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26 février 2017 7 26 /02 /février /2017 22:28
Photo twitter @cecilealduy

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Cécile Alduy - Dimanche, 26 Février, 2017 - Humanité Dimanche

 

Dans cette année électorale à hauts risques, la campagne pour l’élection présidentielle présente un niveau d’incertitude inédit, sous lequel se dessine une reconfiguration profonde du champ politique. S’y greffent « la confusion des signes et le brouillage de la parole politique », observe Cécile Alduy. 

Cécile Alduy. « Quand les mots du politique sont brouillés et dénaturés, c’est la démocratie qui perd » !

Professeure de littérature française à Stanford University (Californie) et chercheuse associée au Cevipof (Sciences-Po), elle « ne s’intéresse pas au ballet des personnes, mais à la dynamique des discours ». Alors pour savoir « Ce qu’ils disent vraiment » – titre de son récent ouvrage –, elle a appliqué à l’expression publique, de 2014 à 2016, des candidats Le Pen, Fillon, Mélenchon et de ceux qu’ils ont supplantés – Hollande, Sarkozy, Juppé – une analyse scientifique utilisant programmes informatiques et grille de lecture sémiotique fine. Afin de « dégager les structures profondes et la vision du monde et de la société française des principales figures qui façonnent le débat politique ». Elle en présente ici les principaux enseignements et enjeux.

Rarement bataille pour l’élection présidentielle aura été une équation à autant d’inconnues. De primaires en scandales à rebondissements, de ralliements transpartisans en défections individuelles, le plus grand flou règne sur le scénario même de la campagne : quels candidats seront vraiment en lice ? Avec quels programmes ? Sur quels thèmes vont-ils s’affronter ? Au-delà du casting à suspense, c’est une reconfiguration profonde du champ politique qui s’annonce, avec une quadri-polarisation inédite (FN, droite, centre, gauche) qui perturbe le jeu traditionnel de la Ve République et redistribue les cartes – et les mots – sur l’échiquier politique. Car, aux inconnues traditionnelles de tout scrutin (abstention, mouvements d’opinion, aléas de campagne), s’ajoute une source d’incertitude plus retorse, plus dommageable aussi pour le jeu démocratique : la confusion des signes et le brouillage de la parole politique.

Comment s’y repérer en effet lorsque Emmanuel Macron cite tantôt Jean Jaurès, Pierre Mauroy ou Roger Salengro le 14 janvier 2017 à Lille, en terres autrefois socialistes, tantôt encense Simone Veil, Jacques Chirac et Philippe Séguin, dans un appel du pied aux déçus du fillonisme le 4 février à Lyon ? Ou lorsque, en pleine primaire de la Belle Alliance populaire, Manuel Valls reprend à la droite sarkozyste et au Front national le concept d’« assimilation » comme critère d’accès à la nationalité française, après s’être interrogé pendant l’été 2016 sur la compatibilité de l’islam avec la République ? Comment ne pas être perplexe quand François Fillon, fier descendant d’une famille de Vendéens convaincus, récupère les symboles de la Révolution de 1789, moment fondateur du clivage droite/gauche, et promet de « faire tomber les Bastilles », pour ensuite préciser : « La Bastille des 35 heures. La Bastille du Code du travail… La Bastille de l’impôt confiscatoire… La Bastille de la dépense publique… La Bastille de l’égalitarisme… La Bastille de l’assistanat » ? Mme Le Pen avait déjà fait une OPA sur la laïcité en 2012. Elle campe à présent en féministe à tous crins, citant Simone de Beauvoir et Badinter. Dans cette stratégie rhétorique d’accaparement permanent des références historiques et des mots valeurs du camp adversaire, on ne s’étonnera bientôt plus que la seule personnalité citée dans le programme du Front national soit… Jean Zay, ministre de l’Éducation du gouvernement Blum, résistant emprisonné par Vichy, panthéonisé par François Hollande.

Polysémique « système »
Sur cette carte politique en pleine reconfiguration, les repères lexicaux et idéologiques des camps en présence sont devenus des sables mouvants où se perdent citoyens et commentateurs. Or la délibération démocratique ne peut avoir lieu, et faire avancer la France, lorsque glissements de sens et brouillage des valeurs érodent ou dénaturent les mots mêmes qui devraient constituer le socle d’une identité et d’un avenir communs.

Au titre des mots flous que tous se disputent comme l’étendard de la victoire, « système », « caste » et « révolution », mots polysémiques que chacun remplit en fonction de ses animosités et de son programme. De Le Pen à Mélenchon en passant par Fillon et Macron, tous dénoncent « le » système, alors même que chacun désigne par ce mot une réalité différente : un mode de représentation politique et des médias qui l’excluent du pouvoir pour Mme Le Pen, une administration étatique « à bout de souffle » qui étouffe l’énergie des Français pour Fillon, les vieux appareils partisans et le clivage droite/gauche pour Macron, la structure de domination sociale et de dévastation écologique du système capitaliste pour Jean-Luc Mélenchon. Le point commun ? Tous entendent s’exclure du fameux « système » qu’ils dénoncent et se soustraire ainsi opportunément à la vindicte populaire qu’ils attisent en lançant en pâture des boucs émissaires.

Loin d’avoir un sens précis, ces mots à la mode sont à la fois le symptôme du malaise démocratique actuel, où il vaut mieux se positionner en « outsider » que s’exposer au dégoût des Français pour la classe politique, et une sorte de blanc-seing brandi par chacun comme une preuve de virginité et de radicalité. Font-ils avancer le débat sur ce qu’il faudrait changer ? Clarifient-ils les positions, explicitent-ils les valeurs de chacun ? Garantissent-ils que les programmes proposés produiraient des résultats tangibles, mesurables ? Non. On est dans la politique émotionnelle et fusionnelle, où agiter des mots étendards aussi vagues que doux à l’oreille de citoyens mécontents tient lieu d’explication du monde.

Reprendre les mots « volés », disait Jean-Luc Mélenchon dans « l’Ère du peuple » : « Commença une ère spéciale. Non plus celle de l’abus de langage traditionnel chez tant de politiciens. Mais l’ère du vol des mots. Les mots furent confisqués et mis sur des objets sans rapport avec eux. Sans les mots pour parler des réalités qui nous intéressent, comment penser correctement ? Et même comment penser tout simplement ? » s’interrogeait-il.

La langue, ce bien commun
Effectivement, il serait temps que la gauche reparle des droits des femmes – selon notre étude, « Ce qu’ils disent vraiment » (voir « Pour en savoir plus » ci-contre – NDLR), c’est bien Mme Le Pen qui a le plus parlé des femmes ces trois dernières années –, de laïcité – là encore, le Front national est en tête –, mais aussi de ces mots simples et forts qu’elle a abandonnés, au premier rang desquels l’égalité, parent pauvre du discours politique. Même Jean-Luc Mélenchon parle davantage des « entreprises » que d’« égalité » ; et le mot valeur qu’il utilise le plus est la « souveraineté ».

Mais il faudrait aussi se départir des mots fourre-tout, des mots flous, des mots faux qui caressent dans le sens du poil rancunes et rancœurs, fussent-elles légitimes. Quand Jean-Luc Mélenchon se dispute avec Marine Le Pen le « peuple » et qu’il s’insurge dans les mêmes termes contre les « européistes », les « eurobéats » et la « caste politico-médiatique », leurs différences idéologiques risquent de s’effacer aux yeux des électeurs, plus sensibles aux similitudes de rhétorique et de ton.

Dans son ouvrage prémonitoire sur le totalitarisme, « Psychologie des foules », Gustave Le Bon écrivait en 1895 : « La puissance des mots est si grande qu’il suffit de termes bien choisis pour faire accepter les choses les plus odieuses. » Prenons garde que, à force de brouiller notre bien commun, la langue, et de vider les mots de tout contenu stable et tangible, nos représentants ne préparent les électeurs à succomber aux séductions démagogiques les plus dangereuses.

 

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L'HUMAIN AVANT TOUT Canton de Pont-du-Château - dans Elections Politique
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25 février 2017 6 25 /02 /février /2017 23:04

SOMMAIRE : Fillon chante les joies de l’anarchie / violences policières, racisme en embuscade / la paix au Pays basque / une météo nucléaire toujours printanière !

Ndlr : Nous ne partageons pas la totalité du contenu mais pensons que cela mérite d'être vu !

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23 février 2017 4 23 /02 /février /2017 20:43
Le centriste François Bayrou (MoDem) ne sera pas candidat à l'élection présidentielle et propose une alliance à Emmanuel Macron (En Marche!), a-t-il annoncé ce mercredi lors d'une conférence de presse. Emmanuel Macron a immédiatement accepté l'alliance proposée par François Bayrou.
Le centriste François Bayrou (MoDem) ne sera pas candidat à l'élection présidentielle et propose une alliance à Emmanuel Macron (En Marche!), a-t-il annoncé ce mercredi lors d'une conférence de presse. Emmanuel Macron a immédiatement accepté l'alliance proposée par François Bayrou.

Le centriste François Bayrou (MoDem) ne sera pas candidat à l'élection présidentielle et propose une alliance à Emmanuel Macron (En Marche!), a-t-il annoncé ce mercredi lors d'une conférence de presse. Emmanuel Macron a immédiatement accepté l'alliance proposée par François Bayrou.

MMB : Macron-Macri-Bayrou

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, Macron n’est pas la déclinaison latine de Macri, l’argenté président argentin. Les deux sont, cependant, belles gueules, sympas, anciens de la haute finance, des juteuses affaires mais mon dieu, cela est plutôt rassurant. Ils n’auront pas la tentation de piquer dans les « qu’est-ce », dans l’argent public, d’embaucher femmes, amantes, voisines, fils, fille...

Les deux, jeunes carnes de la vieille recette ultralibérale, ont remisé leurs fringues habituelles, pour « faire peuple », et se présentent comme des « hommes nouveaux ». Ils disent au peuple « ce qu’il veut entendre ». Belle éthique politique ! Et les médias les gonflent comme des baudruches. Ils sont de purs produits marketing au service du capital. Mais c’est ainsi l’on amène les pauvres à voter pour les riches. Terrifiant. Sordide. Tragique. Pendant la campagne électorale, ils ont la morgue rentrée, le mépris en sourdine, le sourire de commande ; ils aiment tout le monde, fellahs et compagnons de Bigeard, spécialistes de corvées de bois et Yveton, notre camarade... Entre les peuples et leurs bourreaux, ils s’écrient : « je vous ai compris... ».

N’est pas Grand Charles qui veut.

 

Macron, l’homme de Rothschild, devra s’expliquer sur le financement de sa campagne. Macri, lui, l’homme des « fonds vautours », impliqué dans les dissimulations d’argent au fin fond des paradis fiscaux, aime les enfants au point de leur donner un verre de lait par jour dans les écoles. L’un comme l’autre sont des marionnettes libérales, des bulles vides de vrai sens, mais iridescentes, séduisantes, trompeuses, pour nourrir et faire perdurer le système.

 

Et voici que François Bayrou monte sur cet attelage macromiconesque. Reconnaissons qu’il est plus « fût-fût » politiquement que Macreuse, moins creux, et sans doute moins ri pou que Fils de Lyon et que le jeune étalon qu’il a choisi. Chacun sait que la bulle Macron explosera en vol. Maintenant, il y a la bulle Macron-Bayrou : tout faire pour empêcher la gauche d’être au second tour. Si vous voyez passer une étrange montgolfière, libérale, laissez-la dériver un peu plus, vers la droite. Macron-Macri-Bayrou. Trois pour un.

Le centre, étymologiquement, est « le lieu de nulle part ».

Donc à droite. Le centre n’est que la feuille de vigne écornée de la droite, et pas autre chose.

Heureusement qu’à Pau, il nous reste toujours le Jurançon !


 

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L'HUMAIN AVANT TOUT Canton de Pont-du-Château - dans Elections Billet d'humeur
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21 février 2017 2 21 /02 /février /2017 23:12

Il y a 73 ans, le 21 février 1944, les 22 membres du groupe Manouchian sont arrêtés, condamnés à mort et fusillés le même jour au Mont-Valérien. Olga Bancic, la seule femme du groupe, sera envoyée en Allemagne et décapitée le 10 mai 1944. Onze ans plus tard, Louis Aragon leur rend hommage en un magnifique poème Strophes pour se souvenir . En 1959, Léo Ferré le met en musique, le chante et le fais connaître sous le titre l'Affiche Rouge. Le groupe Manouchian, du nom de leur chef Missak Manouchian, était formé de résistants communistes membres des Francs-tireurs et partisans - Main-d’œuvre immigrée (FTP-MOI). 

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L'HUMAIN AVANT TOUT Canton de Pont-du-Château - dans Culture et politique Histoire
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20 février 2017 1 20 /02 /février /2017 20:59
Une pétition du député André Chassaigne pour une candidature unique de la gauche !

André Chassaigne, député communiste du Puy-de-Dôme, est à l'origine d'une pétition qui appelle à une candidature unique à gauche à l'élection présidentielle. 

André Chassaigne, député communiste du Puy-de-Dôme, président du groupe Gauche démocrate et républicaine à l’Assemblée nationale, a signé une pétition, qui connaît beaucoup de succès et qui appelle à une candidature unique de la gauche à l’élection présidentielle :

« Cette initiative est dans le droit fil des décisions de la conférence nationale du PCF qui avait adopté deux options : le soutien à la candidature de Jean-Luc Mélenchon mais aussi, voulu par une très large majorité de militants, la nécessité pour le parti de continuer à œuvrer jusqu’au bout à la recherche d’une candidature commune de la gauche pour empêcher la victoire de la droite ou de l’extrême droite. Après la primaire du PS, c’est devenu possible, et il fallait faire bouger la direction du PCF arc-bouté sur la candidature de Mélenchon. Les dirigeants du parti doivent travailler en urgence sur une candidature de rassemblement à partir d’une plate-forme commune avec les Insoumis de Mélenchon, le PS, les Verts et les communistes. L’intérêt du pays doit l’emporter sur les ego face aux menaces représentées par la droite dure et l’extrême droite sur nos acquis sociaux. »

(pour signer adresser vos messages à :  : choixclair@gmail.com) :

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L'HUMAIN AVANT TOUT Canton de Pont-du-Château - dans Politique Elections
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19 février 2017 7 19 /02 /février /2017 23:03
Jeudi soir, plusieurs organisations syndicales et militantes ont annoncé un rassemblement national à la veille du premier tour de l’élection présidentielle. Une initiative inédite qui a pour but de mettre la question sociale au cœur des enjeux politiques.

Jeudi soir, plusieurs organisations syndicales et militantes ont annoncé un rassemblement national à la veille du premier tour de l’élection présidentielle. Une initiative inédite qui a pour but de mettre la question sociale au cœur des enjeux politiques.

Marion d'Allard - Dimanche, 19 Février, 2017 - Humanite.fr

 

Le 22 avril prochain, à la veille du premier tour d'élection présidentielle, « tous ceux qui n'en n'ont pas fini avec la loi Travail » seront rassemblés à Paris, pour « mettre la question sociale au cœur des enjeux des échéances politiques à venir », explique Romain Altmann, secrétaire général d'Info com CGT, qui organise, avec cinq autres organisations militantes – dont la CGT Goodyear, Sud PTT 92, ou encore la Compagnie Jolie Môme -, ce « premier tour social ». L'idée, reprend Romain Altmann, « c'est de se réapproprier la deuxième besogne de la Charte d'Amiens qui invite à militer pour la transformation sociale. »

Jeudi dernier, le théâtre de la Belle Etoile, à Saint-Denis, accueillait le lancement de cette initiative. Une grande mobilisation « inédite à la veille d'une élection ».

« Ca fait trente ans qu'on entend parler de troisième tour social. Et rien ne vient. Aujourd'hui, nous prenons les choses en main avant le premier tour », a ainsi déclaré au micro Mickaël Wamen, de la CGT Goodyear. Selon lui, « nous sommes à la fin d'un quinquennat qui s'est avéré destructeur pour le monde du travail » et la convergence des luttes est plus que jamais nécessaire pour faire bouger les lignes. Devant une salle pleine à craquer, Mickaël Wamen a insisté sur les multiples cas de répression anti-syndicales qui ont émaillé, durant des semaines, le combat contre la loi El Khomri et a appelé à la création « partout », de « collectifs militants pour réussir cette action du 22 avril prochain » et « reprendre la rue ».

Entre applaudissements et petit air de guitare, syndicalistes, artistes engagés et militants citoyens se sont succédé au micro, pour défendre, d’un côté, une lutte sociale dans son entreprise, de l’autre, détailler les activités du collectif auquel il appartient. Ainsi, Annie, femme de chambre dans un hôtel de Chevilly-Larue (Val-de-Marne) et syndiquée à la CNT est revenue sur ses conditions de travail. « Nous sommes nombreuses avec des contrats à temps partiel de quatre heures. Seulement, la charge de travail ne nous permet pas de finir dans les temps. Nous restons souvent plusieurs heures de plus pour finir, sans être payées » explique-t-elle. « Nous n'avons pas de visite médicale et lorsque nous le disons au patron sa réponse est sans appel : c'est à prendre ou à laisser », poursuit Annie. Particulièrement touché par les coupes budgétaire et au cœur de la casse du service public, le secteur de la santé souffre « des réformes successives qui ne prennent jamais en compte les besoins de la population », a enchainé Isabelle Bosseman, du CHRU de Lille. Signe révélateur, « plus de 50 préavis de grève ont été déposés dans l'établissement par la seule CGT au cours de l'année 2015 », détaille la syndicaliste.

Salariée de la FNAC, professeur en zones d'éducation prioritaire (ZEP), syndicaliste du Havre, de Mulhouse ou d'ailleurs, militants d'Attac ou du DAL, ils sont tous venus appeler à une large mobilisation, estimant qu'il n'est plus temps de faire des constats et qu'il faut désormais agir. « Ce n'est qu'un point de départ vers une société où nous prendrons possession des outils de création de richesses » conclut l'appel lancé en amont de ce premier tour social, le 22 avril, place de la République.

 

Le « premier tour social » des anti-loi Travail !
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L'HUMAIN AVANT TOUT Canton de Pont-du-Château - dans Société Politique
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18 février 2017 6 18 /02 /février /2017 23:25

« Moi, Souris ! Des méchants vous ont dit ces nouvelles. Grâce à l'Auteur de l'Univers, je suis oiseau ; voyez mes ailes.... ».  La concordance de la fable de La Fontaine - dans laquelle une chauve-souris essaye atteindre son objectif  en changeant d'identité deux fois de suite afin de mieux adapter son personnage aux circonstances (un oiseau puis une souris) - avec le "ni-ni" d'Emmanuel Macron a donné du grain à moudre à Maurice Ulrich, journaliste à l’Humanité.

Réalisation : Abrahim Saravaki

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L'HUMAIN AVANT TOUT Canton de Pont-du-Château - dans Politique Billet d'humeur
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14 février 2017 2 14 /02 /février /2017 21:50
Le mouvement « Stop Linky » contre l’installation de compteurs dits « intelligents » ne cesse de prendre de l’ampleur partout en France. Pourquoi ? Enquête et entretiens.

Le mouvement « Stop Linky » contre l’installation de compteurs dits « intelligents » ne cesse de prendre de l’ampleur partout en France. Pourquoi ? Enquête et entretiens.

Mercredi, 8 Février, 2017 - Humanite.fr

 

Les CLIC (Collectifs locaux inter-associatifs de citoyens) regroupés au sein du réseau  stop linky non merci se multiplient. En cliquant sur ce lien vous pouvez prendre connaissance de leurs actions et de leurs raisons. 

Il en est de même pour bon nombre de communes dont les conseils municipaux et leurs maires prennent des arrêtés ou des moratoires contre l’installation des compteurs Linky. Ça concerne, à ce jour 321 communes comme vous pouvez en prendre connaissance sur le site dédié http://refus.linky.gazpar.free.fr/

Précisons que ce n’est pas une affaire de « vieux réacs » et de communes de la France profonde. En effet, ça se passe à la campagne mais aussi en milieu urbain. Vous le lirez en cliquant sur le lien ci-dessus, petites et grandes communes, tous bords politiques confondus, comme Saint-Denis, Aix en Provence, Lyon 1, Douarnenez, Coudekerque-Branche, Yerres, Bagnolet, Melun,  Biarritz, Caen, Gaillac, Quimperlé, Carhaix, Forcalquier, Saran etc. ont pris une délibération ou adopté un moratoire contre l’installation de Linky et de Gazpar.

Pourquoi ce mouvement « Stop Linky » ? En voici les principales raisons complétées nos entretiens avec :

- le médiateur national de l'énergie - Jean Gaubert

- l'adjoint au maire de Saint-Denis - Michel Ribay

- un des initiateurs du mouvement "Stop Linky" - Stéphane Lhomme

- la conseillère Front de Gauche de Paris, Danielle Simonnet qui explique pourquoi elle s'oppose au déploiement des compteurs Linky à Paris sur https://www.youtube.com/watch?v=rjvK3HXG-2o

 

Linky et le danger des ondes électromagnétiques

Linky émet-il des ondes électromagnétiques qui vont s’ajouter à celles émises par les téléphones portables, les antennes-relais, la Wifi, les télécommandes etc. ?

Dans le doute, les communes ont voté des délibérations et adopté des moratoires comme celui de Saint-Macaire (Gironde) deliberations-anti-compteurs-st-macaire à l’origine de la fronde contre les compteurs intelligents et dont nous avons interviewé son initiateur Stépahne Lhomme.

Ou encore le moratoire de la ville de SAINT-DENIS-93 qui considère que « des incertitudes demeurent sur les conséquences que peuvent avoir ces nouveaux compteurs  sur la santé des personnes». Ce qui lui vaut d'être traduit par Enedis devant le tribunal adminsitratif (lire l'interview de son maire adjoint ci-dessus).

Tout récemment, le conseil municipal de Saran (Loiret) a demandé un un-moratoire-sur-linstallation-des-compteurs-Linky Il en ressort que "faute de certitudes, le principe de précaution qui a valeur constitutionnelle, s’impose".

Pourtant la très officielle ANSES (Agence nationale de sécurité sanitaire) dit qu’il n’y a pas de danger ni de risque sanitaire dans son rapport compteurs-communicants-des-risques-sanitaires-peu-probables

Les ARS (agences régionales de santé) s’en servent même pour "rassurer" les maires à l’image de la note de l'ARS de Bretagne téléchargeable sur http://milizac.fr/index.php/component/jdownloads/send/34-compteurs-linky/66-reponse-agence-regionale-de-sante-sur-le-compteur-linky

En gros, Linky utilise la technologie du CPL (courant porteur en ligne) et respecte les normes européennes quand au champ électromagnétique.

Cependant,  l’ANSES reconnaît que ces compteurs communicants sont installés au moment où les objets connectés se multiplient ainsi que la numérisation des services et des infrastructures. Et donc recommande que « le développement des objets connectés s’accompagne de normes techniques afin de ne pas exposer les personnes »… aux ondes électromagnétiques.

Alors pas de problèmes d'ondes électro-magnétiques ? Pas sûr à la lecture de l’alerte du CRIIREM - Centre de recherche et d'information indépendant sur les rayonnements électromagnétiques

Selon lui, « les mesures citées dans le dossier de l’ANSES sont incomplètes puisqu’elles n’incluent pas les champs d’induction magnétique et les champs électriques 50 hertz. »

Sont également posées les questions sur la sécurité des données personnelles et la sécurité tout court. La presse régionale se fait l'écho de compteurs Linky ayant pris feu ou perturbé d'autres appareils électriques et bien d'autres problèmes.

 

La légalité des délibérations et des moratoires

Pour comprendre de quoi il retourne, il faut avoir bien en tête que  « les ouvrages des réseaux publics de distribution appartiennent aux collectivités territoriales » - article L322-4 du code de l'énergie

ENEDIS en est le concessionnaire et le gestionnaire dont les missions sont définies à l’article L322-8 du code de l'énergie

Alors légaux ou non ces délibérations et moratoires pris par les communes ?

- « Non », selon l’AMF (association des maires de France) et la FNCCR (fédération nationale des communes concédantes de réseaux). Pour elles, « L'installation des compteurs Linky est  une décision de l'État, conforme aux directives européennes. »

Egalement interpelée par de nombreux parlementaires, à l'image du député Philippe Kémel questions.assemblee-nationale ,la ministre de l’écologie s'est retranchée derrière l'arrêt du Conseil d'Etat du 20 mars 2013

- "Si ils sont légaux" considèrent les élus et juristes opposés à l’installation des compteurs Linky. Parce que les communes en restent proprietaires même après en avoir transféré la compétence AOD (autorité organisatrice de la distribution d'électricité) à un Syndicat départemental d'énergie (SDE).

Toujours est-il que si la forme que prend l’opposition des communes est discutable juridiquement (la question n’est en fait pas tranchée par les nombreux jugemetns devant les tribunaux administratifs), son fond est légitime ce d’autant qu’il se fait l’écho des populations.

De toute façon ce n’est ni à l’Etat ni au préfet de juger illégales les délibérations. Seul le tribunal administratif est compétent.

C’est pourquoi de nombreuses communes comme celle de Saint-Denis (voir interview de l’adjoint au maire) se retrouvent devant ce tribunal. Toutefois, ce n’est pas systématique et  tout dépend de la façon de rédiger la délibération ou le moratoire selon le point de vue du juge du tribunal administratif de Nantes

Les jugements qui ont été pris ne l’ont pas été, pour l’instant, sur le fond. D’où cette mise au point-juridique par les opposants aux compteurs communicants.

 

Le refus par les usagers, conséquences

Indépendamment des délibérations et moratoires des conseils municipaux s’opposant  aux Linky, les usagers ont la possibilité de demander à leur maire de refuser l'installation d'un Linky comme d'un Gazpar ou son retrait si celui-ci a été installé selon les explications et la lettre type (à envoyer au maire) à télécharger sur http://refus.linky.gazpar.free.fr/contacter-maire-demander-retrait.htm

C’est mieux que d’agir seul et le fait que l’installation d’un compteur doit faire l’objet d’un courrier 45 jours avant la date prévue, laisse du temps. A propos de délai et d'information de la population avant toute installation, il semblerait qu'ENEDIS force un peu voire beaucoup la main en utilisant des méthodes discutables

Insistons, ENEDIS doit obligatoirement envoyer un courrier aux abonnés concernés 45 jours avant la date du rendez-vous pour procéder au changement de compteur. Pas question d'accepter des rendez-vous par téléphone.

Par ailleurs, la loi de transition énergétique ne sanctionne pas le refus individuel de changer son compteur existant contre un Linky. La CRE (commission de régulation de l’énergie) menacerait de taxer 19 euros HT par mois le relevé manuel des compteurs à tous ceux qui refusent Linky (dont le relevé se fait à distance). Ce qui serait illégal comme de couper le courant aux récalcitrants.

 

La pose d’un compteur Linky est gratuite

Exact, de même que la dépose de l’ancien compteur !

Cependant un décret du 31 août 2010 relatif aux dispositifs de comptage sur les réseaux publics d’électricité prévoit que le financement soit assuré par les consommateurs via le TURPE - tarif d'utiliation des réseaux publics d'électricité à raison de 1 à 2 euros par mois prélevés sur les factures d’électricité… jusqu’à atteindre le coût du compteur Linky (de 120 à 240 euros).

Ce tarif figure sur les factures de tous les usagers comme vous pouvez le vérifier et sera augmenté de 2,71% en moyenne le 1er août 2017.

Au final les compteurs Linky sont bien financés par les consommateurs !

Et quel gâchis financier de remplacer les compteurs actuels qui fonctionnent trés bien!

 

La question de l’emploi et du service public

Certes les entreprises chargées de la pose des nouveaux compteurs Linky  (et Gazpar) recrutent des techniciens de pose, des planificateurs et des chefs d’équipe. Mais ils sont salariés des entreprises sous-traitantes de pose et non d’ENEDIS et pas forcément sous CDI (contrat à durée indéterminée). Il s’agit donc d’emplois précaires.

C’est assez paradoxal car dans le même temps, Itron, fabricant de compteurs électriques a annoncé des suppressions d’emplois comme vous pouvez le voir sur France 3 région

Quant au personnel d’ENEDIS,  il suffit de discuter avec l’agent venu relevé le compteur pour comprendre que Linky va supprimer des emplois et le service public qui va avec comme le dénonce le conseiller municipal de Quimper Piero Rainéro dans son récent voeu sur les compteurs Linky

Finis les relevés à domicile et donc la présence humaine, importante pour de nombreux usagers isolés.

 

Liens utiles

- site du méditeur national de l'énergie http://www.energie-mediateur.fr/

- énergie-info.fr/Les-compteurs-communicants-Linky-et-Gazpar

- la position de la CGT Mines-énergie et de l’indecosa.cgt

- l'association Robin des Toits

- appel des médecins : ondes-electromagnetiques-un-nouveau-scandale-sanitaire

- l'impact sur l'emploi et la vie quotidienne selon Basta magazine

- vidéo de la table-ronde organisée à l'Assemblée nationale sur les compteurs Linky

Lire aussi :

Stéphane Lhomme: «Nous étions usagers, nous voilà clients et fournisseurs de données »

Michel Ribay: « On ne peut balayer d’un revers de main les interrogations des citoyens »

Jean Gaubert: « Ces compteurs permettent une facturation au plus juste des consommations »

 

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L'HUMAIN AVANT TOUT Canton de Pont-du-Château - dans Société Billet d'humeur
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13 février 2017 1 13 /02 /février /2017 22:05
D'Aulnay à Bobigny un seul cri : « Justice pour Théo »

D'Aulnay à Bobigny un seul cri : « Justice pour Théo »

Lundi, 13 Février, 2017 – L'Humanité - L'Éditorial par Michel Guilloux.

Vérité et justice. Voilà en deux mots ce que réclament les habitants d’Aulnay-sous-Bois et les milliers de personnes, singulièrement jeunes, qui se sont réunis samedi en soutien au jeune Théo. Un crime a été commis, un viol pour nommer les choses, à moins d’expliquer autrement ce qui peut aboutir à un déchirement anal de dix centimètres intervenu lors d’une interpellation. Depuis la mort de Zyed et Bouna et dix ans de procédure pour rien, jusqu’à celle d’Adama Traoré, l’été dernier, est-il infondé de penser que le sentiment de racisme et d’injustice s’enracine sur une réalité de terrain ? Quiconque a la moindre indulgence envers ce qui s’est passé là nourrit les pires dérives antirépublicaines et antidémocratiques. Nombre de manifestants contre la loi travail, dont nombre de lycéens, en ont d’ailleurs été aussi les cibles.

Certains avaient émis la promesse de récépissés pour les contrôles d’identité. Enterrée, comme tant d’autres. Mais casser le thermomètre fait-il disparaître la fièvre d’une double discrimination : raciste et sociale ? Pourquoi le jeune animateur a-t-il été arrêté ? Parce qu’il passait par là ? Parce qu’il avait la peau sombre ? Ou pour les deux ? Et pour faire du chiffre. Cette politique, inaugurée par un Nicolas Sarkozy, avait l’« avantage » de passer par pertes et profits ses coupes dans les moyens de la police comme de la justice. Sans effet, et pour cause, sur les trafics.

Qui peut prétendre que l’absence d’une police proche et au service des citoyens ne nourrit pas la défiance? Que la fermeture systématique des services publics, là comme en zones rurales, n’a aucune incidence sur le « vivre ensemble », formule devenue gargarisme de salon ? Et que la casse industrielle, comme à PSA Aulnay, n’a aucun effet sur la région et la désespérance dans laquelle on enferme des générations entières ? Question subsidiaire : peut-on vanter la loi du fric comme unique valeur, donner des milliards d’argent public sans contrôle aux rentiers et prédateurs sans en retirer autant aux dépenses utiles à la nation et à ses enfants ? De tous côtés, il est urgent d’œuvrer ensemble pour contrer ces logiques mortifères qui gangrènent toute notre société.

Conclusions de l'Observatoire des Violences Policières Illégitimes du Puy-de-dôme sur les circonstances de la mort de Wissam El Yamni

 

L'affaire Wissam El Yamni
Les faits se sont déroulés dans le quartier de La Gauthière à Clermont-Ferrand, dans la nuit du 31 décembre au 1er janvier 2012.  Ce qui aurait dû rester une " fête " réunit des jeunes sur un parking avec de la musique, de l'alcool, du cannabis … Les événements s'enclenchent quand l'un d'eux, Wissam El Yamni, lance une pierre sur une voiture de police. Il sera appréhendé, subira plusieurs fractures, et arrivera inanimé au commissariat, avant d'être transporté à l'hôpital où il décédera le 9 janvier.
Avec un point de départ somme-toute banal, comme beaucoup d'affaires de ce genre, suivie d'une simple course poursuite, nous ne comprenons pas qu'une intervention respectueuse du code de déontologie puisse aboutir à la mort de la personne interpellée.

 

Situation de l'affaire en  janvier  2017  et conclusions.
Après avoir écarté sommairement les contre-avis médicaux sérieux apportés par les avocats une fin d'instruction est annoncée et serait motivée par des expertises médicales contestées plutôt que par des éléments d'enquête relative aux faits.
De notre point de vue, les responsabilités du décès de Wissam El Yamni restent pourtant à établir.
Pour cette affaire comme pour beaucoup d'autres affaires de violence policière, l'établissement de la vérité semble très difficile parce que semé d'obstacles.
C'est ce qu'expliquait le sociologue Laurent Mucchielli dans La Montagne du 12 janvier 2012 :  " …  Quelles que soient les responsabilités, côté policiers,il y a très vite un mur du silence et une communication institutionnelle disant :  « On n'y est pour rien, les jeunes ont été agressifs »  …
C'est aussi ce qu'évoque Laurent Bonelli,  maître de conférence en science politique, dans La Montagne du 7 novembre 2012  : …/... "Comme les autres « affaires » de même type, [cette affaire] est singulière. Elles sont toutes singulières. Cependant je crains hélas qu’elle ne s’inscrive dans une longue liste.   Même fond, même mécanismes de défense : il se droguait, il a provoqué la police…, même système de justification, même ligne narrative. " …/...
Les contrôles de la "police des polices", l'IGPN 1, souvent efficaces pour les dérives, maffieuses par exemple, semblent très insuffisants en cas de violences policières. Les interdépendances entre la police et les parquets compliquent encore la situation.

 

 
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12 février 2017 7 12 /02 /février /2017 20:08

C'est sous les huées et aux cris de «Escroc ! Rembourse tes dettes ! Escroc ! » qu'a été accueilli l’ancien premier ministre en visite à l’usine Le Coq Sportif à Romilly-sur-Seine (Aube) ce mardi après midi. La réaction de Sylviane, une ouvrière de l'usine, comparant son salaire de 1000 euros aux centaines de milliers d'euros d’argent public en question dans ce contentieux a donné du grain à moudre à Maurice Ulrich, journaliste à l'Humanité.

Réalisation : Abrahim Saravaki

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