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26 septembre 2016 1 26 /09 /septembre /2016 22:28
Photo Céline LE PRIOUX / BELGA/AFP/Archives : Commission européenne

Photo Céline LE PRIOUX / BELGA/AFP/Archives : Commission européenne

Gérard Le Puill - Vendredi, 23 Septembre, 2016 - Humanite.fr

 

Après les nombreuses questions suscitées par la reconversion de l’ex-président de la Commission européenne José Manuel Barroso comme conseiller de la banque américaine Goldman Sachs, on apprend que Neelie Kroes, l’intransigeante et ultralibérale commissaire en charge de la Concurrence dans cette même Commission présidée par Barroso a cumulé illégalement cette fonction avec un poste d’administratrice d’une société offshore basée au Bahamas entre 2004 et 2009.

La Commission européenne serait-elle un nid d’ultralibéraux, paresseux et incompétents pour certains, corrompus car très liés à des intérêts très privés pour d’autres ?

Il est permis de se poser beaucoup de questions à ce propos. Durant les dix années qu’il a passé à la présidence de la Commission, José Manuel Barroso avait hérité à Bruxelles du surnom suivant : « l’homme qui ne dit rien en plusieurs langues ». Outre le portugais, sa langue maternelle, il parlait fort bien le français et l’anglais mais n’a jamais été capable de formuler le moindre projet pour l’Union européenne en dehors du laisser faire confié aux marchés. Cette docilité au service du monde des affaires durant dix ans à Bruxelles lui a valu d’obtenir un poste de conseiller à la banque américaine Goldman Sachs.

Goldman Sachs est la banque qui a conseillé les dirigeants grecs pour maquiller leurs comptes publics avant 2001 afin de pouvoir accéder à la zone euro en même temps l’Allemagne, la France et les autres pays du premier groupe. Ensuite, quand le niveau réel de la dette grecque a été découverte, Goldman Sachs a, avec d’autres grandes banques, tout fait pour que les taux d’intérêts spéculatifs exigés de l’État grec comme emprunteur sur les marchés soient les plus élevés possible. Depuis le peuple grec paie l’addition et la Commission présidée par Barroso avant Juncker n’a fait qu’accompagner ce processus. Son embauche par Goldman Sachs en 2016 est la récompense de cette complicité.

Neelie Kroes a été aux côté de Barroso de 2004 à 2014. Elle était la commissaire en charge de la Concurrence jusqu’en 2009. Mais, comme l’explique Gaël de Santis dans l’Humanité de ce vendredi, « les quotidiens néerlandais Trouw et Hed Financiee le Dagblad ont montré mercredi , grâce à des documents recueillis par le Consortium international des journalistes d’investigation que Neelie Kroes était, « du 4 juillet 2000 au 1er octobre 2009», directrice de Mont Holdings Ltd, une entreprise offshore située au Bahamas , un paradis fiscal. L’entreprise Mint Hollding Ltd avait été créée en 2000 afin de racheter des parts du géant de l’énergie états-unien Enron pour environ 6 milliards de dollars. Les financeurs de ce projet n’étaient autres que des proches de la famille royale des Émirats arabes unis », souligne Gaël de Santis dont l’article énumère aussi les coups tordus de Neelie Kroes comme Commissaire en charge de la concurrence pour déréguler et finalement affaiblir des secteurs économiques comme la production énergétique qui ont besoin de régulation pour être économiquement efficaces.

Les choses ont-elles changé à Bruxelles avec la mise en place de la Commission que préside le luxembourgeois Jean-Claude Juncker ? Notons d’abord que l’actuel président est l’ancien premier ministre d’un pays membre de l’Union européen qui demeure un paradis fiscal bien que membre fondateur d’une Europe passée de six pays membres à 28 en l’espace de 50 ans. Le choix de Juncker ne s’est pas fait sur la base d’une compétence reconnue de président « visionnaire », mais sur le plus petit dénominateur commun entre L’Allemagne, la France et quelques autres pays. Ils voulaient un libéral de conviction doublé d’un personnage falot à la tête de la Commission.

A propos de Jean-Claude Juncker, un portrait très révélateur est paru dans Libération du 14 septembre dernier sous le titre « Verre de rage». Jean Quatremer, correspondant permanent de ce journal a Bruxelles, a déjeuner avec Juncker dans le but, semble-t-il, de faire taire les rumeurs à son encontre dans certains pays membres de l’Union et au-delà. L’article commence ainsi : « bipolaire, absent, malade, alcoolique, fumeur, enfermé dans sa bulle bruxelloise, tel est le portrait que dresse de Jean-Claude Juncker, et ce depuis plusieurs mois, une partie de la presse allemande, britannique et même américaine ». Le but de la rencontre était d’atténuer cette mauvaise image et Juncker a dit à son interlocuteur la chose suivante : « C’est parce ce que j’agis que je me fais des ennemis. Les États n’étaient plus habitués à une Commission à l’initiative». Sauf que l’on ne voit guère les résultats de cette action, si action il y a. Ajoutons que Quatremer n’a guère la reconnaissance du ventre au terme d’un déjeuner pris en commun quand il écrit ceci : « Il est tout à fait exact que Juncker a été et est un gros buveur, comparé aux canons en vigueur en ce XXIème siècle hygiéniste. Lorsqu’il était Premier ministre du grand-duché, nous l’avons vu descendre, à l’issue d’un déjeuner, trois verres de cognac de rang après avoir bu maints verres de vin blanc luxembourgeois. Et durant notre récent déjeuner, il a avalé quatre coupes de champagne, accompagnées d’une simple salade ».

La Commission que préside Jean-Claude Juncker serait-elle devenue ingérable parce que comptant désormais trop de pays membres avec des politiques sociales très divergentes ? Il est permis de se poser la question. On sait aussi que l’élargissement de l’Union aux pays d’Europe centrale a débouché sur un compromis qui permet à chaque pays membre de nommer un seul commissaire quel que soit le nombre d’habitant dudit pays, alors qu’avant les pays les plus peuplés pouvaient nommer deux commissaires. Aujourd’hui les 446.000 habitants de l’Ile de Malte ont droit à un commissaire tout comme les 82 millions d’habitants que compte l’Allemagne. De plus, chaque pays envoie qui il veut siéger à la Commission, même si le Parlement Européen dispose de la possibilité de récuser un candidat s’il arrive à dégager une majorité pour cela. 

On sait que la France a désigné Pierre Moscovici pour faire partie de la Commission que préside Jean-Claude Juncker .La rumeur dit aussi que l’Elysée et Matignon l’on recasé à Bruxelles parce que l’exécutif était mécontent de son action et surtout de son inaction comme ministre des Finances. On sait aussi que Moscovici est sorti de l’ENA en 1984 pour rejoindre un groupe « d’experts » du Parti socialiste la même année et devenir un secrétaire national deux ans plus tard. Cet homme n’a jamais été que permanent politique, député ou ministre. A Bruxelles il est officiellement Commissaire européen aux Affaires économiques et financières, à la Fiscalité et à l’Union douanière.

En théorie, Moscovici pourrait donc faire des propositions pour faire reculer le dumping fiscal tel qu’il est pratiqué par l’Irlande, le Luxembourg et quelques autres pays. Car ce dumping fiscal s’ajoute au dumping social dans un grand nombre de pays , sans oublier la place prise par les « travailleurs détachés » dans l’accentuation de ce phénomène suite à l’adoption d’une directive datant de 1996 mais dont les conséquences ont causé d’importants dégâts sociaux et environnementaux depuis l’entrée dans l’Union européenne des pays d’Europe centrale. Ainsi, la place prise par les travailleurs détachés dans les abattoirs allemands a fragilisé l’emploi industriel et agricole dans les abattoirs et les élevages de porcs et de volailles des autres pays d’Europe de l’ouest avec des abandons de productions des fermetures de site pendant que l’on en construisait d’autres en Allemagne. Avec, au final, un bilan carbone en augmentation constante pour chaque kilo de viande produite quand il devient urgent de le réduire pour lutter contre le réchauffement climatique. 

Mair rien n’indique que le cerveau d’énarque de Pierre Moscovici soit aujourd’hui programmé pour déceler les ravages actuels de la théorie de « destruction créatrice » conceptualisée au siècle dernier par Joseph Schumpeter. Pourtant, dans la phase actuelle de capitalisme mondialisée, elle est beaucoup plus destructrice que créatrice du fait, justement, de la destruction permanente de capital productif qu’elle entraîne. Ajoutons que la lecture de certains articles de presse nous a appris ces derniers mois que Pierre Moscovici était le commissaire européen le plus tourné vers les week-ends prolongés qui durent trois jours en fin de semaine. Quand on voit sa fonction ce commissaire sous cet angle là, on se dit que la lutte contre le dumping fiscal et social peut attendre.  Sauf que dans toute l’Europe, le monde du travail en a plus qu’assez d’attendre et de subir.

  • Commission européenne. Portraits de "pantouflés"
    Neelie Kroes Commissaire européenne à la Concurrence, puis à la Société digitale entre 2004 et 2014
    Un vrai phénomène, cette femme politique néerlandaise, engagée au VVD (droite libérale) ! Avant de prendre ses fonctions pendant deux mandats – tout comme José Manuel Barroso – à Bruxelles, Neelie Kroes est membre d’une bonne dizaine de conseils d’administration de grandes entreprises (Thales, Lucent, Volvo, etc.). Et après, non sans être durant ces années intervenue dans de nombreux secteurs industriels, c’est reparti ! Devenue officiellement l’ambassadrice – et défenderesse de leurs revendications visant à une flexibilisation toujours accrue du travail – des start-up hollandaises, elle vient, en mai 2016, de rentrer dans le « comité de conseil en politique publique » de l’entreprise numérique de VTC Uber. Elle y siège aux côtés d’un ancien secrétaire aux Transports des États-Unis, d’une princesse saoudienne, d’un ex-premier ministre péruvien et d’un président d’une autorité chargée de la concurrence en Australie. Dès 2014, sur son blog de commissaire européenne, Neelie Kroes avait dénoncé l’interdiction d’Uber par les autorités locales de Bruxelles, avec un argument pour le moins scabreux : citant un article de presse qui évoquait des dizaines de viols perpétrés par de faux chauffeurs de taxi, elle vantait la sécurité offerte par la commande via l’application Web. Dix-huit mois exactement après la fin de son mandat à Bruxelles, l’ex-commissaire à la Société digitale a également rejoint la multinationale numérique états-unienne Salesforce à laquelle elle offrira, d’après le communiqué officiel, « sa large expérience dans les secteurs public et privé ». Auparavant, et donc avec l’aval des services de la Commission, elle était devenue conseillère spéciale pour Bank of America Merrill Lynch pour des missions qui ressemblent furieusement à du pur lobbying politique…
     

 

L'HUMAIN AVANT TOUT Canton de Pont-du-Château - dans Monde
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25 septembre 2016 7 25 /09 /septembre /2016 22:11

A l’appel du mouvement pour la paix, des milliers de personnes ont marché ce samedi 24 septembre dans 14 villes de France pour exprimer leur volonté de vivre en harmonie dans un monde de Solidarité, de Justice, de Fraternité. Dans le cortège parisien, plusieurs représentant du PCF, dont Pierre Laurent, étaient aux côtés des associations pour marquer leur refus de l’augmentation incessante des dépenses militaires qui sous tendent la logique de guerre.

L'HUMAIN AVANT TOUT Canton de Pont-du-Château - dans Société
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25 septembre 2016 7 25 /09 /septembre /2016 10:41
Babouse

Babouse

Cyrille CRESPY - Mardi, 20 Septembre, 2016 - L'Humanité


 

Le mouvement contre la loi travail a permis aux internautes de découvrir sur Youtube, entre autres, une lecture moderne des idées progressistes. Ils sont drôles. Ils sont pertinents. Et surtout, ils donnent du souffle aux progressistes : les youtubeurs de gauche ont gagné, avec le mouvement #OnVautMieuxQueÇa, une visibilité bienvenue. Même s’ils proposent depuis des années un contre-discours structuré face à celui de l’extrême droite, dominant sur la Toile.

Car ce qui anime la plupart des vidéastes engagés, c’est un sentiment d’urgence. Usul a commencé dans cette optique. D’abord chroniqueur, déjà de gauche, spécialisé dans les jeux vidéo, il opère un tournant, voici deux ans, avec Mes chers contemporains. Tout en malice, et de façon très argumentée, il s’amuse à y démonter David Pujadas et le système médiatique. Ou à analyser les propositions de Bernard Friot, théoricien du salaire à vie. Usul s’inquiète ainsi du fait que les identitaires de tout poil « fournissaient sur Internet une grille critique à des gens qui étaient en manque total de repères idéologiques, mais aussi politiques ». Il craint alors qu’un nouveau public se laisse happer par un discours réactionnaire faute d’alternative audible. D’autant que cette hégémonie passe aussi par le discours des « confusionnistes », ces sites et personnalités qui sous une apparente critique sociale ou démocratique masquent un fond particulièrement rance. Ludovic Torbey, d’Osons causer, se préoccupe aussi de la nécessité de « faire contrepoint pour permettre aux gens d’avoir autre chose à manger que les Soral, les confusionnistes, les trucs sur les pyramides, et (…) la propagande de l’EI ». Car, en dehors de l’extrême droite classique, un autre discours fasciste tente de percer sur la Toile, celui d’un islamisme qui récupère une religion pour en tirer une idéologie réactionnaire et haineuse. Or, pour le jeune vidéaste, qui a grandi à Strasbourg, ce besoin d’un contre-discours est aussi une réponse à un discours fascisant qui emprunte des contours religieux. « J’ai des amis à moi à Strasbourg qui sont morts en Syrie » après avoir été séduits par le discours des terroristes. « Ils sont partis avec un des tueurs du Bataclan (…), dans un groupe de Strasbourg qui est parti voir Daech. » Du coup, il a eu envie de se lancer dans un projet « plus politique, à but immédiat », lui qui, quelques années en arrière, songeait plutôt à écrire un livre « plus sérieux » pour théoriser la nécessité pour les intellectuels de « susciter l’indignation ».

 

Susciter l’indignation, donner des clés pour réfléchir. Et revenir aussi à quelques valeurs de base. Buffy Mars est une des rares jeunes femmes de ce créneau. L’étudiante en communication prend appui sur la pop culture avec sa chaîne Youtube consacrée aux séries. Mais attention : Buffy Mars s’amuse, avec un art consommé de la rhétorique, à déconstruire les schémas de pensée à l’œuvre dans les séries. Elle peut ainsi analyser « les femmes dans les séries, ce que les séries ne montrent pas » ou « Downton Abbey, quand l’histoire se met au service des riches », tout en avouant adorer la série. Elle aide du coup à lutter contre les rapports de domination dans la société, et notamment contre le machisme ambiant. Et tient également un blog, dont les articles sont ouvertement engagés (www.buffymars.net). Et pour elle, les deux exercices relèvent de la même logique, car, lorsqu’elle évoque des sujets légers, « les valeurs que je partage, on les retrouve quand même un peu derrière ». C’est pourquoi, selon elle, « il y a toujours de l’engagement politique », au sens « des organisations et des structures qui mettent en place la société », dans ces sujets. Même si ce n’est pas le sujet de base.

 

Des vidéastes unis par le mouvement contre la loi travail

Ce n’est donc pas un hasard si, malgré leurs différences d’approche, ces youtubeurs se sont retrouvés unis par le mouvement contre la loi travail. Nombre d’entre eux ont soutenu activement le mouvement #OnVautMieuxQueÇa, dont le but était de redonner la parole aux sans-voix en incitant les travailleurs, les demandeurs d’emploi, les étudiants et les retraités à raconter leurs galères quotidiennes et leurs humiliations vécues. Histony s’est spécialisé dans des vidéos antirévisionnistes en histoire. On ne saurait trop vous conseiller sa vidéo sur les émissions de Stéphane Bern, Robespierre ou Charles Martel : en montrant la façon dont se construit le roman national, il parle d’aujourd’hui. Avec talent. Et il le clame : son camp, c’est celui « des gens qui sont plutôt orientés à gauche et plutôt déçus de la politique » et qui s’organisent « dans le cadre des Nuit debout ou des manifestations ». Car la critique des institutions, même des institutions progressistes, est un autre point commun de ces vidéastes. « Tout le monde est un peu lassé des organisations traditionnelles », y compris syndicales ou politiques, explique ainsi Usul. Idem chez DanyCaligula, qui s’intéresse à la politique après avoir réalisé de nombreuses émissions sur des concepts philosophiques. Il se définit ainsi comme abstentionniste « conscientisé » et défend son rejet des institutions électives, qu’il considère comme illusoires. Mais plus globalement c’est l’ensemble des structures existantes que le philosophe de formation cherche à déconstruire : pour lui, face à l’individualisme fabriqué par la société de consommation, syndicats et partis n’ont pas su se montrer efficaces pour sortir d’une société « qui valorise la concurrence, l’égoïsme ». Là réside la grande attente de ces vidéastes : de nouvelles structures plus horizontales, pour repenser une pensée progressiste du XXIe siècle. Mais les idées progressistes ne sont pas condamnées à être inaudibles, malgré le contexte politique compliqué. Pour Usul, « l’idée, c’est d’adapter un certain esprit de cette culture, tout en lui donnant un habillage un peu plus moderne et en le débarrassant du superflu ». Autrement dit garder les idées fondamentales, mais leur faire prendre une forme plus digeste pour l’internaute d’aujourd’hui.

Les vidéos d’Histony, très courtes, surtout pensées « pour Facebook »

Avec cette volonté de toucher un public plus large que celui des conférences par exemple, les vidéastes essaient de trouver la recette idéale pour parler au spectateur « sans le prendre pour un con, ce qu’il n’est en général pas du tout », explique Usul. Pour y parvenir, chacun a sa petite recette. Celle de l’ancien chroniqueur de jeuxvideo.com, c’est d’éviter de tomber dans un enfermement culturel avec un public déjà politisé. Les artifices de montage ne sont en général pas bien vus par ces vidéastes. Histony est ainsi de la vieille école. Il réalise ses montages sans artifices ni effets spéciaux. Son choix, radical, est à rebours d’une grande partie du paysage audiovisuel. Mais est parfaitement assumé. Car, pour le jeune homme, le rythme effréné de course à l’audience induit que le téléspectateur est « un récepteur beaucoup moins attentif au message et beaucoup moins critique ». Il disperse son attention, en somme. En choisissant au contraire un format très épuré, il parvient à convaincre un (modeste) public lassé des émissions privilégiant la forme sur le fond. Une leçon bien comprise depuis longtemps par l’extrême droite, qui, avec des vidéos à la forme très sobre, parvient à faire passer des messages conspirationnistes, antisémites… simplement en donnant aux spectateurs « moins l’impression d’être pris pour des imbéciles que la télévision, qui essaie toujours de maintenir une attention finalement factice ». Entre la mise en scène sobre et l’affirmation claire de ses opinions, l’objectif est clair : permettre aux internautes d’« être méfiants et de voir si je ne me laisse pas dépasser par ce à quoi je crois ». Et d’éviter les manipulations. L’ancien enseignant-chercheur estime qu’« il est trop facile de critiquer les manipulations qui viennent d’en face, par exemple de l’extrême droite » – même si cela peut être salvateur – car « il faut aussi voir celles qu’on pourrait être tenté d’employer pour y répondre ». 

 

La petite équipe d’Osons causer a décidé, quant à elle, de mettre l’accent sur les réseaux sociaux, avec des contenus adaptés pour avoir une viralité maximale. Les vidéos réalisées ces dernières semaines sont ainsi très courtes, mais surtout elles sont pensées « pour Facebook » car elles sont « sous-titrées pour pouvoir être suivies et engageantes tout du long, même sans son ». Un détail crucial sachant que, sur Facebook, la vidéo apparaît d’abord muette dans le fil d’actualité de l’utilisateur. Du coup, en ces temps de mobilisation sociale, les partages se multiplient autour des vidéos qui tentent d’asseoir la légitimité des manifestants. Pour Ludovic Torbey, la forme a aussi son importance dans la diffusion des idées car, comme le disait Spinoza, personne n’est convaincu uniquement par « la force intrinsèque de l’idée vraie ».

Les reporters de la toile harcelés de messages haineux, au contenu machiste et raciste

Pour autant, pas question de fanfaronner sur ce nouveau média. Car les rapports de domination existent aussi sur la Toile. « Ce n’est pas parce qu’Internet est une nouvelle structure que les individus qui y viennent ne sont pas structurés par d’autres influences », lance DanyCaligula. D’ailleurs, « si on regarde qui parle le plus » sur les sites de vidéos en ligne, « on trouve principalement des hommes ». Le machisme et le racisme peuvent d’ailleurs concerner les vidéastes. Buffy Mars y a été directement confrontée : harcelée de messages haineux, voire de menaces sur son intégrité physique, elle a été obligée de porter plainte. Comme quoi, sur Internet, l’égalité et la diversité restent, comme ailleurs, un combat quotidien. 


 

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23 septembre 2016 5 23 /09 /septembre /2016 19:07

La mobilisation se poursuit pour sauver le site d'Alstom. Avant la manifestation devant le siège mardi, c'est dans la ville de Belfort que les soutiens aux salariés vont manifester. Les commerçants de la ville devraient abaisser leur rideau en soutien lors d'une journée "ville-morte".

 

« La mobilisation va être importante » assurait ce samedi matin le maire de Belfort sur France Info. Il s'agit de la deuxième journée de rassemblement d'ampleur après une première manifestation le 15 septembre, qui avait rassemblé quelque 2.000 personnes en soutien aux 480 salariés du site historique.


La journée "ville-morte" aura pour but "de montrer que la colère monte à Belfort et de faire pression sur le gouvernement et sur la direction" du groupe industriel, a expliqué le maire de cette collectivité de 50.000 habitants, Damien Meslot (LR). L'édile espère une mobilisation "très suivie", car selon lui, "les gens sont très solidaires" de l'avenir de l'usine, d'où est sorti le premier TGV en 1971, et dont dépendent près de 900 emplois indirects. Des centaines de familles en dépendent.

 

Un grand rassemblement est prévu à 14H00 place de la Résistance, d'où un cortège partira jusqu'à la préfecture. Parallèlement, les commerçants sont appelés à baisser leur rideau de 14H00 à 15H00. Les services publics ouverts samedi, tels que les musées, seront également fermés pendant une heure et le réseau de transports publics sera gratuit. La Confédération de l'artisanat et des petites entreprises du Bâtiment a aussi appelé les artisans du bâtiment "à se joindre massivement à la mobilisation".


Depuis l'annonce début septembre du transfert de l'activité d'Alstom Belfort à Reichshoffen (Bas-Rhin), la ville est suspendue aux négociations qui se sont engagées entre le gouvernement et la direction du groupe.

 

"La ville a toujours été soucieuse de ce qui se passe dans l'usine, et en cette période difficile, les habitants et les commerçants se sentent solidaires des Alsthommes", constate Olivier Kohler, délégué CFDT d'Alstom Belfort, satisfait de voir que "tout le monde monte au créneau pour sauver les emplois". "Le départ de 400 familles aurait un impact indéniable sur l'économie de la ville" et cette journée "ville-morte" montre "la relation importante qui existe, depuis 137 ans, entre l'usine et la population", note le syndicaliste.

 

Cette mobilisation survient alors que le gouvernement a promis de présenter "dans les jours qui viennent" des solutions pour maintenir pour maintenir la production de trains chez Alstom Belfort, et qu'un comité central d'entreprise (CCE) extraordinaire est convoqué lundi au siège du groupe à Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis). Un second CCE, celui-là ordinaire, suivra mardi matin. Les 9.000 salariés des douze sites français sont appelés à la grève le même jour et une manifestation est prévue à Saint-Ouen à 11H00. Les salariés belfortains s'y rendront dans un TGV spécialement affrété par l'intersyndicale (CFE-CGC, CGT, CFDT, FP).

 

Alstom: opération ville-morte à Belfort
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22 septembre 2016 4 22 /09 /septembre /2016 22:04

Lu sur le blog de Lempdes socialiste :

« Le principe du groupement hospitalier de territoire applaudi par les Français

Les Français approuvent très largement le principe du groupement hospitalier de territoire (GHT), 81% jugeant qu’il permettra de rendre l’accès aux soins plus efficace et moins coûteux, selon une enquête Odoxa.

Les 1.100 hôpitaux français rejoindront le 1er juillet l’un des 150 GHT, une réorganisation prévue par la loi santé et qui vise à modifier la prise en charge des patients grâce à des « coopérations » entre établissements. Elle va s’étaler jusqu’en 2012 [ ? ? ? Ndlr] ».

 

Comment peut-on être autant coupé de la réalité et ignorer l'aspiration de nos concitoyens à des services publics de proximité ?


 

NON AUX GHT – NON AUX USINES A SOINS !
NON AUX GHT – NON AUX USINES A SOINS !

Le Collectif « Notre Santé en Danger » (NSeD) a alerté sur les dangers de la loi Touraine, dès l’apparition du projet. Or, le tiers-payant généralisé (non avance des frais), que nous approuvons s’il repose sur une caisse unique de la sécurité sociale, mais qui fût combattu par la plupart des médecins libéraux, a masqué le plus grave : la création de Groupements Hospitaliers de Territoire (GHT) à caractère obligatoire.

La loi ayant été adoptée en décembre 2015 (et par une procédure d’urgence !), ces GHT commencent à se mettre en place, dans l’opacité la plus totale, et sont imposés à tous les hôpitaux publics depuis le 1er juillet 2016.

Ces GHT sont créés uniquement dans un but comptable : réduction sous 3 ans (2015 à 2017) de 3 milliards d’euros des crédits alloués aux hôpitaux (en plus des précédentes économies déjà exigées) !

Leur mise en place est obligatoire, sous peine de sanctions financières qui ne permettraient plus aux établissements de fonctionner.

Qu’ils soient généraux ou spécialisés en psychiatrie, les établissements publics de santé doivent obligatoirement se rattacher à un Hôpital Support ce qui ne laissera à terme que 200 méga- hostos sur le territoire. Ce rattachement sera de fait une fusion qui ne dit pas son nom.

Les conséquences seront lourdes : fermeture et regroupement de nombreux services, suppression de milliers d’emplois, mobilité des personnels d’un établissement membre à un autre sachant que les distances peuvent atteindre les 100km !

Les patients-es seront déplacés-es, eux-elles aussi, suivant tel ou tel organe à traiter car les hôpitaux membres vont se partager les spécialités médicales.

 

Où est l’humain dans tout ça ? Que deviendra la qualité des soins ?

En Psychiatrie : Les hôpitaux psychiatriques sont doublement frappés car leur rattachement au GHT entraînera la mort de la psychiatrie de secteur qui permet de soigner les personnes dans la ville sans les isoler ni les enfermer. Ce serait un recul terrible réintroduisant des asiles modernes avec médicalisation de la contention. C’est pourquoi les psy, médecins, infirmiers-ères et autres personnels des hôpitaux psychiatriques, y compris l’encadrement, sont déjà en lutte.

Car, la mise en place des GHT va entraîner un chamboulement dans le fonctionnement des hôpitaux et ne pourra se réaliser que progressivement malgré le harcèlement des Agences Régionales de Santé (ARS). C’est pourquoi, NSeD soutiendra les initiatives à venir.

 

Les usines à soins, on n’en veut pas ! Non à la casse des hôpitaux !

Que veut NSeD ? L’accès aux soins pour toutes et tous, partout et à tout moment, ce qui exige un service public de santé, incluant la prévention, développé sur tout le territoire, assurant la proximité et doté de moyens suffisants pour répondre aux besoins de toute la population ; ceci avec une véritable démocratie sanitaire.

* Notre Santé en Danger (NSeD) est un collectif qui rassemble des organisations syndicales; associatives et politiques pour promouvoir le droit à la santé et l'accès aux soins pour tous-tes.

NON AUX GHT – NON AUX USINES A SOINS !
L'HUMAIN AVANT TOUT Canton de Pont-du-Château - dans Société
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21 septembre 2016 3 21 /09 /septembre /2016 20:16

Les tarifs des soins dentaires et leur remboursement par la sécurité sociale viennent de se faire épingler par la Cour des comptes. Voici pourquoi et quelle prise en charge.

 

La Cour des comptes vient de rendre publique son rapport annuel sur la-securite-sociale

 

Cette année, ce sont les frais des soins bucco-dentaires qui sont montrés du doigt notamment les dépassements abusifs des consultations. Ils représentent 52% en moyenne du total des honoraires (67% chez les orthodontistes). Les prothèses dentaires dont les dépassements sont autorisés représentent 62% des honoraires.

 

De même, les tarifs libres engendrent des inégalités territoriales à l’exemple du tarif moyen d’une couronne qui varie de 327 à 686 euros en Province contre 369 à 1 090 euros à Paris.

 

Quant à la prise en en charge par l’assurance maladie, son taux moyen est passé de 36% il y a 10 ans à 33% aujourd’hui.

 

Le reste à charge des patients demeure important (25% des frais en moyenne) après la participation de mutuelles (39% en moyenne) sauf pour ceux qui bénéficient de la CMU-C. Explications ci-après. Le dernier rapport de la DREES (Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques) confirme ici que si le reste à charge des assurés sociaux a légèrement diminué, ce n’est pas le cas pour les soins dentaires.

 

Conséquence : 17,5% des assurés sociaux  renoncent aux soins dentaires de base, 68% renoncent à la pose d’une couronne, d’un bridge ou d’un implant… soit 4,7 millions de personnes. Et encore, tous ces chiffres extraits du rapport de la Cour des comptes datent de 2012.

 

A cette époque, ce sont 41% d’assurés sociaux qui renonçaient aux soins parce qu’ils ne disposaient pas d’un mutuelle. Rappelons que depuis le 1er janvier 2016 (article 1 de la loi du 14 juin 2013 de sécurisation de l’emploi), les entreprises doivent proposer une complémentaire santé à leurs salariés et éventuellement à leurs conjoints. Les plus basiques doivent obligatoirement prévoir le remboursement des frais dentaires (prothèses et orthodonties incluses) à hauteur de 125% du tarif conventionnel de l’assurance maladie.

 

L'HUMAIN AVANT TOUT Canton de Pont-du-Château
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20 septembre 2016 2 20 /09 /septembre /2016 21:50
Jean Ortiz - Lundi, 19 Septembre, 2016

Jean Ortiz - Lundi, 19 Septembre, 2016

Il s’en passe de jolies choses, entre amis, à la frontière franco-espagnole !

D’un côté c’est Hendaye, la ville frontière française, où Franco et Hitler se rencontreront, en toute amitié, le 23 octobre 1940, et de l’autre côté Irun (petit patapun), l’Espagne. Nous sommes le 16 juillet 1940. Un banquet entre fachos a lieu à l’Hôtel hendayais « Eskualduna ». « ¡¡Anda ya !! » Les archives ne précisent ni le menu ni le nombre de flatulences... A cette grande bouffe s’empiffrent les officiers de la Kommandantur de Saint-Jean-de-Luz, nombre de personnalités françaises et espagnoles franquistes, parmi lesquelles « el señor » Navarro, consul « facha », le commandant Otchotorena, chef de la frontière, et du gratin vichyste.

Les archives ne disent pas, même si l’on s’en doute, le motif officiel du banquet. La capitulation ? Plutôt, certainement, la célébration du 10 juillet, jour où la chambre des députés et le Sénat ont accordé les pleins pouvoirs au maréchal Pétain. Alors ils sont tous là. « Maréchal, nous voilà ! ». Les côtes atlantiques sont occupées et les hôtels bien gardés. Après les toasts fachos de chez facho, alors que tout le beau monde est encore debout, une fanfare allemande (« musique » dans la note) joue un air espagnol. Les officiers nazis saluent fascistement, de la main levée, alors que les franquistes « demeurent sidérés », précise une note du 17 juillet, du commissaire divisionnaire, destinée à Vichy (ADPA, n°416, 1031W156). Le refus de salut des factieux espagnols ne relève pas du caprice ; c’est qu’en réalité, la fanfare nazillonne s’est trompée, et a joué l’air de la République espagnole ! L’archive se termine par des détails à pouffer de rire : « des excuses furent faites immédiatement, et en signe de réparation, la musique allemande ira jouer demain matin devant le Consulat espagnol ».

Que tous ceux qui ont fait et font, en toute conscience, monter le Front national, pour mieux s’en servir de repoussoir, et au fond de programme, aillent donner, en signe de « réparation », l’aubade au diable !

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19 septembre 2016 1 19 /09 /septembre /2016 22:38

Malgré les bénéfices engrangés depuis des années par les sociétés concessionnaires d’autoroutes, le gouvernement préfère à la nationalisation la saignée des collectivités et l’augmentation des tarifs de 0,4 % chaque année entre 2018 et 2020.

 

AUTOROUTES : Automobilistes et collectivités paieront (encore) la facture !

Usagers et collectivités devront mettre la main à la poche. C’est ainsi que le gouvernement entend financer la rénovation des infrastructures autoroutières. Pour le dixième anniversaire de la privatisation des autoroutes, les concessionnaires ont donc reçu un beau cadeau : eux n’auront rien à débourser, sous prétexte que négocier avec eux prendrait « trop de temps »...

Le plan d’un montant de 1 milliard d’euros, « validé » par le président de la République, François Hollande, et présenté ce dimanche dans le JDD par le secrétaire d’État chargé des transports, Alain Vidalies, a pour ambition de répondre aux 50 dossiers recensés à partir des demandes des collectivités locales. Autant de projets qui nécessiteront « 30 opérations routières, type échangeurs, véritablement d’intérêt pour les territoires », explique le secrétaire d’État. « S’y ajoutent la création d’aires de covoiturage et des aménagements environnementaux comme des éco-ponts, des murs antibruit, pris en charge directement par les sociétés d’autoroutes », précise-t-il. Des travaux qui s’ajoutent au précédent plan de relance autoroutier - 21 chantiers pour 3,2 milliards d’euros - lancé cette année et financé par les concessionnaires autoroutiers, moyennant un report de l’expiration des concessions de deux ans et demi en moyenne et... par des hausses de tarifs pour les usagers. Depuis l’abandon de l’écotaxe, l’État, contraint par sa.propre rigueur budgétaire, n’a, après avoir émis l’idée d’une taxe sur les carburants, pas trouvé d’autre source de financement que les Français.

Selon le gouvernement, les péages augmenteront de 0,3 % à 0,4 % par an entre 2018 et 2020. Une paille pour le secrétaire d’État, qui juge que « l’impact de l’augmentation sera faible. Par exemple, chez Cofiroute, l’augmentation prévue pour 2018 dans le contrat de concession est de 1,4 %. On passerait à 1,7%. Prévue chez d’autres à 1,1 %, elle monterait à 1,4 % ». Une nouvelle hausse après celle octroyée au 1er février de 1,2 %, alors que, en décembre 2015, la ministre de l’Écologie, Ségolène Royal, déclarait qu’elle excluait toute augmentation des tarifs aux péages, « car l’engagement qui avait été pris était de ne pas dépasser l’inflation et même d'être en dessous compte tenu du pactole que les compagnies autoroutières avaient déjà accumulé dans le passé ». Or, en août, l’inflation était de 0,2 %, soit au-dessous de la hausse de tarification envisagée par le secrétaire d’État aux Transports. Une promesse de plus envolée.

 

Hold-up financier

Pourtant, cette rente des autoroutes a été dénoncée par de nombreux rapports. À commencer par celui de l’Autorité de la concurrence publié en 2014. Depuis la privatisation, les sept sociétés concessionnaires d’autoroutes (SGA) << historiques », qui détiennent les trois quarts du réseau autoroutier français, et sont contrôlées par les groupes français Vinci et Eiffage et l’espagnol Abertis, ont en effet vu leur chiffre d’affaires augmenter de 26 % entre 2006 et 2013, soit une hausse de plus de 1,7 milliard d’euros. Les tarifs ont augmenté bien plus vite que l’inflation. Dans le même temps, les personnels des autoroutes ont été réduits de 17 % depuis la privatisation, et comptent 2776 agents de moins, notamment grâce à la mise en place des guichets automatiques, affirme de son côté la CGT.

Or, malgré les rapports qui ne cessent de sortir, le hold-up financier se poursuit. Ainsi, Autoroutes Paris-Rhin-Rhône (APRR), la filiale de concessions autoroutières du groupe Eiffage, a enregistré une hausse de ses profits sur les six premiers mois de l’année supérieure à 20 %. Et les tarifs, on l’a vu, progressent plus vite que l’inflation.

 

Renationalisation

Concernant la participation des collectivités, « la négociation (...) doit s’ouvrir demain (ce lundi - NDLR) », a confirmé Alain Vidalies. Le secrétaire d’État s’est déclaré confiant dans le fait d’obtenir le financement des collectivités. « Ce ne sont pas des investissements disproportionnés, dans une période où les conditions d’emprunt sont bonnes avec des taux très bas », a-1-il justifié. Et de promettre, pour mieux faire passer la pilule, que « ce milliard d’euros de travaux d’ici à 2019 devait permettre de créer 5 000 emplois ». Une maigre compensation pour des collectivités (communes, départements, régions) qui ont vu leur dotation fondre de près de 3,7 milliards d’euros en 2015 et 2016.

Plutôt que de ponctionner les automobilistes, de pénaliser les contribuables, ou de mettre un coup de frein sur les grands projets dans les transports, comme le préconisait la Cour des comptes fin août, d’autres solutions sont possibles. À commencer par la renationalisation des autoroutes. Rappelons qu’une proposition de loi pour « la nationalisation des sociétés concessionnaires d’autoroutes et l’affectation des dividendes à l’Agence de financement des infrastructures de transports » a été déposée en 2014 par les parlementaires du Front de gauche. Car, « sur 100 euros de péage versés, entre 20 et 24 euros vont directement dans les poches des actionnaires », avait souligné à l’époque leur chef de file à l’Assemblée nationale, André Chassaigne. La nationalisation des autoroutes coûterait entre 20 et 30 milliards d’euros, mais rapporterait environ 40 milliards, selon les parlementaires communistes. « Si le gouvernement est capable de donner 40 milliards pour satisfaire aux appétits du Medef, il doit être capable d’investir pour les autoroutes, investissement qui, selon plusieurs études, serait vite rentabilisé », et pourrait même être financé par « un emprunt souscrit auprès de nos concitoyens », estimaient les élus. « L’argent des péages doit, selon le PCF, servir à financer la transition écologique pour améliorer les transports pour tous. » Une mesure partagée par le député socialiste Jean-Paul Chanteguet, président et rapporteur de la mission d’information parlementaire sur l’écotaxe, qui en 2014 estimait aussi qu'« une telle mesure permettrait de mettre fin à la privatisation de la rente autoroutière, de favoriser la modération des tarifs de péage et de dégager des moyens financiers pour l’Agence de financement des infrastructures de transport en France ».

 

 

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18 septembre 2016 7 18 /09 /septembre /2016 20:28
Photo : AFP Les mots qui fâchent par Philippe Torreton. « Chaque jour nous voyons des images d’êtres humains fuyant la guerre et la misère. »

Photo : AFP Les mots qui fâchent par Philippe Torreton. « Chaque jour nous voyons des images d’êtres humains fuyant la guerre et la misère. »

Chaque jour nous voyons des images d’êtres humains fuyant la guerre et la misère, des embarcations essayant de rejoindre la terre ferme, nous faisons le décompte des noyés, nous voyons les rescapés s’entasser le long de nos frontières closes, nous les voyons arrêtés et frappés par nos polices, nous les voyons s’avilir dans des camps de fortunes, nous voyons ces camps devenir des villes et la misère y avilir les hommes consciencieusement, nous les voyons espérer le cul d’un camion, un bout de tunnel pour quitter leur misère et en rejoindre une autre ailleurs dans une autre langue, pour travailler sans droits, sans syndicat, pour être cette chair à boulots que souhaite le grand capital et sa désormais célèbre flexibilité que des Macron et Gattaz appellent de leurs vœux en marchant.

Une photo nous choque quelques instants. Un reportage nous questionne et puis ça passe. Ça passe parce que nous pensons que cela nous dépasse. Que pouvons-nous y faire ? Ils sont des millions et nous avons déjà nos problèmes, notre pays ne va pas si bien. Notre économie est en panne. Et puis il y a la sécurité. Comment être sûr ? Comment savoir si parmi ces hommes et ces femmes ne se cache pas un terroriste ? Nos gouvernants nous le disent. Et où iraient-ils ? Nous sommes tellement nombreux à avoir des problèmes de logement. Dans quelles écoles ? Pour faire quel métier ? Il n’y a pas assez de travail pour tout le monde. Le président nous l’a laissé entendre, il n’a pas eu de bol avec le chômage. Cette société marchande a réussi à faire de nous, peuple des Lumières, nous derrière les cercueils de Hugo et de Jaurès, un peuple méfiant, un peuple affolé, un peuple replié sur lui-même, aujourd’hui aucune brigade internationale ne partirait d’ici pour aucune Espagne, nous acceptons l’inacceptable, nous acceptons ce jeu politique qui nous fait croire qu’il y a d’autres problèmes, d’autres priorités, qu’il faut penser à nous, faire des réformes dont le pays a besoin. Des populations se noient sur nos rivages européens et nous parlons de réformes, le monde brûle et se consume au rythme de nos obésités grandissantes, mais nous devons réformer. La répartition des richesses alimente les convoitises et les désespérances fanatiques les plus destructrices, mais nous devons réformer.

La planète crève de cette efficacité économique destructrice, mais nous cherchons à la rendre plus performante encore sur ce chemin de mort.


 

Notre pays ne va pas si bien !
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17 septembre 2016 6 17 /09 /septembre /2016 20:48
BRÉSIL - Solidarité avec Dilma Rousseff !

A l’issue d’une mauvaise mise en scène, une majorité de sénateurs brésiliens ont imposé la destitution de la présidente Dilma Rousseff.

Et ceci sans que ses accusateurs aient pu apporter une seule preuve des fautes qui lui sont reprochées. Cette sinistre farce est un crime contre la démocratie brésilienne et une injustice sans nom contre une présidente qui a été élue avec 54 millions de voix en 2014.

Michel Temer, qui usurpe la présidence depuis quelques mois et qui est l’un des principaux animateurs de la campagne en faveur de la destitution de Dilma Rousseff fait, comme 15 des ministres de son gouvernement et deux tiers des sénateurs et députés brésiliens, l’objet d’enquêtes et poursuites pour corruption. La décision qui vient d’être prise par les sénateurs n’est qu’une tentative de donner un air de légitimité à un véritable coup d’État qui met le Brésil entre les mains du secteur financier et des grands groupes et intérêts économiques empressés de reprendre la direction du pays.

Déjà, le gouvernement provisoire présidé par Michel Temer a commencé à s’attaquer aux politiques sociales qui ont sorti de la pauvreté des millions de personnes. L’austérité se met en place et des droits sont mis en cause. Les institutions et la politique perdent toute crédibilité.

Le PCF exprime toute sa solidarité à la présidente Dilma Rousseff et apporte son soutien le plus déterminé aux mobilisations du peuple brésilien contre le coup d’État en cours, et aux forces de gauche qui s’attellent déjà à la reconstruction d’une alternative politique capable de refonder la démocratie brésilienne !

 

Exclusif. Extrait de l'interview de Dilma Rousseff

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