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30 août 2017 3 30 /08 /août /2017 22:09
MACRON : bilan des 100 jours !

Que retenir des 100 premiers jours de Macron et de sa majorité parlementaire ?

 

Une avalanche ininterrompue de mesures anti sociales pour financer une politique ultra-libérale en faveur des plus riches. Le nouveau pouvoir frappe tous azimuts avec la réforme du code du travail pour licencier, précariser et généraliser le dumping social. La loi de « moralisation » laisse les mains libres à la finance pour continuer à pourrir notre vie publique. Avec la réforme de l’ISF, les mesures sur la fiscalité des entreprises et du capital, le renoncement face à Google, la France peut devenir une sorte de paradis fiscal nouvelle génération. Des privatisations et de nouvelles dérégulations sont inscrites à l’agenda.

Pas de « changement » ni de « révolution » mais une accélération spectaculaire des politiques d’austérité. Pour le quinquennat, la trajectoire de baisse des dépenses publiques est de 80 milliards d’euros dont 20 dès 2018. Les fonctionnaires sont directement visés, les retraités avec l’augmentation de la CSG, les plus modestes avec la baisse des APL et la casse du logement social. Les collectivités territoriales sont menacées d’une saignée de 13 milliards avec des ressources financières et une liberté d’administration attaquées comme jamais.

Cela va peser pour les élections sénatoriales de septembre. Il faut très concrètement prendre la mesure des terribles conséquences que tout cela peut avoir pour notre société toute entière. On entre dans une zone jusqu’alors inconnue. Le monde associatif peut ne pas y résister avec les effets cumulés des baisses de subventions et de l’arrêt des contrats aidés.

Macron a été élu dans une situation inédite mais non sans une intelligence du moment politique dont il pouvait tirer profit avec l’aide de puissants soutiens économiques et politiques qui demandent aujourd’hui un retour sur investissement ! Il n’y a jamais eu dans le pays une adhésion majoritaire à son projet. Il a entretenu quelques temps l’illusion d’une modernité, d’une politique équilibrée, « de gauche et de droite ». La victoire de Macron n’est pas l’issue de la crise politique et démocratique, ni même de la recomposition politique en cours. Nous sommes toujours sur un volcan avec, à l’horizon, le danger d’une crise financière mondiale de magni¬tude bien plus élevée que celle de 2008. Macron a fait le choix d’une communica¬tion verrouillée, en tenant les journalistes à distance, priorisant les images mais les masques tombent les uns après les autres.

Face aux contradictions qui s’aiguisent, l’hyperprésidence s’est transformée en un autoritarisme de plus en plus marqué. Avec un gouvernement et un parti prési¬dentiel aux ordres, une haute administra¬tion sous pression, un chef d’état-major des armées humilié, un Parlement méprisé avec la menace d’une réforme très dangereuse pour les droits des parlementaires à élaborer la loi, une démocratie sociale et locale piétinée, une transposition de l’état d’urgence dans la loi ordinaire, les libertés individuelles, la démocratie et notre République sont en danger 

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L'HUMAIN AVANT TOUT Canton de Pont-du-Château - dans Editos Politique
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29 août 2017 2 29 /08 /août /2017 22:22

Comme vous le savez nous ne sommes pas des fans inconditionnels du quotidien La Montagne, mais l'article ci-dessous aussi surprenant que cela soit, nous a paru mériter d'être lu et largement partagé.

A vous d'en juger et de nous dire si nous avons bien fait !

Publié le 23/08/2017 dans La Montagne - Par Jean-Baptiste Forray

     

    Après Les barons, ces élus locaux qui osent tout (Flammarion, 2014), Jean-Baptiste Forray a enquêté dans les coulisses des partis politiques pour débusquer les « meilleurs agents du système ». Il vient de publier La République des apparatchiks chez Fayard.

    Quel est le portrait-robot de l'apparatchik d’aujourd’hui en France ?

    L’apparatchik est un professionnel de la politique qui est tombé tout petit dans la marmite. Il a généralement fait ses classes auprès d’un député ou sénateur-maire en tant qu’assistant parlementaire ou directeur de cabinet. Il a alors été placé sur une liste, aux municipales et aux régionales, empilant ensuite les mandats. Au final, l’appartachik n’a, le plus souvent, jamais mis un orteil dans une administration, encore moins dans une entreprise. Il se définit donc, avant tout par ce qu’il n’est pas. Il n’est ni un responsable syndical, ni une tête de pont associative. Il ne possède pas de bagage intellectuel et technique particulier. Sa grande spécialité, c’est l’arrière-cuisine des partis, les investitures, les circonscriptions et les petits arrangements entre amis. L’exemple ultime, à l’ancienne génération, c’est le député européen et vice-président de la région Auvergne/Rhône-Alpes Brice Hortefeux. Le porte-flingue de Nicolas Sarkozy gravite dans les arcanes de la droite depuis plus de quarante ans sans jamais être parvenu à se faire élire sur son nom.

    Qu'est-ce qui distingue les nouveaux apparatchiks de leurs aînés ?

    Contrairement aux apparatchiks qui ont traîné leurs guêtres à l’UNEF ou à SOS Racisme à l’instar de Jean-Christophe Cambadélis ou Harlem Désir, les nouveaux professionnels de la profession politique n’ont pas été formés à l’école du militantisme. Myriam El-Khomri et Najat Vallaud-Belkacem n’ont, par exemple, guère fréquenté le mouvement des jeunes socialistes. Pour elles, la politique est devenue un métier comme un autre. La première a suivi un DESS d’administration du politique avant d’intégrer le cabinet du député-maire du 18e arrondissement de Paris Daniel Vaillant et de figurer en bonne position sur une liste aux municipales de 2008. La seconde est, quant à elle, entrée dans la carrière auprès de Gérard Collomb à Lyon, décrochant rapidement une place aux régionales.

    « Une rente de situation digne d’un bénéfice ecclésiastique d’ancien régime »

    Combien sont-ils ? Où les trouve-t-on ?

    Il est difficile d’établir un comptage précis, tant les apparatchiks, conscients du rejet qu’ils suscitent, maquillent leur CV à l’envi. Tel député se présente comme chef d’entreprise au motif qu’il a opportunément créé une fantomatique boîte de conseil deux mois avant les législatives. Tel sénateur s’affiche comme responsable d’un centre de formation, omettant de préciser que cette structure est placée dans le giron de son parti… Selon les études les plus fiables, le poids des anciens collaborateurs politiques varie entre un quart et un tiers parmi les grands élus. La décentralisation a été, pour ce personnel-là, un formidable accélérateur de carrière. Les collaborateurs d’élus locaux sont environ 8 000 selon l’ancien député PS René Dosière, contre 3 500 assistants parlementaires au total. Un certain nombre d’entre eux occupe un poste dans une collectivité et un mandat dans une autre. Un cumul aussi méconnu que répandu. Une rente de situation digne d’un bénéfice ecclésiastique d’ancien régime selon le ministre de la Cohésion des Territoires Jacques Mézard qui a tenté de s’attaquer, en vain, à ce système lorsqu’il représentait le Cantal au Sénat.

    Jean-Baptiste Forray, La République des apparatchiks - Enquête sur les meilleurs agents du système, Fayard, 338 pages, 18 €.

     

    Quels pouvoirs sont entre leurs mains ?

    Ces pouvoirs sont limités. Le succès des professionnels de la profession est en effet l’un des signes de la perte d’influence de la politique elle-même. Les apparatchiks occupent le terrain, car les véritables élites désertent l’arène électorale. Les bêtes de concours, comme le président d’Auvergne/Rhône-Alpes Laurent Wauquiez, normalien et major de l’ENA, se font plus rares. Pour les énarques des grands corps, il n'y a rien à gagner en politique, ou si peu, comparé aux ponts d'or que leur dressent les mastodontes du CAC 40 et de la banque. Au regard des élites économiques, la classe politique s'est prolétarisée. Les différences de revenus entre un ministre et un top-manager atteignent un ratio de un à dix. Emmanuel Macron, qui a rejoint les antichambres de l’Elysée après avoir fait fortune chez Rotschild, constitue une exception.

    Quel est l’avenir des apparatchiks dans le « nouveau monde » politique promis par Emmanuel Macron ?

    Emmanuel Macron a compris que le système dans lequel l’on passait du national au local, du local au national en fonction des alternances, on l’on faisait des plans de carrière à cinq ou dix ans en pariant parfois cyniquement sur l’échec de son camp, était à bout de souffle. Il a mis fin à une profession réglementée. Emmanuel Macron a ubérisé la classe politique. Avec lui, une écharpe de parlementaire n’est plus un sceptre dont on hérite. Exit, la politique à la Hibernatus. Théâtre d’une guerre des mondes politiques, les législatives ont été fatales à bien des professionnels de la profession, comme la socialiste Magali Alexandre. Parachutée dans l’Allier, cette ancienne assistante parlementaire de Jean-Jacques Urvoas et conseillère de Manuel Valls n’a pas dépassé les 7 % des suffrages.

    « Le nouveau Président de la République a bâti son sacre grâce au concours de purs professionnels de la politique »

    Les apparatchiks sont-ils en train de se recycler à LREM ?

    C’est tout le paradoxe de la Macronie. Le nouveau Président de la République a bâti son sacre grâce au concours de purs professionnels de la politique comme le secrétaire d’Etat chargé des Relations avec le Parlement Christophe Castaner. Il a aussi fait élire au Palais-Bourbon une série d’anciens collaborateurs d’élus, à l’instar de la députée de l’Allier, Valérie Thomas [plutôt du Puy de Dôme, Ndlr}.

    LREM est-elle en train de fabriquer ses propres apparatchiks ?

    Ce risque existe, car la formation macroniste, au moment de sélectionner ses candidats aux législatives, a plus fait dans le centralisme démocratique que dans l’approche collaborative… Sélectionnés selon des critères opaques, les postulants devaient ensuite ânonner des fiches envoyées depuis le siège du parti. Cela n’a pas toujours été une mince affaire… Entre caporalisme et amateurisme, les députés de la Macron Academy n’ont pas encore fait leurs preuves dans l’hémicycle. Le nouveau monde tarde à éclore !

    Propos recueillis par Jean-Marc Laurent - jean-marc.laurent@centrefrance.com

    Apparatchiks :  Les professionnels de la profession politique !
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    L'HUMAIN AVANT TOUT Canton de Pont-du-Château - dans Edito Politique
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    22 août 2017 2 22 /08 /août /2017 17:12
    La nouvelle édition spéciale de l’Humanité du 23 août 1927. À la suite de ce tirage, de multiples initiatives seront rapidement prises pour « honorer la mémoire des deux martyrs ».

    La nouvelle édition spéciale de l’Humanité du 23 août 1927. À la suite de ce tirage, de multiples initiatives seront rapidement prises pour « honorer la mémoire des deux martyrs ».

    Alexandre Courban Historien - Mardi, 22 Août, 2017 – L'Humanité

     

    Condamnés à mort, les deux militants ouvriers, immigrés italiens, qui ont reçu le soutien d’une campagne à laquelle participe l’Humanité, seront électrocutés le 23 août 1927.

     

    Dès son édition du lundi 19 septembre 1921, l’Humanité dénonce « un crime de la justice américaine ». Le lecteur du quotidien communiste apprend que « la condamnation à mort sur la chaise électrique de Sacco et Vanzetti » vient d’être confirmée. Et le journal de préciser : « Ils sont accusés d’avoir prémédité et commis le meurtre de Frederic Parmenter et d’Alessandro Berardelli et d’avoir commis un vol de 15 000 dollars. » Le rédacteur anonyme de cet article publié en page intérieure invite à la mobilisation : « Si une protestation formidable de la classe ouvrière ne s’élève pas d’ici là pour flétrir ce crime, nos deux camarades italiens seront exécutés. » Le surlendemain, on apprend qu’une réunion est organisée à la Grange-aux-Belles « pour l’action à mener en faveur des camarades Sacco et Vanzetti ». À la fin de la semaine, Victor Méric signe en première page un papier dans lequel il appelle communistes et anarchistes à faire cause commune en faveur des « deux malheureux ». Cet article inaugure la campagne décidée par le comité directeur du Parti communiste, comme le précisera ultérieurement son secrétaire intérimaire, Fernand Loriot.

    Quinze jours plus tard, l’Humanité inaugure une rubrique spécialement consacrée au mouvement d’opinion en faveur des deux militants anarchistes italiens. Réunions et meetings se multiplient. Le Secours rouge international (SRI) – lié à l’Internationale communiste – s’emploie à battre le rappel dès sa création en 1922. Plusieurs recours des avocats américains des deux militants condamnés à mort sont rejetés. Comme le souligne le quotidien communiste dans son édition du 24 octobre 1926, « seule la grâce du gouverneur de l’État du Massachusetts peut désormais leur éviter la chaise électrique ».

    Des manifestations organisées à travers le monde

    Les manifestations se multiplient tout au long de l’année 1927. La tension est de plus en plus palpable, alors que la décision est sur le point d’être prise. Chaque jour (ou presque) à compter du 21 juillet, le quotidien fondé par Jean Jaurès rend compte de l’avancement de la situation.

    Une première édition spéciale est mise sous presse dans la nuit du mercredi 10 août au jeudi 11 août 1927. Une dépêche en provenance de Boston annonce que « toute décision concernant l’exécution est ajournée jusqu’au 22 août ». L’Humanité revendique le lendemain avoir été, « avant tous les autres, le premier de tous les journaux » à avoir annoncé la décision du gouverneur Fuller. Et d’ajouter : « C’était la ruée de la foule sur les boulevards, aux Halles, dans tous les quartiers, sur nos camelots, portant des milliers d’Humanité, que Paris ouvrier s’arrachait. » On peut lire plus loin : « Et les bourgeois eux-mêmes, qui veulent savoir, avec une grimace, achètent, pour une fois, l’Humanité. Mais chez eux, c’est curiosité, besoin d’informations que nous sommes seuls à donner, et ils ne participent guère à l’allégresse populaire. »

    Dans les jours qui suivent la parution de cette édition spéciale, l’Humanité rend compte de la multiplication des actions pour « arracher Sacco et Vanzetti à la chaise électrique ». Des photographies sont publiées, témoignant des multiples manifestations organisées à travers le monde. Un rassemblement est convoqué au Pré-Saint-Gervais le dimanche 21 août 1927. Malgré une « pluie battante », la foule est au rendez-vous. On espère encore la grâce du président des États-Unis, Calvin Coolidge, après le rejet des divers recours juridiques.

    Dans la nuit du dimanche 22 août au lundi 23 août, une nouvelle édition spéciale de l’Humanité est imprimée. « Électrocutés ! Le prolétariat les vengera ! » La dépêche de Boston annonçant leur exécution est tombée à 5 h 30, heure française. Une heure plus tard, l’édition spéciale de l’Humanité est en vente, non seulement à Paris, mais aussi en banlieue parisienne et même au-delà. Des exemplaires sont expédiés par le train jusqu’à Lille pour être vendus à la criée. Au total, le tirage de cette édition funeste s’élève officiellement à 192 000 exemplaires.

    D’après l’Humanité, de multiples initiatives sont rapidement prises pour « honorer la mémoire de deux martyrs », à l’image du conseil municipal de Clichy, qui décide de donner le nom de Nicola Sacco et Bartolomeo Vanzetti à l’une des places de la ville, ou encore de la municipalité de Bezons, qui donnera leur nom à l’un des parcs de la ville, où sera organisée la première édition de la Fête de l’Humanité, en marge du premier congrès des comités de défense de l’Humanité.

     

    Morts pour raisons politiques. En 1919 et 1920, deux braquages ont lieu dans le Massachusetts afin de subtiliser la paie des ouvriers de fabriques de chaussures. Le dernier braquage fait deux morts : Frederic Parmenter, caissier de la manufacture, et son garde du corps, Alessandro Berardelli. Les soupçons de la police se portent sur les anarchistes italiens. Ils sont condamnés à l’issue de procès téléguidés par des considérations politiques. En 1925, un bandit dénommé Celestino Madeiros, déjà condamné à mort dans une autre affaire, avoue de sa prison être l’auteur, mais le juge refuse de rouvrir le dossier.

     

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    21 août 2017 1 21 /08 /août /2017 22:51
    Pas tous ! Pas tous ! L'automne sera chaud !

    Pas tous ! Pas tous ! L'automne sera chaud !

    Lundi, 21 Août, 2017 – L'Humanité - L'éditorial de Maud Vergnol.


     

    Une rentrée scolaire reportée faute d’employés à La Réunion. Plusieurs dizaines de milliers de retraités d’Île-de-France privés de ressources et priés de se débrouiller pour survivre, faute d’effectifs pour traiter leurs dossiers… Bienvenue chez les plumés de l’austérité de la 6e puissance mondiale !

    Le dernier coup bas du gouvernement, avec la suppression en catimini et sans préavis des contrats aidés, illustre la croisade libérale contre les services publics que le gouvernement compte mener au pas de charge. Certes, ces emplois ultraprécaires, sparadraps sociaux et variables d’ajustement des courbes du chômage, sont loin d’être la panacée. Mais, faute de mieux, les petites entreprises et les associations pouvaient jusqu’ici s’en servir pour embaucher des salariés en difficulté d’insertion, notamment des personnes handicapées. Des milliers d’entre elles vont apprendre en rentrant de vacances qu’elles resteront sur le carreau. Quant aux associations, qui pallient au quotidien la désertion des services publics, et qui résistaient tant bien que mal aux baisses récurrentes de subventions des collectivités, elles devront renoncer à de nombreux projets pourtant vitaux pour la vie des territoires.

    Prisonnière volontaire dans la toile de l’austérité, la droite macronienne nous refait le coup des fonctionnaires inutiles et trop coûteux pour continuer de satisfaire les assoiffés du dividende. Pourtant, les conséquences de cette suppression des contrats aidés sans aucune anticipation ni solution alternative font la démonstration du besoin d’emplois publics pérennes et de qualité.

    Depuis trois mois, le PDG de la République, escroc de la nouveauté, produit d’une crise démocratique loin d’être éteinte, a finalement recyclé toutes les recettes de ce que l’économiste états-unien John Quiggin appelle « l’économie zombie ». « Même après que les faits semblent les avoir tuées, ces idées continuent de revenir. »

    Maud Vergnol - Chef de la rubrique Politique


     

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    20 août 2017 7 20 /08 /août /2017 21:48
    PHOTO JAVIER SORIANO/AFP

    PHOTO JAVIER SORIANO/AFP

    Gaël De Santis -Lundi, 21 Août, 2017 -L'Humanité

    La maire de Barcelone a choisi de ne pas ­répondre aux attentats de jeudi dans sa ville et vendredi à Cambrils par une surenchère sécuritaire.

    Dans une première déclaration, jeudi, elle a rappelé que Barcelone était une « ville de paix » et que « la terreur ne parviendra pas à ce que nous cessions d’être ce que nous sommes : une ville ouverte au monde, courageuse et solidaire ». Barcelone, qui a accueilli en début d’année une manifestation énorme en faveur de l’accueil des réfugiés, est « fière de sa diversité », a-t-elle fait valoir. Dans le week-end, un grand nombre d’articles ont été publiés s’étonnant de l’absence de bornes anti-intrusion. « Les auteurs de l’attentat voulaient tuer et, s’ils n’avaient pas pu entrer par les Ramblas, ils l’auraient fait par un autre endroit, nous ne pouvons pas emplir une ville comme Barcelone de ­barrières », a-t-elle déclaré. Ada Colau a été élue l’an dernier maire de la capitale catalane grâce à une coalition comprenant Podemos, les communistes et d’autres formations de gauche.

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    19 août 2017 6 19 /08 /août /2017 22:36
    à New York, des centaines de manifestants protestent contre l’extrême droite. Spencer Platt/Getty Images/AFP

    à New York, des centaines de manifestants protestent contre l’extrême droite. Spencer Platt/Getty Images/AFP

    Bruno Odent - Jeudi, 17 Août, 2017 - L'Humanité

     

    Les « indulgences » revendiquées du président pour les exactions de l’ultradroite à Charlottesville trahissent la collusion avec sa ligne national-libérale.

    Chassez le naturel, il revient au galop. Après avoir brièvement donné le sentiment qu’il condamnait les exactions de l’ultradroite à Charlottesville en Virginie, Donald Trump est revenu à la charge dans la nuit de mardi à mercredi en renvoyant dos à dos les initiateurs du rassemblement de la droite nationaliste blanche et les contre-manifestants antifascistes. « Je pense que les deux côtés sont condamnables », a-t-il martelé lors d’une conférence de presse à la Trump Tower, le gratte-ciel du milliardaire de l’immobilier à Manhattan. Il y avait « un groupe mauvais d’un côté » et de l’autre « un groupe très violent », s’est-il justifié, ajoutant dans la rhétorique populiste dont il est coutumier : « Personne ne veut voir cela. Moi, je vous le dis maintenant. »

    Pis, le locataire de la Maison-Blanche, arguant qu’il avait suffisamment condamné par ailleurs « les néonazis et différents groupes », s’est payé le luxe de défendre les manifestants. Le rassemblement était destiné à protester contre une décision de la municipalité, qui s’est prononcée pour que soit débaptisée une place portant le nom du général Lee, un des leaders les plus notoires du Sud confédéré esclavagiste. « Il y avait des gens très bien » dans le cortège, a lancé Trump, qui n’a pas hésité à rallier ouvertement la position des manifestants en se demandant sur un ton faussement naïf : « Cette semaine on s’en prend à Robert E. Lee, demain pourquoi pas à George Washington ? »

    « Il faut s’opposer d’urgence sur tous les fronts »

    D’aucuns invoquent une fois de plus un « dérapage » ou déplorent « le caractère imprévisible » du président comme pour minimiser les conséquences de son comportement sur les équilibres d’une société qui, in fine, ne s’en laisserait pas compter. Pourtant, l’ampleur du rassemblement de Charlottesville devrait constituer une alerte. Tant il illustre la montée en puissance de l’extrême droite. Si les groupuscules néonazis, du Ku Klux Klan et d’autres défenseurs intégristes du drapeau confédéré y figurent en bonne place, la droite ultra a percé bien au-delà de ces organisations, héritières directes des « vieux démons » de l’histoire des États-Unis. De nouvelles mouvances, beaucoup plus larges et donc redoutables, apparaissent. Elles surfent sur « la marée montante d’un racisme trumpiste », souligne Spencer Sunshine, chercheur, spécialiste de l’extrême droite au sein de l’organisation Political Research Associates. Ces groupes qui s’affichent plutôt en costard-cravate qu’avec les cagoules du KKK ou en brandissant des svastikas nazies compteraient désormais, selon lui, des dizaines de milliers de membres et des centaines de milliers de sympathisants sur Internet.

    La collusion avec le nationalisme de Donald Trump est d’autant plus forte que ces milieux fascisants sont très présents dans l’entourage immédiat du président. Steve Bannon, son ex-directeur de campagne, devenu chef stratège à la Maison-Blanche, est l’un des grands animateurs de ce mouvement alt-right (pour alternative de droite). Il dirigeait le site d’information Breitbar sur le Net, devenu une « véritable plate-forme » de l’extrême droite. Ex-cadre dirigeant de Goldman Sachs, la célèbre banque d’affaires championne de Wall Street, omniprésente dans le cabinet Trump, il est aussi l’un des stratèges du national-libéralisme, alliant à un forcing pour déréguler la finance une offensive autoritaire pour museler les syndicats.

    Les surenchères trumpistes nourrissent certes des états d’âme du côté de la Silicon Valley ou chez quelques patrons, comme le PDG du groupe pharmaceutique Merck, qui ont décidé de quitter le navire des conseillers économiques du président. Mais ces aversions au sommet ne paraissent pas en mesure, pour l’heure, d’enrayer la capacité de séduction de l’oligarque sur les milieux d’affaires. Un autre degré de résistance est nécessaire pour stopper la machine nationaliste, dont on commence à mesurer, au même moment, les dangers sur le front extérieur pour la paix mondiale,

    « Il faut s’opposer d’urgence sur tous les fronts », prévient Jeremy Johnson, militant du mouvement Black Lives Matter (La vie des Noirs est importante), omniprésent dans la contre-manifestation de Charlottesville. Et de passer en revue la défense des droits civiques élémentaires, celle des acquis sociaux, jusqu’aux mobilisations antiguerre, « si l’on entend vraiment, précise-t-il, réduire ce terrible danger pour le pays et pour l’humanité ».

    Ses amis européens Lors d’une réunion à Coblence, fin janvier, les partis européens proches du FN se réjouissaient de la victoire de leur champion aux États-Unis, Donald Trump. Celui-ci leur rend la pareille. Breitbart News, le site pro-Trump longtemps dirigé par le chef stratège du président des États-Unis, Steve Bannon, publie régulièrement une chronique de Geert Wilders. Par ailleurs, Donald Trump a confié à son voisin Guido Lombardi le soin d’assurer sa communication sur les réseaux sociaux l’an dernier. Celui-ci est italien et homme de référence de la Ligue du Nord à New York. En janvier dernier, c’est lui qui a fait entrer Marine Le Pen à la Trump Tower.

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    17 août 2017 4 17 /08 /août /2017 22:05
    Photo Josep Lago/AFP

    Photo Josep Lago/AFP

    avec afp  - Jeudi, 17 Août, 2017 - Humanite.fr

     

    Treize personnes ont été tuées et plus de 50 blessées quand une camionnette a foncé dans la foule à Barcelone, deuxième ville d'Espagne. Le groupe jihadiste État islamique (EI) a revendiqué l'attentat. [Quand les marchands d'armes, notamment les "champions français", les fauteurs de guerre, en Lybie, en Syrie, en Irak, au Mali et ailleurs, notamment les gouvernements français, se regarderont-ils dans la glace pour enfin se dire : QU'AI-JE FAIT ? Ndlr]

    Une source policière a indiqué qu'un suspect s'était retranché dans un bar de la ville et deux personnes au moins étaient recherchées, un peu plus d'une heure après que le véhicule a foncé dans la foule sur les Ramblas. Cette attaque à l'aide d'une voiture ou d'un camion comme arme de terreur renvoie à un mode opératoire déjà utilisé lors d'attentats imputés ou revendiqués par le groupe État islamique à Nice, Berlin ou Londres.

    Les Ramblas, promenade piétonne en son centre, est l'avenue la plus célèbre de Barcelone et attire de très nombreux touristes espagnols et étrangers. Au moins treize personnes ont été tuées et une cinquantaine d'autres blessées lorsque le conducteur a foncé dans la foule, selon une source des services de secours de Barcelone, qui a requis l'anonymat. La zone a immédiatement été fermée par un cordon de sécurité et cinq ambulances et une vingtaine de véhicules de police se trouvaient sur place, a constaté le correspondant de l'AFP.

    Des agents repoussaient la foule au delà de la grande place de Catalunya, en criant "attaque terroriste". "Tout à coup, j'ai entendu un bruit de collision et toute la rue s'est mise à courir en criant", a raconté un témoin, Amer Anwar, à la chaîne de télévision Sky News. "Il y a eu comme une mini-bousculade", a renchéri Ethan Spibey, un vacancier, sur la même chaîne.

    Des blessés ont été emmenés sur des civières vers un grand magasin de la chaîne Corte Ingles, apparemment pour recevoir les premiers soins, a indiqué le correspondant de l'AFP sur place. Des policiers demandaient aux commerçants à proximité de la collision de laisser entrer les passants et de baisser les rideaux derrière eux. Les stations de métro et de chemin de fer ont été fermées, ont annoncé sur Twitter les services des urgences de la ville.

    L'Espagne, troisième destination touristique au monde, a été pour l'heure épargnée par les attentats du groupe État islamique ayant touché d'autres capitales européennes, telles Londres, Paris, Bruxelles, Berlin.

    Mais c'est à Madrid qu'avaient eu lieu les attentats islamistes les plus meurtriers jamais commis en Europe: le 11 mars 2004, des bombes avaient explosé dans des trains, faisant 191 morts.

     

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    L'HUMAIN AVANT TOUT Canton de Pont-du-Château - dans International Politique
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    15 août 2017 2 15 /08 /août /2017 21:22
    L'annonce de l'annulation soudaine et immédiate des 46,5 millions d'euros de crédit dédiés à la politique de la ville fait réagir nombre d'élus locaux. (Photo AFP)

    L'annonce de l'annulation soudaine et immédiate des 46,5 millions d'euros de crédit dédiés à la politique de la ville fait réagir nombre d'élus locaux. (Photo AFP)

    Vendredi, 11 Août, 2017 - L'Humanité

     

    Cinquante maires sont les premiers signataires d'une lettre ouverte adressée à Emmanuel Macron dans les pages de l'Humanité. [Nous aurions aimé y trouver la signature du Maire de Lempdes, mais peut-être qu'il n'est pas trop tard ?] Ndlr]

     

    Monsieur le président de la République,

     

    Élus communaux et intercommunaux, nous sommes stupéfaits et atterrés par l’annonce de l’annulation des 46,5 millions d’euros de crédits du programme 147 du budget 2017 de l’État non encore engagés au 1er juillet, destinés aux programmes d’actions des associations intervenant, dans le cadre des « contrats de ville », en faveur des populations les plus fragiles du pays résidant dans les quartiers prioritaires de la politique de la ville (QPV).

    Ces actions concourent à rétablir l’égalité républicaine par la fraternité solidaire de la nation, s’appuyant sur une stratégie de « cohésion des territoires » à laquelle vous avez choisi de dédier un ministère. Elles se déclinent en programmes vers l’économie et l’emploi, la formation, la lutte contre l’illettrisme, l’éducation scolaire et des temps libres, l’accès aux sports et à la culture, la solidarité, la prévention sanitaire et la santé, le vivre-ensemble dans la cité, les mobilités, la vie sociale de l’habitat, la prévention de la délinquance et des radicalisations, l’accès à la justice et au droit, l’aide aux victimes, la citoyenneté, notamment celle des conseils citoyens, et la démocratie de proximité.

    En plein milieu d’exercice budgétaire, les conséquences du décret 2017-1182 du 20 juillet du ministre de l’Action et des Comptes publics, conduisant à la perte de 11 % des crédits découlant de l’engagement contractuel de l’État, peuvent être catastrophiques pour la survie des associations qui garantissent la cohésion sociale, pour les bénéficiaires de leurs actions, et plus globalement pour les 5 millions d’habitants des QPV, ainsi que, par voie de conséquence, pour les populations des territoires urbains qui les abritent.

    Elles risquent en outre d’entraîner, dans certains territoires, un désengagement de collectivités cosignataires des « contrats de ville » qui accroîtra le danger de rupture grave du climat urbain.

    Nous sommes d’autant plus préoccupés que, outre le programme 147, le même décret annule dangereusement les crédits de nombre d’autres missions de l’État indispensables à la prévention de la fracture sociale : l’embauche dans les petites et moyennes entreprises (– 80 millions d’euros), l’intégration et l’accès à la nationalité française (– 40,5 millions d’euros), la police nationale, dont les réservistes volontaires (– 110 millions d’euros), les concours financiers aux communes, dont la « dotation politique de la ville » destinée à soutenir les villes pauvres abritant des populations pauvres (– 209 millions d’euros), l’amélioration de l’habitat (– 130,5 millions d’euros), l’accès au droit et à la justice (– 10 millions), la protection judiciaire de la jeunesse (– 16,8 millions d’euros), l’égalité entre les femmes et les hommes (– 7,5 millions d’euros), la prévention, la sécurité sanitaire et l’offre de soins (– 24,5 millions d’euros), les politiques sanitaires, sociales, du sport, de la jeunesse et de la vie associative (– 69,7 millions d’euros), les services de transport (– 194,7 millions d’euros), la démocratisation de la culture (– 39 millions d’euros).

    En cette année 2017, où l’État a chargé le commissariat général à l’Égalité des territoires (CGET) de célébrer le 40e anniversaire de la politique de la ville, nous tenons à vous rappeler que, la seule année, 2005, en quatre décennies où les quartiers populaires ont eu à subir pareil désengagement de la puissance publique, a été celle qui les a vus s’enflammer et connaître les violences urbaines sans précédent qui demeurent dans les mémoires.

    Nous vous demandons donc solennellement de faire revenir dans l’urgence le gouvernement sur sa décision d’annulation de ces crédits indispensables à l’équilibre républicain des territoires.

    Nous vous prions d’agréer, Monsieur le président de la République, l’expression de notre haute considération.

     

    Les signataires :

    Gérard Allard, maire de Rezé, Marie-Hélène Aimable, maire de Bagneux, Catherine Arenou, maire de Chanteloup-les-Vignes, François Asensi, maire de Tremblay-en-France, Françoise Baud, maire de Valenton, Patrice Bessac, maire de Montreuil, Jean-Pierre Bosino, sénateur maire de Montataire, Philippe Bouyssou, maire d’Ivry-sur-Seine, Patrick Braouezec, conseiller municipal de Saint-Denis, Damien Carême, maire de Grande-Synthe, Alain Cazabonne, maire de Talence, Gérard Cosme, maire du Pré-Saint-Gervais, Meriem Derkaoui, maire d’Aubervilliers, Patrick Douet, maire de Bonneuil-sur-Marne, Driss Ettazaoui, conseiller municipal d’Évreux, Patricia Fernandez-Pédinielli, maire de Port-de-Bouc, Michel Fourcade, maire de Pierrefitte-sur-Seine, Patrick Jarry, maire de Nanterre, Jean-Claude Kennedy, maire de Vitry-sur-Seine, Bertrand Kern, maire de Pantin, André Laignel, maire d’Issoudun, Patrice Leclerc, maire de Gennevilliers, Gilles Leproust, maire d’Allonnes, Jean-Michel Longueval, maire de Bron, Françoise Marhuenda, maire des Ulis, J ean-Louis Marsac, maire de Villiers-le-Bel, Christian Métairie, maire d’Arcueil, André Molino, maire de Septèmes-les-Vallons, Jean-Marc Nicolle, maire du Kremlin-Bicêtre, Michèle Picard, maire de Vénissieux, Marie-Line Pichery, maire de Savigny-le-Temple, Gilles Poux, maire de La Courneuve, Bertrand Pasciuto, maire de Cournon-d’Auvergne, François Pupponi, député maire de Sarcelles , Marjolaine Rauze, maire de Morsang-sur-Orge, Philippe Rio, maire de Grigny, Clément Rossignol-Puech, maire de Bègles, Christophe Rouillon, maire de Coulaines, Laurent Russier, maire de Saint-Denis, Nicolas Sansu, maire de Vierzon, Renzo Sulli, maire d’Échirolles, Azzédine Taïbi, maire de Stains , Rodolphe Thomas, maire d’Hérouville-Saint-Clair, Frédéric Vigouroux, maire de Miramas, Jean-Claude Villemain, maire de Creil, Marc Vuillemot, maire de La Seyne-sur-Mer, Gérard Weyn, maire de Villers-Saint-Paul.

     

     

     

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    L'HUMAIN AVANT TOUT Canton de Pont-du-Château - dans Politique Société
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    13 août 2017 7 13 /08 /août /2017 21:06
    Des drapeaux nazis, ouvertement brandis samedi en Virginie : une image qui a fait le tour du monde via les réseaux sociaux.

    Des drapeaux nazis, ouvertement brandis samedi en Virginie : une image qui a fait le tour du monde via les réseaux sociaux.

    Laurence Mauriaucourt - Dimanche, 13 Août, 2017 – Humanite.fr

     

    Des violences entre des partisans de l'extrême droite américaine et des contre-manifestants ont causé la mort d'une, voire trois personnes et fait une vingtaine de blessés samedi à Charlottesville en Virginie. La réaction du président Donald Trump qui a renvoyé les deux camps dos à dos, a suscité de vives réactions, dont celle de l’ex-président Obama. Retour sur les faits.

    L’information a ajouté l'indignation samedi : une femme de 32 ans a été tuée lorsqu'une voiture a foncé, volontairement selon des témoins, dans une foule de contre-manifestants venus s'opposer à un rassemblement unitaire de la droite radicale américaine: néo-nazis, suprémacistes blancs, Ku Klux Klan (KKK) jusqu'à la droite alternative ou Alt Right, dont une partie au moins avait soutenu Donald Trump à l'élection présidentielle.

    Ce sont même trois morts qui sont dénombrés. "Nous avons des gens qui sont venus ici pour provoquer la confusion, le chaos et le trouble, lesquels ont provoqué trois décès", a en effet déclaré Maurice Jones, directeur municipal de Charlottesville, au cours d'une conférence de presse.

    Des affrontements entre manifestants des deux camps s'étaient multipliés avant le rassemblement de Charlottesville, finalement annulé mais trop tard par les autorités de cette petite ville historique de l'est des Etats-Unis.

    Donald Trump refuse de condamner explicitement les mouvements d’extrême droite

    Le président américain Donald Trump a certes condamné les violences de Charlottesville, mais sans se prononcer sur la responsabilité de l'un ou l'autre des camps en présence. "Nous condamnons dans les termes les plus forts possibles cette énorme démonstration de haine, de sectarisme et de violence venant de diverses parties", a-t-il déclaré depuis son golf de Bedminster (New Jersey), où il passe ses vacances.

    En semblant renvoyer dos à dos les deux camps, le président américain a provoqué l'indignation chez les Démocrates mais aussi un malaise chez les Républicains, son propre parti. "La haine et la division doivent cesser, et elles doivent cesser immédiatement", a lancé le président. Interpellé par des journalistes, il a refusé de condamner spécifiquement les mouvements d'extrême droite.

    La démocrate Hillary Clinton, battue par Donald  Trump à l'élection présidentielle de 2016, l'a critiqué, sans le nommer. "Chaque minute où nous permettons à cela de se poursuivre par un encouragement tacite ou par inaction est une honte et un danger pour nos valeurs", a-t-elle tweeté.

    Le sénateur républicain de Floride, Marco Rubio, est lui aussi intervenu sur Twitter. "Très important pour la nation d'entendre le président décrire les événements de Charlottesville pour ce qu'ils sont, une attaque terroriste menée par des suprémacistes blancs".

    Barak Obama cite Mandela

    L'ex-président Barack Obama est sorti de sa réserve en citant Nelson Mandela: "Personne ne naît en haïssant une autre personne à cause de la couleur de sa peau, ou de ses origines, ou de sa religion".

    Dans la soirée, le ministre de la Justice Jeff Sessions a dénoncé pour sa part "l'intolérance raciale et la haine". Les violences de Charlottesville "trahissent nos valeurs fondamentales et ne peuvent être tolérées", a-t-il dit.

    Le FBI, la police fédérale, a d’abord annoncé l'ouverture d'une enquête sur les circonstances dans lesquelles la voiture a foncé sur la foule, tuant la jeune femme et blessant 19 autres personnes. Le conducteur du véhicule a été placé en garde à vue et la police traite les faits comme un "homicide criminel", a déclaré le chef de la police de Charlottesville, Al Thomas. Selon la chaîne de télévision CNN, le suspect, James Alex Fields Jr, 20 ans, originaire de l'Ohio, a été inculpé de meurtre, de blessures et de délit de fuite. Trois autres personnes ont été arrêtées et inculpées.

    Témoignages

    La vidéo montrant une voiture de couleur sombre percutant un autre véhicule par l'arrière, qui lui-même rentre dans une troisième voiture devant lui, a fait le tour du monde. La voiture responsable de la collision repart alors vivement en marche arrière au milieu des manifestants paniqués.

    "On marchait dans la rue quand une voiture, une berline noire ou grise, nous a foncé dessus, elle a percuté tout le monde. Puis elle a reculé et nous a encore heurtés", a déclaré un témoin à l'AFP.

    "Une fille au sol a été mutilée. C'était volontaire, ils ont fait exprès de faire marche arrière", a raconté un autre homme qui avait assisté à la scène.

    L'annonce de ce rassemblement de mouvements d'extrême droite, qui voulaient dénoncer le projet de démontage de la statue d'un général sudiste et favorable à l'esclavage de la guerre de Sécession, suscitait les plus grandes inquiétudes.

    Il se présentait comme l'un des plus importants de cette mouvance politique depuis au moins une décennie avec des centaines de participants, selon les organisations antiracistes.

    Dès le début de la journée, de nombreux manifestants arboraient des armes semi-automatiques, comme le permet la loi en Virginie. Et devant de premières échauffourées très violentes, les autorités locales décrétaient l'état d'urgence et l'interdiction du rassemblement.

    Drapeaux confédérés et salut nazi

    De nombreux partisans de l'extrême droite brandissaient des drapeaux confédérés, que beaucoup d'Américains savent être un symbole de racisme, et certains faisaient le salut nazi.

    Les militants anti-racistes agitaient des drapeaux du mouvement Black Lives Matter (BLM), qui proteste régulièrement contre les décès de Noirs victimes d'usage excessif de la force par la police. Ils scandaient des slogans comme "Nous disons non à la peur raciste" ou "Pas de nazis, pas de KKK, pas de fascistes aux USA".

    Nazis, go home !

    La police a fait usage de gaz lacrymogènes, alors qu'un des contre-manifestants, battu à coups de bâton et de barres en métal, était abandonné baignant dans son sang.

    En fin d'après-midi, le centre de Charlottesville était pratiquement désert à part une forte présence des forces de sécurité.

    Dans la soirée, le gouverneur de Virginie a attaqué les groupes d'extrême droite. "J'ai un message pour tous les suprémacistes blancs et les nazis qui sont venus aujourd'hui à Charlottesville. Notre message est simple et clair. Rentrez chez vous. Vous n'êtes pas les bienvenus dans cette belle communauté", a-t-il dit.

    Si les autorités locales ont finalement fait état d’un bilan de trois morts et 35 blessés, c’est qu’elles y incluent le décès de deux policiers morts dans la chute de leur hélicoptère près de Charlottesville sans qu'un lien explicite avec les affrontements ne soit formellement établi.

    Le gouverneur de Virginie Terry McAuliffe en était venu à déclarer l'état d'urgence en raison de la violence des affrontements qui opposaient des centaines de manifestants et de contre-manifestants avant même le début du rassemblement d'extrême droite. Intitulé "Unite the Right Rally", il réunissait des groupes de la droite radicale et identitaire, dont le Ku Klux Klan et des néonazis.

    Ces groupes entendaient dénoncer le projet de Charlottesville de déboulonner dans un jardin municipal la statue du Général Lee, un gradé sudiste fervent pro-esclavagiste.

    Des centaines de manifestants et de contre-manifestants étaient arrivés dans la matinée à Charlottesville, une ville de l'est de Etats-Unis. Des échauffourées entre les deux camps ont rapidement éclaté, malgré le déploiement de la police anti-émeutes et de la garde nationale.

    Des événements prévisibles... 

    Le 8 juillet dernier, quelques dizaines de membres encapuchonnés du Ku Klux Klan s'étaient déjà rassemblés dans cette ville décrite comme paisible. Les militants antiracistes se trouvant là furent bien plus nombreux. L’extrême-droite nationaliste, sans aucun doute décomplexée et boostée depuis que Donald Trump s’est installé à la Maison Blanche est apparue davantage rassemblée ce samedi 12 août.

    Dans ce contexte, l’on mesure d’autant plus la pertinence du discours prononcé par Angela Davis, lors d’une manifestation féministe et antiraciste, dans les premiers jours après l’élection de Donald Trump.     

     

    (Avec AFP) 

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    L'HUMAIN AVANT TOUT Canton de Pont-du-Château - dans Politique Monde
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    5 août 2017 6 05 /08 /août /2017 20:44
    André Chassaigne : « Les députés de La République En Marche réalisent qu'ils sont des élus de droite »

    Vendredi [4 août 2017, Ndlr] ou mercredi prochain, les trois groupes d'opposition de l'Assemblée (France Insoumise, Nouvelle Gauche et Gauche Démocrate Républicaine) vont porter la réforme de la loi Travail devant le Conseil constitutionnel. Une attaque de la méthode Macron et d'un de ces fers de lance, et un nouvel équilibre au sein de l'hémicycle. Entretien avec André Chassaigne, député du Puy-de-Dôme et président GDR à l'Assemblée. 

    Le communiqué de presse est un peu technique. Vous pouvez nous expliquer pourquoi ce recours ? 

    La première chose, ce sont les conditions dans lesquelles les discussions ont été conduites entre l'annonce et le dépôt de l'amendement. C'était un délai très restreint qui n'a pas permis d'étudier le texte. Nous avons eu du 29 juin au 3 juillet pour lire le texte. En plus, c'était en plein congrès. On dit que les lois sont trop longues pour être votées, là, ça s'est fait en 11 jours. 

    Et puis, deuxième chose, c'est le fond. La question de la séparation des pouvoirs. Par exemple, le juge pourrait être dépassé dans les décisions prud'homales.

    La troisième chose, c'est le flou de la loi d'habilitation (loi dans laquelle le Parlement autorise le gouvernement à prendre par ordonnance des mesures qui relèvent du domaine de la loi, NDLR). Trop de flou permettra au gouvernement d'aller trop loin. Plus loin que prévu dans le texte initial. 

    André Chassaigne : « Les députés de La République En Marche réalisent qu'ils sont des élus de droite »

    C'est une attaque au cœur des promesses d'Emmanuel Macron. 

    Bien sûr. C'est la méthode Macron. Aller vite, par ordonnances. Une sorte de pouvoir de l'exécutif sur le législatif. 

    Et vous fixez un nouvel équilibre dans l'hémicycle en promettant de nouveaux recours au Conseil constitutionnel à l'avenir. 

    La démonstration qu'on peut faire ces recours sans aller chercher la droite. C'est une menace qui va peser sur le fond. Alors que si on se liait à la droite, on ne pourrait qu'attaquer la forme, comme on n'est jamais d'accord sur le fond. C'est un acte fondateur. 

    La gauche n'est pas atomisée, mais peut converger vers des combats communs. 

    Par contre, vous finissez d'atomiser le PS qui n'est clairement plus la force d'opposition. 

    Oui, mais la Nouvelle Gauche, ce sont aussi d'anciens du PS. Mais ça marque un fossé entre le Parti socialiste et le reste de la gauche. L'anti libéralisme peut enfin revenir. 

    À noter que nous sommes trois en Auvergne à avoir voté ce recours : Jean-Paul Dufrègne (député de l'Allier) et Christine Pirès-Beaune (députée du Puy-de-Dôme).

    Vous êtes l'un des anciens de cette assemblée (élu depuis 15 ans), avez-vous perçu de profonds changements depuis l'arrivée de La République En Marche ? 

    Il y a une envolée, mais on ne connaît pas l'atterrissage. C'est un groupe hyper puissant qui impose ses vues. Un groupe soumis aux propositions de Matignon et donc de l'Élysée. Il y a une volonté d'hégémonie et donc de soumission. 

    Ils cassent les codes. Comme celui de la tradition du partage des responsabilités. Toutes les vice-présidences de l'Assemblée sont de la majorité. Ça ne s'est jamais vu. Idem dans les commissions. 

    Mais je suis persuadé que cette majorité peut se fissurer. On le voit, quand on discute avec les élus de la majorité, le malaise est en train de naître. Certains mangent leur chapeau. Ils réalisent qu'ils sont des élus de droite. 

    Propos recueillis par Simon Antony

    Journaliste de La Montagne

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    L'HUMAIN AVANT TOUT Canton de Pont-du-Château - dans Politique Assemblée nationale A. Chassaigne
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