Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
13 juin 2016 1 13 /06 /juin /2016 21:48
Prix des médicaments : la pub que les labos ne veulent pas voir !
Entretien réalisé par Alexandre Fache - Lundi, 13 Juin, 2016 -L'Humanité
 

Pour fustiger les tarifs excessifs de certains traitements, Médecins du monde lance aujourd’hui une pétition accompagnée de slogans chocs. Une campagne étrangement refusée par les grands réseaux d’affichage. De peur de froisser un secteur considéré parmi les plus gros annonceurs ?

«Avec l’immobilier et le pétrole, quel est l’un des marchés les plus rentables ? La maladie » ; « Le cancer du sein, plus il est avancé, plus il est lucratif » ; « Une épidémie de grippe en décembre, c’est le bonus de fin d’année qui tombe »… Voilà quelques-uns des slogans chocs de la campagne que lance ce lundi Médecins du monde contre le prix excessif de certains médicaments. Des affiches au fond bicolore qui invitent à signer la pétition en ligne baptisée « Le prix de la vie », remise ensuite à la ministre de la Santé. Mais ces affiches, vous ne les verrez ni dans les rues, ni dans le métro parisien. Les grands réseaux publicitaires (JCDecaux, Mediatransports, Insert) ont refusé de les diffuser.

Dr Jean-François Corty,

Dr Jean-François Corty,

Entretien avec le Dr Jean-François Corty, directeur des opérations internationales de l’association.

 

Jean-François Corty Notre objectif était de toucher le grand public et, outre la presse et la pétition sur Internet, nous souhaitions que cette campagne soit visible sur les grands réseaux d’affichage. Nous avons contacté nos partenaires habituels et, effectivement, ils ont refusé notre campagne au prétexte qu’elle était trop violente, qu’elle risquait de décrédibiliser le secteur pharmaceutique et qu’elle pouvait être mal comprise par les citoyens. En réalité, c’est parce qu’ils ne voulaient pas froisser les laboratoires. Pourtant, nous ne disons pas que ces derniers ne font pas un métier important. On veut simplement pointer les abus majeurs de certains. On est un peu dubitatif face à cette forme de censure. On ne comprend pas pourquoi cela pose problème d’attirer l’attention sur les pratiques injustifiables de certains laboratoires. Il faut qu’il y ait un débat transparent sur ces sujets, et pour l’instant, c’est impossible.

Pourquoi vous engagez-vous sur cette thématique ?

Jean-François Corty Notre réflexion a démarré avec l’arrivée des nouveaux traitements contre l’hépatite C, les antiviraux à action directe, il y a deux ans. Ces médicaments révolutionnaires (qui guérissent 90 % des patients, sans effets secondaires) avaient le potentiel de casser la dynamique de l’épidémie, en France comme dans le monde. Sauf que la première molécule mise sur le marché, le sofosbuvir (vendu sous le nom de Sovaldi, par Gilead) était facturée en France 41 000 euros la cure de douze semaines, alors que son coût de production était estimé à 100 euros. Un écart inacceptable que les autorités françaises n’ont pas suffisamment combattu, préférant limiter l’accès des malades au traitement. Cette stratégie du tri menace aujourd’hui de s’étendre à d’autres traitements, contre le cancer par exemple, et va donc concerner des populations de plus en plus importantes. Nous vivons ce qu’ont vécu des pays comme le Brésil ou l’Inde avec les premiers antirétroviraux contre le sida : l’impossibilité de soigner tout le monde à cause des tarifs.

Vous avez déjà commencé à agir contre ces rationnements ?

Jean-François Corty Oui, sur l’hépatite C, nous avons lancé en février 2015 une démarche d’opposition aux brevets auprès de l’Office européen des brevets, à Munich. On attend les résultats pour septembre ou octobre de cette année. Cette campagne en est la suite. L’idée est de porter ce débat au cœur de la campagne présidentielle. Car le prix des médicaments met en péril notre système de santé solidaire. Aujourd’hui, 30 % de Français retardent leurs soins pour des raisons financières. Quant aux dépenses de médicaments en France, elles représentent 27 milliards d’euros. Cela vaut le coup de regarder d’un peu plus près ce poste budgétaire.

Sur l’hépatite C, la ministre a promis, sous la pression des associations, un accès universel aux traitements. Où en est-on ?

Jean-François Corty C’était une très bonne nouvelle, annoncée le 25 mai lors de la journée de lutte contre les hépatites virales. Il doit y avoir une première avancée dans les prochains jours, avant que l’accès universel ne soit effectif, a priori, en septembre ou octobre. Reste le prix. Marisol Touraine a dit qu’elle voulait le renégocier. Mais pour l’heure, il est toujours de 41 000 euros…

Le gouvernement dit vouloir porter cette question du prix des médicaments au G7 santé, prévu en septembre au Japon. Vous y croyez ?

Jean-François Corty On espère qu’il s’opposera à des prix dictés uniquement par la capacité de tel ou tel État à payer. Ainsi, les tarifs n’ont rien à voir, par exemple, avec le financement de la recherche. Ils sont juste soumis à une logique de marché. Est-ce que le gouvernement s’élèvera contre ça ? À voir. Il faut, en tout cas, réfléchir à un nouveau modèle. Continuer de financer la recherche publique, mais éviter que ce qu’elle produit ne soit phagocyté par les grands labos et revendu ensuite à prix fort. Et ne pas s’interdire d’utiliser l’arme de la licence obligatoire, qui permet de contourner les brevets quand il y un problème d’accès au traitement.

La solution n’est-elle pas de créer un vrai pôle public du médicament qui irait au-delà de la recherche et se lancerait dans la production ?

Jean-François Corty Pourquoi pas. Le problème aujourd’hui, c’est que la fixation du prix des médicaments est totalement opaque. D’un côté, le Leem, le syndicat des labos pharmaceutiques, parvient à mettre ce débat sous l’éteignoir. De l’autre, le Comité économique des produits de santé (Ceps), qui est chargé de fixer les prix, reste totalement fermé et obscur. Résultat : le débat est impossible. D’où notre campagne, qui rappelle que c’est un scandale d’avoir à payer un médicament 400 fois son coût de production, 200 fois pour d’autres molécules.

Le groupe JC Decaux a peur de «choquer» le public. Nous avons tenté d’obtenir des explications de la part des trois réseaux d’affichage (JCDecaux, Mediatransports, Insert) qui ont refusé la campagne de Médecins du monde. Seul le premier nommé nous a répondu, indiquant que sa « décision » avait été « fondée sur une recommandation de l’Autorité de régulation professionnelle de la publicité » pointant certains « risques ». Lesquels ? « Les sources des chiffres cités (dans la campagne) ne sont pas mentionnées. » Et « la référence à des maladies graves, dans ce contexte, peut être perçue comme choquante par le public, notamment par les personnes souffrant de ces pathologies (exemples : “L’hépatite C, on en vit très bien”, “Chaque année en France, le cancer rapporte…”, etc.) ». Des malades qui, bien sûr, ne seront pas choqués d’être exclus du traitement pour des raisons économiques…

Repost 0
L'HUMAIN AVANT TOUT Canton de Pont-du-Château - dans Société
commenter cet article
12 juin 2016 7 12 /06 /juin /2016 23:25
La manifestation contre la loi El Khomri a rassemblé 1,2 million de personnes dans toute la France. Ici, à Strasbourg.  Photo : AFP

La manifestation contre la loi El Khomri a rassemblé 1,2 million de personnes dans toute la France. Ici, à Strasbourg. Photo : AFP

L'Humanité.fr - Samedi, 11 Juin, 2016

 

Le leader de la CGT, Philippe Martinez, prédit une mobilisation plus importante mardi à Paris contre le projet de loi El Khomri que le 31 mars, journée de manifestations qui avait rassemblé près 1,2 million personnes dans 250 villes françaises.

« Ça va être énorme », a commenté Philippe Martinez lors d'un meeting sur le site pétrochimique de Lavéra à Martigues (Bouches-du-Rhône). Á ceux qui « spéculent » sur la démobilisation, a-t-il poursuivi, « nous allons faire la démonstration le 14 juin avec une mobilisation comme nous n'en avons jamais connue depuis quatre mois ». « Nous étions 1,2 million dans toute la France. Là, ce sera pareil, avec un temps fort à Paris. Nous avons recensé en région parisienne plus de 450 cars qui vont venir sur Paris », a-t-il ajouté, même s'il est « difficile d'avoir des cars en ce moment (...) parce que le patronat est soudé ».

« Je suis tout à fait disponible pour rencontrer Myriam El Khomri »

Le leader de la CGT a redit devant la presse qu'il était « disponible » pour rencontrer la ministre du Travail Myriam El Khomri « dès ce soir ou dès demain », si « elle veut avancer » le rendez-vous fixé le 17 juin. « Elle a fixé un rendez-vous à vendredi, elle connaît mon numéro de portable. Si elle veut l'avancer, je suis tout à fait disponible ». L'entourage de la ministre avait de son côté indiqué vendredi qu'elle était prête à avancer le rendez-vous « si Philippe Martinez est prêt à lever les blocages ». « Nous irons voir la ministre, pas pour qu'elle nous dise ce qu'il faut faire, mais pour lui dire ce qui doit être fait », a répliqué samedi le patron de la CGT.

Enfin interrogé sur le déroulement de l'Euro 2016 qui a débuté vendredi à Paris par le match France-Roumanie, il a constaté que « le match d'hier s'est très bien passé ». « Le stade était plein, (...) tout le monde a pu venir ». « Faire la fête et poursuivre le mouvement social, ça n'est pas paradoxal, ça n'est pas antinomique », a-t-il affirmé.

Dans une interview au Parisien, ce samedi, le secrétaire général de la CGT rappelle les revendications de son syndicat face au gouvernement : « on demande qu’il retire les cinq articles qui font la colonne vertébrale du texte. Et qu’on rediscute. C’est-à-dire l’article 2, celui sur les plans de sauvegarde de l’emploi, notamment. Il y a aussi la question du référendum d’entreprise et celle de la médecine du travail. »

Mardi une journée de mobilisation nationale contre le projet de loi travail, avec un défilé unique à Paris de la place d'Italie aux Invalides, est organisée à l'appel de sept syndicats dont la CGT et la FSU. Des délégations de syndicats belge (FGTB), espagnols (CCOO et UGT), italien (CGIL), suisse (USS) devraient également se joindre à cette manifestation à Paris où, mardi, aucun match de l'Euro de football n'est programmé.


 

 

 

Manifestation du 14 juin contre la loi Travail : « Cela va être énorme » !
Repost 0
L'HUMAIN AVANT TOUT Canton de Pont-du-Château - dans Société
commenter cet article
6 juin 2016 1 06 /06 /juin /2016 23:13
Argumentaire d'ATTAC

Argumentaire d'ATTAC

Les organisations engagées dans l’action contre la loi El Khomri ont lancé une votation citoyenne.

 

 

CGT, FO, FSU, SOLIDAIRES, UNEF, UNL, FIDL

 

La démocratie ayant un sens pour les salarié-e-s, les jeunes, les privé-e-s d’emplois, les retraité-e-s, les organisations syndicales et de jeunesse, mobilisées depuis presque 3 mois décident d’une VOTATION CITOYENNE dans les entreprises, les administrations et les lieux d’étude.

La mobilisation puissante des salarié-e-s, jeunes, privé-e-s d’emplois et retraité-e-s s’est construite dans le pays pour combattre le projet de Loi Travail et porter l’exigence de nouveaux droits sociaux pour les salarié-e-s. Pour toute réponse le gouvernement a choisi le déni de démocratie avec l’utilisation du 49.3, puis l’autoritarisme et la répression.

Plus de 70 % de la population est opposée à ce projet de loi ainsi qu’à l’utilisation du 49.3.

Les mobilisations et le rapport de force dans l’opinion publique ont contraint le gouvernement à proposer des modifications au projet de loi, pour tenter d’en minimiser les impacts, mais le compte n’y est toujours pas pour les salariés et pour les jeunes.

Le projet demeure inacceptable, inamendable et doit être retiré.

Alors que certain-e-s parlent d’avancées, d’autres comme le Medef, jugent que le projet est vidé de son sens. Ce texte reste fidèle à son objectif de départ : Inversion de la hiérarchie des normes

(article 2). La primauté absolue donnée à l’accord d’entreprise sur la loi et les accords de branche. Cela aurait pour effet de faire voler en éclat le socle commun de protection et de garanties collectives pour tous les salarié-e-s et la mise en place d’autant de codes de travail qu’il existe d’entreprises pour imposer des normes défavorables... avec pour finalité, l’inégalité entre les salarié-e-es d’un même secteur, l’éloignement de l’objectif d’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes et une course au dumping social.

 

CONCOURENT À CETTE RÉGRESSION SOCIALE :

 

  • Les accords de développement et de maintien de l’emploi

Depuis la loi de 2013 des accords d’entreprise « défensifs » peuvent être conclus en cas de difficultés économiques.

Ils peuvent imposer aux salarié-e-es des modifications de durée et d’organisation de travail ainsi que de rémunération, bien sûr en leur défaveur.

Désormais de tels accords régressifs seraient aussi possibles même si l’entreprise va bien! Et fini le licenciement économique si un salarié-e refuse une telle modification de son contrat de travail. L’entreprise ne sera pas tenue de faire un plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) et n’aura pas besoin de prouver qu’elle a des difficultés économiques.

 

 

  • L’assouplissement du licenciement économique

La définition des difficultés économiques demeure plus que large : perte d’exploitation, réorganisation, sauvegarde de la compétitivité, baisse de chiffres d’affaires, de commandes,... ne permettant plus au/à la juge d’apprécier le sérieux et la réalité des difficultés économiques et des licenciements. Ces dispositions empêchent aussi le/la salarié-e de contester le licenciement économique auprès du/de la juge prud’homal. Avec de telles mesures, ce n’est pas la peur d’embaucher qui est de mise mais bien celle de perdre son emploi pour les sala-rié-e-s. Que resterait-il donc, dans ces conditions, du CDI ?

 

  • Le référendum-chantage

Possibilité pour les organisations syndicales minoritaires (30 % des voix aux élections professionnelles) de pouvoir demander un référendum pour valider un accord – régressif – signé avec l’employeur-euse.

Ceci s’opposerait aux choix des salarié-e-s dans les élections professionnelles, mettant à mal le principe de représentativité des organisations syndicales et l’exercice du droit d’opposition. C’est en vérité un véritable déni de démocratie sociale dont il s’agit.

On ne connaît que trop la sincérité d’un référendum placé sous le couperet de la délocalisation ou des suppressions d’emploi et le « libre arbitre » qu’il en résulte pour les salarié-e-s sommés de choisir entre garder la « garantie » de l’emploi ou leurs garanties, Smart en est un exemple.

 

  • Une médecine du travail au rabais et dévoyée

Loin de chercher à la développer, le projet de loi El Khomri entérine une situation déjà fragilisée. La visite médicale d’embauche est réservée aux seul-e-s salarié-e-es affecté-e-es sur des postes présentant des risques particuliers, la périodicité des visites médicales est supprimée, la possibilité est ouverte à des non médecins pour faire les visites médicales et les études de postes... La médecine du travail est aussi attaquée par une réforme de l’aptitude.

Ainsi le rôle de la médecine du travail est radicalement transformé notamment en ne permettant plus de faire lien entre le travail et les affections subies de son fait. D’un rôle de prévention, elle mute à celui de délivrance d’un permis d’embaucher et de licencier.

 

  • La fonction publique également concernée

Si ce projet de loi vise d’abord à modifier le Code du travail, les agent-e-s de la Fonction publique sont concernée-e-s, par solidarité bien sûr mais aussi par les régressions, qui pourraient être transposés dans le secteur public. En effet, nombre de règles inscrites dans le statut de fonction publique sont la transposition de dispositions du Code du travail (dialogue social, rapport national, local, temps de travail, etc.)

 

  • Pour les jeunes, le droit à l’avenir remis en cause

Alors que les jeunes connaissent déjà la précarité pendant leurs études et leur insertion professionnelle, la loi travail est une véritable remise en cause de leur droit à l’avenir imposant de travailler plus pour gagner moins, tout en fragilisant leur parcours de vie en facilitant les licenciements.

Les organisations des pays voisins qui ont fait l’expérience d’une réforme du marché du travail dans un passé récent, Italie, Espagne, Portugal, bien sûr la Grèce mais également l’Allemagne mesurent les conséquences et interrogent très fortement la pertinence du projet gouvernemental en France. Leur position se traduit par des messages de solidarité et les grèves organisées actuellement.

La votation citoyenne organisée par les 7 organisations syndicales doit permettre à tous les salarié-e-s, jeunes, privé-e-es d’emplois, retraité-e-s et citoyen-ne-s de s’engager dans la mobilisation.

 

PARTICIPEZ-Y EN SUIVANT LE LIEN CI-DESSOUS !

 

http://votation.snuipp.fr/

 

 

VOTATION CITOYENNE : LES RETRAITÉS AUSSI !
Repost 0
L'HUMAIN AVANT TOUT Canton de Pont-du-Château - dans Société
commenter cet article
2 juin 2016 4 02 /06 /juin /2016 22:15
Un message fort... ! Á partager sans modération !

Un message de notre camarade Rachel SCHNEIDER, camarade de la FSU, FSU qui prends toute sa place dans le mouvement social actuel !

 

 

Cher-es camarades,

 

Ne m'en veuillez pas,

 

je ne résiste pas à l'envie de vous faire suivre un message de mon camarade Charles Hoareau, de la CGT-chômeurs de Marseille.

 

Réussissons la mobilisation du 14 juin !

 

Amicalement,

 

Rachel

Un message fort... ! Á partager sans modération !

Tu me demandes où ça en est dans le 13 le mouvement contre la loi rétrograde du gouvernement : comment te dire ? Il se passe des choses extraordinaires et nous sommes dans un mouvement qui ne se dément pas.

La semaine passée on a vu des mobilisations que de mémoire de militant on n’avait jamais vues. Jeudi 26 mai rendez-vous était donné à 6h du matin (oui 6h !) à Vitrolles sur le parking de Décathlon.

Pour une action sans plus de précision comme toujours dans ce cas-là.

 

Le jour venait à peine de se lever et le parking ne cessait de se remplir de centaines de gilets jaunes ou rouges tout étonnés de se voir si nombreuses et nombreux.

Le port, la centrale, le commerce, la pétrochimie, les territoriaux….Combien étions-nous au final ? Plus de 500 qui se sont séparés en deux groupes pour aller faire une opération de distribution de tracts aux ronds-points (et oui du coup évidemment on pouvait en faire plusieurs !) qui sont les entrées stratégiques des deux zones d’activité commerciales et d’entreprises de Vitrolles.

 

Ce qui est à noter c’est que les automobilistes dans leur très grande majorité exprimaient un soutien que nous n’avions pas connus dans des actions similaires par le passé. L’ambiance était un mélange de fête et de désir de convaincre. S’il n’y avait eu deux chauffards qui ont blessé 3 d’entre nous et nous ont toutes et tous secoués la fête aurait été complète.

 

Pendant ce temps les dockers étaient mobilisés devant le centre commercial que ceux qui rêvent de faire de la Provence un bronze-cul de l’Europe nous ont ouvert dans les grilles du port. Eh bien ce jour-là leur centre commercial dédié au fric et au tourisme de luxe n’a pas ouvert. Pas très loin de l’enceinte, au même moment des centaines de salariés de la construction bloquaient un chantier. Plus tard dans la matinée ils étaient des milliers à Fos dans une manif d’une ampleur telle que la ville ne se rappelle pas en avoir connue….

 

A midi on était encore par milliers à La Joliette : et dire que Valls avec son état d’urgence voulait interdire les manifs….

 

Le lendemain les copains étaient encore secoués des agressions de la veille et qui font qu’au moment où je t’écris un est encore hospitalisé dans un état grave, l’autre vient à peine de sortir de l’hôpital et en a pour six semaines de convalescence et la 3e, si elle est moins blessée, est encore toute choquée : elle n’oubliera pas de sitôt l’image du camion de 38 tonnes fonçant sur elle…mais je sais qu’elle sera à la manif.

Malgré ça le lendemain donc, vendredi dernier ils étaient des milliers à 7h à l’aéroport. 3000 selon le journal La Provence que l’on ne peut soupçonner d’être un supporter acharné de la CGT…Tu imagines les deux halls tellement pleins que certains n’ont jamais pu rentrer.

 

La police est venue dire en substance aux dirigeants de la CGT : « Ne vous inquiétez pas on bloque les voitures pour qu’il n’y ait pas d’accident comme hier »…Il était temps.

 

Et cette semaine c’est reparti sur les chapeaux de roues. Mardi à 5h (si ça continue ici la CGT va inventer le concept Nuit Manif) ils étaient encore plus de 400 à Istres à bloquer une zone. De plus les cheminots se sont mis en grève. 17% disent les médias ! A voir le peu de trains qui circulent soit on nous ment sur toute la ligne (de train !), soit la SNCF peut licencier la moitié du personnel puisqu’à 17% cela suffit pour supprimer plus d’un train sur deux !!!

 

Hier au soir à Martigues il y avait une rencontre entre les militants du complexe pétrochimique, George Mavrikos le président international de la FSM [1], l’UD CGT 13, des amis de Nuit Debout et François Ruffin venu faire cette convergence que nous avons dû reporter plusieurs fois à cause des événements. Moment historique de lutte, d’échange et de fraternité. Une fois de plus la FSM, qui depuis le début du mouvement a organisé des manifestations de soutien devant les ambassades de France dans le monde (Brésil, Grèce, Autriche, Italie…) et continue à le faire, une fois de plus donc, la FSM a montré que la solidarité de classe n’est pas un vain mot.

 

Ensuite, après avoir laissé les camarades de la chimie sur leur piquet de grève, descente à Marseille au Vieux Port, toujours avec François Ruffin, pour une autre initiative commune Nuit Debout syndicats, initiative qui comme de juste s’est terminée fort tard.

 

Aujourd’hui tu le sais, nouvelle manif et on sait qu’on va encore être nombreuses et nombreux et que nous faisons toutes et tous, tout ce qu’on peut pour que là où nous sommes, le mouvement s’étende en utilisant tous les moyens grèves, assemblées, votation.....

Je sais bien que les autres en face, ceux qui rêvent de voir un peuple asservi et docile, ne cessent de nous tirer dessus, je sais bien qu’un journaliste, qui ne doit pas savoir ce que c’est le travail ni la vie en Syrie a déclaré que "La France est soumise aujourd’hui à deux menaces qui, pour être différentes, n’en mettent pas moins en péril son intégrité : Daech et la CGT". Je sais bien que l’on a rarement connu des attaques aussi virulentes contre nous et en même temps une promotion aussi éhontée d’une CFDT qui ressemble plus à une officine patronale qu’à un syndicat.

 

Je sais bien qu’Hollande, Valls et consorts ne cessent de geindre en tapant du pied comme font les enfants à qui on a pris leur jouet : « je veux ma loi, je veux ma loi », mais tu veux que je te dise : ils ne nous arrêteront pas. Le vent de la révolte souffle trop fort.

Il y en a trop eu depuis des années. Ils croyaient nous ramener à 1930 et que l’on continue d’encaisser sans rien dire ? Je sais qu’il n’est pas simple de mettre tout le pays en grève surtout depuis qu’ils ont cassé les entreprises, multiplié la sous traitance, mis des millions de gens au chômage, mais ils ne nous arrêterons pas. Nul ne peut arrêter le vent et là je t’assure qu’il souffle trop fort. C’est le vent de la révolte, c’est le vent des humiliations refoulées, c’est le vent contre l’impuissance après les suicides des camarades de Orange ou d’ailleurs, le vent contre les burn out, la mort au travail et les délocalisations imposées, c’est le vent contre tous les racismes, les divisions, les discriminations, contre les quartiers populaires devenus des ghettos, c’est le vent des colères qui hier étaient rentrées, c’est le vent de celles et ceux qui se sentaient seuls et aujourd’hui se retrouvent unis et des milliers.

Tu te rappelles le mot de René Char ? « La dignité d’un homme seul cela ne s’aperçoit pas, la dignité de 1000 hommes ça prend l’allure d’un combat ».

C’est ce vent-là qui souffle.

C’est le vent du sens de l’histoire.

 

Venceremos !

Un message fort... ! Á partager sans modération !
Repost 0
L'HUMAIN AVANT TOUT Canton de Pont-du-Château - dans Société
commenter cet article
29 mai 2016 7 29 /05 /mai /2016 21:53

[Vidéo] Le retour de la Terreur

28 mai 2016

Admirative du clergé médiatique mobilisé contre la violence des casseurs, Nada-info a retrouvé un document exceptionnel dans ses archives : il illustre l’abnégation des ministres du culte qui, de tous temps, se sont dressés contre les barbares.

Nada-info vous offre cette petite vidéo, fruit d’un collectif regroupant des anciens des Nouveaux chiens de Garde associé à la Compagnie Jolie Môme.


 

Repost 0
L'HUMAIN AVANT TOUT Canton de Pont-du-Château - dans Société
commenter cet article
27 mai 2016 5 27 /05 /mai /2016 10:25
©PHOTOPQR/LA MONTAGNE ; Procès Antoine militant Nuit Debout, l'accusé et son avocat, Clermont le 26/05/2016 Photo R Brunel - Richard BRUNEL

©PHOTOPQR/LA MONTAGNE ; Procès Antoine militant Nuit Debout, l'accusé et son avocat, Clermont le 26/05/2016 Photo R Brunel - Richard BRUNEL

Un syndicaliste de la CGT était jugé, ce jeudi, à Clermont-Ferrand, pour des violences commises sur le patron des policiers puydômois. Le prévenu plaidait l’accident. Le tribunal a fait preuve de doigté.

Ses explications étaient très attendues. Tout au long de sa garde à vue comme lors de sa première présentation devant les juges (*), Antoine avait gardé le silence sur les conditions dans lesquelles il avait – volontairement ou non – blessé le directeur départemental de la sécurité publique (DDSP). Des faits survenus le 29 avril, alors que les forces de l’ordre procédaient à l’évacuation du conseil municipal de Clermont-Ferrand, investi par le collectif Nuit Debout.

> Relire le direct du procès

« Par réflexe »

Ce jeudi donc, dans une salle bondée et un palais de justice sous étroite surveillance, le militant de 25 ans prend d’emblée la parole. Il explique avoir d’abord été repoussé dans les escaliers de la mairie. Et poursuit : « Après avoir franchi des portes vitrées, par réflexe, j’ai jeté une enceinte sur trépied pour bloquer l’avancée des policiers. Je suis parti en courant, sans voir qu’il y avait un blessé ». Derrière lui, Marc Fernandez est touché à l’arcade, visage en sang.

« Vous reconnaissez donc avoir jeté l’enceinte ? », insiste le président. « Non, corrige le prévenu. Je l’ai saisie et poussée, sans viser personne. J’ai commis une erreur. C’est un accident que je regrette ».

Le furtif enchaînement est disséqué via plusieurs vidéos, filmées par téléphone et diffusées sur un écran. On voit clairement le haut-parleur de 21 kg heurter la tempe du DDSP. Mais chacun campe sur ses positions.

Marc Fernandez évoque « un acte ciblé », « une projection forte en direction de (sa) tête ». « Je n’ai ni haine, ni colère », précise aussitôt le policier. Son avocat, Me Dos Santos, y va de son petit tacle : « À entendre le prévenu, il a balancé l’enceinte à l’insu de son plein gré. Je n’avais pas entendu mieux depuis Richard Virenque… »

 

Vidéo Stéphanie Delannes

Libéré dès ce soir [Hier jeudi, Ndlr]

Me Borie, en défense, concède tout au plus « une erreur de jeunesse, mais en aucun cas un geste intentionnel. Quand le haut-parleur bascule, Antoine n’a aucune visibilité sur ceux qui le suivent ! »

Pointant « un acte préparé » visant « l’homme qui incarne la police républicaine », le procureur requiert six mois de prison, dont trois ferme assortis d’un maintien en détention. Le tribunal s’en tient finalement à quatre mois, dont trois avec sursis. La partie ferme de la peine est couverte par la détention provisoire effectuée par le jeune homme. Antoine a donc retrouvé la liberté dès ce jeudi soir. 

(*) Le 2 mai, le prévenu avait demandé au tribunal un délai pour préparer sa défense.

Stéphane Barnoin

Nos commentaires :

Me Borie avait démontré, preuves vidéo à l'appui :

  • que le témoignage à charge d'un policier était mensonger

  • qu'il était matériellement impossible à Antoine de voir, caché par une colonne, qui arrivait derrière lui et était blessé et qu'il n'y avait donc pas de côté « intentionnel » de sa part. Son but étant juste d'entraver la poursuite des policiers.

Tout inclinait à la relaxe ou juste à « dégradation sur l'espace public du bien d'autrui ». Et si nous nous réjouissons de la libération d'Antoine, que rien ne soit inscrit à son casier judiciaire n’entraînant aucun préjudice dans sa carrière de fonctionnaire hospitalier, que les dommages et intérêts (dont 30 € de pressing) sont minimes, nous trouvons la peine infligée injuste et trop sévère.

Repost 0
L'HUMAIN AVANT TOUT Canton de Pont-du-Château - dans Société
commenter cet article
23 mai 2016 1 23 /05 /mai /2016 23:06
Kareen Janselme - Lundi, 23 Mai, 2016 - L'Humanité
 
Malgré les gestes du gouvernement envers les routiers pour désamorcer le mouvement, l’envoi des forces de l’ordre pour briser les grèves, la mobilisation continue avec une nouvelle journée d’actions jeudi.
Loi «travail». Le mouvement se régénère !

Le mouvement gronde et se régénère… Contrairement à « l’essoufflement » de la mobilisation que croyait constater le premier ministre, les manifestations de jeudi dernier ont rassemblé 400 000 personnes contre la loi travail en France. Soit près du double de manifestants par rapport au mardi précédent. Les organisations professionnelles ont pris le relais des défilés, en bloquant dépôts pétroliers et raffineries. Dans les transports, cheminots, contrôleurs aériens et routiers ont embrayé sur les grèves.

Face aux blocages et opérations escargot des chauffeurs, premier effet et premier recul du gouvernement : le secrétaire d’État aux Transports, Alain Vidalies, a promis aux routiers que le calcul de rémunération de leurs heures supplémentaires dérogerait à la règle instituée par la loi travail. Jusqu’ici, les salariés des entreprises de transport routier de marchandises voyaient leurs heures supplémentaires majorées de 25 % puis de 50 %. En valorisant les accords d’entreprise, qui pourront s’imposer aux accords de branche, la loi El Khomri ouvre la porte à une baisse de ces majorations avec pour seule garantie un plancher de 10 %. Dans une profession où les horaires sont à rallonge, la nouvelle loi aurait pour conséquence de réduire de 1 300 euros le salaire d’un roulant travaillant 200 heures par mois, assure Jérôme Vérité, de la CGT. Par écrit, le secrétaire d’État s’est donc engagé à ce que le « dispositif réglementaire, dérogatoire » des routiers ne soit « pas modifié par le projet de loi travail ». En ce sens, le gouvernement va « expertiser s’il est nécessaire de procéder à des ajustements du décret » sur la durée du travail des routiers « afin de clarifier le débat et d’éviter les interprétations qui pourraient donner matière à contestation », a précisé Alain Vidalies.

Les syndicats CGT et FO ont réagi dans un communiqué commun

Le but annoncé de la nouvelle loi travail était de simplifier un droit devenu trop complexe. Or, en multipliant les accords d’entreprise, les juristes et syndicats opposés à la loi ont démontré comment, au contraire, la multiplicité des situations sur le territoire risquait de compliquer la donne. En annonçant une première dérogation de branche à cette loi, qui n’a pas encore été votée, le gouvernement ne clarifie pas grand-chose…

Mais ce premier geste du gouvernement n’a fait que conforter les grévistes dans le bien-fondé de leur lutte. « Les actions ne doivent pas s’arrêter, d’autres dispositifs de la loi sont à combattre, entre autres, les heures de nuit », ont réagi les syndicats CGT et FO dans un communiqué commun. « Cette première avancée pour notre profession doit encourager l’ensemble des salariés à rentrer dans le mouvement, car la victoire est possible et la lutte paie ! » ont-ils prôné. Les barrages filtrant devraient donc perdurer, voire s’amplifier à partir d’aujourd’hui si les assemblées générales de ce matin votent la reconduction.

Malgré les tentatives gouvernementales de briser les grèves en recourant aux forces de l’ordre ce week-end dans plusieurs dépôts de carburant, l’intersyndicale CGT, FO, FSU, Solidaires, Unef, UNL et FIDL est toujours déterminée à « amplifier la mobilisation et faire respecter la démocratie ». Forte du renouvellement du mouvement, elle a coché deux nouvelles dates dans son agenda. Une journée nationale de grève, de manifestations et d’actions le 26 mai, soit jeudi prochain. Quand au 14 juin, pour marquer l’ouverture des débats au Sénat, syndicalistes, salariés, citoyens, étudiants, lycéens, privés d’emploi sont invités à rejoindre une grande manifestation nationale à Paris, comme le réclamait le syndicat FO depuis quelques semaines, favorisée par une grève interprofessionnelle sur l’ensemble de l’Hexagone.

L’intersyndicale veut « multiplier d’ici là, sur tout le territoire, des mobilisations sous des formes diversifiées ». Pour impliquer davantage les salariés dans les entreprises mais aussi les agents des administrations, une votation sera organisée sur la loi travail et notamment sur la préservation de la hiérarchie des normes, attaque fondamentale dénoncée par les opposants à la loi. Les organisations de jeunesse organiseront elles aussi une votation dans les établissements universitaires. Un nouveau rendez-vous sera pris pour en exposer les résultats.

Manifestation le 14 juin 

L’intersyndicale antiloi travail a annoncé deux nouvelles dates suite au succès de la mobilisation du 19 mai. Les organisations syndicales CGT, FO, FSU, Solidaires et de jeunesse, Unef, UNL et FIDL appellent le 26 mai prochain à une journée de grèves, de manifestations et d’actions. Le 14 juin, début des débats au Sénat, la manifestation sera nationale et parisienne renforcée par une journée de grève interprofessionnelle. La CGT appelle les dockers à poursuivre les grèves, notamment les 26 mai et 14 juin, dans les ports après les actions à Nantes-Saint-Nazaire, au Havre et à Lorient la semaine dernière.

Repost 0
L'HUMAIN AVANT TOUT Canton de Pont-du-Château - dans Société
commenter cet article
17 mai 2016 2 17 /05 /mai /2016 23:58
Salaires des patrons : révoltant !

Le vent de contestation qui souffle dans le pays aurait-il gagné les actionnaires des grou­pes du CAC 40 ? Après le vote de défiance de 54% des actionnaires de Renault contre le salaire du PDG Carlos Ghosn, fixé à 7,2 millions d’euros, et son passage en force pour maintenir coûte que coûte ses émoluments, la fronde s’est quelque peu étendue aux petits porteurs de Sanofi. Seuls 63% des actionnaires réunis en assemblée générale ont approuvé le salaire mirobolant d’Olivier Brandicourt, PDG du géant pharmaceutique, qui atteint 16,7 millions d’euros pour 2015. Dans le milieu très feutré de la finance, les rému­nérations des dirigeants sont habituellement approuvées à la quasi-unanimité par des détenteurs d’actions, trop contents de voir leurs dividendes gonfler.

Cette courte majorité s’apparente donc à une critique frontale de l’indécence des salaires patronaux. « J’ai voté contre (la rémunération d’Olivier Brandicourt) parce que ce sont des salaires délirants par rapport à la misère du monde », a confié à l’AFP une retraitée action­naire de Sanofi, à l’issue de l’assemblée générale à Paris. « Ce sont des rémunérations scandaleuses, décidées par des conseils d’administration consanguins qui ne vont pas scier la branche sur laquelle ils sont assis », a affirmé à l’agence de presse un autre petit porteur de Sanofi, ancien expert-comptable. Si les détenteurs d’actions du géant pharma­ceutique ne découvrent certainement pas la marche de l’économie capitaliste aujourd’hui, peut-être craignent-ils que la démesure de ces émoluments ne soit pas soutenable à long terme. En effet, d’après le palmarès établi par le quotidien les Échos, les rémunérations des grands patrons ont augmenté de 4% l’année dernière, hors bonus différé et autres actions de performance, alors que les entreprises du CAC 40 ont vu leurs bénéfices reculer de 7%.

Peut-être aussi craignent-ils que ces généreuses rétributions ne révoltent les salariés, soumis, eux, à des sacrifices permanents. Sanofi, pour débaucher Olivier Brandicourt du groupe pharmaceutique Bayer, a offert à son nouveau dirigeant un bonus de bienvenue de 4 millions d’euros sur deux ans, sa rémunération fixe et variable n’atteignant « que » 4,4 millions d’euros, complétée par un pactole de 12,7 millions d’euros sous forme d’options de souscription d’actions et d’actions de performance. « Pendant ce temps-là, on a trois plans de restructuration en cours qui vont se traduire par un minimum de 650 suppres­sions d’emplois, et on craint que ça n’atteigne plutôt le millier », dénonce Thierry Bodin, coordonnateur CGT du groupe Sanofi. En plus de ces suppressions de postes, les sala­riés n’ont obtenu aucune augmentation générale des salaires cette année, explique le syn­dicaliste. Pire, le groupe pharmaceutique entend imposer au personnel de la division Sanofi-Pasteur, qui produit des vaccins, un accord de compétitivité qui se solderait par la perte de jours de RTT, donc un accroissement du temps de travail, sans contrepartie.

Une configuration qui devient quasi systématique dans les grands groupes. Chez Renault, les salariés sortent à peine d’un accord de compétitivité qui a supprimé 8 260 emplois, gelé leurs salaires et augmenté leur temps de travail de 6% depuis 2013, que le construc­teur annonce déjà vouloir négocier un nouvel accord de ce type. Chez PSA Peugeot-Citroën, le PDG Carlos Tavares a trouvé moyen de doubler son salaire entre 2014 et 2015, empochant 5,24 millions d’euros au titre du dernier exercice.

Pour justifier ces sommes, le patron du constructeur automobile a expliqué lors d’une audition à l’Assemblée nationale, qu’il se considère « comme un joueur de football ou un pilote de Formule 1 ». « Il y a un marché », a-t-il ajouté. Alors que, là aussi, les salariés ont souffert des gains de productivité imposés par le biais d’un « nouveau contrat social » avec 17 000 suppressions d’emplois, selon les décomptes de la CGT, gel des salaires et pertes de RTT. Et là encore, la menace d’un nouveau plan de compétitivité se profile alors que des mesures d’austérité ont déjà été prises sur le site de Rennes, actant une « mode­ration salariale » sur trois ans et la perte de jours de congé pour les anciens. De quoi don­ner du grain à moudre au ministre de l’Économie, Emmanuel Macron, qui a menacé de « légiférer » si les pontes du CAC 40 ne faisaient pas preuve de plus de retenue sur leurs salaires.

Même si, dans les faits, en allégeant la fiscalité des actions gratuites par le biais de la loi Macron, le ministre a objectivement contribué à gonfler les poches patronales !

 

Si l'on peut dire ?

Si l'on peut dire ?

Repost 0
L'HUMAIN AVANT TOUT Canton de Pont-du-Château - dans Société
commenter cet article
16 mai 2016 1 16 /05 /mai /2016 22:45
      Une journée internationale pour Nuit Debout !

Afin de célébrer les cinq ans des Indignés espagnols, le mouvement Nuit Debout s’est transformé en Global Debout ce dimanche 15 mai (ou 76 mars) dans près de 300 villes en France et une centaine dans le monde. La caméra de l’Humanité.fr s’est rendue place de la République, à Paris, pour recueillir quelques images de cette belle journée de solidarité.

Ambiance.

Loi travail: des militants interdits de manifestation à Paris !

Lundi, 16 Mai, 2016 - Humanite.fr

 

L’état d’urgence est à nouveau utilisé par le gouvernement pour des raisons politiques… Plusieurs opposants à la loi travail ont ainsi reçu des interdictions individuelles de manifester et de s'approcher de la place de la République, ce mardi à Paris.

Cet arrêté signé le 14 mai par le préfet de police et est publié par le site paris-luttes.info. Le militant se voit « interdit de séjour » mardi entre 11h00 et 20H00 dans plusieurs arrondissements parisiens et « de 18h00 et jusqu'à 07h le lendemain dans le périmètre autour de la place de la République », sur la base notamment de l'article 5 de la loi sur l'état d'urgence. Celui-ci permet d'« interdire le séjour dans tout ou partie du département à toute personne cherchant à entraver, de quelque manière que ce soit, l'action des pouvoirs publics ».

Depuis samedi soir, plusieurs militants ont reçu ce type d’injonctions. Des policiers sont venus délivrer en main propre ces interdictions de manifester. Sur le simple fondement que cette personne a été vue « à de nombreuses reprises dans des manifestations contre, notamment, les violences policières et le projet de [Loi travail] », il y a pour la préfecture « tout lieu de penser que la présence » de cette personne aux rassemblements « vise à participer à des actions violentes ».
La préfecture de police a confirmé à l'AFP, sans en préciser le nombre, que des arrêtés ont été notifiés à « des personnes à l'origine ou associées à des faits de violence, pour ne pas que des actes de violences se produisent de nouveau ». Si l’AFA a publié les documents, elle précise bien que « sont concernées par ces interdits aussi des personnes d’autres organisations, des syndiquées ou des non organisées. »

« Ces arrêtés semblent être, à notre connaissance, les premiers à tomber sur Paris dans le cadre du mouvement contre la +loi travail+ », a affirmé Action antifasciste Paris-Banlieue. « Vous voulez nous faire sortir par la porte ? On rentrera par la fenêtre... », ont-ils promis. « Pour une personne interdite de manifestation que 100 autres descendent dans la rue. La solidarité est notre arme, la liberté notre crime ».
Sept syndicats ont appelé à deux nouvelles journées de grèves et manifestations mardi et jeudi, les sixième et septième en un peu plus de deux mois.


 

      Une journée internationale pour Nuit Debout !
La révolution guidant le Peuple !

La révolution guidant le Peuple !

Repost 0
L'HUMAIN AVANT TOUT Canton de Pont-du-Château - dans Société
commenter cet article
15 mai 2016 7 15 /05 /mai /2016 21:06
Fatah Graphy

Fatah Graphy

En 2012, le candidat Hollande promettait de lutter contre le « délit de faciès ». Puis, plus rien. L’État, condamné en 2015 pour « faute lourde », s’est même pourvu en cassation. Contre les contrôles d’identité abusifs et discriminatoires, le groupe communiste (CRC) au Sénat a déposé une proposition de loi. Le texte, en débat le 18 mai, veut en finir avec le droit de contrôler sans motif ni justificatif. Ces contrôles ont un impact dévastateur sur les personnes qui les subissent, nourrissant un fort sentiment d’injustice et d’humiliation.

Ils vivent avec. Tous les jours. La rengaine « si on n’a rien à se reprocher, on n’a pas de raison d’avoir peur d’être contrôlé » les fait sourire ou les rend amers. Ceux qui l’affirment n’ont jamais été contrôlés ou si peu. Savent-ils seulement ce que ressentent et endurent ceux qui subissent régulièrement des contrôles d’identité sans raison ? Juste parce qu’ils sont jeunes, typés ou qu’ils habitent les quartiers populaires.

Ils vivent avec. Au point de les intégrer dans leur planning, comme l’a conseillé de le faire Mabrouka Hadjadj, de La Courneuve (93), à ses trois garçons, fréquemment contrôlés, parfois fouillés, lorsqu’ils vont en cours par le RER B.

« comme exclus de la communauté nationale »

Ils ont grandi avec : « Je les ai éduqués de façon qu’ils apprennent à vivre avec l’injustice », avoue Malika, d’Orly (94). Mais le gouvernement, que fait-il pour éduquer la police ? » lance cette mère de quatre garçons. « On est contrôlé dès qu’on franchit le périphérique pour aller à Paris. C’est une entrave à la liberté de circuler, une assignation de fait », dénonce Mohammed, militant PC et syndicaliste à Bobigny.

« Dans les quartiers, on est résigné. On baisse la tête. Il faut rien dire, sinon ça peut dégénérer. J’ai fait avec depuis mes 14 ans. J’étais contrôlé quasi une fois par semaine, parfois par des agents qui me connaissaient. Pour rien. On nous dit : “C’est des contrôles de routine.” À la longue, ça a un impact. On se sent exclu de la communauté nationale », témoigne Issa Coulibaly, 36 ans, parisien de Belleville employé dans une association.

Tous ont témoigné lors du colloque organisé le 29 avril par les sénateurs communistes. En prévision du débat, le 18 mai, autour de la proposition de loi « Lutte contre les contrôles d’identité abusifs » qu’ils ont déposée dans le cadre de leur niche parlementaire (lire page 30). 2 283 témoignages ont été recueillis de 2011 à 2015 par le collectif Stop le contrôle au faciès. Réunis dans « Les maux du déni » (1), premier rapport du genre en France, ils font état de « pratiques policières abusives et humiliantes, ainsi que de dysfonctionnements institutionnels qui entretiennent l’impunité et renforcent la résignation chez les victimes ». D’où l’urgence d’agir au moment où les rapports police-citoyens sont au plus mal, que les abus, facilités par la dernière réforme de la procédure pénale, se multiplient au nom de la lutte contre le terrorisme, et avant que ne s’ébranle définitivement la confiance en une République censée protéger.

« On ne peut fermer les yeux sur cette résignation, car l’humiliation, c’est le fonds de commerce de Daech », souligne Nassim Lachelache, de Stop le contrôle au faciès. « On le ressent petit à petit, lorsque les mineurs renoncent à faire valoir leurs droits et que leurs mères, désemparées, confient : “Il laisse tomber… il dit ça sert à rien de témoigner, parce qu’il n’y a pas de justice en France… Il dit qu’il pense à la Syrie.” »

Issa Coulibaly ne s’est plus résigné lorsqu’en 2012, revenant de cours, il a subi son énième contrôle au faciès, gare du Nord. Il a décidé de porter plainte et a déposé une question prioritaire de constitutionnalité, qui devrait être examinée en juin, « sans beaucoup de conviction », confie-t-il. « C’est comme vider la mer avec une cuillère, mais il faut faire sa part pour faire cesser l’impunité. » Ils ne sont pas nombreux, ceux qui osent aller jusqu’à engager des poursuites, découragés par les refus de plainte (73 % des cas) ou par des actions en justice qui n’aboutissent pas. Marcel, 35 ans, a été victime de violences policières à la gare de Châtelet-les-Halles (Paris). Il a engagé des poursuites, pris un avocat : « La juge a refusé de regarder la vidéo où on voit les policiers me tabasser. Elle leur a donné raison. C’est moi qui ai été tabassé, c’est moi qui me suis pris du sursis, et 1 000 euros d’amende ! Je fais quoi maintenant ? Ça sert à quoi tout ça ? »

Les « surcontrôlés » ont des codes de conduite qu’ils se transmettent afin de minimiser les risques de violence de la part des agents, indique le rapport « Les maux du déni ». Ils savent que la demande d’explications ou la contestation sont très risquées et peuvent se retourner contre eux, jusqu’à être accusés d’outrage et de rébellion. Souvent, lorsque la victime proteste, le contrôle au faciès tourne mal. Vannes racistes, humiliations, fouille et palpations, jusqu’à la violence physique ou la menace de violence de la part des agents, révèlent les réclamations recensées par le défenseur des droits.

Ainsi, Stéphane, étudiant à Angers, s’est vu répondre : « Tu crois que tu connais tes droits mieux que nous ? » « J’ai demandé leurs noms, ils ont dit : “Ça fait 10 ans qu’on fait ça ! Notre nom, c’est CRS !” » Ou encore Walid, de Montreuil : « On a dit qu’on connaissait nos droits, car, selon l’article 78.2 du Code de procédure pénale, ils ne pouvaient pas nous contrôler pour rien. Ils ont rétorqué : “On s’en bat les couilles, de l’article, on sait ce qu’on a à faire !” »

51 % des flics votent FN

Ces contrôles et violences touchent essentiellement des personnes perçues comme jeunes ou de « minorités visibles ». Un jeune se fait contrôler 11 fois plus que les autres, un « Arabe » 8 fois plus et un « Noir » 6 fois plus, selon des études et rapports du CNRS, de la Commission nationale consultative des droits de l’hom­me, d’Amnesty… Les insultes ouvertement racistes se sont multipliées. Oualid, technicien à Paris 18e, en a été victime : « Je lui ai demandé s’il me contrôlait à cause de mes origines. Il m’a clairement répondu que oui. Il m’a dit qu’il contrôlait systématiquement les “gens comme moi” parce qu’ils étaient plus disposés aux délits et crimes. Il m’a dit que c’étaient des gens comme moi qui l’empêchaient de dormir le soir. » D’après une enquête du CEVIFOP (2), 51,5 % des policiers et gendarmes ont voté Front national en 2015.

Boom des réclamations

Lors du contrôle qu’il a subi, tout récemment, Régis Amponsah, résident à La Défense à Paris, s’est fait rabrouer ainsi : « On fait notre travail, physiquement comme vous êtes, c’est un peu normal. » Régis est l’un des 13 plaignants dans le procès dans lequel l’État, condamné, s’est pourvu en cassation. « C’est fatigant à la longue. La proposition de loi des sénateurs communistes doit être votée pour nous sortir de là. »

De 2010 à 2015, le nombre de réclamations devant le défenseur des droits est passé de 185 à 910. Un recours au droit plus fréquent, qui résulte sans doute de l’impact des campagnes de sensibilisation menées ces dernières années. Par le collectif Stop au contrôle au faciès et sa Web-série à succès « Mon 1er contrôle d’identité », à laquelle ont participé les plus grands rappeurs de France (Oxmo Puccino, Sefyu, La Fouine…). Et par le Mouvement des jeunes communistes de France (MJCF), en campagne permanente contre le « délit de faciès », le seul acte qui ne fait l’objet d’aucune traçabilité.

Dans le Val-de-Marne et en Seine-Saint-Denis, la mobilisation s’est intensifiée après la relaxe, le 18 mai 2015, des policiers responsables de la mort de Zyed et Bouna. Un réseau de vigilance a été mis en place. « Les jeunes en ont ras le bol de se faire contrôler plusieurs fois par jour. C’est un marqueur mental, une discrimination qui se rajoute à l’exclusion sociale. Les jeunes demandent juste à circuler librement, à ne pas se faire humilier, insulter dans leur quartier, devant leur famille, leurs amis », explique Sabrina Robin, du MJCF 94. Prochaines étapes : obtenir un Observatoire des contrôles d’identité et, bien sûr, une loi.

« Le débat ne sera pas facile dans le contexte actuel de surenchère sécuritaire, reconnaît Christian Favier, sénateur PCF du Val-de-Marne. Mais on ne baisse pas les bras. Les politiques et la société civile doivent intensifier leurs actions pour changer le rapport de forces. »

(1) En ligne sur http://stopaucontroleaufacies.fr/

(2) Centre de recherches de Sciences-Po.

Contrôles au faciès. La vie des « gens comme nous » !

A diffuser, à partager un maximum pour une société plus juste !

Repost 0
L'HUMAIN AVANT TOUT Canton de Pont-du-Château - dans Société
commenter cet article