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9 février 2016 2 09 /02 /février /2016 22:06
Malgré un confort spartiate, l’école de la « jungle », composée de planches et de plastique bleu, a été inaugurée samedi. Photo : Olivier Touron/Divergence-images

Malgré un confort spartiate, l’école de la « jungle », composée de planches et de plastique bleu, a été inaugurée samedi. Photo : Olivier Touron/Divergence-images

Sylvie Ducatteau -Lundi, 8 Février, 2016 -L'Humanité

 

Lancée par Solidarité laïque, l’école du chemin des dunes a été inaugurée, samedi, dans la « jungle ». Une initiative provisoire destinée à rappeler les autorités à leurs obligations, parmi lesquelles le droit à l’éducation.

Calais (Pas-de-Calais), envoyée spéciale.

Une fois franchi le chemin des dunes, à quelques encablures de la mer, un chemin boueux mène à une petite enclave fermée. À l’intérieur, une école, une infirmerie, une bibliothèque, au total sept baraques aux charpentes fabriquées grâce au bois de centaines de palettes et sur lesquelles sont tendues de grandes bâches noires. Les deux classes, celle des adultes et celle des enfants, se font face sur la place où, au centre, trônent une aire de jeux, un mur d’escalade et le filet d’un grand tremplin. Les couleurs vives des ballons qui y sont accrochés marquent le grand jour : c’est l’inauguration de l’école laïque, ouverte à tous, dont la construction et l’équipement ont mobilisé des milliers de bras solidaires. Avec une grande absente, lors de cette cérémonie : l’éducation nationale, pourtant tenue d’assurer la scolarisation de tous les enfants présents sur le sol français.

Cent cinquante à trois cents enfants ont échoué dans ce camp et, nouveaux venus, de plus en plus de mineurs isolés y demeurent sans protection. « Ici, tout est symbole. Ce camp est le symbole de valeurs et de principes abandonnés par les gouvernements, sans même parler des obligations légales du droit à l’hébergement et du droit à l’éducation, qui ne sont pas respectés », dénonce Roland Biache, l’un des responsables de l’association Solidarité laïque. Il a coordonné le collectif de cinquante organisations (dont le SNUipp, l’Unsa, la FCPE, la Ligue de l’enseignement, pour les plus connues), qui a fourni argent, matériel et professionnels pour cette initiative présentée comme « une solution provisoire qui ne doit pas être pérenne ». La Fondation pour la sécurité électrique a assuré l’électrification des salles de classe, mais également de la « Bibliothèque du vivant », où seront collectés les récits des parcours des migrants. L’association Ateliers sans frontières a, elle, fourni et installé plusieurs ordinateurs et bientôt Internet.

« Pour continuer d’apprendre, quelles que soient les circonstances »

Depuis que le bidonville existe, il y a toujours eu quelqu’un pour faire une place à l’école dans la « jungle », y insufflant un peu d’humanité. L’école laïque a vu le jour il y a un an, modestement d’abord, grâce à un jeune réfugié nigérian, Zimako Jones. « Continuer d’apprendre, quelles que soient les circonstances, est fondamental pour reprendre confiance en soi et pour sa dignité », défend-il. Il est arrivé en mars à Calais, où il a croisé le même besoin d’agir chez Virginie Tiberghien, orthophoniste. Au printemps dernier, l’urgence s’est imposée avec l’arrivée dans le camp de centaines de familles et de leurs enfants. L’école devait être déplacée et agrandie. Il fallait faire vite. « Il a suffi de quelques rencontres entre Zimako, des militants solidaires de la paix, de l’accès à l’éducation pour tous – pour les enfants en priorité –, pour qu’une école laïque, ouverte à tous, voit le jour. Et pourtant, ça n’est pas aux associations d’assurer la scolarité des enfants », explique, émue, la jeune femme.

Tandis que se déroule la cérémonie, les petits écoliers ont pris place dans leur classe. Ils sont une dizaine installés autour d’une grande table ovale, emmitouflés dans leurs anoraks et leurs écharpes de laine. Le plus jeune a trois ans, la plus âgée n’a pas dix ans. Une fillette trace, d’un trait soigné de feutre bleu, les lettres arabes de son prénom à côté d’une fleur comme elle n’en a sans doute pas vu depuis longtemps. L’enseignante bénévole, en français puis en anglais, demande leur attention aux enfants. Les têtes se tournent vers elle ; enthousiastes, les petits écoliers répètent la lettre « o », celle qu’il faut apprendre à reconnaître et écrire.

« La nuit qui a suivi ma première venue dans le camp, j’ai fait des cauchemars et je me suis dis que je serai incapable d’y retourner », raconte Nathalie. C’était en avril 2015, au moment de l’ouverture de l’école. Depuis, deux jours et demi par semaine, cette jeune retraitée fait profiter les enfants de ses vingt années d’expérience d’enseignement en maternelle. « Le barrage de la langue, nous le dépassons en communiquant par signes, grâce au dessin aussi, et parfois avec l’aide des parents qui jouent les interprètes. Évidemment, ici, nous ne pouvons pas être dans une logique de progression classique. Les enfants ne font que passer », raconte-t-elle. Alors, les professeurs s’attachent à l’essentiel. Apprendre à se repérer dans l’espace, dans le temps. « Nous faisons aussi beaucoup de calcul, de numération. Cet apprentissage est fondamental pour leur future scolarité. Et puis, les mathématiques sont universelles… » se réjouit-elle.

Pas de sonnerie pour marquer la fin de l’école mais, en ce jour exceptionnel, la musique très rythmée de la fanfare de l’association Clowns sans frontières. La parade s’ébranle à travers le bidonville, sous des regards d’abord étonnés, puis des sourires face aux facéties des clowns. Lydie est heureuse. Depuis le mois de juillet, cette Calaisienne joue les blanchisseuses pour les migrants du camp. « Je n’en pouvais plus de ne rien faire pour eux, même si c’est difficile car mes enfants ne me comprennent pas. Je peux de nouveau me regarder dans une glace », confie-t-elle timidement.

 
À Calais, Les « anti-migrants » ne sont pas légion.
Ils espéraient réunir 1 000 personnes, samedi, à l’appel du mouvement anti-migrants Pegida. Ils n’étaient qu’une petite centaine vociférant leur idéologie haineuse. Vingt ont été interpellés. Parmi eux, l’ancien patron de la Légion étrangère, le général Piquemal, 75 ans, qui avait appelé « tous les patriotes et associations patriotiques à se joindre » au rassemblement. Il passe, aujourd’hui, en comparution immédiate avec quatre autres manifestants, accusés de port illégal d’arme. Autre présence remarquée dans le troupeau néofasciste : Gaël Rougemont, le prétendu « Calaisien excédé » qui avait menacé d’un fusil le cortège de plusieurs milliers de personnes rassemblées, samedi 23 janvier, en soutien aux réfugiés.

 

Dans les dunes de Calais, la solidarité fait (l’)école !
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L'HUMAIN AVANT TOUT Canton de Pont-du-Château - dans Société
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8 février 2016 1 08 /02 /février /2016 21:19

Salarié de Manpower, Maxence a repéré des fraudes via sa fiche de paye. Les intérimaires et du même coup les organismes sociaux sont spoliés. L’Urssaf a déjà récupéré 41 millions d’euros pour les années 2007-2008. Le manque à gagner pour les employés du géant de l’intérim dépasserait les 200 millions en quinze ans.

 

Maxence Labourasse a aujourd’hui 37 ans. Depuis six ans, il épluche Code du travail, Code de la Sécurité sociale, rendus de jugements et fiches de paye des intérimaires. Des milliers de pages pour aboutir à cet implacable constat : Manpower gruge les salariés de quelques dizaines d’euros par-ci, par-là et, au bout du compte, ce sont des millions qui ne rentrent pas dans les caisses des organismes sociaux. Manuel Valls a reçu une lettre de la part du syndicaliste, la semaine dernière.

 

En 2010, Maxence est embauché par Manpower (deuxième société d’intérim en France après Adecco). Sa mission : occuper un poste à EDF, pour remplacer une salariée du service contentieux durant son congé de maternité. Durant cette mission, il est confronté toute la journée à des cas de familles qui ne peuvent pas payer leur facture. Et, à y regarder de près, le jeune homme s’aperçoit que ce sont des milliers d’euros qui sont illégitimement réclamés à certains usagers de l’entreprise publique d’électricité. « J’ai commencé à dénoncer des faits que je repérais en tant que conseiller clientèle. Des clients se retrouvaient devant des problèmes insolubles à cause d’EDF et d’une mauvaise gestion des relevés de compteurs. » Il commence à en parler autour de lui. Côtoie régulièrement des syndicalistes CGT. Maxence se retrouve dans le collimateur. Une nouvelle cheffe d’équipe est nommée sur la boutique de Perpignan et ses conditions de travail se dégradent. EDF rompt de manière anticipée, en entente avec Manpower, le contrat de Maxence qui refusait de taire ses remarques. Le jeune homme est déplacé sur un autre site EDF pour effectuer les six mois restants.

 

Maxence se syndique à la CGT et se retrouve rapidement représentant du personnel chez Manpower. Il se met à potasser la législation du travail pour être « le plus utile possible ». Surprise ! Il s’aperçoit que les règles de rémunération ne sont pas respectées entre les intérimaires Manpower (ou autres entreprises d’intérim) et les salariés permanents statutaires d’EDF et ERDF. Les intérimaires ne bénéficient pas des avantages en nature que sont les remises sur le prix de l’électricité et des majorations pour heures supplémentaires. De petites sommes manquantes, certes, mais qui, sur la durée et rapportées et au nombre d’intérimaires (près de 2 000 chez EDF à l’époque), se transforment vite en plusieurs millions d’euros. « À ce sujet, j’ai réussi à prendre contact avec un inspecteur du travail de Paris qui a contrôlé les antennes EDF et Manpower qu’il avait dans son périmètre. » Il a dressé un procès-verbal en 2013 pour « délit de marchandage » à Henri Proglio, PDG d’EDF de l’époque, et aux responsables de Manpower d’alors, Alain Roumilhac et Françoise Gri. Hélas, ce PV ne débouche sur « rien, aucune action syndicale, aucune action de la part de la justice », déplore le syndicaliste. Depuis quelques jours, il y a prescription pour ce PV. Mais Maxence tente de rester optimiste, fort d’un autre pan de son enquête qui concerne cette fois les pratiques et les omissions de paiement de cotisations sociales du numéro deux de l’intérim

 

La Sécu et des millions d'intérimaires spoliés par Manpower
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7 février 2016 7 07 /02 /février /2016 21:37
Photo : AFP - Jean Friant, ouvrier chez Renault à Boulogne-Billancourt et rédacteur pour Avant-Garde était dans la manifestation et témoigne de la "bestialité policière" et de l'émotion lors de l'hommage aux victimes.

Photo : AFP - Jean Friant, ouvrier chez Renault à Boulogne-Billancourt et rédacteur pour Avant-Garde était dans la manifestation et témoigne de la "bestialité policière" et de l'émotion lors de l'hommage aux victimes.

À l'occasion du 54ème anniversaire de la répression sauvage du 8 février 1962 lors de la manifestation contre l’OAS et la guerre d’Algérie, le PCF et la CGT rendront un hommage aux neuf victimes au métro Charonne, lundi 8 février. Jean Friant, ouvrier chez Renault à Boulogne-Billancourt et rédacteur pour Avant-Garde était dans la manifestation et témoigne de la "bestialité policière" et de l'émotion lors de l'hommage aux victimes.

À l'époque je travaillais chez Renault à Billancourt et j'étais secrétaire du cercle des Jeunesses comunistes de l'usine. Avec mon camarade Bernard B., nous avions rendez-vous à 20 heures au siège d'Avant-Garde dans le 15ème arrondissement, notre journal, pour y monter la garde de nuit. C'était prévu depuis une dizaine de jours.

Le 8 février 1962 de grandes manifestations se déroulaient contre les attentats de l'OAS à Paris. Nous rejoignons le rendez-vous avec les travailleurs de Renault au Pont-Marie, et nous remontons en cortège jusqu'à la place de l'Hôtel de ville. Soudain arrive, toutes sirènes hurlantes, un "chapelet" de cars de flics. Le temps que ceux-ci descendent et commence à charger, nous nous dispersons dans les rues étroites de ce quartier du centre de Paris. Nous prenons le métro jusqu'à la station Bir-Hakeim puis la rue Humblot (15ème) où se trouve le siège de notre journal. Soudain, une immence déflagration, des vitres tombent... Nous nous précipitons à la porte de notre journal, nous tambourinons, nous sonnons mais rien ! Du bruit à l'intérieur... Et, un quart d'heure plus tard, la porte s'entrouve : nous venons pour la garde !

Situation un peu surréaliste après cet attentat

Sont présents dans les locaux, les dirigeants et la rédaction du journal et des responsables des jeunesses communistes.Très vite, les nouvelles tombent : au métro Charonne des morts, des blessés. La bestialité policière !….

Les camarades préparent l'Appel national pour la mobilisation et la grève générale pour le lendemain, le 9 février ! Dans les locaux c'est le branle-bas de combat. Nous passons toute la nuit à appeler toutes les fédérations de France des JC pour dicter le contenu de l'appel à diffuser pour le lendemain.

Le 9 février au matin, Bernard et moi retournons directement à l'usine. Meeting monstre dans le grand hall de l'Île Seguin: 10 000, 15000 travailleurs ?  Emotion et gravité ! Un million de personnes aux obsèques de nos 9 camades assassinés le 13 Février.

Un mois plus tard 19 mars 1962 :  cessez-le-feu en Algérie.  ENFIN !

Métro Charonne, le 8 février 1962 : "Je me souviens..." !
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6 février 2016 6 06 /02 /février /2016 23:51
Wolinski

Wolinski

Jean Ortiz - Jeudi, 4 Février, 2016

 

Un petit monsieur hargneux voudrait nous interdire de comprendre. Il faudrait regarder béatement les « bâtisseurs de ruines » et même les applaudir, renoncer à penser. Ou plus encore : mettre la pensée au service du fric. Remercier les apostats [Personne qui abandonne une doctrine, une opinion, un parti.Dictionnaire Larousse Ndlr] (mais ont-ils été un jour « de gauche » ?) de propager, de semer l’injustice, la guerre de tous contre tous, l’impitoyable compétition sociale, la haine, la peur de l’autre. Ne sont-elles pas de surcroît inévitables et le prix à payer pour « l’ordre » et la « sécurité » ? D’ailleurs, peut-il y avoir des « gagneurs » sans « perdants », aurait dit un jour d’orage Monsieur de Lapalisse. La « paliza », en espagnol, c’est la « raclée ». Que de raclées qui se perdent sur de vrais et faux culs!

Gagner, s’enrichir, cela se mérite bon dieu, c’est inscrit dans les gènes. Sí señor ! « Il faut de tout pour faire un monde », ma bonne dame, ne nous en déplaise. N’est pas « gagneur » le tricard qui veut. Il y faut bannir scrupules, philanthropie, altruisme, honnêteté, solidarité. Alors, pour notre bien, acceptons l’ordre naturel des choses. Répétons ensemble : « Je mets mon espoir dans le capital, je suis sûr de ses bienfaits, aits, aits...». Ne troublons rien, frères et camarades. Renonçons à notre histoire, à nos luttes, à nos utopies, à savoir ce que nous voulons, à nos saintes et non-saintes colères, à dé-chemiser les très zélés. Laissons sonner le glas. Laissons faire les « experts », les démolisseurs, les charognards, les faussaires, les usurpateurs, la « gauche libérale » (avec cette gauche, pas besoin de droite !).

Dans ce pays est en marche forcée une vaste opération-restauration, aux relents pétainistes, de colonisation des individus « de l’intérieur », d’anéantissement de l’intelligence, du don de soi, de la fraternité, une sorte « d’épuration sociale ». Au nom de « l’ordre ». A vos ordres CAC 40 ! A vos ordres président Marché ! « Méfiez-vous de celui qui veut rétablir l’ordre », mettait déjà en garde Diderot. Méfiez-vous de ceux qui voudraient séparer la République (qu’ils découvrent soudain) de la justice sociale. Il n’y a de véritable humanité que dans et par la justice sociale. Ce type de « républicains » est à la République (vide de contenu) ce que sont les mouches à m.  à la nourriture, comme l’on dit chez moi à Labastide. Alors, appelons-les des imposteurs . Nommons-les comme ils le méritent ! « Mal nommer les choses, c’est ajouter aux malheurs du monde » (A. Camus).

Ces minuscules moulins à malheur se prennent pour des géants. N’est pas Don Quichotte le premier venu. Ce fou si lucide, si sage et déraisonnable, révolutionnait le monde.

Au milieu des ruines d’aujourd’hui, soyons donquichottesques ; il n’y a que l’idéal, la folie, la mémoire, l’engagement, qui puissent nous sauver.

Puisons notre force dans nos valeurs humanistes, dans l’internationalisme, dans nos combats d’hier, dans les nouvelles résistances d’aujourd’hui, même si elles ne sont pas ce que nous voudrions. « Céder un peu, serait capituler beaucoup », (souvenir de 1968). Sous les décombres, il reste toujours quelques braises.

Alors, battus : peut-être ; vaincus : jamais ! Tout paraît noir, désespérément noir. Est-ce une raison suffisante pour désespérer, renoncer au bonheur ?

Le noir chez le Peintre Soulages n’est autre que la lumière, « la lumière qui se réfléchit (qui réfléchit) dans le noir »

 

Ne renonçons pas au bonheur !
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5 février 2016 5 05 /02 /février /2016 23:47
DPDA. Sarkozy-Lenglet : quand un duo d’incompétents parle des paysans !
Gérard Le Puill -Vendredi, 5 Février, 2016 -Humanite.fr

 

Le billet de Gérard Le Puill.

La manière dont l’ancien président de la République et le journaliste, gardien du dogme libéral sur France 2, ont parlé de l’agriculture en fin d’émission nous  a  montré que ni l’un ni l’autre  ne comprenait les causes réelles des difficultés  des producteurs de nourriture victimes  d’une baisse sensible  des prix dès que l’offre mondiale dépasse la demande.

Elle était bien ennuyeuse  la prestation de Nicolas Sarkozy  jeudi soir sur France 2 dans l’émission « Des paroles et des actes ». Il a même fallu attendre les questions de Karl  Ghazi, secrétaire de la fédération CGT du commerce,  pour que l’échange s’anime un  peu et mette en difficulté l’ancien président de la République. En dépit de la crise agricole, il n’y avait pas de paysan dans le panel des Français choisis par France 2 pour poser des questions au président du principal parti de droite. Cette tâche revint donc au journaliste économique de la chaine, François Lenglet,  en fin d’émission. Quiconque connaît un peu les causes réelles des difficultés actuelles du monde  paysan  a pu alors remarquer que le questionneur et le questionné étaient  incompétents sur les dossiers agricoles.

Sarkozy mit sur le dos de Hollande  toutes les difficultés d’une profession mal en point. Mais ces difficultés sont  surtout imputables aux décisions prises à Bruxelles depuis de nombreuses années à commencer par l’abandon des quotas laitiers que la France a acceptées sous la présidence de  Sarkozy. Il avança l’idée que la baisse massive des charges sur plusieurs années  était l’unique  solution pour donner de la « compétitivité » aux paysans français dans un monde de concurrence. Mais sommes nous confronté à un problème de compétitivité à armes égales quand le prix du kilo de carcasse de porc payé 1,40€ aux éleveurs allemands  est à 1,10€ en France ? N’est-ce pas plutôt une conséquence de la Loi de modernisation économique voulue par Sarkozy dès 2007,  votée par les parlementaires de droite en 2008 et conçue à partir des recommandations du  rapport Attali-Macron (déjà)  pour  donner les pleins pouvoirs aux distributeurs sous prétexte de « libérer l’économie » ? Depuis,  par exemple, les distributeurs exigent de leurs fournisseurs qu’ils  leur cèdent, sous forme de baisse de prix,  50% de la somme que les employeurs de  main d’œuvre de l’industrie agro-alimentaire  perçoivent au titre du CICE lors des discussions annuelles pour être référencé dans ls rayons.

En centrant  leur faux débat de duettistes sur la  recherche de plus de compétitivité via une baisse du coût de travail et du moins disant environnemental, Sarkozy  et Lenglet  révélaient  une ignorance crasse de certaines spécificités de la production agricole.

Ainsi,  quand l’offre de produits disponibles dépasse  la demande solvable sur un marché mondialisé, les prix des denrées périssables baissent dans des proportions qui ne couvrent plus les coûts de production, ce qui n’est pas le cas quand on produit des voitures ou  de l’électroménager que l’on peut stocker, quitte à réduire la production. Rien de tel quand on a semé des  céréales et mis en production des vaches laitières, des vaches allaitantes  ou des truies gestantes. On n’arrête pas le vivant.  Et pas seulement en France et en Europe.  D’ailleurs,  la FAO indique que les prix moyens des produits agricoles ont baissé de 16% en un an et de 35% depuis 2011. Mais ils pourraient repartir à la hausse si le phénomène climatique El Nino  venait perturber les récoltes en 2016.
Ces derniers jours, nos boites  aux lettres  étaient chargées de journaux publicitaires édités par les enseignes de la grande distribution.  En Ile de France,  Carrefour annonçait, du 2 au 8 février,  des remises immédiates de 30 à 40% sur des   quantités de produits alimentaires. Moins 40%  sur des desserts aux pommes, sur un vin des côtes du Rhône,  sur une carbonara, sur un steak de soja et de blé pour concurrencer la viande rouge. Sur cette dernière, Carrefour n’avait pas  osé afficher une baisse en pourcentage. Mais la viande  à fondue  affichant l’origine France était à  8,40€  le kilo, la pièce à griller étant à peine plus chère à 8,90€. On pouvait aussi avoir de l’épaule d’agneau    avec os  à 7,90€ le kilo mais celle là ne pouvait venir que de trois pays : Espagne, Irlande ou Royaume Uni.
Le jambon supérieur de la marque distributeur  était vendu 8,16€ le kilo avec un rabais de 30% ; pareil pour  la rosette, le jambon d’Aoste  ou la choucroute à réchauffer. Il en allait de même pour différents fromages au lait de vache et de chèvre, sans oublier les desserts lactés. Le poulet fermier de Loué était à seulement 4,99€ le kilo. Mais, comme pour la  viande rouge, mieux valait  éviter d’afficher le  rabais consenti  de peur que des éleveurs en colère viennent sortir le produit du linéaire.

On observera ici que ces promotions  ne durent que 7 jours  et les ménages étaient invités à profiter de l’aubaine quitte à stocker de la viande dans le congélateur.  Pendant ce temps,  des paysans rencontrés par des journalistes de l’AFP  sur des barrages racontaient  leurs difficultés en ces termes : « Aujourd’hui  je vends mon lait 270€ les 1.000 litres et mon coût de production est  340. Ce n’est pas tenable » disait l’un. « J’ai appris en août dernier que j’avais droit au RSA  sous forme de 100€ de complément  parce que je gagne moins de 500€ par mois » disait un éleveur de bovin à viande installé dans l’Ain depuis  2012. « Le problème c’est le partage de la richesse. Les intermédiaires et la grande distribution gardent tout. Tout est pris sur le producteurs »,  disait un troisième  depuis la Dordogne. « Toutes les productions sont touchées. Nous sommes arrivés à un stade où, dans quelques mois, il n’y aura plus d’éleveurs en France », affirmait une éleveuse de bovins à viande en Aveyron.
A propos de Carrefour, la proposition de loi des députés du Front de gauche rappelait hier que son résultat  net s’était  élevé à 1,2 milliard d’euros en 2014 et que les résultats cumulés d’Auchan et de Casino  étaient du même niveau  au regard de leur chiffre  d’affaires.

Cette question là non plus, ne fut pas abordée par Nicolas Sarkozy et François Lenglet  jeudi soir.     

DPDA. Sarkozy-Lenglet : quand un duo d’incompétents parle des paysans !
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4 février 2016 4 04 /02 /février /2016 22:24
Photo Patrick Nussbaum

Photo Patrick Nussbaum

Gérard le Puill - Jeudi, 4 Février, 2016 - Humanite.fr

 

Alors que les prix trop bas des céréales, de la viande et du lait ne permettent plus aux agriculteurs de vivre de leur métier, André Chassaigne et les députés du groupe Front de gauche proposent au Parlement d’adopter un projet de loi visant à mettre fin au pillage du travail des paysans au profit de l’aval.

 

Il faut légiférer pour sauver les paysans et maintenir la production agricole !

En décembre 2013 la tonne de blé français rendue au port de Rouen pour être exportée hors de l’Union européenne valait environ 270€. Le 2 février 2016, au même endroit, la cotation était tombée à 146€ la tonne, avec une perte de 6€ sur la semaine précédente. Il en est ainsi parce que l’offre mondiale de blé est un peu plus élevée que la demande. Dès lors, les spéculateurs font baisser les cours sur le marché à terme, ce qui se traduit aussi par une baisse des prix de vente au jour le jour.

 

En 2013, le prix moyen du lait payé aux producteurs avait été de 431€ les 1.0000 litres. Mais il avait baissé dès la fin de l’été pour ne plus valoir que 375€ en octobre. En ce début d’année 2016, les producteurs de lait perçoivent environ 300€ pour 1.000 litres de lait ; parfois un peu plus, parfois un peu moins selon la valorisation du lait par l’industrie de la transformation. Entre temps, l’Europe à mis fin aux quotas laitiers. Certains pays comme l’Allemagne, l’Irlande, les Pays Bas et la Pologne ont augmenté leur production. En Europe, elle dépasse désormais de quelques points la demande solvable en produits laitiers. Les laiteries, elles mêmes sous la pression des grandes surfaces en quête de rabais permanents avec menace de déréférencement, ont baissé autoritairement le prix du lait. Les producteurs ont alors le choix entre vendre moins cher ou jeter le lait car il faut bien traire les vaches deux fois par jour quand elles sont en production.

 

En 2013, le prix moyen du kilo de carcasse de porc charcutier vendu sur le marché au cadran de Plérin dans les Côtes d’Armor était de 1,37€. En juin 2015, les cours étaient 20 centimes plus bas en raison de l’augmentation de la production en Allemagne et en Espagne tandis que le marché russe était fermé à la viande porcine européenne dès le mois d’août 2014. L’été dernier, les éleveurs demandaient un prix minimum de 1,40€ pour ne pas travailler à perte. Cela supposait que les grandes surfaces et les salaisonniers s’approvisionnent prioritairement en porcs français. Ce que refusèrent les deux plus gros abatteurs que sont le groupe privé Bigard et le groupe « coopératif » COOPERL. Sur le marché au cadran du premier février 2016 à Plévin, la cotation du porc charcutier était de 1,10€ le kilo et à ce prix les éleveurs bretons perdent en moyenne 600€ par semaine.

Il faut avoir ces chiffres en tête pour comprendre le drame que vivent aujourd’hui les paysans qu’ils produisent des céréales , du lait , de la viande porcine ou de la viande bovine, elle aussi impactée par la chute des cours que permet une offre très légèrement supérieur e à la demande .

 

Voilà pourquoi André Chassaigne et les députés du groupe Front de Gauche ont présenté à la presse ce jeudi une proposition de loi qui demande que « les organisations interprofessionnelles reconnues organisent chaque année, pour chaque production agricole, une conférence sur les prix rassemblant producteurs, fournisseurs et distributeurs » en précisant que « l’ensemble des syndicats agricoles est convié à y participer». Le texte propose que « cette conférence donne lieu à une négociation interprofessionnelle sur les prix , destinée à fixer un niveau plancher de prix d’achat aux producteurs pour chaque production agricole, en tenant compte notamment de l’évolution des coûts de production et des revenus agricoles sur chaque bassin de production ».

 

En cas de crise comme celle qui dure depuis des mois en raison d’une offre supérieure à la demande et qui permet au secteur de l’aval de ruiner les paysans , la proposition de loi des députés du Front de gauche propose « l’application d’un coefficient multiplicateur sur l’ensemble des produits alimentaires entre le prix d’achat et le prix de vente en périodes de crises conjoncturelles et en prévision de celles-ci , permettant de limiter strictement le taux de marge des distributeurs ».

Ce coefficient multiplicateur est pertinent en cas de chute des cours à la production. Ces chutes sont souvent induites par une forte récolte notamment dans le secteur des fruits et légumes. Pour peu qu’un magasin de grande distribution soit tenu demain d’appliquer un coefficient multiplicateur sur un kilo de pommes de 150% par rapport au prix payés au producteur, ce prix aura aussi pris en compte le conditionnement et l’expédition aux frais de la coopérative. Le calcul suivant peut alors être fait : si le prix payé au producteur est de 40 centimes, le prix de la pomme en magasin ne sera que de 1€, soit une hausse de 150% . Si le producteur perçoit 60 centimes, le prix en magasin sera de 1,50€ et à ce prix là chacun doit pouvoir gagner sa vie alors que ce n’est plus le cas pour le producteur à 40 centimes. 

 

Enfin le texte de loi reprend aussi « une autre mesure très attendue par les agriculteurs et les consommateurs (qui) vise à rendre obligatoire l’indication du pays d’origine pour l’ensemble des produits agricoles à l’état brut ou transformé ». 

On peut penser que des voix vont s’élever au Parlement dans la cohorte des libéraux de tout poil pour affirmer que ces propositions ne sont pas compatibles avec le fonctionnement de l’Union européenne. Celle-ci promeut la concurrence de tous contre tous au sein de l’Union et ouvre parallèlement des négociations libre échange avec les Etats Unis et le Mercosur après le Canada et certains pays asiatiques. Mais c’est cette politique de libre échanges tous azimuts sur fond de dumping social et environnemental qui ruine l’agriculture française et européenne aujourd’hui. De surcroît, elle abouti à mettre en cause notre souveraineté alimentaire pour les années à venir.

 

Il est possible que Nicolas Sarkozy saisisse l’occasion de son passage pour la promotion de son livre ce soir sur France 2 pour prendre la défense du monde paysan.

 

Y aura-t-il un journaliste pour lui rappeler sa lourde responsabilité dans ce domaine comme d’ailleurs celle des parlementaires de droite qui ont voté en 2008 la Loi de modernisation économique (LME) qui a donné les pleins pouvoirs aux grandes enseignes pour piller le travail des paysans ?

 

Y aura-t-il quelqu’un sur le plateau de France 2 pour lui rappeler que le rapport ultra libéral qui a inspiré cette loi résulte d’une commande de Sarkozy lui-même à Jacques Attali et que le rédacteur final ce texte était un jeune banquier inconnu du grand public à l’époque, un certain Emmanuel Macron ?

Il faut légiférer pour sauver les paysans et maintenir la production agricole !
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3 février 2016 3 03 /02 /février /2016 20:53

L'éditorial de Paule Masson : "Face à la flambée des cas, souvent cantonnés à l’anonymat médiatique, de criminalisation de l’action syndicale, la sévérité de la sanction infligée aux Goodyear a déclenché une alerte d’urgence vitale pour la défense des libertés syndicales"

 

La condamnation des 8 de Goodyear à de la prison ferme le 12 janvier dernier n’avait qu’un seul but : faire peur. Et faire taire. Mais, loin de provoquer une paralysie sociale, ce verdict d’injustice a déclenché un élan de solidarité qui prend de la force. La pétition de la CGT compte plus de 150 000 signatures, des centaines de personnalités du monde artistique, universitaire, politique ou associatif ont signé un appel pour exiger la relaxe, et aujourd’hui la mobilisation se fait entendre dans la rue.

 

Face à la flambée des cas, souvent cantonnés à l’anonymat médiatique, de criminalisation de l’action syndicale, la sévérité de la sanction infligée aux Goodyear a déclenché une alerte d’urgence vitale pour la défense des libertés syndicales. Bien sûr, dans une période où le gouvernement affiche sa fermeté sur tous les fronts, le rapport de forces permettant de s’extraire de l’étouffoir sécuritaire ne se construit pas en un jour. « Défendre son emploi n’est pas un crime », affiche la CGT. Un mot d’ordre qui trouve écho auprès de nombreux salariés, conscients de se trouver du côté de ceux qui ont beaucoup à perdre. Déjà, au moment de l’affaire de la « chemise arrachée » à Air France, plus de la moitié des Français disaient comprendre la colère du personnel de la compagnie.

 

Depuis plusieurs années – Nicolas Sarkozy avait donné le coup d’envoi à la basse œuvre – le syndicalisme revendicatif est dans la ligne de mire des anges gardiens de l’orthodoxie libérale. Ça tire en rafale. La CGT essuie les plus rudes coups. Seule une pratique syndicale docile, qui accepte de négocier des reculs sociaux camouflés en mesures d’adaptation au monde moderne, trouve grâce à leurs yeux. À l’heure de la constitutionnalisation d’un état d’urgence réducteur de libertés et de la refonte à droits « inconstants » du Code du travail, il leur faut resserrer le bâillon, jusqu’à la prison. Pour l’exemple. Mais cette bataille n’est pas la première qui semble perdue et peut être gagnée.

 

Pas décidés à nous taire
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2 février 2016 2 02 /02 /février /2016 23:11
La crise ? Quelle crise ? Abattement sur la valeur locative des centres de recherches !

Retour de réunion ce soir 2 février 2016.

 

  • Clermont-communauté s'apprête à investir 70 millions d'Euros pour rénover et moderniser le stade Gabriel Montpied et le faire passer à une capacité de 30000 spectateurs (les grands jours, ils sont 3600 au maximum !). La somme (70 millions d'Euros) correspond à 5 années de gratuité des transports en commun dans Clermont-communauté !

 

  • Le Conseil Départemental (sans doute suivi rapidement par Clermont-communauté) s'apprête à accorder un abattement fiscal d'importance à Michelin qui comme chacun sait est près de la mendicité ! Nos camarades, conseillers départementaux du Front de Gauche, ont réagi, mais il nous faudra bien être avec eux pour espérer une société plus juste !
La crise ? Quelle crise ? Abattement sur la valeur locative des centres de recherches !


 

Séance extraordinaire

Conseil départemental du 18 janvier 2016


 

Après avoir contraint les Collectivités locales à se soumettre au diktat de la baisse des dépenses publiques par une réduction des dotations de l'Etat, après avoir versé des millions d'euros aux grandes entreprises avec le CICE (Crédit Impôt Compétitivité des Entreprises) qui n'a pas créé l'emploi escompté, le gouvernement s'attache à réduire au maximum le poids de l'impôt sur les grands groupes du Cac 40.

La Loi de Finances pour 2016 introduit la possibilité, pour les collectivités territoriales, d’instituer un abattement de 50%, sans compensation de l’Etat, sur la valeur locative des bâtiments affectés aux opérations de recherche scientifique et technique.

Quelles sont les entreprises qui vont être concernées par cette mesure ?

Il s’agit principalement de grands groupes comme l'entreprise Michelin.

Effectivement, si nous pouvons saluer la volonté de Michelin d'implanter un centre de recherche « Urbalad » au site de Ladoux à Cébazat, il est difficilement compréhensible d'accepter un abattement fiscal de cette entreprise du CAC 40.

Nous tenons à rappeler que ce grand groupe a affiché, pour les 6 premiers mois de l'année 2015, un bénéfice de + 13,3%, autrement dit de 707 millions d'euros pour un chiffre d'affaire, en 2014, en croissance de 8,5% par rapport à 2013 soit 10,5 milliards d'euros. Il est utile de rappeler que Michelin avait enregistré en 2014 un bénéfice net de 1,03 milliards d'euros. Dans ces conditions, Michelin a t'il vraiment besoin d'un abattement fiscal ?

Au moment où les collectivités connaissent des baisses drastiques de dotations qui montrent selon des études un effondrement de l'autofinancement des collectivités, avec de très fortes conséquences sur l'investissement public, il faudrait encore se serrer la ceinture pour le seul intérêt des grandes entreprises.

Cette mesure se traduira par un cadeau fiscal pour Michelin de près de 2 millions d’euros en 2016.

Dans le même temps, cette entreprise, avec son centre de recherche « Urbalad » exigera, pour ses salariés, des aménagements en terme de transports en commun, de voirie et bien d'autres... Certaines collectivités paieront 2 fois à travers l'exonération d'impôts et le coût des aménagements.

Ce n'est pas en réduisant la fiscalité aux grosses entreprises que l'on réglera le problème. On le voit bien, plus on leur fait de cadeaux et plus l’emploi se dégrade. Les aides, les exonérations, aujourd’hui les abattements ont fait la preuve de leur inefficacité économique. De plus, ces mesures renforcent la concurrence entre les territoires.


 

C’est un chantage permanent et inacceptable de la part du grand patronat.

Bien sûr, la recherche est indispensable ; elle est aussi très utile pour les grandes écoles qui se trouvent sur le même territoire.

Pour autant, ce n’est pas un abattement qui contribuera ou non au choix d’installations de centres de recherche, d’ailleurs Michelin a débuté ses travaux de construction de son centre « Urbalad », avant même de savoir que la loi lui permettrait de bénéficier d’un abattement.

Le seul but recherché par les grandes entreprises, c’est d’accroitre leurs bénéfices.

En un mot, c’est toujours plus pour le patronat et toujours moins pour le citoyen.

Au moment où certaines collectivités se voient dans l’obligation d’augmenter leurs impôts locaux, le gouvernement impose un abattement sur la valeur locative pour les centres de recherche. C’est inacceptable.

Ce n'est pas en réduisant la fiscalité aux grosses entreprises que l'on réglera le problème des dépenses publiques mais bien en mettant en place une réelle réforme fiscale qui garantisse une répartition juste des richesses.


 


 

Jacky GRAND

Conseiller départemental

Canton de Billom

 

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1 février 2016 1 01 /02 /février /2016 21:41
Volontaires du groupe armé ultranationaliste Azov. dans son documentaire, le journaliste Paul Moreira déconstruit l’image bien trop lisse d’un mouvement qui a enjoué l’Europe de l’Ouest. Photo : Premières Lignes

Volontaires du groupe armé ultranationaliste Azov. dans son documentaire, le journaliste Paul Moreira déconstruit l’image bien trop lisse d’un mouvement qui a enjoué l’Europe de l’Ouest. Photo : Premières Lignes

Entretien réalisé par Audrey Loussouarn -Lundi, 1 Février, 2016 -L'Humanité

 

Spécial Investigation, à 22 h 35. La chaîne (Canal Plus, Ndlr) diffuse, ce soir, le documentaire du journaliste d’investigation Paul Moreira sur le massacre d’Odessa et le rôle des milices d’extrême droite dans l’après-révolution ukrainienne. Un travail essentiel de désintoxication.

Paul Moreira, dans le documentaire d’investigation, est une référence. Son enquête, diffusée ce soir, ne fait pas exception. Le journaliste, cofondateur de l’agence Premières Lignes, s’est penché sur l’après-révolution ukrainienne. En trois parties, il déconstruit l’image bien trop lisse d’un mouvement qui a enjoué l’Europe de l’Ouest, alors que trois mouvances néonazies présentes aux côtés de la population pro-ukrainienne ont infiltré le pouvoir, avant de devenir petit à petit des forces militaires. Images et témoignages à l’appui, cette enquête dénonce ce crime impuni de 45 pro-Russes brûlés vifs à Odessa, en mai 2014, mais aussi la complicité intéressée des États-Unis.

Vous expliquez, en introduction de votre documentaire, avoir observé trois symboles présents aux rassemblements de la révolution ukrainienne. Est-ce le point de départ de votre enquête ?

324280 Image 1Paul Moreira. Je n’avais jamais mis les pieds en Ukraine. La seule perception que j’avais de la révolution était les images que je voyais à la télévision. Je constate alors une sorte d’inadéquation entre l’enthousiasme médiatique autour de la révolution et des petits signes qui me perturbent. Comme des interférences, des éléments qui ne sonnent pas juste. Je parle des bannières du Secteur droit, extrêmement martiales, des brassards avec le symbole de ce qui va devenir Azov par la suite… Des signes inquiétants, pas vraiment explorés. J’ai toujours eu une défiance vis-à-vis des histoires racontées en noir et blanc. En fouillant, je m’aperçois que nous avons omis, sans pour autant dire censurer, de traiter une partie de l’histoire. Omis par pente naturelle, omis parce que les démocraties occidentales ne se sont pas insurgées quand les ‘’gentils’’ révolutionnaires ukrainiens ont massacré des civils à Odessa. Un ensemble de constatations qui me font dire qu’il y a eu un traitement problématique des événements ukrainiens.

Comment expliquez-vous ce silence?

Paul Moreira. Pour que le massacre d’Odessa prenne de l’ampleur, il aurait fallu une dénonciation du fait, qu’en plein cœur de l’Europe et au XXIème siècle, quarante cinq personnes soient tuées avec une totale absence de réaction de la part de la police. C’est un massacre de masse complètement impuni et non enquêté : la commission européenne s’est intéressée à l’histoire. Elle a lu des rapports écrits mais n’a pas enquêté sur le terrain. On se retrouve donc avec une situation, assez paradoxale et étonnante, où Youtube est bourré de visuels sur ce qui s’est passé. Comme beaucoup, je n’ai pas vu cette information. Alors, j’ai passé plusieurs semaines à visionner et à croiser les vidéos pour métaboliser les faits. Je pense n’avoir jamais vu un événement, aussi dramatique, autant filmé et en même temps aussi peu traité. Des articles, certes, ont été écrits. Seulement, la perception générale du public est qu’il ne s’est rien passé. Parce que c’était des pro-russes, des vieux communistes. Cela aurait dû réveiller un peu plus les citoyens sur le fait, qu’au sein des forces révolutionnaires, il existe des éléments extrêmement violents et nationalistes. Je n’ai pas exploité certains aspects comme l’enquête des Allemands et des Anglais qui tend à établir que les fameux tirs de la place Maïdan pourraient venir des propres rangs des insurgés, comme une provocation… Un tas d’éléments laissés dans l’ombre.

Vous dites dans le documentaire qu’il existe ce risque que le monstre se retourne un jour contre son créateur. C’est-à-dire ?

Paul Moreira. La révolution a fait croître les troupes de choc des milices, des groupes paramilitaires. Et ces derniers ne semblent plus du tout mis en échec par l’autorité publique. Ils font la police à la place de la police. Parfois, il y a même des tirs armés entre le Secteur droit et la police ukrainienne. Ce sont effectivement des individus qui ont pris des risques physiques, qui ont fait preuve d’un grand courage pour un changement de régime. Seulement, ils avaient un projet différent que celui de juste mettre en place d’autres hommes politiques. Le problème est là : le mouvement révolutionnaire, qui s’est produit dans la rue, a donné de l’espace à ces troupes. Et celles-ci, aujourd’hui, sur leur propre lancée, veulent aller beaucoup plus loin. Les autorités ukrainiennes semblent incapables de les contrôler. Quand ils bloquent une frontière et que la police regarde passivement car elle ne peut ou ne veut rien faire, c’est bien que la créature leur a échappé.

Vous avez récolté divers témoignages sur place. Les acteurs du crime d’Odessa ne nient rien...

Paul Moreira. Malheureusement, c’est toujours les vainqueurs qui ont l’histoire avec eux. S’ils n’ont pas été punis, si rien n’a indiqué qu’ils ont commis un crime, ils se sentent légitimes. Joshua Oppenheimer, dans « The act of killing », évoque cela à travers les grands massacres qui ont suivi le mouvement de 1965 en Indonésie. Les assassins expliquent les méthodes qu’ils ont utilisées pour tuer et ils le disent très clairement : nous sommes les vainqueurs donc c’est nous qui déterminons ce qui est l’histoire et ce qui ne l’est pas. Cette référence m’est venue en tête face à ces Ukrainiens. L’un des leaders d’une milice pro-ukrainienne montre bien qu’il n’a aucun remord. Il estime qu’ils ont eu ce qu’ils méritaient.

Ils vous accueillent, aussi, volontiers dans leurs camps d’entraînement. D’après vous, qui sont-ils ?

Paul Moreira. Quand je pars à leur rencontre, j’ai évidemment pleins d’éléments qui me montrent qu’ils sont fortement noyautés par des néonazis et des membres de l’extrême-droite. Il existe une partie des informations, au trait forcé, qui relèvent de la propagande des Russes. Je voulais donc prouver par l’image, et à travers leurs paroles, qui ils étaient réellement. Je le mets en scène comme une révélation car ils mettent énormément d’énergie à dissimuler leur affiliation au néonazisme. Ils savent que ce n’est pas gérable en Europe occidentale d’appartenir à ce courant historique. Je souhaitais aussi montrer cette intention. Par exemple, dans une scène, un jeune Français s’entraîne avec eux. Et pendant que je tourne, il réalise qu’il a oublié de retirer son nom de code, collé à son uniforme. On y lit «Mussolini»...

Entre les conclusions sur ces troupes et l’attitude des Etats-Unis dans cette région de l’Europe, vouliez-vous rendre compte de son jeu dangereux ? 

Paul Moreira. L’ex-patron de la CIA, le général Petraeus, est passé au privé mais reste très proche du pouvoir américain. Il dit quelque chose que le gouvernement n’oserait pas dire : il faut des armes offensives. Jouer dans le jardin de la maison Russie comporte un risque énorme. La révolution ukrainienne avait des motifs totalement louables. Mais la réalité est que le degré d’investissement des Américains dans ce changement de régime peut être interprété par Poutine comme un acte guerrier. Ce qui pourrait le mobiliser d’autant plus contre les Ukrainiens. La stratégie anti-Poutine des Etats-Unis, pour empêcher comme le dit Petraeus la Russie de devenir un empire, est très claire.

Elle peut déboucher sur un conflit massif !

TV. Derrière les masques de la révolution ukrainienne !

Il y a deux ans, en février 2014, la révolte bat son plein en Ukraine. Sur la place Maïdan, ceux que l'on appelle les combattants de la liberté font tomber le président prorusse Ianoukovytch. Fer de lance du mouvement : des bandes armées d'extrême-droite, soutenues en sous-main par Washington. C'est ce que nous n'avions pas vu. Comme nous n'avions pas vu un massacre de masse à Odessa, commis par les nationalistes ukrainiens. Pour la première fois en France, nous menons l'enquête.

Dans un pays de 45 millions d'habitants, fragilisé par la crise économique et la politique libérale du nouveau gouvernement, les nationalistes ukrainiens demandent des comptes, au nom de la révolution qu'ils ont menée. Une révolution qu'ils ont kidnappée.

Pour SPECIAL INVESTIGATION, Paul Moreira fait tomber les masques de l'Ukraine d'aujourd'hui et enquête aux avant-postes de la nouvelle Guerre Froide, entre l'Est et l'Ouest.

J'ai une cousine là-bas à Odessa, ou à côté !

Elle se prénomme Nina !

Je tremble pour elle et sa famille !

Michel Bouchet

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31 janvier 2016 7 31 /01 /janvier /2016 22:32
Création du groupe L’Humain D’Abord : « Un mandat de résistance »

Création du groupe L’Humain D’Abord : « Un mandat de résistance »

Groupe régional L'humain D'abord Auvergne RHONE ALPES·jeudi 28 janvier 2016

Le groupe L’Humain D’Abord en Auvergne Rhône-Alpes existe désormais officiellement. Les 7 élus PCF Front de Gauche qui le compose sont en ordre de bataille. Cécile Cukierman, désignée présidente du groupe, entend faire de ce mandat un « mandat de résistance » face à la droite décomplexée de Laurent Wauquiez. Car nous ne plaçons par le curseur au même endroit : à la complaisance envers les entreprises, nous prônons une plus grande conditionnalité des aides que la Région leur attribue, au-delà de la question des portiques dans les lycées, nous souhaitons la gratuité des livres scolaires, à la défiance envers la SNCF, nous demandons qu’elle soit en capacité d’assurer un véritable service de qualité. Conscients que les politiques austéritaires de la droite régionale viendront creuser les inégalités dans notre Région, nous veillerons à ce que tous les acquis de la gauche, particulièrement en termes de protection des citoyens, ne soient pas démantelés.

A toutes les mesures rétrogrades, nous proposerons une opposition farouche, insolente et audacieuse. Nous serons sur le terrain des luttes, aux côtés de toutes celles et tous ceux qui risquent de pâtir de ces changements politiques, les plus fragiles, en particulier dans le milieu associatif, culturel, syndical.

BOUCHET Boris

CUKIERMAN Cécile

DEBU Raphaël

FROMAGE Catherine

JACQUART François

SEMET Pascale

VOIR Patrice


 


 

 

Création du groupe L’Humain D’Abord : « Un mandat de résistance » ! Élection municipale à Billom. Résultats du 2ème tour (31 janvier 2016)

Élection municipale à Billom. Résultats du 2ème tour (31 janvier 2016)

Inscrits

3083

 

 

Votants

1923

62,37 %

Blancs

22

 

Nuls

12

Exprimés

1899

Front de Gauche

845

44,5 %

20 élu-e-s

Droite

700

36,86 %

5 élu-e-s

P.S.

354

18,64 %

2 élu-e-s

Nous ne ferons pas de commentaires ! Nous nous contenterons de féliciter nos camarades de Billom pour la magnifique campagne accomplie dans des conditions particulièrement difficiles entre une droite revancharde et un P.S. de trahison !

Nous dirons juste à nos camarades qui, parfois désespèrent, il n'y a que les combats que nous ne menons pas que nous ne pouvons pas gagner !

Création du groupe L’Humain D’Abord : « Un mandat de résistance » ! Élection municipale à Billom. Résultats du 2ème tour (31 janvier 2016)
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