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27 mai 2016 5 27 /05 /mai /2016 21:51

Jean-Marc Daniel est un professeur aux idées courtes mais aux dents longues dans sa posture de larbin au service du capital. D’où ses commentaires scandaleux dans Les Echos du 25 mai contre l’Urssaf qui ose encore collecter les cotisations sociales qu’Uber Pop ne veut pas payer en saisissant la justice. Lesquelles cotisations assurent, pour le moment, une couverture sociale à peu près digne de ce nom à tous les Français, Jean-Marc Daniel compris. 

 

Nous vivons dans un drôle de pays. Un pays où beaucoup de journalistes et autres commentateurs politiques déconnectés des réalités du terrain passent leur temps à dénigrer la CGT. Elle est coupable à leurs yeux de ne pas accepter que la précarité du travail et des conditions de vie du plus grande nombre doivent continuer de se dégrader se généraliser en ce début du XXIème siècle alors que la chose deviendrait inéluctable, au nom de la modernité. Dans cette surenchère pour devenir le meilleur larbin du capital, certains veulent avoir un coup d’avance, au point de préconiser la disparition pure et simple de la Sécurité sociale. Sans le dire clairement, cela va de soi. Mais en « argumentant » pour que cela arrive via les potentialités de « l’ubérisation » de l’économie.

 

C’est le cas de Jean-Marc Daniel dans une tribune parue dans « Les Echos « du 25 mai. Jean-Marc Daniel est un polytechnicien qui a d’abord travaillé à l’INSEE où il se serait occupé du régime de Sécurité sociale des mineurs. On sait qu’il n’y a plus beaucoup de mineurs en vie dans notre pays. Et, connaissant le parcours de Jean-Marc Daniel devenu depuis professeur et invité quasi permanent de certains médias, on se dit qu’il a du se dire que l’on n’avait plus besoin d’un système collectif de protection sociale en France. 

 

Dans Les Echos, il plaide carrément pour la suppression de la Sécurité sociale. Pas directement certes, mais à travers la mise en cause de l’Urssaf, organisme gouvernemental et officiel qui se charge de collecter les cotisations et contributions sociales des entreprises dans le but d’assurer la gestion de la trésorerie de la Sécurité sociale. Aux yeux de ce partisan d’une nouvelle forme d’esclavagisme, l’Urssaf qui menace de poursuivre Uber pour le contraindre à payer les cotisations sociales de ses chauffeurs et autres travailleurs précaires ne mène pas « un combat contre la fraude mais un combat d’arrière garde contre le progrès et contre l’évidence. En agissant ainsi, l’Urssaf retrouve les réflexes des tisserands anglais des années 1810 qui cassaient les machines sous prétextes qu’elles supprimaient des emplois et surtout, qu’en dénaturant le travail, elles conduisaient à la disparition de tout un art de vivre… »

 

Cette tribune est un monument d’imbécilité. Une imbécilité doublée d’une tentative de manipulation de l’opinion sur fond de malhonnêteté intellectuelle. Le professeur Daniel veut convaincre que « l’ubérisation » donne plus de liberté à chacun dès qu’elle permettrait de mettre fin au salariat en généralisant le statut d’auto-entrepreneur précaire et sous payés. Il affirme au passage que « dans la société ubérisée, les relations deviennent contractuelles, les tensions sont concurrentielles et les différents se règlent par une justice en pratique assez souvent arbitrale ». Il occulte sciemment, la surexploitation à laquelle sont soumis les gens qui exercent surtout des métiers de domestiques en transformant leur voiture en taxi qui ne dit pas son nom, en livrant des repas en vélo pour gagner péniblement de quoi survivre tout en travaillant beaucoup à des heures pas possibles.

 

Il accuse l’Urssaf de vouloir « préserver ses rentes » comme s’il s’agissait d’une banque privée en quête de profits et non d’un organisme chargé de collecter le salaire différé que l’entreprise doit payer pour le compte de chaque travailleur, afin de financer notre système de protection sociale et les retraites. Comme il ne peut pas occulter totalement le sujet, la dernière phrase de sa tribune nous dit qu’il vaut mieux aujourd’hui « organiser le changement dans le financement de la santé et de la retraite à la lumière du monde dans lequel nous vivons que de laisser l’Urssaf entretenir un combat vain net rétrograde contre Uber »

 

Sauf qu’il n’a pas un seul mot pour dire où et comment on va trouver l’argent via le changement qu’il appelle de ses vœux. Mais peut-être ne veut-il plus de protection sociale, ni de retraite pour le plus grand nombre. Drôle de mentalité pour un professeur dont la rémunération est assurée par le budget de l’Etat. Un budget que chaque habitant de ce pays alimente par les impôts qu’il paie directement ou indirectement via la TVA. 

 

Comme Jean-Marc Daniel s’exprime souvent sur des chaînes publiques et surtout privées de la télévision, la question se pose aussi de savoir ce qui fait, aux yeux des chaînes qui l’invitent, l’intérêt d’un raisonnement à ce point hystérique, déplacé et odieux quand tant de gens souffrent déjà dans ce pays de la précarité de l’emploi et du recul de la protection sociale.

 

« Les cons ça ose tout, c’est même à cela qu’on les reconnaît », faisait dire Michel Audiard à l’un des personnages des « Tontons flingueurs ». 53ans plus tard, le propos est plus actuel que jamais! Reste à comprendre pour quelles raisons on les invite à débiter leurs âneries un peut partout. 

 

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L'HUMAIN AVANT TOUT Canton de Pont-du-Château
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27 mai 2016 5 27 /05 /mai /2016 10:25
©PHOTOPQR/LA MONTAGNE ; Procès Antoine militant Nuit Debout, l'accusé et son avocat, Clermont le 26/05/2016 Photo R Brunel - Richard BRUNEL

©PHOTOPQR/LA MONTAGNE ; Procès Antoine militant Nuit Debout, l'accusé et son avocat, Clermont le 26/05/2016 Photo R Brunel - Richard BRUNEL

Un syndicaliste de la CGT était jugé, ce jeudi, à Clermont-Ferrand, pour des violences commises sur le patron des policiers puydômois. Le prévenu plaidait l’accident. Le tribunal a fait preuve de doigté.

Ses explications étaient très attendues. Tout au long de sa garde à vue comme lors de sa première présentation devant les juges (*), Antoine avait gardé le silence sur les conditions dans lesquelles il avait – volontairement ou non – blessé le directeur départemental de la sécurité publique (DDSP). Des faits survenus le 29 avril, alors que les forces de l’ordre procédaient à l’évacuation du conseil municipal de Clermont-Ferrand, investi par le collectif Nuit Debout.

> Relire le direct du procès

« Par réflexe »

Ce jeudi donc, dans une salle bondée et un palais de justice sous étroite surveillance, le militant de 25 ans prend d’emblée la parole. Il explique avoir d’abord été repoussé dans les escaliers de la mairie. Et poursuit : « Après avoir franchi des portes vitrées, par réflexe, j’ai jeté une enceinte sur trépied pour bloquer l’avancée des policiers. Je suis parti en courant, sans voir qu’il y avait un blessé ». Derrière lui, Marc Fernandez est touché à l’arcade, visage en sang.

« Vous reconnaissez donc avoir jeté l’enceinte ? », insiste le président. « Non, corrige le prévenu. Je l’ai saisie et poussée, sans viser personne. J’ai commis une erreur. C’est un accident que je regrette ».

Le furtif enchaînement est disséqué via plusieurs vidéos, filmées par téléphone et diffusées sur un écran. On voit clairement le haut-parleur de 21 kg heurter la tempe du DDSP. Mais chacun campe sur ses positions.

Marc Fernandez évoque « un acte ciblé », « une projection forte en direction de (sa) tête ». « Je n’ai ni haine, ni colère », précise aussitôt le policier. Son avocat, Me Dos Santos, y va de son petit tacle : « À entendre le prévenu, il a balancé l’enceinte à l’insu de son plein gré. Je n’avais pas entendu mieux depuis Richard Virenque… »

 

Vidéo Stéphanie Delannes

Libéré dès ce soir [Hier jeudi, Ndlr]

Me Borie, en défense, concède tout au plus « une erreur de jeunesse, mais en aucun cas un geste intentionnel. Quand le haut-parleur bascule, Antoine n’a aucune visibilité sur ceux qui le suivent ! »

Pointant « un acte préparé » visant « l’homme qui incarne la police républicaine », le procureur requiert six mois de prison, dont trois ferme assortis d’un maintien en détention. Le tribunal s’en tient finalement à quatre mois, dont trois avec sursis. La partie ferme de la peine est couverte par la détention provisoire effectuée par le jeune homme. Antoine a donc retrouvé la liberté dès ce jeudi soir. 

(*) Le 2 mai, le prévenu avait demandé au tribunal un délai pour préparer sa défense.

Stéphane Barnoin

Nos commentaires :

Me Borie avait démontré, preuves vidéo à l'appui :

  • que le témoignage à charge d'un policier était mensonger

  • qu'il était matériellement impossible à Antoine de voir, caché par une colonne, qui arrivait derrière lui et était blessé et qu'il n'y avait donc pas de côté « intentionnel » de sa part. Son but étant juste d'entraver la poursuite des policiers.

Tout inclinait à la relaxe ou juste à « dégradation sur l'espace public du bien d'autrui ». Et si nous nous réjouissons de la libération d'Antoine, que rien ne soit inscrit à son casier judiciaire n’entraînant aucun préjudice dans sa carrière de fonctionnaire hospitalier, que les dommages et intérêts (dont 30 € de pressing) sont minimes, nous trouvons la peine infligée injuste et trop sévère.

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L'HUMAIN AVANT TOUT Canton de Pont-du-Château - dans Société
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25 mai 2016 3 25 /05 /mai /2016 22:24

Quelques minutes de vérités à savourer et à partager sans modération !

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24 mai 2016 2 24 /05 /mai /2016 21:49
L’entre-soi !

Le nouveau patron (l’été prochain) d’Air France-KLM Jean-Marc Janaillac est issu de la promotion Voltaire de l’ENA de 1980, un réseau au cœur de la République.

C’est là que le clan Hollande, lui-même sorti de la même promo, plonge certaines de ses racines.

Ségolène Royal ? Promotion Voltaire.

Jean-Pierre Jouyet, secrétaire général de l’Élysée ? Promotion Voltaire.

Pierre René Lemas, directeur général de la Caisse des dépôts ? Promotion Voltaire.

Pierre Mongin, directeur jusqu’à l’an dernier de la RATP ? Promotion Voltaire.

Claude Revel, de la Cour des Comptes ? Promotion Voltaire.

Michel Sapin, le ministre des Finances et de l’austérité ? Promotion Voltaire.

Autant de « copains » et « copines » promus à la direction d’organismes publics. C’est ce que Hollande appela un jour « la République irréprochable ».

Quand on sort de ce sérail, les promus restent presque toujours des intimes, voir Élisabeth Borne, nouvelle patronne de la RATP, ancienne directrice de cabinet de Ségolène Royal ; ou François Brotte, patron de RTE, Réseau de Transport d’Électricité, ancien député socialiste. Etc, etc.

D’ailleurs, quelqu’un d’avisé vient de critiquer cet État « actionnaire complaisant dont le rôle se borne à nommer des copains à la tête des entreprises ». C’est Emmanuel Macron, pas du tout du genre copain et compagnie, lui alors ?…

L’entre-soi !
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23 mai 2016 1 23 /05 /mai /2016 23:06
Kareen Janselme - Lundi, 23 Mai, 2016 - L'Humanité
 
Malgré les gestes du gouvernement envers les routiers pour désamorcer le mouvement, l’envoi des forces de l’ordre pour briser les grèves, la mobilisation continue avec une nouvelle journée d’actions jeudi.
Loi «travail». Le mouvement se régénère !

Le mouvement gronde et se régénère… Contrairement à « l’essoufflement » de la mobilisation que croyait constater le premier ministre, les manifestations de jeudi dernier ont rassemblé 400 000 personnes contre la loi travail en France. Soit près du double de manifestants par rapport au mardi précédent. Les organisations professionnelles ont pris le relais des défilés, en bloquant dépôts pétroliers et raffineries. Dans les transports, cheminots, contrôleurs aériens et routiers ont embrayé sur les grèves.

Face aux blocages et opérations escargot des chauffeurs, premier effet et premier recul du gouvernement : le secrétaire d’État aux Transports, Alain Vidalies, a promis aux routiers que le calcul de rémunération de leurs heures supplémentaires dérogerait à la règle instituée par la loi travail. Jusqu’ici, les salariés des entreprises de transport routier de marchandises voyaient leurs heures supplémentaires majorées de 25 % puis de 50 %. En valorisant les accords d’entreprise, qui pourront s’imposer aux accords de branche, la loi El Khomri ouvre la porte à une baisse de ces majorations avec pour seule garantie un plancher de 10 %. Dans une profession où les horaires sont à rallonge, la nouvelle loi aurait pour conséquence de réduire de 1 300 euros le salaire d’un roulant travaillant 200 heures par mois, assure Jérôme Vérité, de la CGT. Par écrit, le secrétaire d’État s’est donc engagé à ce que le « dispositif réglementaire, dérogatoire » des routiers ne soit « pas modifié par le projet de loi travail ». En ce sens, le gouvernement va « expertiser s’il est nécessaire de procéder à des ajustements du décret » sur la durée du travail des routiers « afin de clarifier le débat et d’éviter les interprétations qui pourraient donner matière à contestation », a précisé Alain Vidalies.

Les syndicats CGT et FO ont réagi dans un communiqué commun

Le but annoncé de la nouvelle loi travail était de simplifier un droit devenu trop complexe. Or, en multipliant les accords d’entreprise, les juristes et syndicats opposés à la loi ont démontré comment, au contraire, la multiplicité des situations sur le territoire risquait de compliquer la donne. En annonçant une première dérogation de branche à cette loi, qui n’a pas encore été votée, le gouvernement ne clarifie pas grand-chose…

Mais ce premier geste du gouvernement n’a fait que conforter les grévistes dans le bien-fondé de leur lutte. « Les actions ne doivent pas s’arrêter, d’autres dispositifs de la loi sont à combattre, entre autres, les heures de nuit », ont réagi les syndicats CGT et FO dans un communiqué commun. « Cette première avancée pour notre profession doit encourager l’ensemble des salariés à rentrer dans le mouvement, car la victoire est possible et la lutte paie ! » ont-ils prôné. Les barrages filtrant devraient donc perdurer, voire s’amplifier à partir d’aujourd’hui si les assemblées générales de ce matin votent la reconduction.

Malgré les tentatives gouvernementales de briser les grèves en recourant aux forces de l’ordre ce week-end dans plusieurs dépôts de carburant, l’intersyndicale CGT, FO, FSU, Solidaires, Unef, UNL et FIDL est toujours déterminée à « amplifier la mobilisation et faire respecter la démocratie ». Forte du renouvellement du mouvement, elle a coché deux nouvelles dates dans son agenda. Une journée nationale de grève, de manifestations et d’actions le 26 mai, soit jeudi prochain. Quand au 14 juin, pour marquer l’ouverture des débats au Sénat, syndicalistes, salariés, citoyens, étudiants, lycéens, privés d’emploi sont invités à rejoindre une grande manifestation nationale à Paris, comme le réclamait le syndicat FO depuis quelques semaines, favorisée par une grève interprofessionnelle sur l’ensemble de l’Hexagone.

L’intersyndicale veut « multiplier d’ici là, sur tout le territoire, des mobilisations sous des formes diversifiées ». Pour impliquer davantage les salariés dans les entreprises mais aussi les agents des administrations, une votation sera organisée sur la loi travail et notamment sur la préservation de la hiérarchie des normes, attaque fondamentale dénoncée par les opposants à la loi. Les organisations de jeunesse organiseront elles aussi une votation dans les établissements universitaires. Un nouveau rendez-vous sera pris pour en exposer les résultats.

Manifestation le 14 juin 

L’intersyndicale antiloi travail a annoncé deux nouvelles dates suite au succès de la mobilisation du 19 mai. Les organisations syndicales CGT, FO, FSU, Solidaires et de jeunesse, Unef, UNL et FIDL appellent le 26 mai prochain à une journée de grèves, de manifestations et d’actions. Le 14 juin, début des débats au Sénat, la manifestation sera nationale et parisienne renforcée par une journée de grève interprofessionnelle. La CGT appelle les dockers à poursuivre les grèves, notamment les 26 mai et 14 juin, dans les ports après les actions à Nantes-Saint-Nazaire, au Havre et à Lorient la semaine dernière.

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L'HUMAIN AVANT TOUT Canton de Pont-du-Château - dans Société
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23 mai 2016 1 23 /05 /mai /2016 12:16
Le 26 mai : encadrer les salaires des grands patrons, c'est possible !

Le 26 mai prochain, les député-e-s auront à se prononcer à l'Assemblée nationale sur la proposition de loi des député-e-s du Front de Gauche visant à encadrer de 1 à 20 la rémunération des grands patrons. 

Dès le 26 mai, encadrer les salaires des grands patrons, c'est possible.

Demandez dès maintenant, avec votre signature, que les député-e-s de la République agissent en votant la proposition de loi suivante !

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Alors que le chômage atteint un niveau historique, que le nombre de demandeurs d’emplois, toutes catégories confondues, s’élève à près de 6,5 millions en France métropolitaine, que des milliers de nos concitoyens sont menacés par la précarité et la pauvreté, la question des écarts de rémunération et des inégalités, exacerbée par les montants faramineux accordés à certains dirigeants de grandes entreprises, apparaît comme un enjeu de société fondamental.

La publication de montants de rémunérations particulièrement indécents alimente régulièrement l’actualité et suscite de vives polémiques.

Ainsi, le président du directoire de PSA Peugeot Citroën a totalisé un gain de 5,2 millions d’euros (dont 2 millions d’euros en « actions de performance ») pour la seule année 2015, multipliant par deux sa rémunération. Un montant qui représente l’équivalent de 14 500 euros par jour, samedi et dimanche compris, ou près d’un SMIC annuel par jour. En parallèle, les salariés, qui ont activement participé au redressement de leur entreprise, ont perçu une prime annuelle d’intéressement de 2 000 euros en moyenne.

Cette situation n’est pas nouvelle. En 2014, l’annonce de la rémunération totale du Président directeur général de Renault-Nissan avait déjà suscité une puissante vague d’indignation. Le montant total se chiffrait à 15,8 millions d’euros, dans un contexte de modération salariale et d’accord de compétitivité au sein de Renault.

Les niveaux élevés des rémunérations accordées à certains hauts dirigeants s’agrémentent parfois d’une complète déconnexion avec l’état de santé réel de l’entreprise, ajoutant l’indécence à l’injustice. Ainsi de l’ancien directeur général de Sanofi, qui avait perçu 12,5 millions d’euros en 2014, alors que ce groupe réorganisait l’activité en procédant à des licenciements.

À l’heure où les salariés voient leur pouvoir d’achat stagner, ces décisions sont non seulement d’une injustice flagrante, mais encore de décisions révélatrices de la volonté des dirigeants de ces entreprises de persister dans la spéculation et la course folle à la rémunération la plus élevée.

Proxinvest, société de conseil aux investisseurs, a publié en septembre 2015 son dix-septième rapport sur la rémunération des dirigeants des sociétés cotées. La « rémunération totale moyenne des présidents exécutifs du CAC 40 repasse la barre des quatre millions d’euros pour atteindre 4 210 000 € en 2014, soit une hausse de 6 % ».

Dans le même temps, le salaire mensuel brut de base de l’ensemble du secteur marchand non agricole n’a pas connu la même évolution, progressant à un rythme bien moindre : + 1,4 % en euros courants en moyenne annuelle. En l’absence d’une revalorisation qui s’impose pourtant, l’augmentation du SMIC est encore moins élevée, + 1,1 %.

À l’heure actuelle, force est de constater que le marché produit des écarts de rémunérations qui s’avèrent injustifiables sur le plan économique comme sur le plan social.

Alors qu’au début du XXe siècle, le banquier J.P. Morgan préconisait un écart salarial au sein des entreprises de 1 à 20, celui-ci atteint en moyenne 1 à 211 pour 37 patrons du CAC 40 en 2011. Et malgré les promesses du patronat français depuis une dizaine d’années, ces excès n’ont jamais cessé.

Un phénomène décrit par l’économiste Thomas Piketty en ces termes : « Depuis trente ans, les États-Unis et la France, depuis dix ans, connaissent une explosion sans précédent des inégalités. C’est un phénomène nouveau et massif, c’est la première fois qu’il y a un tel décrochage entre les très hauts revenus et le revenu médian ».

Les politiques sociales et fiscales avantageant les plus fortunés se sont, en effet, multipliées sur la période. L’évolution exponentielle, constatée depuis plusieurs années, de la part variable des rémunérations est venue, du reste, consolider les écarts de rémunérations préexistants, comme le confirme le rapport de Proxinvest pour 2014 : la hausse de 6 % de la rémunération totale moyenne des présidents exécutifs du CAC 40 « s’explique principalement par certaines rémunérations exceptionnelles de départ significatives et par le boom des actions gratuites de performance, celles-ci pesant désormais 29,1 % de la rémunération d’un Président exécutif du CAC 40 et ayant supplanté les stock-options qui ne pèsent plus que 4,1 % de leur rémunération ».

Cette évolution piétine le consensus qui existe dans l’opinion sur le caractère injuste de la répartition des richesses dans notre société. Ainsi, selon l’enquête du ministère des affaires sociales réalisée par l’institut BVA fin 2013, 76 % des Français estiment que la société française est « plutôt injuste », huit point de plus qu’en 2000. À cette enquête, les sondés ont massivement répondu que les inégalités de revenus étaient « les plus répandues ».

Le manque de volonté politique et patronale face à l’accroissement des inégalités des revenus n’a pas été de nature à répondre durablement à ce problème.

En 2007, lors de la campagne présidentielle, l’ancien Président de la République avait pris l’engagement d’interdire les parachutes dorés et les retraites chapeaux, des pratiques « contraires aux valeurs qui sont les (siennes) ». Préférant adopter une stratégie à finalité médiatique, cette loi n’a jamais vu le jour. Les rares aménagements apportés en matière de procédures d’approbation ou de fiscalité ont prouvé leur inefficacité face à l’accroissement tendanciel des écarts de rémunération.

Depuis 2012, l’encadrement des très hautes rémunérations du secteur privé se résume à une succession de vœux pieux.

Début 2013, le Gouvernement avait un temps envisagé d’élaborer un projet de loi incluant des « dispositions législatives permettant (…) de mettre fin à certains comportements en matière de rémunération ». Le 2 mai 2013, l’actuel Président de la République réitère cet engagement de légiférer sur la « gouvernance des rémunérations dans le secteur privé », précisant « qu’un projet de loi sera présenté dans les prochaines semaines ». Quelques semaines plus tard, ce projet est enterré par le ministre de l’Économie et des Finances. Le Gouvernement renonce ainsi à encadrer et limiter la rémunération des dirigeants des entreprises privées et s’en remet à « l’autorégulation » des entreprises. Cette approche montre son inefficacité.

Les « recommandations » prônées par le code AFEP-MEDEF en matière de gouvernance, reposant sur le seul engagement volontaire des dirigeants, n’ayant donc pas de valeur contraignante, sont clairement insuffisantes.

Concernant le secteur public, lors de la campagne présidentielle, l’actuel Président de la République avait formulé l’engagement n° 26 suivant : « J’imposerai aux dirigeants des entreprises publiques un écart maximal de rémunérations de 1 à 20 ». En juillet 2012, le tout nouveau Gouvernement adopte un décret plafonnant la rémunération fixe et variable annuelle des dirigeants mandataires sociaux du secteur public à 450 000 euros.

Mesure coercitive, il n’en reste pas moins que la promesse n’est pas strictement respectée puisque le montant fixé est l’équivalent de 25 SMIC. En sus, le périmètre du décret est particulièrement restreint, s’appliquant à un nombre réduit d’entreprises et se limitant aux rémunérations des seuls mandataires sociaux.

Ce constat impose au législateur d’en tirer les conséquences. C’est le sens de cette proposition de loi, qui entend limiter les écarts de rémunération au sein de toutes les entreprises, qu’elles soient publiques ou privées.

Selon un sondage Opinionway pour Tilder et LCI, publié jeudi 31 mars 2016, 86 % des Français sont favorables au plafonnement des salaires des dirigeants d’entreprises dont l’État est actionnaire. Ils le sont également à l’égard du secteur privé. Cette proposition est défendue par la Confédération européenne des syndicats. Tous sont choqués que des sommes colossales réservées à une minorité puissent priver les entreprises de moyens financiers qui leur sont pourtant nécessaires pour investir ou mieux considérer le travail des salariés.

Par ailleurs, les citoyens sont conscients qu’en « réduisant l’excès de richesse, on pourrait en finir avec la pauvreté monétaire, ou en tout cas la faire reculer fortement » comme le soulignait l’économiste Jean Gadrey dans un article publié sur son blog en 2011 : « en redistribuant une modeste partie des revenus des plus riches, sans affecter notablement leur bien-être, sans dommage pour l’économie, on pourrait faire reculer la pauvreté monétaire dans les pays riches au point de l’éradiquer ». L’encadrement des écarts de rémunération au sein des entreprises constitue une mesure de justice sociale évidente.

L’encadrement des rémunérations présente des vertus économiques incontestables, comme le rappellent M. Gaël Giraud et Mme Cécile Renouard dans leur ouvrage Le Facteur 12 - pourquoi il faut plafonner les revenus : « tant que perdureront les inégalités de revenus que nous connaissons, la demande intérieure européenne - française en particulier - risque de rester durablement faible. Ceci, pour deux raisons. Tout d’abord parce qu’un euro dans les mains d’un ménage aisé n’est pas dépensé de la même manière, en moyenne, qu’un euro entre les mains d’un ménage modeste. Là où ce dernier dépensera la totalité de cet euro pour vivre, le premier n’en dépensera qu’une fraction. Une fraction d’autant plus petite qu’il est riche. Le reste ira s’additionner à son épargne, elle-même placée dans l’immobilier ou sur les marchés financiers. Si c’est dans l’immobilier, cette épargne alimentera la bulle immobilière qui pénalise tous les revenus faibles et condamne beaucoup d’autres à la précarité de logement. Si c’est sur les marchés financiers, cette épargne sera, en général, allouée de manière très inefficace (…) et aura toutes les chances de migrer vers les pays émergents ». 

Les effets des inégalités sur le fonctionnement des marchés financiers sont un autre aspect important. Les origines de la crise financière de 2007-2008 appellent la mise en place d’un encadrement des rémunérations au sein des entreprises. En effet, la crise des subprimes est aussi le fruit « de la richesse excessive des riches en quête de rendements élevés pour leur énorme épargne disponible et la pauvreté des conditions de vie de millions de ménages qui avaient facilité la mise au point de produits financiers à très hauts risques, selon des mécanismes où les riches du monde entier prêtaient à des taux usuraires, via des institutions financières sous leur contrôle, à des ménages surendettés croyant à la hausse continue de la valeur de leurs logements » comme le rappelle M. Jean Gadrey. L’encadrement des rémunérations dans les entreprises permettrait ainsi de corriger les écarts de richesse comme facteur de crise financière potentielle.

Cette proposition de loi présente enfin une visée écologique. Dans un monde aux ressources naturelles finies, les crises écologique et sociale sont très largement imbriquées et le « bilan environnemental » des plus riches pose question.

Au final, limiter les écarts de rémunération constitue donc une mesure salutaire pour l’économie réelle et l’environnement, qui souffrent de l’explosion des rémunérations d’une poignée d’individus.

Aussi, l’article premier entend-il introduire dans le code du travail un chapitre préliminaire intitulé : « Encadrement des écarts de rémunération au sein d’une même entreprise ».

Cet article prévoit que, dans toutes les entreprises, qu’elles soient privées ou publiques, sous quelque forme qu’elles soient constituées, le salaire annuel le moins élevé ne peut être plus de 20 fois inférieur à la rémunération annuelle globale la plus élevée dans la même entreprise.

Ce mécanisme ne concerne pas exclusivement les dirigeants, mais s’applique en référence aux rémunérations les plus hautes, afin qu’il s’applique dans les entreprises où les dirigeants ne sont pas nécessairement ceux qui perçoivent les plus hautes rémunérations.

Par ailleurs, il ne constitue pas non plus un plafonnement des rémunérations : le mécanisme permet de relever les salaires les plus bas puisque toute décision ayant pour effet de porter le montant annuel de la rémunération la plus élevée dans un écart autre que celui de 1 à 20 sera considérée comme nulle, dès lors que le salaire le plus bas n’est pas relevé.

L’adoption de cette proposition de loi permettrait donc aux salariés d’augmenter leur pouvoir d’achat - via celui de l’augmentation de leurs salaires - tout en permettant de participer à plus grande échelle à une meilleure répartition des richesses produites dans l’entreprise, au profit du travail et donc, indirectement, de notre système de protection sociale.

Cette disposition, estime M. Sam Pizzigati, chercheur associé à l’Institute for Policy Studies, « encouragerait et nourrirait presque immédiatement une forme d’économie solidaire : pour la première fois, les plus riches auraient un intérêt personnel et direct au bien-être des moins riches ».

Il est proposé de prendre en compte les rémunérations de toute nature : attribution gratuite d’actions, stock-options, primes et autres bonus. Ces éléments représentent une part toujours plus importante dans le montant total de la rémunération perçue par les dirigeants.

Afin de permettre la mise en application de cette mesure, un décret en Conseil d’État déterminera les conditions d’information et de consultation du personnel sur les écarts de rémunération pratiqués dans l’entreprise.

Enfin, la proposition de loi prévoit également un délai d’application d’un an.

L’article 2 entend limiter à deux le nombre de conseils d’administration dans lesquels une personne peut siéger, au lieu de cinq actuellement.

La « consanguinité » des conseils d’administration et des conseils de surveillance est l’une des facettes fondamentales de l’explosion de la rémunération des dirigeants des sociétés cotées. Nombreuses sont les sociétés du CAC 40 partageant des administrateurs avec d’autres sociétés.

Comme l’indique M. Frédéric Frery, Professeur de stratégie, ESCP Europe, dans La Tribune, cette pratique est « connue en France sous le doux nom de “barbichette”, en référence à la comptine “je te tiens, tu me tiens par la “barbichette”, qui devient : “tu es membre de mon conseil, tu votes ma rémunération, je suis membre de ton conseil, je vote ta rémunération” ».

La limitation du cumul de sièges dans les conseils d’administration est de nature à apporter une réponse très concrète à cette réalité.

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L'HUMAIN AVANT TOUT Canton de Pont-du-Château - dans Economie
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22 mai 2016 7 22 /05 /mai /2016 10:22

Un peu d'humour dans ce monde de brutes !

"Monde de brutes", l'expression est vraiment d'actualité !

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L'HUMAIN AVANT TOUT Canton de Pont-du-Château - dans Billet d'humeur
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20 mai 2016 5 20 /05 /mai /2016 22:26

Depuis plusieurs semaines, le gouvernement joue la carte du pourrissement et de l’affrontement avec les opposants à la loi El Khomri. Une stratégie qui surfe sur le mal-être des policiers et gendarmes tout en étouffant le débat démocratique.

 

À la fin des années 1970, de violents affrontements opposent aussi CRS, sidérurgistes et autonomes. « Aujourd’hui, comparé à cette époque, il y a peu de casse en marge des manifestations », constate Étienne Penissat, sociologue au CNRS et membre de l’Observatoire de la répression syndicale. Son collègue Fabien Jobard ne disait pas autre chose, hier matin, sur France Inter, lorsqu’il affirmait que « les casseurs ne sont pas si nombreux qu’on le dit et à Paris ils n’ont pas l’air particulièrement équipés ». Et de s’interroger : « Pourquoi la police s’est laissée déborder ? »

 

Ce qui est nouveau en revanche, d’après les chercheurs, c’est « la stratégie de la tension » utilisée pour « le maintien de l’ordre » aujourd’hui dans les cortèges. « Ce sont désormais les CRS qui ouvrent les manifestations, c’est du jamais-vu en France, s’étonne Étienne Penissat. Auparavant, on était dans du maintien de l’ordre à distance, mais nous assistons à un changement de tactique avec une pression très forte sur les manifestants. Forcément, ça tend très fortement les relations entre manifestants et policiers. » La stratégie des « nasses », qui consiste à encercler des groupes à l’intérieur même des cortèges, est aussi une nouveauté qui remplace celle de la dispersion, autrefois prisée. Un exemple parmi d’autres : le 28 avril dernier, des centaines de manifestants bloquent le port de Gennevilliers. Charges des CRS. 140 arrestations. « Il s’agissait pourtant d’une action traditionnelle comme les agriculteurs en font souvent et qui ne présentent d’habitude aucune difficulté aux forces de l’ordre », relève Étienne Penissat.

 

Du côté des services d’ordre syndicaux, on reste surpris et dubitatif face à certains déchaînements de violence. « Personne ne sait qui sont ceux qui viennent pour casser dans les manifestations à Paris, en tous les cas, moi je ne le sais pas. Ce que je sais, c’est que lors de la manifestation du 12 mai, des dizaines de personnes ont en premier lieu pris à partie les personnalités du carré de tête, aux abords du métro Varenne. Le service d’ordre des syndicats a été surpris et s’est retrouvé à faire front face à une réelle violence », relate un militant CGT d’Île-de-France. « Douze blessés parmi les gars du service d’ordre, qui ne sont que des militants qui viennent donner de leur temps pour sécuriser les cortèges », rappelle-t-il. D’autres avancent une version des événements peu reluisante. « Il pourrait potentiellement s’agir de policiers en civil venus en découdre avec la CGT, suite à une affiche qui les a ciblés », lâche un militant. Ce qui pourrait expliquer l’attitude antisyndicale de « pseudo-casseurs violents » le 12 mai. « Le résultat de cette escalade de violence reste que tout le monde apparaît manipulé et que le ras-le-bol s’exprime dans les rangs militants », soupire un troisième syndicaliste.Dans nos colonnes, Alexandre Langlois, secrétaire général de la CGT police, expliquait début mai que « tout est mis en place pour que ça dégénère ». Et de raconter que le 9 avril, des CRS ont reçu l’ordre, par deux fois, de ne pas interpeller des « casseurs dangereux » à la gare du Nord, à Paris, qui se dirigeaient pourtant vers la place de la République pour « perturber Nuit debout ».

 

Au final, quel est le but de cette « stratégie » de la tension et de la provocation ? « Radicaliser, diviser, affaiblir le mouvement », égrène Étienne Penissat et détourner le regard des questions de fond : « Les médias parlent aujourd’hui davantage de la façon dont on manifeste que ce contre quoi on manifeste. » Sans compter l’effet de dissuasion : les rassemblements ne sont plus vraiment familiaux… « Frapper la foule au hasard, et non plus seulement les meneurs, c’est transmettre un message, nous expliquait déjà Mathieu Rigouste (l’Humanité du 4 mai). Les anonymes seront touchés pour ce qu’ils sont, juste parce qu’ils sont là, parce qu’ils veulent protester. Ils veulent nous instiller la peur d’aller en manifestation. » Une dissuasion également à l’œuvre avec les interdictions préventives de manifester, autre nouveauté d’ordinaire réservée aux hooligans.

 

Pour le gouvernement, l’image du policier agirait ainsi comme un paravent. « Face à ses faibles capacités de négociation et d’anticipation, soucieux de promouvoir une image d’autorité qu’il a crue renforcée par les attentats, le gouvernement cherche à discréditer un mouvement dont la durée le surprend, en mettant en scène des images de violences, analysait récemment dans nos colonnes le sociologue Christian Mouhanna. Suivant un schéma classique en France, le policier se transforme en protecteur de l’État, quitte à nier certains droits des citoyens. » Et à écorner la démocratie sociale.

 

Loi Travail. Derrière le « maintien de l’ordre », des visées très politiques
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L'HUMAIN AVANT TOUT Canton de Pont-du-Château
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17 mai 2016 2 17 /05 /mai /2016 23:58
Salaires des patrons : révoltant !

Le vent de contestation qui souffle dans le pays aurait-il gagné les actionnaires des grou­pes du CAC 40 ? Après le vote de défiance de 54% des actionnaires de Renault contre le salaire du PDG Carlos Ghosn, fixé à 7,2 millions d’euros, et son passage en force pour maintenir coûte que coûte ses émoluments, la fronde s’est quelque peu étendue aux petits porteurs de Sanofi. Seuls 63% des actionnaires réunis en assemblée générale ont approuvé le salaire mirobolant d’Olivier Brandicourt, PDG du géant pharmaceutique, qui atteint 16,7 millions d’euros pour 2015. Dans le milieu très feutré de la finance, les rému­nérations des dirigeants sont habituellement approuvées à la quasi-unanimité par des détenteurs d’actions, trop contents de voir leurs dividendes gonfler.

Cette courte majorité s’apparente donc à une critique frontale de l’indécence des salaires patronaux. « J’ai voté contre (la rémunération d’Olivier Brandicourt) parce que ce sont des salaires délirants par rapport à la misère du monde », a confié à l’AFP une retraitée action­naire de Sanofi, à l’issue de l’assemblée générale à Paris. « Ce sont des rémunérations scandaleuses, décidées par des conseils d’administration consanguins qui ne vont pas scier la branche sur laquelle ils sont assis », a affirmé à l’agence de presse un autre petit porteur de Sanofi, ancien expert-comptable. Si les détenteurs d’actions du géant pharma­ceutique ne découvrent certainement pas la marche de l’économie capitaliste aujourd’hui, peut-être craignent-ils que la démesure de ces émoluments ne soit pas soutenable à long terme. En effet, d’après le palmarès établi par le quotidien les Échos, les rémunérations des grands patrons ont augmenté de 4% l’année dernière, hors bonus différé et autres actions de performance, alors que les entreprises du CAC 40 ont vu leurs bénéfices reculer de 7%.

Peut-être aussi craignent-ils que ces généreuses rétributions ne révoltent les salariés, soumis, eux, à des sacrifices permanents. Sanofi, pour débaucher Olivier Brandicourt du groupe pharmaceutique Bayer, a offert à son nouveau dirigeant un bonus de bienvenue de 4 millions d’euros sur deux ans, sa rémunération fixe et variable n’atteignant « que » 4,4 millions d’euros, complétée par un pactole de 12,7 millions d’euros sous forme d’options de souscription d’actions et d’actions de performance. « Pendant ce temps-là, on a trois plans de restructuration en cours qui vont se traduire par un minimum de 650 suppres­sions d’emplois, et on craint que ça n’atteigne plutôt le millier », dénonce Thierry Bodin, coordonnateur CGT du groupe Sanofi. En plus de ces suppressions de postes, les sala­riés n’ont obtenu aucune augmentation générale des salaires cette année, explique le syn­dicaliste. Pire, le groupe pharmaceutique entend imposer au personnel de la division Sanofi-Pasteur, qui produit des vaccins, un accord de compétitivité qui se solderait par la perte de jours de RTT, donc un accroissement du temps de travail, sans contrepartie.

Une configuration qui devient quasi systématique dans les grands groupes. Chez Renault, les salariés sortent à peine d’un accord de compétitivité qui a supprimé 8 260 emplois, gelé leurs salaires et augmenté leur temps de travail de 6% depuis 2013, que le construc­teur annonce déjà vouloir négocier un nouvel accord de ce type. Chez PSA Peugeot-Citroën, le PDG Carlos Tavares a trouvé moyen de doubler son salaire entre 2014 et 2015, empochant 5,24 millions d’euros au titre du dernier exercice.

Pour justifier ces sommes, le patron du constructeur automobile a expliqué lors d’une audition à l’Assemblée nationale, qu’il se considère « comme un joueur de football ou un pilote de Formule 1 ». « Il y a un marché », a-t-il ajouté. Alors que, là aussi, les salariés ont souffert des gains de productivité imposés par le biais d’un « nouveau contrat social » avec 17 000 suppressions d’emplois, selon les décomptes de la CGT, gel des salaires et pertes de RTT. Et là encore, la menace d’un nouveau plan de compétitivité se profile alors que des mesures d’austérité ont déjà été prises sur le site de Rennes, actant une « mode­ration salariale » sur trois ans et la perte de jours de congé pour les anciens. De quoi don­ner du grain à moudre au ministre de l’Économie, Emmanuel Macron, qui a menacé de « légiférer » si les pontes du CAC 40 ne faisaient pas preuve de plus de retenue sur leurs salaires.

Même si, dans les faits, en allégeant la fiscalité des actions gratuites par le biais de la loi Macron, le ministre a objectivement contribué à gonfler les poches patronales !

 

Si l'on peut dire ?

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16 mai 2016 1 16 /05 /mai /2016 22:45
      Une journée internationale pour Nuit Debout !

Afin de célébrer les cinq ans des Indignés espagnols, le mouvement Nuit Debout s’est transformé en Global Debout ce dimanche 15 mai (ou 76 mars) dans près de 300 villes en France et une centaine dans le monde. La caméra de l’Humanité.fr s’est rendue place de la République, à Paris, pour recueillir quelques images de cette belle journée de solidarité.

Ambiance.

Loi travail: des militants interdits de manifestation à Paris !

Lundi, 16 Mai, 2016 - Humanite.fr

 

L’état d’urgence est à nouveau utilisé par le gouvernement pour des raisons politiques… Plusieurs opposants à la loi travail ont ainsi reçu des interdictions individuelles de manifester et de s'approcher de la place de la République, ce mardi à Paris.

Cet arrêté signé le 14 mai par le préfet de police et est publié par le site paris-luttes.info. Le militant se voit « interdit de séjour » mardi entre 11h00 et 20H00 dans plusieurs arrondissements parisiens et « de 18h00 et jusqu'à 07h le lendemain dans le périmètre autour de la place de la République », sur la base notamment de l'article 5 de la loi sur l'état d'urgence. Celui-ci permet d'« interdire le séjour dans tout ou partie du département à toute personne cherchant à entraver, de quelque manière que ce soit, l'action des pouvoirs publics ».

Depuis samedi soir, plusieurs militants ont reçu ce type d’injonctions. Des policiers sont venus délivrer en main propre ces interdictions de manifester. Sur le simple fondement que cette personne a été vue « à de nombreuses reprises dans des manifestations contre, notamment, les violences policières et le projet de [Loi travail] », il y a pour la préfecture « tout lieu de penser que la présence » de cette personne aux rassemblements « vise à participer à des actions violentes ».
La préfecture de police a confirmé à l'AFP, sans en préciser le nombre, que des arrêtés ont été notifiés à « des personnes à l'origine ou associées à des faits de violence, pour ne pas que des actes de violences se produisent de nouveau ». Si l’AFA a publié les documents, elle précise bien que « sont concernées par ces interdits aussi des personnes d’autres organisations, des syndiquées ou des non organisées. »

« Ces arrêtés semblent être, à notre connaissance, les premiers à tomber sur Paris dans le cadre du mouvement contre la +loi travail+ », a affirmé Action antifasciste Paris-Banlieue. « Vous voulez nous faire sortir par la porte ? On rentrera par la fenêtre... », ont-ils promis. « Pour une personne interdite de manifestation que 100 autres descendent dans la rue. La solidarité est notre arme, la liberté notre crime ».
Sept syndicats ont appelé à deux nouvelles journées de grèves et manifestations mardi et jeudi, les sixième et septième en un peu plus de deux mois.


 

      Une journée internationale pour Nuit Debout !
La révolution guidant le Peuple !

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