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1 décembre 2016 4 01 /12 /décembre /2016 11:29
Gravure représentant l’exécution des fédérés par les Versaillais au cimetière du Père-Lachaise, à Paris, le 28 mai 1871.

Gravure représentant l’exécution des fédérés par les Versaillais au cimetière du Père-Lachaise, à Paris, le 28 mai 1871.

Olivier Morin - Jeudi, 1 Décembre, 2016 - L'Humanité

 

Comme Eugène Pottier, né il y a 200 ans, les victimes de la répression de la Commune de Paris de 1871 ont été réhabilitées, hier, suite à un vote majoritaire à l’Assemblée.

De vieilles réminiscences versaillaises n’auront pas suffi à empêcher ceux qui sont montés « à l’assaut du ciel » au printemps 1871 d’être enfin réhabilités par l’Assemblée nationale mardi soir.

La proposition de résolution, signée notamment par le chef de file des députés socialistes et écologistes réformistes Bruno Le Roux et plusieurs élus parisiens, dont Patrick Bloche, qui en est à l’origine, souhaitait notamment que « la République rende honneur et dignité à ces femmes et ces hommes qui ont combattu pour la liberté au prix d’exécutions sommaires et de condamnations iniques ». Alors que l’auteur et cinéaste Gérard Mordillat, avant la montée au mur des Fédérés en 2016, comparait Manuel Valls à un nouveau Galliffet (le marquis responsable d’exécutions sommaires de communards durant la semaine sanglante) et le gouvernement de François Hollande de « nouveaux Versaillais (…) prêts à massacrer tous ceux qui n’obéissent pas aux diktats du Medef au nom duquel ils gouvernent la France », l’initiative d’une telle résolution peut étonner venant des socialistes. Mais c’est bien sûr dans les rangs de la droite que les protestations se sont fait entendre pour empêcher la réhabilitation des communards. Yannick Moreau, député « Les Républicains » (LR) de Vendée a commencé par citer Victor Hugo pour mieux enrober son refus puis s’est emporté : « N’avez-vous pas d’autres actions prioritaires à mener pour la France et les Français ? Que comptez-vous faire pour lutter contre le terrorisme islamique qui sème la terreur dans notre pays ? » Utilisant des manœuvres grossières, il a même été jusqu’à qualifier la Commune de « guerre civile » convoquant des « exterminations » de Vendéens sous la Terreur et comparant les méthodes du Comité de salut public et la Convention à celles employées « par les régimes totalitaires du XXe siècle ». L’extrême droite n’a pas manqué de voler à son secours puisque Gilbert Collard, député apparenté FN du Gard, a voulu jouer la confusion en mettant sur un pied d’égalité l’assassin de la Commune Adolphe Thiers et les communards sous prétexte de « laisser les morts enterrer les morts »… De son côté, Jean-Jacques Candelier, député PCF du Nord, a rappelé les conquêtes de la Commune grâce à laquelle « les travailleurs parisiens se sont efforcés de mettre un terme à l’exploitation et à l’oppression, et de réorganiser la société sur des bases entièrement nouvelles ». Il a souligné « l’importance de ce débat, dans une période où l’action sociale et syndicale tend à être criminalisée ». En écho à l’Association des amies et amis de la Commune de Paris 1871, il propose même d’aller au-delà en inscrivant la Commune dans les programmes scolaires ou en instaurant une journée de commémoration nationale.

L'HUMAIN AVANT TOUT Canton de Pont-du-Château
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30 novembre 2016 3 30 /11 /novembre /2016 19:40

Les cubains ont lu avec intérêt votre récent grossier et malheureux message, après la nouvelle de la mort du leader historique de la Révolution cubaine, Fidel Castro.

Intentionnellement, vous avez offensé, non seulement 11 millions de Cubains, mais des centaines de millions d'êtres humains à travers le monde qui reconnaissent, contrairement à vous, la grandeur de Fidel et son immense stature politique, idéologique et humaniste.

Je vous confesse que je n’avais aucunement espoir que vous ayez des mots de condoléances, mais je pensais que vous auriez l’éthique et la morale d'au moins garder le silence devant l'adversaire mort. Mais j’oubliais que vos codes d'éthique, de moralité et d’honneur, sont très éloignés de ceux que pratiquent la majorité des gens bien.

Mais je ne vous écris pas pour interroger sur vos insuffisances. Je le fais pour vous faire savoir, en réponse, ce que pense un cubain de la rue de l'homme immense qui vient de mourir, et de l’espérance qu’il nous laisse pour l'avenir.

On voit que vos connaissances de l'histoire sont limitées, M. Trump. Il est probable que vous ayez passé tant de temps à exploiter des êtres humains pour construire l'immense fortune qui est la vôtre, qu'il ne vous ait pas resté de temps pour vous éclairer sur l'histoire des pays voisins.

L'héritage de Fidel Castro est immense, M. Trump. L'histoire de la seconde moitié du XXe siècle et ces années du XXI sont marquées par sa pensée, par sa lutte permanente pour donner une voix à ceux qui n’en ont pas, pour défendre les dépossédés de cette terre, pour parvenir à un monde plus équitable et juste, où, sans aucun doute, des personnages comme vous n’auront pas leur place.

Vous montrez une ignorance absolue quand vous dites dans votre message que Fidel Castro a nié les droits humains fondamentaux aux Cubains. Dommage que vous n’ayez pas eu le temps de visiter Cuba et de voir de vos yeux ce qui a été réalisé jusqu'à présent, grâce à l’œuvre révolutionnaire de Fidel.

Quand vous dites que Fidel a violé les droits de l’homme fondamentaux des Cubains, vous oubliez que grâce aux orientations politiques de la révolution qu’il a dirigée, Cuba est le seul pays en Amérique latine sans malnutrition infantile, selon un rapport de l'UNICEF, qui a par ailleurs qualifié cette petite île que vous offensez aujourd’hui de paradis international de l'enfance.

Cuba a également le plus faible taux de mortalité infantile d’Amérique, a formé plus de 130.000 médecins en 55 ans, le système de santé cubain est un exemple pour le monde, et aucun des 200 millions d'enfants qui dorment dans les rues, n’est cubain.

Bien que vous ne sachiez pas, mon pays utilise 54 pour cent du budget national pour les services en services sociaux, -éducation, santé publique, culture-, il a l'un des taux de développement humain les plus élevés, malgré le blocus économique, commercial et financier criminel que votre pays applique à cette île depuis plus de 50 ans, et vous que défendez et persistez à maintenir.

M. Trump, comment osez-vous dire que le commandant Fidel Castro a nié les droits de l’homme fondamentaux de son peuple ? Qui vous a dit un si grand mensonge ?

Encore une fois, vous vous trompez en pensant qu’avec la mort de Fidel Castro, la Révolution qu'il a fondée et consolidée, s’écroulera. Ne vous laissez pas berner par les mauvais conseillers qui ont à ses côtés.

Le jour d’aujourd'hui, contrairement à ce que vous pensez, marquera une réaffirmation des idées de Fidel, un engagement à aller de l'avant, en corrigeant les erreurs , et en essayant de construire une société plus juste et durable. Ce sera le seul futur merveilleux que nous espérons nous autres Cubains, et non pas celui que vous sous-entendez.

Si les «tragédies, morts et douleurs" causées par Fidel Castro étaient réalité, comme vous le dites dans votre message, comment s’explique alors le sentiment de tristesse que partagent aujourd'hui autant de Cubains ? Ou comment expliquez-vous les larmes des étudiants de l’université en apprenant sa mort?, Comment expliqueriez-vous les millions de messages de solidarité reçus de nombreuses régions du monde.

Je n’ai aucun doute que vous êtes mal conseillé sur le thème de Cuba. J’en suis convaincu quand je vois que vous n’écoutez que ces cubano-américains vétérans de la Brigade mercenaire 2506, qui ont été mis en déroute en seulement 72 heures par le peuple cubain, et ont donné de larges preuves de lâcheté quand ils ont été capturés.

Ne pas continuez pas de croire les histoires de ceux qui circulent à Miami, vivant aux frais des contribuables américains, qui ont fait une industrie de la nostalgie, en espérant qu'un président des États-Unis leur réalise la tâche qu’ils n’eurent pas le courage de faire.

N’écoutez pas ceux qui, depuis plus de 50 ans, ont semé la terreur et la mort parmi le peuple cubain, et qui se cachent de la justice dans diverses villes américaines.

Excusez , M. Trump, que le ne vous appelle pas Président. Vous ne l’êtes pas encore et il reste beaucoup de doutes à clarifier avant votre investiture en Janvier prochain. Mais je vous suggère de vous préoccuper d’avantage des énormes différences sociales qui existent aux États-Unis, d'améliorer les systèmes de santé, d’élever la qualité de l'enseignement public, de respecter les jeunes et les femmes et aussi les immigrants, qui ont joué un rôle fondamental dans l'histoire de ce grand pays.

Laissez Cuba tranquille M. Trump, parce qu’ici, comme l'a dit Fidel, nous n’avons absolument pas peur. Si vous ouvrez les mains pour construire de nouvelles voies de compréhension, avec respect, nous les cubains aurons les bras ouverts.

Mais s’il vous venait l’idée de nous attaquer, vous subirez le même sort que les 11 présidents qui vous ont précédé, et vous vous heurterez à un peuple digne, prêt à se défendre jusqu'aux dernières conséquences.

 

Recevez l’expression de ma très haute considération personnelle,

 

Miguel Fernández Martínez

 

L'HUMAIN AVANT TOUT Canton de Pont-du-Château
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29 novembre 2016 2 29 /11 /novembre /2016 23:17
Dialogue Élyséen : le Président et son Conseiller !

Le conseiller :

M. le président, on en est à 65 !

Le président :

65 quoi ?

Le conseiller :

65 artistes, qui signent la pétition, d’Agnès b : « Stop au Hollande-bashing ! » c’est dans la presse de ce week-end.

Le président :

Des subventionnés ?

Le conseiller :

Pas que, M. le président. Pas que. Et puis 65 noms, ça vous fait déjà un petit matelas de voix, pour commencer, non ?

Le président :

Mouais, même pas sûr qu’ils aillent tous voter.

L'HUMAIN AVANT TOUT Canton de Pont-du-Château - dans Humour
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28 novembre 2016 1 28 /11 /novembre /2016 16:29

Samedi soir, près d'un millier de personnes ont rendu un hommage simple et émouvant au leader cubain au pied de la statue de Simon Bolivar, à Paris. 

L'HUMAIN AVANT TOUT Canton de Pont-du-Château - dans Monde
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27 novembre 2016 7 27 /11 /novembre /2016 18:10
AFP

AFP

Jean Ortiz -Samedi, 26 Novembre, 2016

 

L’histoire retiendra qu’il fut l’un des géants politiques du XXe siècle, et que la faune de tous les anti-castristes est bien petite à côté de ce colosse. Son combat a permis l’avènement d’une Amérique latine nouvelle. De son vivant, Fidel était déjà entré dans l’histoire. L’Amérique latine perd un Libérateur, un référent, une légende.

 
26 novembre 2016
 
Je pleure. Pour mesurer la dimension du personnage, il faut le contextualiser. Cuba est une petite île ; elle n’est pas un morceau de l’ex-empire soviétique  qui s’acharne à survivre sous les tropiques. Les Etats-Unis sont intervenus plus de 190 fois en Amérique du sud, une seule expédition a échouée, celle de 1961 à Cuba. L’invasion mercenaire de la Baie des Cochons, pour tenter de renverser Fidel Castro. Les archives de la CIA l’attestent : Fidel a été victime de plus de 600 tentatives d’assassinat de la part des Etats-Unis. Pendant 50 ans, il leur a tenu la tête haute.
 
Fidel est le libérateur, l’émancipateur, le fédérateur, il a permis l’affirmation d’une nation. Le castrisme naît d’une revendication d’indépendance nationale ; la Révolution a été le fruit d’une histoire nationale. Fidel a en quelque sorte inventé Cuba. Il est donc historiquement le fondateur, le ciment, il porte une légitimité historique que nul ne lui conteste.
Il y a eu Cuba, c’est vrai, forte personnalisation du pouvoir, résultat du charisme de cet homme exceptionnel, et du rôle qu’il a joué dans le processus historique, de sa relation directe avec le peuple, de l’agression permanente des Etats-Unis.
 
Cuba a inventé des structures de « pouvoir populaire », A Cuba, le parti unique est le produit de la Révolution, d’un processus long et conflictuel de la fusion des trois organisations révolutionnaires. A Cuba, c’est la Révolution qui a fait le parti, et non l’inverse.
 
S’il y a des hommes qui jouent des rôles irremplaçables, dans des processus historiques donnés, Fidel Castro est de ceux-là.
 
L’histoire retiendra qu’il fut l’un des géants politiques du XXe siècle, et que la faune de tous les anti-castristes est bien petite à côté de ce colosse. Son combat a permis l’avènement d’une Amérique latine nouvelle. De son vivant, Fidel était déjà entré dans l’histoire. L’Amérique latine perd un Libérateur, un référent, une légende.
 
¡ Hasta la victoria siempre, Comandante Fidel !
L'HUMAIN AVANT TOUT Canton de Pont-du-Château - dans Monde
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26 novembre 2016 6 26 /11 /novembre /2016 21:51
 Fidel Castro et Ernesto "Che" Guevara dans les années 1960. Crédits : ROBERTO SALAS / CUBADEBATE / AFP | Date : 26/11/2016

Fidel Castro et Ernesto "Che" Guevara dans les années 1960. Crédits : ROBERTO SALAS / CUBADEBATE / AFP | Date : 26/11/2016

Mon hommage à Fidel Castro.- Salim Lamrani - Université de La Réunion

En ce jour de deuil du décès de Fidel Castro, les médias français se déchaînent pour en faire le portrait d'un dictateur porteur de toutes les turpitudes. Heureusement notre ami, lempdais, Salim Lamrani lui fait un hommage qui rétablit un peu les choses et qu'il faudrait largement diffuser pour combattre les contre-vérités de la prétendue "intelligentsia " européenne !

Personnage controversé en Occident où il est fortement critiqué, Fidel Castro est en revanche plébiscité par les peuples d’Amérique latine et du Tiers-monde qui le considèrent comme un symbole de la résistance à l’oppression et un défenseur de l’aspiration des pays du Sud à l’indépendance, à la souveraineté et à l’autodétermination. Rebelle mythique entré de son vivant dans le Panthéon des grands libérateurs du continent américain, l’ancien guérillero de la Sierra Maestra a vu son prestige dépasser les frontières continentales pour devenir l’archétype de l’anti-impérialisme du XXe siècle et le vecteur d’un message universel d’émancipation.

Les médias occidentaux, en raison de certaines crispations idéologiques et d’une condescendance avérée vis-à-vis des peuples du Sud, n’ont pas su saisir l’importance de la figure de Fidel Castro à Cuba, en Amérique latine et dans le Tiers-Monde. Depuis José Martí, le héros national cubain, aucun autre personnage n’a symbolisé avec autant de force les aspirations du peuple cubain à la souveraineté nationale, à l’indépendance économique et à la justice sociale.

      Fidel Castro est un symbole de fierté, de dignité, de résistance et de loyauté aux principes et son prestige dépasse les frontières de sa terre natale pour rayonner à travers le monde. Le leader historique de la Révolution cubaine a pris les armes en faveur des opprimés et a revendiqué leurs droits à une vie décente. Issu d’une des familles les plus riches du pays, il a renoncé à tous ses privilèges de classe pour défendre les sans-voix, abandonnés à leur sort et ignorés par les possédants.

Fidel Castro dispose d’une légitimité historique. Armes à la main, il a lutté en effet contre la sanglante dictature de Fulgencio Batista lors de l’attaque de la caserne Moncada en 1953 et lors de l’insurrection dans la Sierra Maestra de décembre 1956 à décembre 1958. Il a triomphé d’un régime militaire brutal doté d’une puissance de feu impressionnante et soutenu par les Etats-Unis. Dans un contexte d’une hostilité extrême, il a réalisé le rêve de José Martí d’une Cuba indépendante et souveraine et a guidé son peuple sur le chemin de l’émancipation pleine et définitive en opposant une résistance à toute épreuve face aux prétentions hégémoniques de Washington.

Fidel Castro dispose également d’une légitimité constitutionnelle. Quoi qu’on puisse penser du système électoral cubain, Fidel Castro a été élu, tous les cinq ans, de 1976 à 2006. Avant cette date, il n’était que simple Premier Ministre et non pas Président de la République. En effet, contrairement à une idée reçue, Cuba a connu pas moins de quatre Présidents de la République depuis 1959 : Manuel Urrutia de janvier 1959 à juillet 1959, Osvaldo Dorticós de juillet 1959 à 1975, Fidel Castro de 1976 à 2006 et Raúl Castro depuis 2006, dont la présidence s’achèvera en 2018 suite à la réforme constitutionnelle limitant le nombre de mandats à deux.

Aucun dirigeant ne peut rester à la tête d’un pays pendant trente ans, dans un contexte de guerre larvée avec les Etats-Unis, sans un soutien majoritaire du peuple. Certes, comme dans toute société, il existe des secteurs insatisfaits, critiques et déçus. La Révolution cubaine, étant l’œuvre de femmes et d’hommes, est par définition imparfaite et n’a jamais eu la prétention de s’ériger en exemple. Mais l’immense majorité des Cubains ont un grand respect pour Fidel Castro dont ils n’ont jamais remis en cause les nobles intentions. Les Etats-Unis ont toujours été très lucides à ce sujet. Ainsi, le 6 avril 1960, Lester D. Mallory, sous-secrétaire d’Etat assistant pour les Affaires interaméricaines, rappelait dans un mémorandum à Roy R. Rubottom Jr., alors sous-secrétaire d’Etat pour les Affaires interaméricaines, le prestige du leader cubain : « La majorité des Cubains soutiennent Castro. Il n’y a pas d’opposition politique efficace […]. Le seul moyen possible pour annihiler le soutien interne [au gouvernement] est de provoquer le désenchantement et le découragement par l’insatisfaction économique et la pénurie ». Washington a suivi ce conseil et a fait preuve d’une hostilité acharnée contre les Cubains en imposant des sanctions économiques extrêmement sévères qui durent jusqu’à aujourd’hui. Mais l’entreprise n’a pas été couronnée de succès. En effet, près d’un demi-siècle plus tard, la popularité de Fidel Castro est toujours aussi vive. C’est ce qu’a pu constater Jonathan D. Farrar, alors chef de la diplomatie étasunienne à La Havane qui n’a pas manqué de souligner « l’admiration personnelle significative pour Fidel » de la part des Cubains, rappelant que « ce serait une erreur de sous-estimer […] le soutien dont dispose le gouvernement particulièrement auprès des communautés populaires et des étudiants ».

            Trois facettes caractérisent le personnage de Fidel Castro. Il est tout d’abord l’architecte de la souveraineté nationale qui a réalisé le rêve de l’Apôtre et héros national José Martí d’une Cuba indépendante et a redonné sa dignité au peuple de l’île. Il est ensuite le réformateur social qui a pris fait et cause pour les humbles et les humiliés en créant une des sociétés les moins injustes du Tiers-Monde. Il est enfin l’internationaliste qui a tendu une main généreuse aux peuples nécessiteux et qui a placé la solidarité et l’intégration au centre de la politique étrangère de Cuba.

 

Docteur ès Etudes Ibériques et Latino-américaines de l’Université Paris IV-Sorbonne, Salim Lamrani est Maître de conférences à l’Université de La Réunion, et journaliste, spécialiste des relations entre Cuba et les Etats-Unis.

Son nouvel ouvrage s’intitule Fidel Castro, héros des déshérités, Paris, Editions Estrella, 2016. Préface d’Ignacio Ramonet.

Contact : lamranisalim@yahoo.fr ; Salim.Lamrani@univ-reunion.fr

Page Facebook : https://www.facebook.com/SalimLamraniOfficiel

 

L'HUMAIN AVANT TOUT Canton de Pont-du-Château - dans Monde
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26 novembre 2016 6 26 /11 /novembre /2016 08:50

Au cours d’un colloque à Strasbourg confrontant la réalité de la prostitution en France et en Allemagne, médecins, psychiatres, associations d’accueil et une ancienne prostituée, ont décrit les ravages qu’entraîne la prostitution sur la santé physique et psychique des femmes qui y sont soumises.

 

Le but de ce colloque n’était pas de relancer le débat permanent sur la légitimité ou non de la prostitution, mais de faire des constats. Notamment entre deux pays frontaliers où la prostitution a des statuts juridiques différents : la France, où depuis avril 2016, la loi instaure la pénalisation des clients, et l’Allemagne, pays frontalier, où la prostitution a pignon sur rue. Importants également, les discours qui soutiennent les  pratiques.

 

Celui, par exemple, pour qui la prostitution est un mal nécessaire qui protège le reste de la société où, sans cette tolérance, les viols progresseraient ( ce qu’aucun chiffre ne montre). Cette manière de voir entérine de vieux clichés sur les hommes qui hantent les sociétés européennes depuis des siècles, « entre autres l’idée selon laquelle l’homme est un prédateur sexuel avec des besoins irrépressibles auxquels il faut un exutoire, » explique Grégoire Théry, l’ancien secrétaire général du mouvement du Nid qui se définit comme « lobbyiste » d’une cause - il a joué un rôle important pour faire avancer le projet de loi que la France vient d’adopter.

 

Faux également pour lui, l’argument selon lequel, autoriser les établissements de prostitution, permettrait de mieux contrôler la santé des prostituées et d’éviter la prostitution clandestine. « En Allemagne et aux Pays-Bas,  l’ouverture des bordels n’a pas empêché le développement de la prostitution à l’extérieur, » explique Grégoire Théry, qui conteste également le point de vue consistant à considérer la prostitution comme un métier, dont il s’agit d’améliorer  les conditions d’exercice - en  consacrant notamment des moyens et un personnel médical dédié pour surveiller la santé des prostituées, comme c’est le cas en Allemagne. « La conséquence dramatique, explique Grégoire Théry, c'est qu’on banalise la prostitution. Cette approche dite pragmatique qu’on retrouve en Allemagne et aux Pays-Bas, entraîne la légalisation de fait de la prostitution. »

 

Une enquête ( INUS ) réalisée en 2013 pour la première fois en France auprès de prostituées, a montré que les pensées suicidaires étaient 7 fois plus élevées chez les prostituées que dans le reste de la population, le passage à l’acte, 12 fois plus élevé. Elle a également montré que la consommation d’antidépresseurs et d’anxiolytiques était multipliée par 5 chez les prostituées, qui se trouvaient également 6 fois plus exposée aux viols. Sans oublier les meurtres. En 2014, 8 prostituées ont été assassinées en France. Quand les enquêtes aboutissent, elles montrent que les assassins sont des clients.

 

« Les problèmes de santé des prostituées dépassent largement la seule question des maladies sexuellement transmissibles,» dit Grégoire Théry qui explique que « la loi votée cette année en France pose comme principe que la prostitution est en soi une violence sexuelle, et qu’elle n’est pas compatible avec le droit à la santé défini par l’OMS. »

 

De nombreuses enquêtes révèlent aussi que ce sont les groupes les plus vulnérables qui sont frappés par la prostitution, ce qui réduit encore la possibilité pour les femmes concernées d’accéder à la justice ou aux soins médicaux, dans un pays qu’elles ne connaissent pas, et dont la plupart ne parlent pas la langue. En France, 85% des prostituées sont des femmes immigrées venant surtout de Roumanie, de Bulgarie ou du Nigéria. Une enquête réalisée à Vancouver - citée par Grégoire Théry - a montré que 50% des prostituées étaient d’origine indienne, alors que la communauté indienne ne représente que 3% de la population du Canada. En Inde, les prostituées sont issues de la caste des intouchables - le groupe le plus bas dans l’échelle sociale selon les ignobles critères locaux, et le plus méprisé.

 

Aux Etats-Unis, les prostituées sont essentiellement des Afro-américaines.

« Toutes le formes de violence, qu’elles soient physiques ou psychiques, sont vécues dans la prostitution », explique Ingeborg Kraus. Psychologue et psychothérapeute auprès de femmes prostituées en Allemagne, elle constate que «  65% d’entre elles ont subi des violences physiques, et 50% des abus sexuels. » Pour elle, la légalisation des maisons de prostitution n’apporte aucune amélioration dans la vie des prostituées, bien au contraire. Certes, elle permet d’un peu mieux surveiller ce qui se passe dans ces établissements, mais pour constater que c’est un désastre. « Dès le départ, explique Ingeborg Kraus, les prostituées sont prisonnières, dépourvues de tous les droits, incapables de se défendre. On leur impose des « conditions de travail » désastreuses, elles sont dans un surmenage permanent, ne dormant que quelques heures par nuit. La plupart prennent des tranquilisants et des drogues et sont transportées comme du fret d’une ville à l’autre, sans même savoir où elles se trouvent.»

 

Ingeborg Kraus parle aussi des conditions de vie dégradantes dans les maisons de prostitution : « Le client a le droit d’évaluer la marchandise « femme », l’établissement présente à la vue de tous, les services sexuels proposés, certains prenant des formes odieuses qui sont des sévices. C’est de la torture. »

 

Selon une enquête citée par la psychothérapeute, réalisée en 2008 en Allemagne auprès de 110 femmes prostituées, 26% étaient porteuse de maladies sexuellement transmissibles, et 42% présentaient de fortes infections. « La marchandise qui s’appelle femme est exploitée par le capitalisme le plus dur et en écrasant les prix, » analyse Ingebord Kraus, qui parle d’établissements où l’on peut voir des affiches qui proposent la prestation sexuelle à « 50 euros, bière comprise.»

 

« Les femmes prostituées que je traite souffrent massivement de troubles physiques et psychiques, explique pour sa part, le médecin gynécologue Wolfgang Heide, se fondant sur son expérience dans plusieurs villes allemandes, comme Mannheim. « La plupart ont déjà un traumatisme psychique quand elles entrent dans la prostitution, qui s’aggrave dans les bordels. Elles ne voient quasiment pas la lueur du jour, la plupart viennent de l’étranger et sont transportées d’une ville à l’autre, et la loi autorise que les femmes enceintes puissent continuer à se prostituer jusqu’à la 36ème semaine de grossesse, » constate-t-il. Ingeborg Kraus rappele que 30% des prostituées en Allemagne ont moins de 21 ans.

 

« Qu’est-ce que ça a à voir avec l’humanité ? » demande Wolfgang Heide, ajoutant, à l‘adresse de ceux qui considèrent la prostitution comme un «  travail sexuel » : «  ce sont des conditions de travail qui n’ont rien à voir avec les conditions de travail de la société allemande. »

 

L'HUMAIN AVANT TOUT Canton de Pont-du-Château
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24 novembre 2016 4 24 /11 /novembre /2016 15:07
JEAN-PIERRE PERNAUT :  porte-parole du FN

Alors que le monde entier a l’œil rivé sur les premiers pas de Trump, Jean- Pierre Pernaut décide d’ouvrir, l'autre jeudi, son JT de 13 heures avec un « joli reportage » sur le retour de la neige dans le Jura…

Rien de surprenant quand on connaît la vision singulière de la hiérarchie de l’information de l’inamovible présentateur de TF1.

Mais voilà qu’entre un sujet sur les maraudes de la Croix-Rouge et un autre sur l’ouverture d’un centre d’accueil pour réfugiés à Paris, le chantre réactionnaire de la France éternelle lâche : « Voilà, plus de place pour les sans-abri, mais en même temps, les centres pour migrants continuent à ouvrir partout en France ».

De quoi entrevoir le fond de sa pensée, inspirée des campagnes du FN, qui colle sur les murs de l’Hexagone des affiches de type : « Julie attend un logement en résidence étudiante depuis deux ans. Hélas pour elle, Julie n’est pas migrante ».

Le présentateur le mieux payé du PAF (50 000euros par mois) s’était déjà ému, en septembre, qu’un camp de réfugiés puisse s’installer près de sa demeure de Louveciennes, banlieue cossue de l’Ouest parisien. « Rumeur insistante sur l’ouverture imminente du plus grand camp de réfugiés en France entre Versailles et Saint-Germain. Hérésie », avait-il posté sur son compte Twitter.

« Dans quel but opposer le sort des migrants à celui des sans-abri ? » s’est indignée la Licra suite aux propos du journaliste. Ian Brossat, maire adjoint communiste au logement à Paris invite le directeur adjoint de l’information de TF1 à venir visiter le centre pour SDF inauguré le 5 novembre dans le 16e arrondissement, en dépit des intimidations de la droite.

Mais le présentateur peut compter sur ses soutiens. « Honte à tous les soldats du politiquement correct qui s’attaquent à Jean-Pierre Pernaut après qu’il a osé évoquer une simple évidence », déclarait Marion Maréchal-Le Pen.

Le CSA, saisi par France TV sur « la stratégie de temps de parole » du FN, devra-t-il dorénavant comptabiliser le journal de Jean-Pierre Pernaut ?

L'HUMAIN AVANT TOUT Canton de Pont-du-Château - dans Société
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23 novembre 2016 3 23 /11 /novembre /2016 20:18

Le 1er janvier 2017, la durée du travail et les heures supplémentaires feront l’objet d’un accord d’entreprise, les accords de branche et la loi s’imposant par défaut.

Les décrets d’application des articles 8-a-11-loi-travail-8-aout-2016 relatifs à la durée du travail et aux congés sont parus au Journal officiel du 19 novembre.

Ils confirment le but de la loi El Khomri : l’inversion de la hiérarchie des normes. Cela signifie que ce sont les accords d’entreprise (avec ou sans référendum) qui priment sur les accords de branche et même la loi (le code du travail), cette dernière s’imposant jusqu’au 1er janvier 2017.

 

Qu’est-ce qui change le 1er janvier 2017 ?

En pratique, le code du travail distinguera trois niveaux d’application :

- l’ordre public, c’est-à-dire le minimum légal auquel l’accord d’entreprise ne peut déroger,

- le champ de la négociation collective, c’est-à-dire les règles qui peuvent être fixées par l’accord d’entreprise ou d’établissement, à défaut d’accord de branche,

- les dispositions supplétives, c’est-à-dire les règles applicables faute d’accord dans l’entreprise.

Donc, les conventions et accords d’entreprise deviennent d’ordre public. Certes, ils devront être transmis à des commissions paritaires permanentes de négociation et d'interprétation selon le décret n° 2016-1556-du-18-novembre-2016 dont on ne voit pas bien leur rôle qui n'a pas été défini.

Pour comprendre comment ça va fonctionner, prenons cinq exemples qui touchent de près les salariés. 

 

La durée légale du travail

Ordre public : elle reste fixée à 35 heures minimum par semaine.- articles L3121-27-a-L3121-31 du code du travail

Champ de négociation collective : mais une convention collective ou un accord d’entreprise ou, à défaut, une convention ou un accord de branche, peut fixer la semaine sur 7 jours consécutifs.- articles L3121-32-a-L3121-34 du code du travail.

Dispositions supplétives : cependant, si rien n’est précisé dans la convention ou l’accord, la semaine débute le lundi à 0 heure et se termine le dimanche à 24 heures.- articles L3121-35-a-L3121-40 du code du travail.

 

Les heures supplémentaires

Ordre public : toute heure accomplie au-delà de la durée légale hebdomadaire ou d’une durée équivalente est une heure supplémentaire qui ouvre droit à une majoration de salaire ou à un repos compensateur équivalent (RTT).

Elles peuvent être accomplies dans la limite d’un contingent annuel (décompté au-delà de la durée légale) qui est actuellement de 220 heures par salarié, sauf accord ou convention prévoyant plus. Toute heure effectuée au-delà du contingent ouvre obligatoirement droit à un repos compensateur (RTT).

Champ de la négociation collective : une convention collective ou un accord  d’entreprise, à défaut un accord de branche, peut prévoir le ou les taux de majoration des heures supplémentaires au-delà de la durée légale hebdomadaire (35 heures), sous réserve de ne pas être inférieur à 10%.

Il prévoit également les conditions et la rémunération des heures supplémentaires au-delà du contingent annuel que la convention ou l’accord définit.

Dispositions supplétives : ce n’est qu’à défaut d’accord d’entreprise que les heures supplémentaires donnent droit à une majoration de salaire de 25% pour chacune des 8 premières heures supplémentaires et de 50% pour chacune des heures suivantes (à partir de la 9ème heures supplémentaires). Ce sont ces dispositions qui s’appliquent actuellement.

Référence : articles L3121-28-a-L3121-40 du code du travail.

 

Le travail de nuit

Ordre public : le recours au travail de nuit reste exceptionnel. Il doit prendre en compte les impératifs de protection de la santé et de la sécurité des travailleurs. Il est justifié par la nécessité d’assurer la continuité de l’activité économique ou des services d’utilité sociale.

Est défini comme travail de nuit : tout travail effectué au cours d’une période d’au moins 9 heures consécutives entre 21 heures et 7 heures comprenant obligatoirement l’intervalle entre minuit et 5 heures (sauf dérogations dans certains secteurs).

Le salarié est considéré comme travailleur de nuit dès lors qu’il accomplit, au moins deux fois par semaine, selon son horaire de travail habituel, au moins trois heures de travail de nuit quotidiennes OU accomplit, au cours d’une période de référence, un nombre minimal de travail de nuit.

Le travailleur de nuit bénéficie de contreparties au titre des périodes de travail de nuit pendant lesquelles il est employé sous forme de repos compensateur (RTT) ou de compensation salariale. Il bénéficie aussi d’un suivi individuel de son état de santé.

Le refus de travailler la nuit n’est ni une faute ni un motif de licenciement si c’est incompatible avec des obligations familiales (garde d’enfant, prise en charge d’une personne dépendante etc.) ou avec un état de santé.

Le champ de la négociation collective : un accord d’entreprise ou, à défaut, une convention collective ou un accord de branche peut déroger aux dispositions d’ordre public ci-dessus dans les conditions définies aux articles L3122-15-a-L3122-19 du code du travail.

Les dispositions supplétives : faute d’accord ou de convention collective, est considéré comme travail de nuit tout travail accompli entre 21 heures et 6 heures (ou 7 heures pour certaines activités).

Et à défaut d’engagement de négociations loyales et sérieuses définies à l’article L3122-21 du code du travail, c’est l’inspecteur du travail qui doit donner l’autorisation après avis des délégués syndicaux, du comité d’entreprise ou, à défaut, des délégués du personnel.

Attention, faute de convention, le nombre minimal d’heures entraînant la qualification de travailleur de nuit est fixé à 270 heures sur 12 mois consécutifs.

 

La notion de temps de travail effectif

Ordre public : le code du travail entend par durée (ou temps) de travail effectif le temps pendant lequel tout salarié est à la disposition de l’employeur et se conforme à ses directives sans pouvoir vaquer librement à des occupations personnelles.

Est considéré comme du temps de travail effectif,  le temps nécessaire à la restauration et les pauses.

Le temps nécessaire aux opérations d’habillage et de déshabillage, lorsque le port d’une tenue de travail est imposé, donne lieu à compensation en  repos (RTT) ou en rémunération.

Le temps passé à la douche en cas de travail salissant est rémunéré mais n'est pas considéré comme du temps de travail effectif.

Le temps de déplacement professionnel n’est pas du temps de travail effectif. Toutefois, s’il dépasse le temps normal de trajet entre le domicile et le lieu habituel de travail, il doit faire l’objet d’une contrepartie en repos (RTT) ou en rémunération.
De même les travailleurs handicapés peuvent bénéficier d’une contrepartie en repos (RTT) si leur temps de trajet domicile-travail est rallongé.- articles L3121-1-a-L3121-5 du code du travail.

 Champ de la négociation collective : à défaut d’être reconnu temps de travail effectif, une convention ou un accord d’entreprise (si pas de convention et d’accord de branche) peut rémunérer les temps de restauration et de pause. Idem pour l’habillage-déshabillage et les déplacements professionnels mais aux conditions prévues par les articles L3121-6-et-L3121-7 du code du travail.

 Dispositions supplétives : à défaut d’accord d’entreprise, de branche ou de conventions collectives, l’article L3121-8 du code du travail dit que le contrat de travail peut prévoir la rémunération des temps de restauration et de pause ainsi que des contreparties pour les temps d’habillage-déshabillage ou d’assimiler ces derniers à du temps de travail effectif.

Quant aux contreparties prévues pour les déplacements professionnels c’est l’employeur qui décide après consultation du comité d’entreprise, à défaut, des délégués du personnel s’ils existent.

A noter que la loi travail a supprimé l’obligation de rester à son domicile ou à proximité quand on est d’astreinte – articles L3121-9-a-L3121-12 du code du travail.

 

La durée de travail maximale

Ordre public : la durée maximale hebdo reste fixée à 48 heures, 44 heures sur une période de 12 semaines consécutives. - articles  L3121-20-a-L3121-22 du code du travail.

Champ de la négociation collective : un accord d’entreprise peut prévoir de porter de 44 à 46 heures cette durée sur 12 semaines.- article L3121-23 du code du travail.

Dispositions supplétives : à défaut d’accord d’entreprise, c’est l’autorité administrative (inspection du travail) qui décide.- article L3121-24-a-L3121-26 du code du travail.

 

 

Durée du travail, c’est l’accord d’entreprise qui fera la loi
L'HUMAIN AVANT TOUT Canton de Pont-du-Château
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22 novembre 2016 2 22 /11 /novembre /2016 22:13
il existe une continuité idéologique entre l’ex-président et son ancien « collaborateur ». Photo : Miguel Medina/Pool/AFP

il existe une continuité idéologique entre l’ex-président et son ancien « collaborateur ». Photo : Miguel Medina/Pool/AFP

Pierre Duquesne - Mardi, 22 Novembre, 2016 – L'Humanité

 

Le premier tour de dimanche s’est bel et bien transformé en vote anti-Sarkozy. « J’ai voté pour lui par conviction en 2007. Même chose en 2012. Mais je voudrais, pour la prochaine élection présidentielle, un candidat qui soit clean et irréprochable », racontait Pascal Barrier, agent de sécurité incendie, en sortant du bureau de vote de Mantes-la-Jolie (Yvelines). Dès lors que les sondages ont montré que François Fillon représentait une alternative crédible à Nicolas Sarkozy, beaucoup d’électeurs traditionnels de la droite dure se sont déportés sur l’ancien premier ministre. Ce phénomène a sans nul doute été amplifié par le mécanisme de la primaire, qui pousse les électeurs à voter comme au PMU, en choisissant celui qui enregistre une courbe ascendante dans les sondages, ou, à tout le moins, à abandonner les perdants annoncés pour se reporter sur ceux qui peuvent l’emporter. Nathalie Kosciusko-Morizet et Bruno Le Maire, avec leurs faméliques 2,6 % et 2,4 %, peuvent en témoigner.

Mais si 1,8 million de voix se sont portées sur François Fillon, c’est d’abord et surtout parce que son discours colle à de larges pans de l’électorat de la droite. Dimanche soir, une fois le choc de l’élimination passé, des militants de l’équipe Sarkozy, souvent jeunes et urbains, tentaient de comprendre comment le noyau dur de la droite a pu leur échapper.

Il a pu compter sur les puissants réseaux de la « Manif pour tous »

Par petits cercles, ils refaisaient le film de la campagne, racontant l’arrivée en masse dans les bureaux de vote d’un électorat catholique et traditionaliste séduit pas le « discours sur la famille » de François Fillon. Celui-ci a pu compter sur les puissants réseaux constitués lors des manifs contre le mariage pour tous. Il avait d’ailleurs reçu un soutien décisif de Sens commun, début septembre, après avoir annoncé qu’il s’engageait à réécrire la loi Taubira, notamment en interdisant la filiation établie à l’égard de deux parents du même sexe. Son programme réactionnaire, visant à « redonner une reconnaissance et un statut » aux mères de famille, et son hostilité à l’IVG, « compte tenu de sa foi », a su séduire de larges pans de « l’électorat » catholique… Faut-il rappeler que le ban et l’arrière-ban du parti « Les Républicains » paradait en bonne place dans les immenses cortèges contre le mariage pour tous.

Combien d’anciens électeurs de Nicolas Sarkozy ont-ils été séduits par le discours ultralibéral de celui qui vante les bienfaits de la politique de Thatcher en Grande-Bretagne ? Après avoir vanté le « style présidentiel » de François Fillon, une électrice de Versailles, à la sortie des urnes, insistait sur la fermeté de cet homme « pour négocier avec les syndicats ». Combien de petits patrons et de commerçants sont tombés sous le charme du discours à la Tea Party anti-fonctionnaires, anti-charges sociales et anti-impôt ? Combien rêvent de voir, comme le promet François Fillon, l’impôt sur les sociétés tomber à 25 % ? Le haut patronat, lui, est séduit par son souhait d’attaquer brutalement la Sécurité sociale, inscrit au programme de l’Institut Montaigne et du Medef. Des positions ultralibérales qui collent aux aspirations du cœur de la droite décomplexée, encouragée par la politique de François Hollande, qui leur aura labouré le terrain avec la loi El Khomry et le CICE…

Son discours a fédéré de larges pans de la droite

Ironie de l’histoire, Nicolas Sarkozy n’ a  pas profité dans la primaire des effets du discours sur l’identité nationale et de la peur, venin instillé depuis près de dix ans. Aux outrances grossières de l’ancien chef de l’Etat, les électeurs de droite auront préféré le discours plus policé en apparence de François Fillon. « Le peuple français a besoin d’être rassuré. On leur dit tous les jours qu’on est en guerre, et après ça, on leur parle de double ration de frites et de Gaulois. Cela ne peut pas fonctionner », reconnaissait Gilles Mouny, demandeur d’emploi et militant pro-Sarkozy en Seine-et-Marne, au soir de la défaite. François Fillon, lui, a été plus subtil avec son livre Vaincre le terrorisme islamique. « Il n’y a pas de problème religieux », a-t-il expliqué au Figaro, avant d’ajouter toutefois « qu’il y a un problème lié à l’islam ». Et ce catholique revendiqué de répéter à l’envie qu’il était un fervent soutien des chrétiens d’Orient. C’est peut-être ce qui explique comment le fan de course automobile a réussi à doubler sur sa droite Nicolas Sarkozy jusque dans ses fiefs, comme à Nice. Même chose à Nîmes (47,5 %), Marseille, et dans tout l’arc méditerranéen. « Non, la France n’est pas coupable d’avoir voulu faire partager sa culture aux peuples d’Afrique, d’Asie et d’Amérique du Nord », avait déclaré cet été l’ex-premier ministre, s’inscrivant ainsi comme l’héritier du discours de Dakar de Nicolas Sarkozy.

Les séismes politiques, comme les tremblements de terre, ont toujours pour origine une tectonique des plaques. Des années de discours identitaires et ultralibéraux ont fini par radicaliser encore un peu plus le noyau dur de la droite, à qui s’est principalement adressé François Fillon. Quatre millions de participants, c’est beaucoup, mais c’est encore loin des 16 millions de suffrages récoltés par Nicolas Sarkozy au deuxième tour de l’élection présidentielle en 2012…


 

Une « nouvelle campagne commence », promet l’équipe Juppé
Largement distancé (28,6 %), Alain Juppé  n’a pas renoncé  à la victoire. Il se rendra  à Toulouse, aujourd’hui, pour tenter de faire le plein de voix centristes du Sud-Ouest, en compagnie de Jean-Christophe Lagarde. « Une nouvelle campagne commence », promettent les soutiens d’Alain Juppé, qui veulent attaquer François Fillon sur son projet, après avoir axé leur campagne contre Nicolas Sarkozy. « Pendant trois mois, François Fillon  a été un peu à l’abri, personne ne l’a attaqué. On va le recoller à son bilan », explique-t-on dans son entourage. « Cela reste jouable, les gens sont capables  de changer  de vote en 24 heures », croit un élu centriste.  Le député Hervé Mariton compte dénoncer des « orientations diplomatiques »  de François Fillon.  Ils s’affronteront  dans un dernier débat télévisé, jeudi.

 


 

 

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