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11 octobre 2017 3 11 /10 /octobre /2017 21:21
Claude Mazauric Historien

Claude Mazauric Historien

Mercredi, 11 Octobre, 2017 - L'Humanité

 

Les commentateurs minimisent généralement (sans cependant l’ignorer) le mépris pour les couches populaires et les petits salariés que révèle l’interjection d’Emmanuel Macron désignant par le mot de « bordel » le mouvement de lutte des travailleurs victimes de licenciements à La Souterraine (département de la Creuse). Bavure verbale, formulation vulgaire ou excessive, coup de sang, etc. Deux mots d’excuse pour la forme, mais nul regret d’avoir ainsi caractérisé l’action des travailleurs concernés… Et passez muscade !

On me permettra de juger autrement de l’affaire. Ce qui s’exprime à travers la formulation de Macron vient de bien plus loin que de lui : sa nature profonde, c’est tout simplement le mépris de classe qu’éprouvent les adorateurs du capital pour ceux qui n’ont qu’un bien à vendre : leur force de travail. Ou, si l’on préfère recourir au champ de l’anthropologie et de la morale, la dernière formule de Macron, venant après tant d’autres, dit la morgue des dominants à l’égard des dominés, le mépris des « riches » à l’encontre des « pauvres ». Macron ne parle pas (ou si peu…), mais « ça » parle à travers lui. C’est de cela qu’il est question ici et c’est de cela que procédera demain la mort politique de Macron comme elle a entraîné naguère la chute de ses prédécesseurs faillis : Sarkozy, Hollande, Fillon et Valls !

Je lis dans le Livre du ça de Georges Groddeck, recueil de lettres réunies en 1921 (« Tel », Gallimard, 1972) : « Le ça de l’être humain “pense” bien avant que le cerveau n’existe ; il pense sans cerveau, construit d’abord le cerveau. C’est une notion fondamentale, que l’être humain devrait garder présente à sa mémoire et ne cesse d’oublier (…). En principe, tout ce qui se passe dans l’homme est l’œuvre du ça. »

Quand le sieur Macron parle, ce que nous entendons, qu’on l’approuve ou qu’on le désapprouve selon sa position dans l’ordre social, c’est d’abord l’ancrage antérieur dans le cerveau du locuteur qu’il révèle. Quoi qu’il dise d’explicite, Macron parle toujours implicitement la langue du capital et de son appareil existentiel : patronat, profit, accumulation… Lors même qu’il s’essaie à traiter de liberté, de progrès, de justice, c’est ce ça qui parle à travers lui : nous le supposions, mais sa dernière sortie confirme l’hypothèse.

C’est pourquoi nombreux sont ceux qui ont fort bien entendu le message subliminal inclus dans la désignation du prétendu « bordel » : intenter un procès en illégitimité de la lutte conduite par les travailleurs de GM&S pour dissuader tous les autres d’emprunter cette voie de résistance collective.

Qui disait qu’il ne « croyait pas à la lutte des classes » ? Cahuzac… Macron et Cahuzac, même combat ?

 

Claude Mazauric

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L'HUMAIN AVANT TOUT Canton de Pont-du-Château - dans Culture et politique
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3 octobre 2017 2 03 /10 /octobre /2017 18:07
Demonstartors face riot police outside a polling station for the banned independence referendum in Barcelona, Spain, October 1, 2017. REUTERS/Susana Vera

Demonstartors face riot police outside a polling station for the banned independence referendum in Barcelona, Spain, October 1, 2017. REUTERS/Susana Vera

Par Patrick Apel-Muller - Lundi, 2 Octobre, 2017 - L'Humanité

 

Mariano Rajoy a choisi la politique du pire. En choisissant la violence, il radicalise le séparatisme – pourtant jusqu’alors minoritaire dans la population –, pousse les Catalans, horrifiés par la violence policière qui a déferlé sur la région, à rompre avec Madrid. Le pari du premier ministre espagnol est tout à la fois d’apparaître comme le symbole de l’Espagne unie à tout prix et de réveiller les fantômes du franquisme qui hantent puissamment le Parti populaire. Dans les manifestations auxquelles il avait appelé, des milliers de manifestants tendaient le bras à la façon des Phalanges. Ainsi pense-t-il redonner de l’élan à une formation qui a sombré dans les scandales et la prévarication, et que de moins en moins d’électeurs soutiennent.

Visages ensanglantés, personnes âgées frappées par les gardes civils, bureaux de vote occupés… et, en face, des urnes qui s’installent dans les rues et l’acte de voter brandi comme un geste de résistance démocratique. L’Espagne et la Catalogne glissent sur une pente dangereuse, et Bruxelles comme Paris détournent le regard ou gardent le silence. Certains y jugent que l’ordre libéral exige une bonne dose d’autoritarisme ; d’autres se réjouiraient d’une pulvérisation du continent en régions moins capables que les nations d’exprimer une souveraineté populaire ; les derniers se sentent mal placés de réclamer à Madrid un dialogue qu’ils refusent à Paris.

La situation n’a pourtant pas d’autre issue positive qu’une discussion politique et une résolution démocratique. Les forces progressistes espagnoles, mais d’autres aussi, proposent que soient réexaminées les relations entre l’État central et les régions pour que les identités culturelles de ces dernières, ainsi que leurs facultés de décider soient mieux respectées. C’est ce chemin qui doit être exploré, plutôt que les charges matraque en main ou les tirs de balles en caoutchouc.

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L'HUMAIN AVANT TOUT Canton de Pont-du-Château - dans Politique Monde
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1 octobre 2017 7 01 /10 /octobre /2017 20:12
Vieillir chez soi avec des aides à la vie quotidienne ? Un souhait partagé par 84/% des personnes sondées, contre 3/% qui se voient vivre dans une maison de retraite médicalisée. Pascal Grimaud/Signatures

Vieillir chez soi avec des aides à la vie quotidienne ? Un souhait partagé par 84/% des personnes sondées, contre 3/% qui se voient vivre dans une maison de retraite médicalisée. Pascal Grimaud/Signatures

Ixchel Delaporte - Vendredi, 29 Septembre, 2017 - L'Humanité

 

Les Petits Frères des pauvres ont présenté, hier, une étude sur la fracture sociale et territoriale subie par les plus de 60 ans. Un isolement permanent dont les pouvoirs publics ne se préoccupent pas assez.

L’invisibilité se fait progressivement et à bas bruit. Aujourd’hui, en France, on compte près de 300 000 personnes âgées en situation de « mort sociale ». C’est ce chiffre terrible qu’a dévoilé, hier, l’association des Petits Frères des pauvres lors de la présentation d’une étude, réalisée par l’institut CSA, auprès des plus de 60 ans. Rupture des liens sociaux, des relations affectives, familiales, de voisinage ou associatives... Une série noire à laquelle s’ajoute parfois un isolement territorial assignant les seniors dans leur logement. Des résultats jugés « inquiétants » par Alain Villez, président des Petits Frères des pauvres, pour qui la question de l’isolement social, révélée par les très nombreux décès de personnes âgées lors de la canicule de 2003, devrait préoccuper davantage le ministère des Solidarités et de la Santé.

Près d’une personne de plus de 60 ans sur dix se sent seule « tous les jours ou souvent ». Et, d’après le rapport, ce sentiment et cette vie recluse touchent fortement les plus de 85 ans. Au quotidien, les sondés expliquent qu’ils n’ont aucune personne sur laquelle compter. La traduction de cet isolement passe par le fait de moins sortir de chez soi et de faire moins d’activités : 78 % n’en pratiquent pas. Et pourtant, 74 % souhaiteraient voir se développer des loisirs adaptés. Sans compter les disparités territoriales qui viennent aggraver encore un peu plus les conditions de vie. Repérés comme la région la plus fragile, les Hauts-de-France comptent le pourcentage le plus élevé de personnes de plus de 85 ans isolées des réseaux associatifs (66 %).

Lancement de quatorze propositions pour lutter contre l’isolement

Malgré cela, d’autres chiffres s’avèrent plus rassurants sur l’état de la solidarité familiale en France. Peu de seniors se déclarent isolés du cercle familial (22 %). Dans les Hauts-de-France, seuls 17 % des seniors se disent coupés de leur famille. Un faible pourcentage dont se réjouit le sociologue et spécialiste du grand âge Michel Billé : « Contrairement au discours couramment admis, les familles sont présentes et positivement actives plus qu’on ne le croit. Recomposées, éclatées ou non, elles activent les liens affectifs et sociaux et permettent de faire entrave à l’isolement. » Autre point positif, les 60 ans et plus semblent largement heureux, même les plus âgés, puisque 84 % des plus de 85 ans s’estiment heureux. « En revanche, pondère le rapport, le manque d’autonomie dans la vie quotidienne et les faibles revenus renforcent le sentiment de malheur. » Parmi les personnes soutenues par l’association en 2016, 77 % ont des ressources inférieures à 1 000 euros mensuels et 10 % ont des revenus inférieurs à 500 euros.

« Dans ce contexte d’inégalités, la présence des services de proximité est un enjeu de taille pour maintenir un lien social, et surtout en zone rurale, insiste Alain Villez. Les commerces, les médecins, les services de transports dits secondaires jouent des rôles d’alerte pour ceux qui aspirent à rester chez eux. » Vieillir chez soi avec des aides à la vie quotidienne ? Un souhait partagé par 84 % des personnes sondées, contre 3 % qui se voient vivre dans une maison de retraite médicalisée. Il est donc logique qu’une majorité (90 %) se prononce aussi pour le maintien des commerces et des services à proximité comme moyen de lutte contre la solitude et l’isolement. Quasiment le même pourcentage en ce qui concerne le développement de solutions de transport adaptées et pour davantage d’informations sur les aides et les allocations financières.

Ces deux dernières réponses amorcent des pistes de réflexion. Car, au-delà des constats, l’association lance quatorze propositions pour lutter contre l’isolement. Et parmi elles, l’opposition farouche à la « marchandisation du lien social ». Armelle de Guibert, déléguée générale de l’association, est formelle : « Restaurer le lien social doit rester une démarche gratuite entre personnes qui ont fait le choix de se rencontrer. » Les entreprises commerciales qui s’engouffrent dans ce marché de la vieillesse excluent de fait par leurs tarifs les plus précaires et les plus isolés. À l’opposé des liens sociaux de qualité que tissent les bénévoles de l’association avec les plus âgés. Enfin, se doter d’une définition partagée de l’isolement social de manière à « mettre en œuvre des dispositifs et des solutions adaptées ».

La double peine par le numérique

L’étude réalisée par l’institut CSA pointe une exclusion numérique accrue chez les personnes âgées. Pour les 60 ans et plus, ils sont 31 % à ne jamais se servir d’Internet. Le taux grimpe à 68 % pour les 85 ans et plus. La dématérialisation progressive des démarches administratives laisse de nombreux seniors sur le bord de la route et participe à l’augmentation du non-recours aux droits.

Ixchel Delaporte

 

 

 

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Michel Bouchet - dans Société
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29 septembre 2017 5 29 /09 /septembre /2017 21:44
 Le Premier ministre, Edouard Philippe, le 28 août à l'Elysée. Photo Christian Hartmann. Reuters

Le Premier ministre, Edouard Philippe, le 28 août à l'Elysée. Photo Christian Hartmann. Reuters

Par SERVICE DESINTOX de Libération — 29 septembre 2017

APL, fonctionnaires, treizième mois... Retour sur les intox et approximations de la soirée politique de jeudi.

Retour sur les quelques intox de l’Émission politique, diffusée jeudi 28 septembre au soir, qui avait pour invité le Premier ministre, Édouard Philippe.

Le mensonge du 13e mois offert aux Français

Les réalisateurs de l’Emission politique ont été taquins, en confrontant dès la deuxième séquence le Premier ministre au mensonge de son ministre du Budget. Une vidéo diffusée sur le plateau a montré Gérald Darmanin assénant un gros bobard: «Pour résumer, on va donner un treizième mois aux Français.» Ce qui est donc faux, comme nous l’avions expliqué dans ce Désintox. Invité à réagir, Édouard Philippe a été plus prudent, mais en restant particulièrement flou, sans désavouer vraiment son ministre: «On a un certain nombre de Français, un grand nombre de Français, qui vont avoir bénéficier d’un treizième mois». En réalité, cet élément de langage ne se vérifie que pour les Français les plus modestes (y compris les salariés autour du Smic), à la condition de ne pas prendre en compte les hausses d’impôt (tabac, augmentation de la fiscalité écologique, par exemple le diesel).

Le mensonge de la baisse des APL votée dans le précédent budget

Mis en cause lors de la scène de la visite à Emmaüs à propos de la baisse de cinq euros des APL, Édouard Philippe répond: «Moi je suis arrivé en mai 2017 et je dois exécuter le budget qui a été voté par quelqu’un d’autre.» Un propos déjà formulé sur BFM TV : «Si on avait pu faire autrement on l’aurait fait, ça c’est vrai. Cette baisse générale des APL pour tout le monde sans remise en cause des conditions d’attribution, elle est contenue dans le budget précédent, que moi j’exécute, mais que je n’ai pas voté.»

L’argument de l’exécutif sur les APL est connu, mais beaucoup moins simple que ne le dit Édouard Philippe. Primo, la loi de finances pour 2017, citée par le Premier ministre, ne comporte aucune mention d’une baisse des allocations logement. Figure seulement dans ses annexes une mesure dite «verrou», comme en impose parfois Bercy pour ne pas se faire accuser d’avoir présenté un budget insincère: «S’il s’avérait que l’équilibre financier du système d’aides au logement nécessitait de nouvelles actions, des mesures réglementaires seraient envisagées, sans remise en cause des conditions d’attribution.» Par ailleurs, il est exact que la loi de finances, selon la Cour des comptes, a sous-budgété les APL. Les magistrats financiers estimaient dans un audit daté de fin juin le «trou» à 100 millions d’euros

En bref, Édouard Philippe ne peut en aucun cas affirmer que la baisse des APL était votée, comme il l’a encore répété. Et s’il peut arguer que le budget 2017 était sous-dimensionné… le choix de combler ce trou en procédant à un coup de rabot de cinq euros sur les APL en général est bien une décision de son gouvernement. 

L’augmentation mystère du pouvoir d’achat des fonctionnaires en 2018

Si on peut globalement affirmer, après bientôt quatre mois, que le gouvernement Macron applique peu ou prou les grandes lignes du programme d’Emmanuel Macron, le premier coup de canif dans les engagements présidentiels est venu à propos des fonctionnaires. Alors qu’Emmanuel Macron avait promis dans de nombreux discours que les fonctionnaires, comme les salariés, verraient leur pouvoir d’achat augmenter en dépit de la hausse de la CSG, il n’est plus question depuis quelques semaines que de compenser cette perte de pouvoir d’achat. Pire, les discussions sur les modalités de cette compensation sont encore en cours… Et cette compensation ne devrait pas concerner les nouveaux recrutés. 

En dépit de quoi Édouard Philippe a asséné hier: «Les fonctionnaires n’auront pas de perte de pouvoir d’achat, ils auront même une augmentation moyenne de leur pouvoir d’achat au cours de l’année 2018.»

On ne sait pas trop à quoi Édouard Philippe fait allusion. Car plusieurs mesures d’économies ont été annoncées concernant la fonction publique, comme le gel du point d’indice pour la rémunération des fonctionnaires, qui n’augmentera pas l’an prochain, malgré une inflation attendue à 1,1%. Idem pour le rétablissement du jour de carence, consistant à supprimer la paie le premier jour d’absence pour maladie. 

Notons que les fonctionnaires sont les grands absents du petit livre (jaune) du pouvoir d’achat, vanté hier par Édouard Philippe. Ce récapitulatif des mesures de pouvoir d’achat profitant aux Français s’attarde sur les salariés, les handicapés, les familles, les indépendants et les retraités. Mais le mot «fonctionnaire» n’y figure pas une seule fois.

Les chiffres faux (toujours) d’Édouard Philippe sur les contrats aidés.

Sur les contrats aidés, Édouard Philippe a récidivé dans la mauvaise foi, tordant de nouveau un peu les chiffres pour justifier les coupes à venir. Le Premier ministre a raison quand il affirme que «sur le secteur non marchand, le taux d’insertion durable dans l’emploi quelques mois après la fin du contrat aidé est de 26%.» Ce chiffre, qui date de mars 2017, est celui de la Dares, le bureau des statistiques du ministère du Travail. L’étude porte sur des personnes sorties de contrats aidés en 2014. Toutefois, quand Édouard Philippe affirme à la suite que dans «les trois quarts des autres cas, six mois après le contrat aidé, il ne s’est rien passé», il se trompe. Et il l’avait déjà fait en août. La Dares compte bien 26% d’emplois stables six mois après la fin d’un contrat aidé dans le secteur non marchand… Mais elle estime aussi à 41% le nombre de personnes ayant trouvé un emploi (stable ou non) six mois après la fin d’un contrat aidé. Contrairement à ce que le laisse entendre Édouard Philippe, il n’y a pas 74% de chômeurs chez les personnes ayant terminé leur contrat aidé dans le secteur non-marchand depuis six mois, mais 51% (auxquels s’ajoutent 4% de personnes en stage ou en formation et 4% d’inactifs) ainsi donc que 41% de personnes en emplois (dont 26% durables). Le Premier ministre ne précise pas non plus que pour les contrats aidés du secteur marchand, eux aussi dans le viseur du gouvernement, la proportion d’emploi stable six mois après la fin du contrat aidé est de 57%. Un chiffre qui monte à 67% si l’on considère tous les types d’emplois.

Consigne de vote de l’entre-deux tours : Mélenchon refait l’histoire

Critiqué par certains à gauche (et par Édouard Philippe hier) pour n’avoir pas appelé à voter Macron face à Marine Le Pen, Jean Luc Mélenchon s’est défendu : «Le soir du résultat, j’ai dit qu’il ne fallait pas qu’il y ait une seule voix pour madame Le Pen. Alors, attendez, sachant qu’il n’y a que deux candidats, que ce n’est pas moi qui l’ai choisi, je dis qu’il ne faut pas voter pour l’autre. Vous ne me prendrez pas en défaut de lutte contre le Front national et les fascistes dans toute l’Europe.» 

 

Lilian Alemagna @lilianalemagna

"Le soir du résultat j'ai dit qu'il ne fallait pas une voix pour Madame Le Pen" dit Mélenchon. Euh... non: il a oublié de le dire ce soir là

22:36 - 28 sept. 2017

 

    Or, comme l’a fait immédiatement remarquer sur Twitter le journaliste Lilian Alemagna, qui a longtemps suivi Mélenchon, ce n’est pas vraiment comme cela que l’histoire s’est passée. Au soir du premier tour, Mélenchon n’a jamais prononcé ces mots. Ni même le nom de Marine Le Pen. Dans une déclaration amère, il évoque une consultation des Insoumis pour le deuxième tour.

     

    « Quoi qu’il en soit, et quels qu’ils soient, lorsque les résultats officiels seront connus, nous les respecterons. Je ne saurai dire ni faire davantage à cette heure. Chacun, chacune, d’entre vous sait en conscience quel est son devoir. Dès lors, je m’y range. Je n’ai reçu aucun mandat des 450 000 personnes qui ont décidé de présenter ma candidature pour m’exprimer à leur place sur la suite. Elles seront donc appelées à se prononcer sur la plateforme et le résultat de leur expression sera rendu public.» 

    Mais si Mélenchon ne l’a donc pas dit le jour même, ses amis l’ont fait dès le lendemain. Le 25 avril, lors d’une conférence de presse, Alexis Corbière précise : « Dans la consultation, il est clair qu’à aucun moment le choix du vote Front national n’est posé […] Pas une voix pour le Front national, cette option n’existe pas ! », explique le porte-parole de Jean-Luc Mélenchon. 

    Quant à Mélenchon, ce n’est que le 28, dans la vidéo sur YouTube qui marque son retour public après quatre jours d’absence, qu’il dit qu’il ne votera pas Marine Le Pen, en ajoutant un propos sibyllin: « Je ne voterai pas Front national, tout le monde le sait. […] Moi, je vais aller voter. Ce que je vais voter, je ne vais pas le dire. Mais il n’y a pas besoin d’être grand clerc pour deviner ce que je vais faire. »

    SERVICE DESINTOX


     

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    L'HUMAIN AVANT TOUT Canton de Pont-du-Château - dans Politique Info presse
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    27 septembre 2017 3 27 /09 /septembre /2017 22:16
    Roland Gori et Charles Silvestre. Mathieu Cugnot

    Roland Gori et Charles Silvestre. Mathieu Cugnot

    Pierre Chaillan - Mardi, 26 Septembre, 2017 - L'Humanité

    Les Amis de l’Humanité Puy-de-Dôme, en partenariat avec l’Humanité, organisent le Salon du livre critique et social à la Maison du peuple de Clermont-Ferrand, les 29 et 30 septembre.

    Le rendez-vous de la rentrée proposé par les Amis de l’Humanité Puy-de-Dôme constituera un temps très fort. Des débats et de nombreuses rencontres et dédicaces autour des livres et de leurs auteurs se dérouleront durant deux jours à Clermont-Ferrand, à la Maison du peuple. Un important choix d’ouvrages pour comprendre et transformer le monde sera mis à disposition : romans, essais, BD. On comptera aussi la présence des associations qui auront à cœur d’affirmer leurs actions, sans oublier l’exposition thématique d’affiches et de reproductions de l’Humanité.

    Le salon ouvrira ses portes vendredi 29 septembre, à 16 heures, et sera inauguré sous les auspices des droits des femmes avec la présentation de l’ouvrage la Déclaration des droits des femmes du 7 novembre 1947 aux Nations unies, illustré par de nombreuses interventions artistiques et accueillant les contributions les plus diverses.

    Le célèbre poème de Paul Éluard, Liberté, j’écris ton nom, sera lu par la comédienne Josépha Jeunet.

    Place ensuite au débat sur le thème « Et maintenant ? La France. Le monde », avec Jean-Emmanuel Ducoin, rédacteur en chef de l’Humanité. Ce sera de 19 heures à 21 heures. Le lendemain, samedi 30 septembre, de 10 heures à 12 heures, l’invité sera Willy Pelletier, coordinateur de la Fondation Copernic. Il abordera la double thématique « Nouvelle bourse du travail intellectuel » et « Les classes populaires et le FN ». Seront ensuite à l’honneur, à partir de 14 heures, « Les dessins de presse, et autres » : la dessinatrice Coco partagera ce temps d’échanges et de dédicaces avec le public puydômois. Franck Dhumes, illustrateur et directeur de publication à la Galipote, et Hélène Aldeguer, illustratrice et coauteure avec Alain Gresh de la BD Un chant d’amour Israël Palestine, une histoire française, participeront au débat de 14 heures à 16 heures. Puis, de 16 heures à 18 heures, l’ancien rédacteur en chef de l’Humanité, spécialiste de Jaurès, Charles Silvestre, présentera le Manifeste des œuvriers, lancé au printemps dernier, avec le psychanalyste Roland Gori et le musicien Bernard Lubat, comme « première pierre » de concordances. Comment unir tous les mouvements de résistance ? Une question qui traversera les rencontres dans les différents stands associatifs. 

    Pierre Chaillan

     

     

     

     

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    L'HUMAIN AVANT TOUT Canton de Pont-du-Château - dans Culture et politique
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    26 septembre 2017 2 26 /09 /septembre /2017 22:18

    RÉACTION LISTE L’HUMAIN D’ABORD POUR NOS TERRITOIRES

     

    Au nom de l’ensemble des candidats de la liste L’Humain d’abord pour nos territoires, je tiens à remercier l’ensemble des 271 grands électeurs puydomois, élu-e-s locaux, qui nous ont exprimé leur soutien.

    Ils ont traduit avec force le besoin d’écoute et de respect de nos communes et la nécessité de stopper les coupes budgétaires.

    En plaçant notre liste de rassemblement en quatrième position, ils ont renforcé notre détermination à résister aux politiques d’austérité, à défendre nos services publics locaux si menacés par les choix gouvernementaux.

    C’est avec le même esprit de rassemblement et d'ouverture, que nous poursuivrons notre combat pour tracer une voie de développement et de coopération pour nos territoires ruraux et urbains.

     Julien BRUGEROLLES


     

    Résultats du Puy-de-dôme :

    Ps : 422 - 1 sénateur
    Droite : 438- 1 sénateur

    Pcf : 271
    En marche : 309 - 1 sénateur
    Constructifs : 95
    Eelv : 57
    Fn : 18
    Centre : 87
    Blancs : 32
    Nuls : 16
    Inscrits : 1770
    Votants : 1745
    Exprimés : 1697

    Parti Communiste Français

    Fédération du Puy-de-Dôme

     

    SÉNATORIALES 2017 - PUY-DE-DÔME : A quoi pensaient les grands électeurs ce dimanche ?

    A quoi pensaient les grands électeurs ce dimanche ?

    250 grands électeurs devant le bureau de vote, place des Bughes, dimanche matin pour protester contre les politiques d'austérité imposées aux collectivités territoriales pat le gouvernement Macron après le gouvernement Hollande et soutenues par toutes les composantes de la droite et du centre. Et tous les journalistes présents de prévoir un séisme électoral et...

    Et le séisme n'a pas eu lieu, si quelqu'un-e d'entre vous peut nous dire à quoi pensaient les grands électeurs ce dimanche la rédaction de ce Blog est très intéressée par votre avis !

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    22 septembre 2017 5 22 /09 /septembre /2017 22:36
    Dimanche 24 septembre, la moitié des 348 sièges du Sénat sera renouvelée par les 76 000 grands électeurs appelés. Bertrand Guay/AFP

    Dimanche 24 septembre, la moitié des 348 sièges du Sénat sera renouvelée par les 76 000 grands électeurs appelés. Bertrand Guay/AFP

    Aurélien Soucheyre - Mardi, 19 Septembre, 2017 – L'Humanité

    La survie des communes et le développement des services publics, grandement menacés par le gouvernement, se sont imposés au cœur des élections sénatoriales. À tel point que nombre de candidats se posent en défenseurs des territoires et condamnent l’austérité.

    Les collectivités locales sont exsangues. Quasiment tous les candidats aux élections sénatoriales qui auront lieu le dimanche 24 septembre s’entendent pour tirer la sonnette d’alarme. Tous sauf ceux de la République en marche, bien obligés de composer avec les annonces du président de la République, qui veut sabrer 13 milliards d’euros dans le budget des territoires en cinq ans. « Alerte rouge ! » a même lancé François Baroin, président LR de l’Association des maires de France (AMF), qui s’inquiète aussi de la suppression des contrats aidés. « Les conséquences pourraient s’avérer désastreuses pour les services publics », prévient l’AMF. C’est dans ce contexte que 76 359 grands électeurs sont appelés à voter pour renouveler la moitié des 348 sièges du Sénat. « Tous disent vouloir défendre les collectivités, mais je rappelle que nous sommes le seul groupe à l’avoir fait sous Hollande, aujourd’hui le seul d’opposition à Emmanuel Macron au Sénat », insiste Éliane Assassi, présidente du groupe communiste et candidate.

     

    Après avoir perdu 27 milliards d’euros en cumulé sous François Hollande, les territoires de la République sont à l’os, et risquent de se faire aspirer ce qu’il leur reste de moelle si Emmanuel Macron parvient à ses fins. Suite à l’obtention par le président de la République d’un maximum de sièges à l’Assemblée nationale avec le minimum d’adhésion à son projet, voici qu’un scrutin d’ampleur arrive comme si de rien n’était. Si la bulle Macron a déjà éclaté dans l’opinion publique, son impopularité ne se traduira pas mécaniquement lors des sénatoriales. En effet, seuls la moitié des grands électeurs, très majoritairement liés aux résultats des élections municipales de 2014, sont appelés à voter dimanche.

    « L’état n’a jamais remboursé les recettes retirées »

    « Ce scrutin ne fait pas beaucoup parler de lui, alors qu’il est très important. Les territoires de la République et les élus locaux méprisés doivent lui répondre. Les sénatoriales sont aussi l’occasion d’empêcher Macron d’obtenir les trois cinquièmes des parlementaires, ce qui lui permettrait de modifier la Constitution et d’affaiblir le Parlement sans passer par un référendum », mesure Éliane Assassi, tête de liste PCF en Seine-Saint-Denis.

    Les provocations du gouvernement, l’annonce de 13 milliards d’euros de baisse de dotations, plus 300 millions d’euros de coupes par décret en 2017, et l’attaque en règle contre la taxe d’habitation et les emplois aidés mobilisent contre l’exécutif. « Il y a énormément d’inquiétude chez les maires. Je crois que nous sommes face à un grand problème, car cela se traduit par du découragement. Beaucoup disent vouloir arrêter en 2020 même quand il s’agit de leur premier mandat. C’est particulièrement préoccupant et dangereux. Les maires sont dans un tunnel dont ils ne voient pas le bout. Si cela conduit à un désengagement de l’action citoyenne et publique, c’est la démocratie qui en prend un coup », relève François Pillet, sénateur divers droite dont le siège n’est pas renouvelable cette année.

    Face à cette crise démocratique et à l’inquiétude des élus locaux, les représentants d’En marche ! adoptent de drôles de défense. François Patriat, président du groupe LREM au Sénat (largement composé de transfuges du PS), a accusé ses adversaires de propager des « fausses nouvelles ». « Je pense qu’il ne faut pas faire du clientélisme. Le président LR du Sénat, Gérard Larcher, essaie d’inquiéter les élus locaux avec la taxe d’habitation. Alors que ce sera un dégrèvement. Il n’y aura pas de manque à gagner pour les communes », a lancé la députée LREM Aurore Bergé. « Il faut bien sûr remettre à plat la fiscalité locale, mais en l’état, supprimer la taxe d’habitation, c’est supprimer ce qu’il reste d’autonomie fiscale aux communes, et porter un coup de plus à leur libre administration », répond Jean-Pierre Bosino, tête de liste PCF dans l’Oise. « À chaque perte de ressources des communes, l’État promet une compensation. Mais il n’a jamais complètement remboursé les recettes retirées, ni suffisamment accompagné les transferts de compétences. De ce point de vue, la confiance n’existe pas », assène François Pillet.

    Une situation intenable pour les communes

    Sur les 1 996 candidats pour 174 sièges qui se présentent dimanche, beaucoup prétendent avoir la défense des communes chevillée au corps. Y compris des soutiens de François Fillon, qui prévoyait une baisse de 7,5 milliards des dotations, ou d’anciens ministres de Manuel Valls qui ne disaient pas un mot contre l’austérité à l’époque. « C’est le grand paradoxe de cette campagne. Je n’ai jamais vu autant de grands défenseurs de la ruralité, des petites communes et des services publics, s’étonne Jean-Pierre Bosino. Au Sénat, le PS et LR se sont pourtant entendus pour laisser passer les budgets de baisses de dotations et la loi Notre, qui affaiblit les communes et les départements et concentre les richesses en métropole. Quand nous lançons un débat sur La Poste ou sur les collectivités dans l’Hémicycle, la droite et le PS ne sont d’ailleurs bien souvent pas là. C’est à peine s’ils montent à la tribune. » Le candidat espère ainsi que « la constance des élus communistes, qui incarnent l’opposition au Sénat, sera appréciée à sa juste valeur par les grands électeurs ».

    Il s’inquiète aussi d’une situation intenable pour les communes. « On en arrive à un point où elles vont tout simplement devoir mettre la clé sous la porte s’il n’y a pas un sursaut. » Même son de cloche en Seine-Saint-Denis. « Nous avons perdu 18 millions d’euros en quatre ans à Aubervilliers. Si cela continue, des services vont fermer, le conservatoire va fermer, la piscine municipale va fermer, le centre de santé va fermer », s’indigne la maire Meriem Derkaoui, colistière d’Éliane Assassi. « À Bondy, nous avons quatre emplois aidés qui s’occupent de la maison de l’emploi. Il faudrait leur proposer un contrat stable et mieux rémunéré. Mais on va les perdre. Deux sont à l’accueil et deux à l’animation. Alors on fait quoi ? On ferme la maison de l’emploi ? » s’alarme Sylvie Badoux, colistière, qui précise qu’il existe en tout trente contrats aidés à Bondy et trente autres à l’agglomération Est ensemble. « Couper les moyens d’une ville, ce n’est pas optimiser la dépense publique, c’est détruire la démocratie locale et les services publics, prévient Samir Amziane, 6e sur la liste. Demain, les besoins seront toujours là. Qui y répondra ? Le privé ? Mais le privé ne se soucie que de ceux qui ont les moyens. »

    Quel est le rôle de la Chambre Haute ?

    Selon l’article 24 de la Constitution, le Sénat « assure la représentation des collectivités territoriales ». La Chambre haute détient aussi le pouvoir législatif, même si, en cas de désaccord avec l’Assemblée nationale, c’est celle-ci qui a le dernier mot. Pour modifier la Constitution, s’il n’y a pas de référendum, la révision doit en effet obtenir l’approbation des trois cinquièmes du Congrès, députés et sénateurs. Ces derniers peuvent aussi saisir le Conseil constitutionnel, dont trois membres sont nommés par le président du Sénat. Celui-ci, en cas de vacance de la présidence de la République, exerce provisoirement ses pouvoirs. De plus, le Sénat s’acquitte d’une mission de contrôle via, par exemple, des questions, débats ou commissions d’enquête. S’il ne peut censurer le gouvernement, il ne peut pas non plus être dissous.

    Aurélien Soucheyre - Journaliste


     

     

     

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    21 septembre 2017 4 21 /09 /septembre /2017 22:07
    ulputpat, sum nullamet il iriliquam. Eriusto commy nostrud tisuisim niamcom molorpero. Crédit photo

    ulputpat, sum nullamet il iriliquam. Eriusto commy nostrud tisuisim niamcom molorpero. Crédit photo

    Mardi, 19 Septembre, 2017 – L'Humanité

     

    La survie des communes et le développement des services publics, grandement menacés par le gouvernement, se sont imposés au cœur des élections sénatoriales. À tel point que nombre de candidats se posent en défenseurs des territoires et condamnent l’austérité.

    Les collectivités locales sont exsangues. Quasiment tous les candidats aux élections sénatoriales qui auront lieu le dimanche 24 septembre s’entendent pour tirer la sonnette d’alarme. Tous sauf ceux de la République en marche, bien obligés de composer avec les annonces du président de la République, qui veut sabrer 13 milliards d’euros dans le budget des territoires en cinq ans. « Alerte rouge ! » a même lancé François Baroin, président LR de l’Association des maires de France (AMF), qui s’inquiète aussi de la suppression des contrats aidés. « Les conséquences pourraient s’avérer désastreuses pour les services publics », prévient l’AMF. C’est dans ce contexte que 76 359 grands électeurs sont appelés à voter pour renouveler la moitié des 348 sièges du Sénat. « Tous disent vouloir défendre les collectivités, mais je rappelle que nous sommes le seul groupe à l’avoir fait sous Hollande, aujourd’hui le seul d’opposition à Emmanuel Macron au Sénat », insiste Éliane Assassi, présidente du groupe communiste et candidate.

    Aurélien Soucheyre - Journaliste

     

     

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    3 septembre 2017 7 03 /09 /septembre /2017 22:12
    FRANCE, Valence: A child sits in a classroom at a school in Valence, southern France, on September 1, 2015, the first day of the new school year. - CITIZENSIDE/CHRISTOPHE ESTASSY

    FRANCE, Valence: A child sits in a classroom at a school in Valence, southern France, on September 1, 2015, the first day of the new school year. - CITIZENSIDE/CHRISTOPHE ESTASSY

    Laurent Mouloud - Lundi, 4 Septembre, 2017 – L'Humanité

     

    Douze millions d’élèves font leur retour en classe aujourd’hui. Une rentrée marquée par la mise en place de plusieurs réformes qui suscitent déjà l’inquiétude. Derrière l’activisme du ministre Blanquer se dessine une vision libérale de l’école.

    Depuis une semaine, Jean-Michel Blanquer répète en boucle son élément de langage favori : il veut « une école de la confiance ». Mais l’omniprésent ministre de l’Éducation nationale devrait savoir que cette fameuse « confiance » ne se décrète pas, elle se gagne. Or force est de constater que, trois mois après sa nomination, le locataire de la Rue de Grenelle déroute, irrite et inquiète plus qu’il ne rassure. Alors que douze millions d’élèves reprennent aujourd’hui le chemin de l’école, celui que certains surnomment déjà « CTRL-Z » – le raccourci clavier qui efface ce qui a été fait – empile les réformes à rebours du quinquennat précédent. Semaine de quatre jours, redoublement, emplois aidés, évaluations… Le libéral Blanquer, proche de l’Institut Montaigne, avance au pas de charge. Et ravive les tensions. Loin du pragmatisme revendiqué, c’est surtout avec les vieilles lunes néoconservatrices que le gouvernement renoue en cette rentrée scolaire.

    Les principales mesures imposées en cette rentrée scolaire témoignent de cette politique de faux-semblant.

    Décryptage :

    1 - l’imbroglio des classes de CP à douze élèves

    Promesse électorale d’Emmanuel Macron, qui en a fait sa réforme phare dans la lutte contre les inégalités sociales à l’école, le dispositif des douze élèves par classe dans les CP et CE1 des réseaux prioritaires (REP) commence à se mettre en place dans 2 500 CP de REP+ (les plus défavorisés). Il continuera de se déployer lors des deux prochaines années. Sur le papier, l’image est belle. Diminuer les effectifs dans les zones en difficulté, qui pourrait être contre ? Mais voilà, le financement de cette mesure ne relève pas d’un vrai choix budgétaire. Il se fait en piochant dans d’autres dispositifs. « C’est un véritable détournement de fond », dénonce Francette Popineau, secrétaire générale du SNUipp-FSU. Pour arriver à ses fins, le ministère a pris dans les postes destinés au remplacement des maîtres, aux Rased (maîtres spécialisés dans la difficulté scolaire), mais aussi à la scolarisation des enfants de moins de 3 ans et dans le dispositif prometteur « Plus de maîtres que de classes ». Ce dernier va, à lui seul, perdre 1 200 postes sur les 4 100 qui lui étaient promis en cette rentrée… « Ces CP dédoublés, c’est très bien si cela ne se fait pas au détriment d’autres améliorations, résume Francette Popineau. Là, on va de nouveau se retrouver avec des maîtresses malades qui ne seront pas remplacées et les élèves seront alors entassés dans d’autres classes. » Les 12 000 postes nécessaires pour déployer l’ensemble de cette mesure dans les années à venir inquiètent. Où le gouvernement les trouvera-t-il, lui qui n’a prévu que 4 500 créations dans l’éducation lors de ce quinquennat ? À Vaulx-en-Velin (Rhône), les enseignants de REP+ seront en grève aujourd’hui pour dénoncer « l’arrivée précipitée des “CP à 12” ». Une mesure qui, par un jeu comptable, occasionne des hausses d’effectifs jusqu’à 27 élèves dans les autres classes que le CP. « Derrière cette mesure, on assiste à un délitement des moyens alloués à l’éducation prioritaire », déplorent ces profs qui n’ont, en revanche, obtenu aucun des postes réclamés dans le secteur éducatif, médical et social…

    2 - Le grand flou des emplois aidés

    L’autre inquiétude de cette rentrée est la baisse drastique du nombre d’emplois aidés, annoncée en plein mois d’août. Près de 23 000 (sur 73 000) devraient être supprimés dans l’éducation nationale. Lesquels ? Mystère. La secrétaire d’État en charge des personnes handicapées, Sophie Cluzel, a promis que son secteur ne serait pas touché : 50 000 contrats d’auxiliaires de vie scolaire (AVS) et 30 000 contrats d’accompagnants d’élèves en situation de handicap (Aesh) seraient « sanctuarisés ». Pour finir de rassurer, Emmanuel Macron et Jean-Michel Blanquer se rendront aujourd’hui dans une école de Forbach (Moselle), exemplaire en matière d’inclusion des élèves handicapés… Bref, les suppressions devraient s’opérer plutôt dans les emplois dédiés à l’administration, notamment l’assistance des directeurs d’école. Du côté des municipalités, le flou demeure. À la suite de la menace de certaines communes de reporter la rentrée face aux difficultés d’organiser le transport scolaire, la cantine ou encore la garderie, le gouvernement a promis de la « souplesse ». « L’État va regarder au cas par cas, les préfets auront l’obligation d’être à l’écoute des maires pour régler les situations particulières », assure l’Association des maires de France. Bref, ceux qui râleront seront servis, les autres devront faire sans… Le règne de l’arbitraire en guise de politique.

    3 - Rythmes, évaluations… Le retour des années Sarkozy

    Cette rentrée est également marquée par le retour de la semaine de quatre jours pour un tiers des écoles, mais également par une série d’annonces qui renvoient à l’ère Sarkozy. Internats d’excellence, évaluations en CP, redoublement, autonomie des établissements, Marseillaise… Des polémiques éculées qui flattent l’électorat de droite et agacent la plupart des syndicats. « Blanquer se présente comme un homme neuf tout en passant son temps à ressusciter les idées du passé », résume Stéphane Crochet, secrétaire général du SE-Unsa. De son côté, Frédérique Rolet, pour le Snes-FSU, parle d’une «politique brouillée».

    En trois mois, ce ministre qui se pique de pragmatisme scientifique a aligné pas mal d’énormités. Le retour du redoublement tout en le gardant exceptionnel ? C’est déjà le cas. La suppression de la méthode de lecture globale ? Elle n’est plus pratiquée depuis longtemps. L’apprentissage de la Marseillaise au CM1 ? Elle figure au programme depuis des années. Les internats d’excellence ? Ils se sont fait étriller par l’inspection générale… Quant aux évaluations en français et maths, en septembre pour les CP et en novembre pour les 6es, elles font déjà soupirer de lassitude tous les observateurs du milieu scolaire. « Le repérage des difficultés n’est pas ce qui pose problème aux enseignants, relève Francette Popineau. Ce sont les solutions pour les surmonter qui manquent et sur ce point le ministère n’apporte aucune réponse. » Le scientifique Blanquer va devoir retourner à ses études…

    Laurent Mouloud - Chef de la rubrique société


     

     

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    31 août 2017 4 31 /08 /août /2017 22:48
    Photo : Philippe Wojazer/AFP

    Photo : Philippe Wojazer/AFP

    Jeudi, 31 Août, 2017 – Humanite.fr

     

    Communiqué de la CGT. Le gouvernement vient de nous proposer dans la droite ligne de ses prédécesseurs une énième réforme du droit du travail partant du principe que le travail est un coût, alors qu’il produit les richesses. Cette loi va se rajouter aux précédentes sans même les avoir évaluées et pour cause, elles sont inefficaces.

    Pourtant, lors de sa première rencontre avec le gouvernement, la CGT a fourni 14 pages de propositions pour que notre pays engage de réelles réformes afin de sortir de cette spirale qui nous enfonce dans un chômage de masse. Pour rappel, si on comptabilise l’ensemble des catégories A-B-C-D et E, ce sont plus de 6,6 millions de chômeurs inscrits à Pôle Emploi que comptera la France, auxquels s’ajoutent des millions de précaires, de salariés à temps partiel imposé, dont une majorité de femmes et de jeunes.

     

    Le code du travail permet que les salariés aient les mêmes droits, il n’a jamais permis de créer des emplois car ça n’a jamais été son rôle ! Monsieur GATTAZ Yvon (le père) annonçait déjà en 1986 la création de 471 000 emplois grâce à la suppression administrative de licenciement, le fils portait un pin’s (« 1 million d’emplois ») il y a deux ans ! On connaît le résultat !

     

    Le gouvernement vient de confirmer les craintes que nous pouvions avoir.

     

    D’abord, il va encore accentuer l’inversion de la hiérarchie des normes qui s’était engagée dès 1984 et qui n’a cessé de s’intensifier au fil des différentes réformes depuis 40 ans.

     

    La primauté de l’accord d’entreprise, même moins favorable, sur l’accord de branche va s’accentuer dans la plupart des domaines (primes, indemnités diverses, congé de maternité, etc..). La primauté de l’accord de branche sur la loi s’élargit considérablement (ex : durée et renouvellement des CDD, contrats de chantiers).

     

    Cette mesure n’aura qu’un seul effet : l’amplification du dumping social, en accentuant la mise en concurrence des PME et PMI et de leurs salariés. Cela va aggraver l’insécurité sociale de ces entreprises toujours plus placées sous l’emprise des donneurs d’ordres.

     

    A l’heure où la souffrance au travail,  les maladies professionnelles et accidents du travail et le désengagement de nombreux salariés s’intensifient parce qu’ils ne peuvent effectuer un travail de qualité, le CHSCT, qui est l’outil essentiel pour aborder les questions autour du travail réel va être fusionné avec les autres instances représentatives du personnel.

     

    La négociation est un droit des salariés exercé par leur syndicat. Le patronat vient d’obtenir une relation de gré à gré avec un salarié isolé et non protégé dans les PME/PMI. On imagine aisément comment pourront se dérouler de futures négociations.

     

    Ce déséquilibre va être renforcé, l’employeur pouvant prendre l’initiative d’un référendum au style déjà connu « choisissez entre la peste et le choléra ».

     

    Une étape supplémentaire dans la liberté de licencier sans contrainte est également franchie. Sont en effet instaurées les ruptures conventionnelles, collectives, contournant les règles des PSE.  Ce sont encore moins de droits et de protection pour les salariés.

     

    Enfin, pour couronner le tout, un plafond des dommages et intérêts est fixé pour les indemnités prud’homales, ce qui pourra permettre à un employeur de provisionner un licenciement et amortir l’embauche d’un jeune de qualification égale mais moins payé.

     

    Cette loi sur le droit du travail,  comme les précédentes, n’améliorera pas le chômage, va augmenter encore la précarité, développer la pauvreté comme c’est déjà le cas en Allemagne ou en Angleterre.

     

    Le 12 septembre doit être une première riposte de grèves et manifestations à cette loi du travail XXL.

     

    La CGT [et ses partenaires, FSU, Solidaires, UNEF, Ndlr] va continuer à informer partout les salariés sur les conséquences très concrètes qu’ils pourraient subir dans leurs entreprises.

     

    La CGT va engager le débat avec eux pour d’autres propositions, comme l’augmentation de salaire, une autre répartition des richesses (41 milliards de dollars versés aux actionnaires au 2ème semestre 2017 mettant la France première des pays européens), la réduction du temps de travail, des droits attachés à la personne et transférables d’une entreprise à l’autre, une sécurité sociale professionnelle permettant de ne plus passer par le chômage après la perte d’un travail.

     

    La CGT fera tout pour unir les salariés, les travailleurs indépendants, les privés d’emploi, les retraités, les jeunes lycéens et étudiants avec l’ensemble des autres organisations syndicales afin de gagner des réformes de progrès social.


     

     

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