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13 juillet 2015 1 13 /07 /juillet /2015 20:24

Comme nos lecteurs réguliers le savent nous avons nos « plumes » préférées, Salim Lamrani et Jean Ortiz en font notamment partie et ce soir c'est de Jean Ortiz dont nous nous ferons l'écho ! Jean Ortiz, toujours un poing levé et une main tendue, Jean Ortiz est un internationaliste assumé.

Nous dédions cet article à toutes nos amies, à tous nos amis qui cherchent parfois (souvent ?) les raisons de notre engagement !

 

Photo : DR

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Jean Ortiz - Vendredi, 10 Juillet, 2015

 

Écrire est une manière de résister, de respirer aussi, dans une atmosphère de plus en plus irrespirable et dans laquelle, écrivait Mauriac, « il nous faut pourtant respirer ». Un non-monde en quelque sorte.

Nous avons perdu (momentanément) la bataille des idées contre les « libéraux » (qui le sont fort peu), mais il nous reste la parole contre la victoire (réversible) d’une classe sociale, la bourgeoisie ; elle voudrait nous imposer ses valeurs, ses représentations, sa sous-culture, son totalitarisme idéologique, son prêt-à-penser, son robinet d’eau tiède...

Nous vivons des temps de déshumanisation, de criminalisation du langage, de l’engagement militant, de la pensée critique, des « grands récits », des temps de dépossession de l’histoire des peuples, de renversement total de valeurs, où l’homme n’est plus qu’une variable d’ajustement, un kleenex... On sauve les banques, pas les êtres humains... Le droit du fric passe avant le droit de ne pas crever de faim, de se soigner, d’avoir un toit...

L’on ne trouve pas 30 milliards de dollars par an, à l’échelle du monde, pour en finir avec la faim... alors que la guerre en Irak a coûté plus de 3000 milliards de dollars... Alors la faim... Tant mieux ! Elle décime les pauvres, les « classes dangereuses », et permet à la fortune du PDG de LVMH de grossir de 9,27 milliards d’euros en un an, tandis qu’un gamin français sur 10 vit dans la pauvreté ; en France... pays, comme chacun le sait, plus déshérité qu’Haïti.

Voilà la véritable barbarie : les plus riches (état naturel), 10%, possèdent 86% des richesses mondiales. Les inégalités ne tombent pas du ciel. Les marchés ne sont rien d’autre que des décisions politiques grimées.

L’on me reproche parfois, dans ce contexte, d’être excessif (emportement lucide). Je l’assume. Je suis volontairement excessif parce que, même excessif, l’on sera toujours en dessous des dégâts, des crimes (la faim est un crime quotidien organisé, tu as raison Jean....) de l’oppression, des prédations du capitalisme. Face à ses méfaits, nous ne serons jamais assez « excessifs », assez radicaux, assez provocateurs, assez irrévérencieux. Jaurès disait : « je ne suis pas un modéré ». Je sais qu’il est de bon ton aujourd’hui d’être clean sur soi, « raisonnable », d’y « mettre les formes », de retenir ses élans, ses coups au cœur, ses passions, ses colères, de refréner le messianisme... Raison de plus pour cultiver avec délectation ce que l’on me reproche. Pour être libre, il faut ne pas avoir peur de déplaire, aux puissants (vieux souvenir de Sartre), aux bénis-oui-oui, aux « décideurs », aux nouveaux inquisiteurs et autres bouledogues de garde, aux faux-culs et aux vrais crétins ; il ne faut pas avoir peur d’aller à contre courant de l’idéologie dominante, celle des classes dominantes (Marx est mort ? Mon postérieur !).

Le visionnaire écrivain uruguayen Eduardo Galeano, le découvreur de notre Amérique, nous appelait, au nom du camusien « goût de la vérité », à prendre parti. Radicalement. « Dans un monde divisé entre « indignes et « indignés », la neutralité est impossible », proclamait-il quelques mois avant de mourir.

Accepter de se modérer, de se frelater, de se décaféiner, c’est accepter de s’adapter au système au lieu de l’affronter, accepter le statu quo. Lorsque l’on demande l’impossible, l’on est peut-être excessif, « mais cela sert de lanterne », poétisait René Char.

Le combat révolutionnaire nécessite une poétique de l’existence.

Alors que l’on ne compte pas sur moi [sur nous non plus. Ndlr] pour m’excuser de mes « excès », d’être « rouge », de l’avoir été et de le rester. Que l’on ne compte pas sur moi pour regretter nos luttes, les luttes des humbles.

Toujours les mêmes contre les mêmes. Cela s’appelle la lutte des classes.

Ne disons jamais : « c’est naturel ». Réapproprions-nous le langage de la révolution, les rêves qui paraissent impossibles, les utopies (« l’utopie partagée est le ressort de l’histoire », prophétisait un saint homme, l’archevêque brésilien Mons. Elder Camara). Cette utopie sera la réalité de demain, les droits à deux mains. Si l’utopie n’est que minimaliste, non excessive, elle ne vaut rien. « Il n’y a plus de fous », s’écriait le poète antifranquiste León Felipe ; don Quichotte est mort et « tout le monde est raisonnable, terriblement raisonnable ».

Pour réenchanter le socialisme, pour aller vers un éco-socialisme, il faut en donner envie, le rendre désirable... L’exigence du bien commun, l’urgence du commun, sont plus nécessaires que jamais.

Alors, debout, poing levé ! L’actuel déferlement de haine de l’autre, de servitude volontaire, dans un climat étouffant de restauration, de guerre de tous contre tous, ne sauraient nous faire renoncer à l’incandescence de l’idéal, à la rupture avec un système pervers, homicide, naturicide, renoncer à un monde de tous les mondes. « Ce monde n’est pas le nôtre », me disait un jour le poète communiste espagnol Marcos Ana, après l’essentiel d’une vie en prison.

 

Je ne sais plus qui a dit « un cœur n’est cœur que s’il bat au rythme de tous les autres ».

 

 

Pourquoi j’écris ? J’assume mes « excès » !
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13 juillet 2015 1 13 /07 /juillet /2015 11:08
La Grèce, terre d'aventure privilégiée des spéculateurs !

Dominique Sicot - Samedi, 11 Juillet, 2015 - Humanité Dimanche

 

Après avoir fait plonger la Grèce en 2010, les fonds spéculatifs cherchent toujours à lui sucer les os. Après la dette publique, on s'amuse avec les titres dévalués des banques et des entreprises. De George Soros à John Paulson, les vieux loups de Wall Street sont à la manœuvre.

Entre corruption des élites et clientélisme, les finances publiques grecques n’ont pas toujours été au carré. Maquiller, prêter, jouer : les petits génies de la finance ont vite compris qu’il y avait de jolis coups à réaliser. Au début des années 2000, les comptes publics ne respectent pas les critères exigés pour faire partie de la zone euro. Pour y remédier, le gouvernement (socialiste : Pasok) décide de faire appel aux conseils d’un « expert », la banque américaine Goldman Sachs. Moyennant 300 millions d’euros de commission, elle va imaginer pour son client des montages « créatifs » permettant d’emprunter sans émission de dette et sans trace dans les comptes.

Rentabiliser le fiasco

Bien informée, Goldman Sachs s’est dit que la Grèce aurait bien du mal à payer ses dettes, et qu’il serait fort dommage de ne pas en tirer profit. Elle va donc, avec quelques fonds spéculatifs, dont celui du milliardaire John Paulson, acheter massivement des CDS (credit default swaps) sur la dette grecque pour parier sur les futures difficultés du pays. Ces CDS, sortes de contrats d’assurance sur le défaut de paiement, sont censés permettre aux investisseurs de se couvrir lorsqu’ils achètent un titre de dette. Mais, dans les faits, il est possible d’en acquérir sans même détenir les titres de dette correspondants. Ces achats massifs de CDS de dette grecque ont fait monter leur prix… et donné aux « marchés » le signal - confirmé par les agences de notation - que la Grèce n’était pas solvable, ce qui a provoqué l’envolée des taux d’intérêt que le pays a dû payer pour lever de nouveaux emprunts. Et l’envolée par ricochet des prix des CDS. Les malins ont empoché leurs bénéfices.

La Grèce, elle, est au tapis. Au printemps 2010, elle doit demander l’aide de l’Union européenne. En 2012, sa dette est restructurée. En apparence, les banques (allemandes, françaises et grecques en tête) qui avaient prêté à l’État grec à des taux exorbitants y laissent des plumes. Sur le papier, ces créanciers ont renoncé à 53,5 % de ce qui leur est dû. Dans les faits, ils s’en sont très bien tirés : pour une obligation d’un montant initial de 100 euros, mais achetée bien souvent moins de 40 euros sur le marché secondaire, ils ont reçu un nouveau titre d’une valeur de 46,50 euros, garanti par les « sauveurs » de la Grèce (institutions européennes et FMI).

Plaisirs inépuisables...

Après avoir épuisé les plaisirs sur la dette publique, les fonds spéculatifs s’essaient désormais à d’autres sensations fortes. Certains achètent des actions de banques grecques qui ne valent quasiment plus rien… et se contentent d’attendre un futur retournement. Le gérant de SkyBridge Capital se dit ainsi sûr - à 80 % - que leurs prix vont doubler dans les 12 à 18 mois. D’autres font la même chose avec des obligations de groupes tels que Titan Global Cement ou Hellenic Petroleum. D’autres encore ont parié sur la baisse de la Bourse en vendant à terme, à un prix convenu d’avance, des actions qu’ils n’avaient pas encore (le jeu consiste à les acheter au dernier moment moins cher que le prix convenu avec l’acheteur). Faute d’avoir respecté les règles de ces « ventes à découvert » - il y en a malgré tout quelques-unes - une vingtaine de fonds, dont un appartenant au célèbre financier George Soros, qui se sont fait récemment mettre à l’amende par l’autorité des marchés grecques pour des transactions sur des actions de banques grecques… mais pour un montant si léger (1 million d’euros au total) qu’il n’aura pas écorné leurs profits.

John Paulson a lui aussi pris ses positions. Il est ainsi le deuxième actionnaire de Piraeus Bank (Banque du Pirée) dont il a acquis 6,6 % en 2014. Et possède 9,9 % d’Athens Water Supply & Sewerage Company (la Compagnie des eaux), achetée la même année. Son premier investissement (687’millions d’euros) vaut aujourd’hui 4 fois moins. Le second (115 millions d’euros) - à l’occasion d’une tentative de privatisation déclarée depuis anticonstitutionnelle par la Cour suprême grecque - a perdu plus de 60’% de sa valeur. Pour l’instant, ça veut pas…

Repères :
1,9 milliard d'euros. Profits réalisés par la Banque centrale européenne sur son portefeuille de titres de dette grecque.
8. Nombre de plans d’austérité subis par les Grecs depuis 2009.
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12 juillet 2015 7 12 /07 /juillet /2015 10:20
campagne referendum

Lors du référendum historique du 5 juillet 2015, les Grecs ont envoyé un message de rejet à l’oligarchie politique et financière de l’Europe et un message d’espoir aux peuples du monde.

 

 

1. NON à l’Europe de l’austérité, à l’Europe des banques et de l’oligarchie et à l’Europe égoïste. Les politiques d’austérité sont politiquement coûteuses, économiquement inefficaces et socialement désastreuses. Loin de relancer la croissance, la réduction des dépenses, la diminution des salaires et des pensions de retraite, le démantèlement des services publics, y compris d’éducation et de santé, la destruction du code du travail et des acquis sociaux conduisent inévitablement à une contraction de la consommation.

 

2. OUI à l’Europe sociale, à l’Europe des peuples et à l’Europe du partage. En temps de crise, les Etats doivent adopter une politique de New Deal et réaliser des investissements massifs afin de relancer l’économie. Les mesures de protection sociale doivent être renforcées afin de protéger les catégories les plus vulnérables de la population. De la même manière, une hausse du salaire minimum enclenchera un cercle vertueux car elle relancera la consommation, remplira le carnet de commandes des entreprises, lesquelles embaucheront de nouveaux salariés pour répondre à cette demande, ce qui permettra à l’Etat d’augmenter ses recettes fiscales grâce à ces nouveaux contribuables et de diminuer ses dépenses d’allocations-chômage grâce à la baisse du nombre de personnes sans emploi. Ces nouvelles sources de revenus pour la nation permettront de renforcer les services publics à destination du peuple.

 

3. NON à la dictature de la finance, aux ultimatums, au chantage de la Troïka, au terrorisme politique, économique, financier et médiatique et aux menaces en tout genre. Il est inadmissible que la Commission européenne, composée de technocrates non élus – donc sans aucune légitimité populaire – décide de la politique économique et sociale d’une nation souveraine. Il s’agit là d’une atteinte à la démocratie et une remise en cause du droit inaliénable des peuples à l’autodétermination.

 

4. OUI à l’indépendance, à la volonté sacrée des peuples, à la liberté et à la dignité. En portant au pouvoir un gouvernement progressiste mené par Alexis Tsipras de SYRIZA, les Grecs ont voté pour un programme de relance économique anti-austérité et un renforcement de la protection sociale. Aucune entité ne peut interférer dans cette décision souveraine d’un peuple libre.

 

5. NON à la dette inique, mathématiquement impayable, destinée à asservir les peuples et à satisfaire l’appétit de la finance internationale. Il est temps de mettre fin au système actuel qui interdit à la Banque centrale européenne de prêter directement aux Etats aux mêmes taux que ceux réservés aux banques privées, c’est-à-dire entre 0 et 1%. La Grèce pourrait résoudre le problème de la dette si une telle réforme était adoptée. Aujourd’hui, lorsque la Grèce a besoin d’un financement, elle est obligée de passer par les banques privées qui lui prêtent à des taux usuraires pouvant atteindre les 18%, des emprunts qu’elles ont-elles-mêmes souscrits à des taux inférieurs à 1% !

 

6. OUI à un audit international des dettes publiques, à la renégociation et à l’annulation des emprunts illégitimes. Selon la Commission pour la Vérité sur la Dette publique grecque, « la dette issue des mesures de la Troïka constitue une violation caractérisée des droits humains fondamentaux des résidents de la Grèce. Ainsi, nous sommes parvenus à la conclusion que la Grèce ne doit pas payer cette dette, du fait de son caractère illégal, illégitime et odieux. […] Le caractère insoutenable de la dette publique grecque était évident depuis l’origine pour les créanciers internationaux, les autorités grecques et les grands médias. Pourtant, les autorités grecques et certains gouvernements de l’Union Européenne se sont ligués pour rejeter une restructuration de la dette publique en 2010, dans le seul but de protéger les institutions financières privées. Les grands médias officiels ont dissimulé la vérité au public en soutenant que le plan de sauvetage allait être bénéfique pour la Grèce, tout en passant en boucle le récit selon lequel la population ne faisait que payer pour ses propres turpitudes ».

 

7. NON à l’accumulation des richesses, à l’égoïsme et à l’individualisme. L’Europe actuelle est le paradis des nantis et l’enfer des peuples. Elle est l’illustration parfaite de la célèbre maxime voltairienne selon laquelle « une société bien organisée est celle où le petit nombre fait travailler le grand nombre, est nourri par lui, et le gouverne ».

 

8. OUI à la répartition des richesses, à la solidarité et à la défense de l’intérêt général. La crise actuelle n’est pas due à une question de ressources car l’Europe n’a jamais été aussi riche de son histoire. Il est donc urgent de procéder à une répartition équitable des richesses et de placer la dignité humaine au centre du projet européen.

 

9. NON à la dictature des puissants. La Grèce, berceau de la démocratie, rappelle à l’Europe et au monde le fameux avertissement de Maximilien Robespierre. Le Héros de la Révolution française qui, dès le départ, avait choisi le camp des pauvres, avait dénoncé « le joug de l’aristocratie des riches, la plus insupportable de toutes » : « Les riches prétendent à tout, ils veulent tout envahir et tout dominer. Les abus sont l’ouvrage et le domaine des riches, ils sont les fléaux du peuple : l’intérêt du peuple est l’intérêt général, celui des riches est l’intérêt particulier ». [Ce qui explique, pour nos amis lempdais notre attachement à Robespierre. Ndlr]

 

10. OUI à la révolte des peuples contre toutes les injustices, à l’insurrection civique et pacifique et à la résistance à l’oppression. Les peuples ne sont pas condamnés à l’indifférence et à l’humiliation et ont le pouvoir de prendre en main leur propre destin. La misère n’est pas une fatalité mais une décision politique imposée par les élites rapaces et insatiables. L’heure est à la révolte de la plèbe, des écrasés et des révoqués contre la brutalité de la finance mondiale.

Salim Lamrani

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10 juillet 2015 5 10 /07 /juillet /2015 13:30

Par Patrick Le Hyaric, directeur de l'Humanité et député européen.

"Les citoyennes et citoyens grecs donnent une belle leçon de courage et de démocratie. Il faut les respecter. Leur « non » ne s’adresse pas à la construction européenne ni à la monnaie commune. Il est un vibrant appel à négocier vraiment, à changer les méthodes et la nature de la construction européenne. "

 

Les Grecs ont déjoué tous les pièges et les chantages. Ils ont refusé l’humiliation. La fameuse missive rayée de rouge par les institutions européennes a été retournée à ses correcteurs, qui, avec leurs airs supérieurs, pensaient pouvoir traiter ce grand peuple avec dédain.

 

Les citoyennes et citoyens grecs donnent une belle leçon de courage et de démocratie. Il faut les respecter. Leur « non » ne s’adresse pas à la construction européenne ni à la monnaie commune. Il est un vibrant appel à négocier vraiment, à changer les méthodes et la nature de la construction européenne. Négocier un autre programme que celui de l’austérité et des reculs sociaux. Alexis Tsipras vient avec son pays de produire pour tous les Européens un acte salutaire. Sortir de la doxa austéritaire et relancer son pays affaibli, laminé, exsangue par les six années précédentes, tel est désormais son mandat clair de négociation.

 

Ce grand peuple qui a inventé la démocratie et qui a dû résister à de multiples occupations, des Perses aux nazis, refuse une nouvelle « domination-occupation », celle des puissances financières et de leurs mandataires politiques. Respecter son vote ne saurait se traduire par le rejet d’un pays qui a fait entendre sa souffrance dans les urnes. Il est d’ailleurs curieux d’entendre les mêmes qui ont glosé sur « l’Europe solidaire » entonner le refrain de « l’Europe unie », se dire aujourd’hui prêts à jeter la Grèce hors de l’Union européenne ou de l’euro. Quelle duplicité! La solidarité ne vaudrait-elle que pour sauver les banques et les fonds financiers ?!

 

A-t-on songé un seul instant à la place de la Grèce en Europe ? Elle se trouve face à un Moyen-Orient s’enfonçant dans le chaos, à une Turquie en ébullition. Elle est située au cœur des Balkans, où la paix est si fragile! A-t-on pensé un instant au rôle de la Grèce qui, comme l’Italie, accueille une part importante des migrants qui entrent en Europe ? Une autre orientation s’impose donc dans l’intérêt de la construction européenne, dans l’intérêt de la justice et de l’efficacité.

 

Il faut cesser d’asphyxier ce pays mais aussi les autres pays européens en allégeant leurs dettes. Tous les économistes, de nombreuses institutions déclarent désormais qu’il n’y a pas d’avenir sans une restructuration substantielle de la dette, dont il faut rappeler qu’elle ne date pas de ces cinq derniers mois. On nous dit que si cet effort est fourni pour la Grèce, il faudrait le faire aussi pour d’autres pays comme l’Espagne, le Portugal, l’Italie, voire l’Irlande et même la France. C’est une évidence puisque tous appartiennent à la même communauté, l’Union européenne qui, à l’origine, a été inventée pour cela! Voilà pourquoi une conférence européenne sur les dettes doit être maintenant convoquée. La France pourrait en être l’initiatrice. La Banque centrale européenne a émis 1 200 milliards d’euros.

 

Autant de moyens pour un nouveau plan de relance européen efficace, s’inscrivant dans un nouveau mode de développement humain et écologique. C’est en ce sens qu’un fonds dit de développement devrait être créé pour absorber une partie des dettes des pays, afin de leur donner un ballon d’oxygène.

 

La Grèce est devenue la pointe avancée de la violente crise qui secoue l’Union européenne. Celle-ci signe sans doute la fin d’une illusion: celle de la démocratie dans une Europe solidaire. Comme jamais sans doute est apparue au grand jour la collusion des milieux d’affaires, des dirigeants européens et de la grande presse qui veulent imposer coûte que coûte l’arrogante loi de l’argent.

 

Avec plus de netteté, chacun a pu constater que prédominaient les choix politiques décidés à Berlin sans que notre gouvernement tente de les contrecarrer alors que François Hollande avait en 2012, lui aussi, reçu des électeurs le mandat clair de réorienter la construction européenne. Dimanche soir dernier, tous ressemblaient à une poule qui aurait découvert un couteau. Les habitants d’un petit pays venaient, par leur courage et leur détermination, de créer un rapport de forces plus favorable aux aspirations populaires, en Grèce et dans le reste du continent. Plus favorable à ce que s’ouvre enfin en Europe le grand débat public sur la nature de la construction européenne conçue soit au service de la finance, soit pour répondre aux attentes et espoirs des populations qui la composent.

 

À nous tous d’aider désormais les citoyens à prendre leur destin en main.

 

L’appel à changer l’europe
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9 juillet 2015 4 09 /07 /juillet /2015 23:52
Gaza, été 2014 : La journée du 20 juillet a été extrêmement meurtrière. les intenses bombardements israéliens, notamment à Chadjaiya, ont causé la mort de plus de 140 Palestiniens. Photo : AFP / Mahmud Hams

Gaza, été 2014 : La journée du 20 juillet a été extrêmement meurtrière. les intenses bombardements israéliens, notamment à Chadjaiya, ont causé la mort de plus de 140 Palestiniens. Photo : AFP / Mahmud Hams

Pierre Barbancey - Mercredi, 8 Juillet, 2015 - L'Humanité

 

Il y a un an, le 8 juillet 2014, Israël frappait la bande de Gaza. Par air, terre et mer, l’une des plus importantes armées du monde s’est déchaînée.

Plus de 2 000 morts (dont la plupart sont des civils, des femmes et des enfants) après la guerre meurtrière menée par Israël dans la bande de Gaza à l’été 2014, que reste-t-il ? D’abord de la souffrance. La souffrance d’une population soumise à un embargo inhumain depuis 2007. Sa faute ? Avoir voté démocratiquement (comme reconnu par l’ensemble des observateurs internationaux dépêchés sur place lors des élections législatives de 2006 qui ont vu la victoire du Hamas) mais coupable d’un mauvais vote. L’embargo ? Une bande de Gaza fermée par toutes ses frontières, particulièrement avec Israël. Un embargo synonyme de médicaments manquants, de produits de première nécessité absents, de morts, en fin de compte. Pas suffisamment pour l’occupant israélien qui n’a eu de cesse – avec l’accord tacite des grandes puissances occidentales, dont la France – de tenter de détruire cette bande de terre palestinienne. Fin 2008, début 2009, la puissance de feu israélienne s’est abattue sur Gaza. En 2011, puis 2012 de nouveau, l’aviation de Tel-Aviv est venue bombarder Gaza. Et, comme ce n’était pas suffisant, à l’été 2014, la machine militaire israélienne s’est remise en marche.

Envoyé spécial de l’Humanité à ce moment, basé à Gaza, nous pouvons témoigner de l’horreur. Publiée dans ces mêmes colonnes. Le premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou, pensait pouvoir faire plier le peuple de Gaza. Officiellement, il s’agissait de répondre à des tirs de roquettes. Un prétexte. Comment l’une des premières puissances mondiales pourrait penser être mise en danger par ces roquettes artisanales ? Réponse via les principaux médias internationaux qui ont prêté flan à la propagande israélienne. L’intervention militaire ne serait qu’une réponse à l’agression palestinienne !

En ce 8 juillet 2014, lorsque les avions F-16 israéliens s’élancent dans le ciel, l’état-major est confiant. Deux ou trois jours suffiront pour faire taire ce peuple palestinien. Alors qu’en 2008-2009, les journalistes ne peuvent pas entrer dans la bande de Gaza depuis Israël, cette fois tout le monde est convié au spectacle, non sans quelques menaces du style « nous ne pouvons pas assurer votre sécurité, la marine militaire va tirer, quittez vos hôtels », comme le relaient les « officiers de communication » de l’armée israélienne qui se répandent sur les téléphones de quelques bons journalistes.

Gaza, l’une des zones les plus peuplées au monde

Dans les quartiers de Gaza ville, aussi bien que dans les villes de Khan Younès, au sud, ou, surtout, à Chadjaiya, au nord, le déluge est total. Pour les populations, en ce mois de ramadan, donc de jeûne, c’est l’enfer. Sur le plan international, Israël veut faire croire qu’il prévient les habitants des bombardements imminents, voulant faire croire qu’à Gaza, l’une des zones les plus peuplées au monde, on peut se mettre à l’abri. Si quelques chaînes de télévision occidentales sont sur place, les images proviennent surtout des journalistes palestiniens, employés de quelques stations locales, qui vont payer un lourd tribut : 17 journalistes palestiniens sont tués, dans l’indifférence quasi générale.

Israël n’a pas réussi à mettre à genoux les Palestiniens. La guerre, présentée comme une « guerre contre le Hamas » a, en réalité, été menée contre la résistance palestinienne. Toutes les organisations palestiniennes : Hamas, Fatah, FPLP, FDLP, PPP (communiste), Fida… et toutes les associations sur place, ont résisté. La « résistance » a sans doute été le mot le plus employé durant cette offensive israélienne.

 

Résistance !

 

Gaza. La cible : les civils palestiniens !

Gaza, un an après : une ville meurtrie par la guerre !

Pendant l’opération militaire israélienne « Bordure protectrice» d'énormes parties de Gaza ont été réduites en ruines.  Des images exclusives filmées par un drone montrent les parties du territoire reconstruites tandis que d'autres sont toujours en ruines. Vidéo : Channel 4 News

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8 juillet 2015 3 08 /07 /juillet /2015 20:43

Macron insulte à dessein les Grecs et le peuple français

Mais pour qui se prend-t-il ce multimillionnaire arrogant en mission, ce plein aux as, ce « mélomane » de la finance, pour qualifier le Front national de « forme de Syriza à la française, d’extrême droite », pour mettre un signe d’égalité entre l’extrême droite fascisante et « l’extrême gauche » : dans la novlangue hollandaise « extrême gauche » doit être traduit par « gauche ».
 

En visite à Marseille, le très friqué ministre de l’économie, adepte de l’austérité bien ordonnée, celle qui commence par les pauvres, n’a pas gaffé. En insultant le « non », le peuple grec qui a mal voté, Macron le péseux applique avec volontarisme et bassesse la ligne Hollande -Valls : tirer à boulets blancs sur la gauche-gauche, laisser derrière eux un champ de ruines, assimiler Syriza, donc le Front de gauche, aux « extrêmes » (pourquoi pas aux « Barbares »?) et servir la pâtée au Front national, tour à tour promu, instrumentalisé et... faussement diabolisé pour servir de repoussoir au deuxième tour en 2017. Vieille recette plus qu’éculée et qui peut s’avérer fatale pour ce qu’il nous reste de « démocratie ».

C’est la ligne Hollande-Valls : la ligne « deuxième tour de la présidentielle de 2017 ». Pratiquer sciemment la politique du pire, siphonner un maxi la droite, cirer les pompes à Mme Merkel, aux Eurocrates, chasser dans les marécages les plus troubles, afin de parvenir à un deuxième tour où François Hollande apparaîtrait comme le « vote utile », le « moindre mal ». A ce niveau de calcul sordide, la politique relève du plus répugnant. Mais qu’importe ! Il faut écœurer l’électeur populaire pour qu’il s’abstienne ou vote FN. L’on criera ensuite « au feu !» et le tour sera joué.

Sartre réfléchissait sur la définition du « salaud »... on n’est pas loin du cas d’école !
 

 

Chroniques Latines
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7 juillet 2015 2 07 /07 /juillet /2015 20:43
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Jean Ortiz - Mardi, 30 Juin, 2015

 

Le blog de Jean Ortiz. Chacun croyait que le matamore de Matignon avait touché le fond du cynisme et de « l’horreur politicienne »... Que nenni !

Tout fait ventre à ce « chicago-boy » à la française pour se refaire la cerise dans l’opinion.

Quitte à la caresser dans le sens le plus crasseux du poil.

Quitte à créer une atmosphère irrespirable.

Quitte à enfanter de nouveaux monstres, utiles pour en appeler à « l’union nationale », à « l’union sacrée », et reléguer la lutte des classes, la question sociale..., livrées aux compétences de ses amis du MEDEF.

Quitte à jouer avec des barils de poudre.

Quitte à diviser durablement les peuples.

Quitte à attiser les haines et la déshumanisation.

Quitte à recevoir les encouragements intéressés de la droite.

Quitte à accélérer le « génocide » des valeurs de « la gauche », à faire table rase de son patrimoine, à plonger des millions de braves gens dans la déshérence, le désespoir.

Quitte à instrumentaliser des colères légitimes vers des objectifs au plus haut point dangereux.

 

Les poubelles de l’histoire retiendront qu’un premier ministre « socialiste » s’est essayé, par calcul, à reprendre le discours fascisant de l’extrême droite sur « la guerre de civilisation », théorie développée surtout depuis le « best seller » (1997) du spécialiste américain en relations internationales Samuel Huntington, reprises par le médiocre, mais va-t-en guerre président George W. Bush, et son petit élève français, N. Sarkozy.

G. Bush, le papa du liberticide « Patriot Act », qui a inspiré Manuel Valls pour sa « loi de renseignement » et de flicage généralisé...

Valls serait-il un « néoconservateur » à la française ?

L’amalgame (volontaire) suggéré, entre Islam et terrorisme, Islam et barbarie, n’est pas nouveau, mais n’en demeure pas moins dévastateur.

Quant à l’opposition entre civilisation et barbarie, elle n’est pas nouvelle non plus dans l’histoire, la « civilisation » étant bien entendu le « monde occidental ». Elle a servi toutes les mauvaises causes, tous les satrapes, tous les impérialismes, tous les saigneurs de peuples, depuis des siècles.

En réveillant « l’esprit de croisade », en jouant politiciennement sur les amalgames, les réactions viscérales, le matamore M. Valls avance et amplifie des valeurs antinomiques aux traditions humanistes et progressistes françaises.

 

A vouloir copier Marine, il risque d’ouvrir la voie à des eaux fangeuses, et à des flots mortels pour la démocratie !

Je te hais Valls (deux) !
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6 juillet 2015 1 06 /07 /juillet /2015 23:49
Athènes, dimanche soir. la foule s'est pressée devant le Parlement pour fêter la victoire du non. Photo : Petros Giannakouris/AP

Athènes, dimanche soir. la foule s'est pressée devant le Parlement pour fêter la victoire du non. Photo : Petros Giannakouris/AP

Rosa Moussaoui et Thomas Lemahieu - Lundi, 6 Juillet, 2015 -L'Humanité
 
 
 
Malgré le chantage et les menaces d’étranglement financier, les Grecs ont opposé un non retentissant à leurs usuriers, comme les y invitait Alexis Tsipras. « OXI ! » ont-ils dit à toute nouvelle cure d’austérité, malgré la stratégie de terreur choisie par les eurocrates.
 

Athènes, envoyés spéciaux. OXI ! Ce non-là est un non à la peur, c’est un cri retentissant qui a jailli des tréfonds d’un peuple grec épuisé par cinq années d’austérité à marche forcée. Hier soir, après la fermeture des bureaux, les premières projections du ministère de l’Intérieur donnaient au non une écrasante avance : 61 % sur les 27 % de bulletins déjà dépouillés. Une victoire éclatante du non se dessinait. En dépit des menaces, du chantage, de l’étranglement financier orchestrés par les institutions européennes, les Grecs ont donc finalement opposé le refus sans appel des urnes au nouveau mémorandum de misère et d’asphyxie des classes populaires que voulaient leur imposer la Commission européenne, le FMI et la Banque centrale européenne, gardiens ombrageux des privilèges d’élites grecques coalisées dans le camp du oui. Plus encore qu’un choix politique portant sur des orientations économiques, il y a dans ce verdict des urnes un souffle de liberté et de dignité qui force le respect, et que résume par ces mots la dramaturge Nina Rapi : « Non, parce que nous avons choisi, comme attitude, la résistance et l’autodétermination. Non, parce que je n’aime pas qu’on me dise quoi faire et comment, parce que je pense qu’il serait stupide de poursuivre des politiques qui, depuis cinq ans, ont échoué. Non, parce que l’éducation, la culture, la santé et même la survie de notre pays sont menacées par le oui. Parce que le mensonge, la distorsion et la propagande qui ont dominé cette campagne ont insulté mon intelligence. »

 

On leur promettait les dix plaies d’Égypte, les Grecs n’ont pas cédé !

La propagande du oui… Elle a atteint, dans cette courte campagne, des niveaux de mystification et de manipulation parfaitement indignes des principes démocratiques dont se réclame l’Union européenne. Il y a eu, d’abord, la stratégie de la panique avec, en première ligne, la Banque centrale européenne qui, menaçant de couper les vivres aux banques grecques, a contraint le gouvernement grec à instaurer un contrôle des capitaux et des restrictions bancaires propres à semer la peur chez les petits déposants. Fermez les banques, mettez en boîte des images de retraités en larmes dans les files d’attente et faites tourner en boucle. Mario Draghi, le président de la BCE, a offert au camp du oui une campagne taillée sur mesure. Procédé tellement violent que le ministre des Finances, Yanis Varoufakis, n’a pas hésité à fustiger le « terrorisme » financier des créanciers d’Athènes. Il y a eu, ensuite, les rumeurs, innombrables, jusqu’à celle véhiculée, à la veille du scrutin, par la chaîne de télévision Mega, qui a mis en garde les Grecs contre un imminent « haircut » sur les dépôts bancaires excédant 8 000 euros… Avant de démentir, une fois le doute et la confusion bien installés. Il y a eu l’intimidation, encore, avec ces patrons menaçant leurs salariés de les priver de paie, lundi, en cas de victoire du non. Tout a été fait, jusqu’à la dernière minute, pour tenter d’entraver la libre expression démocratique du peuple grec, sommé de se prononcer sur son appartenance à la zone euro et même à l’Europe, alors que la question du référendum portait sur le nouveau mémorandum d’austérité faisant l’objet d’un ultimatum des créanciers et des autres gouvernements de l’UE, Allemagne en tête. Comme au mois de janvier dernier, lorsque la victoire annoncée de Syriza était présentée comme une catastrophe, les commissaires européens se sont immiscés dans la campagne. Porte-parole d’une Angela Merkel et d’un Wolfgang Schäuble intraitables, le chef de la diplomatie allemande Frank-Walter Steinmeier promettait jusqu’à hier aux Grecs des conditions de négociation plus féroces, si c’est encore possible, en cas de victoire du non. Quant au président du Parlement européen, le social-démocrate allemand Martin Schulz, toujours prompt à disserter sur la démocratie et sur « l’Europe sociale », il a jeté un dernier pavé dans la mare à quelques heures de la fermeture des bureaux de vote en assurant que le pays devrait « changer de monnaie » après la victoire du non. La drachme, ultime argument politique des maîtres chanteurs européens. On leur promettait les dix plaies d’Égypte et pourtant, les Grecs n’ont pas cédé. Ils ont glissé dans les urnes toutes les souffrances sociales, toutes les humiliations endurées depuis cinq ans. Ce vote a cristallisé les appartenances politiques comme les clivages sociaux, les classes populaires, les jeunes sans perspective d’avenir et les classes moyennes déclassées ayant majoritairement rallié le non. « Les partisans du oui appartiennent aux classes supérieures. S’ils se sont montrés si agressifs, et même insultants, c’est que leurs privilèges sont en jeu. Ils exprimaient une rage profonde contre cette gauche qui veut changer les choses. C’est un vote de classe », résumait hier Hélène Astrinaki sur le seuil de son bureau de vote d’Ambelokipi, à Athènes, le badge orange du « OXI » collé sur le cœur. Le camp du oui, qui a tout misé sur la stratégie de la terreur, n’a délivré aucun message positif. Pire, le retour sur le devant de la scène de dinosaures politiques symboles de corruption, d’endettement irraisonné et d’austérité a fini par convaincre les hésitants de voter non. En jetant toutes ses forces et tout son poids dans la campagne, le premier ministre grec Alexis Tsipras, toujours très populaire, a fait de ce scrutin un enjeu de politique intérieure autant qu’un enjeu européen, laissant miroiter la possibilité d’une sérieuse crise politique en cas de victoire du oui.

 

L’ultimatum 
des créanciers rejeté !

Comment aurait-il pu en être autrement, après cinq ans de démolition sociale, économique, démocratique ? Indéniablement, ce vote grec s’inscrit dans le prolongement des non français, néerlandais et irlandais à l’Europe libérale. Depuis dix ans, et même plus encore si l’on repense au non des Suédois à l’euro en 2003, tous les peuples consultés sur les politiques néolibérales dictées à Bruxelles et Francfort ont répondu par le refus. Ces non, chaque fois, sonnaient comme un défi aux élites politiques, économiques et médiatiques érigées en cerbères des dogmes monétaristes qui ont mené la construction européenne à l’impasse et fait de la zone euro la lanterne rouge de la croissance mondiale, quelle que soit la conjoncture.

En rejetant l’ultimatum des créanciers comme la tentative de coup d’État financier contre Athènes, le peuple grec affirme aussi et surtout son attachement profond, sincère, historique à cette démocratie née sur les rives de la mer Égée. Vendredi soir, devant la foule gigantesque réunie pour le non à Syntagma, Alexis Tsipras l’a clairement exprimé, assumant jusqu’au bout les conséquences d’un choix courageux. « La démocratie est une libération, la démocratie est une issue et nous célébrons aujourd’hui la victoire de la démocratie. Nous sommes déjà victorieux, quelle que soit l’issue du scrutin de dimanche, car la Grèce a envoyé un message de dignité, un message de fierté ! » a lancé le premier ministre. Dès l’annonce du référendum, le 26 juin, ce dernier n’a laissé planer aucun doute sur ses intentions : revenir à la table des négociations dès ce lundi. Athènes n’entend pas se faire expulser de la zone euro comme un vulgaire locataire. Armés du verdict des urnes, le gouvernement Tsipras et ses négociateurs entendent desserrer le nœud coulant de la dette et faire résonner dans les cénacles bruxellois la voix de ce peuple grec qui ne veut décidément plus avaler l’amère potion de l’austérité. Place Klafmonos, dans le centre d’Athènes, à peine les premières projections connues, la fête se prépare. Sur l’écran de la chaîne publique, qui diffuse la soirée électorale, les résultats partiels défilent : le non est bien au-dessus du score prédit dans les sondages diffusés par les chaînes privées à la fermeture des bureaux de vote à 19 heures. D’une ville à l’autre, alors que la moitié du dépouillement est faite, les scores s’affichent entre 55 et 70 %. « Je le sentais venir, ce score écrasant, confie Haris. Les gens ont bien compris que les banques, ce n’est pas Tsipras qui les a fermées, mais plutôt Draghi, Juncker et Lagarde ! » Le jeune homme rayonne : « Demain, on n’aura plus la troïka dans les pattes ! » La nuit tombe, la fête commence !

Bientôt en France et dans toute l'Europe ?

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5 juillet 2015 7 05 /07 /juillet /2015 22:51
Maintenant, respectez le "NON" du peuple grec !

Des partisans du "non" au référendum célèbrent leur victoire annoncée, dimanche 5 juillet 2015 à Athènes (Grèce).  (LOUISA GOULIAMAKI / AFP)

Maintenant, respectez le "NON" du peuple grec !

Jusqu'au bout, les sondages ont annoncé un résultat serré. Le camp du « non » a finalement remporté une large victoire lors du référendum, dimanche 5 juillet, alors que les Grecs devaient se prononcer sur de nouvelles mesures d'austérité réclamées par leurs créanciers. Francetv info interprète ces résultats qui précipitent la Grèce, mais aussi l'Union européenne, dans l'inconnu. 

Les négociations avec les créanciers vont-elles reprendre ?

Malgré la victoire du "non", les portes des négociations ne se referment pas. Le gouvernement d'Alexis Tsipras, qui ressort renforcer de ce scrutin, peut entamer de nouvelles discussions avec les membres de la troïka (Union européenne, Fonds monétaire international et Banque centrale européenne). Sa position semble davantage évoluer vers la modération - il pourrait négocier un troisième plan d'aide plus favorable à la Grèce en faisant des concessions - que vers la rupture et la sortie de la Grèce de la zone euro. Il souhaite en tout cas la conclusion d'un accord dans les plus brefs délais. "Les négociations qui vont s'ouvrir doivent déboucher très rapidement, peut-être même d'ici 48 heures", a déclaré le porte-parole du gouvernement Gabriel Sakellaridis à la télévision grecque.

Lundi, les directeurs du Trésor de la zone euro ont prévu de se réunir, tandis qu'Angela Merkel et François Hollande réclament un sommet de la zone euro sur la Grèce le lendemain. Les ministres des Finances de la zone euro se réuniront dans la semaine, a annoncé dans la soirée un porte-parole du président de l'Eurogroupe Jeroen Dijsselbloem.

Reste à connaître l'avis des créanciers eux-mêmes. Ceux-ci sont divisés : dans la journée de dimanche, le président du Parlement européen Martin Schulz a évoqué la possibilité d'accorder des prêts d'urgence à Athènes en cas de victoire du "non". Et le ministre des Affaires étrangères italien a déjà tendu une main aux Grecs, sur Twitter : "Maintenant il convient de commencer à tenter à nouveau de trouver un accord. Mais on ne sortira pas du labyrinthe grec avec une Europe faible, qui ne retrouve pas la croissance." Mais la position allemande, elle, est plus dure. De nouvelles négociations avec la Grèce sont "difficilement imaginables", estime Sigmar Gabriel, le ministre de l'Economie allemand.

Les banques grecques vont-elles tenir ?

C'est sans doute la principale menace qui pèse sur le pays. Avec la victoire du "non", en effet, la Banque centrale européenne va-t-elle continuer à alimenter les établissements bancaires grecs en liquidités ? L'institution européenne a maintenu les prêts d'urgence accordés aux banques grecques, mais le 20 juillet, la Grèce devra lui rembourser 3,5 milliards d'euros. Dès dimanche soir, le ministre des Finances Yanis Varoufakis a rencontré les directeurs des banques grecques, sans doute pour évoquer la question.

Selon le porte-parole du gouvernement grec, la Banque de Grèce devait envoyer dès dimanche soir une demande à la BCE, car il y a selon lui "des arguments solides pour faire remonter (le plafond de) l'ELA", l'aide d'urgence aux banques grecques qui sont fermées depuis une semaine et risquent de manquer rapidement de fonds. Cette question est d'autant plus vive que la Grèce sera officiellement en défaut de paiement, le 30 juillet.

Est-ce la fin de la Grèce dans l'euro ?

Cette question est liée, entre autres, à l'attitude de la BCE. En cas de rupture, et pour tenter de recapitaliser des banques à sec, le gouvernement pourrait alors créer des liquidités avec une monnaie "parallèle", les "IOU" (I Owe You). Utiles également pour payer le salaire des fonctionnaires, ces reconnaissances de dette risqueraient de perdre rapidement de la valeur.

Face à l'inflation, les économies des épargnants seraient alors menacés. Sortie de facto de la zone euro, la Grèce pourrait alors revenir à la drachme, même si le ministre des Finances, Yanis Varoufakis, a écarté cette possibilité avant le vote, en rappelant que "les presses ont été détruites". Cette possibilité pourrait toutefois permettre de dévaluer sa monnaie et de relancer les exportations.

L'Union européenne ne prévoit aucun mécanisme de sortie de la zone euro. Mais un "Grexit" de facto pourrait inspirer d'autres pays confrontés à une forte dette, comme le Portugal.

Maintenant, respectez le "NON" du peuple grec !
André Chassaigne : "La France doit opposer son veto à une sortie de la Grèce de la zone euro"

André Chassaigne : "La France doit opposer son veto à une sortie de la Grèce de la zone euro"

Ce soir, le peuple grec a courageusement dit « Non » aux diktats de la Troïka, « Non » à l’Europe de l’austérité générale et absolue, « Non » à l’Europe des financiers. Par cet acte historique et démocratique, ce peuple qu’on appauvrit et qu’on bafoue adresse avec dignité un message de résistance, mais aussi un message d’espoir : une autre Europe est possible ! Une Europe des peuples, juste et solidaire. C’est aussi notre conviction profonde et nous sommes plus que jamais solidaires de ce peuple dont le destin ne saurait dépendre de dogmes issus de l’orthodoxie financière, celle qui brise l’humain au nom de l’équilibre des comptes publics. Devant l’Histoire, devant les peuples français et européens, il est temps pour notre pays de prendre enfin ses responsabilités face à la rigidité dogmatique de Berlin et de Bruxelles. Il revient au président de la République François Hollande de faire entendre une autre voix, celle de la raison et de la solidarité avec le peuple grec. C’est pourquoi, dans la perspective des prochaines échéances et négociations européennes, il lui revient de rappeler qu’il n’hésitera pas à user de son veto en cas de tentative d’exclusion de la Grèce de la zone euro. Il en va de l’honneur de la France : dire « Non » au « Grexit ». 

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4 juillet 2015 6 04 /07 /juillet /2015 20:34
Source AFP

Source AFP

Sonia Jelaiel - Vendredi, 3 Juillet, 2015 – Humanite.fr

 

Après trois jours de vives réactions, Vincent Bolloré recule et maintient la programmation des Guignols de l'info sur Canal+.

 

D'après des sources concordantes, Vincent Bolloré a exprimé aujourd'hui sa rétractation concernant sa volonté de retirer les Guignols de l'info des grilles de programmation de Canal+ à la rentrée, lors du comité d'entreprise ayant eu lieu ce vendredi au siège de Vivendi. En face à face avec les syndicalistes défendant le programme, le chef d'entreprise a tempéré la situation en admettant que l'émission est un programme phare de la chaîne cryptée.

Ce rebondissement fait suite à des rumeurs sur une possible disparition des Guignols de l'info conséquemment à un remaniement des programmes de Canal+ à l'initiative de Vincent Bolloré, président du conseil de surveillance de Vivendi. Au lendemain de la mort d'Alain de Greef, ancien directeur des programmes de Canal+ et fondateur des Guignols, cette information a fait l'effet d'une bombe auprès de l'opinion publique et des médias. Sur des fonds d'accords politiques et de guerre d'égos, la relation étroite entre Vincent Bolloré et Nicolas Sarkozy a rapidement été établie comme cause principale de l'éviction des Guignols du PAF. En effet, le chef du Parti Républicain est connu pour avoir une profonde aversion envers ce programme, qu'il aurait souhaité voir disparaitre. L'entourage de l'ex président de la République a réagi en parlant d'"accusations grotesques". Interviewé par Léa Salamé en février dernier sur France Inter, Vincent Bolloré quant à lui avait exprimé des réserves par rapport au ton du programme satirique.

"Je préfère quand ils sont plus dans la découverte que dans la dérision. Parce que parfois, c'est un peu blessant ou désagréable. Se moquer de soi-même, c'est bien. Se moquer des autres, c'est moins bien."

Afin de s'opposer à l'arrêt de l'émission, une importante mobilisation s'est mise en place, notamment dans la sphère politique. Alain Juppé, actuel maire de Bordeaux, a mis sa marionnette des Guignols en photo de profil Twitter, Jean-Luc Mélenchon a évoqué avec indignation "la censure de Bolloré, l'ami de Hollande", Pierre Laurent, secrétaire national du PCF a également réagi avec ferveur dans un tweet "Nous sommes le 02/07 et je veux continuer à regarder l'ancêtre d'internet", tandis que Jean-Marc Ayrault a exprimé des regrets quant au fait que "même au pays de Rabelais et de Molière, on ne protège plus le rire". La toile a de plus vu un hashtag [Le hashtag (ou mot-dièse1 ou mot-clic2) est un marqueur de métadonnées couramment utilisé sur Internet où il permet de marquer un contenu avec un mot-clé plus ou moins partagé. Composé du signe typographique croisillon3 « # » (appelé hash en anglais), suivi d’un ou plusieurs mots accolés (le tag, ou étiquette), il est particulièrement utilisé sur les IRC et réseaux sociaux. (wikipédia)] se propager comme une traînée de poudre, #TouchePasAuxGuignols, engendrant des milliers de tweets de soutien aux célèbres marionnettes, tout comme la pétition mise en ligne comptant près de 28 000 signatures en seulement quelques heures. 

Le paysage audiovisuel s'est également animé à la suite de cette rumeur, différents grands groupes proposant leur secours aux Guignols. C'est le cas de Nicolas de Tavernost pour M6 dont les équipes ont travaillé en secret jeudi à une possible reprise de l'émission. La future présidente de France Télévisions, Delphine Ernotte, s'est également proposée via un tweet d'accueillir le programme sur le service public. Le nom de D8 a également été évoqué pour une possible reprise de la diffusion. 

Le démenti de cette rumeur n'est pas pour autant la perspective d'un long fleuve tranquille pour l'avenir des Guignols de l'info. L'émission, qui coûterait quotidiennement entre 80 000 et 100 000 euros, pourrait passer à un mode de diffusion hebdomadaire.  En attendant de connaître toutes les modalités de la réapparition des Guignols à la rentrée, rien ne nous empêche de regarder un petit best-of de leurs meilleurs sketches.

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