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4 mars 2017 6 04 /03 /mars /2017 23:52
Photo : AFP

Photo : AFP

Les mots qui fâchent par Philippe Torreton.

Ceci sera ma dernière chronique dans l’Humanité.

À moins qu’en lieu et place de ce billet, on me laisse écrire chaque semaine une recette de cuisine ou des conseils de jardinage, car le reste me procure un profond dégoût. Comme beaucoup d’entre vous, j’espérais de cette élection : nous avions rendez-vous avec l’Histoire, je l’ai dit à Jean-Luc Mélenchon. Jeudi 23 février dernier, les portes n’étaient pas officiellement fermées au dialogue, même âpre et tendu. Mais cet entrebâillement, reconnaissons-le maintenant, n’était que posture. Je ne sais pas si la gauche y laissera des plumes et, pour tout vous dire, je m’en moque un peu de la gauche, si la gauche c’est ce résultat. Ce qui est grave pour moi, c’est que l’écologie soit passée tout près d’une victoire historique et qu’elle va retomber dans les oubliettes des préoccupations politiques. La gauche va regarder Marine Le Pen, François Fillon et Emmanuel Macron, ils devront beaucoup à Benoît Hamon et Jean-Luc Mélenchon. Maintenant, vient le temps des vrais débats sérieux, qui fleurent bon le terroir et l’encaustique, la baisse des dépenses publiques, celle des charges qui pèsent sur les entreprises, la réduction du nombre de fonctionnaires, la recherche sur le gaz de schiste, la flexibilité, la quête de croissance, la sécurité, les valeurs de la France, la laïcité instrumentalisée… Car, c’est cela, ce non-accord : un blanc-seing pour la droite. Chacun reconnaissant qu’il vaut mieux la droite qu’un compromis. Pourtant, il me semble qu’un compromis, même en mordant sa chique, aurait soulagé bien de la misère en France ; un compromis aurait peut-être permis à quelques centaines de milliers de personnes de retrouver un toit ; un compromis, même tiré par les cheveux, aurait pu améliorer les conditions de travail de centaines de milliers de travailleurs au bout du rouleau ; un compromis aurait sûrement sauvé des sites naturels, rendu respirable de l’urbain asphyxié, amélioré la santé des plus faibles, remis à l’école des errances, donné de l’espoir aux enseignants et calmé la police en la rapprochant du peuple. Ils n’avaient pas envie de ça, nos deux têtes… d’affiche. Peut-être que la France ne va pas si mal que ça, finalement. Si ça se trouve, je me monte le bourrichon. Peut-être que tout cela peut attendre… Voilà, chers amis, je laisse la case à un poète qui saura donner dans l’allusif. Maintenant que la bataille est perdue, on peut penser à autre chose. Si vous êtes intéressés par ma recette de terrine de lapin façon mémé, écrivez au journal, qui transmettra. Fraternellement.

 

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2 mars 2017 4 02 /03 /mars /2017 21:41
Anne Tursz : « pour les enfants, curieusement, les responsables politiques ne se sentent guère 'obligés' » Photo : Géoffroy Ven Der Hasselt/AFP

Anne Tursz : « pour les enfants, curieusement, les responsables politiques ne se sentent guère 'obligés' » Photo : Géoffroy Ven Der Hasselt/AFP

Entretien réalisé par Alexandre Fache - Jeudi, 2 Mars, 2017 - Humanite.fr

 

Épidémiologiste et directrice de recherches à l'Inserm, la pédiatre Anne Tursz est l'une des meilleures spécialistes françaises de la maltraitance des enfants. Elle juge pour l'Humanité le plan présenté mercredi 1er mars 2017 par la ministre Laurence Rossignol.

 

Un plan spécifique pour lutter contre les violences faites aux enfants, c'est une bonne chose?

Anne Tursz. Bien sûr. Car il s'agit d'un problème majeur, qui méritait une mobilisation des pouvoirs publics, et une prise de conscience de la société dans son ensemble, comme celle intervenue sur les violences faites aux femmes. Ce plan arrive certes tard dans ce quinquennat, mais en la matière, mieux vaut tard que jamais. La protection de l'enfance a aussi fait l'objet d'une loi l'an passé. On ne peut donc pas dire que rien n'a été fait. Le problème, c'est de savoir ce que les successeurs de ce gouvernement feront de ce plan, s'il l'appliqueront ou pas. Cela concernerait les animaux ou les personnes âgées, je serais relativement optimiste... Mais pour les enfants, curieusement, les responsables politiques ne se sentent guère 'obligés'.

 

Quelle mesure vous paraît-elle la plus intéressante?

Anne Tursz. Celle qui entend aider le secteur médical à participer vraiment à la collecte d'informations, au repérage et au signalement des enfants maltraités. Aujourd'hui, les médecins ne sont absolument pas impliqués là dedans. Ils n'ont pas été formés pour ça, ça ne les intéresse guère, voire ça les barbe franchement. C'est pourquoi l'idée d'un médecin référent sur ces violences dans chaque hôpital est très intéressante. Ca va coûter un peu d'argent. Espérons que cela sera quand même mis en oeuvre. Car comme le disait la Haute Autorité de Santé dans son rapport de 2014, il ne faut surtout pas rester dans la solitude face à ces problèmes. Ce médecin référent doit être un relai, une ressource, une aide pour les autres professionnels qui ne savent pas toujours quoi faire.

 

Le problème avec la maltraitance des enfants est aussi le manque de données fiables, la méconnaissance de ce fléau en profondeur...

Anne Tursz. Oui et à ce titre, la mesure consistant à prévoir une autopsie obligatoire en cas de mort inexpliquée des enfants de moins de deux ans va dans le bon sens... Si toutefois elle est appliquée, car beaucoup y sont encore hostiles. Et puis il y a tous les cas qui restent en dehors des radars. Par exemple, ceux où les médecins de famille ferment les yeux sur des violences. Ce qui introduit une forme de sélection sociale: dans les milieux défavorisés, il n'y a souvent pas de médecin de famille, donc, en cas de problème, ce sont les pompiers qui interviennent. Lesquels sont tenus d'appeler la police, qui, elle, doit aviser le procureur. Là, pas de problème. La dissimulation est plus aisée quand il y a un dialogue entre un médecin de famille et des parents, disons, bien sous tous rapports. Or, les violences existent aussi dans ces milieux là.

 

Le plan se propose de rendre public chaque année le nombre d'enfants morts suite à des violences intrafamiliales...

Anne Tursz. Pourquoi pas... Mais cette disposition est un peu naïve car ce chiffre va être très compliqué à déterminer. Certes, les morts, a priori, c'est ce qu'il y a de plus facile à mettre au jour. Mais en réalité, en fonction des classes d'âge, il existe des définitions différentes de la maltraitance. Ce ne sont pas non plus les mêmes acteurs qui interviennent. Bref, il faudra un gros travail pour tout remettre à plat avant de se lancer. Ce qui n'évitera pas les oublis ou les doublons. Un chiffre annuel pour marquer les esprits, d'accord. Mais il pourra difficilement être un indicateur fiable de suivi des tendances.

 

Des enfants tués par leurs parents, cela émeut logiquement l'opinion, l'écho médiatique est souvent fort. Non sans effets pervers, dites vous. Lesquels?

Anne Tursz. Ces faits divers horribles attirent l'attention sur eux parce qu'ils sont 'croustillants'. Mais ils sont tellement horribles qu'on peine à croire qu'il y en a en réalité des centaines par an. Cela alimente le déni. Or, si: il y en a des centaines par an. Les quelques affaires qui font donc les Unes des journaux font ainsi figure d'arbre qui cache la forêt. Plus insidieusement, ils dédouanent aussi les parents qui font subir à leur(s) enfant(s) une éducation brutale et une pedagogie à base d'interdits, de gifles, etc... Ces derniers peuvent se dire: 'ça va, je n'en suis tout de même pas là'. Or, il n'y a pas de limite claire entre la maltraitance et la violence éducative ordinaire.

 

Le plan présenté par Laurence Rossignol entend justement promouvoir une éducation non violente, par le biais de livrets donnés aux parents, à la naissance, et, nouveauté, au début de l'adolescence. Ca peut marcher?

Anne Tursz. L'intention est excellente. Mais, là aussi, croire que ces livrets vont règler le problème apparaît un peu naïf. Tous les parents ne sont pas capables d'offrir à leurs enfants une éducation positive, non violente, favorisant leur épanouissement. Notamment ceux qui ont eux mêmes subi des enfances très difficiles ou très violentes. De fait, tous les parents ne sont pas capables de supporter la frustration, ou d'écouter hurler un enfant dix nuits de suite. Certes, le livret peut rassurer en partie certains d'entre eux, leur montrer qu'ils ne sont pas seuls dans la difficulté. Mais cela ne suffit pas. Ainsi, dans une recherche (1) menée il y a dix ans avec d'autre collègues (et qui avait été totalement enterrée par le ministre de l'époque, Xavier Bertrand), nous avions insisté sur la phase pré-natale : l'entretien prénatal précoce, le dépistage des familles vulnérables... Or, ces idées ont disparu du plan actuel. Et surtout, cela ne se fait pratiquement plus dans les faits. Pourtant, la vraie prévention, c'est ça: l'identification des facteurs de risques de maltraitance.

 

Le plan préfère en appeler aux voisins, en les invitant à dénoncer de potentiels faits de maltraitance. "Enfants en danger, dans le doute, agissez", proclame le slogan. C'est légitime?

Anne Tursz. Quand on entend un enfant pleurer régulièrement, continuellement, près de chez soi, la loi oblige déjà à agir. Le signalement peut être le fait de voisins, mais il doit surtout être initié par les professionnels (médecins, infirmières...). D'aucuns disent que ça va favoriser la délation. Mais la délation n'a pas attendu ce dispositif pour exister. La vraie question est de savoir si le numéro vert 119 (Allo Enfance en Danger), déjà saturé, pourra absorber et traiter toutes ces informations. Surtout, ce qui fera vraiment avancer les choses, c'est que chacun prenne conscience que les enfants n'appartiennent pas à leurs parents. Comme le rappelle la Convention internationale des Droits de l'Enfant, ce sont des personnes à part entière, qui ont des droits. Or, on ne rappelle jamais cette évidence. Résultat: la plupart des parents en France pensent que leurs enfants leur appartiennent. La maltraitance démarre là. Heureusement, tous les parents ne sont pas nocifs pour leurs enfants. Mais certains le sont, et la société a le devoir de les protéger.

(1) "Violences et santé", Documentation française, 2006

Le petit Lilian (4 ans) assassiné le 21 février à Lempdes (63)

Lilian a été découvert inanimé le 21 février dans l’appartement de sa mère et de son beau-père. Ce dernier est aujourd’hui poursuivi pour coups mortels. photo d’archives Pierre Couble © Pierre COUBLE

Lilian a été découvert inanimé le 21 février dans l’appartement de sa mère et de son beau-père. Ce dernier est aujourd’hui poursuivi pour coups mortels. photo d’archives Pierre Couble © Pierre COUBLE

Lilian, 4 ans, a succombé le 21 février sous les coups présumés de son beau-père, à Lempdes (Puy-de-Dôme). Le père de l’enfant avait pourtant dénoncé dès 2015 des violences commises par le suspect sur son fils. En vain.

 

La procédure date du 6 août 2015. Ce jour-là, le père récupère son petit garçon chez son ex. Il constate aussitôt que Lilian, âgé de 2 ans, présente de nombreux bleus. De retour à Thiers, le père inquiet file à la gendarmerie. Et dépose aussitôt plainte pour violences volontaires contre le beau-père, le nouveau compagnon de la mère du garçonnet.

Terrible enchaînement

Puis le père se rend à l’hôpital local. Il en ressort avec un certificat médical circonstancié. Le document, que nous avons pu consulter, n’établit pas d’ITT. Mais il confirme la présence « d’érythèmes et d’hématomes » sur les joues, le cuir chevelu, les lèvres et la poitrine de l’enfant.

Sur la base de ces suspicions de maltraitance, Me Anne-Laure Lebert, l’avocate du papa, demande le transfert de la résidence principale de Lilian. Le juge aux affaires familiales (JAF) la suit en janvier 2016. L’enfant revient donc s’installer à Thiers.
Cette décision est pourtant vite remise en cause par une enquête sociale dévastatrice pour le père.

« À défaut de preuves […], les traces de violences constatées par le médecin pourraient aussi être le fait du père », se hasarde même l’enquêtrice. Dénonçant des conclusions « à charge », « sans neutralité ni mesure », Me Lebert réclame un nouveau rapport. En vain. En juin 2016, le JAF tranche : Lilian doit retourner au domicile de sa mère.

Mais le père refuse d’obtempérer. Il est placé en garde à vue en juillet. Sans effet. Rebelote en novembre. Avec, cette fois, des conséquences lourdes : les gendarmes récupèrent Lilian et le remettent à sa mère. Trois mois plus tard, l’enfant est découvert inanimé, à Lempdes, dans le logement de la jeune femme et de son compagnon…

L’autopsie révèle notamment une fracture du crâne.  Le beau-père, âgé de 22 ans, déjà condamné plusieurs fois pour violences, est mis en examen deux jours plus tard pour coups mortels et placé en détention provisoire (*)

 

Le père accusé de "dénonciations mensongères"

Dans l’intervalle, qu’est-il advenu de la plainte déposée en août 2015 ? Le beau-père et la mère de Lilian ont été entendus par les policiers clermontois en septembre 2016. Le premier jure alors n’avoir jamais frappé l’enfant. La seconde confirme en bloc. Le duo va jusqu’à accuser le père de « dénonciations mensongères ».

Conséquence : la procédure – parmi les centaines de signalements traités chaque année par la brigade des mineurs – est classée sans suite par le parquet en octobre.

D’où cette question, terrible, mais inévitable : y a-t-il eu dysfonctionnement ? « L’interrogation est légitime, répond Éric Maillaud, le procureur de la République. J’ai tout examiné en détail. Et mon sentiment, c’est que tout a été fait raisonnablement. L’enquête pénale pour les violences a été traitée. Il n’a malheureusement pas été possible de caractériser l’infraction. Le dossier était suivi de près par le JAF. Nous avions aussi saisi le juge des enfants. La mairie a enfin déclenché une enquête sociale. Toutes les institutions ont réagi avec célérité ».

"Il s’est démené pour attirer l’attention sur le danger qui menaçait Lilian, mais il n’a pas été entendu."

Me Lebert

« Personne ne peut dire, de manière audible, qu’il n’y a pas eu des dysfonctionnements graves, s’insurge à l’inverse Me Lebert. Alors qu’il existait un certificat accablant, les seules investigations pénales ont consisté à auditionner le beau-père et la mère, plus d’un an après, pour classer le dossier sans suite. »

« Mon client, poursuit-elle, a fait ce qu’il devait le jour-même pour faire reconnaître les violences : déposer plainte et les faire constater médicalement. Il s’est démené pour attirer l’attention sur le danger qui menaçait Lilian, mais il n’a pas été entendu. C’est dramatique. Son refus de rendre l’enfant à la mère était tout à fait justifié. Lui, au moins, n’a pas failli. » 

(*) Il nie les faits et reste à ce stade présumé innocent.

Stéphane Barnoin - La Montagne

 

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28 février 2017 2 28 /02 /février /2017 21:44
Prendre le pouvoir sur l’argent !

La deuxième rencontre nationale du PCF, à la Bellevilloise (Paris), le 28 février dernier, a été consacrée à la question de l’argent, à son utilisation.

Pourquoi sur l’argent ?

Parce que les questions de l’argent sont des questions majeures. Il y a besoin de donner un sens dans le débat politique, il faut désigner un ennemi, et l’ennemi, ce n’est pas l’immigré, ce n’est pas le coût du travail, l’ennemi, c’est le capital financier. On dit la finance de façon un peu vague, le mot plus juste est le capital financier. Et l’enjeu, c’est de prendre le pouvoir sur l’argent. C’est ce sur quoi la gauche a buté depuis 1983. Et sur laquelle elle bute de façon récurrente.

C’est la question majeure, donc, et en même temps c’est la question dont les gens commencent à être conscients. Il faut arriver à éclairer cet enjeu, en indiquant que finalement le point clé, c’est les banques. Ce qu’il faut changer, c’est la logique dans laquelle l’argent est utilisé. Cela veut dire quoi ? Cela veut dire qu’aujourd’hui, cette logique vise à baisser le coût du travail. Or il s’agit de l’utiliser pour baisser le coût du capital, afin de faire des dépenses de développement, d’autres dépenses, dans les entreprises (salaires, investissements efficaces), dans la formation, la recherche, la protection sociale, les transports, l’école…

Et puis, alors qu’il est beaucoup question d’unité à gauche, le point clé pour avancer vers cette unité, c’est d’avancer sur la question de l’argent.

En désignant le capital financier comme ennemi, c’est aussi une façon de conjurer les périls de l’extrême droite qui, derrière l’immigré, s’en prend aux salariés, aux dépenses sociales. Le Pen, Fillon, Macron, c’est pas touche au capital.

Après la rencontre, l’idée est d’aller vers des initiatives dans les fédérations, ou localement, notamment sur l’idée d’un pôle public bancaire pour pratiquer un autre crédit, un crédit qui appuie des projets de développement de l’emploi.

On veut fournir un vadémécum pour des initiatives à partir d’un cas de lutte d’entreprise, ou de fermeture d’un service public, ou d’une collectivité locale en difficulté ; on veut faire monter dans le débat public l’idée qu’il faut un autre crédit et qu’il y ait une interpellation des forces de gauche sur ces enjeux.


 

Prendre le pouvoir sur l’argent !
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L'HUMAIN AVANT TOUT Canton de Pont-du-Château - dans Société Elections
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27 février 2017 1 27 /02 /février /2017 21:25
Photos : Joël Saget/AFP

Photos : Joël Saget/AFP

Rappel des faits. Alors que les appels au rassemblementse multiplient, les représentants des forces de gauche ont entamé des discussions. Citoyens et citoyennes prennent la parole.

À quelles conditions le rassemblement à gauche est-il encore possible ?

Un moment historique

par Marie-Jean Sauret, psychanalyste

Anticipons de quelques années. La logique néolibérale débouche sur les catastrophes annoncées. Les mêmes causes produisant les mêmes effets, le clash économique planétaire est cette fois sans recours bancaire, étatique ou privé ; la catastrophe écologique est terrible et ingérable : les eaux ont inondé des pays entiers ; la chaleur est quasi irrespirable sur la surface de la planète ; la majorité des espèces animales et végétales ont disparu ; tempêtes et inondations sont quotidiennes ; le peu d’alimentation en provenance des endroits où l’élevage et l’agriculture ont été préservés est polluée, comme sont pollués l’air et l’eau. La faillite politique est à son comble : rien ni personne n’est susceptible d’imposer la moindre autorité (à quelques îlots dictatoriaux et criminels près) et de fonder les communautés sur la moindre valeur ; les conflits se règlent par la guerre civile, et la guerre est quasi générale. La crise sociale est mondialisée : des peuples entiers migrent, chassés par les guerres, les inondations, la famine, le réchauffement climatique et aucun État, ni aucune ONG n’ont désormais les moyens d’accorder le moindre accueil ou secours ; la pauvreté est généralisée ; le chômage est devenu la règle générale ; la situation sanitaire est cataclysmique, et il y a longtemps que les avantages sociaux et les systèmes de soins sont en faillite…

Voilà le monde que nous construisons pour nos petits-enfants.

Et maintenant, imaginons l’improbable : seuls Marine Le Pen et le Front national disposeraient de la clef de ce problème susceptible d’éviter l’échéance finale. Hésiterions-nous à voter Le Pen ? Les catastrophes annoncées sont en effet pires que Le Pen. Il faut pourtant se ressaisir et se rappeler que la politique de Le Pen participe de la logique de la globalisation qui va déboucher, à moyen terme, sur le tableau apocalyptique ci-dessus.

Mais il convient de se souvenir que le social-libéralisme est, partout où lui et ses proches ont gouverné, responsable des avancées de cette logique, parfois plus que les partis de droite. Jacques Delors a donné à la Communauté économique européenne l’impulsion libérale décisive quant à l’orientation de l’Europe actuelle. Aux États-Unis et dans le monde, Clinton a fait plus que les Bush ; en Grande-Bretagne, Tony Blair plus que Margaret Thatcher ; en France, le second Mitterrand a plus nationalisé que la droite française, et Jospin et Hollande libéralisé plus que Chirac et Sarkozy, etc. Et l’Europe ordolibérale maltraite les Grecs, pactise avec les dictateurs, laisse s’opérer tel ou tel massacre de population, regarde les migrants se noyer…

Alors, si les catastrophes annoncées sont pires queLe Pen, allons-nous agiter le chiffon Le Pen pour se contraindre à rallier Hamon (sauf un accord sur un programme de rupture) et le cortège du PS dont on sait la responsabilité dans la situation actuelle et celle qui pourrait advenir ?

Il n’y a qu’un vote utile, qu’un vote de rupture, qu’un vote qui envisage le dérèglement de la logique néolibérale (à supposer qu’il soit encore temps) : celui de la France insoumise. Le temps n’est plus aux discussions de salon. Untel n’aime pas la personnalité de Mélenchon ? Mais est-ce qu’il préférerait mourir noyé au motif que son sauveteur n’a pas le « look » convenable ? D’où vient cette recrudescence meurtrière du narcissisme (délit de faciès) à cet endroit ?

D’autres font le calcul de gagner l’élection avec Hamon et de se retourner ensuite pour détruire le parti du social-libéralisme : un peu comme si l’on commençait à soigner la patte brisée d’un chien enragé et à attendre qu’il soit remis avant de tenter de l’abattre ! Il s’en trouve même pour dénier la réalité de la menace au motif que nous n’en serons sûrs qu’avec sa réalisation : no comment.

Sans doute le plus grand nombre a peur d’un changement engageant chacun à sa suite. À dire vrai, ce sont sans doute des croyants, ceux qui espèrent gagner du temps en écartant à coup sûr Le Pen au profit de Hamon : dans le temps gagné, Dieu devrait bien faire quelque chose pour sauver sa création, à moins que ne survienne enfin l’homme providentiel !

Aimons-nous la vie ? Pas la nôtre, celle de ceux qui viendront après nous ?

Outre que la catastrophe est imminente et que le temps ainsi gagné est du temps perdu pour l’éviter, il n’y a pas d’autre homme providentiel que celui que nous porterons à la tête du mouvement décidé à changer les choses. De la même façon que les républicains américains qui ont choisi Hilary Clinton plutôt que Bernie Sanders ont de fait choisi Trump plutôt que Sanders, de la même façon choisir un social-libéral plutôt qu’une candidature de rupture revient à préférer Le Pen à Mélenchon.

Il nous revient de créer cette condition d’une chance de survie. Le PCF s’honorerait de ne pas participer au démenti du réel sur lequel nous courons le risque de nous fracasser si rien n’est fait. Au fond, pas d’autres femmes et hommes providentiels que celles et ceux qui auront le courage d’engager par leur vote ce changement de logique, maintenant.

Ne ratons pas ce moment historique et pensons aux générations qui pourraient nous suivre. Ne sacrifions pas l’avenir à notre peur de Le Pen.

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L'HUMAIN AVANT TOUT Canton de Pont-du-Château - dans Elections Billet d'humeur
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26 février 2017 7 26 /02 /février /2017 22:28
Photo twitter @cecilealduy

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Cécile Alduy - Dimanche, 26 Février, 2017 - Humanité Dimanche

 

Dans cette année électorale à hauts risques, la campagne pour l’élection présidentielle présente un niveau d’incertitude inédit, sous lequel se dessine une reconfiguration profonde du champ politique. S’y greffent « la confusion des signes et le brouillage de la parole politique », observe Cécile Alduy. 

Cécile Alduy. « Quand les mots du politique sont brouillés et dénaturés, c’est la démocratie qui perd » !

Professeure de littérature française à Stanford University (Californie) et chercheuse associée au Cevipof (Sciences-Po), elle « ne s’intéresse pas au ballet des personnes, mais à la dynamique des discours ». Alors pour savoir « Ce qu’ils disent vraiment » – titre de son récent ouvrage –, elle a appliqué à l’expression publique, de 2014 à 2016, des candidats Le Pen, Fillon, Mélenchon et de ceux qu’ils ont supplantés – Hollande, Sarkozy, Juppé – une analyse scientifique utilisant programmes informatiques et grille de lecture sémiotique fine. Afin de « dégager les structures profondes et la vision du monde et de la société française des principales figures qui façonnent le débat politique ». Elle en présente ici les principaux enseignements et enjeux.

Rarement bataille pour l’élection présidentielle aura été une équation à autant d’inconnues. De primaires en scandales à rebondissements, de ralliements transpartisans en défections individuelles, le plus grand flou règne sur le scénario même de la campagne : quels candidats seront vraiment en lice ? Avec quels programmes ? Sur quels thèmes vont-ils s’affronter ? Au-delà du casting à suspense, c’est une reconfiguration profonde du champ politique qui s’annonce, avec une quadri-polarisation inédite (FN, droite, centre, gauche) qui perturbe le jeu traditionnel de la Ve République et redistribue les cartes – et les mots – sur l’échiquier politique. Car, aux inconnues traditionnelles de tout scrutin (abstention, mouvements d’opinion, aléas de campagne), s’ajoute une source d’incertitude plus retorse, plus dommageable aussi pour le jeu démocratique : la confusion des signes et le brouillage de la parole politique.

Comment s’y repérer en effet lorsque Emmanuel Macron cite tantôt Jean Jaurès, Pierre Mauroy ou Roger Salengro le 14 janvier 2017 à Lille, en terres autrefois socialistes, tantôt encense Simone Veil, Jacques Chirac et Philippe Séguin, dans un appel du pied aux déçus du fillonisme le 4 février à Lyon ? Ou lorsque, en pleine primaire de la Belle Alliance populaire, Manuel Valls reprend à la droite sarkozyste et au Front national le concept d’« assimilation » comme critère d’accès à la nationalité française, après s’être interrogé pendant l’été 2016 sur la compatibilité de l’islam avec la République ? Comment ne pas être perplexe quand François Fillon, fier descendant d’une famille de Vendéens convaincus, récupère les symboles de la Révolution de 1789, moment fondateur du clivage droite/gauche, et promet de « faire tomber les Bastilles », pour ensuite préciser : « La Bastille des 35 heures. La Bastille du Code du travail… La Bastille de l’impôt confiscatoire… La Bastille de la dépense publique… La Bastille de l’égalitarisme… La Bastille de l’assistanat » ? Mme Le Pen avait déjà fait une OPA sur la laïcité en 2012. Elle campe à présent en féministe à tous crins, citant Simone de Beauvoir et Badinter. Dans cette stratégie rhétorique d’accaparement permanent des références historiques et des mots valeurs du camp adversaire, on ne s’étonnera bientôt plus que la seule personnalité citée dans le programme du Front national soit… Jean Zay, ministre de l’Éducation du gouvernement Blum, résistant emprisonné par Vichy, panthéonisé par François Hollande.

Polysémique « système »
Sur cette carte politique en pleine reconfiguration, les repères lexicaux et idéologiques des camps en présence sont devenus des sables mouvants où se perdent citoyens et commentateurs. Or la délibération démocratique ne peut avoir lieu, et faire avancer la France, lorsque glissements de sens et brouillage des valeurs érodent ou dénaturent les mots mêmes qui devraient constituer le socle d’une identité et d’un avenir communs.

Au titre des mots flous que tous se disputent comme l’étendard de la victoire, « système », « caste » et « révolution », mots polysémiques que chacun remplit en fonction de ses animosités et de son programme. De Le Pen à Mélenchon en passant par Fillon et Macron, tous dénoncent « le » système, alors même que chacun désigne par ce mot une réalité différente : un mode de représentation politique et des médias qui l’excluent du pouvoir pour Mme Le Pen, une administration étatique « à bout de souffle » qui étouffe l’énergie des Français pour Fillon, les vieux appareils partisans et le clivage droite/gauche pour Macron, la structure de domination sociale et de dévastation écologique du système capitaliste pour Jean-Luc Mélenchon. Le point commun ? Tous entendent s’exclure du fameux « système » qu’ils dénoncent et se soustraire ainsi opportunément à la vindicte populaire qu’ils attisent en lançant en pâture des boucs émissaires.

Loin d’avoir un sens précis, ces mots à la mode sont à la fois le symptôme du malaise démocratique actuel, où il vaut mieux se positionner en « outsider » que s’exposer au dégoût des Français pour la classe politique, et une sorte de blanc-seing brandi par chacun comme une preuve de virginité et de radicalité. Font-ils avancer le débat sur ce qu’il faudrait changer ? Clarifient-ils les positions, explicitent-ils les valeurs de chacun ? Garantissent-ils que les programmes proposés produiraient des résultats tangibles, mesurables ? Non. On est dans la politique émotionnelle et fusionnelle, où agiter des mots étendards aussi vagues que doux à l’oreille de citoyens mécontents tient lieu d’explication du monde.

Reprendre les mots « volés », disait Jean-Luc Mélenchon dans « l’Ère du peuple » : « Commença une ère spéciale. Non plus celle de l’abus de langage traditionnel chez tant de politiciens. Mais l’ère du vol des mots. Les mots furent confisqués et mis sur des objets sans rapport avec eux. Sans les mots pour parler des réalités qui nous intéressent, comment penser correctement ? Et même comment penser tout simplement ? » s’interrogeait-il.

La langue, ce bien commun
Effectivement, il serait temps que la gauche reparle des droits des femmes – selon notre étude, « Ce qu’ils disent vraiment » (voir « Pour en savoir plus » ci-contre – NDLR), c’est bien Mme Le Pen qui a le plus parlé des femmes ces trois dernières années –, de laïcité – là encore, le Front national est en tête –, mais aussi de ces mots simples et forts qu’elle a abandonnés, au premier rang desquels l’égalité, parent pauvre du discours politique. Même Jean-Luc Mélenchon parle davantage des « entreprises » que d’« égalité » ; et le mot valeur qu’il utilise le plus est la « souveraineté ».

Mais il faudrait aussi se départir des mots fourre-tout, des mots flous, des mots faux qui caressent dans le sens du poil rancunes et rancœurs, fussent-elles légitimes. Quand Jean-Luc Mélenchon se dispute avec Marine Le Pen le « peuple » et qu’il s’insurge dans les mêmes termes contre les « européistes », les « eurobéats » et la « caste politico-médiatique », leurs différences idéologiques risquent de s’effacer aux yeux des électeurs, plus sensibles aux similitudes de rhétorique et de ton.

Dans son ouvrage prémonitoire sur le totalitarisme, « Psychologie des foules », Gustave Le Bon écrivait en 1895 : « La puissance des mots est si grande qu’il suffit de termes bien choisis pour faire accepter les choses les plus odieuses. » Prenons garde que, à force de brouiller notre bien commun, la langue, et de vider les mots de tout contenu stable et tangible, nos représentants ne préparent les électeurs à succomber aux séductions démagogiques les plus dangereuses.

 

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L'HUMAIN AVANT TOUT Canton de Pont-du-Château - dans Elections Politique
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25 février 2017 6 25 /02 /février /2017 23:04

SOMMAIRE : Fillon chante les joies de l’anarchie / violences policières, racisme en embuscade / la paix au Pays basque / une météo nucléaire toujours printanière !

Ndlr : Nous ne partageons pas la totalité du contenu mais pensons que cela mérite d'être vu !

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23 février 2017 4 23 /02 /février /2017 20:43
Le centriste François Bayrou (MoDem) ne sera pas candidat à l'élection présidentielle et propose une alliance à Emmanuel Macron (En Marche!), a-t-il annoncé ce mercredi lors d'une conférence de presse. Emmanuel Macron a immédiatement accepté l'alliance proposée par François Bayrou.
Le centriste François Bayrou (MoDem) ne sera pas candidat à l'élection présidentielle et propose une alliance à Emmanuel Macron (En Marche!), a-t-il annoncé ce mercredi lors d'une conférence de presse. Emmanuel Macron a immédiatement accepté l'alliance proposée par François Bayrou.

Le centriste François Bayrou (MoDem) ne sera pas candidat à l'élection présidentielle et propose une alliance à Emmanuel Macron (En Marche!), a-t-il annoncé ce mercredi lors d'une conférence de presse. Emmanuel Macron a immédiatement accepté l'alliance proposée par François Bayrou.

MMB : Macron-Macri-Bayrou

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, Macron n’est pas la déclinaison latine de Macri, l’argenté président argentin. Les deux sont, cependant, belles gueules, sympas, anciens de la haute finance, des juteuses affaires mais mon dieu, cela est plutôt rassurant. Ils n’auront pas la tentation de piquer dans les « qu’est-ce », dans l’argent public, d’embaucher femmes, amantes, voisines, fils, fille...

Les deux, jeunes carnes de la vieille recette ultralibérale, ont remisé leurs fringues habituelles, pour « faire peuple », et se présentent comme des « hommes nouveaux ». Ils disent au peuple « ce qu’il veut entendre ». Belle éthique politique ! Et les médias les gonflent comme des baudruches. Ils sont de purs produits marketing au service du capital. Mais c’est ainsi l’on amène les pauvres à voter pour les riches. Terrifiant. Sordide. Tragique. Pendant la campagne électorale, ils ont la morgue rentrée, le mépris en sourdine, le sourire de commande ; ils aiment tout le monde, fellahs et compagnons de Bigeard, spécialistes de corvées de bois et Yveton, notre camarade... Entre les peuples et leurs bourreaux, ils s’écrient : « je vous ai compris... ».

N’est pas Grand Charles qui veut.

 

Macron, l’homme de Rothschild, devra s’expliquer sur le financement de sa campagne. Macri, lui, l’homme des « fonds vautours », impliqué dans les dissimulations d’argent au fin fond des paradis fiscaux, aime les enfants au point de leur donner un verre de lait par jour dans les écoles. L’un comme l’autre sont des marionnettes libérales, des bulles vides de vrai sens, mais iridescentes, séduisantes, trompeuses, pour nourrir et faire perdurer le système.

 

Et voici que François Bayrou monte sur cet attelage macromiconesque. Reconnaissons qu’il est plus « fût-fût » politiquement que Macreuse, moins creux, et sans doute moins ri pou que Fils de Lyon et que le jeune étalon qu’il a choisi. Chacun sait que la bulle Macron explosera en vol. Maintenant, il y a la bulle Macron-Bayrou : tout faire pour empêcher la gauche d’être au second tour. Si vous voyez passer une étrange montgolfière, libérale, laissez-la dériver un peu plus, vers la droite. Macron-Macri-Bayrou. Trois pour un.

Le centre, étymologiquement, est « le lieu de nulle part ».

Donc à droite. Le centre n’est que la feuille de vigne écornée de la droite, et pas autre chose.

Heureusement qu’à Pau, il nous reste toujours le Jurançon !


 

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21 février 2017 2 21 /02 /février /2017 23:12

Il y a 73 ans, le 21 février 1944, les 22 membres du groupe Manouchian sont arrêtés, condamnés à mort et fusillés le même jour au Mont-Valérien. Olga Bancic, la seule femme du groupe, sera envoyée en Allemagne et décapitée le 10 mai 1944. Onze ans plus tard, Louis Aragon leur rend hommage en un magnifique poème Strophes pour se souvenir . En 1959, Léo Ferré le met en musique, le chante et le fais connaître sous le titre l'Affiche Rouge. Le groupe Manouchian, du nom de leur chef Missak Manouchian, était formé de résistants communistes membres des Francs-tireurs et partisans - Main-d’œuvre immigrée (FTP-MOI). 

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20 février 2017 1 20 /02 /février /2017 20:59
Une pétition du député André Chassaigne pour une candidature unique de la gauche !

André Chassaigne, député communiste du Puy-de-Dôme, est à l'origine d'une pétition qui appelle à une candidature unique à gauche à l'élection présidentielle. 

André Chassaigne, député communiste du Puy-de-Dôme, président du groupe Gauche démocrate et républicaine à l’Assemblée nationale, a signé une pétition, qui connaît beaucoup de succès et qui appelle à une candidature unique de la gauche à l’élection présidentielle :

« Cette initiative est dans le droit fil des décisions de la conférence nationale du PCF qui avait adopté deux options : le soutien à la candidature de Jean-Luc Mélenchon mais aussi, voulu par une très large majorité de militants, la nécessité pour le parti de continuer à œuvrer jusqu’au bout à la recherche d’une candidature commune de la gauche pour empêcher la victoire de la droite ou de l’extrême droite. Après la primaire du PS, c’est devenu possible, et il fallait faire bouger la direction du PCF arc-bouté sur la candidature de Mélenchon. Les dirigeants du parti doivent travailler en urgence sur une candidature de rassemblement à partir d’une plate-forme commune avec les Insoumis de Mélenchon, le PS, les Verts et les communistes. L’intérêt du pays doit l’emporter sur les ego face aux menaces représentées par la droite dure et l’extrême droite sur nos acquis sociaux. »

(pour signer adresser vos messages à :  : choixclair@gmail.com) :

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19 février 2017 7 19 /02 /février /2017 23:03
Jeudi soir, plusieurs organisations syndicales et militantes ont annoncé un rassemblement national à la veille du premier tour de l’élection présidentielle. Une initiative inédite qui a pour but de mettre la question sociale au cœur des enjeux politiques.

Jeudi soir, plusieurs organisations syndicales et militantes ont annoncé un rassemblement national à la veille du premier tour de l’élection présidentielle. Une initiative inédite qui a pour but de mettre la question sociale au cœur des enjeux politiques.

Marion d'Allard - Dimanche, 19 Février, 2017 - Humanite.fr

 

Le 22 avril prochain, à la veille du premier tour d'élection présidentielle, « tous ceux qui n'en n'ont pas fini avec la loi Travail » seront rassemblés à Paris, pour « mettre la question sociale au cœur des enjeux des échéances politiques à venir », explique Romain Altmann, secrétaire général d'Info com CGT, qui organise, avec cinq autres organisations militantes – dont la CGT Goodyear, Sud PTT 92, ou encore la Compagnie Jolie Môme -, ce « premier tour social ». L'idée, reprend Romain Altmann, « c'est de se réapproprier la deuxième besogne de la Charte d'Amiens qui invite à militer pour la transformation sociale. »

Jeudi dernier, le théâtre de la Belle Etoile, à Saint-Denis, accueillait le lancement de cette initiative. Une grande mobilisation « inédite à la veille d'une élection ».

« Ca fait trente ans qu'on entend parler de troisième tour social. Et rien ne vient. Aujourd'hui, nous prenons les choses en main avant le premier tour », a ainsi déclaré au micro Mickaël Wamen, de la CGT Goodyear. Selon lui, « nous sommes à la fin d'un quinquennat qui s'est avéré destructeur pour le monde du travail » et la convergence des luttes est plus que jamais nécessaire pour faire bouger les lignes. Devant une salle pleine à craquer, Mickaël Wamen a insisté sur les multiples cas de répression anti-syndicales qui ont émaillé, durant des semaines, le combat contre la loi El Khomri et a appelé à la création « partout », de « collectifs militants pour réussir cette action du 22 avril prochain » et « reprendre la rue ».

Entre applaudissements et petit air de guitare, syndicalistes, artistes engagés et militants citoyens se sont succédé au micro, pour défendre, d’un côté, une lutte sociale dans son entreprise, de l’autre, détailler les activités du collectif auquel il appartient. Ainsi, Annie, femme de chambre dans un hôtel de Chevilly-Larue (Val-de-Marne) et syndiquée à la CNT est revenue sur ses conditions de travail. « Nous sommes nombreuses avec des contrats à temps partiel de quatre heures. Seulement, la charge de travail ne nous permet pas de finir dans les temps. Nous restons souvent plusieurs heures de plus pour finir, sans être payées » explique-t-elle. « Nous n'avons pas de visite médicale et lorsque nous le disons au patron sa réponse est sans appel : c'est à prendre ou à laisser », poursuit Annie. Particulièrement touché par les coupes budgétaire et au cœur de la casse du service public, le secteur de la santé souffre « des réformes successives qui ne prennent jamais en compte les besoins de la population », a enchainé Isabelle Bosseman, du CHRU de Lille. Signe révélateur, « plus de 50 préavis de grève ont été déposés dans l'établissement par la seule CGT au cours de l'année 2015 », détaille la syndicaliste.

Salariée de la FNAC, professeur en zones d'éducation prioritaire (ZEP), syndicaliste du Havre, de Mulhouse ou d'ailleurs, militants d'Attac ou du DAL, ils sont tous venus appeler à une large mobilisation, estimant qu'il n'est plus temps de faire des constats et qu'il faut désormais agir. « Ce n'est qu'un point de départ vers une société où nous prendrons possession des outils de création de richesses » conclut l'appel lancé en amont de ce premier tour social, le 22 avril, place de la République.

 

Le « premier tour social » des anti-loi Travail !
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