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2 mai 2017 2 02 /05 /mai /2017 22:26

1er mai particulier cette année, entre deux tours d'élection présidentielle. Les syndicats, à l'image des Français, sont apparus divisés autour des intentions de vote. Appeler à voter Macron ou non, le flou règne encore.

Il y avait trois points de rendez-vous, tous à la même heure, en ce lundi matin. Trois lieux pour trois visions différentes du rôle des syndicats dans un entre-deux tours d'élection présidentielle. 

[Quiz] Que savez-vous du 1er mai ?

À 10 heures, direction la cour intérieure de la mairie. Dans le calme d'un jour férié, une cinquantaine de représentants FO se retrouvaient autour du secrétaire départemental, Frédéric Bochard. « Nous ne sommes pas les directeurs de conscience politique des travailleurs », assène le leader. Les deux candidats du second tour se valent donc ? Là, FO botte en touche. « Ce ne sont pas les personnes qui comptent, mais les programmes. Et ce sont deux programmes de libéralisme exacerbé. » Dans la foule, les personnes présentes approuvent. Mais anonymement, certains appellent tout de même à « faire barrage contre le Front national », sans jamais parler directement d'un vote Macron. 

Manifestation	 Entre 1.300 et 2.000 personnes au défilé du 1er mai à Clermont-Ferrand !

10 h 30 : c'est justement cette indécision qui choque du côté du square Jean-Jaurès, près de la gare. C'est ici que s'est réunie une petite centaine de représentants de la CFDT et de l'Unsa. Et les choses sont claires : il faut voter Emmanuel Macron. « Des travailleurs disent qu'ils veulent mettre un coup de pied dans la table en votant Le Pen, mais ils vont se faire tomber la table sur les pieds. On ne joue pas avec le feu », explique Marc Meissonnier de la CFDT. « Nous combattrons les deux politiques, mais Le Pen ne permettra pas de mener un combat syndical », continue Pierre Vallejo de l'Unsa. Le choix du lieu est hautement symbolique d'ailleurs comme le rappelle les deux orateurs au micro avant de déposer une gerbe au pied du buste de Jean Jaurès, « assassiné par une jeune nationaliste »[Ignorance crasse de journaliste ou des orateurs, l'assassin, Raoul Villain est bien un nationaliste d'extrême-droite, qui ne fut jamais condamné pour son crime, grâce notamment aux "socialistes" des années 20, Note de Michel Bouchet]. 

Il est temps de rattraper le cortège parti de la place Delille. « La seule ville où tous les syndicats défilent ensemble, c'est à Béziers (ville dirigée par Robert Ménard, apparenté FN, ndlr), ça en dit long », lâche Pierre Vallejo. 

Manifestation	 Entre 1.300 et 2.000 personnes au défilé du 1er mai à Clermont-Ferrand !

11 heures : Le défile remonte vers la place Gaillard, en direction de la maison du Peuple. Difficile de les compter. On arrive en ordre dispersé. 1.300 selon la police. Certainement plus près des 2.000. En tête, la CGT. Là, la consigne de vote est claire aussi, comme celle du Parti communiste : voter Macron. 

Pourtant, dans le défilé, les pancartes et les slogans disent autre chose. « Macron au charbon, Le Pen à la benne » pour les plus durs. « Le patronat se cache derrière le FN ?» pour d'autres. Un peu partout, les manifestants arborent des pancartes contre « les banques et le fascisme ». Lutte Ouvrière annonce la couleur : boycott pur et simple du scrutin. Abstention pour tout le monde. 

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L'HUMAIN AVANT TOUT Canton de Pont-du-Château - dans Politique Elections
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30 avril 2017 7 30 /04 /avril /2017 23:02
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26 avril 2017 3 26 /04 /avril /2017 22:01

[Note de la rédaction]

Certains vous diront, non sans raisons, qu'il s'agit de choisir entre "Charybde et Scylla", d'autres vous diront entre deux diables.

Maintenant, il s'agit surtout de réfléchir collectivement, et avec toutes les forces de la vraie gauche, au meilleur moyen de barrer la route au Front National tout en dénonçant le programme d'Emmanuel Macron (même si, pour cela il faut utiliser le bulletin Macron le 7 mai).
Les prochaines élections législatives revêtent pour cela une importance déterminante pour construire une majorité de gauche pour obtenir enfin de nouvelles avancées sociales.

Élection présidentielle - Communiqué du PCF 63 25  avril 2017Élection présidentielle - Communiqué du PCF 63 25  avril 2017

PARTI COMMUNISTE FRANçAIS

Fédération du Puy de Dôme

SECTION PCF LEMPDES – PONT DU CHÄTEAU

 

34 rue des Clos 63100 Clermont-Ferrand

Téléphone : 04.73.24.14.17 / Fax : 04.73.25.57.24

Mel : pcf63@wanadoo.fr / Site internet : http://63.pcf.fr/

 

Le second tour de l’élection présidentielle opposera la candidate de l’extrême-droite raciste et xénophobe, Marine Le Pen, à Emmanuel Macron, candidat que les milieux financiers se sont choisis pour amplifier les politiques libérales dont souffre pourtant notre pays depuis 40 ans. Cette situation est extrêmement grave.

 

Le piège de la présidentialisation de la Vème République condamne donc une nouvelle fois les Françaises et les Français à un choix, qui pour beaucoup, ne correspond pas à leurs valeurs et aux enjeux d’avenir de notre pays.

 

Pour autant, on ne peut banaliser, comme l’ont fait les médias dominants tout au long de cette campagne, le danger que représente dans l’immédiat la menace du Front National et de sa candidate Marine Le Pen, qui vient de récolter plus de 7,5 millions de voix dans ce 1er tour. Nous voyons, élection après élection, combien l’extrême-droite entend se structurer pour porter et ancrer dans chaque étape électorale, ses projets de haine et de rejet de l’autre, de division de la société française, et d’atteinte à nos principes fondamentaux de liberté, d’égalité et de fraternité.

 

La responsabilité première et historique des communistes français a toujours été de faire barrage à cette perspective. Nous appelons donc, aujourd’hui, alors que la menace est toujours plus grande, à barrer la route de la Présidence de la République à Marine Le Pen le 7 mai prochain, en utilisant le seul bulletin de vote qui lui sera malheureusement opposé pour le faire.

 

Si la gauche est éliminée de ce second tour, pourtant, 7 millions de nos concitoyens, dont 78 000 puydômois-es, ont fait le choix de la transformation sociale, en hissant Jean-Luc Mélenchon aux portes du second tour. Les près de 20 % obtenus par Jean-Luc Mélenchon, 22 % dans le Puy-de-Dôme, doivent lever un espoir nouveau pour l’avenir, pour réinventer la gauche nouvelle qu’attend notre pays.

L’engagement du PCF, des ses militant-e-s, des élu-e-s communistes et républicains a favorisé cette dynamique. Jean Luc Mélenchon réalise de très bons résultats dans les villes, cantons, circonscriptions où le PCF est bien implanté : il est en tête à Billom avec 28 % et à Thiers avec 25 %, et obtient 26 % à Vic-le-Comte, 25,5 % à Clermont-Fd, 23 % à Riom, …

 

Pour les communistes, cette progression de nos idées et de nos propositions dans cette campagne présidentielle, si difficile, ne doit pas rester sans lendemain.

 

Le peuple de gauche doit d’abord pouvoir tirer les leçons de cette élection présidentielle. Comme nous l’avons porté avec constance depuis plus d’un an, il est vital de se rassembler autour d'un socle commun pour porter une majorité de progrès dès demain lors des élections législatives, que nous savons essentielles depuis le premier jour. Comme il l’a déjà fait à plusieurs reprises avant le premier tour, le PCF 63 s'adressera solennellement aux organisations politiques de gauche avec la proposition de construire les conditions d'affronter ensemble, plutôt que dispersés, les prochaines étapes.

 

Les élections législatives, les 11 et 18 juin prochains, doivent permettre d'organiser la nécessaire résistance aux forces libérales, réactionnaires et d’extrême-droite, et les bases offensives de nouveaux progrès sociaux et écologiques. Il faudra pour cela un maximum de députés qui constitueront demain le relais de nos luttes communes. Ouvrir une nouvelle perspective politique de transformation sociale est possible !

 

Nous entendons tout faire pour poursuivre cet élan. A ce titre, les manifestations du 1er Mai sont un rendez-vous incontournable pour porter ce message d'espoir. Rien ne pourra se faire sans l'apport des luttes et l’engagement du monde du travail dans les combats qui s’ouvrent pour construire un avenir meilleur. La fédération PCF du Puy-de-Dôme entend poursuivre et amplifier son engagement en ce sens comme nous avons pu le faire ces dernières semaines auprès des salariés de la SEITA, des ACC, des cheminots et postiers, de Cora, des salariés de la laiterie de Gerzat et de la clinique de l'Auzon.

 

 

 

Pierre MIQUEL

Secrétaire départemental de la Fédération PCF du Puy-de-Dôme

 

 

 

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25 avril 2017 2 25 /04 /avril /2017 20:38

Les résultats du premier tour de l'élection Présidentielle 2017 à Lempdes (tous bureaux confondus).

Analyse et commentaires vont suivre ! Nous sommes impatients de lire les vôtres sur le site du Blog !

Résultats du premier tour de l'élection Présidentielle 2017 à Lempdes (tous bureaux confondus)
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22 avril 2017 6 22 /04 /avril /2017 17:58

On a d’abord pensé garder ce qu’on ferait dimanche pour nous, mais on trouve qu’il se passe quelque chose de spécial dans cette campagne, et on s’est dit que le mieux était d’en parler, et de vous dire pour qui on votera à Osons Causer - puisqu’on est tous les trois d’accord - et surtout, pourquoi on pense que ce vote vaut le coup. Pas de sources pour cette vidéo, c’est juste notre avis

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20 avril 2017 4 20 /04 /avril /2017 23:03
Clash à droite : Y a-t-il trop de fonctionnaires ?
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19 avril 2017 3 19 /04 /avril /2017 22:35
 La Section PCF de Lempdes - Pont du Château organise la projection du film " LA SOCIALE - VIVE LA SECU " !

En octobre 1945, les ordonnances [à l'époque les ordonnances étaient en faveur du Peuple, contrairement aux sinistres projets de Macron et Fillon, Ndlr] portant la création de la Sécurité Sociale sont votées par le Gouvernement provisoire issu de la Résistance. C’est Ambroise Croizat, ministre du travail, membre du PCF et de la CGT, qui en sera le maître d’œuvre, avec l’appui de millions de militants.

 

Ce film nous raconte l’histoire de la Sécurité Sociale, les difficultés et les combats de ceux qui œuvrèrent pour la mettre en place dans les départements sur la base des propositions du Conseil National de la Résistance à la fin de la deuxième guerre mondiale.

 

La Sécu nous appartient et bénéficie à tous ! Et en pleine actualité électorale, où certains souhaitent remettre en cause le caractère universel de la Sécurité Sociale au profit des assurances privées, à nous de la défendre et de l’améliorer !

 

« La Sécu, on s’est battu pour la gagner, on se battra pour la garder ».

 

 

UN FILM A NE PAS MANQUER !

A VOIR OU A REVOIR !

QUI NOUS CONCERNE TOUS !

 

 

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18 avril 2017 2 18 /04 /avril /2017 23:05
Jean-Luc Mélenchon propose de « développer la formation professionnelle sous statut scolaire ». Philippe Huguen/AFP

Jean-Luc Mélenchon propose de « développer la formation professionnelle sous statut scolaire ». Philippe Huguen/AFP

Adrien Rouchaleou - Mardi, 18 Avril, 2017 - L'Humanité

 

Le sujet ne semble pas passionner les candidats à la présidentielle. Pourtant, leurs projets concernant l’école traduisent des visions de société bien différentes. Parmi ceux-ci, celui porté par Jean-Luc Mélenchon se détache tout particulièrement.

Gratuité totale de l’école, abrogation de la réforme du collège, des dizaines de milliers de recrutements… L’équipe de Jean-Luc Mélenchon a détaillé vendredi son programme éducation lors d’une conférence de presse. Un projet qui recoupe parfois celui de Benoît Hamon mais tranche clairement avec les autres candidats à la présidentielle.

 

1. Donner aux enseignants les moyens de la réussite

Presque tous les candidats (à l’exception de Marine Le Pen) parlent de « revaloriser les salaires des enseignants ». Mais pour François Fillon et Emmanuel Macron, il y a des conditions pour cela. D’abord, les deux candidats tablent sur une réduction du nombre de personnels. En proposant de supprimer respectivement 500 000 et 120 000 fonctionnaires, impossible que cela ne concerne pas, de près ou de loin, les personnes travaillant dans les écoles. Le candidat « Les Républicains » ne s’en cache pas d’ailleurs quand il affirme qu’il augmentera le temps de travail des enseignants. Fillon et Macron s’entendent aussi sur l’idée d’une rémunération des enseignants « au mérite », sans que ni l’un ni l’autre ne précise quels seraient les critères d’évaluation. Benoît Hamon et Jean-Luc Mélenchon font, eux, de la revalorisation de la rémunération des enseignants une proposition inconditionnelle. À l’inverse des candidats « libéraux », les deux souhaitent aussi recruter : 20 000 postes pour Hamon, 60 000 sur le quinquennat pour Mélenchon, avec pour objectif de faire baisser le nombre d’élèves par classe, notamment dans les établissements relevant de l’éducation prioritaire (pas plus de 20).

 

2. faire de L’égalité un réel objectif pour les élèves

Absent des projets de François Fillon et de Marine Le Pen, affublé du complément « des chances » qui en réduit l’ambition dans celui d’Emmanuel Macron, le mot « égalité » ne fait pas vibrer tous les candidats. Mélenchon et Hamon, eux, s’entendent sur la nécessité de redéfinir la carte scolaire pour améliorer la mixité sociale. Mais c’est bien le candidat de la France insoumise qui est le plus précis et le plus ambitieux. Avec la mise en place d’une scolarité obligatoire jusqu’à 18 ans, il compte faire reculer le nombre de sorties sans diplômes, qui frappent particulièrement les élèves des classes populaires. Mais la plus emblématique de ses propositions est sans doute celle d’une scolarité rendue effectivement gratuite – transports, cantine et activités périscolaires inclus – en fournissant aux élèves les manuels et tout le matériel nécessaire, sans marques pour « assurer une réelle égalité des conditions entre élèves et lutter contre l’intrusion marchande à l’école ».

 

3. Des programmes pour développer l’esprit critique

Cela a aussi à voir avec l’objectif d’égalité : Jean-Luc Mélenchon affirme vouloir « garantir le cadre national des programmes et des diplômes ». Une opposition frontale avec la volonté « d’autonomisation » portée notamment par Emmanuel Macron, qui ne peut qu’aboutir à la mise en compétition des établissements entre eux et à l’aggravation des inégalités déjà existantes. C’est aussi pour cette raison que, contrairement à Benoît Hamon, le candidat de la France insoumise souhaite abroger la réforme du collège, qui a « institué une école dans laquelle les contenus varient d’un établissement à l’autre ». Sur le fond aussi le projet du candidat de la France insoumise détonne : alors que les programmes de Fillon et Le Pen sont parfaitement interchangeables (apprentissages des « fondamentaux », histoire de la France comme un « roman national », suppression de l’enseignement des langues et cultures d’origine…), celui de Macron est particulièrement indigent sur le sujet. Jean-Luc Mélenchon est le seul qui affirme ouvertement une vision de l’école permettant de développer « l’esprit critique ». C’est pour cela que, s’il souhaite « replacer les disciplines au cœur de l’apprentissage », il compte aussi « instaurer un enseignement de sciences économiques et sociales obligatoire en seconde et un enseignement de philosophie de deux heures hebdomadaires en terminale professionnelle » et « intégrer une initiation au droit dans les programmes du collège et du lycée ». Il souhaite aussi la création de 5 000 classes d’enseignement artistique.

 

4. Revaloriser l’enseignement professionnel et scolaire

S’il y a un point sur lequel Jean-Luc Mélenchon se distingue de ses concurrents en matière d’éducation, c’est bien sûr la question de l’apprentissage. Tous souhaitent le développer, plus ou moins « massivement », voire, pour Le Pen et Fillon, abaisser l’âge minimal à 14 ou 15 ans. Comme le candidat de la droite, Emmanuel Macron veut impliquer les branches (donc les patrons) dans la définition du contenu pédagogique. À l’opposé, seul Jean-Luc Mélenchon propose de « développer la formation professionnelle sous statut scolaire ». Son constat : entre un quart et un tiers des contrats d’apprentissage sont rompus avant le terme. Donc sans que l’apprenti ait pu obtenir son diplôme. En revanche, l’accès à la qualification est beaucoup moins chaotique pour les 660 000 jeunes en lycée professionnel, d’autant si cette filière est rallongée à quatre années d’étude, comme le propose le candidat de la France insoumise.

Sortir Microsoft des classes...

Jean-Luc Mélenchon veut « déconfessionnaliser l’école du dogme néolibéral ». Et, pour cela, il vise tout particulièrement les partenariats passés entre l’Éducation nationale et les rectorats avec des groupes privés plus ou moins déguisés, comme celui qui implique Microsoft dans la formation au numérique des enseignants, les rendant captifs des systèmes de la firme, au détriment des logiciels libres.

Pour ceux qui n'ayant pu le voir, souhaitent visionner le dernier meeting de Jean-Luc Mélenchon :

 

Cliquer ici

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11 avril 2017 2 11 /04 /avril /2017 18:14
À mesure que l’échéance électorale se rapproche, le candidat d’En marche ! dévoile ses véritables intentions. Lionel Bonaventure/AFP

À mesure que l’échéance électorale se rapproche, le candidat d’En marche ! dévoile ses véritables intentions. Lionel Bonaventure/AFP

Maud Vergnol - Lundi, 10 Avril, 2017 - L'Humanité
 

Le candidat d’En marche ! s’aligne sur la droite autoritaire : faire exploser le Code du travail en un été à coups d’ordonnance.

 

Le vrai Macron commence à sortir du bois. À mesure que l’échéance électorale se rapproche, le candidat d’En marche ! est forcé de dévoiler un peu plus clairement ses intentions, quitte à se contredire, et à révéler au grand jour l’imposture de sa « marque » politique. Ainsi, hier, dans un entretien au JDD, l’ancien ministre de l’Économie a été invité à détailler ses premiers mois au pouvoir s’il était élu. Et pour la première fois, il a divulgué son intention de gouverner par ordonnances pendant l’été. Emmanuel Macron souhaite en effet introduire « un projet de loi d’habilitation pour simplifier le droit du travail et décentraliser la négociation ». « Il s’agit de donner plus de place à l’accord majoritaire d’entreprise ou de branche, d’une part, d’encadrer les décisions des prud’hommes, d’autre part », prévient-il. Soit une amplification de la loi El Khomri, imposée sous le quinquennat Hollande à coups de 49-3. Pour éviter une mobilisation syndicale et citoyenne et enjamber le Parlement, il compte « procéder de manière rapide et efficace » en procédant par ordonnances. Or cette pratique est une vieille marotte de Jean-François Copé, reprise par François Fillon pendant les primaires de la droite. Une solution expéditive, rendue possible par l’article 38 de la Constitution, qui consiste à imposer des textes au Parlement, sans qu’ils aient été débattus, ni amendés. Même Nicolas Sarkozy avait mis en garde ses amis de la droite contre une telle méthode. « Il est quand même curieux de dire en juin aux Français (à l’occasion des élections – NDLR), après avoir été élu en mai : “Donnez-moi une majorité pour réformer le pays”, et dire ensuite aux parlementaires : “Vous ne servez à rien, on va faire ce que vous n’êtes pas capables de faire” », raillait alors l’ancien président de la République.

Pas de quoi faire douter Emmanuel Macron, qui reprend sans honte cette pratique convoitée par la droite autoritaire. Pour celui qui promet sur le papier « une révolution démocratique », cette proposition ne manque pas de sel. D’autant qu’elle est absente de son programme officiel. Ainsi, dans le chapitre « Une démocratie rénovée », le candidat ne fait nulle mention de l’usage des ordonnances, mais prévient qu’il généralisera la procédure d’urgence des textes législatifs. Autrement dit : un parlement fantoche, spectateur impuissant des lubies d’un petit César aux manettes de l’État.

 

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9 avril 2017 7 09 /04 /avril /2017 18:50
La présidente : une BD à lire avant d'aller voter !

« La Présidente » : Marine Le Pen à l’Élysée, le scénario noir

Une bande dessinée imagine les premiers mois de la présidence de Marine Le Pen en 2017. Si cet exercice de politique-fiction provoque les consciences, il soulève aussi des interrogations sur sa lecture de "l’événement".

 

Imaginer Marine Le Pen présidente de la république, aujourd’hui, ce n’est plus jouer à se faire peur. Cette éventualité devient de moins en moins improbable au fil des mois [1], dans un contexte de droitisation générale, d’hystérie identitaire, de discrédit des politiques et d’impuissance du pouvoir. La banalisation du Front national, c’est aussi celle de son éventuelle prise du pouvoir.

Malgré tout, cette possibilité reste abstraite, parce qu’on refuse de s’y confronter ou parce que l’on trouve encore des raisons rationnelles de l’écarter. Peut-être pour l’exorciser, plus sûrement pour en prendre la mesure, François Durpaire et Farid Boudjellal ont choisi d’en faire une bande dessinée. La Présidente prend ainsi l’élection de Marine Le Pen frontalement, à l’instar de sa couverture, qui reproduit la photographie officielle imaginée par les auteurs. Difficile d’imaginer image plus dérangeante, plus directe, que ce portrait de la présidente du FN qui devrait être accroché dans tous les bâtiments de la République.

Le pire des cas

Provoquer le lecteur, le confronter au pire : le dessein de l’ouvrage consiste en effet à projeter, dans un futur dangereusement proche, ce worst case scenario. Dès son entame, le 7 mai 2017 au second tour de l’élection (un face-à-face entre François Hollande et Marine Le Pen), la précipitation des événements suscite quelque vertige, tant elle semble finalement plausible, voire logique : dispersion des voix de la droite au premier tour entre les candidatures de François Fillon, Nicolas Sarkozy et François Bayrou, échec de l’appel à un "front républicain", abstention record de 37,5% …

Le cauchemar prend consistance avec l’enchaînement des cérémonies de passation du pouvoir, les ralliements de la "droite dure" (Gérard Longuet premier ministre, Nadine Morano ministre de la Famille et la Natalité), la passation des alliances, l’obtention d’une majorité aux législatives, le triomphe des intellectuels réactionnaires … Le récit s’appuie ensuite sur le programme du FN pour décrire la reprise en main des médias, les mesures répressives contre les migrants, la création d’une garde nationale de réservistes, l’intensification des mesures de surveillance, l’arrestation des rappeurs jugés extrémistes, l’application de la "priorité nationale", le fichage ethnique, la suppression du droit du sol et, bien sûr, la sortie de l’euro.

La gauche disparue ?

Cependant, l’exercice prête nécessairement le flan dès lors qu’il doit choisir entre des dizaines de scénarios possibles, ce choix induisant des lectures politiques particulières. Avec son parti pris de politique fiction, La Présidente n’expose quasiment pas les raisons de l’arrivée au pouvoir du FN, sinon sous forme de rappels chronologiques de l’ascension du parti depuis le début des années 70. Ce qui revient à occulter la responsabilité des politiques menées par la droite et la gauche de gouvernement depuis des décennies, à effacer la participation de la contre-révolution libérale à ce désastre.

Ainsi, la gauche radicale est-elle quasiment absente du tableau, laminée lors des élections législatives (2%) avec un Jean-Luc Mélenchon qui annonce sa retraite politique. Par la suite, les acteurs du mouvement social ne jouent que des rôles de figuration, en dehors d’une grève à Radio France et France Télévisions. On peut aussi s’étonner que les seules réactions de masse soient des manifestations contre les discriminations et les atteintes aux droits de l’homme, et qu’il ne se passe rien dans les banlieues, les entreprises et les services publics. La BD choisit en revanche de raconter l’embrasement de la Nouvelle-Calédonie – hypothèse intéressante au demeurant, mais qui décrit des événements pour le moins périphériques [Hypothèse qui prend une toute autre signification à l'heure des évènements de Guyane. Ndlr].

Une alternative morbide

De fait, l’essentiel de la "pédagogie dissuasive" de l’ouvrage réside dans la crise économique provoquée par le programme du Front national, centré sur la sortie de l’euro. Et là est toute l’ambivalence, non pas seulement de la BD, mais de la question elle-même de la monnaie européenne et de l’Union européenne en général. Ce sont précisément les gardiens patentés de ces dernières, économistes et experts médiatiques, qui sont appelés pour discréditer le programme frontiste en mettant en exergue ses effets délétères sur l’emploi, le commerce extérieur et nos multinationales… Le FN ou le statu quo, telle est bien l’alternative morbide qu’annonce la présidentielle 2017. Sachant par ailleurs que l’on peut douter de l’incompatibilité de ce programme avec le libéralisme, comme de l’éloignement du lepénisme avec les milieux d’affaires.

C’est finalement en s’ancrant dans la fiction que La Présidente convainc le mieux. Avec ces personnages qui, depuis Belleville à Paris, vivent les débuts du pouvoir frontiste dont ils sont victimes, tout en tâchant de lui résister. Et surtout avec son épilogue qui, aussi rocambolesque soit-il, se réfère à bien des précédents historiques : une tentative de coup d’État de la part de factions qui jugent la nouvelle présidente trop modérée…

 

La Présidente , de François Durpaire et Farid Boudjellal, Les Arènes BD / Demopolis, 20 euros.

Notes

[1] En début d’année, Virginie Despentes estimait sur ces pages [dans la revue Regard. Ndlr] que « dans les milieux d’élite, tout le monde ou presque semble se préparer à l’arrivée de Marine Le Pen au pouvoir ».


 

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