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2 novembre 2017 4 02 /11 /novembre /2017 23:43
Cimetière !

Jeudi, 2 Novembre, 2017 – L'Humanité

Le billet de Maurice Ulrich.

 

Il y a longtemps qu’Éric Zemmour a inversé la devise olympique. Plus vite, plus fort si l’on veut, mais toujours plus bas. C’est un spéléologue de l’infâme. Dans sa dernière chronique du Figaro magazine, c’est évidemment sans surprise qu’il s’en prend au « torrent de la parole libérée, la parole qui dénonce, la parole qui accuse, la parole qui menace ». Elle « détruit tout, ravage tout ». La parole des femmes, bien sûr. Mais de plus, écrit-il, ce « tsunami » ne ravage pas seulement « toute raison et cohérence intellectuelle », il réduit à presque rien tout le reste de l’actualité. La Corée du Nord, Daech, la Chine, etc., mais surtout, « l’invasion continue de migrants venus d’Afrique qui se déversent sur les côtes italiennes en sachant très bien qu’ils seront non seulement sauvés mais jamais renvoyés dans leur pays ». On a en tête le cadavre du petit Aylan sur une plage. En 2016, 3 800 migrants sont morts en Méditerranée. Le berceau de la civilisation est devenu le plus grand cimetière marin au monde.

Vous le savez très bien, Éric Zemmour et vous êtes un salaud !

 

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L'HUMAIN AVANT TOUT Canton de Pont-du-Château - dans Billet d'humeur Info presse
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27 juin 2017 2 27 /06 /juin /2017 20:32
Le pays où les communistes n’existent pas !

Ce pourrait être un sujet de roman.

Imaginer un endroit où une catégorie de la population serait invisible. Effacée. Transparente. C’est un peu l’impression qu’on a eu parfois, ces derniers mois, en parcourant les médias. Les communistes ont eu beau se bouger, tracter, dénoncer, proposer, dialoguer, les informateurs en vogue regardaient ailleurs. L’art du contournement des communistes était devenu une véritable discipline journalistique.

On se souvient que des journalistes, au cours de cette campagne, nous ont fait part des consignes de silence à l’égard du PCF que leur imposaient leurs hiérarchies.

On a retrouvé un peu le même procédé au lendemain de l’annonce de la création d’un groupe communiste à l’Assemblée.

Dans Le Figaro du 22 juin, pas un mot, pas une ligne, sur ce geste républicain qui est pourtant un petit événement. Le Monde, avec ses manières habituelles de faux-cul, n’était pas mal non plus en écrivant : « Cette décision ne surprendra pas grand monde ».

Tout au contraire, cher confrère, cette décision va en surprendre beaucoup, à commencer par vos lecteurs qui, à force de vous suivre, pensaient sans doute que les cocos, ça n’existait plus que dans les livres d’histoire !

Nos lecteurs se souviennent d'un article ancien où suite à une déclaration de François Hollande en Grande Bretagne disant que les communistes étaient morts, je m'étais posé la question de savoir si j'étais encore vivant. L'ami Michel m'avait rassuré en m'écrivant "Ne t'inquiète pas, tu es bien vivant, je t'ai croisé à la boulangerie ce matin". C'est en pensant à cet ancien article que j'ai souhaité publier celui-ci !

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24 juin 2017 6 24 /06 /juin /2017 22:32
DR

DR

Sylvie Ducatteau - Vendredi, 23 Juin, 2017 – Humanite.fr

La CGT de l’AP-HP a anticipé la réunion du CHSCT extraordinaire consacrée aux suicides dans les hôpitaux de l’Assistance publique, vendredi 23 juin, pour dénoncer l’explosion de la souffrance au travail dans les établissements parisiens.

Les responsables des cinquante six syndicats CGT des hôpitaux de l’AP-HP ont décidé de « camper » toute la journée, devant le siège de l’Assistance publique,  avenue Victoria à Paris, où se déroule, ce vendredi, un comité d’hygiène,  de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) consacré au suicide.    En février dernier, un infirmier s’était  défenestré du 8e étage de l’hôpital européen George Pompidou, comme l’avait fait quatorze mois plus tôt,  un cardiologue, le professeur Megnien.  En mars,  un mois plus tard, le 7 mars, une ex infirmière,  s’était pendue dans son bureau de l’hôpital Cochin.  Pour chacun, le lien de leur geste fatal avec le travail faisait peu de doute. 

Depuis ces drames, les syndicats demandaient la tenue d’un CHSCT sur le sujet. La CGT y ajoutant une rencontre bilatérale avec le Directeur général, Martin Hirsch. « Non seulement nous ne voulons plus que les suicides soient un tabou dont on ne veut pas parler mais nous connaissons les causes de l’explosion de la souffrance au travail, a expliqué Rose May Rousseau, la secrétaire de la CGT de l’AP-HP. Les restructurations en cours sont certes silencieuses mais violentes et les pratiques managériales inspirées de l’entreprise sont inadaptées à l’hôpital. Le travail perd tout sens pour les soignants. ».

En clair, pour la CGT, la seule prévention des risques psycho-sociaux ne suffira pas à enrayer le phénomène des suicides. Et à affronter l’ensemble des signes de mal être au travail, la multiplication des cas de dépression, les tensions entre personnels à l’origine de violences, de harcèlement… Il n’est donc pas surprenant que l’abrogation de la réforme des 35 heures et le principe de la journée à 12 heures (L’arrêté du 1er avril 2016 sur le temps de travail et de repos à l’Assistance publique) soit la première des revendications du syndicat. «Chacun de nous a perdu huit jours de RTT, les effectifs ont progressé de seulement 0,8 % tandis que l’activité est en hausse de 2,5%. Comment voulez-vous que cela marche ? », interpelle André Guisti, membre du CHSCT central.

« Toutes les catégories de personnel sont concernées, soignants mais également personnel administratif, technique, le corps médical. Personne n’est épargné par ces conditions de travail extrêmement dégradées. Il est temps que tous refusent que certains se tuent pour le travail », insiste Valérie Froberger, également membre du CHSCT central de l’AP-HP.

Les syndicalistes ont aussi demandé l’arrêt du démantèlement des crèches du personnel et une politique d’aide à l’accès au logement. Sur ce point, les intervenant ont dénoncé la quasi impossibilité pour les agents de l’AP-HP de se loger y compris dans la première couronne parisienne compte tenu du prix des loyers et de la faiblesse des salaires. L’allongement des trajets domicile/travail, les difficultés de circulation en transport en commun à des horaires atypiques, de nuit ou le week-end, le problème de garde des enfants alimentant encore contraintes et stress.

Le suicide ne doit plus être un sujet tabou à l'EHPAD de Lempdes comme ailleurs !

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22 juin 2017 4 22 /06 /juin /2017 21:50

Nous avons choisi d'illustrer cet article par des dessins humoristiques en nous disant autant essayer d'en rire devant une situation aussi dramatique, qu'elle donne envie de pleurer ! Ceci en pensant tout particulièrement à l'EHPAD Louis Pasteur de Lempdes et à son personnel !

EHPAD PUBLICS - austérité accrue ! La réforme de la tarification des maisons de retraite, adoptée par le précédent gouvernement a un goût amer pour les établissements publics et associatifs d’hébergement pour les personnes âgées dépendantes (Ehpad).

La réforme de la tarification des maisons de retraite, adoptée par le précédent gouvernement, a un goût amer pour les établissements publics et associatifs d’hébergement pour les personnes âgées dépendantes (Ehpad).

Dans une situation économique déjà très tendue, leurs budgets vont fondre de 200 millions d’euros selon la Fédération hospitalière de France (FHF), qui s’inquiète du sort des 3 250 établissements du secteur.

Jusqu’alors fixée dans des négociations avec les conseils départementaux en fonction des particularités des établissements, la tarification des soins fera désormais l’objet d’une moyenne départementale.

« Mais au détriment des établissements publics, explique Romain Gizolme, responsable de l’association des directeurs de maison de retraite et services à domicile (AD-PA). Leurs dotations étaient légèrement supérieures à celles des Ehpad commerciaux pour compenser la liberté des prix d’hébergement utilisée comme variable d’ajustement budgétaire par les établissements privés ».

L’AD-PA a demandé un rendez-vous au Premier ministre « puisqu’il n’y a ni ministre ni secrétaire d’État aux Personnes âgées ». Et exige l’abrogation du décret, déplorant « sa logique d’alignement à la baisse ».

La Fédération hospitalière demande, elle, un moratoire au nouveau gouvernement

EHPAD PUBLICS - austérité accrue ! La réforme de la tarification des maisons de retraite, adoptée par le précédent gouvernement a un goût amer pour les établissements publics et associatifs d’hébergement pour les personnes âgées dépendantes (Ehpad).
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L'HUMAIN AVANT TOUT Canton de Pont-du-Château - dans Société Billet d'humeur
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26 mai 2017 5 26 /05 /mai /2017 19:19

Jean-Luc Mélenchon a de bonnes lectures.

Il lit Communistes.

Invité de Bourdin sur BFM, le 10 mai dernier, il a montré notre journal (un numéro de janvier). Merci. Même si on peut trouver qu’il a lu de travers l’article incriminé, sortant une phrase de son contexte.

Pas question de négocier une entrée du PCF dans FI, disait en substance l’article. Jean-Luc Mélenchon nous fait dire que jamais, le PCF ne discutera avec FI.

Balivernes. En fait, quand il s’agit des communistes, Jean-Luc Mélenchon a une drôle de façon de communiquer.

Il déforme.

Ou il menace.

Ainsi on nous signale qu’il fait circuler dans ses réseaux l’échange de messages personnels qu’il a eus avec Pierre Laurent début mai où l’on peut notamment lire ceci : « Vous (les communistes) êtes la mort et le néant. […] Je décide de la rupture. »

Bonjour le dialogue.

Jean-Luc Mélenchon a du vocabulaire, comme on dit, c’est connu. Pourtant il y a des mots dont il ignore le sens.

Il confond par exemple allié et couché !

DÉFORMATION et menace !
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L'HUMAIN AVANT TOUT Canton de Pont-du-Château - dans Politique Billet d'humeur
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23 mai 2017 2 23 /05 /mai /2017 22:23
Macron : gouverner par ordonnances dès le mois de juillet !

Macron : gouverner par ordonnances dès le mois de juillet !

« Je quitte la responsabilité qui est la mienne en homme de gauche », a déclaré, fanfaron, Bernard Cazeneuve au moment de la passation de pouvoir avec Édouard Philippe. Lequel clarifiait aussitôt les choses : « Je suis un homme de droite », a répliqué le nouvel hôte de Matignon, promettant ensuite d’être « conquérant ». Conquérant pour sa famille politique ou pour le gouvernement dont il prend les rênes, avec pour charge de le constituer ?

Le président du Modem, François Bayrou, s’est dit « très heureux » que la nomination d’Édouard Philippe tienne une promesse de « recomposition ». Des élus LR et UDI, dont des juppéistes, ont jugé que leurs familles politiques « doivent répondre à la main tendue » par Emmanuel Macron.

Le Premier ministre va devoir aussi mener la bataille des législatives pour donner au président Macron une majorité parlementaire. Ses contours se dessinent sur le papier, allant de socialistes convertis à des élus LR se considérant libéraux avant toute autre étiquette. Vont-ils se retrouver dans l’Assemblée élue le 18 juin ? Rien n’est encore écrit. Avec la nomination d’Édouard Philippe, député-maire Les Républicains du Havre, comme Premier ministre, la présidence Macron prend sa véritable tournure : ni de gauche, ni de gauche. Et il confirme l’option libérale.

Le tintamarre sur le renouveau cache de vieilles recettes du libéralisme. Chacun sait donc maintenant à quoi s’en tenir : la majorité parlementaire que le président réclame aux Français lors des élections législatives serait faite pour donner au gouvernement les mains libres et engager dès l’été le laminage du Code du travail, des dépenses et des services publics, des budgets des collectivités locales.

Les travailleurs ont tout à perdre à donner ce blanc-seing au nouveau gouvernement.

Ils ont au contraire besoin du plus grand nombre possible de députés issus des forces de gauche qui refusent la dérive libérale et autoritaire, et parmi eux de beaucoup de députés communistes et Front de gauche, pour rendre les batailles à venir au Parlement et les nouvelles politiques solides et durables.

Besoin de beaucoup de députés communistes !
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L'HUMAIN AVANT TOUT Canton de Pont-du-Château - dans Politique Billet d'humeur
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19 mai 2017 5 19 /05 /mai /2017 21:20

Voici l'analyse intelligente et toujours aussi pertinente de Natacha Polony suite à la nomination "d'Edouard Macron" au poste de Premier Ministre... [Même si nous ne partageons pas souvent (voire rarement) les options de Natacha Polony. L'analyse mérite d'être écoutée. Ndlr]

Emmanuel Macron nomme son clone à Matignon...
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8 mai 2017 1 08 /05 /mai /2017 21:30

Résultats du second tour de l'élection Présidentielle 2017 à Lempdes (tous bureaux confondus)

Premier commentaire : le Front National est à un niveau bien inférieur à son résultat national !

Second commentaire : et maintenant à nous de descendre dans la rue pour faire barrage à la politique ultra-droitière de Macron

Résultats du second tour de l'élection Présidentielle 2017 à Lempdes (tous bureaux confondus)
Résultats du second tour de l'élection Présidentielle 2017 à Lempdes (tous bureaux confondus)
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L'HUMAIN AVANT TOUT Canton de Pont-du-Château - dans Elections Billet d'humeur
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6 mai 2017 6 06 /05 /mai /2017 21:43
Chèque en blanc

Chèque en blanc

Ci-dessous le texte d'une Pétition qui correspond assez à notre position en cette veille de second tour d'élection présidentielle !

 

Monsieur Macron,

Nous sommes des électeurs français de tous bords politiques – de droite comme de gauche – qui avons un point commun : nous n’avons pas voté pour vous au premier tour des élections présidentielles, le 23 avril dernier.

Et nous ne souhaitons pas vous voir devenir président de la République Française.

A l’heure où les ténors des partis politiques traditionnels en appellent à voter pour vous, nous ne sommes, nous, simples citoyens, ni convaincus par votre programme – volontairement maintenu dans le flou – ni par votre parcours politique, ni par votre personne.

Votre attitude déplacée au soir du premier tour, où vous avez notamment tenu un discours indigent, n’a fait que renforcer notre rejet de votre candidature.

Pourtant, nous sommes aujourd’hui face à un dilemme.

Car, et c’est notre second point commun, nous ne voulons pas voir Madame Le Pen élue le 7 mai prochain.

Les votes blancs n’étant malheureusement pas comptabilisés en France – nous le déplorons – les circonstances vont obliger nombre d’entre nous à voter pour vous, afin d’éviter que le Front National n’accède au pouvoir.

Ultime ironie du sort, nous considérons que ce sont précisément des hommes tels que vous qui nourrissent la montée du Front National depuis plusieurs décennies.

Nous avons tous à l’esprit les élections présidentielles de 2002 – une fois la menace Jean-Marie Le Pen écartée et Jacques Chirac réélu avec un score historique grâce au front républicain, les hommes politiques se sont aussitôt rendormis, sans chercher à comprendre ni à traiter à la racine les problèmes qui avaient alors déjà poussé plusieurs millions de nos compatriotes dans la voie sans issue du vote FN.

Beaucoup d'éléments nous portent à penser que vous ferez de même. A commencer par le spectacle affligeant que vous nous avez offert le 23 avril au soir, où vous vous êtes comporté comme si vous étiez déjà élu.

Nous aimerions donc profiter de cette pétition pour vous rappeler deux ou trois choses :

- Au premier tour, plus de 75% des votants – sans parler des abstentionnistes – ont refusé de vous accorder leur confiance.

- Pire : parmi le petit quart des votants qui vous ont choisi le 23 avril, une grande partie l’a fait par défaut : des quatre candidats arrivés en tête, vous êtes sans doute celui qui a la base électorale la moins convaincue et la plus friable.

- Vous n’avez pas encore gagné : l’abstention risque d’être massive. Et cela nous désole de le dire car si vous perdez, cela signifiera que Madame Le Pen sera élue.

Aucun signataire de cette pétition ne votera pour vous par adhésion à votre personne ou à votre projet - nombre d’entre nous envisagent d’ailleurs de s’abstenir ou de voter blanc.

Pour ceux qui mettront votre nom dans l’urne le 7 mai, nous irons voter contre Marine Le Pen, pas pour vous.

Vous portez une responsabilité lourde.

Si vous êtes élu, nous voulons que vous vous rappeliez que nos votes ne seront ni une adhésion, ni un chèque en blanc. Il vous faudra tenir compte du pluralisme des électeurs tels que nous, soucieux de l'environnement, des droits salariaux, du respect de nos institutions sans influence des lobbies. Nous veillerons aussi à ce que vos promesses soient tenues, notamment en termes de renouvellement de la classe politique.

En outre, si vous utilisez notre vote "contre" comme un blanc-seing, nous sommes persuadés que vous ouvrirez définitivement la voie à une victoire du Front National en 2022.

Ceux d’entre nous qui se résoudront à voter pour vous le 7 mai le feront uniquement par sens républicain.

Mais en retour, jusqu'où ira le vôtre ?

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27 avril 2017 4 27 /04 /avril /2017 23:06

Lettre ouverte de Philippe Torreton : « Voilà, c'est fait, on a perdu »

La gauche, représentée par Jean-Luc Mélenchon et Benoît Hamon, ne sera pas au second tour de la présidentielle. (Philippe Lopez/AFP)

Le comédien s'adresse au leader de La France insoumise et au candidat du Parti socialiste.

Philippe Torreton Publié le 27 avril 2017 à 06h53

 

  • Cher Benoît, cher Jean-Luc,

Voilà, c'est fait, on a perdu.

La gauche regarde le deuxième tour de cette élection présidentielle sur le banc de touche. Je vous imagine travaillant déjà sur l'autre vote, les législatives, l'un s'arrachant les cheveux pour espérer survivre et l'autre planifiant sa revanche.

C'était prévisible et nous étions quelques-uns à le craindre. Nous avons écrit, interpellé, manifesté, chroniqué, éditorialisé mais rien n'y a fait.

    Lettre ouverte de Philippe Torreton à Hamon et Mélenchon : Et nous, on fait quoi ?

    Je n'ai jamais souhaité que l'un se retire pour l'autre, je n'ai jamais souhaité la capitulation de l'un devant l'autre. Vous incarnez tous les deux des idées, des idéaux, des priorités, vous représentez des hommes et des femmes, des engagements, des années de lutte et de militantisme.

    Je voulais, avant toute chose, un programme commun et je pensais bêtement que deux candidats qui pourfendent le régime présidentiel de la Ve République, ainsi que la personnalisation des campagnes électorales qui en découlent, s'entendraient pour reconnaître qui était le mieux placé pour incarner ce programme dans ce système à bout de souffle.

    Je voulais une addition d'intelligences.

    Je voulais, c'est bête à dire aujourd'hui, que la gauche gagne.

    Nous sommes des millions à ne pas être fans de vous, des millions à vous trouver des qualités indéniables à l'un comme à l'autre, et c'est difficile de ne pas être fan, c'est beaucoup plus pratique intellectuellement de projeter tous ses espoirs sur quelqu'un.

    Je ne vais pas faire ici l'inventaire de ce qui ne me plaît pas chez l'un et chez l'autre, d'autant que, par miracle, une chose était différente cette fois-ci, et cette chose, j'étais venu modestement te la dire, cher Jean-Luc, en direct et en face sur France 2 : pour la première fois, dans l'histoire de la Ve République, deux grandes forces de gauche avaient placé l'écologie au centre de leur programme.

    Les urgences écologiques étant criantes, hurlantes même, j'espérais que celles-ci vous imposeraient de faire front commun. Après tout, l'imminence d'un danger qui menace une collectivité unit, en principe, les membres de cette collectivité pour le combattre, qui que nous soyons et quelles que soient nos divisions, l'histoire nous l'a prouvé à maintes reprises : Valmy, la Résistance, la demi-finale France Allemagne en 1982, etc... mais cela, ce n'est que le bon sens et visiblement le bon sens en politique passe après les poitrines bombées et les mentons relevés.

    Il va falloir expliquer aux gosses que la lutte contre la pollution et le combat contre des choix de société contre nature attendront au moins encore cinq ans, qu'il y avait visiblement une urgence plus impérieuse encore, mais cette urgence-là, je vous laisse le soin de l'expliquer à nos enfants, chers Benoît et Jean-Luc.

    Maintenant que c'est fini pour la gauche, il reste un second tour. L'extrême droite est là, à un scrutin de l'Elysée, comme en 2002, sauf qu'en 2002 nous étions abasourdis, choqués et dans la rue pour faire front commun, c'était au temps où le sentiment du danger commun nous regroupait encore [ce qui n'est malheureusement plus le cas comme nous avons pu le constater dans les manifestations de ce Premier Mai 2017, Ndlr].

    Dimanche soir, j'ai vu Benoît appeler à faire barrage au Front national sans ambiguïté mais nous avons été des millions à constater que La France insoumise est mauvaise perdante : elle boude et fait la gueule et se retrouve incapable d'appeler à voter Macron, comme son leader délégué général avait appelé du temps où il était cadre sup au PS à voter Chirac. Pourtant, en termes de probité et de batterie de cuisine aux fesses, entre Chirac et Macron, il y a un monde.

    Si la gauche avait été unie, la soirée de dimanche 23 avril n'aurait pas permis de montrer ce visage crispé de La France insoumise car, unie, la gauche aurait battu le Front national et nous aurions dansé et chanté place de la République jusqu'aux premières lueurs du jour...

    Un point me questionne : si Marine Le Pen et Emmanuel Macron c'est pareil, blanc bonnet et bonnet blanc comme disent les anciens, alors que dire de vous deux ? C'est de la gémellité ? Deux clones tristes? Alors pourquoi ne vous êtes-vous pas unis pour le premier tour ? Vous si proches ?

    Encore une interrogation pour vous Jean-Luc, ça fait quoi de voir ses électeurs dragués par l'extrême droite ? C'est le plan B européen qui se met en marche ?

    Je vous salue du fin fond de ma déception et de mon absence totale d'autosatisfaction d'avoir eu raison.

    Philippe Torreton (quelque peu suivi par Michel Bouchet)

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