Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
13 février 2017 1 13 /02 /février /2017 22:05
D'Aulnay à Bobigny un seul cri : « Justice pour Théo »

D'Aulnay à Bobigny un seul cri : « Justice pour Théo »

Lundi, 13 Février, 2017 – L'Humanité - L'Éditorial par Michel Guilloux.

Vérité et justice. Voilà en deux mots ce que réclament les habitants d’Aulnay-sous-Bois et les milliers de personnes, singulièrement jeunes, qui se sont réunis samedi en soutien au jeune Théo. Un crime a été commis, un viol pour nommer les choses, à moins d’expliquer autrement ce qui peut aboutir à un déchirement anal de dix centimètres intervenu lors d’une interpellation. Depuis la mort de Zyed et Bouna et dix ans de procédure pour rien, jusqu’à celle d’Adama Traoré, l’été dernier, est-il infondé de penser que le sentiment de racisme et d’injustice s’enracine sur une réalité de terrain ? Quiconque a la moindre indulgence envers ce qui s’est passé là nourrit les pires dérives antirépublicaines et antidémocratiques. Nombre de manifestants contre la loi travail, dont nombre de lycéens, en ont d’ailleurs été aussi les cibles.

Certains avaient émis la promesse de récépissés pour les contrôles d’identité. Enterrée, comme tant d’autres. Mais casser le thermomètre fait-il disparaître la fièvre d’une double discrimination : raciste et sociale ? Pourquoi le jeune animateur a-t-il été arrêté ? Parce qu’il passait par là ? Parce qu’il avait la peau sombre ? Ou pour les deux ? Et pour faire du chiffre. Cette politique, inaugurée par un Nicolas Sarkozy, avait l’« avantage » de passer par pertes et profits ses coupes dans les moyens de la police comme de la justice. Sans effet, et pour cause, sur les trafics.

Qui peut prétendre que l’absence d’une police proche et au service des citoyens ne nourrit pas la défiance? Que la fermeture systématique des services publics, là comme en zones rurales, n’a aucune incidence sur le « vivre ensemble », formule devenue gargarisme de salon ? Et que la casse industrielle, comme à PSA Aulnay, n’a aucun effet sur la région et la désespérance dans laquelle on enferme des générations entières ? Question subsidiaire : peut-on vanter la loi du fric comme unique valeur, donner des milliards d’argent public sans contrôle aux rentiers et prédateurs sans en retirer autant aux dépenses utiles à la nation et à ses enfants ? De tous côtés, il est urgent d’œuvrer ensemble pour contrer ces logiques mortifères qui gangrènent toute notre société.

Conclusions de l'Observatoire des Violences Policières Illégitimes du Puy-de-dôme sur les circonstances de la mort de Wissam El Yamni

 

L'affaire Wissam El Yamni
Les faits se sont déroulés dans le quartier de La Gauthière à Clermont-Ferrand, dans la nuit du 31 décembre au 1er janvier 2012.  Ce qui aurait dû rester une " fête " réunit des jeunes sur un parking avec de la musique, de l'alcool, du cannabis … Les événements s'enclenchent quand l'un d'eux, Wissam El Yamni, lance une pierre sur une voiture de police. Il sera appréhendé, subira plusieurs fractures, et arrivera inanimé au commissariat, avant d'être transporté à l'hôpital où il décédera le 9 janvier.
Avec un point de départ somme-toute banal, comme beaucoup d'affaires de ce genre, suivie d'une simple course poursuite, nous ne comprenons pas qu'une intervention respectueuse du code de déontologie puisse aboutir à la mort de la personne interpellée.

 

Situation de l'affaire en  janvier  2017  et conclusions.
Après avoir écarté sommairement les contre-avis médicaux sérieux apportés par les avocats une fin d'instruction est annoncée et serait motivée par des expertises médicales contestées plutôt que par des éléments d'enquête relative aux faits.
De notre point de vue, les responsabilités du décès de Wissam El Yamni restent pourtant à établir.
Pour cette affaire comme pour beaucoup d'autres affaires de violence policière, l'établissement de la vérité semble très difficile parce que semé d'obstacles.
C'est ce qu'expliquait le sociologue Laurent Mucchielli dans La Montagne du 12 janvier 2012 :  " …  Quelles que soient les responsabilités, côté policiers,il y a très vite un mur du silence et une communication institutionnelle disant :  « On n'y est pour rien, les jeunes ont été agressifs »  …
C'est aussi ce qu'évoque Laurent Bonelli,  maître de conférence en science politique, dans La Montagne du 7 novembre 2012  : …/... "Comme les autres « affaires » de même type, [cette affaire] est singulière. Elles sont toutes singulières. Cependant je crains hélas qu’elle ne s’inscrive dans une longue liste.   Même fond, même mécanismes de défense : il se droguait, il a provoqué la police…, même système de justification, même ligne narrative. " …/...
Les contrôles de la "police des polices", l'IGPN 1, souvent efficaces pour les dérives, maffieuses par exemple, semblent très insuffisants en cas de violences policières. Les interdépendances entre la police et les parquets compliquent encore la situation.

 

 
Repost 0
L'HUMAIN AVANT TOUT Canton de Pont-du-Château - dans Société Billet d'humeur
commenter cet article
28 janvier 2017 6 28 /01 /janvier /2017 19:58
Il y a 15 ans, le 21 septembre 2001, à 10h17, l’usine AZF de Toulouse était détruite par l’explosion d’un stock de près de 300 tonnes de nitrate d’ammonium. Bilan : 31 morts et quelque 3 000 blessés, 27 000 logements endommagés, 3 500 entreprises touchées ainsi que de nombreux bâtiments publics, dont 120 établissements scolaires !

Il y a 15 ans, le 21 septembre 2001, à 10h17, l’usine AZF de Toulouse était détruite par l’explosion d’un stock de près de 300 tonnes de nitrate d’ammonium. Bilan : 31 morts et quelque 3 000 blessés, 27 000 logements endommagés, 3 500 entreprises touchées ainsi que de nombreux bâtiments publics, dont 120 établissements scolaires !

Bruno Vincens - Jeudi, 26 Janvier, 2017 - L'Humanité

Image floue, absence de son, manque de moyens techniques :  la retransmission du procès AZF tourne au fiasco.
 

L’explosion de l’usine AZF, en 2001, a eu lieu à Toulouse mais le procès en appel de cette catastrophe se tient à Paris. Pas très commode pour les milliers de victimes parties civiles. Pour calmer leur colère, le ministère de la Justice leur a promis que les audiences seraient diffusées en direct dans une salle toulousaine. Les avocats du groupe Total ont obtenu qu’aucune intervention dans les débats ne soit possible depuis Toulouse. Mardi, à l’ouverture du procès, de nombreux Toulousains affluent donc vers le centre de congrès Pierre-Baudis pour suivre les débats. Première mauvaise surprise : seuls deux portiques de sécurité ont été mis en place, ce qui allonge les files d’attente à l’entrée, d’autant que chacun doit subir une fouille minutieuse. Vers 13 h 30 on croit deviner sur le grand écran que le procès débute : l’image est floue, de très mauvaise qualité… et pendant les premiers instants il n’y a pas de son. Puis on entend enfin la voix de la présidente du procès, Claudine Forkel. La retransmission des débats s’avère vite préhistorique : une seule caméra fonctionne et le réalisateur ne connaît que le plan fixe, serré. Les frères Lumière auraient fait mieux ! Apparaissent uniquement à l’écran Claudine Forkel et ses deux assesseures.

Seule la présidente possède un micro : on entend ses questions mais pas les réponses de mystérieuses personnes restées hors champ. Qui a parlé ? Qu’est-ce qu’il a dit ? Bref, impossible de suivre les débats. En cours d’audience, la liaison s’interrompt et l’écran devient désespérément vide. Puis l’image revient, mais ne sauve pas cette retransmission du fiasco. À la fin de l’audience, plusieurs parties civiles expriment leur mécontentement : « Inadmissible ! » Le ministère de la Justice va-t-il maintenant tenir son engagement et assurer une véritable retransmission des débats ?

Repost 0
L'HUMAIN AVANT TOUT Canton de Pont-du-Château - dans Société
commenter cet article
14 janvier 2017 6 14 /01 /janvier /2017 20:20
Éclairage public, toujours plus lumineux malgré l’obligation d’éteindre ! Spéciale dédicace aux élu-e-s municipaux !

Daniel Roucous - l'Humanité - Mercredi, 21 Décembre, 2016

L’éclairage public ne cesse d’augmenter et de polluer notre existence et celle de la faune. Pourtant, depuis le 1er juillet 2013, la loi oblige à mettre la lumière en veilleuse.

Il faut savoir qu’en France, le nombre de points lumineux de l’éclairage public a augmenté de 89% entre 1992 et 2012, en ville comme en périurbain et à la campagne. Et ça ne s’arrange pas selon une etude-ANPCEN et les derniers chiffres de l’Ademe : + 2 millions de points lumineux en 2014, autant en 2015 ! Conséquences (vous le lirez dans le rapport ci-dessus) :

- pollution lumineuse puisque même le moindre recoin d’un parc est éclairé ( !),

- effets des ampoules « LEDS » à forte composante de lumière blanche et bleue sur le sommeil et donc la santé,

- destruction de la faune au premier rang desquels les insectes et les oiseaux.

Et pourtant, mettre l’éclairage nocturne en veilleuse est une obligation légale depuis le 1er juillet 2013 que peu de communes, entreprises et bâtiments publics respectent. Surtout que la réglementation est assortie de nombreuses dérogations.

 

La réglementation sur l’éclairage en ville

Afin de limiter les nuisances lumineuses et les consommations d’énergie, l’éclairage nocturne  de tous bâtiments non résidentiels publics comme privés est interdit depuis le 1er juillet 2013, tout au moins réglementé par arrete-du-25-janvier-2013 et sa circulaire-du-5-juin-2013-ministere-de-l-ecologie

Cela indépendamment de la réglementation relative à leclairage-des-enseignes-publicitaires qui impose leur extinction entre 1 et 6 heures du matin.

Trois cas d’interdiction absolue d’éclairer la nuit :

- dans  les bureaux, les lumières intérieures émettant vers l’extérieur et bien entendu les lumières extérieures doivent être éteintes une heure après le départ du dernier salarié et au plus tard à 1 heure du matin ;

- les vitrines des magasins devront être éteintes au plus tard à 1 heure du matin et ne pourront être allumées qu’à partir de 7 heures ou une heure avant le début de l’activité si celle-ci s’exerce plus tôt ;

- les façades des bâtiments publics (écoles, mairies etc.) ne pourront être éclairées qu’à partir du coucher du soleil jusqu’à 1 heure du matin.

Les maires sont concernés parce qu’ils devront veiller à ce que l’éclairage nocturne soit mis « en veilleuse » en mettant les contrevenants à l’amende s’ils ne se conforment pas à la loi (suspension du fonctionnement des sources lumineuses + 750 euros). Ils devront aussi veiller à l’extinction des feux des bâtiments communaux et mairies sous peine de se faire rappeler à l’ordre par les préfets.

 

Dérogations et exemptions

Le préfet peut, par arrêté, décider de déroger à ces obligations dans les cas suivants et eux seuls :

- les veilles des jours fériés et chômés y compris locaux,

- durant les illuminations de Noël,

- lors d’événements exceptionnels à caractère local définis par arrêté préfectoral,

- dans les zones touristiques d’affluence exceptionnelle ou d’animation culturelle permanente (sous réserve de faire respecter la législation sur le bruit).

Il va de soi que la loi ne s’applique pas (ce n’est pas le couvre-feu même en cette période d’état d’urgence) dans les cas suivants :

- l’éclairage intérieur des habitations mais éviter de laisser la lumière extérieure du jardin allumer toute la nuit (éclairage résidentiel) ;

- l’éclairage destiné à assurer la sécurité des bâtiments ;

- les éclairages publics de voirie.

 

 

INFOS +

- Brochure du ministère de l'écologie eclairer-pour-rien-nuit-la-nuit

- éclairage public réponses à vos questions sur les extinctions-lumineuses

- pollution lumineuse bilan

 

 

Repost 0
L'HUMAIN AVANT TOUT Canton de Pont-du-Château - dans Société
commenter cet article
12 janvier 2017 4 12 /01 /janvier /2017 21:06
SYNDICAT CGT  COMMERCE DISTRIBUTION SERVICES Du PUY de DÔME  - CORA : Suites

Les bonnes nouvelles se suivent....

 

En effet, après que la CGT ai obtenu le report de l'ouverture dominicale chez CORA, obtenu la fermeture de 2 dimanches en fin d'année et la diminution du nombre de dimanche travaillé par salarié, le juge d'instance vient de rendre sa décision relative à la demande d'annulation de la désignation de Brigitte SAVIGNAT en qualité de représentante syndicale CGT par la direction de CORA Lempdes...

 

Verdict: Le tribunal d'instance reconnait officiellement l'existence de la section syndicale CGT sur l'établissement CORA de Lempdes et dit qu'il n'y a pas lieu d'annuler la désignation de Madame Brigitte SAVIGNAT en qualité de représentante syndicale CGT.

 

Par conséquent, depuis le 10 novembre 2016, la CGT était et est parfaitement légitime à intervenir, par tous les moyens, au sein de l'établissement CORA dans le cadre de la défense des intérêts tant individuels que collectifs de tous les salariés de cet hypermarché.

 

Repost 0
L'HUMAIN AVANT TOUT Canton de Pont-du-Château - dans Société
commenter cet article
5 janvier 2017 4 05 /01 /janvier /2017 20:31
Les salarié-es de Cora en grève en octobre !

Les salarié-es de Cora en grève en octobre !

DIMANCHE 8 JANVIER 2017 à 9H, Cora sera le 1er hypermarché du département à ouvrir ses portes TOUS les dimanches et privera ainsi des centaines de salariés du repos dominical.


C'EST UNE PREMIÈRE SUR LE DÉPARTEMENT !



À cette occasion, la CGT, le PCF appellent à un grand rassemblement à l’entrée de CORA LEMPDES entre 9h et midi ce 8 Janvier pour dénoncer cette régression sociale.
 


ÉLU-E-S – CITOYEN-NE-S – MILITANT-E-S – SALARIÉ-E-S – RETRAITÉ-E-S... TOUTES ET TOUS CONCERNÉ-E-S POUR DÉFENDRE LE REPOS DOMINICAL !



A DIFFUSER LARGEMENT !

On ne LÂCHE rien, ni personne !

Décryptage :

La position de la CGT [position que nous partageons complètement, Ndlr] sur le travail du dimanche

Elle est souvent caricaturée par des médias complaisants ou peu informés et décrite comme étant ringarde et rétrograde, sans prise avec la réalité. La CGT aurait la volonté d’entraver la liberté de travail des salariés…

Le prétendu effet bénéfique sur l’emploi.
L’ouverture des magasins le dimanche ne crée pas d’emplois. Cela est démontré à la fois par les statistiques et par la simple… logique : le pouvoir d’achat des consommateurs n’est pas extensible. Quel que soit le jour de la semaine où il effectue ses achats, un consommateur qui dispose de 50€ pour effectuer ses achats ne disposera que de…50€ ! Pas plus de pouvoir d’achat signifie pas plus de chiffre d’affaires. Et pas plus de chiffre d’affaires (globalement) signifie pas plus d’emplois, (à moins que les patrons ne soient soudain devenus philanthropes).
L’ouverture de certains magasins le dimanche crée de l’emploi, précaire, dans ces magasins et détruit des emplois stables chez ceux qui n’ouvrent pas.


Sur les salariés « volontaires »
Les salariés « volontaires » se divisent en trois catégories :

 

- Ceux qui n’ont pas le choix : dans beaucoup d’enseignes, l’acceptation du travail du dimanche figure sur le contrat de travail. On peut sans difficulté imaginer que le postulant qui refuse ne sera pas embauché.

- Ceux qui sont séduits par les majorations de salaires. Le code du travail ne prévoit ces majorations que pour les ouvertures « exceptionnelles ». La cour de cassation a récemment décidé qu’en cas d’ouverture habituelle, la majoration n’était pas due. La proposition de loi Lellouche prévoit une majoration maximale de 100% mais… pas de minimum. Il suffira au patron, pour respecter la loi, de majorer le salaire de 10 centimes d’euro par dimanche travaillé. Cette hypothèse n’est pas fantaisiste car le « choix » de travailler le dimanche résultera d’une négociation individuelle entre le salarié et le patron. Enfin, nous l’avons vu, la « garantie » donné par la proposition de loi « Karoutchi » ne tient que tant que la loi ne sera pas modifiée.


- Les catégories de salariés qu’un travail limité au week-end peut tenter, comme certains étudiants, par exemple. Outre le fait que la somme d’intérêts particuliers peut contrevenir à l’intérêt collectif, nous n’estimons pas que la meilleure façon de financer ses études soit de travailler en magasin le week-end. Un tel travail génère de l’échec et beaucoup de salariés de nos secteurs sont d’anciens étudiants qui ont fini par abandonner leurs études. Nous pensons que des bourses d’études suffisantes seraient une solution beaucoup plus adaptée à leurs besoins.

 

DIMANCHE 8 JANVIER 2017 à 9H, Cora sera le 1er hypermarché du département à ouvrir ses portes TOUS les dimanches !
DIMANCHE 8 JANVIER 2017 à 9H, Cora sera le 1er hypermarché du département à ouvrir ses portes TOUS les dimanches !
Repost 0
L'HUMAIN AVANT TOUT Canton de Pont-du-Château - dans Société Politique
commenter cet article
3 janvier 2017 2 03 /01 /janvier /2017 21:41
Illustration : Boiré

Illustration : Boiré

Depuis le 1er janvier, plusieurs banques ont augmenté leurs frais bancaires de 13 % en moyenne. Alors qu’elles engrangent toujours de somptueux bénéfices, ces hausses visent à compenser  la baisse des marges résultant des faibles taux d’intérêt.

Voici le nouveau pactole des banques : les frais de tenue de compte. En 2017, les établissements bancaires vont augmenter de 13 % leurs tarifs, selon une étude de meilleurebanque.com. En 2016, ceux-ci avaient déjà explosé de 21 %, après une hausse de 34 % en 2015. Au total, à partir du 1er janvier, les clients devront débourser 24 euros en moyenne pour disposer d’un compte courant. « On a le sentiment d’être pris au piège parce que, depuis 1977, la loi nous oblige à avoir un compte bancaire et les banques nous obligent désormais à payer pour ce compte, dénonce le président de l’Association française des usagers des banques (Afub). Cela ressemble à du racket. » D’autant que, jusqu’en 2010, à de rares exceptions près, la tenue de compte était un service gratuit, en échange des dépôts que les banques recevaient de leurs clients. Mais, pour les établissements bancaires, ces frais sont devenus un élément complémentaire de leur bilan particulièrement utile lorsque les normes de rentabilité ne supportent plus le moindre petit fléchissement.

En avril dernier, les militants d’attac avaient redécoré les établissements bancaires, comme ici au Mans, pour sensibiliser l’opinion publique contre l’évasion fiscale des banques. Photo : Jean-François Monier/AFP

En avril dernier, les militants d’attac avaient redécoré les établissements bancaires, comme ici au Mans, pour sensibiliser l’opinion publique contre l’évasion fiscale des banques. Photo : Jean-François Monier/AFP

Certains établissements n’ont pas lésiné, quitte à doubler leurs tarifs. C’est le cas de La Banque postale, qui désormais appliquera un tarif de 12 euros par an à ses clients contre 6,20 euros l’an dernier. LCL a, de son côté, décidé d’épargner ses meilleurs clients, les autres payant désormais 2 euros chaque mois, alors que la banque pratiquait jusqu’ici la gratuité. Outre les frais de gestion des comptes, les augmentations concernent également les retraits en dehors des distributeurs de sa banque. Ainsi, pour une personne effectuant cinq retraits par mois, le prix moyen annuel passera de 20,28 euros à 21,20 euros, soit 4,5 % d’augmentation. À la Banque populaire, par exemple, les clients s’acquitteront d’un surcoût de 24,60 euros par an lorsqu’ils retireront du liquide dans un autre établissement, soit une hausse de 23 %. Quant à La Banque postale, le nombre de retraits gratuits par mois à un DAB d’une autre banque passera de 4 à 3. Les cartes à débit immédiat verront également leur prix grimper de 3,35 %.

« Les banques empruntent elles-mêmes à des taux quasi nuls auprès de la Banque centrale européenne »

Hausse des frais de tenue de compte, comment dire non :

Selon la loi, la banque doit vous informer du changement des tarifs. Sitôt informé, vous avez deux mois pour refuser. Pour cela, vous devez envoyer une lettre recommandée, dont le modèle est disponible sur la page Facebook de l’Association française des usagers des banques (l’Afub). L’autre possibilité consiste à changer de banque pour l’une des 18 banques sur 120, dont certaines caisses régionales du Crédit agricole ou le Crédit coopératif, qui pratiquent encore la gratuité de ses services, note l’Observatoire des tarifs bancaires. À partir du 1er février, la mobilité bancaire sera facilitée grâce à la simplification les formalités administratives. Votre ancienne banque devra communiquer la liste de vos créanciers à votre nouvelle banque. Elle disposera de 5 jours ouvrés pour s’exécuter.

Clotilde Mathieu

Journaliste à la rubrique social-économie de l'Humanité

Repost 0
L'HUMAIN AVANT TOUT Canton de Pont-du-Château - dans Société Economie
commenter cet article
3 décembre 2016 6 03 /12 /décembre /2016 10:04

Les visages affichaient de larges sourires ce jeudi premier décembre dans la salle Ambroise Croizat de la bourse du travail à Paris. Travailleurs et travailleuses fraîchement régularisés, syndicalistes, citoyens et politiques célébraient une double victoire contre l’esclavage moderne. Il s’agissait aussi de présenter le livre  « les 18 du 57 » de Laurent Hazgui, qui raconte en images  l’incroyable aventure humaine qu’ont représenté les dix mois de grève des coiffeuses.

Repost 0
L'HUMAIN AVANT TOUT Canton de Pont-du-Château - dans Société
commenter cet article
24 novembre 2016 4 24 /11 /novembre /2016 15:07
JEAN-PIERRE PERNAUT :  porte-parole du FN

Alors que le monde entier a l’œil rivé sur les premiers pas de Trump, Jean- Pierre Pernaut décide d’ouvrir, l'autre jeudi, son JT de 13 heures avec un « joli reportage » sur le retour de la neige dans le Jura…

Rien de surprenant quand on connaît la vision singulière de la hiérarchie de l’information de l’inamovible présentateur de TF1.

Mais voilà qu’entre un sujet sur les maraudes de la Croix-Rouge et un autre sur l’ouverture d’un centre d’accueil pour réfugiés à Paris, le chantre réactionnaire de la France éternelle lâche : « Voilà, plus de place pour les sans-abri, mais en même temps, les centres pour migrants continuent à ouvrir partout en France ».

De quoi entrevoir le fond de sa pensée, inspirée des campagnes du FN, qui colle sur les murs de l’Hexagone des affiches de type : « Julie attend un logement en résidence étudiante depuis deux ans. Hélas pour elle, Julie n’est pas migrante ».

Le présentateur le mieux payé du PAF (50 000euros par mois) s’était déjà ému, en septembre, qu’un camp de réfugiés puisse s’installer près de sa demeure de Louveciennes, banlieue cossue de l’Ouest parisien. « Rumeur insistante sur l’ouverture imminente du plus grand camp de réfugiés en France entre Versailles et Saint-Germain. Hérésie », avait-il posté sur son compte Twitter.

« Dans quel but opposer le sort des migrants à celui des sans-abri ? » s’est indignée la Licra suite aux propos du journaliste. Ian Brossat, maire adjoint communiste au logement à Paris invite le directeur adjoint de l’information de TF1 à venir visiter le centre pour SDF inauguré le 5 novembre dans le 16e arrondissement, en dépit des intimidations de la droite.

Mais le présentateur peut compter sur ses soutiens. « Honte à tous les soldats du politiquement correct qui s’attaquent à Jean-Pierre Pernaut après qu’il a osé évoquer une simple évidence », déclarait Marion Maréchal-Le Pen.

Le CSA, saisi par France TV sur « la stratégie de temps de parole » du FN, devra-t-il dorénavant comptabiliser le journal de Jean-Pierre Pernaut ?

Repost 0
L'HUMAIN AVANT TOUT Canton de Pont-du-Château - dans Société
commenter cet article
13 novembre 2016 7 13 /11 /novembre /2016 16:39
#13 novembre. Vos chansons pour résister, pour vivre !

Laurence Mauriaucourt et Enzo Mayeko - Jeudi, 10 Novembre, 2016 - Humanite.fr

Quelques heures après les attentats du 13 novembre 2015, des jeunes ont pris la parole en chansons sur internet. Une playlist pleine d’humanité.

« Puisque je ne sais faire rien d’autre qu'écrire et chanter des petites chansons, et que cela mais venu comme une pulsion, j’ai écrit cette hommage, peut être mal-adroitement peut être impudique, mais sincère. pour que jamais on oublie nos disparus, pour ne jamais oublier l’horreur qu’ils ont vécu. n’oublions pas de vivre en leurs mémoire. » Le 17 novembre 2015, Saka publie une vidéo sur Youtube. Une chanson. Sa chanson. Des mots pour dire l’horreur, l’espoir. Et comme lui, dans les heures qui ont suivi l’effroyable attentat perpétré au Bataclan, toute une jeunesse a choisi de créer pour résister.

 

Remarque : Les textes qui suivent ont été écrits par les jeunes et nous ne nous sommes pas autorisés à en corriger l'orthographe ! [Ndlr]

 

 

Certaines sont passées inaperçues, d’autres ont été plus largement partagées. L’Humanité a compilé quelques-unes de ces œuvres  nécessaires. Aucune n’a fait l’objet d’une quelconque monétisation. 

« A la mémoire de Marion, de sa sœur Anna, et de tous les autres, tombés le vendredi 13 novembre 2015 sous les balles d'enfants paumés qui souhaitaient commettre un attentat. Ils n'ont commis qu'une série de crimes. », écrit  Ka ru, qui s’est mis au piano pour interpréter son texte, dont l’intensité n’a pas échappé aux internautes. 

Arlekin a choisi d’imaginer une petite mise en scène pour illustrer la chanson où il interpelle directement ce Dieu qui laisserait donc donner la mort en son nom sur fond de drapeau tricolore. « Pourquoi tu laisses couler tout ce sans, sur des êtres innocents… ». Un internaute semble reprocher à Arlekin d’apparaître à l’image. « Je m'affiche parce que c'est moi qui la chante et pour montrer ma peine aussi je vois pas le rapport avec profiter de quoi que se soit, si tu n'aimes pas les paroles navré pourtant j'y es mis tout mon cœur ». 

Autre engagement face à l’œil de la caméra : « Je m’appelle Lucie, j’ai 18 ans, j’habite à Clermont-Ferrand ». La jeune fille met en ligne paroles et musique dès le 14 novembre 2015  « une composition personnelle, réalisée après les terribles événements du vendredi 13 novembre ». « J'ai voulu, à ma manière avec ma guitare, apporter mon soutien à toutes les victimes », explique-t-elle.

Sous le pseudo de Guitar & Glitters, à 22 ans, elle apprend la guitare. Elle reprend des chansons. Le 18 novembre 2015, elle écrit : « Je voulais faire la cover d'"Hiro" de Soprano depuis déjà un bon moment. Et puis il y a eu les attentats du 13 novembre, les larmes, la douleur, l'incompréhension, la peur... J'ai voulu prendre mon stylo pour actualiser sa chanson... » Son texte à la première personne donne une envergure historique et internationale à l’attentat.

Et puis, il y a l’hommage chanté aux victimes des attentats du vendredi 13 novembre 2015 et de janvier 2015, signé d’André Joy. Un texte original, mis en musique grâce à une reprise de la partie instrumentale de la chanson d’Adèle, « Hello ». Une webcam immortalise l’adolescente assise sur le lit de sa chambre. Une voix. Touchante. « Nous n’avons qu’une seule vie, il faut la préserver »…

Créer, dire, mettre des mots sur les émotions et les partager, c’est résister. Trois jeunes élèves du collège des Maillettes de Moissy-Cramayel (77) ont écrit les paroles de ce qu'elles ont ressenti à l'issu des attentats du 13 novembre 2015 à Paris et les interprètent. La chanson s’intitule « Debout ». Leçon d’espoir.

«  Il n’existe qu’une race, celle qu’on se met »… C’est l’une des réponses que Renaud Druel donne dans sa chanson intitulée « Dis-moi papa ». Un freestyle attachant pour se demander « pourquoi il n’y a pas que des gentils ».

« Le monde part en sucette », sous le pseudo de Gaby El Gringo, cet « ado à la guitare » libère quelques accords et installe un texte aussi accusateur  que rassembleur avec des tremolos orientaux. Une vraie voix à découvrir.

C’est sous le pseudo de Crew PS4, qu’un jeune gamer a livré lui aussi son hommage aux victimes, sur des images de jeux vidéos filmées par lui. Dès le 14 novembre 2015, le jeune garçon slame un texte dont il est l’auteur. 

Toutes ces chansons publiées sous pseudo ont libéré l’expression de leurs auteurs, de leur auditoire et celle de proches des victimes qui ont posté des messages sur les chaînes Youtube, comme celui-ci :. « ma meilleure amie est décédée au concert du Bataclan, et je vais devoir vivre avec ça toute ma vie, car, si je ne lui avais pas payé son entrée pour le concert elle serait tjs là avec moi .... pour son kdo d'anniversaire je lui ai offerte sa mort.... la vie sans elle est tellement vide, je n'arrive toujours pas à faire le deuil, je ss culpabilisée au plus au palier qui puisse exister ... je n'peux pas ... ».

De nombreux concerts avaient été annulés à Paris dans les jours qui ont suivi l’attentat, par mesure de sécurité ou parce que les artistes avaient renoncé à jouer compte-tenu des circonstances. Si de nombreux hommages ont été rendus en France et dans le monde par des artistes reconnus (Madonna, Louane et Ibrahim Maalouf, U2…), il est possible de retrouver sur la toile celui du pianiste anonyme, qui avait déplacé un piano à queue jusque devant le Bataclan le samedi 14 novembre 2015 pour jouer « Imagine » de John Lennon.

Toutes ces chansons et d’autres, sont à retrouver dans la playlist de l’Humanité.fr intitulée « #13 novembre. Vos chansons pour résister, pour vivre. »

Repost 0
L'HUMAIN AVANT TOUT Canton de Pont-du-Château - dans Société
commenter cet article
12 novembre 2016 6 12 /11 /novembre /2016 18:48
DR

DR

Marie Barbier - Vendredi, 11 Novembre, 2016 - Humanite.fr

 

Six mois de prison avec sursis ont été requis hier contre le gardien de la paix qui avait frappé un lycéen de Bergson opposé à la loi travail. Au delà de la défense maladroite du policier, le procès a mis en lumière les dysfonctionnements et l'« omerta » au sein des forces de l'ordre.

Les cris rauques résonnent dans la 10e chambre du tribunal correctionnel de Paris. :« Lève toi ! Lève toi ! ». Dans une vidéo de onze secondes, trois policiers casqués interpellent un lycéen à terre. Celui-ci, sac sur le dos, se relève avant de prendre un violent coup de poing au visage. La mère de l'adolescent, aujourd'hui sur le banc des parties civiles, cache son visage dans ses mains. 

- « Qui demande au lycéen de se lever ?, demande la présidente du tribunal.

- C'est moi », reconnaît le gardien de la paix Sofiane O. qui comparaît pour violences volontaires par personne dépositaire de l'autorité publique.

 

A la barre, loin de la brutalité de ces images, le policier de 26 ans présente bien : costume cravate, ton extrêmement poli. « C'est un malheureux concours de circonstances, se justifie-t-il. J'ai senti ses doigts sur la jugulaire de mon casque, j'ai voulu donner un coup proportionné au plexus, mais il a été poussé vers l'avant. Je ne voulais pas le frapper au visage. » Et d'ajouter : « Je ne me serais jamais permis de commettre des violences, sachant que nous sommes filmés en permanence. »

- « Lui avez-vous demandé s'il avait mal ?, poursuit la présidente.

- Il était conscient oui, mais il n'a rien dit, il y avait juste quelques gouttes de sang (à l'arrière de son crâne après sa chute, NDLR).

- C'était plutôt une flaque », précise la juge, cinglante.

Le lycéen de quinze ans est ressorti de cette manifestation avec un nez fracturé, une légère plaie à l'arrière du crâne, plusieurs ecchymoses et six jours d'incapacité totale de travail (ITT). 

 

Interrogés par l'IGPN (la police des polices), les collègues de Sofiane O. ont tous nié avoir vu un « acte de violence ». Le gardien de la paix, lui-même, a d'abord nié le coup de poing, avant de « largement modifier » sa « version des faits après avoir vu la vidéo », relève la présidente du tribunal. A l'avocat du jeune qui lui demande ce qui se serait passé si la scène n'avait pas été filmée, le policier a l’honnêteté de répondre : « J'avais l'intention de porter plainte. »

 

Le 24 mars au matin, en plein mouvement contre la loi travail, plusieurs dizaines d'élèves bloquent le lycée Bergson dans le 19e arrondissement parisien. La brigade de Sofiane O. est dépêchée sur place. Les policiers disent avoir dû gérer une « foule de 300 jeunes hostiles » et essuyé des « jets de pierre, de bouteille, de pavés ». Dans les vidéos visionnées durant l'audience, les lycéens paraissent au contraire calmes, « obéissant aux ordres de dispersion », relève une représentante de la FCPE à l'audience, qui note que « pour beaucoup, c'était la première fois qu'ils avaient une prise de conscience politique ». « Nous étions très peu en effectif pour encadrer de manière correcte la manifestation, explique pourtant Sofiane O. Nous ne sommes pas formés au maintien de l'ordre. On se débrouille... On n'a pas de protection, à part des casques défaillants hors d'usage, un bouclier par équipage... »

- « Ce sont des œufs, lui répond la présidente. Certes, ça n'est pas très agréable mais physiquement, est-ce que ça présente un réel danger ? »

- Il y avait aussi des jets de cailloux.

- Comment se fait-il que vous n'ayez pas précisé dans votre rapport et à l'IGPN que ce jeune homme avait lancé des cailloux ? ».

 

Sofiane O. assure aussi que les lycéens jetaient vers les forces de l'ordre des « paquets de farine enflammé ». « Le tribunal n'a jamais essayé de mettre le feu à un paquet de farine, comment fait-on ? » ironise, visiblement sceptique, la présidente.

 

« Dans cette affaire nous avons le schéma classique des violences policières illégitimes, plaide Me Alimi, avocat de l'adolescent. Un systématisme dans le mensonge, la manipulation et l'omerta. Tous les policiers interrogés n'ont rien vu ! Mon client a 15 ans, c'est un enfant, il a droit à la vérité. ».

 

Le procureur lui-même ne peut faire autrement que de dénoncer une « vidéo choquante » : « par l'illégitimité des faits et le jeune âge de la victime ». Mais précise que « les faits ne se résument pas à onze secondes de violence brute » : « M. O. a probablement paniqué au moment des faits ». Il requiert six mois de prison avec sursis sans inscription au casier judiciaire : autrement dit pas d'exclusion de la police pour le fonctionnaire. Le représentant du ministère public met en avant un « parcours irréprochable et un fonctionnaire conscient de la gravité de son geste ».

 

La défense demande une requalification des faits en violences involontaires, punis d'une contravention de cinquième classe (1500 euros) au lieu des trois ans de prison et 45 000 euros d'amende risqués pour des violences volontaires. « Faut-il condamner mon client pour une absence de formation ? » interroge Me David Kahn, qui regrette qu'on « l'envoie à la guerre avec un casque et un bouclier ».

 

Depuis le 24 mars, Sofiane O. n'a subi aucune sanction disciplinaire. Interdit d'exercer sur la voie publique par son contrôle judiciaire, il a simplement été muté... aux caméras de surveillance.

 

Le jugement a été mis en délibéré au 23 novembre.

 

 

Repost 0
L'HUMAIN AVANT TOUT Canton de Pont-du-Château - dans Société
commenter cet article