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8 août 2015 6 08 /08 /août /2015 23:15

Nous faudra-t'il encore longtemps avoir honte de notre pays et de ceux qui le dirigent ?

 

 

Au moins François Hollande n’aura pas eu l’hypocrisie d’assister au Japon, aux côtés de Barak Obama, aux cérémonies du 70ème anniversaire des bombardements de Hiroshima et Nagasaki. Il a préféré se rendre en Egypte à l’inauguration du doublement du canal de Suez auprès du nouveau dictateur local, le maréchal Sissi. Il faut dire qu’à peine en place après un coup d’Etat, Sissi s’est montré un bon acheteur d’avions Rafale (même si c’est grâce à des prêts français…). L’Egypte se trouve au cœur d’une zone encore plus instable après les interventions impérialistes en Libye et en Syrie, encore plus demandeuse d’armes…

 

 

70 ans après Hiroshima, F. Hollande vante plus que jamais la « dissuasion nucléaire » et étend dangereusement son concept !

« Indépendance, liberté, capacité à faire prévaloir nos valeurs, voilà pourquoi nous devons chaque jour, assurer la permanence de la dissuasion nucléaire et être capables, à chaque instant, d’en améliorer encore l’organisation, le fonctionnement et les armes ». Voilà la phrase par laquelle Hollande a conclu le 19 février dernier, sur la base aéronavale d’Istres, son long discours définissant l’orientation de sa politique nucléaire militaire (texte intégral en lien sur le site de l’Elysée). Un hymne à l’arme nucléaire, comme tout son texte ! On comprend qu’il ne se soit pas envolé pour Hiroshima !

 

 

Partant d’une telle profession de foi, il est logique qu’il renvoie l’objectif du désarmement nucléaire aux calendes grecques et le réduise à un vœu pieux : « Je partage donc l’objectif, à terme, de l’élimination totale des armes nucléaires, mais j’ajoute : quand le contexte stratégique le permettra ». Ou encore : « La France doit être lucide. Elle sait qu’il ne suffit pas de proclamer le désarmement nucléaire immédiat et total, il faut que la réalité des actes de chacun soit cohérente avec les discours ». Tout est dit et répété plusieurs fois. Le quinquennat Hollande sera le premier où la France de diminuera pas, même simplement quantitativement, son arsenal nucléaire, ni son budget dédié à l’arme atomique, « sanctuarisé », à hauteur officiellement de 3,5 milliards d’euros par an.

 

La doctrine énoncée par Hollande donne tout leur (mauvais) sens aux efforts de la diplomatie française pour faire appliquer le Traité de non-prolifération (TNP). Il ne s’agit agir dans le sens général d’un abandon de l’arme atomique mais d’intervenir pour que de nouvelles puissances ne concurrencent pas les puissances impérialistes occidentales et leurs alliés. La politique française d’hostilité aux velléités supposées du régime iranien de se doter de la Bombe est directement subordonnée au souci de garantir la suprématie de l’impérialisme israélien dans ce domaine.

En termes d’idéologie, si l’on voulait vraiment encourager la non-prolifération, soulever les opinions publiques, légitimer le TNP, il faudrait s’y prendre à l’inverse d’Hollande qui affirme encore : « La Force de dissuasion, c’est ce qui nous permet d’avoir la capacité de vivre libres et de pouvoir, partout dans le monde, porter notre message, sans rien craindre, sans rien redouter, parce que nous sommes sûrs de la capacité que nous avons à nous défendre ». Avec un tel discours, il y a vraiment de quoi dissuader une nation qui voudrait se doter de l’arme nucléaire d’y renoncer !  Beaucoup peuvent légitimement ne pas se sentir moralement inférieures à l’impérialisme français, avec ses interventions françaises en Libye ou en Afrique, et voudraient desserrer la domination des grandes puissances…  La tentation nucléaire est encore accrue quand Hollande proclame, de façon très contestable, que « la dissuasion stimule nos efforts de recherche et de développement et contribue à l’excellence et à la compétitivité de notre industrie ». Tout est décidément bon dans la « dissuasion » nucléaire !

 

La même logique présidentielle – est-ce du cynisme ou du pragmatisme ? – se retrouve chez Hollande à propos de l’application du Traité d’interdiction des essais nucléaires. Son entrée en vigueur est sa « première priorité », puisque « la France a fait la démonstration que la renonciation complète, irréversible aux essais nucléaires était compatible avec le maintien d’une dissuasion crédible ». Entre 1995 et 1997, sous Chirac – on s’en souvient -, l’industrie nucléaire militaire française a eu encore besoin de quelques essais grandeur nature à Mururoa pour adapter ses simulateurs. Maintenant que c’est fait pour l’armée française, comme pour les Etats-Unis, empêchons les autres de passer cette étape…

Par rapport justement à Chirac ou même à Sarkozy, le discours de Hollande, inauguré dès son élection par sa première visite officielle en juillet 2012 à un sous-marin nucléaire à Brest, exprime une inflexion. Jusque-là, la dissuasion était un mal et une dépense nécessaires pour se défendre. Aujourd’hui pour Hollande, elle est associé la liberté, à la « garantie que les engagements internationaux de la France seront toujours honorés, même si l’emploi de l’arme nucléaire n’est concevable que dans des circonstances extrêmes de légitime défense. »

 

La ligne qui prévalait sous Chirac et Sarkozy était évidemment hypocrite. Mais la libération de la parole présidentielle, avec Hollande, représente une nouvelle étape extrêmement inquiétante. La menace se précise, au-delà du rappel des grands principes, de la fable, de la dissuasion, de la mise au point d’armes atomiques françaises opérationnelles dans des conflits « limités » (c’est l’objectif avoué des essais en laboratoire de produire des bombes adaptées à cet échelle d’objectif).

 

Décryptons à nouveau le discours du Président : « C’est la responsabilité suprême du Président de la République d’apprécier en permanence la nature de nos intérêts vitaux et les atteintes qui pourraient y être portées.

L’intégrité de notre territoire, la sauvegarde de notre population constituent le cœur de nos intérêts vitaux. Quels que soient les moyens employés par l’adversaire étatique nous devons préserver la capacité de notre nation à vivre. Tel est le sens de la dissuasion nucléaire.

Néanmoins, je ne peux exclure qu’un adversaire se méprenne sur la délimitation de nos intérêts vitaux. C’est pourquoi je veux rappeler ici, que la France peut, en dernier ressort, marquer sa volonté à défendre nos intérêts vitaux par un avertissement de nature nucléaire ayant pour objectif le rétablissement de la dissuasion. »

Les deux dernières phrases, soulignés par nous, sont les plus explicites et effrayantes : « par un avertissement de nature nucléaire » a-t-il dit.

 

Quant à l’appréciation présidentielle unilatérale, suivant l’idéologie dominante, « de nos intérêts vitaux », elle coïncide – ce n’est pas une surprise – avec ceux de l’Union européenne du capital et de l’OTAN. Hollande ne pouvait pas être plus clair: « La définition de nos intérêts vitaux ne saurait être limitée à la seule échelle nationale, parce que la France ne conçoit pas sa stratégie de défense de manière isolée, même dans le domaine nucléaire. Nous avons affirmé à de nombreuses reprises, avec le Royaume Uni, avec lequel nous avons une coopération sans équivalent, cette conception. Nous participons au projet européen, nous avons construit avec nos partenaires une communauté de destin, l’existence d’une dissuasion nucléaire française apporte une contribution forte et essentielle à l’Europe. La France a en plus, avec ses partenaires européens, une solidarité de fait et de cœur. Qui pourrait donc croire qu’une agression, qui mettrait en cause la survie de l’Europe, n’aurait aucune conséquence ?

C’est pourquoi notre dissuasion va de pair avec le renforcement constant de l’Europe de la Défense. »

Puis ensuite : « Je veux également préciser notre relation avec l’Alliance Atlantique. L’Alliance Atlantique a une vocation nucléaire et les forces stratégiques indépendantes, comme la France et le Royaume-Uni en disposent, ont un rôle spécifique à jouer et contribuent à la dissuasion globale.

Ce constat, fait par tous, n’implique pas de changement de posture de notre pays. La France ne participe pas aux mécanismes de planification nucléaire de l’OTAN et la France ne participera pas à ces mécanismes. Ce principe demeurera. En revanche, la France souhaite contribuer à la définition de la politique nucléaire de l’Alliance. A cet égard, tous les pays membres de l’OTAN doivent faire preuve de constance et de détermination dans cet engagement. »

Sur ce dernier point, il n’y a rien de nouveau dans l’aveu, déjà fait depuis longtemps, que la soi-disant « indépendance nationale » de la France, avec la dissuasion nucléaire, n’est rien d’autre que le prélèvement sur la richesse produite par les travailleurs français pour la défense conjuguée des intérêts impérialistes américains et européens.

 

Aujourd’hui des armes nucléaires de dissuasion dirigées contre qui ?

Hollande doit admettre que, pour l’instant, « la France n’a pas d’ennemi déclaré ».

Mais… il dénonce quand même la Syrie de Bachar El-Assad qui « a brisé un tabou fondamental de notre système de sécurité collective » en utilisant prétendument des armes chimiques et contre lequel « il a fallu recourir à la menace ». Grâce à Bachar et au tabou qu’il aurait levé, il serait ainsi plus aisé de faire accepter l’utilisation d’armes de destruction massive ? Horreur !

Hollande évoque aussi Daesh et « l’attaque informatique contre Sony », qu’il semble difficilement envisageable de combattre avec des bombes nucléaires… Mais pour Hollande, « des surprises, voire des ruptures sont possibles ». Surtout qu’auparavant, il a mentionné la crise ukrainienne… On devine quelle « agression d’origine étatique » pourrait être imaginée, comme au temps de la guerre froide mais avec un rapport de force bien différent.

 

Communistes, progressistes, nous avons toutes les raisons d’être inquiets et de ne pas sous-estimer l’importance de la lutte, EN FRANCE, pour le désarmement nucléaire.

Bien sûr, nous savons que les propos de Hollande suivent aussi les intérêts et la propagande du lobby militaro-industriel du nucléaire. Mais cela n’en diminue pas pour autant le danger des bombes atomiques. Pour nous, commémorer les crimes impérialistes d’Hiroshima et Nagasaki ne relève pas du rituel de convenance !

Bien sûr, nous savons que le lobby militaro-industriel conventionnel peut également contester, de façon tout aussi intéressée, les dépenses dirigées vers le nucléaire et défendre hypocritement un désarmement nucléaire (comme des socialistes comme Rocard et Quilès peuvent en être les porte-parole). Certains avocats de l’impérialisme français estiment aussi bien plus efficaces pour les intérêts qu’ils défendent de promouvoir une autre militarisation. Mais pour nous, combattre l’une n’empêche pas de combattre l’autre manifestation militariste de l’impérialisme.

 

Communistes, la situation menaçante appelle que nous reprenions le flambeau pacifiste de nos camarades qui, comme Frédéric Joliot-Curie, en connaissance de cause, initièrent et firent signer à des millions de travailleurs l’Appel de Stockholm pour l’abolition de l’arme nucléaire.

Peu importe pour nous (c’est très disproportionné le de mentionner) qu’un politicien comme Mélenchon, lié à Dassault, affiche un chauvinisme révulsant et vante une conception trompeuse de l’indépendance nationale par la dissuasion nucléaire.

Communistes, finissons aussi de solder les erreurs et même reniements décidés au nom du Programme commun dans les années 70, dont le rapport Kanapa de 1977, qui convertit le PCF à l’acceptation de l’arme nucléaire française, présentée illusoirement comme potentiellement nationale. Si le PCF en est petit à petit revenu, il importe d’être beaucoup plus clair. Interrogé en 2012 sur la proposition de Rocard de supprimer l’arme nucléaire française, Pierre Laurent n’est pas allé plus loin que d’estimer « que sa proposition méritait vraiment réflexion et que la France pourrait prendre l’initiative pour relancer le désarmement nucléaire ». Avec Hollande ?

 

Communistes, sur cette question vitale, nous pouvons avoir des propositions de lutte graduées et claires et mobilisatrices :

-          Pour une définition des intérêts vitaux du pays englobant exclusivement la défense de son intégrité territoriale et la sauvegarde de sa population.

-          Pour une sortie de la France du commandement intégré de l’OTAN, de l’OTAN et de toute organisation de l’Europe de la défense.

-          Pour le retour en France de tous les soldats français engagés sur des théâtres extéieurs.

-          Pour l’arrêt des essais nucléaires en laboratoire et leur classement dans les recherches prohibées par le Traité d’interdiction des essais nucléaires.

-          Pour la mise en accusation du budget totalement stérile consacré à l’arme nucléaire (3,5 milliards par an officiellement), en rapport avec les nécessaires dépenses publiques et sociales.

-          Pour une conversion vers le civil et d’autres technologies du secteur militaro-nucléaire français.

-          Pour un désarmement nucléaire total et unilatéral de la France.

-          Pour dans le monde, « l’interdiction absolue de l’arme atomique, arme d’épouvante et d’extermination massive des populations » comme y exhortait l’Appel de Stockholm.        

 

 

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L'HUMAIN AVANT TOUT Canton de Pont-du-Château - dans Politique
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7 août 2015 5 07 /08 /août /2015 21:51

Chroniques de Jean Ortiz

"L’UE est devenue, selon Maastricht et consorts , une machine de guerre contre précisément l’indépendance et la souveraineté des pays et des hommes."

 

Longtemps j’ai cru que pour changer les choses il vaut mieux être dedans que dehors, ne pas laisser la chaise vide... Longtemps j’ai cru que l’on pourrait peut être un jour changer de l’intérieur cette Europe du pognon, cette création à mes yeux artificielle, qui entend mettre au pas pour l’éternité et sous la botte allemande et de la finance, les peuples, sommés de comprendre que hors du néolibéralisme : point de salut. Et qu’ils se le mettent bien dans la tête : il n’y a pas d’alternative ! Soumission et  résignation. Et  qu’ils passent sous les fourches caudines « d’experts », de « technocrates » non élus, de traités et pactes liberticides, sinon toute tête dissidente, comme celle de Tsipras, sera tranchée et brandie comme un trophée, écrit Ignacio Ramonet dans le « Diplo » édition espagnole. Avertissement à tous ceux qui voudraient un changement : la BCE, le FMI, l’UE, l’OMC ... remplacent désormais les « marines », les « G’Is », l’armée allemande.

 

L’occupation de la Grèce par la chancelière allemande (cela fait froid dans le dos), par le FMI, l’UE et la BCE, le traumatisme ressenti par tous les militants de gauche, m’ont interpellé(comme l’on dit). La défaite ô combien douloureuse, l’humiliation publique, le quasi lynchage d’un dirigeant porté par son peuple, la violence, la brutalité de la fondée de pouvoir des banques et des « trusts » allemands, m’ont beaucoup secoué.

 

Dans cette Europe allemande et de la BCE, nous nous trouvons pieds et poings liés, la démocratie n’y est qu’un alibi, une feuille de vigne et les droits des peuples : du vent. Tous le vernis « européiste » a craqué. Tous les masques sont tombés ce 13 juillet, jour noir, très noir pour tous, pas seulement pour les Grecs, et est apparu le visage terrifiant (il ne lui manque que les petites moustaches) du marché, de ses grands banquiers et prêtres inquisiteurs, dame Merkel flanquée de son enfant de chœur français, chargé de veiller à ce que le torturé ne meure pas sous les supplices. A nu désormais ce néolibéralisme assoiffé de fric, de pouvoir pour mettre les peuples à genoux, et  ce libre-échange impérialiste, ces Pactes et Traités supranationaux, qui corsètent, emprisonnent, les membres de l’Union Européenne,  ne laissent que peu de marge aux gouvernements, la plupart bénis oui oui.

 

Nous venons de souffrir un échec sur une stratégie qui atteint ses limites, qui s’avère inefficace et en porte-à-faux avec les besoins  de progrès social, de démocratie participative, de souveraineté. Sauf à être masochiste, il faut adapter la position traditionnelle des communistes. Ce bunker européen est irréformable. La preuve sans appel par la Grèce et sa mise sous tutelle, sous protectorat. L’UE est devenue, selon Maastricht et consorts , une machine de guerre contre précisément l’indépendance et la souveraineté des pays et des hommes.

 

Jamais plus aucun dirigeant démocratiquement élu ne doit subir le traitement dictatorial, dégradant, imposé à Tsipras. Cela est impossible sans changer de cadre. Jamais plus aucun chef d’Etat ne doit voir sa dignité bafouée par un quarteron de « collabos », d’exécutants zélés du capital.

 

Sortons de ce « machin », de cette prison. De nombreux économistes ont démontré que la sortie de l’euro à elle seule ne suffirait pas, mais qu’elle ne constituerait pas une catastrophe majeure comme on nous en rebat les oreilles. Il y a- t-il pire que le pire ? J’ai mal à la Grèce. Je n’accable pas Tsipras (ne nous trompons pas de cible !) mais ceux qui lui ont mis un pistolet sur la tempe mériteraient d’être jugés pour crime.

 

Europe : Mea Culpa
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L'HUMAIN AVANT TOUT Canton de Pont-du-Château
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6 août 2015 4 06 /08 /août /2015 23:40
DÉBUT DE L'ÈRE NUCLÉAIRE => LA PREMIÈRE BOMBE ATOMIQUE LANCÉE PAR LE GOUVERNEMENT ÉTASUNIEN PULVÉRISE LA VILLE JAPONAISE D’HIROSHIMA, LA DEUXIÈME SUIVRA TROIS JOURS PLUS TARD SUR NAGASAKI... !

Collectif Amérique Latine Résistances

 

GOUVERNEMENT USA : LANCE LA PREMIÈRE BOMBE ATOMIQUE
 

Le jour où le monde a changé. Hiroshima, 6 août 1945
 

Par John Hersey*

DÉBUT DE L'ÈRE NUCLÉAIRE => LA PREMIÈRE BOMBE ATOMIQUE LANCÉE PAR LE GOUVERNEMENT ÉTASUNIEN PULVÉRISE LA VILLE JAPONAISE D’HIROSHIMA, LA DEUXIÈME SUIVRA TROIS JOURS PLUS TARD SUR NAGASAKI... !

A 8 h 15 du matin, le 6 août 1945, le bombardier B-29 américain baptisé « Enola-Gay » et piloté par le commandant Paul Tibbets lâchait sur la ville japonaise de Hiroshima la première bombe atomique de l’histoire. C’était la fin de la seconde guerre mondiale, et le début de l’ère nucléaire. La bombe allait tuer, d’un coup, 100 000 personnes, et provoquer des formes inédites de souffrance humaine. L’Américain John Hersey fut l’un des premiers journalistes étrangers à se rendre sur place. Paru d’abord dans The New Yorker, son témoignage est considéré comme l’un des classiques du reportage de guerre.

Ce matin-là, avant 6 heures, il faisait si clair et si chaud déjà que la journée s’annonçait caniculaire. Quelques instants plus tard, une sirène retentit : la sonnerie d’une minute annonçait la présence d’avions ennemis, mais elle indiquait aussi, par sa brièveté, aux habitants de Hiroshima qu’il s’agissait d’un faible danger. Car chaque jour, à la même heure, quand l’avion météorologique américain s’approchait de la ville, la sirène retentissait.

Hiroshima avait la forme d’un ventilateur : la cité était construite sur six îles séparées par les sept fleuves de l’estuaire qui se ramifiaient vers l’extérieur à partir de la rivière Ota. Ses quartiers d’habitations et de commerces couvraient plus de six kilomètres carrés au centre du périmètre urbain. C’est là que résidaient les trois quarts des habitants. Divers programmes d’évacuation avaient considérablement réduit sa population. Celle-ci était passée de 380 000 âmes avant la guerre à quelque 245 000 personnes. Les usines et les quartiers résidentiels, ainsi que les faubourgs populaires, se situaient au-delà des limites de la ville. Au sud se trouvaient l’aéroport, les quais et le port sur la mer intérieure saupoudrée d’îles (1). Un rideau de montagnes fermait l’horizon sur les trois côtés restants du delta.

Le matin était redevenu calme, tranquille. On n’entendait aucun bruit d’avion. Alors, soudain, le ciel fut déchiré par un flash lumineux, jaune et brillant comme dix mille soleils (voir Comme dix mille soleils). Nul ne se souvient avoir entendu le moindre bruit à Hiroshima quand la bombe a éclaté. Mais un pêcheur qui se trouvait sur sa barque, près de Tsuzu, dans la mer Intérieure, vit l’éclair et entendit une explosion terrifiante. Il se trouvait à trente-deux kilomètres de Hiroshima et, selon lui, le bruit fut beaucoup plus assourdissant que lorsque les B-29 avaient bombardé la ville d’Iwakuni, située à seulement huit kilomètres.

Un nuage de poussière commença à s’élever au-dessus de la ville, noircissant le ciel comme une sorte de crépuscule. Des soldats sortirent d’une tranchée, du sang ruisselant de leurs têtes, de leurs poitrines et de leurs dos. Ils étaient silencieux et étourdis. C’était une vision de cauchemar. Leurs visages étaient complètement brûlés, leurs orbites vides, et le fluide de leurs yeux fondus coulait sur leurs joues. Ils devaient sans doute regarder vers le ciel au moment de l’explosion. Leurs bouches n’étaient plus que blessures enflées et couvertes de pus...

Des maisons étaient en feu. Et des gouttes d’eau de la taille d’une bille commencèrent à pleuvoir. C’étaient des gouttes d’humidité condensée qui tombaient du gigantesque champignon de fumée, de poussière et de fragments de fission qui s’élevait déjà plusieurs kilomètres au-dessus de Hiroshima. Les gouttes étaient trop grosses pour être normales. Quelqu’un se mit à crier: « Les Américains nous bombardent d’essence. Ils veulent nous brûler ! » Mais c’étaient des gouttes d’eau évidemment, et pendant qu’elles tombaient le vent se mit à souffler de plus en plus fort, peut-être en raison du formidable appel d’air provoqué par la ville embrasée. Des arbres immenses furent abattus ; d’autres, moins grands, furent déracinés et projetés dans les airs où tournoyaient, dans une sorte d’entonnoir d’ouragan fou, des restes épars de la cité : tuiles, portes, fenêtres, vêtements, tapis...

Sur les 245 000 habitants, près de 100 000 étaient morts ou avaient reçu des blessures mortelles à l’instant de l’explosion. Cent mille autres étaient blessés. Au moins 10 000 de ces blessés, qui pouvaient encore se déplacer, s’acheminèrent vers l’hôpital principal de la ville. Mais celui-ci n’était pas en état d’accueillir une telle invasion. Sur les 150 médecins de Hiroshima, 65 étaient morts sur le coup, tous les autres étaient blessés. Et sur les 1 780 infirmières, 1 654 avaient trouvé la mort ou étaient trop blessées pour pouvoir travailler. Les patients arrivaient en se traînant et s’installaient un peu partout. Ils étaient accroupis ou couchés à même le sol dans les salles d’attente, les couloirs, les laboratoires, les chambres, les escaliers, le porche d’entrée et sous la porte cochère, et dehors à perte de vue, dans les rues en ruines... Les moins atteints secouraient les mutilés.

Des familles entières aux visages défigurés s’aidaient les unes les autres. Quelques blessés pleuraient. La plupart vomissaient. Certains avaient les sourcils brûlés, et la peau pendait de leur visage et de leurs mains. D’autres, à cause de la douleur, avaient les bras levés comme s’ils soutenaient une charge avec leurs mains. Si on prenait un blessé par la main, la peau se détachait à grands morceaux, comme un gant...

Beaucoup étaient nus ou vêtus de haillons. Jaunes d’abord, les brûlures devenaient rouges, gonflées, et la peau se décollait. Puis elles se mettaient à suppurer et à exhaler une odeur nauséabonde. Sur quelques corps nus, les brûlures avaient dessiné la silhouette de leurs vêtements disparus. Sur la peau de certaines femmes – parce que le blanc reflétait la chaleur de la bombe, et le noir l’absorbait et la conduisait vers la peau –, on voyait le dessin des fleurs de leurs kimonos. Presque tous les blessés avançaient comme des somnambules, la tête dressée, en silence, le regard vide.

Des silhouettes humaines sur les murs

Toutes les victimes ayant subi des brûlures et les effets de l’impact avaient absorbé des radiations mortelles. Les rayons radioactifs détruisaient les cellules, provoquaient la dégénération de leur noyau et brisaient leurs membranes. Ceux qui n’étaient pas morts sur le coup, ni même blessés, tombaient très vite malades. Ils avaient des nausées, de violents maux de tête, des diarrhées, de la fièvre. Symptômes qui duraient plusieurs jours. La seconde phase commença dix ou quinze jours après la bombe. Les cheveux se mirent à tomber. Puis vinrent la diarrhée et une fièvre pouvant atteindre 41 degrés.

Vingt-cinq à trente jours après l’explosion survenaient les premiers désordres sanguins : les gencives saignaient, le nombre de globules blancs s’effondrait dramatiquement tandis qu’éclataient les vaisseaux de la peau et des muqueuses. La diminution des globules blancs réduisait la résistance aux infections ; la moindre blessure mettait des semaines à guérir ; les patients développaient des infections durables de la gorge et de la bouche. A la fin de la deuxième étape – si le patient avait survécu – apparaissait l’anémie, soit la baisse des globules rouges. Au cours de cette phase, beaucoup de malades mouraient d’infections dans la cavité pulmonaire.

Tous ceux qui s’étaient imposé un certain repos après l’explosion avaient moins de risques de tomber malades que ceux qui s’étaient montrés très actifs. Les cheveux gris tombaient rarement. Mais les systèmes de reproduction furent affectés durablement : les hommes devinrent stériles, toutes les femmes enceintes avortèrent, et toutes les femmes en âge de procréer constatèrent que leur cycle menstruel s’était arrêté...

Les premiers scientifiques japonais arrivés quelques semaines après l’explosion notèrent que le flash de la bombe avait décoloré le béton. A certains endroits, la bombe avait laissé des marques correspondant aux ombres des objets que son éclair avait illuminés. Par exemple, les experts avaient trouvé une ombre permanente projetée sur le toit de l’édifice de la chambre de commerce par la tour du même bâtiment. On découvrit aussi des silhouettes humaines sur des murs, comme des négatifs de photos. Au centre de l’explosion, sur le pont qui se situe près du Musée des sciences, un homme et sa charrette avaient été projetés sous la forme d’une ombre précise montrant que l’homme était sur le point de fouetter son cheval au moment où l’explosion les avait littéralement désintégrés...


Août 2005

 

*John Richard Hersey (1914-1993), journaliste à Time Magazine et au New Yorker. Auteur, entre autres, de A Bell for Adano (prix Pulitzer, 1945) et de Hiroshima (New York, 1946), d’où sont tirés les extraits publiés ici. Il a consacré sa vie à la lutte antinucléaire.

Lire aussi : Comme dix mille soleils

(1) NDLR. Hiroshima est situé au sud-ouest de l’île de Honshu, la plus grande de l’archipel nippon, au bord de la mer Intérieure formée par cette île et celles de Shikoku et Kyushu.

Source : http://www.monde-diplomatique.fr/2005/08/HERSEY/12425


 

 

DÉBUT DE L'ÈRE NUCLÉAIRE => LA PREMIÈRE BOMBE ATOMIQUE LANCÉE PAR LE GOUVERNEMENT ÉTASUNIEN PULVÉRISE LA VILLE JAPONAISE D’HIROSHIMA, LA DEUXIÈME SUIVRA TROIS JOURS PLUS TARD SUR NAGASAKI... !
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5 août 2015 3 05 /08 /août /2015 22:15

Après avoir annoncé des bénéfices exceptionnels, la banque se prépare à un nouveau plan d’économies tout en renforçant ses activités spéculatives.

 

D'ici à la fin de 2017, la Société Générale prévoit ainsi 850 millions d'euros d'économies, qui s'ajoutent à des réductions de coûts de 900 millions d'euros au cours de la période 2013-2015. "Faire des économies, c'est bien, mais dans quelle mesure? 850 millions d'euros en deux ans, ça nous paraît un peu surréaliste (...), ça passera forcément par des réductions d'effectifs", s’est inquiété Mathieu Pué, délégué central CFDT, se disant "assez énervé" d'apprendre la nouvelle par un communiqué de presse de la banque.


Pourtant, au deuxième trimestre, le résultat net comptable de la banque a progressé de 25,2% à 1,35 milliard d'euros. Le produit net bancaire est lui aussi logiquement en augmentation, de 16,4%, et s’établit à 6,87 milliards (plus de 13,2 milliards sur le semestre).

 

« Le résultat net du groupe est de 2219 millions d’euros au premier semestre 2015, en hausse de 77,8 % par rapport au premier semestre de 2014 », se félicite la banque dans son communiqué. Frédéric Oudéa, directeur général de la banque, se réjouit quant à lui de « sa capacité à générer structurellement une croissance rentable et à créer de la valeur pour ses actionnaires. » Ce qui est tristement vrai puisque si les effectifs risquent bien d’être compressés, les actionnaires vont eux se partager 50 % des bénéfices. C'est à se demander pourquoi l’Etat a versé à la banque près de 26 millions d’euros en 2014 au nom du CICE (Crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi).

 

Ces résultats qui réjouissent les bourses ne sont pourtant pas du tout liés aux activités de la Société Générale comme banque au sens classique du terme. Celle qui gère des comptes, les placements des gens et octroie des crédits aux entreprises et particuliers… Cette activité là progresse autour de 1,5%, alors que les activités de finance spéculative s’approchent des 20% de croissance.

 

Le groupe a également décidé de renforcer ses provisions pour litiges de 200 millions d'euros alors qu'elle poursuit l'audit de ses transactions en dollars et que la justice américaine cherche à déterminer si des banques ont contourné ses règles en matière d'embargo dans plusieurs pays. Après la BNP qui s’est vue infliger une amende de 9 milliards de dollards et à l’image du Crédit Agricole, la Société Générale s’attend à une condamnation prochaine.

 

La Société Générale ne gagne jamais assez de milliards
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L'HUMAIN AVANT TOUT Canton de Pont-du-Château
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4 août 2015 2 04 /08 /août /2015 22:05

Sylvie Jan - Dimanche 2 Août 2015

 

Comme ce texte nous parle, surtout à quelques jours du 101ème anniversaire de l'assassinat de Jean Jaurès, infatigable militant de la PAIX !

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Dimanche 2 août 2015. Le Parvis des Droits de l'Homme à Paris s'offre aux manifestants pour marquer un triste anniversaire, celui du génocide engagé contre les Yézidis.

 

Ces populations qui vivaient d'élevage, tranquillement en retrait dans leurs montagnes, dont les croyances pacifiques et les superstitions ancestrales rythmaient paisiblement leur quotidien, ont vu déferler l'horreur à ne pas en croire leurs yeux. D'où venaient ces monstres qui coupaient les têtes des enfants devant leurs parents, éventraient les femmes enceintes, torturaient les adolescents, enlevaient les petites filles et les jeunes femmes pour les vendre comme esclaves, comme objets sexuels violables à volonté ?

Voilà un an qu'une délégation de France-Kurdistan se rendaient en Turquie. Durant notre séjour, des maires de la région nous ont permis d'aller à la rencontre des réfugiés Yézidis, nouvellement arrivés et accueillis dans des usines désaffectées et réhabilitées en urgence pour eux, dans des camps, des gares d'autocars, dans des maisons prêtées par des habitants.

Oui, bien sûr, nous voulions les rencontrer, leur dire notre solidarité,  mais aucun d'entre nous ne pouvait imaginer ce que nous allions découvrir, voir et entendre. Est-ce possible de se préparer psychologiquement à l'inimaginable ?

A Cizré, Nusaybin et Mardîn, nous avons croisé des centaines de regards d'enfants qui ne l'étaient plus. Nous avons écouté, les yeux dans les yeux, des pères témoigner des têtes coupées de leurs filles et fils, rebondissant dans les flots de la rivière, rouge de sang. Nous avons regardé les pieds d'un jeune homme robuste, terriblement gonflés, transformés en énormes ampoules et crevasses, pour avoir parcouru des centaines de kilomètres dans la montagne brûlante, sans chaussures.  Nous avons reçu dans nos ventres et nos cœurs les cris des femmes, hurlant le désespoir de l'incompréhension. « Pourquoi ? ». « Pourquoi font-ils ça ? ». Nous avons aussi à jamais en mémoire des sourires, incroyables de dignité, comme pour nous dire, regardez-nous, regardons-nous, nous sommes vivants, nous sommes entre vivants, entre humains. Restons humains, sourions-nous, saluons-nous, embrassons-nous. Et nous nous sommes embrassés. Nous avons photographié des familles fières d'avoir amené les leurs jusqu'à ces refuges et des enfants seuls au monde  spontanément recueillis.  Nous avons promis de relayer leur demande  : « Dîtes en rentrant chez vous que ce sont les combattants du PKK qui nous ont sauvé ». Nous l'avons fait.

Une année s'est écoulée. Depuis Daesh a progressé et perdu.  La résistance de Kobané a ouvert les yeux au monde. Les combattantes de l'YPJ ont, pour un temps, été des héroïnes. La presse internationale, les progressistes du monde se sont intéressés au projet politique, démocratique, féministe porté par le PYD, parti politique du Rojava, proche du PKK. Dans plus d'une centaine de pays des manifestations ont dit leur soutien à la ville de Kobané, devenue emblème des valeurs universelles.

Mais très vite, Daesh a trouvé des points d'appui en Turquie, en la personne de R.T. Erdogan, inquiet des élections à venir et des risques de perdre sa majorité absolue, inquiet d'avoir un rempart démocratique à sa frontière turco-syrienne, inquiet des regards du monde vers ce nouveau parti le HDP, devenu capable de rassembler les intelligences citoyennes, turques et kurdes, capable d'imaginer une nouvelle démocratie pour une Turquie moderne, respectueuse de sa merveilleuse mosaïque des peuples.  Inquiet, tellement inquiet par les forces de défense du PKK, qui ont donné à vérifier au monde leur engagement pour les valeurs universelles. En réponse, R.T. Erdogan, dans sa folie dominatrice, fait le choix d'une répression sanglante et bombarde le PKK qui gagne contre Daesh et a sauvé les Yézidis.


Mais personne ne peut tuer les idées. 

Personne ne peut tuer l'intelligence des peuples.

Coûte que coûte, ceux-ci peuvent toujours faire le choix de s'unir et contre la guerre, de reconstruire la paix.

Je ne me lasserai jamais d'y croire [nous non plus, Ndlr].

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3 août 2015 1 03 /08 /août /2015 22:12
Meurtre d’un bébé palestinien - Gaël De Santis - Lundi, 3 Août, 2015 - L'Humanité
 
Le meurtre d’un nourrisson palestinien, brûlé vif vendredi lors d’une attaque de colons, a été condamné largement en Israël. Mais seule une partie de l’opposition met clairement en cause la politique de colonisation menée par le gouvernement de Benyamin Netanyahou.
 
 
 
REUTERS

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L’horreur, vendredi, à Douma, en Cisjordanie. Quatre hommes masqués ont lancé des cocktails Molotov sur la maison de la ­famille Dawabcheh. Le bébé de dix-huit mois, Ali, n’en réchappe pas. Il est mort, brûlé vif. Ses parents et son frère se trouvent dans un état « critique ». Les auteurs, des colons, sont recherchés par les autorités israéliennes. Si l’identité des agresseurs est inconnue, les visages des responsables indirects sont, eux, bien connus. Ce week-end, le premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou, a eu beau jeu d’user de mots durs. Il a qualifié l’incendie d’« attaque terroriste », un vocable qu’il utilise habituellement pour désigner les actions de la résistance palestinienne.

 

Mahmoud Abbas va saisir 
la Cour pénale internationale

Le chef de gouvernement, qui a rendu – fait exceptionnel – visite aux parents, a même promis « d’arrêter les meurtriers et de les traduire en justice ». Cela masque mal que sous son règne les actions des extrémistes implantés dans les colonies ont rarement fait l’objet de poursuites.

On compte 11 000 attaques de colons ces dix dernières années en Cisjordanie, ­rappelle l’Autorité palestinienne, tandis que l’ONG israélienne Yesh Din relève que quinze maisons palestiniennes ont été brûlées depuis 2008 sans que les auteurs ne soient inquiétés.

Le gouvernement israélien, et celui qui en tient les commandes depuis 2009, ­Benyamin Netanyahou, portent une ­responsabilité énorme. « Les partis de droite au gouvernement ne peuvent s’arrêter à la condamnation, en se lavant les mains », a dénoncé Dov Khenin, membre du Parti communiste israélien et député de la Liste unie. Depuis des années, le premier ministre n’a cessé de jouer avec le feu en s’appuyant sur les lobbies et les partis colonialistes. Certes, l’action des colons, rassemblés vendredi sous le mot d’ordre « le prix à payer », fait suite à la destruction, mercredi, de deux maisons inachevées dans la colonie de Beit El, à la demande de la Cour suprême israélienne. Mais ce même mercredi, le gouvernement a fait savoir qu’il autorisait la construction « immédiate » de 300 logements dans cette même colonie. Ce n’est pas la première fois qu’une telle annonce est prononcée. Les nouveaux logements pullulent notamment à Jérusalem-Est et autour de ce qui doit devenir la capitale de l’État de Palestine. Et pour cause : au sein du gouvernement de Netanyahou, qui voit la participation de l’extrême droite, les colons se sont arrogé de bonnes places. Le Foyer juif de Naftali Bennett détient ainsi le portefeuille de la justice.

En Cisjordanie, l’émotion a été vive. En témoignent les manifestations dès vendredi, journée au cours de laquelle deux adolescents ont également été tués par l’armée d’occupation. Tout le week-end, de jeunes Palestiniens ont affronté les ­soldats israéliens.

Peu confiante en la capacité de Tel-Aviv à faire justice, l’Autorité ­palestinienne, par la voix de son président, ­Mahmoud Abbas, a annoncé qu’il allait saisir la Cour ­pénale internationale, dont les ­Palestiniens sont membres depuis cette année. Le camp de la paix, en Israël, s’est également mobilisé. Des rassemblements se sont tenus samedi dans de nombreuses villes du pays. À Tel-Aviv, le mot d’ordre était « Stop à la haine », mais parmi les forces politiques, seules la formation de gauche Meretz et la Liste unie ont clairement mis en cause la politique de colonisation, relève un communiqué du Parti communiste israélien.

À Jérusalem, le cortège a pris un tour particulier : les manifestants se sont rendus sur les lieux où, jeudi dernier, un extrémiste religieux a blessé à coups de couteau six participants à la Gay Pride.

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2 août 2015 7 02 /08 /août /2015 22:04
Aurélien Soucheyre - Jeudi, 23 Juillet, 2015 - L'Humanité
 
En ce dimanche soir estival, pour beaucoup, soir de vacances, nous avons pensé qu'un article un peu plus léger, mais sérieux cependant, où il est question d'un Professeur des écoles caricaturiste, serait le bienvenu !
Christophe Tardieux : "Les gens n'ont pas besoin uniquement de dénonciation révoltée. Ils veulent aussi du drôle, du coloré, de l'efficace." Photo : Francine Bajande

Christophe Tardieux : "Les gens n'ont pas besoin uniquement de dénonciation révoltée. Ils veulent aussi du drôle, du coloré, de l'efficace." Photo : Francine Bajande

Le maire UMP, Thierry Meignen, ne supporte pas son avatar satirique Titi Gnangnan. Il menace de porter plainte contre le dessinateur.

 

Fini de rire ? Fini de dessiner ? « Ah, ça non ! Je ne vais pas m’arrêter en si bon chemin. Le maire veut me faire taire, mais son double caricatural n’en sera paradoxalement que plus célèbre s’il m’attaque en justice », répond, goguenard, Christophe Tardieux. Le dessinateur, alias Remedium pour le nom d’artiste, croque avec délice et talent les aventures satiriques de Titi Gnangnan, édile imaginaire de la commune fictive d’Alba-Villa, dans un strip comique en ligne depuis un an. Sa principale source d’inspiration, Thierry Meignen, n’apprécie pas : le maire UMP du Blanc-Mesnil, élu en 2014, vient de faire voter par son conseil municipal un « accord de protection personnelle », afin que la ville prenne en charge les frais de justice d’une potentielle plainte à venir pour diffamation. « Je ne vois pas trop comment il peut espérer gagner là-dessus. Il essaie surtout d’intimider, mesure Christophe. Pour ma part, j’ai toujours dit qu’il s’agissait d’une satire, à travers un personnage fictif, librement inspiré par ce maire. Je ne m’en cache pas. »

 

 

Pour en savoir plus cliquer sur le lien : Lire la suite

Pour voir les dessins (certains lempdais vont regretter de ne pas avoir eu le coup de crayon aussi facile, il y a guère !) : cliquer sur Voir les dessins

 

 

 

Deux exemples :

Blanc Mesnil : Croqué au vitriol, le maire s’acharne !
Blanc Mesnil : Croqué au vitriol, le maire s’acharne !
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1 août 2015 6 01 /08 /août /2015 22:30

Voici le dernier article de notre ami Salim Lamrani au sujet de la dette grecque.

25 vérités de l’économiste Thomas Piketty sur la dette grecque !

L’auteur de l’ouvrage Le capital au XXIe siècle, Thomas Piketty,  dénonce l’hypocrisie de la troïka et du Fonds monétaire international au sujet de la question de la dette

 

1.      Par le passé, les dettes publiques ont été bien plus importantes que la dette actuelle de la Grèce. Celle-ci s’élève à 312 milliards d’euros et représente 170% de la production annuelle du pays. La dette de la Grèce est en réalité dérisoire car l’économie du pays ne représente que 2% du PIB de la zone Euro. La dette de la Grèce ne représente donc qu’à peine 3% du PIB de la zone Euro et ne constitue pas un danger pour l’équilibre économique de l’Europe.

 

2.      Les grandes puissances européennes telles que la France, l’Allemagne et le Royaume-Uni ont déjà eu par le passé, notamment au XIXe et au XXe siècle, une dette supérieure à 200% de leur PIB. A chaque fois, une solution a été trouvée.

 

3.      « Au XXe siècle, la France et l’Allemagne sont les deux pays par excellence qui n’ont jamais remboursé leur dette publique ».

 

4.      « Il y a quelque chose d’ironique » à exiger de la Grèce un remboursement impératif de sa dette en oubliant que « l’Europe s’est construite après la Seconde Guerre mondiale sur un certain nombre de principes, et notamment sur l’oubli des dettes du passé pour investir dans l’avenir ».

 

5.      Ainsi, en 1953, l’Europe a décidé collectivement d’annuler toute la dette extérieure de l’Allemagne parce qu’elle avait « fait le choix de l’avenir ».

 

6.      Il existe plusieurs méthodes face au problème de la dette. La méthode lente et inefficace, qui est actuellement appliquée à la Grèce, consiste à demander à la nation d’accumuler des excédents budgétaires (recettes tributaires supérieures aux dépenses publiques) et de les allouer au remboursement des créances. Elle a le défaut de s’étaler sur la durée, plus d’un siècle, d’inhiber la croissance économique et d’avoir un coût social très élevé.

 

7.      « Quand on dépasse une certaine ampleur de dette publique, il faut utiliser des méthodes plus rapides ». Il en existe trois qui ont été utilisées par le passé : l’inflation modérée, les impôts exceptionnels sur les patrimoines privés et surtout les annulations de dettes.

 

8.      « Il y a eu des annulations de dettes dans le passé et il y en aura dans l’avenir ».

 

9.      « Les gouvernements n’ont pas le courage de mettre [le sujet de l’annulation de la dette] sur la table », qui est pourtant une chose inévitable si l’on veut sortir de la crise et « le plus tôt serait le mieux ».

 

10.  On présente le peuple grec comme vivant au-dessus de ses moyens. Pourtant, actuellement, sous le gouvernement d’Alexis Tsipras, le budget de la Grèce est à l’équilibre, sans le service de la dette. Il y a même « un léger excédent primaire » équivalant à 1% du PIB en 2015, ce qui représente 1,83 milliards d’euros. Le remboursement de la dette devient insoutenable, surtout si l’on prend en compte le fait que les banques privées ont octroyé des prêts à la Grèce à des taux usuraires pouvant atteindre les 18%, rendant ainsi la créance mathématiquement impayable.

 

11.  Les institutions financières internationales exigent de la Grèce, en vertu des accords imposés en 2012, qu’elle alloue 4% de son PIB au remboursement de la dette pendant les 30 prochaines années. « Le budget total de tout le système de l’enseignement supérieur grec représente moins de 1% du PIB. Cela revient donc à demander au contribuable grec d’allouer, pendant les 30 années qui viennent, quatre fois plus d’argent pour rembourser la dette du passé que tout ce qui est investi dans l’appareil de formation supérieure du pays. Est-ce la bonne façon de préparer l’avenir. Évidemment, non ! Donc, c’est absurde ».

 

12.  « On n’a jamais demandé, et fort heureusement, à l’Allemagne, à la France et aux pays européens au lendemain de la Seconde guerre mondiale de faire cela. On a procédé à des annulations de dettes et c’est cela qui a permis la reconstruction de l’Europe dans les années 1950. On a pu se libérer du fardeau de la dette et investir les ressources publiques dans les infrastructures, l’éducation et la croissance ».

 

13.  « L’Europe, par le traité budgétaire de 2012, fait le choix britannique du XIXe siècle, de la pénitence pendant des décennies et des décennies, plutôt que le choix européen de l’après-guerre qui a consisté à se projeter dans l’avenir ».

 

14.  « Il y a une amnésie historique qui est extrêmement grave. L’ignorance historique de la part de nos dirigeants est absolument consternante ».

 

15.  « Le gouvernement français a une très grosse responsabilité » dans cette situation en refusant de s’opposer à l’intransigeance de l’Allemagne. « Hollande doit prendre ses responsabilités et dire que la restructuration de la dette, c’est maintenant ».

 

16.  Sans geste fort, il y a un risque de « prolonger la période d’incertitude », qui a un gros impact sur la croissance, et de « replonger la Grèce dans la récession, ce qui est extrêmement grave ».

 

17.  « Il n’y a pas plus de problème de la dette en Europe, qu’au Japon ou qu’aux États-Unis ».

 

18.  « Il y a beaucoup d’hypocrisie dans tout cela car les banques françaises et allemandes sont très contentes de retrouver les actifs financiers des riches Grecs qui sont transférés dans ces mêmes banques, et évidemment on ne transmet pas l’information au fisc grec », privant ainsi l’État hellénique de sources de revenus fondamentales, et se faisant complice de la fraude fiscale à grande échelle.

 

19.  Depuis 2010, les institutions financières internationales ont commis « d’énormes erreurs en Grèce ». « Même le FMI a reconnu avoir sous-estimé les conséquences des mesures d’austérité en termes de récession ».

 

20.  Ces mesures d’austérité « ont conduit au gonflement démesuré de la dette » grecque car le PIB a chuté de 25% entre 2010 et 2015. « C’est cela qui a fait monter la dette à 170% du PIB alors qu’elle n’était que de 110% ».

 

21.  « Je me place du point de vue des jeunes générations grecques. Sont-ils responsables des actes d[u Premier Ministre] Papandreou en 2000 et 2002 ? Elles ne sont pas plus responsables de ces erreurs que les jeunes Allemands des années 1950 ou 1960 n’étaient responsables des erreurs précédentes. Dieu sait pourtant que les gouvernements allemands avaient fait des bêtises bien plus graves que celles des gouvernements grecs ».

 

22.  « L’ensemble des dettes de la zone euro doit être restructuré. Il faut en effacer une partie comme cela s’est toujours passé dans l’histoire ».

 

23.  « Cela fait six mois que le gouvernement grec demande une restructuration de la dette », se heurtant à chaque fois à un refus obstiné de la part de l’Euro-groupe.

 

24.  Pourtant, en 2012, l’Europe avait « promis aux Grecs que lorsque le pays serait en situation d’excédent léger, on renégocierait le montant de la totalité de la dette ». Aujourd’hui, l’Europe refuse de tenir sa promesse.

 

25.  « Les apprentis-sorciers qui prétendent que l’on va expulser un membre de l’Union européenne pour discipliner les autres sont extrêmement dangereux. L’idéal européen est en passe d’être détruit par ces décisions d’apprentis-sorciers ».

 

 

25 vérités de l’économiste Thomas Piketty sur la dette grecque !
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31 juillet 2015 5 31 /07 /juillet /2015 22:23

Le gouvernement d’extrême droite hongrois édifie un mur de 175 kilomètres le long de la frontière avec la Serbie, devenue le principal point d’entrée des migrants dans l’espace Schengen. Cette barrière de grillages et de barbelés devrait être achevée le 31 août.

 

Toutes les deux ou trois heures, des groupes d’une quarantaine de migrants partent d’un bon pas du centre de Kanjiza, un gros bourg du nord de la Voïvodine serbe. Ils se glissent dans les sous-bois le long de la Tisza, un affluent du Danube qui fait frontière avec la Hongrie, à une quinzaine de kilomètres. Les passeurs connaissent les horaires des patrouilles et, normalement, la voie est sûre. Par contre, leurs services coûtent cher : 1 500 euros pour un adulte, 1 000 euros pour un enfant. Abdulhamid est parti il y a seize jours d’Idleb, une ville âprement disputée du nord de la Syrie. Ce soir, il va franchir la frontière hongroise, et il espère bien arriver d’ici deux jours en Allemagne. Pour l’instant, il reprend des forces au café La Bella Venezia de Kanjiza, qui sert de quartier général aux migrants : tandis que l’accès aux autres établissements de la ville leur est interdit, Jozse, le patron, les laisse utiliser les toilettes, signalées par un écriteau manuscrit en arabe, même s’ils ne consomment pas. Il a aussi mis à disposition des prises électriques, précieuses pour recharger les smartphones : les Syriens se connectent pour étudier la frontière sur Google Maps ou échanger les derniers « tuyaux » sur des groupes Facebook. Au fil de la journée, les autobus qui arrivent de Belgrade débarquent de nouveaux groupes : des Syriens en majorité, mais aussi des Afghans, des Congolais, des Somaliens, etc.

 

1 000 euros pour passer en Zodiac d’Izmir à l’île grecque de Chios

Comme Abdulhamid, tous ont transité par la Turquie. Le jeune homme a investi toutes ses économies dans son voyage. Il fait ses comptes : 1 000 euros pour passer en Zodiac d’Izmir, en Turquie, à l’île grecque de Chios, 500 euros pour gagner Athènes, puis Thessalonique et la Macédoine, autant pour passer en Serbie… En tout, son voyage lui aura coûté plus de 5 000 euros. Le jeune homme s’étonne de la pauvreté des pays que son voyage lui fait traverser : « La Macédoine et la Serbie sont en Europe, mais avant la guerre, la Syrie était plus développée. » Il espère obtenir l’asile en Allemagne, mais sans intention de rester : « Si je ne reviens pas dans mon pays, il ne restera plus que Daech et Bachar Al Assad. Il faut absolument que les jeunes reviennent pour reconstruire une nouvelle Syrie. » Abdulhamid était dentiste et appartenait aux classes privilégiées. Tous n’ont pas sa chance. Les migrants qui n’ont plus d’argent s’entassent dans la « jungle » de Subotica, la grande ville voisine de Kanjiza. Cette « jungle » est une ancienne briqueterie abandonnée, où quelques centaines de personnes dorment chaque soir, dans des conditions d’hygiène déplorables. Des familles entières se massent à l’ombre des bâtiments qui menacent de tomber en ruines ou sous des tentes de fortune, essayant de tirer un peu d’eau au puits pour se laver, même si celle-ci est impropre à la consommation. Seuls des volontaires locaux apportent un minimum d’aide – nourriture, matériel d’hygiène, soins de base. La jungle est le domaine des passeurs et des mafias – des tensions opposent régulièrement les réseaux afghans et pakistanais. Des petits groupes de « bandits » locaux attaquent aussi les squatteurs de la jungle. « Ils sont armés de longs couteaux », explique un jeune Turkmène d’Afghanistan, qui vient de se faire voler son smartphone et son argent. Personne ne songerait à se plaindre auprès de la police, peu visible aux abords de la briqueterie. « Les policiers sont de mèche avec les brigands », assurent les migrants, ce que confirme Ljubo, un chauffeur de taxi de Subotica. « Quand on conduit des migrants vers la frontière, on se fait toujours arrêter : tandis qu’un flic demande les papiers du véhicule, un autre va prendre sa commission à l’arrière, directement auprès des migrants : cela peut monter jusqu’à 100 euros par personne. » Il y a quelques mois, Ljubo s’est fait sévèrement tabasser par ses collègues, qui l’accusent de « casser le business ». Il refuse en effet d’augmenter le prix des courses pour les migrants. « Faire de l’argent sur la misère est la plus grande honte du monde », lâche le quinquagénaire, en rajustant ses lunettes. Chaque soir, de 1 000 à 1 500 personnes franchissent illégalement la frontière entre la Macédoine et la Serbie, à 600 kilomètres au sud de Subotica et de Kanjiza. S’ils demandent l’asile en Serbie, les migrants obtiennent un certificat de circulation de 72 heures, théoriquement pour rejoindre les centres d’accueil du pays, tous archi-saturés. En fait, ce délai leur permet de gagner la frontière hongroise, porte de l’espace Schengen. « Désormais, la voie terrestre des Balkans est plus utilisée que celle de la Méditerranée », assure Stéphane Moissaing, le coordinateur de Médecins sans frontières en Serbie. Le 14 juillet, la Hongrie a officiellement commencé la construction d’un mur qui doit ceinturer les 175 kilomètres de frontière que le pays partage avec la Serbie. Selon le premier ministre Viktor Orban, cette immense barrière de grillage et de barbelés devrait être achevée le 31 août. « Le mur n’arrêtera personne, assure Stéphane Moissaing. Il modifiera peut-être certains itinéraires, des gens passeront par la Croatie ou la Roumanie. Sa principale conséquence sera de faire augmenter les prix des passeurs. »

 

Viktor Orban fait tomber un rideau de fer à la frontière serbe
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30 juillet 2015 4 30 /07 /juillet /2015 22:15

Pour obtenir une vignette d'entrée à la fête (valable pour les 3 jours, tous les spectacles sont gratuits), vous pouvez :

  • nous contacter
  • vous adresser à un communiste de vos connaissances

Vous noterez que la vignette achetée à un communiste coûte 22 €, achetée dans le commerce (FNAC ou ailleurs) elle coûte 32 €. A vous de voir !

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