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2 août 2017 3 02 /08 /août /2017 21:49
Le dossier Cuba paru dans L’Obs du 27 juillet 2017, si médiocrement racoleur, relève plus de l’invention littéraire et de « l’histoire complot » que d’une réflexion sur la vie et la pensée de Che Guevara, ce penseur marxiste de premier plan.

Le dossier Cuba paru dans L’Obs du 27 juillet 2017, si médiocrement racoleur, relève plus de l’invention littéraire et de « l’histoire complot » que d’une réflexion sur la vie et la pensée de Che Guevara, ce penseur marxiste de premier plan.

Jean Ortiz - Mardi, 1 Août, 2017

 

Serge Raffy, romancier, journaliste à l’Obs après être passé par le fidélisme, a changé de trottoir, s’est recyclé : « La Dépêche du Midi », « Elle », « Libération »..., hauts lieux, comme chacun sait, de la pensée critique et anti-système. Il est considéré comme un journaliste indépendant... des classes populaires, donc non domestiqué, « objectif », soucieux d’indépendance par rapport à tout ce qui n’est pas le système. Toujours dans le vent des puissants, il leur tourne autour comme mouche fascinée par lumière d'une ampoule. Il leur donne voix face à la menace des millions de « perdants », revanchards. Il butine, du bon côté de la fleur, toujours prêt à adapter sa veste afin de rester dans le vent... libéral, cela s’entend.

Son sang ne fait qu’un tour lorsque les paramilitaires mexicains, colombiens, massacrent des « subversifs », des journalistes, des jeunes Normaliens, des paysans, lorsque des fosses communes de « communistes » s’ouvrent au Guatemala, à la Madalena, en Colombie, lorsque les centaines de prisonniers palestiniens, turcs, kurdes, menacent de briser le blocus médiatique, lorsqu’au fil des ans, les agressions de Washington contre Cuba ont provoqué près de 3 500 morts...

Ami et biographe de Lionel Jospin puis de François Hollande, Serge Raffy partage avec ce dernier l’amour dévorant de la gauche (de gauche), et la proximité avec les faibles. Pourquoi un journaliste, si talentueux, gâche-t-il autant sa plume à la recherche des « secrets » des « grands » (François et Valérie, Nicolas et Carla, etc.), à la défense « des petits » et de leurs « icônes » : Che, Fidel, Chavez, contre les « les ogres » ? Il s’acharne avec panache contre « l’empoisonneuse » : Valérie Trierweiler. Que de talent gaspillé ! Que d’énergie perdue, qui pourrait être consacrée au combat contre le péril du « populisme » de gauche et « les dictateurs » de gauche, contre ces « grands récits »  qui structurent sa mémoire des peuples : les révolutions, les guérillas, les « libertadors », les gouvernements progressistes, les résistances à l’impérialisme des Etats-Unis... !

 

On sait depuis longtemps que Raffy aime Cuba, Fidel, le Che... comme on aime le steak, bien saignant, avec cette haine froide, calculée, cynique, des champions « libéraux » de la « révolution conservatrice », des droits de l’homme creux, élastiques, et à géométrie variable, jusque dans les travers. Serge Raffy ne loupe aucun « anniversaire », pour nous resservir, en tranches aguicheuses, sa biographie de 2003 « Fidel l’infidèle », le traitre, l’apostat, lui, le dernier des géants, un livre que François Hollande n’aurait parrrait-il pas aimé à l’époque, mais qui ne l'a pas dissuadé de se rendre à Cuba (malin et pragmatique, le « président normal »), business économique et politique obligent. Mais rassurez-vous, cette fois-ci, c’est la dernière. Le dossier de l’Obs s’intitule « Les derniers secrets du Che » ... par Madame Irma, sans doute.

 

 

Plus sérieusement et trêve maintenant de plaisanterie.

 

Le dossier Cuba paru dans L’Obs du 27 juillet 2017, si médiocrement racoleur, relève plus de l’invention littéraire et de « l’histoire complot » que d’une réflexion sur la vie et la pensée de Che Guevara, ce penseur marxiste de premier plan. Voilà ce que Raffy, entre autres, veut évacuer. Che serait un rebelle dur, « mystique », parfois sympathique, mais dépourvu de cause, d’idéologie. Un bourlingueur. Serge Raffy a le droit, comme tout un chacun, d’avoir un point de vue sur tout ce qu’il veut. Mais qu’il nous dise clairement d’où il parle, où il se situe... Le dossier de « L’Obs » repose sur des affirmations péremptoires, des « raffyrinades », des contre-vérités, des rumeurs, des ragots, de la boue qui tourne en rond depuis 1967. Tous les historiens devraient apprécier la dernière trouvaille de Raffy : Fidel aurait monté de toutes pièces « l’incroyable supercherie sur la légende de la Sierra Maestra », il aurait trompé son monde, à commencer par les « intellectuels », dont Raffy, en faisant croire à ses « chimères ». Pourquoi les avoir crues alors ? Le ressentiment est d’autant plus acerbe qu’ils se sont sentis dupés...

 

En vrac, quelques « raffyrinades », relevées dans l’Obs :

1/ « l’ » exécution (du Che) par la police bolivienne », selon Raffy.

En fait, c’est un sous-officier de l’armée, Mario Teran, qui est chargé de le mitrailler, de l’assassiner, après sa capture, blessé ; Che attend, une nuit durant, prisonnier dans la petite école du village de La Higuera. On promet à Teran un voyage aux Etats-Unis. Le Che était traqué depuis des semaines, encerclé par des agents de la CIA, par les troupes spéciales boliviennes (Les « Bérets verts »), formées par des instructeurs nord-américains présents sur le terrain.

 

2/ la guérilla en Bolivie : pour Raffy : « une vingtaine de « desperados », en majorité « Cubains », proches du Che depuis la « Sierra ». C’est faux... la majorité sont des Boliviens.

Et puis le climax !! A mourir de rire : Che Guevara voulait (paraît-il) fonder une « Union des Républiques socialistes d’Amérique latine ». Celle-là, Raffy est allée la chercher loin !!

En fait, le maquis, rassemblait au plus haut une cinquantaine de guérilleros, dont 17 ou 18 Cubains. La majorité des guérilleros étaient des Boliviens, et le groupe nullement des « desperados », mais des combattants très aguerris et politiques, porteurs du projet anti-impérialiste, internationaliste, de la révolution cubaine. Ils ont enduré les pires épreuves. La visée du Che, comme celle de Bolivar, de Marti, était continentale et la base de Ñancahuasu destinée à former des guérilleros vers l’Argentine, le Pérou... mais de là à vouloir créer une URSS latino-américaine, il y a la distance qui sépare la raison de la déraison, du fantasme.

 

3/ Che était considéré en Bolivie par les paysans comme « un bandit des grands chemins ».

En fait, les paysans boliviens, qui gardaient quelques miettes de la Révolution de 1952, collaborèrent peu avec le Che, c’est vrai (barrière culturelle, peur, etc.). En 1967, le régime bolivien était une dictature militaire, celle du général Barrientos. Che pouvait apparaître comme un guérillero, un révolutionnaire « étranger », mais nullement comme « un bandit ». C’est prendre les paysans boliviens pour des imbéciles.

 

4/ « l’escapade pékinoise du Che », sur décision personnelle, afin de rencontrer Chou en Laï.

Comment peut-on imaginer une seconde que Che ait pu voyager à Pékin sans information ou/et accord du « Comandante en chef »? C’est inventer des affrontements, des ruptures imaginaires. Che et Fidel, globalement sur la même longueur d’onde, partageaient les mêmes approches... mais il était difficile à Fidel, étant donnée sa position, d’avoir la même liberté de ton et de contenu que le ministre Che. Che s’amuse lui-même de la réputation de maoïste et de trotskiste que certains lui font. Lors de son dernier voyage en Chine, début 1965, les Chinois le battent froid, et n’annonceront sa mort que longtemps après octobre 1967.

 

5/ Au retour du Séminaire d’Alger (février 1965, où il prononça une critique implacable du modèle et de l’attitude soviétiques) : un entretien houleux (avec Fidel) qui aurait duré deux jours

« les deux hommes en vinrent quasiment aux mains » (source : Maria la femme de ménage cachée dans une armoire, ou Serge Raffy écoutant par le trou de la serrure ?) Cette thèse de « la rupture » avec Fidel, qui se débarrasse « d’un rival », de surcroît belle gueule, est contredite par toutes les déclarations des deux hommes, de Mexico à la mort de Fidel.

« Le dialogue Che-Fidel, une alchimie révolutionnaire féconde, a connu des tensions, parfois des divergences, mais jamais de rupture (...), de mise à l’écart du Che, comme des voyeuristes l’écrivent sans preuve » (Jean Ortiz, Vive le Che !, p. 219), sans mesurer la force des liens de confiance, d’empathie, d’admiration, qui unissaient les deux hommes.

Che se trouvait déjà en Bolivie lorsque « Granma », en mars 1967, publia quatre éditoriaux contre la bureaucratie ; de même lorsque se tint à La Havane la conférence Tricontinentale (avril 1967), présidée par Fidel, et lors de la première Conférence de l’OLAS, en juillet 1967... Che a choisi la Bolivie de son plein gré, ce pays « maillon faible ». Il avait annoncé à Fidel, dès l’entraînement au Mexique, que lorsque la révolution l’aurait emporté à Cuba, il rejoindrait « d’autres terres » pour y continuer le combat. Fidel a consacré d’importants moyens à la mise en place de la guérilla en Bolivie. Dans le ravin du Yuro, début octobre 1967, rien n’était possible pour sauver le Che.

 

6/ « Che est un mystique au caractère « suicidaire, sacrificiel » Il a « une conception religieuse du pouvoir »

(source : archevêché de La Havane ? ou  Docteur Freud ?) Bref un Che raffyriné, un Che de « zarzuela », d’opérette, un Che relevant de la psychiatrie lourde. Il suffit de lire les textes du Che, les témoignages de ses compagnons, d’être attentif à ses hauts faits du maquis, à son courage inouï, pour comprendre que Che éduque par son exemple, qu’il risque la mort par conviction politique sans compromis, qu’il assume un engagement total porté par l’intime certitude que la lutte peut être victorieuse.

 

7/ « le camp de Segundo Cazalis » : « un centre de réhabilitation pour ouvriers et paysans ».

Les rumeurs venues du camp prétendaient que le Che y formait « par le cachot et la privation de nourriture », des « hommes neufs », une nouvelle catégorie de prolétaires : « les esclaves ouvriers ». Ce terrible camp là, il semble que seul Serge Raffy le connaisse, mais il ne le situe pas. Des biographes de premier plan comme l’Américain Jon Lee Anderson, Pierre Kalfon, Taibo Segundo, n’en font pas état.

Che ministre combat durement l’absentéisme, la bureaucratie, la corruption parmi le personnel , à commencer par les vice-ministres, les « petits chefs », les cadres... Aux coupables de négligence ou de petits délits, Che impose des sanctions disciplinaires : du travail manuel durant quelques semaines dans un « camp de travail » à Guanahacabibes, à l’extrême ouest de Cuba, à 94 km de Pinar del Rio.  Les sanctionnés qui acceptent  de venir couper la canne reviennent ensuite à leur poste de travail au Ministère de l’Industrie. Ceux qui refusent cette sanction par le travail seront livrés à la justice ordinaire, mais ne retrouveront pas leur emploi au terme de leur condamnation.  

Le camp ferme en 1965 lorsque le Che « disparaît ». Dans ce camp, le travail et la discipline s’avéraient durs, mais il est malhonnête d’en faire quasiment un camp de concentration.

 

Approximations :

8/ pseudonyme en Congo « Tato »

En réalité « Tatú »

 

9/ « Son corps est exposé sur la place publique dans la commune de Vallegrande » ...

Non, sur une paillasse à la laverie du petit hôpital de Vallegrande

 

 

Le mensonge ultime :

10/ « il (Che) a ordonné l’exécution d’une centaine d’opposants » lorsqu’il dirigeait la forteresse du port de La Havane. Ah ! « le boucher de La Cabaña ».

Ce bobard va tourner en boucle. Lorsque le Che rentre avec sa colonne à la Havane, Fidel le nomme chef militaire de la forteresse (La Cabaña) qui défend l’entrée du port. C’est ici que vont avoir lieu les procès, certes rapides, mais légaux, de « l’épuration ». Dans les premiers jours de la victoire, le peuple cubain se fait justice par lui-même contre des criminels de guerre, des sbires, des tortionnaires, des « bêtes ». Il se venge des bourreaux. La France a connu cela, l’épuration, à partir de l’été 1944, contre les « collabos », les miliciens, les fascistes français. Entre 10 000 victimes, hypothèse basse et près de 112 000 (enquête de gendarmerie de 1948). A Pamiers, par exemple, dans l’Ariège, les cinq premiers jours de la Libération, le 18 août 1944, un « tribunal du peuple », improvisé, condamne à mort 42 collabos de Vichy. La dictature de Batista (1952-premier janvier 1959) relevait du régime terroriste. Chacun peut consulter la presse de l’époque et se faire une opinion. Parler « d’opposants » exécutés relève d’un ignoble détournement historique. 20 000 morts victimes de la terreur d’Etat batistienne, pour environ 6 600 000 habitants fin 1958. Une proportion faramineuse.

Près de 500 criminels, jugés par des tribunaux constitués, selon l’urgence du moment, sont exécutés. La peine de mort avait été rétablie par le dictateur Batista. La colère populaire grondait. Les lynchages se multipliaient. Fidel Castro met rapidement fin à « l’épuration sauvage » et exige que les procès des bourreaux soient les plus normaux possibles dans une situation de totale anormalité. Jorge Castañeda, le biographe mexicain du Che, devenu néo-libéral après avoir été communiste, écrit dans La vida en rojo (1997) : « il n’y eut pas de bain de sang : (   ) ce qui est surprenant, c’est que le nombre des morts soit resté si petit » (p. 183)

 

Pour salir, criminaliser, les grandes figures de l’histoire des peuples, les révolutionnaires, encore faudrait-il s’appuyer sur autre chose que des a priori idéologiques, des approximations partisanes, de la haine fermentée.

 

 

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31 juillet 2017 1 31 /07 /juillet /2017 22:08

Comme chaque 31 juillet, Patrick le Hyaric a rendu hommage à Jean Jaurès, devant le café du Croissant où a été assassiné cet homme de paix qui, entre mille combats, créa il y a 113 ans le journal l'Humanité. Tandis que l’actuel directeur du journal rappelait l’engagement de son fondateur pour les droits des travailleurs, nous sommes allés à la rencontre de celles et ceux pour lesquels la pensée et l’œuvre de Jaurès sont plus que jamais d’actualité.

 

Hommage à Jean Jaurès ! [Comme chaque année, combien je regrette de ne pas avoir assisté à cet hommage : Note de Michel Bouchet]
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28 juillet 2017 5 28 /07 /juillet /2017 23:23
VENEZUELA : le bain de sang approche. Que fait la gauche internationale ?

Un pays pétrolier qui résiste à l’Empire depuis plus de quinze ans et qui a sorti du néant ses « fils de rien »

 

Il ne faudra pas venir pleurer demain lorsque l’on assassinera, torturera, « disparaîtra », les militants chavistes. Les précédents historiques sont malheureusement nombreux. (Tout le monde a oublié ? Le Chili ? Salvador Allende ? Pablo Neruda ?... Ndlr)

Les classes dominantes vénézuéliennes veulent une revanche sociale, liquider la « révolution bolivarienne », ou ce qu’il en reste, afin que le peuple des anciens « invisibles » ne relève plus jamais la tête. L’oligarchie veut que ces « fils de rien », auxquels le chavisme a donné statut et dignité, retournent au néant.

On peut émettre des critiques sur la gestion, sur la stratégie du président Maduro. Mais il a été élu, certes de peu, mais élu. Donc légitime. Il propose le dialogue, et a le droit de se défendre contre des émeutiers. La plupart des médias vénézuéliens et étrangers s’acharnent à donner une image chaotique du pays, à mettre sur le dos des chavistes les exactions commises par des groupes violentissimes, masqués, souvent armés, les « guarimbas », qui veulent la guerre civile.

L’opposition vénézuélienne n’est pas toute favorable à ce coup d’Etat permanent, qui va déboucher sur un massacre. Mais les secteurs qui dominent cette opposition sont parvenus à la radicaliser, à instrumentaliser le dépit de secteurs populaires éprouvés. Ils sont majoritairement d’ultra-droite. Ils veulent en découdre, et rapidement désormais. Ouvertement encouragés par la brute va-t-en guerre Trump, ils redoublent d’exactions, de sabotages, de destruction de bâtiments et de services publics, de violences en tout genre.

Le pays étant encore en grande partie capitaliste, l’oligarchie, les propriétaires, les possédants, organisent la guerre économique sur des produits ciblés, et font porter la responsabilité des difficultés structurelles, des pénuries et des queues interminables sur le gouvernement, qui n’est pas tout blanc, mais qui cherche, par la Constituante, une issue pacifique à la crise abyssale.

On peut, voire il faut, critiquer les erreurs du régime, mais n’oublions jamais que les chavistes et le peuple (même si une partie peut s’en éloigner) sont sous le feu permanent d’une véritable guerre menée par les Etats-Unis contre un pays aux énormes ressources pétrolières, et qui a osé résister à « l’Empire » pendant plus de quinze ans et chercher une autre voie que celle de l’inféodation, vers l’indépendance, la justice sociale, le socialisme. Qui a eu le culot, par la voix d’Hugo Chavez, de remettre les dirigeants des Etats-Unis (« ¡Váyanse pal carajo, yanquis de mierda ! ») à leur place.

N’est-il pas temps que la gauche dans son ensemble se ressaisisse et manifeste sa condamnation de l’ingérence étrangère dans un pays souverain, et affirme sa solidarité, fût-elle critique, voire conditionnelle (ni dans l’aveuglement, ni donneuse de leçon), avec la révolution bolivarienne ?

« La solidarité est la tendresse des peuples » disait Che Guevara. Il faut être aveugle, ou inconséquent, pour ne pas saisir ce qui est aujourd’hui en jeu au Venezuela.

Jean ORTIZ, Maître de conférences, université de Pau.

 

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18 juillet 2017 2 18 /07 /juillet /2017 22:25
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16 juillet 2017 7 16 /07 /juillet /2017 20:09
Montage AFP

Montage AFP

Le Parti communiste a déploré samedi la venue du Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, aux commémorations du 75e anniversaire de la rafle du Vel'd'Hiv.

 

Le 16 juillet, Emmanuel Macron et le premier ministre israélien [ont commémoré] ensemble la rafle du Vél’d’Hiv de 1942, où 13 152 personnes juives, parmi lesquelles plus de 4 000 enfants, ont été arrêtées par la police de Pétain pour être déportées. Ce moment de recueillement devrait envoyer un message fort de paix, selon le PCF, qui souligne que Netanyahou, « dont l’obédience d’extrême droite n’est plus un secret » et « qui, chaque jour, fait obstacle à la construction d’un processus de paix, juste et durable, entre Israéliens et Palestiniens », n’est pas l’homme de ce message. « Nul n’a oublié qu’en octobre 2015, il avait provoqué une indignation unanime, jusqu’au gouvernement allemand, en affirmant, au mépris de la réalité historique et des faits, qu’Hitler n’(avait) pas souhaité exterminer les juifs », rappelle le communiqué. En janvier, le premier ministre israélien avait refusé de participer à la conférence internationale sur le Proche-Orient, la qualifiant l’événement « d’imposture ».

 

Maud Vergnol - Chef de la rubrique Politique

 

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9 juillet 2017 7 09 /07 /juillet /2017 21:14
Le ministre de la Transition écologique et solidaire Nicolas Hulot, aux côtés du Premier ministre Édouard Philippe. Photo AFP.

Le ministre de la Transition écologique et solidaire Nicolas Hulot, aux côtés du Premier ministre Édouard Philippe. Photo AFP.

Samedi, 8 Juillet, 2017 - Humanite.fr

 

Comme on pouvait s’y attendre, c’est l’annonce faite par le ministre de la Transition écologique de la fin des véhicules à essence et au gazole pour 2040 qui a fait les titres de la presse audiovisuelle et écrite après sa conférence de presse d’hier midi. Toutefois, à l’examen du catalogue de mesures proposées par Nicolas Hulot, on ne trouve pas dans ce « Plan climat » une réflexion prospective structurée concernant les mille et une manières de réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES). Ce plan charrie beaucoup trop de contradictions pour être efficace. Par Gérard le Puill (*)

 

Pour tenter d’analyser la faisabilité de la proposition phare de Nicolas Hulot sur l’abandon des véhicules diesel et a essence en 2040, mieux vaut avoir en tête ce qu’est le parc automobile français aujourd’hui. En janvier 2015, il se composait de 38.408.000 véhicules dont 31,8 millions de véhicules particuliers, 5,98 millions de véhicules utilitaires et 628.000 bus, cars et gros camions de plus de cinq tonnes. L’augmentation du nombre de véhicules en circulation est constante. Elle a augmenté de 8 millions d’unités entre 1995 et 2015 et de 0,6% entre le début de l’année 2015 et le début de l’année 2016. La mise en place des cars Macron durant le quinquennat de François Hollande est un facteur aggravant pour les prochaines années en termes d’émissions de CO2.

En France, depuis des décennies, la distance entre le lieu de travail et le domicile des millions de Français qui se rendent au travail en voiture ne cesse de croître. Cette croissance résulte du fait que les « pôles de compétitivité » que tendent à devenir les capitales régionales concentrent de plus en plus d’emplois tandis que la cherté des logements dans ces agglomérations oblige les travailleurs à se loger entre les lointaines banlieues et les villages pavillonnaires que les promoteurs immobiliers font pousser comme des champignons en milieu rural.

 

Des voitures neuves en France, les « vielles caisses » en Afrique ?

En attendant la suppression des véhicules diesel et à essence à l’horizon 2040, Nicolas Hulot a déclaré hier que « le gouvernement étudiera les modalités de la mise en place d’une prime à la transition pour remplacer les véhicules qui ne sont pas éligibles à la vignette Crit’Air (véhicules essence d’avant 1997 et diesel d’avant 2001) par un véhicule neuf ou d’occasion moins polluant et plus économe en carburant. Cette mesure s’intégrera au système de bonus-malus qui a fait ses preuves pour réduire les émissions du parc automobile français et développer l’acquisition de véhicules électriques», lit-on dans le dossier de presse remis hier aux journalistes.

Certes, ces véhicules à vignette « Crit’Air » pollueront moins que les « vieilles caisses » du XXème siècle. Mais, si ces dernières continuent d’être expédiées en Afrique , entières ou en pièces détachées , pendant qu’il faudra accélérer en France la production de véhicules neufs avec ce que cela comporte d’extraction et de transformation industrielle de minerai, une légère baisse de bilan carbone de la bagnole dans notre pays sera loin de compenser les émissions supplémentaires de GES induites par la processus de fabrication des nouveaux véhicules dont peu seront encore des voitures électriques dans les prochaines années.

A l’issue de la conférence de Paris sur le climat, la France disait vouloir diviser par quatre ses émissions de gaz à effet de serre d’ici 2050. Hier, Nicolas Hulot a indiqué qu’il visait la neutralité carbone à cette date. Cela voudrait dire que notre économie devrait à cette date stocker d’un côté autant de carbone qu’elle en libère de l’autre. D’où, probablement cette idée d’en finir avec les véhicule à essence et diesel dès 2040. Mais sans parvenir à diviser par cinq ou six la circulation sur les routes de l’Hexagone, cela relève de la mission impossible. C’est l’une des nombreuses faiblesses du « Plan climat» du ministre. Il faut ici imaginer ce que représente la production de plus de 30 millions de voitures électrique individuelles dans les années précédant 2040 si le parc de voitures ne diminue pas par rapport au 6 juillet 2017, jour de la présentation de ce plan ! A supposer que nous ayons tous ces véhicules électriques en 2040, quel sera le bilan carbone de la surconsommation de matières premières diverses et variées, transformées en moteurs et en carrosseries ? Une fois ces véhicules en circulation, comment sera produit le courant électrique qui chargera toutes ces batteries de jour comme de nuit ?

 

L’équation insoluble de la production électrique sans le nucléaire

S’agissant de la production électrique, Nicolas Hulot a repris à son compte le projet du précédent quinquennat consistant à réduire la part du nucléaire à 50% de notre mix énergétique à l’horizon 2025. Le dossier de presse, sans mentionner cet objectif, promet par ailleurs de fermer rapidement les dernières centrales au charbon et indique que « la France soutiendra aussi le développement des énergies renouvelables, en prévoyant des appels d’offre permettant d’atteindre l’objectif de 32% d’énergies renouvelables en 2030… ». Acceptons cette hypothèse en sachant que ces 32% sont une moyenne annuelle s’agissant des éoliennes et de panneaux solaires dont la production peut être très fluctuante. A supposer que le nucléaire nous fournisse encore 50% de notre électricité en 2030, nous aurons 82% de notre production électrique sans CO2 , soit nettement moins qu’aujourd’hui avec plus de 70% provenant du nucléaire à quoi s’ajoutent l’hydraulique , les éoliennes , les panneaux solaires et la méthanisation .

Comment alors fournir de l’électricité aux ménages, aux entreprises, aux écoles, aux services publics en général et assurer la montée en charge du parc de véhicules électriques entre 2030 et 2040 ? L’équation est insoluble sans importer massivement du fioul et du gaz pour alimenter une partie de nos centrales. On émettra beaucoup de CO2 par pouvoir charger les batteries des voitures électriques après en avoir émis énormément pour produire ces nouvelles voitures et leurs batteries consommatrices de lithium ! Sur ce sujet comme sur quelques autres, le « Plan climat » de Nicolas Hulot manque de cohérence et révèle de nombreuses carences.
 

(*) Journaliste et auteur. Dernier ouvrage paru, « Devant l’urgence climatique, bousculons les politiques » , éditions du Croquant , mars 2017 , 184 pages , 16€


 

Gérard Le Puill

Carences et incohérences du « Plan Climat » de Nicolas Hulot !
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5 juillet 2017 3 05 /07 /juillet /2017 22:59
Fête de l’Humanité : un acte de résistance à la Courneuve comme à Cournon d'Auvergne dans le Puy de Dôme !

La Fête de l’Huma, ce sont les programmes de la grande scène. Leur choix répond à des critères de qualité, de diversité et de popularité, aptes à satisfaire un large public soucieux de se distraire, se cultiver et faire la fête pour une dépense raisonnable. Mais cette dimension ne suffit pas à expliquer que, chaque année, des dizaines de milliers de personnes se retrouvent ensemble pour faire cette Fête. Il y faut en plus une capacité, unique en son genre, à correspondre à un moment particulier de la vie nationale et internationale. Plus précisément, aux attentes, colères ou espoirs que suscite ce contexte dans le monde du travail, de la culture, comme chez les chômeurs ou dans la jeunesse. Cette année, la Fête arrive après une longue séquence électorale qui aura bousculé beaucoup de choses et au moment où le nouveau pouvoir s’apprête à remettre en cause des droits essentiels pour la vie des travailleurs et de leurs familles. Venir à la Fête sera donc un acte de résistance, un moyen de construire un rassemblement large et unitaire pour dire non. Nul besoin de passeport pour en être, sinon une envie de ne pas se laisser faire et d’être respecté.

Pour que le non résonne très fort et très loin, il doit être porteur d’autre chose, qui va commencer à se défricher dans les multiples débats et confrontations auxquels chacune, chacun, en toute liberté, est invité à prendre part. Chacun ressent combien s’impose le besoin de reconstruire, d’innover, d’inventer pour tenir tête aux forces de l’argent-roi présentes comme jamais dans tous les pores de la société et de ses institutions. En s’y mettant dès maintenant, il est possible de sensibiliser autour de nous nos concitoyens, qui, très nombreux, continuent de porter des valeurs de solidarité, d’égalité, de paix et de défense de la planète.

Les grandes Fêtes de l’Humanité, leur retentissement, se jouent dans la multitude de petites rencontres qui, dans les mois qui les précèdent, permettent de parler de la situation, du programme et des objectifs de l’événement. Nous y sommes ! Alors, ne négligeons aucune occasion de placer le bon de soutien au travail, dans la famille ou auprès de nos voisins. « Chaque homme est une humanité, une histoire universelle », écrivait Michelet. Comment s’accomplir vraiment si ce n’est en conjuguant les espérances et expériences collectives de luttes et libre développement de chacun par le partage d’émotions ?

Partager, voilà, en somme, ce que proposera la Fête de l’Humanité les 15, 16 et 17 septembre prochain. En y venant nombreux, en y conviant ceux que nous côtoyons, nous nous donnerons l’énergie dont nous pressentons avoir grand besoin dans les mois à venir

Fête de l’Humanité : un acte de résistance à la Courneuve comme à Cournon d'Auvergne dans le Puy de Dôme !

En attendant la fête de l'Humanité de la Courneuve nous vous attendons très nombreux à la fête de l'Humanité du Puy de Dôme samedi prochain de 14 h à 22 h à Cournon d'Auvergne (voir le programme sur l'affiche ci-dessus !

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4 juillet 2017 2 04 /07 /juillet /2017 21:45
CODE DU TRAVAIL : réforme forcée !

S’il y a bien une promesse de campagne que Macron veut tenir et vite, c’est celle de réformer une nouvelle fois le Code du travail.

Objectif : des salariés toujours plus flexibles ! Le projet de loi lui permettant de gouverner par ordonnances a été présenté mercredi 28 juin en Conseil des ministres. L’objectif principal est d’accorder plus de flexibilité à l’entreprise, autrement dit de fragiliser les droits des salariés.

Ce projet de loi encadre les futures ordonnances, destinées, selon la ministre du Travail Muriel Pénicaud, à assurer « plus de dialogue social et économique, qui amène plus de liberté, plus de sécurité ». Ce qui est sûr, c’est que députés et sénateurs seront privés de débattre sur le fond de la réforme. La majorité est seulement conviée à habiliter l’Élysée et Matignon à légiférer sans en passer par aucun amendement et aucun vote. Un déni de démocratie qui n’est pas sans rappeler que la précédente loi travail, dite loi El-Khomri, était, elle aussi, passée en force, Manuel Valls ayant eu recours au 49-3 pour l’im¬poser.

Les contours de la mouture 2017 promettent de modifier les domaines de négociation réservés à la branche professionnelle et à l’entreprise, de fusionner des instances représentatives du personnel (CE, CHSCT…), de plafonner les dommages et intérêts pour licenciement abusif...

D’autres sujets sont sur la table, comme la rupture de contrat de travail qui pourrait permettre au salarié démissionnaire de percevoir des allocations chômage sous conditions. D’autres pans de « nouveautés » devraient concerner le licenciement économique ou le recours au contrat de chantier (un contrat qui menace le CDI), selon le projet rendu public par le ministère.

Cette réforme va plus loin que la très décriée loi travail, qui avait déclenché l’an dernier la plus grande mobilisation sociale jamais connue sous un gouvernement dit de gauche. Mais, entre-temps, la donne a changé, ce qu’a rappelé le Premier ministre Édouard Philippe en Conseil des ministres. Relevant « l’importance » de cette réforme, il « a tenu à rappeler que ce texte avait une légitimité politique », selon le porte-parole du gouvernement Christophe Castaner. Effectivement, dans les derniers jours de campagne des élections législatives qui ont vu triompher la République en marche et offert une majorité de députés à Emmanuel Macron, des infos avaient fuitées. Un peu tard pour que l’opinion publique ne prenne conscience du danger, sans doute.

Certes, l’exécutif prend soin d’organiser une série de réunions de concertations entre organisations syndicales et patronales. Elles vont se poursuivre tout l’été. Une période dont chacun sait qu’elle n’est pas propice aux mobilisations. Comment ne pas y voir la raison pour laquelle le gouvernement souhaite aller vite. Le projet de loi d’habilitation sera examiné au Parlement (députés et sénateurs) du 24 au 28 juillet.

Quant aux ordonnances et à leur contenu réel, elles seront présentées « fin août aux partenaires sociaux, ils en auront la primeur », a assuré la ministre lors d’une conférence de presse. Elles doivent être adoptées en Conseil des ministres d’ici le 20 septembre.

Gageons que cette loi Travail sera au cœur des débats de la Fête de l’Humanité qui se déroulera à La Courneuve les 15, 16 et 17 septembre prochains !

Et à Cournon, salle polyvalente du plan d'eau samedi 8 juillet de 14 à 22 h !

Pour signer la pétition c'est là : http://img.humanite.fr/sites/default/files/images/signer_petition_site_473.png

CODE DU TRAVAIL : réforme forcée !
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3 juillet 2017 1 03 /07 /juillet /2017 22:24
CONTRE LE RÉCHAUFFEMENT - des actes !CONTRE LE RÉCHAUFFEMENT - des actes !

Après les promesses, la société civile demande des actes contre le réchauffement. Elle plaide pour un projet social et revendique des solutions en termes d’emploi.

Dire que l’on soutient l’accord de Paris, c’est bien. Le mettre en œuvre jusque sur le terrain social, c’est mieux : les ONG rassemblées au sein du Réseau action climat (RAC) ont exposé ce qu’elles attendent du gouvernement français en termes de lutte contre le réchauffement.

Il y a deux semaines, Emmanuel Macron s’était illustré face à Trump et sa sortie de l’accord international sur le climat. Le président français avait alors promis que son pays se montrerait exemplaire et accélérerait sa transition vers une économie décarbonée.

Le geste, apprécié, ne rassasie par une société civile qui exige maintenant des actes. L’instauration d’une taxe sur les transactions financières (TTF) à l’échelle européenne figure sur la liste. « Elle pour¬rait générer jusqu’à 22 milliards d’euros de recettes », rappelle Armelle Lecomte, chargée de plaidoyer pour Oxfam. Emmanuel Macron a promis que le dos¬sier sera gagné dès juillet. « La France doit maintenant agir pour qu’au moins 50% des revenus de cette TTF soient dédiés au climat et à la solidarité inter¬nationale », assène Armelle Lecomte.

Le gouvernement est aussi attendu sur le terrain économique et social. Alimentation, énergie, gestion des terres, transport ou bâtiment : les ONG passent ainsi au crible tous les secteurs pour lesquels les actions restent insuffisantes, voire contre-productives – par exemple la poursuite du développement autoroutier, au détriment de la mise en œuvre du plan d’action pour la mobilité active.

Exigeant une sortie rapide des énergies fossiles, elles interrogent, enfin, les moyens accordés à l’accompagnement social de cette transition. « Le précédent gouvernement a largement péché sur ce point », souligne Pierre Cannet, pour le WWF, lequel avance la proposition de « contrats de transition écologique ». On ne peut plus mettre les salariés au pied du mur de la transition, avancent en subs¬tance les ONG.

« La question à laquelle il nous faut des réponses, immédiates, c’est  : quels nouveaux emplois, tout de suite ? » résume Morgane Créach, directrice du RAC

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2 juillet 2017 7 02 /07 /juillet /2017 21:48
 
André Chassaigne (PCF) : "Je n'irai pas au congrès de Versailles pour écouter le monarque !"
André Chassaigne mercredi à l'Assemblée nationale. / AFP PHOTO / GEOFFROY VAN DER HASSELT © GEOFFROY VAN DER HASSELT
 
Le député PCF du Puy-de-Dôme, réélu avec 63,55 % face à un « marcheur », a retrouvé cette semaine sa présidence du groupe Gauche démocrate et républicaine. Il sera l’une des figures de l’opposition à l’Assemblée nationale. Interview.

Mercredi dernier, aux premiers jours de la reprise parlementaire, le communiste André Chassaigne a marqué les esprits. Alors que le débat en séance portait sur l’élection du bureau de l’Assemblée nationale, le président du groupe Gauche démocrate et républicaine a pris à partie Richard Ferrand et vigoureusement dénoncé les « petits traficotages » de La République en Marche.

La colère froide d'André Chassaigne à l'Assemblée nationale

En opposant déterminé, André Chassaigne, qui ne compte pas se laisser déborder par Jean-Luc Mélenchon, sera à Versailles lundi 3 juillet. « Je n’irai pas au congrès pour écouter le monarque Macron, prévient-il. J’irai à 14 heures pour manifester sur l’esplanade ! »

Macron s'adresse lundi au Congrès à Versailles

"Le congrès, c'est la matérialisation d'une présidentialisation extrême que le président de la République est en train de mettre en oeuvre", insiste le député auvergnat, dont il faut rappeler qu'il a été réélu le 18 juin dernier pour un quatrième mandat, en recueillant 63,55% face à un candidat de La République en Marche.Dimanche 18 juin, au soir, entouré de ses soutiens et fidèles, André Chassaigne vient tout juste d'apprendre sa réélection.
 

Vous portez toujours la cravate dans l'hémicycle ?...

Je porte toujours la cravate dans l'hémicycle. Un ancien député communiste disait que la classe ouvrière était très attentive à ce que ses représentants apparaissent sous leur meilleur jour. C'est une tradition et une question de respect par rapport au mandat que l'on porte. Pour autant, s'il y avait des oppositions sur la tenue vestimentaire, je ne m'y opposerai pas dans la mesure où les personnes qui rentrent dans l'hémicycle sont habillées correctement, dans le respect des citoyens de notre pays.

Votre opposition sera frontale face à la majorité ? Vous voterez contre la confiance au gouvernement ?

Nous nous sommes déclarés comme un groupe d'opposition. Les députés communistes, bien évidemment, ne voteront pas la confiance au gouvernement. Les députés d'Outre-Mer ont leur liberté de vote et je ne leur ai pas demandé quelle serait leur position.

Dans toutes les mesures régressives qui seront annoncées par le gouvernement et je pense en particulier à la loi travail, qui va être une loi El Khomri XXL, nous serons en opposition frontale, oui.

Maintenant, nous prenons nos décisions sur un texte de loi en fonction de son contenu. Dans toutes les mesures régressives qui seront annoncées par le gouvernement et je pense en particulier à la loi travail, qui va être une loi El Khomri XXL, nous serons en opposition frontale, oui. Nous considérons que ce sont des coups d'une extrême gravité qui vont être portés à la protection des salariés. Mais il est évident que pour des textes qui, pour nous, peuvent aller dans la bonne direction, nous interviendrons pour les améliorer, en donnant notre point de vue pour qu'ils soient les plus justes possibles.Aurelien Morissard / IP3. Paris, France le 27 juin 2017. Rassemblement intersyndical contre la reforme du Code du travail par ordonnances, devant les Invalides. En presence de Andre Chassaigne (G) et Philippe Poutou (D).

Concernant la loi de moralisation, nous avons déjà réfléchi et transmis des propositions au gouvernement pour l'améliorer. Par exemple, qu'on ne puisse pas voter un texte s'il n'y a pas plus de 20% des députés en séance, ou encore qu'il y ait un statut des collaborateurs de députés qui n'existe pas.

Peut-il y avoir des convergences entre votre groupe et celui des socialistes (31 députés), rebaptisé Nouvelle Gauche ?

C'est évident. Nous ne considérons pas qu'il y a deux groupes, celui des Insoumis et le nôtre, qui auraient le monopole de l'opposition de gauche au gouvernement. Les députés communistes travailleront à créer d'autres convergences y compris, nous l'espérons, avec des députés socialistes. C'est un de nos objectifs pour s'opposer à l'amplification de la dérive libérale.

Qu'attendez-vous du nouveau président de l'Assemblée nationale François de Rugy ?

Il a fait mardi un discours extrêmement ambiguë. Il a développé la nécessité qu'il y ait plus de citoyenneté, notamment avec les territoires, dans la construction de la loi, que les citoyens se réapproprient la politique. Ce que des députés comme moi ont déjà engagé dans leur circonscription. Ce qui m'inquiète dans sa déclaration, c'est qu'il a fait allusion à des blocages de fonctionnement de l'Assemblée nationale, et je sais qu'il y a un risque réel de limiter les droits des députés, notamment le droit d'amendement. Je serai très attentif à cela pour qu'il n'y ait pas de réduction des droits du Parlement. Nous ne voulons pas de dérive monarchique avec une hyper présidentialisation.

François de Rugy élu président d'une Assemblée nationale "profondément renouvelée"

Craignez vous une assemblée godillot qui empêche tout débat ?

Je le crains vraiment. Dans les premiers échanges que nous pouvons avoir avec des collègues députés, on fait le constat qu'il y a une volonté de la part des députés de la majorité de serrer les rangs. Ils vont laisser très peu de prises à l'opposition dans les discussions sur les projets de loi. On l'a déjà vu dans la répartition des postes au bureau de l'Assemblée nationale. Il y a une volonté de serrer les boulons, de laisser peu de place aux autres groupes et d'utiliser cette majorité comme un rouleau compresseur qui écraserait tout sur son passage et laisserait peu d'interstices pour qu'on puisse faire émerge des évolutions contradictoires.

Quel regard portez-vous sur les cinquante premiers jours du Président Emmanuel Macron ?

Il y a eu beaucoup d'annonces, et une contradiction, un décalage entre les propos qu'il a pu tenir avant et les prises de position aujourd'hui. Un exemple : il avait montré une opposition à l'état d'urgence en disant que cette mesure ne pouvait pas durer, qu'il fallait en sortir, que la loi permettait de répondre aux dangers du terrorisme. Aujourd'hui, il n'a plus ce discours et va même plus loin en laissant entendre que les mesures de l'état d'urgence pourraient entrer dans la loi.
De la même façon, il avait dit qu'il fallait donner plus de pouvoirs au Parlement, plus de pouvoirs à la représentation nationale. Aujourd'hui, ce qu'il met en oeuvre, c'est une présidentialisation accrue, une forme de monarchie républicaine quand, par exemple, il réunit le congrès pour développer son orientation politique. Ce n'est pas aller vers plus de démocratie parlementaire. C'est au contraire considérer que les pouvoirs doivent être entre les mains du président de la République.Elections législatives - Débat France Bleu La Montagne André Chassaigne vs Sébastien Gardette photo Fred Marquet 13/06/2017

Vous iriez jusqu'à parler de miroir aux alouettes ?

Oui, il y a une forme de miroir aux alouettes et d'illusion sur laquelle il continue à surfer. Mais je pense que très très rapidement, on va se rendre compte que si l'envolée est belle l'atterrissage sera beaucoup plus difficile !

Etre communiste, c'est vouloir faire du commun. Il faut avoir l'intelligence d'expliquer ce que c'est que d'être communiste

Le PCF veut se réformer, se "transformer", selon le secrétaire national Pierre Laurent. Dans quel but ? Juste continuer à exister ?

Qu'il puisse y avoir des évolutions du PCF, je n'y suis pas opposé. Toute organisation politique se doit d'évoluer. Mais la première chose que le Parti communiste devrait faire avant de mettre en oeuvre une forme de mutation, c'est d'abord être lui-même ! Qu'il arrête de se décider en fonction d'autres. Par nature, sa politique doit être une politique du rassemblement et ouverte sur la société, et non pas de repli sur soi. Si on est nous-mêmes dans notre façon d'être, dans notre pratique politique, dans notre ouverture aux autres, on retrouvera les fondamentaux de notre parti. Nous aurons alors déjà fait un grand chemin, avant toute illusion de transformation.

Pierre Laurent veut aussi ouvrir le débat sur le nom du parti. Certains n'assument plus ce terme "communiste" ?

Etre communiste, c'est vouloir faire du commun. Il faut avoir l'intelligence d'expliquer ce que c'est que d'être communiste. S'il faut changer de nom ? On me le dit souvent. Mais ce n'est pas la question du nom qui est important. Ce qui l'est, c'est ce qu'on met derrière ce nom, notre pratique, quelle démonstration on peut faire. Je ne sais pas si le sujet se posera. A priori, je ne suis pas fermé aux évolutions, mais l'essentiel n'est pas là. L'essentiel est dans le vécu de notre parti, dans l'image que l'on donne de notre parti.

Attention donc au marketing politique...

La mode, aujourd'hui, c'est de changer de sigle, de choisir un sigle en fonction de ce qui est porteur au niveau d'une communication souvent ponctuelle. Essayons plutôt de travailler dans la durée.

Avec dix autres députés PCF et cinq ultramarins divers gauche, André Chassaigne a réussi à sauver le groupe dela Gauche démocrate et républicaine à l'Assemblée nationale, qu'il préside. "L’élément nouveau, indique le député du Puy-de-Dôme, c’est que les députés PC sont passés de sept à onze. Dans ce groupe, la composante communiste aura son expression propre, avec une liberté de vote, puisque nous avons un accord technique avec les cinq députés d’Outre-Mer qui ont choisi de nous rejoindre. Nous allons pouvoir avoir une lisibilité dans notre expression. Cela ne signifie pas un repli sur soi, puisque la composante communiste du groupe envisage de travailler de concert avec celui de la France Insoumise".

Cédric Gourin

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