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1 août 2017 2 01 /08 /août /2017 21:44
Même dans l’Allier (Auvergne), une des dernières rivières sauvages de France, les résultats des tests ont été positifs. Jeremy Savel/REA

Même dans l’Allier (Auvergne), une des dernières rivières sauvages de France, les résultats des tests ont été positifs. Jeremy Savel/REA

Cyprien caddeo - Lundi, 31 Juillet, 2017 - L'Humanité

 

Sujet méconnu, la présence généralisée de microplastiques dans les rivières françaises a pourtant de quoi inquiéter sur le plan environnemental.

Huit milliards de tonnes. C’est, selon une étude publiée dans Science Advances, la quantité de plastique que l’homme a produite depuis 1950. Et ce chiffre pourrait passer à 25 milliards d’ici à 2050. L’homme moderne vit plus que jamais à l’âge du plastique, si bien que celui-ci est partout, jusque dans les endroits les plus sauvages.

Les déchets – sacs plastique, bouteilles – qu’on trouve par terre ne sont que la partie émergée de l’iceberg. Les microplastiques, des particules de quelques micromètres seulement, infestent l’environnement. Invisibles, ils ont envahi tous les cours d’eau de France, au point d’inquiéter la communauté scientifique. « On arrive à des niveaux effarants de pollution au plastique », alerte Vincent Verney. Ce chercheur au CNRS et à l’Institut de chimie de Clermont-Ferrand a mené une étude sur l’Allier (Auvergne), une des dernières rivières sauvages de France, pour y mesurer le taux de microplastiques. « L’Allier est une rivière à saumons qui ne passe pas dans des bassins très industrialisés ou de population très importants. On s’est dit que même si dans cette rivière on trouvait des microplastiques, la situation était grave. Et les résultats ont tous été positifs », explique le chercheur.

 

De multiples causes de pollution

Les origines de ces particules sont multiples. Comme l’explique Vincent Verney, « le terme microplastique englobe plusieurs types de particules, dont les microplastiques primaires, qu’on trouve dans les cosmétiques ». Si cette source de pollution va se tarir, car les microbilles exfoliantes seront interdites en 2020, le chercheur explique qu’« il y a aussi les fibres textiles en polyester, celles-ci ne risquant pas de disparaître puisqu’il faut bien qu’on lave notre linge ». Ni les filtres des machines à laver ni les stations d’épuration n’arrêtent en effet ces particules qui se détachent lors des lavages, et finissent dans les rivières.

 

« Il faut se méfier des effets cocktail »

L’usure des pneus et la peinture des routes en produisent également, qui se déplacent sous l’effet combiné du vent et de la pluie. « Et, enfin, il y a les déchets abandonnés, par négligence ou incivilité, qui vont se désagréger au cours du temps », ajoute le scientifique. « C’est ce qui rend le sujet très sensible, il concerne la plupart des gestes de nos vies quotidiennes », estime Alexandre Schaal, cofondateur de l’association la Pagaie sauvage, qui effectue des prélèvements pour cartographier la présence de ces microplastiques sur le réseau hydrique français. « Pourtant, on ne peut pas l’ignorer, car se baigner en rivière, c’est la certitude d’être exposé à ces particules », prévient-il.

Est-on alors en danger si l’on se baigne en rivière ? [l'interdiction de baignade au plan d'eau de Cournon d'Auvergne et en de nombreux lieux de baignades  auvergnats ont bien l'air de le confirmer ! Ndlr] Il est « trop tôt pour le dire », juge Alexandre Schaal, car l’impact exact sur la santé humaine reste flou. Cependant, l’empreinte néfaste sur les écosystèmes contaminés est avérée. En première ligne, les poissons : des études sur la perche ont montré que les microplastiques bouleversent leur croissance et leur fertilité. Ce qui est inquiétant aussi car ce sont des « aimants à métaux lourds et des fixateurs de perturbateurs endocriniens », rappelle Vincent Verney, pour qui « il faut se méfier des effets cocktail, car les rivières ne sont pas uniquement polluées aux microplastiques mais aussi par les pesticides et les médicaments ». Pour lui, « c’est un phénomène qui va augmenter, surtout qu’on ne va pas arrêter le plastique pour autant : sans lui, pas de cœur artificiel, pas d’ordinateurs… ». D’où la nécessité d’une prise de conscience globale. Le chercheur estime ainsi que, « faute de pouvoir filtrer l’eau ou purifier les sédiments des rivières, nettoyer les gros déchets est une priorité, car ils produisent des microplastiques pendant des décennies ». Cela suppose aussi de recycler et d’arrêter d’abandonner des déchets dans la nature. C’est pourquoi la Pagaie sauvage mise sur l’écocitoyenneté et fait participer des volontaires aux prélèvements. Une manière de sensibiliser le public à la sauvegarde des rivières, pour ensuite interpeller une sphère politique encore terriblement silencieuse.

 

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31 juillet 2017 1 31 /07 /juillet /2017 22:08

Comme chaque 31 juillet, Patrick le Hyaric a rendu hommage à Jean Jaurès, devant le café du Croissant où a été assassiné cet homme de paix qui, entre mille combats, créa il y a 113 ans le journal l'Humanité. Tandis que l’actuel directeur du journal rappelait l’engagement de son fondateur pour les droits des travailleurs, nous sommes allés à la rencontre de celles et ceux pour lesquels la pensée et l’œuvre de Jaurès sont plus que jamais d’actualité.

 

Hommage à Jean Jaurès ! [Comme chaque année, combien je regrette de ne pas avoir assisté à cet hommage : Note de Michel Bouchet]
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30 juillet 2017 7 30 /07 /juillet /2017 23:07
AFP

AFP

Jean Ortiz - Vendredi, 28 Juillet, 2017

Texte très intéressant de notre ami et camarade Jean Ortiz. Ça change de la langue de bois. REM, (La République En Marche du Président Macron) publie à partir de ce lundi un cahier pour comprendre la langue de Macron.

 

« Commençons à construire un monde plus lent, plus jouissif, moins anxiogène, par la résistance quotidienne aux logiques économiques et financières folles autant que prédatrices. Leur monde est sans âme. »

Photo : Mourad Laffitte

Photo : Mourad Laffitte

De Pau, allez savoir pourquoi, on « monte » à Paris. En réalité, on descend vers Paris, au niveau de l’amer. « Et la mer et l’amour ont l’amer pour partage » (Marbeuf). En partance pour Fabien. « Monter » traduit le vieux complexe des provinciaux ploucs que l’on voudrait bien que nous soyons. A moins que ce ne soit que perception géométrique.

 

Arrivés à la gare de Pau, son château et son ministre effet maire, on nous indique que ce train ne va pas directement à Bordeaux. Il passe d’abord par Bayonne, et ira peut-être un jour visiter la Cité de Carcassonne avant de rejoindre Bordeaux. Des énergumènes tout de blanc vêtus s’évertuent à paraître joviaux, alors qu’ils ne sont que clonés, le drapeau rouge parodiquement noué autour du cou. « Nous sommes ‘festayres’, pas révolutionnaires ». Quoi que... Je connais de jeunes Basques courageux, et qui s’enflamment rapidement. Ce sont les fêtes de Bayonne, de plus en plus semblables à la Fête de la bière munichoise. On s’éclate, on se bourre, on s’égare même parfois ; on cuve, on décuve, on re-cuve. « La resaca ». Le ressac. La gueule de rail.

 

Après Bordeaux, le train s’envole. Personne au bar. Chacun reste agrippé à son fauteuil, vaguement inquiet. 327 km/h de pointe, faut pas décoller! On fait la course avec les nuages, et on gagne plus d’une heure. C’est ce que l’on appelle le progrès, ma bonn’ dame. Toujours plus vite, toujours plus concurren-ciel et démen-ciel. Quelle avancée de civilisation !! Tout est dopé... au profit, à l’ex-EPO, aux descendants du « pot belge » Oui, mais une heure en avance, c’est aussi une heure perdue pour la rêverie, la transition mélancolique d’un lieu vers l’autre. A quand une civilisation de la lenteur ? Les Zapatistes appellent leur communautés les « caracoles » (escargots). Commençons à construire un monde plus lent, plus jouissif, moins anxiogène, par la résistance quotidienne aux logiques économiques et financières folles autant que prédatrices. Leur monde est sans âme.

 

Le téléphone sonne. C’est Laurent (P.) « Où es-tu ? » « Je vole! » « Tu es devenu pickpocket ? » « Je ne vole qu’aux riches ». Qui dort, dogne, devise du Péri-gourdin Laurent.

 

Arrivée gare de Montparnasse, sur trois pieds. La canne est le prolongement de l’homme. Mais quai’c’est, çà ? Où est passée la fin du quai ? Il ne cesse de s’élastiser. La capitale capitalise tout, le moindre cm². Pisser coûte un euro. C’est cher la goutte ! Le temps presse le pas déjà pressé des voyageurs impatients d’être ailleurs, toujours. Une fourmilière follement affairée (mais à quoi ? à chercher le bonheur où il n’est pas ?) est soudain traversée par des militaires de Vigipirate qui baladent leurs flingues fringants. Je ne sais pas pourquoi, mais cela ne me rassure pas.

 

Je m’approche de Fabien ; Lydie s’impatiente. Sur le chemin, j’achète l’Huma. Vieil atavisme salutaire. Elle titre sur le Venezuela. Elle est bien la seule, avec l’HD, à manifester solidarité. L’internationalisme n’est plus ce qu’il était, surtout en été, mais de grâce, pas de leçon de ceux qui se taisent, ne bougent pas le petit doigt, ou pire encore, participent au lavage de cerveau général. C’est l’honneur de la presse communiste d’être la seule à soutenir, un soutien raisonné mais déterminé, la révolution bolivarienne, à dire à Washington « Bas les pattes! Le Venezuela ne sera pas le Chili ». Michel, notre ami l’Ambassadeur du Venezuela est ovationné. Il lance mille alertes contre l’indifférence, la passivité. L’issue approche, elle peut être sanglante. Elle ne saurait l’être.

 

J’ai également acheté L’Obs qui fait son dossier Guevara, à charge, comme d’habitude, et plein d’erreurs, auxquelles nous répondrons prochainement.

Retour au quai n°8 de Montparnasse. « Pau, rame de queue » claironne une voie nasillarde, celle de « l’hôtesse de train ». Rame de queue ? Maintenant que Bayrou n’est plus ministre, à Pau, on « rame de queue ».

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28 juillet 2017 5 28 /07 /juillet /2017 23:23
VENEZUELA : le bain de sang approche. Que fait la gauche internationale ?

Un pays pétrolier qui résiste à l’Empire depuis plus de quinze ans et qui a sorti du néant ses « fils de rien »

 

Il ne faudra pas venir pleurer demain lorsque l’on assassinera, torturera, « disparaîtra », les militants chavistes. Les précédents historiques sont malheureusement nombreux. (Tout le monde a oublié ? Le Chili ? Salvador Allende ? Pablo Neruda ?... Ndlr)

Les classes dominantes vénézuéliennes veulent une revanche sociale, liquider la « révolution bolivarienne », ou ce qu’il en reste, afin que le peuple des anciens « invisibles » ne relève plus jamais la tête. L’oligarchie veut que ces « fils de rien », auxquels le chavisme a donné statut et dignité, retournent au néant.

On peut émettre des critiques sur la gestion, sur la stratégie du président Maduro. Mais il a été élu, certes de peu, mais élu. Donc légitime. Il propose le dialogue, et a le droit de se défendre contre des émeutiers. La plupart des médias vénézuéliens et étrangers s’acharnent à donner une image chaotique du pays, à mettre sur le dos des chavistes les exactions commises par des groupes violentissimes, masqués, souvent armés, les « guarimbas », qui veulent la guerre civile.

L’opposition vénézuélienne n’est pas toute favorable à ce coup d’Etat permanent, qui va déboucher sur un massacre. Mais les secteurs qui dominent cette opposition sont parvenus à la radicaliser, à instrumentaliser le dépit de secteurs populaires éprouvés. Ils sont majoritairement d’ultra-droite. Ils veulent en découdre, et rapidement désormais. Ouvertement encouragés par la brute va-t-en guerre Trump, ils redoublent d’exactions, de sabotages, de destruction de bâtiments et de services publics, de violences en tout genre.

Le pays étant encore en grande partie capitaliste, l’oligarchie, les propriétaires, les possédants, organisent la guerre économique sur des produits ciblés, et font porter la responsabilité des difficultés structurelles, des pénuries et des queues interminables sur le gouvernement, qui n’est pas tout blanc, mais qui cherche, par la Constituante, une issue pacifique à la crise abyssale.

On peut, voire il faut, critiquer les erreurs du régime, mais n’oublions jamais que les chavistes et le peuple (même si une partie peut s’en éloigner) sont sous le feu permanent d’une véritable guerre menée par les Etats-Unis contre un pays aux énormes ressources pétrolières, et qui a osé résister à « l’Empire » pendant plus de quinze ans et chercher une autre voie que celle de l’inféodation, vers l’indépendance, la justice sociale, le socialisme. Qui a eu le culot, par la voix d’Hugo Chavez, de remettre les dirigeants des Etats-Unis (« ¡Váyanse pal carajo, yanquis de mierda ! ») à leur place.

N’est-il pas temps que la gauche dans son ensemble se ressaisisse et manifeste sa condamnation de l’ingérence étrangère dans un pays souverain, et affirme sa solidarité, fût-elle critique, voire conditionnelle (ni dans l’aveuglement, ni donneuse de leçon), avec la révolution bolivarienne ?

« La solidarité est la tendresse des peuples » disait Che Guevara. Il faut être aveugle, ou inconséquent, pour ne pas saisir ce qui est aujourd’hui en jeu au Venezuela.

Jean ORTIZ, Maître de conférences, université de Pau.

 

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25 juillet 2017 2 25 /07 /juillet /2017 20:30
Maximilien Robespierre, "L'incorruptible" - Photo : Rue des Archives/Tal

Maximilien Robespierre, "L'incorruptible" - Photo : Rue des Archives/Tal

Sylvie Ducatteau - Lundi, 24 Juillet, 2017 - L'Humanité

Les grands discours de la République. 10 mai 1793, séance de la Convention. Paris

L’homme est né pour le bonheur et pour la liberté, et partout il est esclave et malheureux ! La société a pour but la conservation de ses droits et la perfection de son être, et partout la société le dégrade et l’opprime ! Le temps est arrivé de le rappeler à ses véritables destinées ; les progrès de la raison humaine ont préparé cette grande révolution, et c’est à vous qu’est spécialement imposé le devoir de l’accélérer (...). Jusqu’ici l’art de gouverner n’a été que l’art de dépouiller et d’asservir le grand nombre au profit du petit nombre, et la législation le moyen de réduire ces attentats en système : les rois et les aristocrates ont très bien fait leur métier ; c’est à vous maintenant de faire le vôtre, c’est-à-dire de rendre les hommes heureux et libres par les lois (…).

 

L’intérêt du peuple, c’est le bien public ; l’intérêt de l’homme en place est un intérêt privé. (…) Le gouvernement est institué pour faire respecter la volonté générale ; mais les hommes qui gouvernent ont une volonté individuelle, et toute volonté cherche à dominer : s’ils emploient à cet usage la force publique dont ils sont armés, le gouvernement n’est que le fléau de la liberté. Concluez donc que le premier objet de toute Constitution doit être de défendre la liberté publique et individuelle contre le gouvernement lui-même.

C’est précisément cet objet que les législateurs ont oublié : ils se sont tous occupés de la puissance du gouvernement ; aucun n’a songé aux moyens de le ramener à son institution ; ils ont pris des précautions infinies contre l’insurrection du peuple (…).

Nous, malheureux, nous élevons le temple de la liberté avec des mains encore flétries des fers de la servitude ! Qu’était notre ancienne éducation, sinon une leçon continuelle d’égoïsme et de sotte vanité ? Qu’étaient nos usages et nos prétendues lois, sinon le code de l’impertinence et de la bassesse, où le mépris des hommes était soumis à une espèce de tarif, et gradué suivant des règles aussi bizarres que multipliées ? Mépriser et être méprisé, ramper pour dominer ; esclaves et tyrans tour à tour ; tantôt à genoux devant un maître, tantôt foulant aux pieds le peuple (...). Faut-il donc s’étonner si tant de marchands stupides, si tant de bourgeois égoïstes conservent encore pour les artisans ce dédain insolent que les nobles prodiguaient aux bourgeois et aux marchands eux-mêmes ? (...) voilà pourquoi le sein de la patrie est déchiré par les traîtres ! Voilà pourquoi les satellites féroces des despotes de l’Europe ont ravagé nos moissons, incendié nos cités, massacré nos femmes et nos enfants ! Le sang de trois cent mille Français a déjà coulé ! Le sang de trois cent mille autres va peut-être couler encore, afin que le simple laboureur ne puisse siéger au Sénat à côté du riche marchand de grains, afin que l’artisan ne puisse voter dans les assemblées du peuple à côté de l’illustre négociant ou du présomptueux avocat, et que le pauvre, intelligent et vertueux, ne puisse garder l’attitude d’un homme en présence du riche imbécile et corrompu ? (…)

Vous donc, à qui la liberté, à qui la patrie est chère, chargez-vous seuls du soin de la sauver, et puisque le moment où l’intérêt pressant de sa défense semblait exiger toute votre attention est celui où l’on veut élever précipitamment l’édifice de la Constitution d’un grand peuple, fondez-la du moins sur la base éternelle de la vérité ! Posez d’abord cette maxime incontestable : que le peuple est bon, et que ses délégués sont corruptibles ; que c’est dans la vertu et dans la souveraineté du peuple qu’il faut chercher un préservatif contre les vices et le despotisme du gouvernement. (...) Fuyez la manie ancienne des gouvernements de vouloir trop gouverner ; laissez aux individus, laissez aux familles le droit de faire ce qui ne nuit point à autrui ; laissez aux communes le pouvoir de régler elles-mêmes leurs propres affaires en tout ce qui ne tient pas essentiellement à l’administration générale de la République ; en un mot, rendez à la liberté individuelle tout ce qui n’appartient pas naturellement à l’autorité publique, et vous aurez laissé d’autant moins de prise à l’ambition et à l’arbitraire.

Les tensions sont fortes à l’Assemblée et dans le pays, lorsque Maximilien de Robespierre intervient devant la Convention, le 10 mai 1793. L’ordre du jour est consacré à la nouvelle Constitution, la seconde de la Révolution et de l’histoire de France. La nouvelle Constitution a été rendue nécessaire par le renversement de la monarchie au lendemain de la journée révolutionnaire du 10 août 1792. La Convention adoptera ce qui deviendra la Constitution de l’An I, le 24 juin 1793. Le texte constitutionnel ne sera finalement jamais appliqué, victime du contexte de l’été 1793, lorsque la République fait face tout à la fois aux révoltes contre-révolutionnaires et aux attaques des armées étrangères sur plusieurs fronts. Considérée comme la plus démocratique de France, aucune des quatre Constitutions qui lui succéderont jusqu’à aujourd’hui ne consacrera autant la souveraineté du peuple. Une souveraineté absolue, incarnée par l’article 35 : « Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l’insurrection est, pour le peuple et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs. » Il s’agit là de l’unique reconnaissance du droit à l’insurrection de l’histoire républicaine. Robespierre, dans son discours du 10 mai, comme il n’a de cesse de le faire devant la représentation nationale, pourfend les représentants du peuple qui se détournent des valeurs et principes de la grande Révolution. Une fois de plus, il fustige ceux qui méprisent le peuple. « Posez cette maxime, leur dit-il, que le peuple est bon, et que ses délégués sont corruptibles ; que c’est dans la vertu et dans la souveraineté qu’il faut chercher un préservatif contre les vices et le despotisme du gouvernement. »

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18 juillet 2017 2 18 /07 /juillet /2017 22:25
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L'HUMAIN AVANT TOUT Canton de Pont-du-Château - dans Humour Politique
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16 juillet 2017 7 16 /07 /juillet /2017 20:09
Montage AFP

Montage AFP

Le Parti communiste a déploré samedi la venue du Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, aux commémorations du 75e anniversaire de la rafle du Vel'd'Hiv.

 

Le 16 juillet, Emmanuel Macron et le premier ministre israélien [ont commémoré] ensemble la rafle du Vél’d’Hiv de 1942, où 13 152 personnes juives, parmi lesquelles plus de 4 000 enfants, ont été arrêtées par la police de Pétain pour être déportées. Ce moment de recueillement devrait envoyer un message fort de paix, selon le PCF, qui souligne que Netanyahou, « dont l’obédience d’extrême droite n’est plus un secret » et « qui, chaque jour, fait obstacle à la construction d’un processus de paix, juste et durable, entre Israéliens et Palestiniens », n’est pas l’homme de ce message. « Nul n’a oublié qu’en octobre 2015, il avait provoqué une indignation unanime, jusqu’au gouvernement allemand, en affirmant, au mépris de la réalité historique et des faits, qu’Hitler n’(avait) pas souhaité exterminer les juifs », rappelle le communiqué. En janvier, le premier ministre israélien avait refusé de participer à la conférence internationale sur le Proche-Orient, la qualifiant l’événement « d’imposture ».

 

Maud Vergnol - Chef de la rubrique Politique

 

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15 juillet 2017 6 15 /07 /juillet /2017 17:48
Maurice Ulrich - Journaliste

Maurice Ulrich - Journaliste

Jeudi, 13 Juillet, 2017 - L'Humanité

 

Le pape François aurait donc l’intention de béatifier Blaise Pascal. Le philosophe français du XVIIe siècle, certes chrétien et janséniste, n’en attendait sans doute pas tant, qui invitait les nombreux joueurs de son temps à parier sur l’existence de Dieu et la vie éternelle, ce qui peut se discuter en matière de foi. Surtout, Blaise Pascal n’avait pas tout à fait une vision béate de la création :

« Je vois ces effroyables espaces de l’univers qui m’enferment, et je me trouve attaché à un coin de cette vaste étendue, sans que je sache pourquoi je suis plutôt placé en ce lieu qu’en un autre, ni pourquoi ce peu de temps qui m’est donné à vivre m’est assigné à ce point plutôt qu’à un autre de toute l’éternité qui m’a précédé et de toute celle qui me suit. »

En matière de certitude quant au dessein de Dieu, on fait mieux. Sinon on voit mal Pascal installé au paradis chanter des actions de grâce à jamais, en robe de lin blanc. L’éternité, c’est long, surtout vers la fin !

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11 juillet 2017 2 11 /07 /juillet /2017 22:36
Le 11 juin, des centaines de femmes ont défilé dans les rues de Rabat pour exiger que soient relâchés la chanteuse et tous les détenus politiques du Rif. Ayoub Benkarroum

Le 11 juin, des centaines de femmes ont défilé dans les rues de Rabat pour exiger que soient relâchés la chanteuse et tous les détenus politiques du Rif. Ayoub Benkarroum

Maroc. Silya Ziani, voix bâillonnée du hirak - Rosa Moussaoui - Mardi, 11 Juillet, 2017 - L'Humanité

 

La militante et chanteuse rifaine de 23 ans est détenue à la prison d’Oukacha, à Casablanca, depuis plus d’un mois. Elle ne supporte plus son incarcération, à l’isolement.

Al Hoceïma (Maroc), envoyée spéciale.

Elle doit être extraite de son étroite et sombre cellule, demain, pour être présentée à un juge d’instruction à Casablanca. Le crime de Silya Ziani ? Avoir bercé de ses chants la révolte populaire du Rif. Le régime marocain ne pardonne pas à la jeune femme d’avoir scandé, dans les rassemblements d’Al Hoceïma, cet irrévérencieux slogan : « Jalalat echaâb ! » (« Sa Majesté le Peuple ! »), jugé attentatoire à la « sacralité » de la monarchie. Visage féminin du soulèvement rifain, elle est devenue le symbole de l’arbitraire et de la répression qui s’est abattue sur les contestataires.

 

Parmi les 176 personnes détenues pour leur implication dans le hirak, le mouvement social, politique et culturel qui secoue la région depuis neuf mois, elle est la seule femme. « Silya a été enlevée par des hommes en civil qui, sans se présenter, l’ont poussée dans une voiture banalisée en l’insultant. Elle n’a pris conscience de son arrestation qu’une fois arrivée au commissariat d’Al Hoceïma », relate son père, Mohand Ziani. Là, son calvaire ne fait que commencer. Un commissaire de police prénommé Issam, mis en cause par de nombreux manifestants qui l’accusent de violences, de traitements inhumains et dégradants, commence, sur elle, une séance de tortures psychologiques. Il la menace de viol. Lui répète que son père, atteint d’une affection cardiaque, plusieurs fois opéré, succombera lorsqu’il apprendra son arrestation. En plein ramadan, la jeune femme, aux mains de ces sinistres policiers, n’est pas autorisée à rompre le jeûne. Et c’est le ventre vide, déshydratée, que Silya est conduite en voiture à Casablanca. Un pénible trajet de 600 kilomètres, qu’elle endure les mains menottées dans le dos.

« L’État sera tenu pour responsable de tout ce qui peut lui arriver »

 

Depuis le 10 juin, Silya Ziani est incarcérée à la prison d’Oukacha, à Casablanca, dans une cellule d’isolement. La scène de son arrestation hante, comme un cauchemar, ses nuits sans sommeil. « Elle a sombré dans la dépression. En proie à de violentes crises de nerfs, elle a dû être transportée à l’hôpital à plusieurs reprises. Son état physique et psychologique est très préoccupant. Elle est brisée. L’État sera tenu pour responsable de tout ce qui peut lui arriver et des séquelles qu’elle gardera de cette épreuve », prévient, très émue, son avocate, Me Souad Brahma. La jeune femme est aujourd’hui sous antidépresseurs. Elle ne supporte plus le moindre contact physique, même avec son père, qui ne peut la prendre dans ses bras lors des visites hebdomadaires consenties par l’administration pénitentiaire, chaque mercredi.

 

Silya n’a rien d’une militante aguerrie. Le 28 octobre 2016, le choc de la mort de Mouhcine Fikri, le jeune poissonnier d’Al Hoceïma broyé dans une benne à ordures en essayant de sauver sa marchandise saisie par des agents de la municipalité, a suscité chez elle une douloureuse prise de conscience. « Je suis descendue spontanément dans la rue. J’ai voulu démontrer que les femmes sont présentes sur la place publique. Car, nous vivons dans une société patriarcale, alors que les Rifaines sont connues pour leur engagement », expliquait-elle avant son arrestation. Dès les premières manifestations, elle a interrompu le cursus de langue et de culture amazigh (berbère) qu’elle suivait à la faculté de lettres d’Oujda. Pour l’état civil, elle se prénomme Salima. Avant 2011, il était interdit, au Maroc, de baptiser les nouveau-nés d’un prénom berbère… Alors elle s’est elle-même choisi un prénom d’usage, puisé dans la tradition amazigh, Silya. Elle chante dans sa langue des mélopées dont elle compose la musique, écrit les paroles. « C’est une artiste. Elle n’était pas du tout préparée à subir un traitement d’une telle violence. Elle ne comprend pas ce qui lui arrive. C’est pour elle un traumatisme profond », remarque Khadija Ryadi, militante des droits humains, très impliquée dans la campagne lancée par des femmes marocaines pour sa libération. Le sort de cette jeune voix de la révolte du Rif suscite l’émotion bien au-delà des frontières du Maroc. En Europe, en Tunisie, en Algérie, les appels en faveur de son élargissement se multiplient. Vendredi, des centaines de femmes ont défilé dans les rues de Casablanca pour exiger que soient relâchés la chanteuse et tous les détenus politiques du Rif. Le lendemain, une manifestation similaire était brutalement réprimée à Rabat. Le même jour, le ministre des Droits de l’homme, Mustapha Ramid, muet sur la répression, se disait favorable au placement de la jeune femme en « liberté provisoire », pour raisons de santé. Depuis, des rumeurs sur sa libération vont bon train. « Je n’y crois pas. Il n’y a aucun signe tangible en ce sens. Jusqu’ici, ils se sont comportés avec nous comme si nous n’étions pas des Marocains », soupire le père de la prisonnière. « Ce régime est imprévisible, mais il est sensible aux pressions, nuance Khadija Ryadi. Malheureusement, les sécuritaires se montrent impitoyables dans le dossier du Rif et s’ils mettent leur veto, la libération de Silya sera compromise. » Du fond de leurs geôles, ses camarades ont exprimé leur solidarité avec la jeune femme. Hier, s’ouvrait le procès du leader du hirak, Nasser Zefzafi, poursuivi pour « atteinte à la sûreté de l’État ». « Toutes les accusations qui pèsent sur eux sont mensongères ! s’indigne Me Souad Brahma. Il n’y a aucune preuve contre ces militants qui réclament, simplement, une vie digne. »

Rosa Moussaoui - Journaliste à la rubrique Monde

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9 juillet 2017 7 09 /07 /juillet /2017 21:14
Le ministre de la Transition écologique et solidaire Nicolas Hulot, aux côtés du Premier ministre Édouard Philippe. Photo AFP.

Le ministre de la Transition écologique et solidaire Nicolas Hulot, aux côtés du Premier ministre Édouard Philippe. Photo AFP.

Samedi, 8 Juillet, 2017 - Humanite.fr

 

Comme on pouvait s’y attendre, c’est l’annonce faite par le ministre de la Transition écologique de la fin des véhicules à essence et au gazole pour 2040 qui a fait les titres de la presse audiovisuelle et écrite après sa conférence de presse d’hier midi. Toutefois, à l’examen du catalogue de mesures proposées par Nicolas Hulot, on ne trouve pas dans ce « Plan climat » une réflexion prospective structurée concernant les mille et une manières de réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES). Ce plan charrie beaucoup trop de contradictions pour être efficace. Par Gérard le Puill (*)

 

Pour tenter d’analyser la faisabilité de la proposition phare de Nicolas Hulot sur l’abandon des véhicules diesel et a essence en 2040, mieux vaut avoir en tête ce qu’est le parc automobile français aujourd’hui. En janvier 2015, il se composait de 38.408.000 véhicules dont 31,8 millions de véhicules particuliers, 5,98 millions de véhicules utilitaires et 628.000 bus, cars et gros camions de plus de cinq tonnes. L’augmentation du nombre de véhicules en circulation est constante. Elle a augmenté de 8 millions d’unités entre 1995 et 2015 et de 0,6% entre le début de l’année 2015 et le début de l’année 2016. La mise en place des cars Macron durant le quinquennat de François Hollande est un facteur aggravant pour les prochaines années en termes d’émissions de CO2.

En France, depuis des décennies, la distance entre le lieu de travail et le domicile des millions de Français qui se rendent au travail en voiture ne cesse de croître. Cette croissance résulte du fait que les « pôles de compétitivité » que tendent à devenir les capitales régionales concentrent de plus en plus d’emplois tandis que la cherté des logements dans ces agglomérations oblige les travailleurs à se loger entre les lointaines banlieues et les villages pavillonnaires que les promoteurs immobiliers font pousser comme des champignons en milieu rural.

 

Des voitures neuves en France, les « vielles caisses » en Afrique ?

En attendant la suppression des véhicules diesel et à essence à l’horizon 2040, Nicolas Hulot a déclaré hier que « le gouvernement étudiera les modalités de la mise en place d’une prime à la transition pour remplacer les véhicules qui ne sont pas éligibles à la vignette Crit’Air (véhicules essence d’avant 1997 et diesel d’avant 2001) par un véhicule neuf ou d’occasion moins polluant et plus économe en carburant. Cette mesure s’intégrera au système de bonus-malus qui a fait ses preuves pour réduire les émissions du parc automobile français et développer l’acquisition de véhicules électriques», lit-on dans le dossier de presse remis hier aux journalistes.

Certes, ces véhicules à vignette « Crit’Air » pollueront moins que les « vieilles caisses » du XXème siècle. Mais, si ces dernières continuent d’être expédiées en Afrique , entières ou en pièces détachées , pendant qu’il faudra accélérer en France la production de véhicules neufs avec ce que cela comporte d’extraction et de transformation industrielle de minerai, une légère baisse de bilan carbone de la bagnole dans notre pays sera loin de compenser les émissions supplémentaires de GES induites par la processus de fabrication des nouveaux véhicules dont peu seront encore des voitures électriques dans les prochaines années.

A l’issue de la conférence de Paris sur le climat, la France disait vouloir diviser par quatre ses émissions de gaz à effet de serre d’ici 2050. Hier, Nicolas Hulot a indiqué qu’il visait la neutralité carbone à cette date. Cela voudrait dire que notre économie devrait à cette date stocker d’un côté autant de carbone qu’elle en libère de l’autre. D’où, probablement cette idée d’en finir avec les véhicule à essence et diesel dès 2040. Mais sans parvenir à diviser par cinq ou six la circulation sur les routes de l’Hexagone, cela relève de la mission impossible. C’est l’une des nombreuses faiblesses du « Plan climat» du ministre. Il faut ici imaginer ce que représente la production de plus de 30 millions de voitures électrique individuelles dans les années précédant 2040 si le parc de voitures ne diminue pas par rapport au 6 juillet 2017, jour de la présentation de ce plan ! A supposer que nous ayons tous ces véhicules électriques en 2040, quel sera le bilan carbone de la surconsommation de matières premières diverses et variées, transformées en moteurs et en carrosseries ? Une fois ces véhicules en circulation, comment sera produit le courant électrique qui chargera toutes ces batteries de jour comme de nuit ?

 

L’équation insoluble de la production électrique sans le nucléaire

S’agissant de la production électrique, Nicolas Hulot a repris à son compte le projet du précédent quinquennat consistant à réduire la part du nucléaire à 50% de notre mix énergétique à l’horizon 2025. Le dossier de presse, sans mentionner cet objectif, promet par ailleurs de fermer rapidement les dernières centrales au charbon et indique que « la France soutiendra aussi le développement des énergies renouvelables, en prévoyant des appels d’offre permettant d’atteindre l’objectif de 32% d’énergies renouvelables en 2030… ». Acceptons cette hypothèse en sachant que ces 32% sont une moyenne annuelle s’agissant des éoliennes et de panneaux solaires dont la production peut être très fluctuante. A supposer que le nucléaire nous fournisse encore 50% de notre électricité en 2030, nous aurons 82% de notre production électrique sans CO2 , soit nettement moins qu’aujourd’hui avec plus de 70% provenant du nucléaire à quoi s’ajoutent l’hydraulique , les éoliennes , les panneaux solaires et la méthanisation .

Comment alors fournir de l’électricité aux ménages, aux entreprises, aux écoles, aux services publics en général et assurer la montée en charge du parc de véhicules électriques entre 2030 et 2040 ? L’équation est insoluble sans importer massivement du fioul et du gaz pour alimenter une partie de nos centrales. On émettra beaucoup de CO2 par pouvoir charger les batteries des voitures électriques après en avoir émis énormément pour produire ces nouvelles voitures et leurs batteries consommatrices de lithium ! Sur ce sujet comme sur quelques autres, le « Plan climat » de Nicolas Hulot manque de cohérence et révèle de nombreuses carences.
 

(*) Journaliste et auteur. Dernier ouvrage paru, « Devant l’urgence climatique, bousculons les politiques » , éditions du Croquant , mars 2017 , 184 pages , 16€


 

Gérard Le Puill

Carences et incohérences du « Plan Climat » de Nicolas Hulot !
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