al-Hoceima, des jeunes, excédés par des années d’humiliation, ont lancé des pierres contre les policiers antiémeute. Le sentiment d’abandon est en réalité diffus depuis la révolte du Rif (1957-1959), qui avait vu 8 000 personnes mourir dans la répression du soulèvement contre la marginalisation de la région. En novembre, la mort atroce de Mouhcine Fikri, un jeune vendeur de poisson qui, s’opposant à la saisie de sa marchandise, fut broyé dans une benne à ordures, avait elle aussi cristallisé la « hogra », la colère d’une jeunesse qui vit le chômage et la relégation.À Al-Hoceima, principal foyer de contestation du Mouvement du 20 février en 2011, aucune enquête n’a jamais abouti non plus sur les circonstances troubles du décès de cinq jeunes dans une agence bancaire.

Depuis janvier, les sit-in ont également été interdits. Empêchés de manifester, les organisateurs de la mobilisation du Rif déploient des pancartes qui demandent désormais « la démilitarisation d’Al-Hoceima ». Ces affiches, immédiatement retirées par les policiers en patrouille, font référence à un décret royal du 24 novembre 1958 toujours en vigueur. Dans un contexte où l’élévation d’Al-Hoceima au statut de « ville phare de la Méditerranée » par le roi relève de l’affichage, la jeunesse continue, elle, de se revendiquer de l’anticolonialiste Abdelkrim, dont le projet politique était de faire du Rif une République moderne à l’éducation et l’économie ­développées.

Lina Sankari

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4 février 2017 6 04 /02 /février /2017 20:25
Bulgarie : Trump tirant la trompe d’un éléphant (symbole du parti républicain) habillé d’un costume à motifs en dollars et traînant une femme (blonde)sur le sol

Bulgarie : Trump tirant la trompe d’un éléphant (symbole du parti républicain) habillé d’un costume à motifs en dollars et traînant une femme (blonde)sur le sol

Le vrai visage de Donald TRUMP :

Qui est vraiment l'homme le plus puissant du monde ?

Portrait effrayant, âmes sensibles s'abstenir !

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1 janvier 2017 7 01 /01 /janvier /2017 17:44

En guise d'étrennes et en exclusivité, un extrait inédit du film Neruda, de Pablo Larraín, en salles le 4 janvier prochain, qui rend compte des choix  de vie du poète, homme politique et penseur chilien, mort le 23 septembre 1973, peu après la chute de Salvador Allende.

Et pour un dernier regard sur l'année 2016 qui a vu quelques (trop rares) aspects positifs !

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26 décembre 2016 1 26 /12 /décembre /2016 16:58
Colonies israéliennes : une résolution pour quoi faire ?

Par Sacha Atsum, étudiant en science politique à l'Université Paris 1 - Lundi, 26 Décembre, 2016 - Humanite.fr

 

« Cette résolution ne change rien. Plus que ça, elle entretient une double illusion, celle d'un conflit équilibré et celle d'un possible État indépendant. »

Le Conseil de sécurité des Nations-Unies a adopté, sur la proposition de l’Égypte, une résolution contre la colonisation israélienne. Celle-ci étant qualifiée de « violation flagrante du droit international et d’obstacle majeur à la réalisation de la solution à deux États » Une adoption d'ailleurs rendue possible par l'attitude des États-Unis qui, pour une fois, n'ont pas opposé leur veto. Et ce malgré les pressions du premier ministre israélien Benyamin Netanyahu et du futur président américain Donald Trump. Si l'on peut a priori se réjouir de toute initiative, peut être aurait-on tort de voir une quelconque avancée dans la résolution du conflit israélo-palestinien. Plus encore, c'est sa logique même qui pose question.

Selon les mots de François Delattre, l'ambassadeur de la France auprès des Nations unies, la résolution « ne se concentre pas exclusivement sur les colonies. Il condamne également la violence et le terrorisme. Il appelle aussi à éviter toute incitation émanant du côté palestinien, donc c'est un texte équilibré ». Un texte qui s'inscrit plus globalement dans la logique qui prévaut depuis les Accords  d'Oslo.

La logique d'Oslo : mettre à égalité les acteurs.

Entre 1993 et 1995, Israéliens et Palestiniens ont signé une série d'accords créant une Autorité palestinienne à qui Israël devait transférer la souveraineté sur les territoires occupés,  en remettant à plus tard les discussions sur les sujets les plus sensibles (Jérusalem-Est et la question des réfugiés notamment). Ces négociations sont depuis considérées comme le modèle à suivre. C'est en mettant les différents acteurs autour d'une table, reconnaissant des responsabilités partagés et de fait  les concessions à faire de part et d'autre, que la paix adviendra. Une paix avec deux États pour deux peuples.

Une logique qui place donc sur un pied d'égalité les deux parties. Pourtant, la réalité est toute autre. Car depuis la naissance du mouvement sioniste au 19e siècle jusqu'à aujourd'hui, le projet n'a jamais été de partager ce qu'on appelle la Palestine historique. Mais bien d'établir un seul État pour les juifs sur l'ensemble du territoire. C'est pour cela que malgré l'acquisition de la citoyenneté israélienne, les Palestiniens vivant en Israël ont encore aujourd'hui moins de droits que les juifs israéliens, notamment dans l'accès à l'emploi et au logement. Mais mettre au même niveau les deux parties, c'est aussi occulter une  réalité qui dure depuis 1967. Celle d'un État qui occupe et colonise des territoires qui ne lui appartiennent pas, en mettant en place un système discriminatoire institutionnalisé portant le nom d'apartheid. Celle d'un État qui expulse chaque jour des Palestiniens de leurs maisons, qui se réserve le droit de les mettre en détention sans autre forme de procès. Celle d'un État qui bombarde à intervalles réguliers la bande de Gaza, n'hésitant pas à viser des civils. Dans ces conditions comment se féliciter d'un texte équilibré, alors même que le conflit ne l'est pas ?

Un État palestinien possible et souhaitable ? Cette résolution entretient ce qui semble être une autre illusion : celle de la modalité du règlement du conflit, la « si fameuse » nécessaire solution à deux États. Régulièrement, et ce texte ne manque pas de le faire, la création d'un État palestinien indépendant comprenant Gaza et la Cisjordanie avec Jérusalem-Est pour capitale, est présentée comme étant la voie de règlement du conflit. Une voie à préserver. Toutefois, au-delà même de la volonté d'Israël, ce sont les conditions matérielles d'un État matériel qui sont absentes. Depuis 1967, la politique israélienne a conduit au morcellement de la Cisjordanie : colonisation, expulsions voire nettoyage ethnique dans la vallée du Jourdain, restrictions de circulation et construction du Mur ne sont que des exemples parmi d'autres qui montrent une volonté israélienne de mettre à mal les bases d'un éventuel État tout en poussant les Palestiniens au départ en leur rendant la vie sans cesse plus difficile et en détériorant tant que possible le lien social.

Toute une politique qui fait qu'un État indépendant ne serait aujourd'hui pas viable. Comme l'explique Julien Salingue, docteur en science politique, l'occupation a volontairement déstructurée l'économie palestinienne d'alors par sa prise de contrôle par Israël, qui l'utilise en fonction de ses propres besoins. Cette politique qu'il nomme « dé-développement », car visant à saper les bases de tout développement, n'a pas connu de rupture avec les Accords d'Oslo. S'ils ont créé une Autorité palestinienne, celle-ci reste dépendante économiquement et politiquement. Dépendante d'Israël qui choisit ce qui entre et qui sort, et qui peut décider de ne pas reverser les droits de douane à l'Autorité palestinienne, droits de douane représentant 66% de ses ressources. Et dépendante aussi des subventions, notamment de l'Union européenne. Une dépendance qui peut entraîner l'effondrement de l'administration palestinienne, si l'on décidait, comme en 2006, de fermer le robinet. Une politique qui entraîne en outre le développement d'une économie non productive, sans industrie, avec un souci de rentabilité financière à court terme.

Quelle paix, dans quel État ? Cette résolution ne change donc rien. Plus que ça, elle entretient une double illusion, celle d'un conflit équilibré et celle d'un possible État indépendant. Ce qui apparaissait avant comme un compromis pragmatique ne l'est plus. Benyamin Netanyahu n'est pas prêt de signer pour évacuer 600 000 colons, pour céder Jérusalem-Est  et la frontière avec la Jordanie, ou encore pour le droit au retour des réfugiés chez eux. 

Et dans tous les cas ce sont les fondements même de la politique d'Israël et de ses institutions qu'il conviendrait de remettre en cause. Car la paix ne passera pas tant par des compromis, mais avant tout par la satisfaction des droits nationaux des Palestiniens. Satisfaction conditionnée à un changement de paradigme : celui d'un État qui ne donne des droits qu'à une partie de la population à celui d'un État démocratique qui donne les mêmes droits à toute la population sans vouloir être le représentant officiel d'une partie d'entre-elle.

Du coup, pourquoi ne pas appuyer la revendication d'un nombre croissant de Palestiniens, à savoir la liberté et l'égalité des droits au sein d'un même État ?

 

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5 décembre 2016 1 05 /12 /décembre /2016 21:33
Élections en Autriche :  Après le soulagement, il ne faut pas baisser la garde !

Avec 53,3% des suffrages exprimés, le candidat écologiste Alexander Van der Bellen vient de remporter les élections présidentielles en Autriche, contre le candidat du FPÖ, Norbert Hofer (46,7%). Ce résultat, avec une plus grande participation et un écart plus net qu’en mai dernier, montre que les Autrichiens refusent majoritairement de voir leur pays rejoindre le camp de la peur, la haine et la division.

Le PCF partage le soulagement de tous les démocrates et défenseurs des droits humains qui ont réussi à barrer la route à une extrême droite, dont la politique est aussi libérale que réactionnaire, brisant ainsi la spirale inquiétante du Brexit et de l’élection de Donald Trump.

Mais il ne faut pas baisser la garde. Le FPÖ, comme plusieurs forces xénophobes et populistes en Europe, a atteint un niveau critique. Combattre cette dynamique morbide nécessite une réelle rupture avec les politiques d’austérité et de concurrence entre les peuples en Europe, ainsi qu’une bataille acharnée pour changer le cours de la mondialisation et reprendre le pouvoir sur la finance.

Seules, la construction de l’Europe de la solidarité, des biens communs et du respect des souverainetés, la coopération des forces progressistes pour conquérir l’égalité entre pays et travailleurs européens, peuvent battre les replis et la montée des nationalismes. 

Élections en Autriche :  Après le soulagement, il ne faut pas baisser la garde !
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4 décembre 2016 7 04 /12 /décembre /2016 22:56

Alors que ce soir de l'extrême-droite au Parti Socialiste en passant par le Modem et tous les réactionnaires de France et de Navarre, tous s'accordent à lyncher Madame Ségolène Royal pour ses déclarations on ne peut plus lucides sur Cuba et Fidel Castro, il nous a paru indispensable de publier cet excellent texte de l'ami Salim Lamrani sur le sujet.

Nous rappellerons que Madame Ségolène Royal est très loin de faire partie de nos ami-e-s politiques et qu'en son temps Madame Danièle Mitterrand avait fait une analyse identique sur Cuba !

L'urne contenant les cendres de Fidel Castro traverse Santa Clara, le 30 novembre 2016 à Cuba. Photo Ronaldo Schemidt - AFP

L'urne contenant les cendres de Fidel Castro traverse Santa Clara, le 30 novembre 2016 à Cuba. Photo Ronaldo Schemidt - AFP

Cathy Dos Santos - L’Humanité

Salim Lamrani est spécialiste des relations entre Cuba et les États-Unis. Il explique les raisons de l'aura de Fidel Castro et la place du leader de la révolution dans une société en mutation.

Spécialiste de Cuba, vous venez de publier un ouvrage consacré à Fidel Castro (1). Est-il possible de caractériser la trajectoire de cet homme, dont même ses détracteurs reconnaissent la stature ?

Salim Lamrani : A mon sens, trois facettes caractérisent le personnage de Fidel Castro. Il est tout d’abord l’architecte de la souveraineté nationale qui a réalisé le rêve de l’Apôtre et héros national José Martí d’une Cuba indépendante et a redonné sa dignité au peuple de l’île. Il est ensuite le réformateur social qui a pris fait et cause pour les humbles en créant une des sociétés les moins injustes du Tiers-Monde. Il est enfin l’internationaliste qui a tendu une main généreuse aux peuples nécessiteux et qui a placé la solidarité et l’intégration au centre de la politique étrangère de Cuba.

Comment comprendre l'aura dont il jouit à Cuba et dans le monde?

SL : Fidel Castro est un personnage controversé en Occident parce que les médias en présente une image caricaturale. En revanche, il est plébiscité par les peuples d’Amérique latine et du Tiers-monde qui le considèrent comme un symbole de la résistance à l’oppression et un défenseur de l’aspiration des pays du Sud à l’indépendance, à la souveraineté et à l’autodétermination. C’est un rebelle mythique entré de son vivant dans le Panthéon des grands libérateurs du continent américain. L’ancien guérillero de la Sierra Maestra a vu son prestige dépasser les frontières continentales pour devenir l’archétype de l’anti-impérialisme du XXe siècle et le vecteur d’un message universel d’émancipation.

Les médias occidentaux n’ont pas su saisir l’importance de la figure de Fidel Castro à travers le monde. Depuis Martí, aucun autre personnage n’a symbolisé avec autant de force les aspirations du peuple cubain à la souveraineté nationale, à l’indépendance économique et à la justice sociale. Fidel Castro est un symbole de fierté, de dignité, de résistance et de loyauté aux principes. Le leader historique de la Révolution cubaine a pris les armes en faveur des opprimés et a revendiqué leurs droits à une vie décente.

Lors de son retrait de la vie politique en 2006, nombre de commentateurs ont prédit la fin de la révolution cubaine, estimant que cette dernière ne survivrait pas à l'absence de Fidel Castro. Qu'en est-il dix ans plus tard?

SL : L’erreur commise par nombre d’observateurs est de penser que le processus révolutionnaire cubain repose sur les épaules d’un seul homme, Fidel Castro. Or, la Révolution a été édifiée par plusieurs générations de Cubains. Aujourd’hui, les institutions sont solides à Cuba et de nombreux cadres ont pris la relève suite au retrait progressif de la génération historique. Aucun cataclysme n’est survenu à Cuba suite au retrait de Fidel Castro en 2006 car le peuple de l’île dispose d’un haut degré de conscience politique et est attaché à son indépendance, son système politique et son modèle social.

A l’annonce du décès de Fidel Castro, un immense sentiment de tristesse a envahi les Cubains car ils ont perdu leur guide moral, leur boussole politique, celui qui aura toujours été en première ligne pour défendre le droit de son peuple à l’autodétermination. Fidel Castro laisse en héritage une idée juste et généreuse : celle d’une lutte continue pour la dignité des déshérités, d’un partage plus équitable des richesses et d’une solidarité sans failles avec les peuples luttant pour une vie meilleure.

Depuis ce retrait, quelle place occupait Fidel Castro dans la société cubaine en pleine mutation?

SL : Fidel Castro s’était défini lui-même comme un « soldat des idées ». C’était en quelque sorte le père spirituel du peuple cubain, le sage que l’on consultait pour les décisions stratégiques en raison de son immense expérience. Fidel Castro a été jusqu’à son dernier souffle un observateur attentif de la société cubaine et du monde, exprimant une grande préoccupation face au changement climatique et à la menace nucléaire.

Que pensait-il de la normalisation des relations avec les Etats-Unis?

SL : Il convient de rappeler la vérité historique. Dès le triomphe de la Révolution cubaine en 1959, Fidel Castro avait exprimé son souhait d’entretenir des relations cordiales et apaisées avec les États-Unis pour des raisons de principe et des considérations pragmatiques. En revanche, Washington devait respecter trois principes fondamentaux et non négociables : l’égalité souveraine entre les États, la réciprocité et la non-ingérence dans les affaires internes.

Alors que Cuba avait tendu un rameau d’olivier à son voisin, Washington a répondu en imposant une politique hostile à Cuba. Dès 1960, les États-Unis ont imposé des sanctions économiques implacables qui infligent encore aujourd’hui des souffrances intolérables au peuple cubain. Par la suite, le Président Kennedy a organisé l’invasion de la Baie des Cochons en 1961 et a menacé l’île de désintégration nucléaire lors de la crise des missiles en 1962. La CIA a multiplié les attentats terroristes contre Cuba qui ont coûté la vie à 3478 personnes et ont infligé des séquelles permanentes à 2 099 civils. Depuis 1959, Les États-Unis ont mené une guerre politique, diplomatique et médiatique continue contre Cuba.

Il est nécessaire donc de rappeler que le conflit qui oppose Washington à La Havane est asymétrique car l’hostilité est unilatérale. Ce sont les États-Unis qui imposent des sanctions à Cuba, qui occupent illégalement une partie du territoire cubain (Guantanamo), qui financent une opposition interne et qui cherchent à obtenir un changement de régime.

Barack Obama a reconnu que la politique des États-Unis vis-à-vis de Cuba était obsolète et injuste et il a choisi d’établir un dialogue avec Raúl Castro. Fidel Castro, qui a tant œuvré pour la paix à travers le monde, était bien entendu favorable à la résolution pacifique du différend qui oppose Washington à La Havane, même s’il ne se faisait guère d’illusions sur les véritables intentions du Voisin du Nord.

Raul Castro a annoncé qu'il ne se représenterait pas à ses fonctions en 2018, signifiant ainsi la fin de la "génération de la révolution". Comment ce changement politique est-il appréhendé?

SL : Les Cubains savent depuis plusieurs années que Raúl Castro mettra un terme définitif à sa carrière politique en 2018. Ils doivent donc relever trois défis de taille : le changement générationnel à la tête du pays, l’actuelle réforme du modèle économique et la nouvelle relation avec les États-Unis. Mais l’Histoire a montré que les Cubains ont toujours répondu avec intelligence aux nouvelles réalités et qu’ils étaient attachés au socle de valeurs qui cimente la Révolution cubaine.

Depuis 2009, l'île est engagée dans un processus de réformes économiques structurelles. Entrent-elles en contradiction avec les idéaux qui ont prévalu jusqu'alors et que Fidel Castro a défendus jusqu'à sa mort?

SL : Fidel Castro avait apporté son soutien plein et entier au processus d’actualisation du modèle économique à Cuba car il était nécessaire. « Révolution, c’est changer tout ce qui doit être changé », disait-il dans sa célèbre définition du concept donné le 1er mai 2000. Il n’y a aucun renoncement aux idéaux du socialisme. L’Etat garde toujours le contrôle des moyens de productions et des secteurs stratégiques. Le nouveau modèle économique, s’il introduit des mécanismes de marché, reste basé sur la planification socialiste à tous les niveaux, et l’entreprise d’Etat socialiste est la forme principale dans l’économie nationale. Le pays s’ouvre aux investissements étrangers – afin d’attirer les capitaux indispensables au développement de la nation –, par le biais d’entreprises mixtes, où l’Etat cubain dispose toujours d’une majorité d’au moins 51%.

Ainsi, le nouveau modèle économique cubain, basé sur la planification, une politique de prix centralisée, l’interdiction de concentration de richesse, un salaire minimum et un salaire maximum et la protection de toutes les catégories de la population, en particulier les plus vulnérables (il n’y a pas eu de licenciements massifs), reste indéniablement socialiste. Mais il s’adapte à son époque, en se basant sur la philosophie de José Martí, selon qui « le premier devoir de l’homme est d’être un homme de son temps ». Il a pour objectif d’atteindre une meilleure efficacité économique, de lutter contre la bureaucratie et la corruption, de préserver les acquis sociaux de la Révolution cubaine, de renforcer la République sociale et d’améliorer le bien-être matériel et spirituel de tous les Cubains.

(1) Fidel Castro, héros des déshérités, Paris, Editions Estrella, 2016.

Docteur ès Études Ibériques et Latino-américaines de l’Université Paris IV-Sorbonne, Salim Lamrani est Maître de conférences à l’Université de La Réunion, et journaliste, spécialiste des relations entre Cuba et les États-Unis.

Son nouvel ouvrage s’intitule Fidel Castro, héros des déshérités, Paris, Editions Estrella, 2016. Préface d’Ignacio Ramonet.

Fidel Castro et Ernesto Che Guevara. Photo Cubadebate/AfP/Archives-Roberto Salas

Fidel Castro et Ernesto Che Guevara. Photo Cubadebate/AfP/Archives-Roberto Salas

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28 novembre 2016 1 28 /11 /novembre /2016 16:29

Samedi soir, près d'un millier de personnes ont rendu un hommage simple et émouvant au leader cubain au pied de la statue de Simon Bolivar, à Paris. 

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27 novembre 2016 7 27 /11 /novembre /2016 18:10
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Jean Ortiz -Samedi, 26 Novembre, 2016

 

L’histoire retiendra qu’il fut l’un des géants politiques du XXe siècle, et que la faune de tous les anti-castristes est bien petite à côté de ce colosse. Son combat a permis l’avènement d’une Amérique latine nouvelle. De son vivant, Fidel était déjà entré dans l’histoire. L’Amérique latine perd un Libérateur, un référent, une légende.

 
26 novembre 2016
 
Je pleure. Pour mesurer la dimension du personnage, il faut le contextualiser. Cuba est une petite île ; elle n’est pas un morceau de l’ex-empire soviétique  qui s’acharne à survivre sous les tropiques. Les Etats-Unis sont intervenus plus de 190 fois en Amérique du sud, une seule expédition a échouée, celle de 1961 à Cuba. L’invasion mercenaire de la Baie des Cochons, pour tenter de renverser Fidel Castro. Les archives de la CIA l’attestent : Fidel a été victime de plus de 600 tentatives d’assassinat de la part des Etats-Unis. Pendant 50 ans, il leur a tenu la tête haute.
 
Fidel est le libérateur, l’émancipateur, le fédérateur, il a permis l’affirmation d’une nation. Le castrisme naît d’une revendication d’indépendance nationale ; la Révolution a été le fruit d’une histoire nationale. Fidel a en quelque sorte inventé Cuba. Il est donc historiquement le fondateur, le ciment, il porte une légitimité historique que nul ne lui conteste.
Il y a eu Cuba, c’est vrai, forte personnalisation du pouvoir, résultat du charisme de cet homme exceptionnel, et du rôle qu’il a joué dans le processus historique, de sa relation directe avec le peuple, de l’agression permanente des Etats-Unis.
 
Cuba a inventé des structures de « pouvoir populaire », A Cuba, le parti unique est le produit de la Révolution, d’un processus long et conflictuel de la fusion des trois organisations révolutionnaires. A Cuba, c’est la Révolution qui a fait le parti, et non l’inverse.
 
S’il y a des hommes qui jouent des rôles irremplaçables, dans des processus historiques donnés, Fidel Castro est de ceux-là.
 
L’histoire retiendra qu’il fut l’un des géants politiques du XXe siècle, et que la faune de tous les anti-castristes est bien petite à côté de ce colosse. Son combat a permis l’avènement d’une Amérique latine nouvelle. De son vivant, Fidel était déjà entré dans l’histoire. L’Amérique latine perd un Libérateur, un référent, une légende.
 
¡ Hasta la victoria siempre, Comandante Fidel !
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L'HUMAIN AVANT TOUT Canton de Pont-du-Château - dans Monde
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