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14 août 2016 7 14 /08 /août /2016 23:02
Disparition de Georges Séguy : « Il ne suffit pas de s’indigner, il faut s’engager. » !

« Il ne suffit pas de s’indigner, il faut s’engager. »

 

Ces mots de Georges Seguy, prononcés en 2013 dans sa ville de Toulouse devant les congressistes de la CGT résume pour moi qui était Georges et ce que fut sa vie. Aujourd'hui, les communistes perdent un camarade, un dirigeant qui aura marqué son temps, un homme rempli d’humanité, de dignité, un combattant du genre humain.
Ceux qui l'ont côtoyé de près perdent un ami d une grande fraternité. J'ai eu cette chance de partager avec lui des moments qui restent à jamais gravés dans ma mémoire. Georges aimait la vie des gens humbles.

Jeune communiste avant guerre, il adhère au Parti communiste français en 1942 à l'annonce de la mort de Pierre Sémard et rejoint avec son cercle de la JC, la résistance active au sein des Francs-Tireurs et Partisans français. Il est arrêté deux ans plus tard par la Gestapo en imprimant le journal clandestin de la JC, « l'Avant Garde ». Il est déporté au camp de concentration de Mauthausen. Il est le plus jeune déporté résistant de France, selon les historiens. L'horreur n'a pas de mots et pourtant Georges va s'évertuer en toute occasion à transmettre aux jeunes générations ce qu'il a vécu et ce que furent ses combats.
A la libération du camp, et son retour en France, il entre à la S.N.C.F. Il y prend des responsabilités au syndicat cheminot de la CGT et est élu secrétaire général de la fédération en 1961 . Parallèlement, il est élu au comité central du PCF en 1954 et devient membre du bureau politique à partir de 1956. Pour lui, ces deux engagements étaient une nécessité pour marcher sur ses deux jambes : défendre les droits des travailleurs et changer la société.
Il veilla toujours à l'autonomie des deux structures auxquelles il était tout autant attaché.

En 1967, il succède à Benoît Frachon, comme secrétaire général de la C.G.T. Il est un des acteurs connu et reconnu des grèves de mai 1968. Il est aussi à l'aise parmi les travailleurs en lutte, comme lors du grand meeting devant Renault Billancourt que respecté pour négocier et signer les accords de Grenelle. Après 1968 il joue un rôle actif dans les évolutions politiques du PCF dont il restera un acteur vigilant.

Depuis sa retraite en 1982, il poursuivait ses activités militantes. Au sein de la Cgt, il animait l'Institut d'Histoire Sociale. Au sein de son Parti, fidèle à ses idéaux de jeunesse, il donnait son avis, aidait par des conseils précieux. Il travaillait sans relâche à chercher des perspectives de rassemblement des forces transformatrices à gauche. Georges a toujours été un acteur des combats de son temps : pour le droit des salariés -(y compris dernièrement contre la loi El Khomri)- pour la paix (en Algérie, au Vietnam- en Irak- en Palestine...), pour le désarmement nucléaire au nom duquel il anima l'Appel des Cent, contre le racisme, le fascisme, l'apartheid, pour la dignité humaine, pour l'égalité femme-homme, contre le capitalisme, pour une société du commun, du partage des richesses et des savoirs. Georges a toujours été bienveillant avec les femmes et les hommes qui luttent. Quand il donnait son avis, il le faisait toujours dans le respect et l'attention à l'autre.

A Michel son fils, à sa famille et proches, aux membres de la CGT, je présente toutes mes condoléances et celles des communistes. Nous pleurons avec toi, avec vous, un ami, un camarade, un être cher dont la vie restera pour nous un message plein d'avenir.

Paris, le 14 août
Pierre Laurent,
Secrétaire national du PCF

 

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14 août 2016 7 14 /08 /août /2016 22:49
En réponse à tou-te-s mes ami-e-s qui me demandent comment sera la rentrée (et oui, elle approche) : elle sera chaude-bouillante et voici pour la préparer !

Un peu de pédagogie comme le dit si bien mon conseiller régional préféré !

(Je crois que ce n'est pas inutile face à la désinformation quotidienne de nos grands médias !)

Excellente vidéo de nos amis de la CGT - RATP, même s'il y a un "s" de trop à hiérarchie !

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9 août 2016 2 09 /08 /août /2016 23:43
paf

paf

 

L'éditorial de Michel Guilloux :

 

Pitoyable. Il aura fallu arriver au moment le plus creux de l’été pour assister à un forfait pour ne pas dire une forfaiture. La décision de la ministre du Travail d’autoriser le licenciement de Vincent Martinez, délégué CGT d’Air France, est d’une indignité totale.

 La CGT, sa fédération des transports et le syndicat de la compagnie aérienne ont entièrement raison, dans le texte commun² qu’ils ont rendu public, de parler de la « chasse aux sorcières » que gouvernement et Medef « mènent contre toute forme de lutte et de contestation ». Saisie sur l’affaire dite « de la chemise », la justice, fin mai, a été tellement embarrassée que, pour exercer son pouvoir sans être expéditive, et à la demande des avocats des quinze salariés concernés au total, elle a reconvoqué une audience sur deux jours, les 27 et 28 septembre prochains.

Quatre salariés ont pourtant déjà été licenciés. En l’absence de décision ministérielle au 4 juin, le licenciement de Vincent Martinez aurait dû être annulé de fait. Rappelons que l’inspection du travail parle d’un dossier vide. Quel courage il aura fallu à Myriam El Khomri pour attendre deux mois de plus et ce 8 août pour faire cet « exemple » réclamé par la direction d’un groupe qui entend museler toute contestation en son sein.

Un mauvais coup de l’été ne suffisant pas, ce même 8 août, sa signature rejoignait celles de pas moins de onze membres du gouvernement et du locataire de l’Élysée pour promulguer la loi travail. Le pouvoir a non seulement refusé d’entendre l’opposition populaire, syndicale, politique, parlementaire à un de ses textes mais il se sera joint aux plus indignes clameurs de haine à l’égard de la CGT et, au fond là encore, de toute contestation. Le seul regret qu’a eu François Hollande, comme il l’a confié en revenant de Rio, est de ne pas avoir profité de la loi Macron, promulguée, elle, en août – décidément – 2015 pour faire passer sa machine de guerre contre le Code du travail. Rendez-vous en septembre, alors.


 

 

 

 

 

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7 août 2016 7 07 /08 /août /2016 10:51
Jérôme LALLIER

Jérôme LALLIER

Hubert Wulfranc, maire communiste de Saint-Étienne-du-Rouvray (Seine-Maritime), commune endeuillée par l’assassinat du père Hamel le 26 juillet, nous reçoit [Les journalistes de l'Humanité.Ndlr] dans son bureau et revient pour l’Humanité sur le climat et les enjeux qui traversent la ville et le pays.

Au lendemain de l’hommage rendu au père Hamel assassiné, le réveil n’est-il pas trop douloureux pour les habitants de Saint-Étienne-du-Rouvray, qui depuis le début du drame ont fait preuve d’une dignité qui a ému la France ?

Hubert Wulfranc Je n’ai pas de réponse tranchée, ni la prétention de répondre si vite. Il y a un fond de réalité tragique qui domine. Il me semble cependant qu’un nombre très significatif de Stéphanais ont exprimé des propos et des écrits qui les ont aidés à verbaliser des sentiments et des idées qui témoignent de leur espoir de dépasser ce drame. Il me semble que le pays a trouvé que notre comportement était digne. Cette attitude est très importante. C’est ­notamment ce que j’ai tenu à faire ­verbaliser par le chef de l’État.

Aujourd’hui,vous pouvez parler de reconstruction ?

Hubert Wulfranc Chaque étape, dès le jour même de la tragédie, était déjà une étape de reconstruction. Ce qui est ­décisif, c’est d’emprunter ce chemin dans la dignité. L’hommage de la ville au père Jacques Hamel, les échanges, les témoignages, le regard des autres, du chef de l’État aux citoyens de tout le pays, ont été très importants pour ­redémarrer. Il faut aller mieux. On va aller mieux.

Quelles sont les étapes à venir ?

Hubert Wulfranc Notre priorité pour Saint-Étienne-du-Rouvray est de nous occuper de notre ville de façon très pragmatique. La prochaine étape que nous préparons est déjà une étape de sociabilité majeure en dehors de tout événement exceptionnel : il s’agit de la rentrée scolaire. Elle va être cruciale et devra être très concrète. Nous disposons déjà de nombreuses propositions et initiatives. Nous allons les examiner. Il faudra ­assurer une rentrée dans les meilleures conditions, travailler au meilleur climat possible pour les enfants, de l’encadrement à la psychologie.

Quelle étape voyez-vous au niveau national ?

Hubert Wulfranc La situation appelle à un échange démocratique au plus haut niveau sur les politiques publiques conduites dans ce pays. Je n’ai pas la prétention aujourd’hui, de par mon statut et suite à la confusion des idées dans laquelle nous sommes tous, de tracer des lignes strictes à suivre ou de distribuer bons et mauvais points. J’ai des convictions, qui trouvent écho dans les positions de ceux qui me sont très proches au niveau national. Je n’ai pas changé de convictions. Mais le temps n’est pas à ce que je m’exprime sur ces bases-là. Ce temps viendra, plus tard. Tous les citoyens, tous les élus de proximité, quelle que soit leur sensibilité républicaine – et cette sensibilité veut déjà dire beaucoup –, cherchent une parcelle de conviction à réactualiser et à faire remonter au niveau national. J’ai pour ma part parlé de ­l’importance considérable du champ politique public national au président de la ­République. Je n’en dirai pas plus sur cet échange.

Vous avez appelé à être les derniers à pleurer. Cela implique de prendre les bonnes décisions, sur un temps long…

Hubert Wulfranc Il faut dépasser les slogans, concrètement, pour obtenir des actes. L’hommage stéphanais au prêtre n’était pas un slogan, mais un acte, et ça compte. Nous devons matérialiser, incarner ce que nous portons. Dans mon discours, j’ai dit que l’État de droit que notre peuple s’est donné est l’outil de notre République. J’ai insisté sur ce que cela doit vouloir dire tous les jours. Cet État de droit est aussi un État de devoirs que chacun d’entre nous doit respecter. J’ai insisté sur la bienveillance, plutôt que sur la surveillance. Ce n’est pas anodin. La bienveillance, c’est à la fois l’empathie avec les gens mais aussi la fermeté respectueuse. Nous devons continuer à construire un discours de responsabilité citoyenne, sans galvauder les mots. Dire cela, soutenir cela, c’est aussi admettre et reconnaître que parfois on ne va pas dans le bon sens. C’est accepter de se remettre en cause et de se faire remettre à sa place, si vous voyez ce que je veux dire… Quand je dis cela, je dis de rester digne, sans se précipiter, sans s’écharper, pour agir avec discernement. Nous devons reprendre le temps de nous inscrire dans la réflexion.

Vous semblez redouter que certains propos soient susceptibles d’alimenter clivages ou polémiques…

Hubert Wulfranc Là-dessus je peux vous répondre. Nous sommes dans un moment de vie du pays où j’ai le sentiment qu’il y a tellement d’enjeux, de risques de basculement possibles qu’il faut tourner cent fois sa langue dans sa bouche. Je n’ai pas de téléphone portable. Les conditions de la communication aujourd’hui sont telles que l’on est très vite dans l’émotion, que ce soit dans l’enthousiasme comme dans la peur ou la condamnation. Dans ce contexte, j’appelle à avoir et à partager une discipline et une éthique. Les enjeux sont trop importants.

Que dites-vous aux citoyens qui, au-delà du terrorisme, s’inquiètent des réactions et du chemin que pourrait prendre la France dans cette épreuve ?

Hubert Wulfranc Je leur dis d’abord de s’exprimer avec sérénité et fermeté. Je leur dis ce que j’ai essayé de dire aux adultes de Saint-Étienne-du-Rouvray : veillez à votre parole et à la mesure de vos paroles. Soyez acteurs et soyez vigilants à la modération de vos actes, surtout si vous êtes sur le fil sombre. Je leur dis à la fois de dialoguer, de rappeler dans quelle société ils veulent vivre, et de faire attention au quotidien s’ils sont en colère, s’ils sont dans le rejet. Si par exemple quelqu’un entre dans une logique d’exclusion, je lui dis que cela n’est pas juste pour ceux qu’il exclut, mais je lui dis aussi que cela va se retourner contre lui, ou contre ses enfants. Quand on s’invente des ennemis, on en crée, et à la fin tout le monde est toujours perdant.

Pensez-vous que la France est en guerre, comme le déclare le président de la République ?

Hubert Wulfranc Je ne suis pas chef des armées. La France mène des actes et des missions militaires à l’étranger. C’est une réalité. Mais jusqu’à preuve du contraire, sur le terrain de nos villes et de nos villages, je ne vois pas de citoyens en situation de guerre civile effective. Il est primordial de le préserver. Nous avons beaucoup de travail à mener sur les conditions de préservation de cet état de paix effectif.

L’un des deux terroristes qui ont tué le père Hamel était stéphanais. Il se disait musulman. Comment les habitants ressentent-ils cela ?

Hubert Wulfranc Le terrorisme n’a rien à voir avec l’islam. Beaucoup le comprennent. Dans notre ville, la démonstration a été faite qu’il y a une tolérance, une ­acceptation entre les croyants de toutes religions et les non-croyants. Après, je ne sais pas où mettre le qualificatif : y a-t-il une tolérance certaine ou une certaine tolérance ? Cela dépend des jours. Mais nous devons tous veiller et travailler au dialogue et à la paix. C’est ce que faisait le père Hamel. C’est ce que fait l’imam ­Karabila. Si on ne fait pas ça, on laisse les portes de la boutique ouvertes à ceux qui ne sont pas républicains.

Vous avez dit à l’archevêque de Rouen que votre sensibilité politique et sa religion avaient des choses à se dire… Quand le pape dit que l’argent est le premier facteur du terrorisme mondial, cela vous parle ?

Hubert Wulfranc Les valeurs de respect, de justice, de paix, d’amour sont partagées par beaucoup. Nous avons donc des choses à nous dire, avec cette religion et aussi avec les autres ! Ce que dit ici le pape, c’est plutôt pas mal, non ? Je me souviens toujours d’une une de Paris Normandie dans les années 1970 sur « la religieuse et l’ouvrière ». En réalité, on a tous des choses à se dire, croyants comme non-croyants. Tous les citoyens doivent réfléchir dignement, avec bienveillance, en tant que citoyens. C’est comme ça que l’on trouvera les bonnes solutions. Elles ne peuvent être que démocratiques et communes.

 

Vendredi, 5 Août, 2016 - L'Humanité

 

 

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2 août 2016 2 02 /08 /août /2016 19:55

« Nous sommes tous responsables de l’avenir de notre planète, l’avenir de nos enfants en dépend ! »

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28 juillet 2016 4 28 /07 /juillet /2016 18:44

Par Jean-Emmanuel Ducoin - Jeudi, 28 Juillet, 2016 - L'Humanité

 

L'éditorial de Jean-Emmanuel Ducoin : "l’attitude du maire de Saint-Étienne-du-Rouvray, Hubert Wulfranc, nous a impressionnés par son émotion simple et tremblante, sans jamais se départir du sens de notre humanité, mais également par ses mots qui résument tout et résonneront longtemps en nous : « Soyons les derniers à pleurer, à être debout contre la barbarie, dans le respect de tous. » "

DR

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Le temps est maintenant venu d’affirmer les choses clairement, avec le mépris qui sied aux circonstances.

Ceux qui continuent de surfer sur les drames, sur les peurs, sur la surenchère, sur les pires pulsions réactionnaires qui tentent d’atomiser toute idée d’intelligence intime et collective, sont indignes de la France. Oui, indignes de cette France dont ils n’ont que le nom à la bouche, la main sur le cœur, et dont ils trahissent l’esprit à chacune de leurs sorties médiatiques, quand s’exprime le vice appuyé sur le bras de la haine. Nous n’avons pas de mots assez durs pour qualifier les postures mortifères des Sarkozy et consorts, des Le Pen et de la fachosphère, et même de certains pseudo-journalistes, qui en oublient le sens premier de leurs responsabilités impérieuses par temps de crises successives. Tous ces braves gens agissent comme s’ils se tenaient à l’affût depuis toujours. Mais que proposent-ils, sinon une rupture bonapartiste ou pétainiste avec notre corpus républicain ? Leur modèle de société ressemble aux pompes funèbres. Ils sont des receleurs de la mort au profit de leurs succursales idéologiques.

Quel contraste éloquent, n’est-ce pas, avec l’attitude du maire de Saint-Étienne-du-Rouvray, Hubert Wulfranc, qui nous a impressionnés par son émotion simple et tremblante, sans jamais se départir du sens de notre humanité, mais également par ses mots qui résument tout et résonneront longtemps en nous : « Soyons les derniers à pleurer, à être debout contre la barbarie, dans le respect de tous. »

Et puis il y a les autres, la masse des citoyens, desquels nous nous sentons si proches, eux qui refusent de céder à la peur et aux pièges tendus par les terroristes et leurs cliques d’idiots utiles constitués à droite et à son extrême. En son for intérieur, notre société – pourtant très abîmée – refuse la théorie morbide dite de la « guerre de civilisations ». Vaincre le terrorisme et vivre en sécurité ne réclame pas des coups de menton, des claquements de talons sécuritaires et des discours guerriers, mais plus de République, donc plus de droits, plus de justice, plus de démocratie, plus de culture et surtout plus d’égalité, notamment pour que les héritiers de l’immigration se sentent des citoyens à part entière.

 

Le contraste !
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25 juillet 2016 1 25 /07 /juillet /2016 19:58
Photo AFP

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Les mots qui fâchent par Philippe Torreton.

 

Daesh a réussi à lancer un appel général à devenir Amok: « Qui que vous soyez, salafiste ou non, tuez-vous en entraînant dans votre mort le plus de gens possible. »

 

Bien sûr parmi ceux qui ont répondu à cet appel se trouvent quelques éléments radicalisés à une sorte d'exégèse raciste, antisémite, homophobe et misogyne de l'islam, bien évidement on trouve ici ou là des revendications ou de pseudo justifications de ces passages à l'acte, mais l'on voit bien que ces individus se sont radicalisés que très peu de temps avant leurs attentats et avec une libéralité vis à vis des dogmes assez édifiante, on voit bien que ce djihâd, pour eux, n'était qu'un prétexte exutoire. Il est à craindre une multiplication de ces suicides venant d'individus de plus en plus éloignés de la religion ou des intérêts géostratégiques de l'Etat islamique. Une sorte de réveil des zombies est en cours, tous ces gens qui se retrouvent dans une impasse, aux parcours familiaux, scolaires, économiques, judiciaires, professionnels lamentables, humiliés et blessés dans leurs moi, avec des passifs pour certains très lourds d'abus sexuel, de toxicomanie, de désordres psychique et j'en passe peuvent se retrouver conforter par ces appels et finir leur vie en perpétrant un crime de masse. Un quart d'heure warholien suicidaire et meurtrier. Daesh a déclaré une guerre mondiale individualisée. 

Et nous pourrons mettre les forces de police municipales ou nationales que l'on veut, rendre permanent l'état d'urgence on ne pourra pas empêcher ces passages à l'acte, tout peut se retourner en arme, et n'importe quel coin de France peut devenir le théâtre d'un drame terrifiant. Notre société est devenue assez experte en exclusion, en désespérance en ghettoïsation. Chaque jour nous fabriquons en silence de l'humiliation sociale. Nous entrons dans une ère d'auto détestation et d'humiliation, la haine des islamistes contre tout ce qui n'est pas eux va se répandre telle une grippe aviaire. Nous allons en retour nous craindre, nous accuser, nous allons devenir fébrile et en quête de coupable, par ailleurs un vent schizophrène va souffler sur ces braises, les disparités de niveau de vie, le cynisme boursier, l'hégémonisme ambiant, les angoisses écologiques et climatiques, notre refus de vivre autrement pour que d'autres vivent mieux vont engendrer de la démence meurtrière. L'UE vient de se déshonorer avec cette accord de la honte sur le dos des migrants, le rêve de Trump d'un mur anti-migrant est une réalité chez nous, la Méditerranée est devenue une immense douve dont le pont levis est en Turquie !

 

Nous pensons que le mal est ailleurs et que notre salut dépend de quelques biceps en képis supplémentaires et de volets bien fermés ? Grand bien nous fasse !


 

Les mots qui fâchent : Suicidaire et meurtrier !
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23 juillet 2016 6 23 /07 /juillet /2016 18:41

Un public qui a peur est en situation de réceptivité passive, et admet plus facilement l’idée qu’on veut lui inculquer.

"Faire appel à l’émotionnel est une technique classique pour court-circuiter l’analyse rationnelle, et donc le sens critique des individus. De plus, l’utilisation du registre émotionnel permet d’ouvrir la porte d’accès à l’inconscient pour y implanter des idées, des désirs, des peurs, des pulsions, ou des comportements…"
source :
http://lesmoutonsenrages.fr/nous-sommes-manipules/les-techniques-de-manipulation-des-masses-2/

[MANIPULATION] (Durée : 1min42)

Les techniques de manipulation

Petit rappel pour ceux qui ne connaissent pas encore ces techniques, le sujet est divisé en deux parties bien distinctes ceci pour des raisons pratiques et pour respecter la source qui se trouve ICI. Il ne suffit pas de grand chose pour se rendre compte que ces techniques sont beaucoup utilisées à l’heure actuelle dans notre quotidien, que cela soit par la publicité, les informations, mais également les politiques qui en plus font preuve d’un très grand talent dans la novlangue, pour le cours dans le domaine, visitez la page sur la novlangue du blog.

 

Manipulation de l’opinion publique et de la société
Les stratégies et les techniques couramment employées

1 – La stratégie de la diversion
Élément primordial du contrôle social, la stratégie de la diversion consiste à détourner l’attention du public des problèmes importants et des mutations décidées par les élites politiques et économiques, grâce à un déluge continuel de distractions et d’informations insignifiantes. La stratégie de la diversion est également indispensable pour empêcher le public de s’intéresser aux connaissances essentielles, dans les domaines de la science, de l’économie, de la psychologie, de la neurobiologie, et de la cybernétique. « Garder l’attention du public distraite, loin des véritables problèmes sociaux, captivée par des sujets sans importance réelle. Garder le public occupé, occupé, occupé, sans aucun temps pour penser ; de retour à la ferme avec les autres animaux. » (extrait de « Armes silencieuses pour guerres tranquilles »)

2 – Créer des problèmes, puis offrir des solutions
Cette méthode est aussi appelée « problème-réaction-solution ». On crée d’abord un problème, une « situation » prévue pour susciter une certaine réaction du public, afin que celui-ci soit lui-même demandeur des mesures qu’on souhaite lui faire accepter. Par exemple : laisser se développer la violence urbaine, ou organiser des attentats sanglants, afin que le public soit demandeur de lois sécuritaires au détriment de la liberté. Ou encore : créer une crise économique pour faire accepter comme un mal nécessaire le recul des droits sociaux et le démantèlement des services publics.

3 – La stratégie du dégradé
Pour faire accepter une mesure inacceptable, il suffit de l’appliquer progressivement, en « dégradé », sur une durée de 10 ans. C’est de cette façon que des conditions socio-économiques radicalement nouvelles ont été imposées durant les années 1980 à 1990. Chômage massif, précarité, flexibilité, délocalisations, salaires n’assurant plus un revenu décent, autant de changements qui auraient provoqué une révolution s’ils avaient été appliqués brutalement.

4 – La stratégie du différé
Une autre façon de faire accepter une décision impopulaire est de la présenter comme « douloureuse mais nécessaire », en obtenant l’accord du public dans le présent pour une application dans le futur. Il est toujours plus facile d’accepter un sacrifice futur qu’un sacrifice immédiat. D’abord parce que l’effort n’est pas à fournir tout de suite. Ensuite parce que le public a toujours tendance à espérer naïvement que « tout ira mieux demain » et que le sacrifice demandé pourra être évité. Enfin, cela laisse du temps au public pour s’habituer à l’idée du changement et l’accepter avec résignation lorsque le moment sera venu. Exemple récent : le passage à l’Euro et la perte de la souveraineté monétaire et économique ont été acceptés par les pays Européens en 1994-95 pour une application en 2001. Autre exemple : les accords multilatéraux du FTAA que les USA ont imposé en 2001 aux pays du continent américain pourtant réticents, en concédant une application différée à 2005.

5 – S’adresser au public comme à des enfants en bas-âge
La plupart des publicités destinées au grand-public utilisent un discours, des arguments, des personnages, et un ton particulièrement infantilisant, souvent proche du débilitant, comme si le spectateur était un enfant en bas-âge ou un handicapé mental. Exemple typique : la campagne TV française pour le passage à l’Euro (« les jours euro »). Plus on cherchera à tromper le spectateur, plus on adoptera un ton infantilisant. Pourquoi ? « Si on s’adresse à une personne comme si elle était âgée de 12 ans, alors, en raison de la suggestibilité, elle aura, avec une certaine probabilité, une réponse ou une réaction aussi dénuée de sens critique que celles d’une personne de 12 ans. » (cf. « Armes silencieuses pour guerres tranquilles »)

6 – Faire appel à l’émotionnel plutôt qu’à la réflexion
Faire appel à l’émotionnel est une technique classique pour court-circuiter l’analyse rationnelle, et donc le sens critique des individus. De plus, l’utilisation du registre émotionnel permet d’ouvrir la porte d’accès à l’inconscient pour y implanter des idées, des désirs, des peurs, des pulsions, ou des comportements…

7 – Maintenir le public dans l’ignorance et la bêtise
Faire en sorte que le public soit incapable de comprendre les technologies et les méthodes utilisées pour son contrôle et son esclavage. « La qualité de l’éducation donnée aux classes inférieures doit être de la plus pauvre sorte, de telle sorte que le fossé de l’ignorance qui isole les classes inférieures des classes supérieures soit et demeure incompréhensible par les classes inférieures. » (cf. « Armes silencieuses pour guerres tranquilles »)

8 – Encourager le public à se complaire dans la médiocrité
Encourager le public à trouver « cool » le fait d’être bête, vulgaire, et inculte…

9 – Remplacer la révolte par la culpabilité
Faire croire à l’individu qu’il est seul responsable de son malheur, à cause de l’insuffisance de son intelligence, de ses capacités, ou de ses efforts. Ainsi, au lieu de se révolter contre le système économique, l’individu s’auto-dévalue et culpabilise, ce qui engendre un état dépressif dont l’un des effets est l’inhibition de l’action. Et sans action, pas de révolution !…

10 – Connaître les individus mieux qu’ils ne se connaissent eux-mêmes
Au cours des 50 dernières années, les progrès fulgurants de la science ont creusé un fossé croissant entre les connaissances du public et celles détenues et utilisées par les élites dirigeantes. Grâce à la biologie, la neurobiologie, et la psychologie appliquée, le « système » est parvenu à une connaissance avancée de l’être humain, à la fois physiquement et psychologiquement. Le système en est arrivé à mieux connaître l’individu moyen que celui-ci ne se connaît lui-même. Cela signifie que dans la majorité des cas, le système détient un plus grand contrôle et un plus grand pouvoir sur les individus que les individus eux-mêmes.

 

Seconde partie qui elle aussi va vous rappeler certains exemples bien précis…Voici donc suivant wikipedia et l’auteur de cet article les méthodes utilisées et les messages possibles de la propagande :
La peur : un public qui a peur est en situation de réceptivité passive, et admet plus facilement l’idée qu’on veut lui inculquer. Par exemple, Joseph Goebbels a exploité la phrase de Théodore Kaufman, « l’Allemagne doit périr ! », pour affirmer que les Alliés ont pour but l’extermination du peuple allemand.

Appel à l’autorité : l’appel à l’autorité consiste à citer des personnages importants pour soutenir une idée, un argument, ou une ligne de conduite.

Témoignage : les témoignages sont des mentions, dans ou hors du contexte, particulièrement cités pour soutenir ou rejeter une politique, une action, un programme, ou une personnalité donnée. La réputation (ou le rôle : expert, figure publique respectée, etc.) de l’individu est aussi exploitée. Les témoignages marquent du sceau de la respectabilité le message de propagande.

Effet moutonnier : cet appel tente de persuader l’auditoire d’adopter une idée en insinuant qu’un mouvement de masse irrésistible est déjà engagé ailleurs pour cette idée. Comme tout le monde préfère être dans le camp des vainqueurs que dans la minorité qui sera écrasée, cette technique permet de préparer l’auditoire à suivre le propagandiste.

Redéfinition, révisionnisme : consiste à redéfinir des mots ou à falsifier l’histoire de façon partisane.

Obtenir la désapprobation : cette technique consiste à suggérer qu’une idée ou une action est adoptée par un groupe adverse, pour que l’auditoire désapprouve cette idée ou cette action sans vraiment l’étudier. Ainsi, si un groupe qui soutient une politique est mené à croire que les personnes indésirables, subversives, ou méprisables la soutiennent également, les membres du groupe sont plus enclins à changer d’avis.

Généralités éblouissantes et mots vertueux : les généralités peuvent provoquer une émotion intense dans l’auditoire. Par exemple, faire appel à l’amour de la patrie, au désir de paix, à la liberté, à la gloire, à la justice, à l’honneur, à la pureté, etc., permet de tuer l’esprit critique de l’auditoire. Même si ces mots et ces expressions sont des concepts dont les définitions varient selon les individus, leur connotation est toujours favorable. De sorte que, par association, les concepts et les programmes du propagandiste seront perçus comme tout aussi grandioses, bons, souhaitables et vertueux.

Imprécision intentionnelle : il s’agit de rapporter des faits en les déformant ou de citer des statistiques sans en indiquer les sources. L’intention est de donner au discours un contenu d’apparence scientifique, sans permettre d’analyser sa validité ou son applicabilité. Ces imprécisions peuvent se glisser dans le système juridique, sous forme d’un droit mou, poussant à la communication en vue d’obtenir des informations, tout en influençant l’opinion publique.

Transfert : cette technique sert à projeter les qualités positives ou négatives d’une personne, d’une entité, d’un objet ou d’une valeur (un individu, un groupe, une organisation, une nation, un patriotisme, etc.) sur un tiers, afin de rendre cette seconde entité plus (ou moins) acceptable. Cette technique est utilisée, par exemple, pour transférer le blâme d’un camp à l’autre, lors d’un conflit. Elle évoque une réponse émotive qui stimule la cible pour qu’elle s’identifie avec l’autorité reconnue.

Simplification exagérée : ce sont des généralités employées pour fournir des réponses simples à des problèmes sociaux, politiques, économiques, ou militaires complexes.

Quidam : pour gagner la confiance de son auditoire, le propagandiste emploie le niveau de langage et les manières (vêtements, gestes) d’une personne ordinaire. Par projection, l’auditoire est aussitôt plus enclin à accepter les positions du propagandiste, puisque celui-ci lui ressemble.

Stéréotyper ou étiqueter : cette technique utilise les préjugés et les stéréotypes de l’auditoire pour le pousser à rejeter l’objet de la campagne de propagande.

Bouc émissaire : en jetant l’anathème sur un individu ou un groupe d’individus, accusés à tort d’être responsables d’un problème réel (ou supposé), le propagandiste peut éviter de parler des vrais responsables, et n’a pas à approfondir le problème lui-même.

Slogans : un slogan est une brève expression, facile à mémoriser et donc à reconnaître, qui permet de laisser une trace dans tous les esprits.

Glissement sémantique : technique consistant à remplacer une expression par une autre afin de la décharger de tout contenu émotionnel et de la vider de son sens (euphémisme). Le glissement sémantique peut à l’inverse renforcer la force expressive pour mieux émouvoir l’auditoire. Exemples : « frappe aérienne » à la place de « bombardement », « dommages collatéraux » à la place de « victimes civiles », « libéralisme » à la place de « capitalisme », « loi de la jungle » à la place de « libéralisme », « solidarité » à la place d’« impôt », « pédagogie préventive » à la place de « répression policière », « intervention humanitaire préventive » à la place d’« intervention militaire ».

Pour ceux qui souhaiteraient en savoir un peu plus, il suffit de visiter la source d’une partie de cet article qui se trouve ici: syti.net

Dans quel monde vit-on ? La montée de la peur...
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18 juillet 2016 1 18 /07 /juillet /2016 22:58
Dans l’horreur, raison garder et exercer ! Quatre jours après l’attentat qui a plongé sa ville natale « dans le chaos de la violence mondiale », le philosophe André Tosel analyse la situation politique actuelle pour mieux sortir de cette spirale meurtrière !

André Tosel, philosophe - Lundi, 18 Juillet, 2016 - Albert Facelly pour l'Humanite Dimanche

Quatre jours après l’attentat qui a plongé sa ville natale « dans le chaos de la violence mondiale », le philosophe André Tosel analyse la situation politique actuelle pour mieux sortir de cette spirale meurtrière.

L’histoire bégaye. Par trois fois, la France a été frappée d’attentats innommables qui massacrent des victimes innocentes de tout âge et de toute condition. La compassion et l’indignation ne peuvent être que nos premières réactions. Il nous faut d’abord respecter le temps du deuil et non pas engager des polémiques obscènes comme celles des élus de la droite hégémonique dans les Alpes-Maritimes alors que les dépouilles des victimes ne sont pas inhumées. Ainsi, Christian Estrosi fait sans vergogne son marché électoral en déplorant l’insuffisance des services de sécurité surpris par une forme d’attaque inédite, et Éric Ciotti, sans davantage de pudeur, reprend son antienne de défenseur de la civilisation chrétienne libérale contre la barbarie (effective, bien sûr) de l’acte meurtrier. Tous deux oublient que leur mentor Nicolas Sarkozy a supprimé des milliers de postes de policiers pour des raisons d’économie et a laissé se dégrader la situation des populations les plus démunies, notamment les plus jeunes qui sont les plus tentés par la rage et la radicalisation. La promesse de passer au karcher les délinquants n’a rien de républicain ni de social.

Une des pires conséquences de ce crime pourrait être de réduire au silence la raison sous l’injonction d’unité obéissante émanée du pouvoir politique et d’empêcher la compréhension de ce qui peut paraître incompréhensible. Un Tunisien vivant et travaillant à Nice depuis des années, affecté de troubles de caractère, s’est, en effet, transformé en quelques mois de petit délinquant en islamiste, présenté par Daech comme un soldat de l’islamisme le plus radical, capable de mourir pour la cause du califat universel dans la lutte contre l’Occident mécréant et impérialiste. Il faut comprendre que l’émergence de l’« État islamique » relève d’une stratégie réfléchie au contenu volontairement effrayant, exposée dans un ouvrage de 2004, signé d’Abu Bakr Naji, traduit sous le titre Gestion de la barbarie en 2007 (Éditions de Paris, Versailles). La traduction anglaise rend plus visible la modernité de l’intention en évoquant le « Management of Savagery » qui est défini comme l’étape la plus critique que doit traverser la réalisation de l’oumma, c’est-à-dire de la communauté universelle de l’islam mondialisé. Cette entité politique n’a rien d’archaïque en ce qu’elle se veut une alternative à la mondialisation identifiée à la domination de l’Occident colonisateur, corrompu, antimusulman et impie. Elle fait de ses adversaires musulmans, sunnites ou autres, des hérétiques à éliminer ou soumettre comme les mécréants. Daech n’est pas anticapitaliste de principe ; il se veut protecteur social de ses membres obéissants ; il sait gérer les compromis avec les forces locales, user de l’arme du pétrole et amasser un capital prédateur. La violence, la cruauté, la terreur, le massacre sont des moyens nécessaires qui, relayés par la mise en spectacle assurée par les médias contemporains, imposeront au monde l’ordre du jour de Daech.

Ainsi une stratégie de guerre anti-occidentale se fait explicitement stratégie d’hyperviolence et d’horreur volontaires exigées par la foi. Comment expliquer le succès de cette stratégie dans des franges déterminées de la jeunesse française qui n’est pas nécessairement musulmane pratiquante ? On doit se contenter d’énoncer en gros les causes complexes qu’il faudrait analyser finement.

 

Dessin d'Edmond Baudouin

Dessin d'Edmond Baudouin

Tout d’abord, Daech profite du vide laissé par la disparition de cette alternative de dimension mondiale que fut le communisme abhorré des intégristes. Il en abandonne l’anticapitalisme internationaliste et la dimension éthico-politique du commun. Il en est la caricature, mais il sait capitaliser la rage des populations stigmatisées comme ethnies inassimilables, vouées à subir les inégalités de leur condition subalterne et les discriminations imposées par les dirigeants occidentaux. Il est invincible à toute revendication de laïcité si celle-ci dégénère en laïcité punitive, réduite au rang de pièce du patrimoine national exclusif et est sacralisée comme partie de l’héritage chrétien.

Dans le cadre d’une concurrence impitoyable émergent les stratégies impériales rivales des quelques grands États-nations pour l’hégémonie et l’appropriation des ressources conduisant à des états de guerres multiples. S’ensuivent l’affaiblissement de certains États, voire leur disparition, et celle de leur fonction relativement protectrice, la production d’un chaos ouvrant des brèches pour le surgissement d’entités politiques radicales compensatoires fondées sur le ressentiment et la haine de l’autre et légitimée, sur des bases confessionnelles (sunnites versus chiites au Moyen-Orient musulman).

Dans le cadre de l’Union européenne se généralisent l’imposition de politiques néolibérales organisant le chômage, l’exploitation de la force de travail internationale, la pénalisation des États endettés et la réduction de leur souveraineté à peu de choses (voir la Grèce), la destruction par la mise en concurrence des solidarités ouvrières, la racisation des conflits sociaux en conflits identitaires, la fragmentation du monde du travail sous le joug d’un capital de plus en plus autonome.

Dans le cadre de la France s’aggrave le maltraitement général de la jeunesse populaire des villes : absence d’avenir et de sens, stigmatisation des populations musulmanes françaises « de papier », montée des racismes opposant la population majoritaire française, dite de souche, apeurée par la menace de l’invasion étrangère qu’accrédite le terrorisme, et les populations musulmanes minoritaires de plus en plus insécurisées. Tout se passe comme si Daech visait l’émergence de réactions violentes des populations majoritaires blanches afin de créer un état permanent de quasi-guerre civile qui justifierait son anti-occidentalisme et sa cruauté comme contre-violence.

Le renforcement nécessaire des mesures de sécurité ne suffira pas à changer la situation. Les grandes puissances ne créent pas les conditions de l’affaiblissement durable de la victoire militaire sur Daech car la politique néolibérale n’attaque pas les causes de la fascination vénéneuse que peut exercer le radicalisme islamique sur leur territoire. Elle est en réalité la cause majeure d’un effet qui est son double sanglant. La politique de compétitivité et de restriction économique suivie par la droite et le PS n’a rien pour apaiser la rage et le dégoût qu’éprouve une partie de la jeunesse, entrée en émeutes réelles ou virtuelles depuis les émeutes de 2005. Elle est impuissante à dissiper le scepticisme légitime de cette jeunesse quant aux capacités sociales et culturelles des politiques suivies par le parti unique de la droite – incluant le PS – et ses factions rivales.

Nice n’a pas été choisie, hélas, au hasard par la criminelle stratégie de Daech. Elle a été frappée comme un symbole de ce que hait le radicalisme islamiste : capitale nationale et internationale de cette grande entreprise hyperrentable qu’est le tourisme. Sous l’action de forces économiques et politiques dominantes néolibérales subtilement racistes, Nice est devenue une capitale du tourisme national et international, une ville de consommation de loisirs de masse et de spéculation immobilière, plus intéressée par le football et son super-stade que par le devenir de ses populations laborieuses, surtout de celles de confession musulmane. Faut-il rappeler que la mairie de Nice a refusé d’autoriser la construction d’une mosquée (400 places) et que seule la rigueur républicaine du préfet a permis son ouverture et le respect de la loi de laïcité ? Faut-il souligner que les responsables politiques de l’hyper-droite hégémonique ont refusé l’extension de la ligne n° 1 de tram au quartier populaire de l’Ariane, jugé racialement dangereux, en stigmatisant et pénalisant ainsi les habitants de ce quartier et en faisant apparaître que les citoyens français musulmans ne sont pas des citoyens comme les autres ? Comment accepter qu’à Nice parade en toute impunité une extrême droite identitaire qui se flatte d’organiser des soupes au porc pour les pauvres afin que les musulmans refusent de les consommer ?

Tout ceci n’ôte rien évidemment au refus radical de la violence terroriste. Tout ceci plaide pour que naisse à Nice et en France et ailleurs une radicalité sociale et culturelle, politique et économique, qui puisse créer un espace commun interculturel de réflexion et de proposition, une dynamique de lutte réunissant Niçois et non-Niçois, Français musulmans ou non, résidents de toute couleur et confession. Il y a urgence avant que ne se franchisse à Nice même un autre pas vers l’abîme de la haine. Il faut penser les raisons de cette haine de l’Occident et les conjurer. L’Occident a beaucoup à faire de son côté pour changer radicalement la politique aveugle qui le conduit dans le mur et qui fait de ses dirigeants des somnambules cyniques. N’oublions pas, en effet, que l’Occident attire autant qu’il repousse, comme nous le rappelle sur la Côte d’Azur même l’exode massif des réfugiés qui fuient la guerre et la misère pour venir s’échouer sur nos rivages au péril de leur vie. Pendant que nous pleurons comme il se doit nos morts et rendons le dernier hommage dû aux vies sacrifiées dans ce carnage abject, aujourd’hui, entre Menton et Vintimille, à la frontière franco-italienne, s’entassent un millier de réfugiés privés de tout et secourus par les organisations humanitaires. Cela se passe dans l’indifférence générale. Les autorités françaises locales et nationales sont avant tout soucieuses de refouler ces indésirables, et l’Union européenne a pour souci de les marginaliser et achève ainsi discréditer un peu plus l’humanisme dont elle se prévaut hypocritement. Il ne s’agit pas d’opposer ces deux situations inverses l’une de l’autre, il s’agit de prendre la mesure d’une conjoncture d’ensemble caractérisée par l’excès de ce qu’on pourrait nommer l’inhumain dans l’humain et d’y porter remède. Il s’agit d’inventer une politique de la solidarité contre l’hypercapitalisme et les terrorismes, contre les barbaries de l’un et des autres et de produire du commun.

Nice a un grand effort à accomplir pour apprendre la solidarité citoyenne et la fraternité active.

La tragédie vécue, la plus grande de son histoire, devrait l’inviter à se reconnaître dans les héros de la radicalité solidaire qu’ont été Blanqui et Garibaldi, non dans les chefs populistes des clientèles affairistes et racistes qui scandent une histoire trop souvent dépourvue de dignité éthique et politique.

 

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17 juillet 2016 7 17 /07 /juillet /2016 23:31
  La résistante communiste Raymonde Tillon-Nédelec est décédée à l'âge de 100 ans, elle était la dernière survivante des 33 premières femmes élues députées en 1945 à la première Assemblée Constituante de la IVe République.

La résistante communiste Raymonde Tillon-Nédelec est décédée à l'âge de 100 ans, elle était la dernière survivante des 33 premières femmes élues députées en 1945 à la première Assemblée Constituante de la IVe République.

Eugenie Barbezat - Dimanche, 17 Juillet - Humanite.fr

 

Née Raymonde Barbé le 22 octobre 1915 à Puteaux (Hauts-de-Seine), elle avait épousé en 1935 Charles Nédelec, militant communiste, et était devenue députée communiste des Bouches-du-Rhône sous ce nom de 1945 à 1951, avant de se marier en secondes noces avec Charles Tillon, dirigeant du PCF, ministre puis exclu du Bureau politique du PCF en 1952 et mort en 1993.

Entrée tôt dans la Résistance, elle avait été arrêtée le 31 mars 1941 et condamnée à vingt ans de travaux forcés par le tribunal maritime de Toulon, selon sa biographie sur le site de l'Assemblée nationale.

Emprisonnée tour à tour à Marseille, Toulon et Lyon, elle avait été livrée aux Allemands en juin 1944 et déportée d'abord à Sarrebruck puis au camp de Ravensbrück. Affectée dans une usine de guerre de Leipzig, elle avait réussi à s'évader le 20 avril 1945 et à regagner Marseille.

Elle était alors devenue députée. En 2005, elle avait témoigné auprès de l'AFP, rappelant son émotion lors de son élection 60 ans auparavant. « On était émues. Les femmes étaient reconnues comme des citoyennes, en tenant compte de leur travail dans la Résistance », s'était-elle félicitée. « Nous étions de partis différents. Mais toutes nous nous disions: enfin ! ».

 

Dans un communiqué de l'Elysée, le président de la République a salué « le parcours exemplaire de cette femme », qui s'était « engagée très jeune dans l'action syndicale et politique ». Le président de l'Assemblée nationale, Claude Bartolone, a également rendu hommage à « son esprit de liberté, sa soif de justice et sa lutte contre l'arbitraire sous toutes ses formes ». Il a rappelé  que la chambre basse avait rendu hommage à ces 33 « combattantes » lors d'une exposition l'an dernier.

 

D'ailleurs, la comedienne et auteure Sylvie Gravagna s'est inspirée de cette pionnière pour créer l'un des personnages de sa pièce documentaire « Une vraie femme », qui dresse avec humour un tableau tout en nuances de la condition des femmes dans l'après guerre. A voir en ce mois de juillet, chaque jour pair à 11h au cinéma Utopia Republique dans le cadre du festival off d'Avignon. 

 

Lire aussi : le portrait de Raymonde Tillon par l'historien Charles-Louis Foulon* à l'occasion de son centenaire.

* Auteur de la postface des Mémoires de Raymonde Tillon, J’écris ton nom, Liberté. Éditions du Félin. 2002

 

AFP

AFP

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