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4 mars 2016 5 04 /03 /mars /2016 11:43

Dans une « lettre ouverte aux acteurs de la filière porcine française», la FNSEA  et sa Fédération nationale porcine  appellent les opérateurs de l’aval  à collecter 100 millions d’euros pour apporter de la trésorerie aux éleveurs via un prélèvement de 10 centimes sur chaque kilo de viande. Mais comment évolueront les cours  si les importations augmentent parallèlement ?

 

La négociation annuelle  étant terminée au troisième jour du Salon de l’Agriculture concernant les prix  des produits alimentaires  livrables dans les douze mois à venir aux grandes surfaces par l’industrie agroalimentaire,  chacun tente maintenant de faire ses comptes  en se demandant qui paiera l’essentiel des concessions faites aux centrales d’achat. A ce propos, il faudra être très attentif à ce qui va se passer ces prochaines semaines dans la filière porcine. Histoire  d’afficher une certaine compréhension vis-à-vis de la situation dramatique des éleveurs,  les grandes surfaces  ont accepté le principe d’une ristourne de 10 centimes par kilo de viande porcine française vendue en magasin. Cette ristourne  aux éleveurs  en difficulté prendra la forme d’un apport de trésorerie  dont la somme totale pourrait atteindre  100 millions d’euros selon la FNSEA et sa Fédération  nationale porcine (FNP). Toutefois, dans la négociation qui vient de s’achever,  ces mêmes enseignes  de la grande distribution  ont obtenu pour l’année qui vient des baisses de prix de 2 à 3% de la part des industriels de la viande sur les produits transformés à base de porc.
Selon Paul Rouche, le directeur délégué des industriels, les négociations annuelles ne concernent pas   le prix de la viande fraîche de porc. Mais il explique que « les opérateurs anticipent une offre de porc abondante  jusqu’en juin », au niveau européen. Selon lui, après avoir progressé de 10 millions de têtes, la production européenne de porcs pourrait encore augmenter de 3 à 5 millions dans les prochains mois. Les cochons qui feront partie de cette augmentation  sont déjà nés  ou sont prêts à naître, la durée de gestation d’une truie étant inférieure à quatre mois.

Voilà qui devrait compliquer la mise en place du « fonds conjoncturel d’urgence » proposé par la FNSEA et la FNP pour apporter de la trésorerie aux éleveurs en difficulté. Dans un communiqué commun  publié le 1er mars, ces deux organisations  expliquent ainsi le fonctionnement prévu : « En premier lieu, ce fonds doit être organisé dans le respect des règles de la concurrence françaises et communautaires. Ce qui suppose en particulier  d’assoir les contributions à ce fonds sur une assiette excluant la viande de porc importée, et d’autre part de reverser les sommes aux éleveurs sur une base ouverte, forfaitaire et non discriminatoire. Sur ces principes de fonctionnement, le Président de l’autorité française de la concurrence, après en avoir informé la commission européenne, a écrit que la création de ce fonds ne soulevait pas d’objections quant à sa compatibilité  avec le droit de la concurrence ».
On notera  ici que la viande de porc importée ne pourra pas être taxée, sauf  à enfreindre les règles de la concurrence au niveau européen. Du coup, cette  forme de « cotisation volontaire » des abatteurs, des transformateurs et des distributeurs ne portera donc que sur les porcs élevés  et abattus en France. Soucieuses  de voir cet argent rentrer facilement au regard de la situation dramatique de beaucoup d’éleveurs, la FNSEA et la FNP  proposent le mode opératoire  suivant: «Il est proposé aux entreprises d’abattage  et de transformation de faire figurer en pied de facture  une ligne individualisée  de cotisation à ce fonds  et ainsi de collecter la contribution sur chaque transaction commerciale  effectuée avec les GMS , boucheries, charcuteries  ou opérateurs de la restauration collective. Si l’accord était signé la semaine prochaine, la collecte pourrait démarrer le 1er avril, ce qui permettrait au fonds de soutien d’opérer  fin mai un premier versement  aux éleveurs pour trois mois de production, le second intervenant fin juillet».

Il n’est pas certain que chaque maillon de la filière facturera à son client une part des 10 centimes par kilo de viande qui sera finalement  versée à ce fonds destiné à fournir un complément de trésorerie  aux éleveurs . Le communiqué des deux syndicats fait état de ce risque quand il écrit : « Echaudées par l’incroyable dureté des négociations commerciales, les industriels privés et coopératifs  hésitent à collecter cette contribution au motif que les enseignes la leur feront au final payer ».
Mais il est une autre question que la FNSEA et la FNP omettent d’aborder. On sait que la taxe ne s’applique qu’aux porcs élevés et abattus en France   pour ne pas prendre le risque de se mettre en infraction avec les règles de la libre concurrence en  Europe. Alors que l’offre européenne de viande porcine est plus abondante que la demande, les distributeurs comme les transformateurs peuvent être tentés de réduire leurs achats de porcs français en augmentant les importations. Ce faisant, la réduction de la demande de porcs  français se traduira très vite par une chute des cours au marché au cadran de Plérin  qui est la référence nationale   avec un prix du kilo de carcasse de porc à 1,11€ en ce début du mois de mars. Ce marché fonctionne selon le principe des enchères descendantes. Le responsable des ventes fixe  un prix de départ  pour un lot de cochons  et ce prix continue ensuite de baisser tant qu’aucun acheteur  n’appuie sur la touche  achat. Si ce prix qui s’affiche alors sur un écran lumineux ne convient pas au vendeur, il peut toujours refuser de vendre. Mais ses cochons passeront quelques jours de plus à la porcherie  sans être certains d’être mieux vendus  une ou deux semaines plus tard.


Dans le cadre de la mise en place de ce « fonds de soutien », les  transformateurs comme des distributeurs  peuvent récupérer plus que leur apport au «fonds » en important davantage de  cochons afin de faire chuter les cours en France. Bien que différent dans sa conception, le précédent accord de juin 2015 visant à faire remonter les cours sur la base  du volontariat des opérateurs de l’aval les avait fait baisser durablement  au bout de quelques semaines

 

Crise porcine: Un fonds de soutien aux résultats bien incertains
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3 mars 2016 4 03 /03 /mars /2016 21:07
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Par Patrick Apel-Muller -Vendredi, 4 Mars, 2016 -L'Humanité
 
 

L'éditorial de Patrick Apel-Muller : « Les éléments de langage prescrits par les communicants de l’Élysée prennent toujours les citoyens pour des cloches [Pour des cloches ? Nous ne l'aurions pas forcément dit comme ça ! Ndlr], sonnant à contretemps. 

Cette régression sociale qui ne passe pas !

Des relents du CPE flottent autour de Myriam El Khomri.

Comme Dominique de Villepin alors [au moment du CPE, Ndlr], elle juge « absurde que les jeunes aient peur de cette loi » et dénonce « la désinformation et la manipulation sur ce projet de loi ».

Les éléments de langage prescrits par les communicants de l’Élysée prennent toujours les citoyens pour des cloches, sonnant à contretemps.

Il ne faut pourtant pas sortir de la haute finance, comme Emmanuel Macron, pour mesurer que sa réforme du travail instaure une hyperprécarisation du travail et établit un droit divin patronal sur l’emploi et sa physionomie. Même les syndicats les plus dociles trouvent que trop, c’est trop [Nous ne les citerons pas. Ndlr], et déclarent qu’il faudra plus que des ajustements – pour l’heure laissés dans le flou par le gouvernement – pour leur faire ingurgiter cette potion. En revanche, François Hollande et Manuel Valls ont trouvé à droite leur service après-vente.

N’y touchez plus, exhortent les pontes de LR, Christian Estrosi en tête.

Soutenez-la, implore le sinistre maire d’extrême droite de Béziers, Robert Ménard, rejoignant, si je puis dire, ce front commun.

 

Cette régression sociale qui ne passe pas !

Cette trahison du sens même de la gauche est perçue par l’opinion. Les cotes de popularité du président et de son premier ministre s’effondrent, particulièrement dans l’électorat progressiste. Les organisations syndicales de jeunes et de salariés qui, jeudi après-midi, ont préparé les mobilisations du 9 mars et appellent à la grève le 31 mars sont donc en phase avec le sentiment des salariés. À la régression sociale programmée et déguisée en audace, ils opposent la conquête de nouveaux droits et de reprendre la voie du progrès.

 

Mais qui sont donc les « modernes » ?

Pour celles et ceux qui n'auraient pas suivi le mouvement « On vaut mieux que ça ! »

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2 mars 2016 3 02 /03 /mars /2016 18:57

Emmanuel Macron va lancer en début de semaine prochaine le processus de privatisation des aéroports de Nice-Côte d'Azur et de Lyon. Le choix des repreneurs se fera au cours de l’été.

 

L'Etat s'est déjà désengagé en 2014 de l'aéroport de Toulouse… Le même Macron était déjà passé en force pour céder au privé l’aéroport ATB construit grâce à de l’argent public. En vendant les parts de l’Etat dans ceux de Nice et Lyon, il espère récupérer jusqu’à 1,5 milliard d'euros.


Rappelons qu’un référendum local a amplement refusé la privatisation de l’aéroport de Nice en février 2015… Sur les quelque 36 000 suffrages exprimés dans la ville, 97,4% s’étaient prononcés en faveur du non, selon les résultats de la municipalité. Le PCF local avait réagi : « Il s'agit d'équipements structurants, financés par l'argent public et... rentables. A l'heure où nous subissons les conséquences de la privatisation des autoroutes avec le racket organisé par les grands groupes, le gouvernement voudrait leur faire de nouveaux cadeaux. »

 

Le cahier des charges sera publié au début de la semaine au Journal Officiel, a-t-on indiqué après que le ministre de l'Economie Emmanuel Macron a reçu successivement mardi et mercredi les responsables locaux et des chambres de commerce des deux villes. Le calendrier "indicatif" pour la cession des parts de 60% de l'Etat dans les deux aéroports prévoit une remise des candidatures autour de la semaine du 20 mars, puis des offres indicatives dans semaine du 25 avril. Les offres fermes sont attendues courant juin et des offres finales, en cas d'éventuel "troisième tour", début juillet. La décision finale est prévue fin juillet/début août après consultation des collectivités locales.

 

L’Etat privatise deux aéroports de plus sous la houlette de Macron
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1 mars 2016 2 01 /03 /mars /2016 22:04
La campagne de Sanders, plus progressiste que tous les autres, est une surprise. Ici, au Nevada, sur une pancarte : « enfin une bonne raison de voter. »  Photo : AFP

La campagne de Sanders, plus progressiste que tous les autres, est une surprise. Ici, au Nevada, sur une pancarte : « enfin une bonne raison de voter. » Photo : AFP

États-Unis - Christophe Deroubaix - Mardi, 1 Mars, 2016 - L'Humanité

 

On ne connaît pas encore la fin de l’histoire de ce sénateur de 74 ans qui incarne l’aile gauche des primaires démocrates, se proclame « socialiste », associe étroitement les citoyens à sa démarche politique et rencontre l’adhésion de la jeune génération. Mais voici déjà les débuts…

«Vous allez voir comment il fait. Quels que soient l’endroit et le public, il ne déroge pas à sa règle : il pose tout sur la table et il en discute. » Bernie Sanders vient d’arriver dans la cafétéria du lycée d’Hinesburg. Petit matin brumeux d’octobre 2012. Il pose son manteau et va serrer une à une les mains de la petite centaine de personnes présentes. Il échange quelques mots avec certains. Engage quelques conversations. Ici, on lui donne du « Bernie » pas du « senator Sanders ». Le contact est direct, simple.

« Vous allez voir comment il fait. » L’homme qui parle à l’oreille de l’envoyé spécial de l’Humanité est le chief of staff (directeur de cabinet). Son CV dit beaucoup de Sanders. Il faut donc s’y arrêter. Huck Gutman n’est pas un jeune collaborateur sorti d’une école de droit ou de sciences politiques. Huck Gutman est un professeur d’université – spécialité : poésie –, ami de la première heure du néo-vermontais Sanders (on y reviendra), qui s’est transformé en « dircab » dans les couloirs anonymes du building Dirksen du Sénat. Quelques semaines après notre rencontre, Huck (un surnom en référence à Huckleberry Finn, son prénom de naissance étant Stanley) est retourné à ses études, non par désaccord mais par principe : la politique est un engagement, pas un métier.

« Vous allez voir comment il fait. » Nous y voilà donc. D’abord, un peu grincheux : « Qu’on commence par baisser le chauffage, on pourra ensuite parler d’économies d’énergie. » Puis, il attaque : « J’en suis à ma 32e rencontre lors de cette campagne. On me dit que je n’en ai pas besoin (de fait, Sanders a été réélu quelques jours plus tard avec 71 % des suffrages – NDLR). Mais je suis un conservateur : je crois en la bonne vieille démocratie. Je vais vous donner ma perception des États-Unis car il faut que l’on se mette d’abord d’accord sur le diagnostic. » Explosion des inégalités, corruption du processus démocratique par l’argent, emprise grandissante de l’oligarchie : « tout est sur la table », comme l’avait annoncé Gutman. Le dialogue s’ensuit. C’est ainsi qu’un petit matin brumeux d’octobre, dans une cafétéria de lycée dans l’État le plus rural du pays, on a parlé des conditions pour dominer Wall Street, du bilan d’Obama mais aussi du printemps arabe, de la politique de Netanyahou, des accords de libre-échange. Après une heure trente d’échanges, Bernie a dit : « Je dois vous laisser. J’ai mon 33e rendez-vous de campagne qui m’attend. » Avant d’emboîter le pas, Huck Gutman nous salue d’un regard signifiant : « Bon, vous avez vu ! »

Ce jour-là, même son ami de quarante ans n’aurait pas parié un dollar sur une candidature de Bernie à la présidentielle, encore moins sur sa percée fracassante. Du coup, le professeur Gutman a dû sortir des vers de Yehuda Amichaï, l’un de ses poètes préférés, pour mettre à jour un livre écrit avec Sanders en 1997 : Un outsider à la Maison-Blanche (non traduit en français). Qui expose à la fois le parcours et la conception politique de l’homme public dont la cote de popularité est désormais la plus élevée du pays.

Côté biographie, voici : Bernard Sanders est né en 1941 dans le quartier new-yorkais de Brooklyn, fils d’Elias Sander Gutman, juif polonais arrivé aux États-Unis, à l’âge de 17 ans, en 1921 et de Dorothy Sanders (née Glassberg). C’est à l’université de Chicago que Bernard devient socialiste, s’engage dans le mouvement pour les droits civiques (il est de la marche sur Washington en août 1963 ponctuée par le discours de Martin Luther King, « I have a dream »), puis dans le mouvement pacifiste. « Mauvais étudiant », de son aveu même, mais dévoreur de livres (Jefferson, Lincoln, Debs, Marx, Lénine, Trosky, Freud…), il décroche malgré tout une maîtrise de sciences politiques. On voit pourtant plus sa longue et fine silhouette dans la chaleur de toutes les réunions du monde que dans les ambiances feutrées des bibliothèques.

 

Yes ! He can ! (Oui ! Il peut !)

Yes ! He can ! (Oui ! Il peut !)

Le Sanders « moderne » est né : élévation des consciences par la clarté idéologique

C’est ainsi qu’un jour de 1964, répondant à l’invitation d’un ami, il participe à un meeting à Plainfield et découvre… le Vermont, petit État rural, bastion républicain à l’époque. Il s’y installe définitivement en 1968. Trois ans plus tard, le voilà candidat du Liberty Union Party pour les sénatoriales. Il prend une trempe. Un an plus tard, sous les mêmes couleurs, il se présente au poste de gouverneur. Nouveau revers. Et ainsi de suite durant la décennie 1970, à la fin de laquelle il quitte le mouvement et se lance dans la production de documentaires. Le premier porte sur Eugene Debs, syndicaliste, fondateur de l’IWW (Industrial Workers of the World), candidat socialiste aux élections présidentielles de 1900 (0,63 %), 1904 (2,98 %), 1908 (2,83 %), 1912 (5,99 %) et 1920 (3,41 %). Dans le bureau du sénateur Sanders trône toujours un portrait d’Eugene Debs.

En 1980, un ami lui inocule de nouveau le virus de l’action politique. Richard Sugarman, professeur de religion, convainc Bernie qu’il peut devenir maire de Burlington, la principale ville de l’État et pôle universitaire, aux mains d’un Parti démocrate hégémonique. Il joue ses seules cartes en main : campagne de terrain orientée sur les problèmes de fond, action militante, participation électorale de ceux qui se trouvaient aux marges du processus. Il l’emporte de dix voix. Le Sanders « moderne » est né : élévation des consciences par la clarté idéologique, mobilisation populaire et… intangibilité politique. Sanders veut parler « urbi et orbi », à la ville et au monde. Maire d’une ville de 40 000 habitants, il revendique d’avoir une « politique étrangère ». Prend la défense du gouvernement sandiniste au Nicaragua, se rend sur place, développe des jumelages avec des villes étrangères et se retrouve ainsi en lune de miel, en 1988, à Yaroslav, URSS. La même année, il soutient Jesse Jackson dans sa candidature à la présidentielle.

Il défend notamment le droit à la santé avec un vrai système de protection universelle

En 1989, après deux mandats, il quitte l’hôtel de ville. Mais le Capitole se profile à l’horizon. Il ne le sait pas encore car il ne l’a pas prévu. Au lieu de cela, il donne des cours à Harvard. Ce sont ses amis, encore eux, qui lui tirent la manche pour l’élection législative de 1990. En triangulaire, il défriche son chemin vers la Chambre des représentants avec 56 % des voix, où sa première initiative est de créer un « caucus » (comité regroupant des élus) progressiste qui est, aujourd’hui, le plus important parmi les élus démocrates, signe d’une évolution vers la gauche des représentants et surtout de leurs électeurs. Pendant seize ans, il sera réélu sans coup férir tous les deux ans (durée d’un mandat de député aux États-Unis).

En 2006, ce sont les portes du Sénat qui s’ouvrent devant une silhouette un peu plus voûtée et une chevelure désormais plus blanche que grise. Mais l’énergie est intacte : le 10 décembre 2010, il s’oppose à la reconduction des réductions massives d’impôts décidée sous George W. Bush et prononce un discours de 8 heures 35 minutes et 14 secondes. Lorsque l’opportunité lui est donnée de présider une commission, il choisit, lui l’ancien objecteur de conscience opposée à la guerre du Vietnam, celle des anciens combattants, car il ne confond pas ceux qui déclarent les guerres et ceux qui sont envoyés les faire puis se retrouvent abandonnés à leur sort.

C’est face à ce même Capitole qu’il annonce, en avril 2015, dans un texte assez mal ficelé qui fait montre de peu d’ambition, sa candidature à l’élection présidentielle. On connaît la suite – mais pas encore la fin – avec, dans le New Hamsphire le 9 février, la première victoire d’un candidat qui se proclame socialiste dans une primaire. Au fait, est-il un socialiste ou plutôt un « new dealer » (partisan du New Deal de Roosevelt), comme l’estime Noam Chomsky, qui ne lui en apporte pas moins son soutien ? Il est de « gauche », tranche Eli Zaretsky, professeur d’histoire à la New School de New York et auteur de Left, essai sur l’autre gauche aux États-Unis (éditions du Seuil). « De gauche en ce sens qu’il pose les choses en termes de droits : le droit à la santé avec un vrai système de protection universelle, le droit à l’éducation avec la gratuité des études supérieures, le droit à un salaire décent avec le Smic à 15 dollars. »

Ce qui différencie Sanders de tous les autres candidats ne réside peut-être pas tant dans son programme, en effet plus progressiste que tous les autres, que dans la façon dont il compte le faire appliquer : par une « révolution politique ». « Pour moi, la politique ce n’est pas juste arriver avec des idées et un programme législatif à Washington – ce qui est nécessaire – mais c’est trouver les moyens d’impliquer les gens dans le processus politique, les rendre puissants. Ce n’est pas facile, mais, en fait, c’est ce qui doit être fait », écrit Bernie Sanders son livre de mémoires.[Ceci correspond pleinement à notre conception de la politique, telle que la pratique notre ami et camarade André Chassaigne. Ndlr] John Nichols, journaliste au magazine progressiste The Nation, qui en écrit la postface, nous le confirme : « Sanders croit vraiment en la révolution politique. Il veut vraiment mettre en marche une armée d’électeurs qui vont pousser le Congrès à changer. » Ce vieux routier du journalisme politique, auteur d’un livre sur l’histoire du socialisme aux États-Unis, qui s’entretient régulièrement avec Sanders, était loin de penser, il y a quelques mois seulement, que le mouvement déclenché par le sénateur de 74 ans pourrait atteindre une telle intensité.

 

« Quoi qu’il arrive désormais, Sanders a catalysé les évolutions progressistes de l’opinion publique, notamment de la jeune génération. Si ce n’est pas lui, ce sera quelqu’un d’autre, un latino, une femme, qui sait. Mais Sanders aura semé les graines de ce changement. »

 

 

 

Juste pour sourire !

Bernie Sanders, l’homme qui croit en la révolution politique !
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29 février 2016 1 29 /02 /février /2016 20:11
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Manuel Valls a officiellement annoncé le report de la présentation de la loi Travail en conseil des ministres d'une « quinzaine de jours ». Une première victoire pour ses opposants qui veulent amplifier la mobilisation jusqu'à obtenir le retrait du texte.

 

Loi Travail : après le report, la gauche veut le retrait !

Le projet de loi Travail qui devait être présenté en conseil des ministres le 9 mars, journée de mobilisation, sera repoussé d'une quinzaine de jours. « Il faut lever un certain nombre d'incompréhensions, il faut expliquer, répondre à toute une série de fausses informations qui sont données sur ce texte. Donc, nous allons nous donner quelques jours supplémentaires avant le passage en conseil des ministres, une quinzaine de jours sans doute, ce qui ne change pas grand-chose par rapport au calendrier parlementaire initial qui était prévu », a déclaré depuis le Salon de l'Agriculture le Premier ministre, qui a nié tout recul : « Le recul, ce serait abandonner le texte ».

 

Loi Travail : après le report, la gauche veut le retrait !

Selon cette source gouvernementale, l'élargissement du licenciement économique et du plafonnement des indemnités prud'homales, deux points parmi les plus contestés « doivent être dans le texte », mais le gouvernement est prêt à discuter des « curseurs », c'est à dire des seuils de déclenchement ou des plafonds de ces mesures. Les modifications seront « peut-être » apportées avant le conseil des ministres « si on trouve un point d'accord » d'ici là, notamment avec les syndicats.

 

Loi Travail : après le report, la gauche veut le retrait !

Pour un retrait complet

« Ce recul gouvernemental est à mettre au crédit de la cyber-mobilisation, des convergences sur le front syndical, des organisations de la jeunesse, de l'évolution du débat à gauche pour une indispensable -clarification- » a réagi Olivier Dartigolles, porte-parole du PCF. « Valls doit aller au bout avec le retrait pur et simple du projet de loi El Khomri. On peut l'y aider en portant dès cette semaine la pétition citoyenne au million de signataires, en faisant converger les luttes et les mobilisation et en écrivant tous ensemble le code du travail du nouveau siècle, celui de l'émancipation et de nouveaux droits et pouvoirs pour les salariés, avec les moyens de son application. »
De son côté Eric Coquerel, coordinateur politique du Parti de gauche, a qualifié ce report de « première reculade », rappelant la mobilisation prévue le 9 mars. « Un report de 15 jours est une 1ère reculade de #valls : poussons jusqu'au retrait de la #loielkhomri. Le 9/3 on mobilise ! #OnVautMieuxQueCa ».

Dimanche soir, la CFDT, avait jugé « irréaliste » la présentation du texte le 9 mars prochain, et appelé explicitement à un report de l'examen de ce projet de loi « totalement déséquilibré » à ses yeux.  « Le gouvernement a pu aisément comprendre cette dernière semaine que ce texte suscitait le désaccord de beaucoup de monde et de toutes les organisations syndicales », a dit le secrétaire général de la confédération, Laurent Berger, sur France 5.  « Plutôt que de s'obstiner à présenter ce texte en conseil des ministres le 9 mars et de voir ensuite des mobilisations - parce que je le dis, si ce texte devait rester en l'état, la CFDT se mobiliserait contre certaines parties de ce texte - donc plutôt que de faire ça, il faut repartir sur une concertation ».

 


 

Loi Travail : après le report, la gauche veut le retrait !

Une première victoire pour les opposants, qui, à l'exception de la CFDT, continuent à demander le retrait total du texte.

La mobilisation du 9 mars est maintenue.

Car l'objectif du gouvernement reste une adoption définitive du projet de loi « avant l'été ».

Loi Travail : après le report, la gauche veut le retrait !
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28 février 2016 7 28 /02 /février /2016 21:01

L’ancien professeur de lycée agricole  était arrivé dans ce ministère prestigieux et difficile  avec des idées en phase avec les grands enjeux agricoles, alimentaires et climatiques du XXIème siècle. Mais la crise actuelle, imputable au fonctionnement de l’Europe agricole  et conséquence directe des ravages du libéralisme économique en  agriculture,  a rendu son message de moins en moins audible chez des paysans qui luttent pour leur survie.

 

 Après  avoir été interpellé par des paysans  exaspérés dans sa résidence sarthoise  le week-end dernier, Stéphane Le Foll  a vu le stand de son ministère quelque peu dégradé par des manifestants franciliens de la FNSEA samedi  matin  tandis qu’il  accompagnait , sous les huées la visite du président Hollande. Sa semaine au Salon sera donc longue et difficile.

 

Pourtant, tant en raison de ses origines rurales que de sa formation d’enseignant  de lycée agricole,  ou encore de son passé de député européen spécialiste des dossiers agricole, Stéphane Le Foll  portait à son arrivée dans ce ministère  un  regard lucide sur le type d’agriculture qu’il convenait de promouvoir  en ce début de XXIème  marqué par le réchauffement climatique. Car nous entrons dans un monde fini qui devra économiser  les énergies fossiles comme les engrais. Il faudra aussi augmenter  le taux de matière organique des  terres agricoles, disposer d’assez d’eau , quitte à en stocker davantage, afin de pouvoir nourrir la population en dépit des sécheresses , des inondations et autres aléas climatiques.

 

La Loi d’Avenir que le ministre de l’Agriculture a fait voter en 2014 s’efforçait de répondre à ces défis. Cela  implique de faire travailler la nature de manière intelligente en pratiquant l’agro-écologie   au quotidien à travers le non labour, les associations de graminées et de légumineuses, la plantation de haies et de développement de l’agroforesterie  pour s’adapter au réchauffement climatique. Mais comment convaincre  les paysans de s’intéresser à de tels projets quand ils perdent de l’argent en trayant les vaches, en nourrissant  les cochons et les jeunes bovins, voire même en cultivant du blé en Beauce, l’une des terres les plus fertiles de France ?

 

Au sein de’ l’Union européenne, nous sommes en présence d’une crise imputable au démantèlement des outils indispensables pour réguler la production agricole. Car cette dernière  obéit à des contraintes qui n’existent pas dans d’autres secteurs économiques. Ses rendements sont dépendants des aléas climatiques  et de la fertilité des sols. Les rendements  peuvent souvent varier  de 1 à 5 d’une région à l’autre selon la fertilité des sols dans un même pays, parfois même dans un même canton, voire sur une même exploitation. Or,  dans ce siècle de tous les dangers climatiques, il faudra nourrir entre 7 et 9 milliards d’habitants sur la planète. Ce qui suppose de mettre à contribution les terres fertiles ; mais aussi les moins fertiles, tout en stoppant la déforestation afin  de ne pas accentuer le réchauffement climatique. Oui, en France comme ailleurs, la valorisation intelligente  de terres à faible potentiel agronomique sera de plus en plus indispensable  pour produire une partie de notre nourriture. Cela n’est pas possible quand on promeut la concurrence de tous contre tous comme le répètent les  prêcheurs de Bruxelles. Depuis des décennies ils nous récitent ce même catéchisme sur le   dogme du tout marché, relayés par des  perroquets dans nos assemblées élues comme dans trop de salles de rédaction.

 

En production agricole, il suffit que l’offre de produits périssables dépasse la demande de 3 à 5% pour que les prix baissent  de 20 à 30% voire 50% comme on a pu le voir depuis des mois pour la viande de porc, le lait de vache, le blé tendre qui sert à faire du pain. C’est  une spécificité de la production agricole. Voilà pourquoi les décideurs politiques européens   avaient progressivement introduit dans la gestion de la Politique agricole commune de l’Europe dès la fin des années  1960 des prix indicatifs et  des mesures de gestion pour stabiliser les prix payés aux producteurs. Ce fut aussi  le rôle des quotas laitiers à partir du moment où le stockage de la surproduction devint trop coûteux pour le budget agricole de l’Europe en 1984. Aux Etats Unis, les aides contra-cycliques  jouent aussi ce rôle stabilisateur en cas de baisse sensible des prix de marché. En Europe, ces mécanismes destinés à stabiliser les marchés ont été progressivement démantelés à partir de 1992 dans le but « d’adapter » la production agricole aux règles commerciales  de l’Organisation mondial du commerce (OMC)  à partir  de 1994.

 

Voilà pourquoi on a abandonné toute idée de prix garanti pour les produits agricoles en Europe. Voilà pourquoi on a mis fin à la régulation de la production laitière  en supprimant le quotas par pays dans le but illusoire  de permettre aux  transformateurs de faire du fric en vendant des millions de tonnes de poudre de lait à la Chine après avoir contribué  a araser des millions d’hectares de forêt en Amérique du sud  afin d’importer du soja pour nourrir les vaches. Voilà pourquoi , le ministre français de l’Agriculture n’a rien obtenu  de ses collègues à Bruxelles alors qu’il ne demandait que  des palliatifs comme du stockage public de denrées  pour tenter de faire remonter les cours de quelques centimes par litre de lait ou par kilo de viande.

 

Voilà aussi pourquoi  les concepteurs du stand du ministère de l’Agriculture  sur le Salon  semblent avoir voulu dépolitiser le débat sur les vrais enjeux en posant des questions du genre : « qu’est-ce que l’agriculture et l’alimentation citoyenne ? Quels gestes simples pour lutter contre le gaspillage alimentaire? Comment cuisiner les légumineuses?».  Pas de quoi inquiéter le monde la finance désigné comme son seul ennemi par François Hollande en janvier 2012 !

 

La longue et dure semaine de Stéphane Le Foll au salon de l’Agriculture
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27 février 2016 6 27 /02 /février /2016 21:26
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Marie Noelle-Bertrand nous raconte les événements de la matinée, notamment l'arrivée mouvementée de François Hollande au Salon et les manifestations de colère des agriculteurs. 

Vente de viande "Du producteur au consommateur" !

 

Dans le même ordre d'idée, la fille de nos amis Jean-Pierre et Françoise organise une vente de viande (et de fromages "Artisous") avec une livraison sur Lempdes le mercredi 9 mars 2016.

 

  • Caissette 3

1 côte + des steaks

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steaks, faux filets, bourguignon, rosbeef, pot au feu€

8 kg - 90 € - soit 11,25 € le kg

  • Caissette 15

1 côte, faux filets, rosbeef, bourguignon, pot au feu,...

15 kg - 160 € - soit 10,66 € le kg

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L'HUMAIN AVANT TOUT Canton de Pont-du-Château - dans Société
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26 février 2016 5 26 /02 /février /2016 21:35
Merci patron !, de François Ruffin. France, 1 h 30. Le journaliste François Ruffin a piégé la première fortune de France, avec la complicité et au profit d’un couple de chômeurs. Sa comédie documentaire, qui replace l’imagination au cœur des luttes sociales, est sorti mercredi dans une cinquantaine de salles.

Merci patron !, de François Ruffin. France, 1 h 30. Le journaliste François Ruffin a piégé la première fortune de France, avec la complicité et au profit d’un couple de chômeurs. Sa comédie documentaire, qui replace l’imagination au cœur des luttes sociales, est sorti mercredi dans une cinquantaine de salles.

Maud Vergnol - Mercredi, 24 Février, 2016 - L'Humanité

 

Le contraste est obscène. Bernard Arnault, prédateur de grand luxe, première fortune de France, dont le patrimoine professionnel représente 3,5 milliards d’années de Smic, se pavane à l’assemblée générale des actionnaires de LVMH, où le champagne Dom Pérignon coule à flots. À deux cents kilomètres de là, à Poix-du-Nord, entre Valenciennes et Maubeuge, Serge et Jocelyne Klur survivent avec le RSA depuis que leur usine, qui confectionnait des vêtements Kenzo, a été délocalisée en Pologne. « Comment vous faites pour manger avec 3 euros par jour ? » leur demande François Ruffin… « Ben, on mange pas ! » Les premières minutes, cette comédie documentaire, qui emprunte autant aux méthodes de Michael Moore qu’au comique de Lafesse, peut déconcerter. Débarquer dans cette ville dévastée par le chômage affublé d’un tee-shirt « I love Arnault » en se faisant passer pour un fan du milliardaire déterminé à redorer le blason de la première fortune de France face à ceux qui ont tout perdu… il fallait oser. Mais François Ruffin, Calaisien de naissance qui vit en Picardie et enquête sur le milliardaire depuis plusieurs années pour le journal Fakir, sait où il met les pieds.

Une caméra planquée dans une peluche, le stratagème fonctionne

Ce n’est pas un hasard s’il a choisi Poix-du-Nord pour lancer « le combat des Pieds nickelés contre le Goliath du luxe ». En 2007 déjà, pour l’émission de Daniel Mermet Là-bas si j’y suis, le journaliste avait suivi la lutte des salariés d’Ecce contre la fermeture de l’usine, dernier site de fabrication en France de prêt-à-porter masculin et sous traitant de LVMH. Il suggère alors à Marie-Hélène Bourlard, déléguée syndicale CGT, d’acheter une action du groupe pour intervenir à l’assemblée générale des actionnaires. Dorénavant, les nantis du luxe la surnomment « le diable rouge »… C’est par son entremise que François Ruffin fait la rencontre de la famille Klur. Au chômage depuis la fermeture de l’usine, criblés de dettes, Serge et Jocelyne ne peuvent plus se chauffer, ont fêté Noël « avec une tartine de fromage blanc » et risquent de se faire saisir la maison qu’ils ont passé leur vie à construire. C’est dans le salon des Klur que la comédie sociale devient du cinéma d’action directe.

Grillé chez LVMH, où il ne peut plus mettre un pied, François Ruffin choisit la farce, en se faisant passer pour le fils de la famille. Comment arnaquer un arnaqueur ? L’idée est de menacer d’alerter la presse sur la situation des Klur pour exiger du premier groupe de luxe au monde un dédommagement « en toute discrétion ». Avec trois bricoles, une caméra planquée dans une peluche, le stratagème fonctionne. Les Klur voient débarquer chez eux le « monsieur travail sale » de LVMH, un ex-commissaire des renseignements généraux que seule effraie la CGT… Il négocie leur silence en simulant l’empathie démago. Face à son mépris de classe, Serge et Jocelyne se jouent de lui avec une délectation qui transperce l’écran. Où l’on apprend que ce n’est pas si dur de faire cracher Bernard Arnault au bassinet ! Habituée à plumer les salariés, la plus grande fortune de France devient le dindon de la farce. Cynisme, indécence, barbouzeries… lui qui dépense des milliards pour soigner son image en prend un sacré coup. Contacté par l’Humanité, le groupe LVMH nous a assuré qu’il ne commenterait pas le contenu du film, comme il ne comptait pas avoir recours à un référé, tout occupé qu’il est à « des tâches plus nobles », comme « administrer » 120 000 salariés à travers le monde… Mais François Ruffin s’est déjà vu annuler une invitation d’Europe 1, propriété de Lagardère, avant que celle-ci ne se ravise…[Voir ci-dessous. Ndlr].

Certes, la personnalité du journaliste peut agacer. Comme cette manie, un peu mégalo, de se filmer dans sa vie privée en Robin des bois contemporain devant ses propres enfants.

Reste que Merci patron ! est une formidable comédie documentaire, un ch’ti remontant qui redonne la force de se battre, replace l’imagination au cœur des luttes sociales.

Une fable façon La Fontaine qui pourrait se terminer ainsi : « On est plus fort qu’ils ne le pensent et ils sont plus fragiles qu’on ne le croit ! »

 

 

Merci patron ! Un cinéma d’action directe !

François Ruffin étrille Arnaud Lagardère sur Europe 1 et quitte brusquement le studio !

 

L'auteur du documentaire "Merci patron !" était récemment l'invité de la station du groupe Lagardère après avoir été une première fois décommandé par la direction.

Intervention kamikaze dans "Europe Midi". En effet Jean-Michel Aphatie et Maxime Switek ont reçu François Ruffin, le réalisateur de "Merci patron !". Le journaliste, fondateur et directeur du journal satirique "Fakir", engagé à gauche, devait au départ être reçu hier sur Europe 1 par Frédéric Taddéi. Mais cette invitation avait finalement été annulée par la direction d'Europe 1.

La station de la rue François Ier avait à l'époque justifié sa décision par la nature "polémique" de son documentaire consacré à Bernard Arnault. Selon elle, la venue de François Ruffin nécessitait la présence d'un contradicteur et l'organisation d'un véritable débat. La station avait donc décidé de convier le journaliste dans "Europe Midi" aujourd'hui. Mal lui en a pris.... François Ruffin a en effet profité de cette tribune pour attaquer pendant plusieurs minutes le patron de la radio, Arnaud Lagardère, sur sa propre antenne.

 

"Je tiens vraiment à le remercier pour la censure qu'il a exercée"

Le journaliste a commencé par sortir un maroilles à lui offrir pour le remercier du "plan com'" qu'Arnaud Lagardère lui avait assuré. "En interdisant à Frédéric Taddéi de me recevoir, il a suscité un grand élan de sympathie. Je tiens vraiment à le remercier pour la censure qu'il a exercée", a lancé François Ruffin à l'antenne. "Ces remerciements lui iront droit au coeur", a préféré ironiser Jean-Michel Aphatie qui menait l'interview.

François Ruffin a ensuite évoqué "l'oligarchie" contre laquelle il dit vouloir lutter et qui englobe selon lui aussi bien Bernard Arnault, sujet de son film, qu'Arnaud Lagardère, propriétaire d'Europe 1. "On parle de votre documentaire ou pas ?", a fini par s'agacer Jean-Michel Aphatie. "On n'est pas obligé. On va parler de votre patron", a rétorqué l'invité.

Prochaines diffusions du film « Merci patron ! »

au cinéma Le Rio 178 rue Sous les Vignes

63100 Clermont-Ferrand

 

  • Dimanche à 21 h

 

  • Lundi à 16 h 45

 

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25 février 2016 4 25 /02 /février /2016 19:57
« Tous à terre ! »... Un seul député resta assis, le secrétaire du PCE, Santiago Carrillo.- photo: DAVID CASTRO

« Tous à terre ! »... Un seul député resta assis, le secrétaire du PCE, Santiago Carrillo.- photo: DAVID CASTRO

Jean Ortiz - Mardi, 23 Février, 2016

 

« Il y a des coups d’État qui réussissent en échouant. »

C’était un 23 février, à Madrid, il y a 35 ans, en session plénière du Congrès, dans la plus belle des salles... La transition allait consensuellement plutôt cahin-caha, sur fond de démocratie gueule de bois, de crise sociale et politique. Le Congrès était réuni pour voter l’investiture du nouveau chef du gouvernement, le « centriste » Leopoldo Calvo Sotelo, succédant au « centriste » Adolfo Suarez, usé, lâché par les siens et sa majesté... Le « centrisme » (UCD : Union de Centre Démocratique) fut créé pour perpétuer une sorte de franquisme sans Franco. Excepté Adolfo, démissionnaire, nul ne se sentait triste.

Et soudain un cri bestial : « Tous à terre ! Ne bougez pas ! », suivi de quelques jurons et détonations de pistolet...

La marionnette repoussoir, en service commandé, portait le sinistre tricorne de la garde dite civile. Elle vociférait, caricaturale, mais pour le compte de qui ?

Le lieutenant colonel de la garde civile, Antonio Tejero, fit irruption aux « Cortes » avec 200 collègues clonés, exactement à 18h23, et séquestra députés et gouvernement 18h durant. Un vide inquiétant de pouvoir... mis à profit par nostalgiques et convertis.

Quelques ex-nouveaux franquistes juancarlistes, comme Jaime Milans del Bosch, capitaine général de la 2ème Région militaire, à Valence, décréta « l’état d’exception »... Le général Armada, général de division de l’Armée de terre, proche du roi, partisan (et artisan) d’un « golpe » mou, pressenti pour prendre la relève gouvernementale, s’activa sur tous les fronts, au nom de sa majesté... tout comme le chef d’État major de la Division blindée Brunete, et quelques autres officiers supérieurs. Il s’agissait donc d’un coup d’État (en réalité de plusieurs, imbriqués), perpétré par des (hauts) officiers de l’État-major, téléguidés depuis les plus hautes sphères du pouvoir à qui ils obéissaient théoriquement.

Il est aujourd’hui établi et admis de plus en plus que le roi Juan Carlos était au courant de tout, de tous les préparatifs, et souhaitait « recadrer » le cours de la « transition », ce recyclage du franquisme, sans rupture avec lui. La bande à Tejero, elle, voulait un coup d’État « dur », néo-franquiste, au nom de « l’unité de l’Espagne » et de la consolidation d’une monarchie musclée, et des principes « éternels »... Pour le compte de quels commanditaires ? Le roi avait-il deux fers au feu ? Sans doute... La marionnette Tejero rejeta le plan « trop modéré », que lui soumit (on le sait depuis), au nom du roi, le général Armada.

« Tous à terre ! »... Un seul député resta assis, le secrétaire du PCE (Parti Communiste Espagnol), Santiago Carrillo. La coupole en stuc reçut plus de trente impacts de balles... des rafales de fusils mitrailleurs.

Le vice-président du gouvernement, en charge de la Défense, le vieux général Gutierrez Mellado, se précipita rageur sur les putschistes, qui eurent du mal à le contenir.

En grand uniforme de capitaine général, mais à une heure et 14 minutes du matin, sept heures après le début des événements, sept heures, le roi Juan Carlos s’adressa, enfin, aux Espagnols, et demanda aux militaires et gardes impliqués de rentrer à la maison. Après sept heures de tractations putschistes, il apparut comme « sauveur de la démocratie ». Bien vu ! ! Bien joué ! !

Il y a des coups d’État qui réussissent en échouant.

La peur grimpa au thermomètre, la monarchie et l’héritier de Franco se « légitimèrent » à peu de frais, les réformes : de plus en plus minimalistes, la démocratie : de plus en plus séquestrée, sous tutelle, les régions autonomes (et les travailleurs) sommé(e)s de rentrer dans le rang consensuel... Ce 23 février, le roi Juan Carlos acheta aux puces de l’histoire, pour trois francs six sous, un CV de « démocrate ». Avant d’abdiquer, le 2 juin 2014, comme l’on sait.

N’oublions pas tous ceux, de droite et d’ailleurs, qui nous vantèrent, quatre décennies durant, l’immaculée et si « modélique » monarchie. Et la très sainte « transition » !


 

 

Juan Carlos et Franco !

Juan Carlos et Franco !

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24 février 2016 3 24 /02 /février /2016 20:21

Grosse artillerie et communication : les ministres avancent en rang serré pour soutenir la ministre du Travail avant même la présentation de sa loi régressive.

La jeune ministre El Khomri n’ira pas seule au charbon. Puisque François Hollande a misé sur la baisse du chômage pour pouvoir se présenter à l’élection présidentielle et que la réforme du Code du travail est la solution miracle, selon lui, pour embaucher, l’actuel président a sonné le rappel des troupes pour le soutenir. Le gouvernement des communicants s’est mis en ordre de bataille.

En première ligne, Manuel Valls, Emmanuel Macron et Myriam El Khomri se sont rendus ensemble lundi à Mulhouse (Haut-Rhin) dans les entreprises Solvay et Protechnic, en passant par la case Pôle emploi de la ville. Leur programme : discuter « emploi » mais surtout désamorcer la bombe constituée par l’avant-projet de loi travail, qui a déclenché l’ire des syndicats et d’une bonne partie de la gauche. Aux régressions affichées par le texte qui a fuité dans la presse (salaires et horaires modulables, semaine à 60 heures autorisée, inversion de la hiérarchie des normes, licenciement économique élargi), Manuel Valls a opposé la démarche « résolument moderne » du gouvernement.

« Cette réforme du Code du travail ne nous aidera en rien »

« Il faut dépasser les clivages et le conservatisme pour mettre en œuvre une économie qui marche : nous sommes au XXIe siècle quand d’autres sont encore au XIXe siècle », a expliqué le premier ministre, se rangeant résolument dans le camp des Modernes. Ce jour-là, à Mulhouse, une centaine d’Anciens étaient venus manifester leur colère contre la loi travail aux abords de l’agence Pôle emploi de Mulhouse-Drouot. Comme le syndicaliste Joël Moreau, ancien ouvrier de PSA Mulhouse et ancien délégué central CGT pour le groupe PSA, qui a été arrêté et placé en garde à vue. Les Modernes savent aussi s’appuyer sur de vieilles méthodes pour faire taire les voix discordantes.

Autre front de communication : Internet et les réseaux sociaux. Sur sa page Facebook, Manuel Valls en rajoute sur le « progressisme » de l’action gouvernementale : « Notre devoir, c’est donc d’aller plus loin, pour vaincre les conservatismes », a-t-il insisté. Très à la page, ce gouvernement 2.0 avait déjà annoncé par tweet le remaniement ministériel du 11 février dernier. Maintenant, c’est sur le site Gouvernement.fr que les représentants de l’autorité assurent jouer la transparence sur la loi travail dans une opération désintox intitulée « le vrai/faux du gouvernement ». Quelques points de la loi sont mis en exergue et de soi-disant rumeurs démenties. Bizarrement, aucun moyen de vérifier ces affirmations : le vrai texte, le projet officiel, lui, n’apparaît nulle part ! Et pour cause, il est encore à l’étude au Conseil d’État. Et il pourrait même être amendé avant son passage en Conseil des ministres à en croire l’ancien ministre du Travail François Rebsamen, qui évoquait sur Europe 1 les « erreurs de communication » de sa successeure en abordant déjà la possibilité de passer en force le texte par 49.3, ou encore son « erreur de vouloir redéfinir ce qu’on appelle le licenciement économique », précisant même que « la nouvelle définition ne peut pas être celle qui est proposée dans le texte ».

Malgré ces quelques tacles à Myriam El Khomri, François Rebsamen est lui aussi monté au créneau pour défendre François Hollande, usant du canal plus traditionnel de la presse écrite. Le maire de Dijon a salué « la gauche réaliste qui est au pouvoir », celle qui « agit sur le concret de ses concitoyens » face aux « théoriciens nostalgiques d’une gauche idéaliste ». La gauche idéaliste, « radicale », serait donc ringarde à se pétrifier autour des acquis sociaux ? Elle ne comprendrait plus ce nouveau monde ? C’est clairement ce qu’affirme Ségolène Royal dans le même journal, cette autre ministre appelée à la rescousse pour sauver la loi travail, qui nous explique la réalité du monde du travail : « Je ne sens pas dans les entreprises de conflits entre les directions des entreprises et les salariés. Jamais les salariés n’ont fait autant corps avec leurs entreprises. »

Sa vision naïve et irréaliste rendrait presque invisible la tribune d’un chef d’entreprise qui lui répond sur la page d’en face : « Cette réforme du Code du travail ne nous aidera en rien. Au contraire. (…) Mon problème, ce sont les salaires trop bas et la consommation en berne. » Mais aussi, détaille-t-il, le dumping social, les heures supplémentaires non payées, le non-respect des conventions collectives et tous les contrôles que les différentes administrations n’ont plus les moyens d’effectuer… Mais ces solutions-là n’ont pas été évoquées dans l’avant-projet de loi travail.

 

Loi travail. Les communicants mitraillent
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