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9 juillet 2017 7 09 /07 /juillet /2017 21:14
Le ministre de la Transition écologique et solidaire Nicolas Hulot, aux côtés du Premier ministre Édouard Philippe. Photo AFP.

Le ministre de la Transition écologique et solidaire Nicolas Hulot, aux côtés du Premier ministre Édouard Philippe. Photo AFP.

Samedi, 8 Juillet, 2017 - Humanite.fr

 

Comme on pouvait s’y attendre, c’est l’annonce faite par le ministre de la Transition écologique de la fin des véhicules à essence et au gazole pour 2040 qui a fait les titres de la presse audiovisuelle et écrite après sa conférence de presse d’hier midi. Toutefois, à l’examen du catalogue de mesures proposées par Nicolas Hulot, on ne trouve pas dans ce « Plan climat » une réflexion prospective structurée concernant les mille et une manières de réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES). Ce plan charrie beaucoup trop de contradictions pour être efficace. Par Gérard le Puill (*)

 

Pour tenter d’analyser la faisabilité de la proposition phare de Nicolas Hulot sur l’abandon des véhicules diesel et a essence en 2040, mieux vaut avoir en tête ce qu’est le parc automobile français aujourd’hui. En janvier 2015, il se composait de 38.408.000 véhicules dont 31,8 millions de véhicules particuliers, 5,98 millions de véhicules utilitaires et 628.000 bus, cars et gros camions de plus de cinq tonnes. L’augmentation du nombre de véhicules en circulation est constante. Elle a augmenté de 8 millions d’unités entre 1995 et 2015 et de 0,6% entre le début de l’année 2015 et le début de l’année 2016. La mise en place des cars Macron durant le quinquennat de François Hollande est un facteur aggravant pour les prochaines années en termes d’émissions de CO2.

En France, depuis des décennies, la distance entre le lieu de travail et le domicile des millions de Français qui se rendent au travail en voiture ne cesse de croître. Cette croissance résulte du fait que les « pôles de compétitivité » que tendent à devenir les capitales régionales concentrent de plus en plus d’emplois tandis que la cherté des logements dans ces agglomérations oblige les travailleurs à se loger entre les lointaines banlieues et les villages pavillonnaires que les promoteurs immobiliers font pousser comme des champignons en milieu rural.

 

Des voitures neuves en France, les « vielles caisses » en Afrique ?

En attendant la suppression des véhicules diesel et à essence à l’horizon 2040, Nicolas Hulot a déclaré hier que « le gouvernement étudiera les modalités de la mise en place d’une prime à la transition pour remplacer les véhicules qui ne sont pas éligibles à la vignette Crit’Air (véhicules essence d’avant 1997 et diesel d’avant 2001) par un véhicule neuf ou d’occasion moins polluant et plus économe en carburant. Cette mesure s’intégrera au système de bonus-malus qui a fait ses preuves pour réduire les émissions du parc automobile français et développer l’acquisition de véhicules électriques», lit-on dans le dossier de presse remis hier aux journalistes.

Certes, ces véhicules à vignette « Crit’Air » pollueront moins que les « vieilles caisses » du XXème siècle. Mais, si ces dernières continuent d’être expédiées en Afrique , entières ou en pièces détachées , pendant qu’il faudra accélérer en France la production de véhicules neufs avec ce que cela comporte d’extraction et de transformation industrielle de minerai, une légère baisse de bilan carbone de la bagnole dans notre pays sera loin de compenser les émissions supplémentaires de GES induites par la processus de fabrication des nouveaux véhicules dont peu seront encore des voitures électriques dans les prochaines années.

A l’issue de la conférence de Paris sur le climat, la France disait vouloir diviser par quatre ses émissions de gaz à effet de serre d’ici 2050. Hier, Nicolas Hulot a indiqué qu’il visait la neutralité carbone à cette date. Cela voudrait dire que notre économie devrait à cette date stocker d’un côté autant de carbone qu’elle en libère de l’autre. D’où, probablement cette idée d’en finir avec les véhicule à essence et diesel dès 2040. Mais sans parvenir à diviser par cinq ou six la circulation sur les routes de l’Hexagone, cela relève de la mission impossible. C’est l’une des nombreuses faiblesses du « Plan climat» du ministre. Il faut ici imaginer ce que représente la production de plus de 30 millions de voitures électrique individuelles dans les années précédant 2040 si le parc de voitures ne diminue pas par rapport au 6 juillet 2017, jour de la présentation de ce plan ! A supposer que nous ayons tous ces véhicules électriques en 2040, quel sera le bilan carbone de la surconsommation de matières premières diverses et variées, transformées en moteurs et en carrosseries ? Une fois ces véhicules en circulation, comment sera produit le courant électrique qui chargera toutes ces batteries de jour comme de nuit ?

 

L’équation insoluble de la production électrique sans le nucléaire

S’agissant de la production électrique, Nicolas Hulot a repris à son compte le projet du précédent quinquennat consistant à réduire la part du nucléaire à 50% de notre mix énergétique à l’horizon 2025. Le dossier de presse, sans mentionner cet objectif, promet par ailleurs de fermer rapidement les dernières centrales au charbon et indique que « la France soutiendra aussi le développement des énergies renouvelables, en prévoyant des appels d’offre permettant d’atteindre l’objectif de 32% d’énergies renouvelables en 2030… ». Acceptons cette hypothèse en sachant que ces 32% sont une moyenne annuelle s’agissant des éoliennes et de panneaux solaires dont la production peut être très fluctuante. A supposer que le nucléaire nous fournisse encore 50% de notre électricité en 2030, nous aurons 82% de notre production électrique sans CO2 , soit nettement moins qu’aujourd’hui avec plus de 70% provenant du nucléaire à quoi s’ajoutent l’hydraulique , les éoliennes , les panneaux solaires et la méthanisation .

Comment alors fournir de l’électricité aux ménages, aux entreprises, aux écoles, aux services publics en général et assurer la montée en charge du parc de véhicules électriques entre 2030 et 2040 ? L’équation est insoluble sans importer massivement du fioul et du gaz pour alimenter une partie de nos centrales. On émettra beaucoup de CO2 par pouvoir charger les batteries des voitures électriques après en avoir émis énormément pour produire ces nouvelles voitures et leurs batteries consommatrices de lithium ! Sur ce sujet comme sur quelques autres, le « Plan climat » de Nicolas Hulot manque de cohérence et révèle de nombreuses carences.
 

(*) Journaliste et auteur. Dernier ouvrage paru, « Devant l’urgence climatique, bousculons les politiques » , éditions du Croquant , mars 2017 , 184 pages , 16€


 

Gérard Le Puill

Carences et incohérences du « Plan Climat » de Nicolas Hulot !
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26 juin 2017 1 26 /06 /juin /2017 22:03
PCF : Se réinventer !

La nouvelle situation politique interpelle directement toutes les forces politiques, et pour ce qui nous concerne, elle pose directement la question du rôle et de l’avenir de notre parti. Dans un contexte de profondes divisions de la gauche de transformation sociale, divisions que le PCF, malgré ses initiatives, n’a pas été en mesure de résorber, le Parti communiste essuie un véritable échec électoral même si l’élection et la réélection de 11 député-e-s manifestent une réelle capacité de mobilisation, de rassemblement et de résistance. Notre parti reste confronté aux problèmes institutionnels du présidentialisme qu’il n’a pas su à ce jour résoudre.

Le Conseil national du PCF tient à remercier chaleureusement les 524 candidates et candidats, les secrétaires fédéraux qui les ont appuyés dans leurs campagnes, les milliers de militantes et militants du Parti qui sont allé-e-s partout à la bataille pour arracher des avancées électorales, et la victoire dans les 11 circonscriptions de nos député-e-s. Le Conseil national félicite ces derniers pour leur élection ainsi que toutes celles et ceux élu-e-s au second tour grâce au rassemblement de la gauche auquel le PCF a contribué. Nous saluons également l’entrée au Parlement européen de notre camarade Marie-Pierre Vieu qui vient renforcer le groupe GUE-NGL dont Patrick Le Hyaric est vice-président. Nous voulons enfin adresser nos amitiés aux député-e-s sortant-e-s du groupe GDR qui ne se représentaient pas ou n’ont pas été réélu-e-s.

Nos député-e-s et le groupe qu’elles et ils ont décidé de former avec 4 député-e-s des Outre-Mer seront un point d’appui précieux pour les luttes qui s’annoncent et les conquêtes à venir du mouvement social et citoyen de notre pays. Leur volonté de rassemblement reste intacte puisque les député-e-s communistes proposent la création d’un « comité de liaison » avec le groupe France insoumise afin de coordonner au mieux l’activité législative et de faire obstacle efficacement aux mauvais coups du gouvernement d’Édouard Philippe.

Le Parti communiste français est appelé à se réinventer s’il tient à contribuer dans les mois et années à venir à l’amorce d’un processus de transformation sociale au service des intérêts populaires de notre pays. Le PCF se doit de remettre en chantier une stratégie et des pratiques de conquêtes et de victoires durables pour la transformation sociale. Cela exige de notre part de nous réinventer pour être un parti communiste du XXIe siècle à la hauteur de cet objectif tout en travaillant à l’émergence d’une construction politique, à vocation majoritaire, de l’ensemble de la gauche de transformation sociale.

Le Conseil national du PCF invite les communistes à ouvrir dès à présent un processus de débats, d’actions et d’élaboration collective qui verrait son aboutissement en 2018 par la tenue d’un congrès national extraordinaire dont les thèmes et questions à trancher seront élaborés par les adhérents du Parti eux-mêmes !

PCF : Se réinventer !
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10 avril 2017 1 10 /04 /avril /2017 22:13
Éditorial. Le vent se lève !

Par Patrick Apel-Muller - Lundi, 10 Avril, 2017 – L'Humanité

 

Un rameau d’olivier à la main, Jean-Luc Mélenchon a réuni une foule immense, hier, sur le Vieux-Port de Marseille

Un rameau d’olivier à la main, Jean-Luc Mélenchon a réuni une foule immense, hier, sur le Vieux-Port de Marseille. Il a invoqué le cortège des réfugiés noyés en Méditerranée, les morts qui jalonnent les guerres sur ses rives, les peuples au développement entravé. Aux drames et aux périls qui se profilent, le candidat a opposé l’élan humaniste d’Homère et Averroès. Aux tirades furieuses des belliqueux, il a répliqué par le goût de la paix, des choix rationnels, l’impératif du dialogue et l’indépendance de la France contre l’alignement sur les calculs des superpuissances. Le verbe avait du souffle et la foule de l’allant.

Les observateurs médiatiques – pour beaucoup convertis à l’extrême marché – sont contraints d’en convenir : un vent se lève. Le trio confortable – Macron, Le Pen, Fillon – auquel l’élection devait se résumer est désormais bousculé par l’irruption de la candidature de Jean-Luc Mélenchon, par l’espoir qu’elle suscite, au-delà des militants, de sortir des ornières. Sur le Vieux-Port, des clameurs accueillaient toutes les dispositions sociales avancées comme une perspective de reprendre la marche vers le progrès humain, de retrouver dans son éclat le triptyque qui fait la République, « liberté, égalité, fraternité ».

Comment diable refaire le coup qui avait marché en 2012, celui du vote utile, s’interrogent les stratèges des nuances de la droite. Alors, François Hollande avait détourné une partie des voix qui désiraient un vrai changement. Mais les cartes rebattues et les expériences faites, le pays se méfie des joueurs de flûte et du tintamarre des casseroles.

De nombreux électeurs, à moins de deux semaines du premier tour, hésitent encore, cherche la voie efficace pour changer leur vie. Les partis dominants sont largement discrédités. L’hypothèse Mélenchon séduit.

Un grand coup de collier des communistes, des Insoumis, des démocrates, des syndicalistes… peut tout bousculer.

Il n’y a pas de temps à perdre mais beaucoup à gagner !


 

Éditorial. Le vent se lève !
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16 février 2016 2 16 /02 /février /2016 23:07
Sur la DGF (Dotation Globale de Fonctionnement) : une invitation du député André Chassaigne !

UN RECUL INACCEPTABLE DES DOTATIONS

 

Je suis régulièrement intervenu pour m’opposer aux baisses de dotation de l’État qui mettent les collectivités, plus particulièrement les communes et communautés de communes, dans des situations budgétaires alarmantes. J’ai dénoncé les arguments injustes et quelquefois démagogiques qui culpabilisent les collectivités, en les rendant responsables de l’endettement public. Elles sont pourtant à l’initiative de 71% de l’investissement public du pays, tandis qu’elles ne représentent que 10% de l’endettement.

 

LES CONSÉQUENCES

 

Les conséquences de ces restrictions de dotations se font durement sentir dans les entreprises du BTP : les carnets de commande se vident et l’emploi recule. De plus, ces coupes sombres dans la DGF mettent à mal le bouclier social que sont nos communes et l’action de leurs élus, privés de moyens pour lutter contre les inégalités.

En cumul, de 2014 à 2017, l’Association des Maires de France estime à 28 milliards d’euros le manque à gagner pour les collectivités. Il est bien difficile de ne pas mettre ce chiffre en parallèle avec les 41 milliards si généreusement distribués sans contreparties aux entreprises, plus particulièrement les plus importantes, dont on mesure l’inefficacité pour créer des emplois.

 

FUSIONNER LES COMMUNES ?

 

Le recul de ces dotations imposées par l’État, répond aussi à d’autres objectifs. Sans l’avouer, le gouvernement veut conduire les maires vers la fusion des communes avec le risque de faire disparaître la dernière collectivité de proximité à laquelle les habitants restent profondément attachés.

Ainsi, la récente modification législative sur les « communes nouvelles » fige les baisses de dotation pour inciter les communes à s’engager dans une démarche de fusion. Mais qui peut croire que cette mesure, symbolique et limitée dans le temps, compensera les effets désastreux des politiques d’austérité imposées aux collectivités depuis 3 ans ?

 

NOTRE COMMISSION D’ENQUÊTE SUR LES CONSÉQUENCES DE LA BAISSE DES DOTATIONS AUX INTERCOMMUNALITÉS ET AUX COMMUNES

 

Durant le deuxième semestre 2015, le groupe de la Gauche Démocrate et Républicaine, que je préside, a été à l’initiative d’une commission d’enquête, dont le rapporteur a été mon ami Nicolas Sansu, Maire de Vierzon, député du Cher. Avec la volonté d’apporter un éclairage sans parti- pris sur les conséquences de la baisse des dotations aux communes et aux intercommunalités, 30 auditions ont été réalisées, des déplacements ont été organisés dans des collectivités, des entretiens ont eu lieu avec des associations d’élus et avec les syndicats de la fonction publique territoriale. Durant près de 6 mois, c’est un vrai travail d’investigation qu’ont conduit les membres de cette commission.

Les conclusions contenues dans le rapport final prouvent la nocivité de la cure d’austérité imposée aux collectivités.

Sur les 42 000 chômeurs supplémentaires du mois de novembre 2015, 50% viennent du BTP et l’État n’économisera que 5 milliards sur les 11 espérés, avec la perte de recettes due à la baisse d’activité.

 

Ce rapport a malheureusement été rejeté par les élus de la majorité socialiste.

Comment expliquer ce rejet ?

 

 

 

 

Sur la DGF (Dotation Globale de Fonctionnement) : une invitation du député André Chassaigne !

Nous n'osons pas aller jusqu'à l'image ci-dessous, quoique ? Votre avis ? [Ndlr]

Sur la DGF (Dotation Globale de Fonctionnement) : une invitation du député André Chassaigne !

Du fait de ce vote, nous n’avons même pas le droit de citer ce rapport au risque d’être poursuivis pénalement.

Heureusement, toutes les auditions sont consultables sur le site de l’Assemblée nationale. Je vous invite à les consulter pour mesurer la colère et le désarroi de nombreux maires, de toutes appartenances politiques.

Il faut donc poursuivre et amplifier la résistance contre cette politique qui prive nos communes des investissements indispensables à la population. La dépense publique est une politique décisive pour la qualité de vie et pour l’équilibre des territoires. Nous devons en défendre le caractère vertueux pour que la future réforme de la DGF réponde réellement aux besoins de nos collectivités.

 

UNE ÉVOLUTION LÉGISLATIVE EST PLUS QUE JAMAIS D’ACTUALITÉ POUR UNE DGF ÉQUITABLE

 

Il nous faut donc poursuivre un travail d’analyse et de vérité sur les conséquences de la baisse des dotations d’Etat. C’est pourquoi nous invitons largement les élue-s du département et les habitant-e-s à assister à :

DEBAT PUBLIC

Jeudi 18 février 2016 à 18 heures

Salle d’honneur de la Mairie de Pont-du-Château

Avec :

André CHASSAIGNE, député du Puy-de-Dôme

Nicolas SANSU, Maire de Vierzon, Député du Cher et rapporteur de la commission d’enquête sur les conséquences de la baisse des concours de l’Etat aux communes et aux EPCI sur l’investissement public et les services publics de proximité

 

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15 février 2016 1 15 /02 /février /2016 21:09
Remaniement : Incapable de juguler la crise le pouvoir fait diversion !

Il y a quelques mois, l’exécutif se livrait à des gymnastiques d’astrologues pour prédire la décrue du chômage, grâce à un extraordinaire « alignement des planètes » euro et cours du pétrole.

La cruelle épreuve du temps en a vite fait litière : le nombre des chômeurs explose, la croissance reste encalminée et le ralliement aux thèses sécuritaires de la droite, loin de fortifier la position du président de la République, accélère son isolement à gauche.

Au sein de la droite, la tentation de pousser l’avantage rend moins plausible l’hypothèse d’une majorité des trois cinquièmes des parlementaires en faveur de la constitutionnalisation de l’état d’urgence.

Même le coup de Ripolin d’un remaniement ministériel ne parvient pas à masquer les lézardes et à faire oublier la démission pour « désaccord fondamental » de Christiane Taubira.

À peine François Hollande espérait-il tenter Nicolas Hulot avec un portefeuille aux attributions élargies qu’il rencontre aussitôt un refus poli.

L’Élysée en est réduit à brûler ses derniers vaisseaux et exposer le fidèle Stéphane Le Foll à toutes les polémiques.

Tout conspire à lui nuire, déplore son entourage, où l’on voit avec inquiétude une gauche fidèle à ses engagements chercher une issue pour notre peuple.

Manuel Valls, qu’on sait en délicatesse avec l’histoire, en est réduit au plus mauvais des procès à l’encontre de Cécile Duflot, coupable d’avoir rappelé que le précédent épisode de déchéances de nationalité était l’œuvre de Vichy.

Et surtout il est demandé à Jean-Christophe Cambadélis d’essayer de perdre dans des artifices les débats qui accompagnent la revendication d’une primaire à gauche pour une politique enfin de gauche. Pour qu’elle ne voit pas le jour, il s’en fait subitement le promoteur pour exiger que François Hollande – qui n’en veut pas – puisse y concourir…

Dérisoire diversion pour occulter les controverses de projets et enclore la contestation des frondeurs socialistes.

 

Personne n’oserait parier qu’il y parviendra !

 

Remaniement : Incapable de juguler la crise le pouvoir fait diversion !
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15 janvier 2016 5 15 /01 /janvier /2016 00:05
Photo AFP/FETHI BELAID

Photo AFP/FETHI BELAID

Par Jean-Paul Piérot - Jeudi, 14 Janvier, 2016 - L'Humanité

 

« La révolution tunisienne ne doit rien à la diplomatie française. Et s’en porte plutôt mieux que d’autres pays gagnés par l’espoir d’un printemps arabe, où les ingérences extérieures, notamment françaises, ont débouché sur des désastres, en Libye et en Syrie »

 

C’était il y a cinq ans. Un avion décollait précipitamment de Tunis et mettait le cap sur Riyad. À son bord, un dictateur, ses proches et une fortune volée au peuple tout au long des vingt-trois ans de règne. L’édifice policier qui protégeait Ben Ali semblait, quelques semaines auparavant, encore inexpugnable, au point que ses amis étrangers n’avaient guère manifesté d’inquiétude quand les premiers défilés de manifestants affrontaient les balles de la répression. Ce n’est qu’à la veille de l’épilogue que la ministre des Affaires étrangères française, Michèle Alliot-Marie, proposa le 12 janvier, devant l’Assemblée nationale… d’offrir les services du savoir-faire français à la police tunisienne pour « régler les questions sécuritaires ». La révolution tunisienne ne doit donc rien à la diplomatie française. Et s’en porte plutôt mieux que d’autres pays gagnés par l’espoir d’un printemps arabe, où les ingérences extérieures, notamment françaises, ont débouché sur des désastres, en Libye et en Syrie.

Tout avait commencé le 17 décembre 2010 avec l’immolation d’un jeune vendeur de fruits et légumes, dont des policiers avaient confisqué la carriole qu’il traînait dans les rues de Sidi Bouzid. En dépit du silence d’une presse muselée, l’information s’était répandue parmi la jeunesse qui se reconnaissait dans le drame de Mohamed Bouazizi. Une fois n’est pas coutume, le jeune chômeur eut raison du satrape du palais de Carthage.

Depuis, les forces progressistes ont résisté aux tentatives de déstabilisation et de détournement ourdies par tous les ennemis de la démocratie. Le masque « modéré » d’Ennahdha, porté au pouvoir après la chute de Ben Ali, se brisa lors de l’assassinat des militants de gauche Chokri Belaïd et Mohamed Brahmi en 2013.

Les attaques terroristes au Bardo, à Sousse et dans le centre de Tunis, en novembre, n’ont pas découragé les forces sociales, la jeunesse, les femmes, les syndicalistes.

Elles n’ont pas empêché les Tunisiens de se doter d’une Constitution dont ils sont légitimement fiers.

D’autres combats attendent le peuple pour surmonter d’immenses difficultés. Mais le jasmin de la révolution est toujours en fleurs !

 

Le jasmin est toujours en fleurs !
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7 janvier 2016 4 07 /01 /janvier /2016 22:46
JOEL SAGET / AFP

JOEL SAGET / AFP

Par Patrick Apel-Muller - Jeudi, 7 Janvier, 2016 - L'Humanité

 

« La communion générale autour de l’autel de la liberté d’expression s’est vite dispersée et, tandis que des magnats mettaient la main sur l’essentiel de la presse d’information générale, l’audiovisuel se réinstallait dans la censure sourde des idées contestatrices dont témoigne par exemple la quasi-exclusion de notre titre [l'Humanité] des antennes du service public. »

 

Ils ne sont plus Charlie.

Oubliés les protestations de fraternité, le refus des amalgames, l’exaltation de l’arme démocratique.

On voyait, ce 11 janvier 2015, des responsables politiques jouer des coudes pour apparaître au premier rang des chefs d’État. Aujourd’hui, les mêmes se bousculent pour grimper l’escalier sécuritaire, surenchérir sur les mesures policières ou les symboles ravageurs comme la déchéance de la nationalité ou l’apatridie.

Les voilà qui font mine de déplorer l’essor du Front national tandis qu’ils en justifient les thèmes les plus brutaux. « Dieu se rit des hommes qui déplorent les effets dont ils chérissent les causes », écrivait Bossuet…

 

Et pourtant, Charlie n’est pas mort.

Si la lueur du journal satirique luit encore malgré les rafales meurtrières, c’est aussi que court toujours, en mille ruisselets, l’esprit de liberté, d’égalité et de fraternité qui s’était alors rassemblé.

En témoignent les protestations contre les discriminations portées par la déchéance de nationalité pour les binationaux, les mobilisations naissantes contre l’éternisation de l’état d’urgence dans la Constitution, la réticence de nombreux progressistes d’emboîter le pas cadencé de l’état de guerre que proclame matin, midi et soir le premier ministre.

La sidération et le réflexe d’autodéfense induits par les sanglants attentats du 13 novembre ou la confusion entre besoin de sécurité et ordre sécuritaire ne perdureront sans doute pas.

Et seront alors mieux entendues les voix qui réclament plus de république, plus de démocratie, plus de solidarité et de partage.

 

Celles de ceux qui sont toujours Charlie !

 

 

7 janvier 2015 - 7 janvier 2016 : Toujours Charlie !
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25 juin 2015 4 25 /06 /juin /2015 22:59
Le 49-3 n’est pas un simple accident de parcours législatif !
Le 49-3 n’est pas un simple accident de parcours législatif !
Le 49-3 n’est pas un simple accident de parcours législatif !
23 juin 2015

 

 Question au gouvernement, coups de gueule en salle des 4 colonnes, intervention à la tribune sur la censure, sollicitations journalistiques… c’est à de multiples reprises que je suis intervenu toute la semaine passée au sein de l’Assemblée nationale suite au coup de force imposé aux député-e-s par l’utilisation de l’article 49 alinéa 3 de la Constitution par le Premier Ministre. J’avais alors conscience de la nécessité d’expliquer le fond idéologique sur lequel s’appuient de tels choix du pouvoir en place. Mais l’urgence était de souligner la gravité de l’utilisation de cette arme constitutionnelle pour passer en force, privant la représentation nationale de tout débat, et de démontrer que si la motion de censure ne recueillait pas la majorité requise, le texte était considéré comme adopté en nouvelle lecture. De plus, dans le même temps, il était indispensable d’essayer de construire des réponses partagées avec toutes celles et tous ceux qui, à gauche dans l’hémicycle, étaient en profond désaccord à la fois avec le contenu du projet de loi porté par le Ministre de l’Economie et avec la procédure autoritaire employée par le Premier Ministre pour le faire adopter.

 Voilà pourquoi les députés du Front de gauche ont d’abord décidé de s’adresser à l’ensemble des députés de gauche pour réunir les 58 signataires nécessaires pour censurer le gouvernement et rejeter le texte. Puis, après le constat d’échec de cette tentative, nous avons proposé et engagé l’écriture d’un texte commun avec plusieurs députés socialistes dits « frondeurs », des membres du groupe écologiste, la députée Nouvelle Donne, des députés MRC, des députés ultra-marins et bien évidemment les députés du Front de gauche. Nous devions le rendre public avant le vote de la censure. Il condamnait sans ambiguïté le projet de loi Macron et ouvrait des perspectives politiques nouvelles à gauche, rejetant « les politiques d’austérité budgétaires et du moins-disant social et environnemental ». Avec une telle initiative politique rassembleuse, nous aurions pu alors ne pas voter la censure. Mais, au dernier moment, les députés socialistes partie-prenante nous ont lâchés, et la déclaration n’a pas vu le jour.

 Pour autant, cette démarche a permis d’initier un échange de fond inédit et a provoqué un débat fort chez les socialistes frondeurs et au sein du groupe écologiste. Elle a aussi permis de renforcer l’unité de notre groupe : nous avons été neuf députés du Front de gauche sur dix à voter la censure contre six en février. Dans cette affaire, malgré la difficulté de voter « avec » la droite, nous avons, je crois, gagné en écoute et en crédibilité. A la suite de cette séquence, beaucoup de commentaires de presse ont d'ailleurs été, pour une fois, attentifs à nos explications et plutôt respectueux à notre encontre.

 

 Mais il me faut revenir, avec un peu plus de recul, sur cet épisode qui ne fait que confirmer une dérive démocratique particulièrement dangereuse pour l’avenir du pays.

 Je commencerai par redire que les communistes portent, avec beaucoup d’autres à gauche, l’exigence d’une profonde transformation de notre République, visant à aboutir à une VIème République, avec une Constitution plus démocratique et un renversement des pouvoirs entre le Parlement et l’exécutif. Il s’agit d’ailleurs d’un axe structurant du programme du Front de Gauche depuis sa construction. Sans aucun doute, la semaine que nous venons de vivre ne fait que conforter notre détermination à aller dans ce sens.

 Le nouveau recours au 49-3, qui intervient tout juste 3 ans après les envolées du candidat François Hollande sur la « République exemplaire », témoigne en fait d’une abdication politique devant les puissances d’argent. Ce renoncement passe désormais par le bâillonnage du Parlement, conjugué à la volonté d’écarter du champ politique la souveraineté populaire par le rejet hors du débat public des confrontations et des antagonismes de classes. Une fois encore, après une succession de textes législatifs, notamment ceux concernant la réforme territoriale, de tels actes confirment la volonté du pouvoir d’ancrer toute la vie politique du pays dans ce qu’il faut bien appeler un régime « de démocratie de basse intensité ».

 Le constat n’est pas contestable : nous vivons un moment d’accélération de la dérive démocratique de notre pays. Aussi, plus que jamais, devons-nous en saisir la mesure, en dévoiler le contenu idéologique, en analyser les conséquences et faire émerger les outils concrets d’une alternative.

 

 Revenons tout d’abord sur la méthode qui sert à l’élaboration de la politique économique imposée par le Président de la République, son Gouvernement et sa majorité, et qui trouve sa dernière traduction dans le texte du projet de loi Macron. Le procédé est exemplaire tant sur la forme que sur le fond.

 Sur la forme tout d’abord, l’emploi de l’article 49-3 de la Constitution a été « dégainé » avant même la discussion générale, empêchant l’examen en séance publique de chacun des 315 articles du texte restant en discussion en seconde lecture. Quant au texte, l’ultralibéralisme est son fil conducteur : abandon du ferroviaire au profit de sociétés d’autocars, remise en cause du service public de la justice, privatisation de la gestion d’aéroports rentables et de l’industrie de défense, allègement fiscal au profit des dirigeants du CAC 40, extension du travail du dimanche et de nuit, recul des droits des salariés et des obligations patronales, déconstruction du droit de l’environnement par ordonnance et limitation du recours en démolition en cas de permis illégal. Sans compter les mesures régressives nouvelles imposées par le Gouvernement à l’occasion de la seconde lecture, en particulier le plafonnement des indemnités pour licenciement abusif, qui n’aura pas d’impact sur le plan de la lutte contre le chômage, mais qui constitue ni plus ni moins un encouragement pour les employeurs à licencier abusivement. Ce texte, conçu pour satisfaire la commission de Bruxelles, accentue un saisissant virage libéral. Il sera économiquement inefficace, écologiquement contre-productif, et socialement injuste.

 Le gouvernement a justifié l’usage du 49-3 et du vote bloqué par le travail réalisé en commission. Rappelons que les commissions, quel que soit le travail de fond qu’elles mènent, ne peuvent en aucun cas se substituer à la légitimité de l’ensemble de la représentation nationale. En substance, le message adressé ce mercredi 16 juin était clair : l’Assemblée nationale n’est rien, les représentants du peuple, élus au suffrage universel, n’ont qu’à se taire. Et quel symbole que cet exécutif poussant jusqu’au bout les pires travers de la Vème République en s’accaparant totalement le pouvoir législatif sous l’argument du bon mot « d’efficacité », brandi par le Premier ministre pour tenter de se justifier ! Est-ce à dire que le peuple étant jugé indirectement « inefficace » pour juger d’une loi, l’exécutif s’est chargé de le « dissoudre » ?

 Si je fais ici implicitement référence à la célèbre formule de Bertholt Brecht, ce n’est pas seulement par sens de la formule, mais parce que sur le fond, cet épisode traduit également un objectif idéologique majeur. Pour tenter d’annihiler toute prise de position hostile au contenu libéral et rétrograde des mesures proposées, le pouvoir n’a de cesse d’alimenter une mythologie économique, faite de recherche de « compétitivité », « d’efficacité » et « d’allègement » des contraintes qui pèseraient sur la création d’emploi. S’opposer à cette modernité, c’est être « conservateur », « rétrograde », voire « stalinien », comme j’ai pu l’entendre à mon encontre de la bouche de certains députés socialistes. En réalité, toutes ces mesures n’ont qu’un seul objectif : la recherche de rentabilité et de profitabilité pour les actionnaires. Les atteintes au droit du travail ne créent pas d’emploi, elles en détruisent. La libéralisation de certains secteurs d’activité ne sert pas l’intérêt général, elle défait des services publics locaux si utiles au quotidien des habitants. La dérèglementation des horaires et conditions de travail ne permet pas d’améliorer le pouvoir d’achat des salariés, elle détruit les statuts et précarise toujours plus l’emploi. Mais les détenteurs de capitaux ne tolèrent plus ces analyses contradictoires dans le débat public. La stratégie de classe du capital le conduit donc à imposer toujours plus sa « façon de voir » l’économie, et sa « façon de faire » la politique. En effet, pourquoi se résoudre à l’examen par des élus du  peuple de dispositions législatives co-élaborées par une expertocratie au service du capital et un gouvernement « courroie de transmission » des injonctions du MEDEF, quand on peut en passer par des procédures aussi expéditives qu’antidémocratiques comme le recours au 49-3 ? Et, à plus forte raison, pourquoi donc s’imposer un tel examen de conscience quand la résistance sociale et salariale à l’encontre des mesures proposées est aussi affaiblie ?

 Il n’y a d’ailleurs pas de coïncidence fortuite entre le refus, à quelques jours d’intervalle, de voir le Parlement européen s’exprimer sur le contenu des négociations sur le traité transatlantique, et le refus de voir l’Assemblée nationale française débattre d’un texte qui entend libéraliser toujours plus l’économie et faire sauter les digues du droit social et du droit du travail. Ces deux épisodes démontrent la cohérence politique à l’œuvre en Europe comme en France, et l’alignement sur les mêmes choix idéologiques.

 L’emploi du 49-3 à répétition est d’autant plus dévastateur qu’il relève d’une logique qui consiste à mettre à l’index tous les élus, à tous les échelons de collectivités de la République, déjà stigmatisés par les forces les plus conservatrices. En cela, il alimente la construction d’un « nouveau sens commun » politique, assimilant la fonction et le rôle de représentation de l’élu à un simple « coût », « paralysant », « inutile », voire qu’il faudrait « supprimer ». En agissant de la sorte, certains ne semblent donc pas avoir de craintes à voir s’installer une forme de « dictature de l’exécutif », assimilée à une recherche « d’efficacité », consacrant ainsi puissamment la volonté secrète de la révolution conservatrice néolibérale : assécher la vitalité démocratique d’un pays pour entretenir l’atrophie et l’aplasie des forces sociales capables d’en contester la domination idéologique. Bien entendu, il ne s’agit là qu’un d’un outil parmi tant d’autres au service de ceux qui ont déjà tout. Mais il m’apparaissait, cette semaine, particulièrement nécessaire de le dénoncer fermement, pour ne pas laisser passer l’idée selon laquelle il s’agirait d’une simple procédure inscrite dans notre constitution, et sans effet sur la structure même du débat démocratique.

 Aussi, il me semble que l’accélération de la dérive de la démocratie française et européenne nous pousse à chercher, avec une acuité nouvelle, les voies les plus novatrices et pertinentes de construction d’une alternative politique rassembleuse et garante d’une citoyenneté active et renouvelée. Au risque de me répéter, j’ai toujours attaché une importance déterminante à la construction de démarches collectives, d’initiatives citoyennes et populaires porteuses de propositions politiques alternatives aux choix libéraux. Plus que jamais, toutes les organisations progressistes, toutes les forces sociales, associatives et syndicales disponibles, qui partagent les craintes de voir se déliter notre démocratie et nos conquis sociaux et politiques, doivent passer à la vitesse supérieure en terme d’action. Outre la constitution de fronts de luttes sur des thématiques, il nous appartient de démontrer que d’autres choix sont possibles, et que de larges rassemblements politiques et populaires sont capables de les imposer dès maintenant dans le débat public. La mise en réseau, visible, des actions conduites et à conduire, devient à ce titre une impérative nécessité, non pas pour servir de simple réceptacle électoral, mais pour donner de la force collective et impulser la démultiplication des réflexions partagées et des actions. Car je reste persuadé que seul ce bouillonnement démocratique et militant est capable de redonner le goût à la chose publique et à la recherche du bien commun. C’est clairement ce que redoute, depuis toujours, le capital : une mise en mouvement porteuse de résistances, d’expériences et de choix qui réussissent, une contagion amenant à contester sa domination idéologique, culturelle, économique et politique. Regardons d’ailleurs, pour nous en convaincre, avec quelle violence sont attaqués la Grèce, son gouvernement de résistance et son peuple.

Le 49-3 n’est pas un simple accident de parcours législatif !
Le 49-3 n’est pas un simple accident de parcours législatif !
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22 juin 2015 1 22 /06 /juin /2015 23:19
PCF : campagne pour les régionales !

L’égalité sera au cœur de la campagne régionale du PCF, qui ne préconise pas d’union avec l’appareil du PS mais la construction au premier tour de listes de « large rassemblement ».

Débat sur la stratégie et discussion sur les orientations politiques étaient au menu du dernier Conseil national du PCF (Parlement du Parti) dédié aux élections régionales des 6 et 13 décembre prochains. Une élection qui prend un relief particulier avec le bouleversement induit par la réforme territoriale, qui va faire passer le nombre de régions de 22 à 13 et leur donner des moyens inédits, sur le plan économique en particulier. Une réforme dénoncée par Pascal Savoldelli dans son rapport introductif comme « une métropolisation libérale du territoire national ». Avec, pour pendant, une mise en concurrence des territoires : « La compétitivité nie et tue l’idée même d’égalité […] On est face à une rupture historique sur la valeur républicaine d’égalité. Cette valeur fondamentale qui a irrigué les pouvoirs locaux et les politiques publiques locales depuis la Libération », explique encore le responsable aux élections du PCF. Il s’agit donc, pour les communistes, de remettre la question de l’égalité au cœur du débat public. « Mais attention à ne pas en rester au seul constat, ouvrons des perspectives, réagit l’économiste Frédéric Boccara, notamment sur l’utilisation de l’argent par les banques », qui doit être au service de la solidarité et non de la mise en concurrence et de la baisse du coût du travail.

 

Les questions de péréquation, de solidarité entre les régions, « le développement économique et l’essor des entreprises et de l’emploi, en favorisant la participation des salariés à leur gestion », la mise en place de fonds régionaux dans ce but, la citoyenneté et l’urgence de mettre « les questions écologiques au cœur de toutes les politiques publiques » étaient parmi les thèmes essentiels soumis à la réflexion. Avec, pour les mettre en musique, la proposition de « construire des pactes pour des régions solidaires, citoyennes et écologiques » dans toute la France.

Reste à savoir sur quelles bases de rassemblement. « La seule façon de déjouer le scénario actuel, c’est une percée de la gauche ». À l’évidence, le cap du gouvernement, confirmé lors du congrès de Poitiers par la direction socialiste, n’incite guère les communistes et le Front de gauche à chercher de ce côté-là les partenaires privilégiés pour faire des listes communes.

La résolution du Conseil national, votée mercredi, ne plaide pas pour des listes communes avec le PS mais pour « des listes de large rassemblement de premier tour » avec le constat que « des convergences de projets s’affirment entre les forces du Front de gauche, les écologistes, Nouvelle Donne, des militants ou des personnalités socialistes, acteurs sociaux, culturels, intellectuels et syndicalistes qui, comme nous, cherchent à œuvrer à l’alternative à gauche ». Le risque n’est-il pas, alors, de disparaître de certains conseils régionaux, s’inquiètent des intervenants, qui soulignent l’utilité des élus communistes dans les exécutifs.

Pour Pierre Laurent, il n’y a pas de fatalité : « C’est la qualité des gestes et du travail politiques que nous serons capables de produire qui nous permettra de rassembler. Il n’y a rien de mécanique, selon le secrétaire national du Parti communiste. Il peut y avoir cinq millions de chômeurs de plus, ça ne donnera pas automatiquement plus d’audience aux idées que nous défendons, ça peut même être le contraire ! » Lui voit dans cette élection l’occasion « de prendre des initiatives politiques fortes, parce que la seule façon de déjouer le scénario actuel, c’est une percée de la gauche ».

C’est sur la base de cette orientation nationale que les communistes se détermineront concrètement dans chaque région. Si les chefs de file devraient être désignés avant l’été, les communistes entendent se laisser le temps du dialogue pour finaliser les listes.

 

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19 juin 2015 5 19 /06 /juin /2015 00:38
La République ou les Républicains ?

Revenons un instant sur le traitement médiatique du Forum européen des alternatives. Le même jour se tenait la réunion de lancement du parti sarko-républicain. Ce dernier eut droit à toutes les chaînes, une info à courant continu ; le Forum européen, lui, fut boycotté par l’audiovisuel, purement et simplement.

 

Pourquoi cette différence ? Quel critère peut pousser une rédaction à choisir ceci plutôt que cela ? L’importance de l’initiative au plan des idées ? Chez les « Républicains », fallait les chercher, les idées, mis à part Sarko qu’avait des problèmes avec Juppé qu’avait des problèmes avec Fillon qu’avait des problèmes avec Wauquiez qu’avait des problèmes avec Lemaire qu’avait des problèmes avec NKM… ; bref, du piapiatage dont personne n’avait rien à secouer. Les Alternatifs, eux, causaient Europe, écologie, économie, migrations...

 

Donc, ça ne pouvait pas être une question d’idées. Une question d’assis­tance, peut-être ? À la louche, il y avait 10 000 personnes à la sauterie de l’ex UMP et 5000 pour le forum alternatif. Ce dernier se serait certainement contenté de la moitié du temps d’antenne accordé à l’autre.

 

Cette dissymétrie reste un mystère.

Seule excuse qu’on pourra trouver à nos journalistes officiels : le lieu du forum européen. Difficile à trouver, en effet.

Pensez : place de la République, à Paris. Mais c’est où ce machin ? Même avec des GPS, c’était compliqué. Y avait pas idée d’aller se planquer dans un coin aussi perdu. Faut le reconnaître : le silence sur le forum, c’est aussi un peu de la faute des organisateurs, non ?

 

 

 

La République ou les Républicains ?
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