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24 juin 2017 6 24 /06 /juin /2017 22:32
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Sylvie Ducatteau - Vendredi, 23 Juin, 2017 – Humanite.fr

La CGT de l’AP-HP a anticipé la réunion du CHSCT extraordinaire consacrée aux suicides dans les hôpitaux de l’Assistance publique, vendredi 23 juin, pour dénoncer l’explosion de la souffrance au travail dans les établissements parisiens.

Les responsables des cinquante six syndicats CGT des hôpitaux de l’AP-HP ont décidé de « camper » toute la journée, devant le siège de l’Assistance publique,  avenue Victoria à Paris, où se déroule, ce vendredi, un comité d’hygiène,  de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) consacré au suicide.    En février dernier, un infirmier s’était  défenestré du 8e étage de l’hôpital européen George Pompidou, comme l’avait fait quatorze mois plus tôt,  un cardiologue, le professeur Megnien.  En mars,  un mois plus tard, le 7 mars, une ex infirmière,  s’était pendue dans son bureau de l’hôpital Cochin.  Pour chacun, le lien de leur geste fatal avec le travail faisait peu de doute. 

Depuis ces drames, les syndicats demandaient la tenue d’un CHSCT sur le sujet. La CGT y ajoutant une rencontre bilatérale avec le Directeur général, Martin Hirsch. « Non seulement nous ne voulons plus que les suicides soient un tabou dont on ne veut pas parler mais nous connaissons les causes de l’explosion de la souffrance au travail, a expliqué Rose May Rousseau, la secrétaire de la CGT de l’AP-HP. Les restructurations en cours sont certes silencieuses mais violentes et les pratiques managériales inspirées de l’entreprise sont inadaptées à l’hôpital. Le travail perd tout sens pour les soignants. ».

En clair, pour la CGT, la seule prévention des risques psycho-sociaux ne suffira pas à enrayer le phénomène des suicides. Et à affronter l’ensemble des signes de mal être au travail, la multiplication des cas de dépression, les tensions entre personnels à l’origine de violences, de harcèlement… Il n’est donc pas surprenant que l’abrogation de la réforme des 35 heures et le principe de la journée à 12 heures (L’arrêté du 1er avril 2016 sur le temps de travail et de repos à l’Assistance publique) soit la première des revendications du syndicat. «Chacun de nous a perdu huit jours de RTT, les effectifs ont progressé de seulement 0,8 % tandis que l’activité est en hausse de 2,5%. Comment voulez-vous que cela marche ? », interpelle André Guisti, membre du CHSCT central.

« Toutes les catégories de personnel sont concernées, soignants mais également personnel administratif, technique, le corps médical. Personne n’est épargné par ces conditions de travail extrêmement dégradées. Il est temps que tous refusent que certains se tuent pour le travail », insiste Valérie Froberger, également membre du CHSCT central de l’AP-HP.

Les syndicalistes ont aussi demandé l’arrêt du démantèlement des crèches du personnel et une politique d’aide à l’accès au logement. Sur ce point, les intervenant ont dénoncé la quasi impossibilité pour les agents de l’AP-HP de se loger y compris dans la première couronne parisienne compte tenu du prix des loyers et de la faiblesse des salaires. L’allongement des trajets domicile/travail, les difficultés de circulation en transport en commun à des horaires atypiques, de nuit ou le week-end, le problème de garde des enfants alimentant encore contraintes et stress.

Le suicide ne doit plus être un sujet tabou à l'EHPAD de Lempdes comme ailleurs !

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