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30 juillet 2017 7 30 /07 /juillet /2017 23:07
AFP

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Jean Ortiz - Vendredi, 28 Juillet, 2017

Texte très intéressant de notre ami et camarade Jean Ortiz. Ça change de la langue de bois. REM, (La République En Marche du Président Macron) publie à partir de ce lundi un cahier pour comprendre la langue de Macron.

 

« Commençons à construire un monde plus lent, plus jouissif, moins anxiogène, par la résistance quotidienne aux logiques économiques et financières folles autant que prédatrices. Leur monde est sans âme. »

Photo : Mourad Laffitte

Photo : Mourad Laffitte

De Pau, allez savoir pourquoi, on « monte » à Paris. En réalité, on descend vers Paris, au niveau de l’amer. « Et la mer et l’amour ont l’amer pour partage » (Marbeuf). En partance pour Fabien. « Monter » traduit le vieux complexe des provinciaux ploucs que l’on voudrait bien que nous soyons. A moins que ce ne soit que perception géométrique.

 

Arrivés à la gare de Pau, son château et son ministre effet maire, on nous indique que ce train ne va pas directement à Bordeaux. Il passe d’abord par Bayonne, et ira peut-être un jour visiter la Cité de Carcassonne avant de rejoindre Bordeaux. Des énergumènes tout de blanc vêtus s’évertuent à paraître joviaux, alors qu’ils ne sont que clonés, le drapeau rouge parodiquement noué autour du cou. « Nous sommes ‘festayres’, pas révolutionnaires ». Quoi que... Je connais de jeunes Basques courageux, et qui s’enflamment rapidement. Ce sont les fêtes de Bayonne, de plus en plus semblables à la Fête de la bière munichoise. On s’éclate, on se bourre, on s’égare même parfois ; on cuve, on décuve, on re-cuve. « La resaca ». Le ressac. La gueule de rail.

 

Après Bordeaux, le train s’envole. Personne au bar. Chacun reste agrippé à son fauteuil, vaguement inquiet. 327 km/h de pointe, faut pas décoller! On fait la course avec les nuages, et on gagne plus d’une heure. C’est ce que l’on appelle le progrès, ma bonn’ dame. Toujours plus vite, toujours plus concurren-ciel et démen-ciel. Quelle avancée de civilisation !! Tout est dopé... au profit, à l’ex-EPO, aux descendants du « pot belge » Oui, mais une heure en avance, c’est aussi une heure perdue pour la rêverie, la transition mélancolique d’un lieu vers l’autre. A quand une civilisation de la lenteur ? Les Zapatistes appellent leur communautés les « caracoles » (escargots). Commençons à construire un monde plus lent, plus jouissif, moins anxiogène, par la résistance quotidienne aux logiques économiques et financières folles autant que prédatrices. Leur monde est sans âme.

 

Le téléphone sonne. C’est Laurent (P.) « Où es-tu ? » « Je vole! » « Tu es devenu pickpocket ? » « Je ne vole qu’aux riches ». Qui dort, dogne, devise du Péri-gourdin Laurent.

 

Arrivée gare de Montparnasse, sur trois pieds. La canne est le prolongement de l’homme. Mais quai’c’est, çà ? Où est passée la fin du quai ? Il ne cesse de s’élastiser. La capitale capitalise tout, le moindre cm². Pisser coûte un euro. C’est cher la goutte ! Le temps presse le pas déjà pressé des voyageurs impatients d’être ailleurs, toujours. Une fourmilière follement affairée (mais à quoi ? à chercher le bonheur où il n’est pas ?) est soudain traversée par des militaires de Vigipirate qui baladent leurs flingues fringants. Je ne sais pas pourquoi, mais cela ne me rassure pas.

 

Je m’approche de Fabien ; Lydie s’impatiente. Sur le chemin, j’achète l’Huma. Vieil atavisme salutaire. Elle titre sur le Venezuela. Elle est bien la seule, avec l’HD, à manifester solidarité. L’internationalisme n’est plus ce qu’il était, surtout en été, mais de grâce, pas de leçon de ceux qui se taisent, ne bougent pas le petit doigt, ou pire encore, participent au lavage de cerveau général. C’est l’honneur de la presse communiste d’être la seule à soutenir, un soutien raisonné mais déterminé, la révolution bolivarienne, à dire à Washington « Bas les pattes! Le Venezuela ne sera pas le Chili ». Michel, notre ami l’Ambassadeur du Venezuela est ovationné. Il lance mille alertes contre l’indifférence, la passivité. L’issue approche, elle peut être sanglante. Elle ne saurait l’être.

 

J’ai également acheté L’Obs qui fait son dossier Guevara, à charge, comme d’habitude, et plein d’erreurs, auxquelles nous répondrons prochainement.

Retour au quai n°8 de Montparnasse. « Pau, rame de queue » claironne une voie nasillarde, celle de « l’hôtesse de train ». Rame de queue ? Maintenant que Bayrou n’est plus ministre, à Pau, on « rame de queue ».

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