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28 mars 2017 2 28 /03 /mars /2017 23:06

Comment se fait-il qu’un quart de notre population, les retraités, soit aussi peu présent, voire rejeté par notre société ? Comment faire pour que les nouveaux retraités retrouvent un sens et une utilité en dehors du travail, alors qu’il leur reste des dizaines d’années à vivre ?

L’activité et l’implication sociale constituent une réponse évidente, mais les écueils sont nombreux...

Comment œuvrer pour favoriser l’activité des retraités, pour eux-mêmes, mais aussi dans l’intérêt collectif ? C'est la question que se sont posée

Pierre-Étienne Girardot et Yann Song lors d’un mémoire du Corps des mines, qui donne lieu à la parution d’un ouvrage

Les retraités, oubliés et inutiles ?

L’invasion des retraités

En mars 2015, Rama Yade, déclare sur son compte Twitter : « Vite ! un service civique... obligatoire pour les séniors. Que d’avantages pour eux, les jeunes et la société. »

Derrière cette idée, lancée en son temps par la socialiste Michèle Delaunay, se cache un constat inavouable : les retraités forment une masse pesante et inutile.

La notion de retraite, instaurée dans l’après-guerre, a en effet été complètement chamboulée par de multiples évolutions sociétales.

Il s’agissait, à l’origine, de protéger les Français du risque de pauvreté une fois trop vieux pour pouvoir travailler, à l’instar de l’assurance maladie. L’espérance de vie à la naissance dans les années 1950 et 1960 ne dépassait pas les 70 ans, et peu de personnes atteignaient l’âge de la retraite, alors de 65 ans.

Quant à ceux qui prenaient leur retraite, il ne leur restait en général que peu d’années à vivre.

Depuis, tout, ou presque, a changé. L’âge de départ en retraite a globalement diminué, alors que l’espérance de vie n’a cessé son irrésistible ascension, au rythme moyen d’un trimestre gagné tous les ans. L’équilibre démographique s’est par ailleurs inversé avec la translation du baby boom en papy boom : actuellement, un quart de la population a plus de 60 ans. Progressivement émerge une nouvelle classe d’âge de plus de 15 millions de personnes. On est maintenant à la retraite pour plusieurs décennies et en relativement bonne santé, tant et si bien que ce n’est plus une canne que l’on offre lors du pot de départ à la retraite, mais plutôt des billets d’avion pour partir au bout du monde.

 

Cachez ces retraités que je ne saurais voir

Un premier constat chiffré amène à la conclusion plutôt rassurante qu’en moyenne, ces retraités bénéficient de conditions très favorables, tant en termes de santé que de niveau de vie.

Il ne faut cependant pas s’arrêter à cette première impression. Tout d’abord, à côté des moyennes se cachent des inégalités alarmantes, dangereusement dissimulées derrière le vocable uniformisant que constitue le mot « retraité ». Que de différences entre homme et femme, rural et urbain, ouvrier et cadre !

Surtout, ce constat chiffré masque une réalité sociologique bien plus inquiétante, qui ne semble cependant pas attirer l’attention de nos dirigeants, tant il est facile de s’abriter derrière de bonnes statistiques d’espérance de vie ou de pouvoir d’achat.

 

Notre société rejette le vieillissement

Tout se passe comme si cette population de 16 millions de personnes n’existait plus socialement. Le terme de « retraité » s’utilise aujourd’hui comme un cache misère et amalgame un groupe de personnes aux profi ls extrêmement divers dont les différences de parcours, de valeurs, de santé, de catégories socio-professionnelles sont à leur paroxysme après une carrière bien remplie.

À cet égard, le découpage par tranches d’âge utilisé par la société de mesure d’audience Médiamétrie est frappant.

Alors que les plus de 60 ans sont notoirement de grands consommateurs de médias, ils sont regroupés en une seule tranche ! Les 15-60 ans sont, quant à eux, subtilement découpés en 5 classes d’âge restreintes. Ce raisonnement est pourtant fondé sur une énorme erreur. En assimilant les 60 à 100 ans dans une même catégorie que l’on nomme « retraités », la société confond un père et un fils, un résistant et un soixante-huitard ! Il en résulte évidemment une grande perte d’identité pour ces personnes.

Lorsque la société daigne les regarder, elle ne projette sur les retraités que mépris ou déni. Mépris pour ces nantis qui ont profité des Trente Glorieuses et continuent à croire que tout leur est dû, en s’obstinant à aller au supermarché le samedi alors qu’ils ont toute la semaine pour le faire... Déni du vieillissement et culture du jeunisme, à une époque où l’âge moyen de l’expert électronique du foyer ne saurait dépasser les 15 ans. Certaines publicités se moquent ouvertement des séniors, comme AXA et sa campagne sur le thème : « un coup de vieux, ça peut venir n’importe quand ». Elle présente un stéréotype d’homme âgé qui assène des « coups de vieux » aux passants. Une partie de la population retraitée peut légitimement se sentir offensée par ces publicités.

« Une politique de la vieillesse qui confine à la barbarie »

Cette phrase forte de Simone de Beauvoir est toujours d’actualité. Les politiques publiques reflètent l’opinion qu’un retraité est soit impropre au travail, soit pauvre, soit impotent.

En amont de la retraite, l’accent mis sur les préretraites a largement contribué à stigmatiser les séniors, même si l’efficacité réelle de ces dispositifs est loin d’être prouvée. Dix ans de

préretraites massives ont ancré dans le public l’idée que les séniors devaient laisser la place aux jeunes et qu’« un vieux qui part à la retraite, c’est un jeune qui trouve du travail ».

Par ailleurs, les autorités se sont concentrées sur les notions d’aide à l’autonomie ou de lutte contre la pauvreté. Cette focalisation sur les mesures d’assistance au grand âge est fondée sur le dangereux amalgame suivant lequel retraité veut dire vieux, et que vieux veut dire malade, alors même que seuls 17 % des plus de 85 ans sont dépendants.

Les retraités dynamiques, en bonne santé et aux revenus confortables, sont les grands oubliés des politiques publiques. C’est pourtant le profil type des retraités moyens, qui représentent une part significative de la population, estimée à plus de 11 millions de personnes !

 

Les entreprises marginalisent leurs séniors

La mauvaise image des retraités trouve également ses racines dans le monde de l’entreprise. La limite fatidique des 50 ans marque souvent une entrée psychologique et pratique dans la « fin de carrière » : moindres possibilités de mutation, moins de formation... Ce constat est alarmant, car, à 50 ans, la plupart des salariés ont encore devant eux un tiers de leur vie professionnelle !

Ainsi, en France, 7 % des personnes de 50 ans ou plus ont perçu une discrimination liée à l’âge en 2010, soit deux fois plus qu’en 2000, ce qui place notre pays parmi les cancres européens. Seuls 4 % des actifs français de 55 à 64 ans ont participé en 2011 à une formation liée à leur travail, à comparer à une moyenne de 7 % dans l’Union européenne et quasiment 10 % dans l’OCDE.

Il en découle pour certains séniors un sentiment de rejet et de dévaluation qui les pousse à prendre leur retraite plus tôt et pas forcément dans les meilleures conditions.

 

Les retraités eux-mêmes ne se mobilisent pas

Enfin, force est de constater que les retraités eux-mêmes s’engagent très peu pour contrer leur image plutôt négative dans la société.

On distingue trois principaux vecteurs d’expression :

- le syndicalisme retraité ;

- sur le plan institutionnel, le CNRPA (Comité national des retraités et personnes âgées), instance consultative placée auprès du ministre chargé des personnes âgées ;

- la CFR (Confédération française des retraités), structure chapeau de l’écosystème très fragmenté des associations de retraités.

Toutes ces organisations pâtissent de deux limites. Quantitativement, leur représentativité est faible : la CFR représente au mieux 1,5 millions de personnes, soit 10 % de la population retraitée, ce qui est insuffisant pour peser réellement dans le débat public.

Qualitativement, leurs prises de positions ne sortent jamais du triptyque caisse de retraite, système de santé et autonomie.

Toute revendication sur la place des retraités dans la société ou l’amélioration de leur image est malheureusement absente des débats.

 

Il est urgent d’agir !

Cette dévalorisation du statut de retraité bouleverse profondément les équilibres au sein de notre société. La situation ne fait qu’empirer de jour en jour, alimentée d’une part par le vieillissement progressif de la population, et d’autre part par l’extension inexorable du champ du numérique, qui conduit à mettre impitoyablement sur la touche ceux qui ne sont pas capables de relayer un tweet en moins d’une seconde.

Une folle dégringolade est engagée, et rien ne nous semble pour l’instant en place pour limiter les dégâts et espérer un jour remonter la pente.

Il est donc urgent d’agir, mais quelle approche retenir ? Se battre pour préserver le système de retraite ? Se battre pour le système de santé ? Oui, bien sûr : nous ne prendrons pas ici le parti de remettre à plat ces acquis sociaux. Mais il faut aller plus loin que ces réponses traditionnelles qui contribuent depuis des décennies à la dégradation de la cohésion sociale. Osons donc parler de l’activité des retraités, osons dire qu’il n’est pas interdit de faire quelque chose de ses journées même lorsque l’on a atteint le nombre requis d’années de cotisation.

 

Pour lire la suite de l’article, cliquer ici !

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L'HUMAIN AVANT TOUT Canton de Pont-du-Château - dans Société
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20 mars 2017 1 20 /03 /mars /2017 21:18
Communiqué de presse 	 Les retraité-e-s dans l’action !

La question de l’amélioration des conditions de vie des retraité(e)s est, aujourd’hui, la grande absente des débats politiques.

 

Pour ne pas se résigner à cette invisibilité, les organisations syndicales et associations de retraités ci-dessus ont organisé, le 13 janvier à Paris, un colloque qui a réuni 300 de ses militants.

Deux tables rondes ont abordé les thèmes des retraités dans la société, leur pouvoir d'achat et leur autonomie.

Les différentes interventions des organisateurs et les débats  ont fait ressortir nos engagements communs :

- Faire progresser le niveau de vie de l’ensemble des retraités au même rythme que celui des actifs (indexation des pensions sur l’évolution du salaire moyen), demander à ce qu’aucune retraite pour une carrière complète ne soit en dessous du SMIC et que le montant des retraites, lors de la liquidation, soit dans la continuité du salaire.

- Assurer une protection sociale solidaire en renforçant la Sécurité Sociale et, ainsi, réduire les restes à charge pour développer l’accès aux soins.

 

Pour développer notre action :

- Nous appelons les retraités à se rassembler le jeudi 30 mars de 13h30 à 15h30 à Clermont-Ferrand ,place de Jaude.

-  Nous répondrons aux questions des journalistes.

- Nous inviterons les retraité(e)s à remplir un questionnaire dont les objectifs sont d’approfondir nos liens avec eux (elles) et de préciser nos revendications.

 

Manuel ENTRADAS pour l’USR  63 CGT - 06 29 35 53 00

Pierre  BOISSON pour Solidaires  Retraités - 04 73 61 85 02

Albert CARMANTRAND pour CFE-CGC UNIR - 06 86 08 34 80

Jean DEGOUTE pour FSU Retraités – 06 03 64 14 98

Roland LEBEAU pour FGR-FP 63 - 06 70 69 62 84

André HAGUET pour CFTC UNAR- 04 73 92 38 26

Guy DAVID pour LSR 63  - 04 73 25 10 25

 

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L'HUMAIN AVANT TOUT Canton de Pont-du-Château - dans Société
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7 mars 2017 2 07 /03 /mars /2017 21:47

Le documentaire « Aujourd’hui comme hier, combattre l’extrême droite - Histoire croisée du syndicalisme et de l’extrême droite »a été réalisé par l'IHS-CGT, dans le cadre de la campagne CGT-Solidaires-FSU-Unef-FIDL-UNL « Combattre l’extrême droite, ses idées, ses pratiques » initiée le 29 janvier 2014 à la Bourse du travail de Paris. Ce documentaire de 11 minutes peut être utilisé dans le cadre de formations, de débats, de réunions publiques et permet de se réapproprier l'histoire de la lutte antifasciste d'un point de vue syndical.

« Aujourd'hui comme hier, combattre l'extrême droite » - Suite à notre article d'hier "Décrypter les programmes de la réaction : Aujourd’hui il est utile de travailler sur les programmes des candidats, de les faire comprendre, de les décrypter !"
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L'HUMAIN AVANT TOUT Canton de Pont-du-Château - dans Société Culture et politique
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2 mars 2017 4 02 /03 /mars /2017 21:41
Anne Tursz : « pour les enfants, curieusement, les responsables politiques ne se sentent guère 'obligés' » Photo : Géoffroy Ven Der Hasselt/AFP

Anne Tursz : « pour les enfants, curieusement, les responsables politiques ne se sentent guère 'obligés' » Photo : Géoffroy Ven Der Hasselt/AFP

Entretien réalisé par Alexandre Fache - Jeudi, 2 Mars, 2017 - Humanite.fr

 

Épidémiologiste et directrice de recherches à l'Inserm, la pédiatre Anne Tursz est l'une des meilleures spécialistes françaises de la maltraitance des enfants. Elle juge pour l'Humanité le plan présenté mercredi 1er mars 2017 par la ministre Laurence Rossignol.

 

Un plan spécifique pour lutter contre les violences faites aux enfants, c'est une bonne chose?

Anne Tursz. Bien sûr. Car il s'agit d'un problème majeur, qui méritait une mobilisation des pouvoirs publics, et une prise de conscience de la société dans son ensemble, comme celle intervenue sur les violences faites aux femmes. Ce plan arrive certes tard dans ce quinquennat, mais en la matière, mieux vaut tard que jamais. La protection de l'enfance a aussi fait l'objet d'une loi l'an passé. On ne peut donc pas dire que rien n'a été fait. Le problème, c'est de savoir ce que les successeurs de ce gouvernement feront de ce plan, s'il l'appliqueront ou pas. Cela concernerait les animaux ou les personnes âgées, je serais relativement optimiste... Mais pour les enfants, curieusement, les responsables politiques ne se sentent guère 'obligés'.

 

Quelle mesure vous paraît-elle la plus intéressante?

Anne Tursz. Celle qui entend aider le secteur médical à participer vraiment à la collecte d'informations, au repérage et au signalement des enfants maltraités. Aujourd'hui, les médecins ne sont absolument pas impliqués là dedans. Ils n'ont pas été formés pour ça, ça ne les intéresse guère, voire ça les barbe franchement. C'est pourquoi l'idée d'un médecin référent sur ces violences dans chaque hôpital est très intéressante. Ca va coûter un peu d'argent. Espérons que cela sera quand même mis en oeuvre. Car comme le disait la Haute Autorité de Santé dans son rapport de 2014, il ne faut surtout pas rester dans la solitude face à ces problèmes. Ce médecin référent doit être un relai, une ressource, une aide pour les autres professionnels qui ne savent pas toujours quoi faire.

 

Le problème avec la maltraitance des enfants est aussi le manque de données fiables, la méconnaissance de ce fléau en profondeur...

Anne Tursz. Oui et à ce titre, la mesure consistant à prévoir une autopsie obligatoire en cas de mort inexpliquée des enfants de moins de deux ans va dans le bon sens... Si toutefois elle est appliquée, car beaucoup y sont encore hostiles. Et puis il y a tous les cas qui restent en dehors des radars. Par exemple, ceux où les médecins de famille ferment les yeux sur des violences. Ce qui introduit une forme de sélection sociale: dans les milieux défavorisés, il n'y a souvent pas de médecin de famille, donc, en cas de problème, ce sont les pompiers qui interviennent. Lesquels sont tenus d'appeler la police, qui, elle, doit aviser le procureur. Là, pas de problème. La dissimulation est plus aisée quand il y a un dialogue entre un médecin de famille et des parents, disons, bien sous tous rapports. Or, les violences existent aussi dans ces milieux là.

 

Le plan se propose de rendre public chaque année le nombre d'enfants morts suite à des violences intrafamiliales...

Anne Tursz. Pourquoi pas... Mais cette disposition est un peu naïve car ce chiffre va être très compliqué à déterminer. Certes, les morts, a priori, c'est ce qu'il y a de plus facile à mettre au jour. Mais en réalité, en fonction des classes d'âge, il existe des définitions différentes de la maltraitance. Ce ne sont pas non plus les mêmes acteurs qui interviennent. Bref, il faudra un gros travail pour tout remettre à plat avant de se lancer. Ce qui n'évitera pas les oublis ou les doublons. Un chiffre annuel pour marquer les esprits, d'accord. Mais il pourra difficilement être un indicateur fiable de suivi des tendances.

 

Des enfants tués par leurs parents, cela émeut logiquement l'opinion, l'écho médiatique est souvent fort. Non sans effets pervers, dites vous. Lesquels?

Anne Tursz. Ces faits divers horribles attirent l'attention sur eux parce qu'ils sont 'croustillants'. Mais ils sont tellement horribles qu'on peine à croire qu'il y en a en réalité des centaines par an. Cela alimente le déni. Or, si: il y en a des centaines par an. Les quelques affaires qui font donc les Unes des journaux font ainsi figure d'arbre qui cache la forêt. Plus insidieusement, ils dédouanent aussi les parents qui font subir à leur(s) enfant(s) une éducation brutale et une pedagogie à base d'interdits, de gifles, etc... Ces derniers peuvent se dire: 'ça va, je n'en suis tout de même pas là'. Or, il n'y a pas de limite claire entre la maltraitance et la violence éducative ordinaire.

 

Le plan présenté par Laurence Rossignol entend justement promouvoir une éducation non violente, par le biais de livrets donnés aux parents, à la naissance, et, nouveauté, au début de l'adolescence. Ca peut marcher?

Anne Tursz. L'intention est excellente. Mais, là aussi, croire que ces livrets vont règler le problème apparaît un peu naïf. Tous les parents ne sont pas capables d'offrir à leurs enfants une éducation positive, non violente, favorisant leur épanouissement. Notamment ceux qui ont eux mêmes subi des enfances très difficiles ou très violentes. De fait, tous les parents ne sont pas capables de supporter la frustration, ou d'écouter hurler un enfant dix nuits de suite. Certes, le livret peut rassurer en partie certains d'entre eux, leur montrer qu'ils ne sont pas seuls dans la difficulté. Mais cela ne suffit pas. Ainsi, dans une recherche (1) menée il y a dix ans avec d'autre collègues (et qui avait été totalement enterrée par le ministre de l'époque, Xavier Bertrand), nous avions insisté sur la phase pré-natale : l'entretien prénatal précoce, le dépistage des familles vulnérables... Or, ces idées ont disparu du plan actuel. Et surtout, cela ne se fait pratiquement plus dans les faits. Pourtant, la vraie prévention, c'est ça: l'identification des facteurs de risques de maltraitance.

 

Le plan préfère en appeler aux voisins, en les invitant à dénoncer de potentiels faits de maltraitance. "Enfants en danger, dans le doute, agissez", proclame le slogan. C'est légitime?

Anne Tursz. Quand on entend un enfant pleurer régulièrement, continuellement, près de chez soi, la loi oblige déjà à agir. Le signalement peut être le fait de voisins, mais il doit surtout être initié par les professionnels (médecins, infirmières...). D'aucuns disent que ça va favoriser la délation. Mais la délation n'a pas attendu ce dispositif pour exister. La vraie question est de savoir si le numéro vert 119 (Allo Enfance en Danger), déjà saturé, pourra absorber et traiter toutes ces informations. Surtout, ce qui fera vraiment avancer les choses, c'est que chacun prenne conscience que les enfants n'appartiennent pas à leurs parents. Comme le rappelle la Convention internationale des Droits de l'Enfant, ce sont des personnes à part entière, qui ont des droits. Or, on ne rappelle jamais cette évidence. Résultat: la plupart des parents en France pensent que leurs enfants leur appartiennent. La maltraitance démarre là. Heureusement, tous les parents ne sont pas nocifs pour leurs enfants. Mais certains le sont, et la société a le devoir de les protéger.

(1) "Violences et santé", Documentation française, 2006

Le petit Lilian (4 ans) assassiné le 21 février à Lempdes (63)

Lilian a été découvert inanimé le 21 février dans l’appartement de sa mère et de son beau-père. Ce dernier est aujourd’hui poursuivi pour coups mortels. photo d’archives Pierre Couble © Pierre COUBLE

Lilian a été découvert inanimé le 21 février dans l’appartement de sa mère et de son beau-père. Ce dernier est aujourd’hui poursuivi pour coups mortels. photo d’archives Pierre Couble © Pierre COUBLE

Lilian, 4 ans, a succombé le 21 février sous les coups présumés de son beau-père, à Lempdes (Puy-de-Dôme). Le père de l’enfant avait pourtant dénoncé dès 2015 des violences commises par le suspect sur son fils. En vain.

 

La procédure date du 6 août 2015. Ce jour-là, le père récupère son petit garçon chez son ex. Il constate aussitôt que Lilian, âgé de 2 ans, présente de nombreux bleus. De retour à Thiers, le père inquiet file à la gendarmerie. Et dépose aussitôt plainte pour violences volontaires contre le beau-père, le nouveau compagnon de la mère du garçonnet.

Terrible enchaînement

Puis le père se rend à l’hôpital local. Il en ressort avec un certificat médical circonstancié. Le document, que nous avons pu consulter, n’établit pas d’ITT. Mais il confirme la présence « d’érythèmes et d’hématomes » sur les joues, le cuir chevelu, les lèvres et la poitrine de l’enfant.

Sur la base de ces suspicions de maltraitance, Me Anne-Laure Lebert, l’avocate du papa, demande le transfert de la résidence principale de Lilian. Le juge aux affaires familiales (JAF) la suit en janvier 2016. L’enfant revient donc s’installer à Thiers.
Cette décision est pourtant vite remise en cause par une enquête sociale dévastatrice pour le père.

« À défaut de preuves […], les traces de violences constatées par le médecin pourraient aussi être le fait du père », se hasarde même l’enquêtrice. Dénonçant des conclusions « à charge », « sans neutralité ni mesure », Me Lebert réclame un nouveau rapport. En vain. En juin 2016, le JAF tranche : Lilian doit retourner au domicile de sa mère.

Mais le père refuse d’obtempérer. Il est placé en garde à vue en juillet. Sans effet. Rebelote en novembre. Avec, cette fois, des conséquences lourdes : les gendarmes récupèrent Lilian et le remettent à sa mère. Trois mois plus tard, l’enfant est découvert inanimé, à Lempdes, dans le logement de la jeune femme et de son compagnon…

L’autopsie révèle notamment une fracture du crâne.  Le beau-père, âgé de 22 ans, déjà condamné plusieurs fois pour violences, est mis en examen deux jours plus tard pour coups mortels et placé en détention provisoire (*)

 

Le père accusé de "dénonciations mensongères"

Dans l’intervalle, qu’est-il advenu de la plainte déposée en août 2015 ? Le beau-père et la mère de Lilian ont été entendus par les policiers clermontois en septembre 2016. Le premier jure alors n’avoir jamais frappé l’enfant. La seconde confirme en bloc. Le duo va jusqu’à accuser le père de « dénonciations mensongères ».

Conséquence : la procédure – parmi les centaines de signalements traités chaque année par la brigade des mineurs – est classée sans suite par le parquet en octobre.

D’où cette question, terrible, mais inévitable : y a-t-il eu dysfonctionnement ? « L’interrogation est légitime, répond Éric Maillaud, le procureur de la République. J’ai tout examiné en détail. Et mon sentiment, c’est que tout a été fait raisonnablement. L’enquête pénale pour les violences a été traitée. Il n’a malheureusement pas été possible de caractériser l’infraction. Le dossier était suivi de près par le JAF. Nous avions aussi saisi le juge des enfants. La mairie a enfin déclenché une enquête sociale. Toutes les institutions ont réagi avec célérité ».

"Il s’est démené pour attirer l’attention sur le danger qui menaçait Lilian, mais il n’a pas été entendu."

Me Lebert

« Personne ne peut dire, de manière audible, qu’il n’y a pas eu des dysfonctionnements graves, s’insurge à l’inverse Me Lebert. Alors qu’il existait un certificat accablant, les seules investigations pénales ont consisté à auditionner le beau-père et la mère, plus d’un an après, pour classer le dossier sans suite. »

« Mon client, poursuit-elle, a fait ce qu’il devait le jour-même pour faire reconnaître les violences : déposer plainte et les faire constater médicalement. Il s’est démené pour attirer l’attention sur le danger qui menaçait Lilian, mais il n’a pas été entendu. C’est dramatique. Son refus de rendre l’enfant à la mère était tout à fait justifié. Lui, au moins, n’a pas failli. » 

(*) Il nie les faits et reste à ce stade présumé innocent.

Stéphane Barnoin - La Montagne

 

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28 février 2017 2 28 /02 /février /2017 21:44
Prendre le pouvoir sur l’argent !

La deuxième rencontre nationale du PCF, à la Bellevilloise (Paris), le 28 février dernier, a été consacrée à la question de l’argent, à son utilisation.

Pourquoi sur l’argent ?

Parce que les questions de l’argent sont des questions majeures. Il y a besoin de donner un sens dans le débat politique, il faut désigner un ennemi, et l’ennemi, ce n’est pas l’immigré, ce n’est pas le coût du travail, l’ennemi, c’est le capital financier. On dit la finance de façon un peu vague, le mot plus juste est le capital financier. Et l’enjeu, c’est de prendre le pouvoir sur l’argent. C’est ce sur quoi la gauche a buté depuis 1983. Et sur laquelle elle bute de façon récurrente.

C’est la question majeure, donc, et en même temps c’est la question dont les gens commencent à être conscients. Il faut arriver à éclairer cet enjeu, en indiquant que finalement le point clé, c’est les banques. Ce qu’il faut changer, c’est la logique dans laquelle l’argent est utilisé. Cela veut dire quoi ? Cela veut dire qu’aujourd’hui, cette logique vise à baisser le coût du travail. Or il s’agit de l’utiliser pour baisser le coût du capital, afin de faire des dépenses de développement, d’autres dépenses, dans les entreprises (salaires, investissements efficaces), dans la formation, la recherche, la protection sociale, les transports, l’école…

Et puis, alors qu’il est beaucoup question d’unité à gauche, le point clé pour avancer vers cette unité, c’est d’avancer sur la question de l’argent.

En désignant le capital financier comme ennemi, c’est aussi une façon de conjurer les périls de l’extrême droite qui, derrière l’immigré, s’en prend aux salariés, aux dépenses sociales. Le Pen, Fillon, Macron, c’est pas touche au capital.

Après la rencontre, l’idée est d’aller vers des initiatives dans les fédérations, ou localement, notamment sur l’idée d’un pôle public bancaire pour pratiquer un autre crédit, un crédit qui appuie des projets de développement de l’emploi.

On veut fournir un vadémécum pour des initiatives à partir d’un cas de lutte d’entreprise, ou de fermeture d’un service public, ou d’une collectivité locale en difficulté ; on veut faire monter dans le débat public l’idée qu’il faut un autre crédit et qu’il y ait une interpellation des forces de gauche sur ces enjeux.


 

Prendre le pouvoir sur l’argent !
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L'HUMAIN AVANT TOUT Canton de Pont-du-Château - dans Société Elections
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25 février 2017 6 25 /02 /février /2017 23:04

SOMMAIRE : Fillon chante les joies de l’anarchie / violences policières, racisme en embuscade / la paix au Pays basque / une météo nucléaire toujours printanière !

Ndlr : Nous ne partageons pas la totalité du contenu mais pensons que cela mérite d'être vu !

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19 février 2017 7 19 /02 /février /2017 23:03
Jeudi soir, plusieurs organisations syndicales et militantes ont annoncé un rassemblement national à la veille du premier tour de l’élection présidentielle. Une initiative inédite qui a pour but de mettre la question sociale au cœur des enjeux politiques.

Jeudi soir, plusieurs organisations syndicales et militantes ont annoncé un rassemblement national à la veille du premier tour de l’élection présidentielle. Une initiative inédite qui a pour but de mettre la question sociale au cœur des enjeux politiques.

Marion d'Allard - Dimanche, 19 Février, 2017 - Humanite.fr

 

Le 22 avril prochain, à la veille du premier tour d'élection présidentielle, « tous ceux qui n'en n'ont pas fini avec la loi Travail » seront rassemblés à Paris, pour « mettre la question sociale au cœur des enjeux des échéances politiques à venir », explique Romain Altmann, secrétaire général d'Info com CGT, qui organise, avec cinq autres organisations militantes – dont la CGT Goodyear, Sud PTT 92, ou encore la Compagnie Jolie Môme -, ce « premier tour social ». L'idée, reprend Romain Altmann, « c'est de se réapproprier la deuxième besogne de la Charte d'Amiens qui invite à militer pour la transformation sociale. »

Jeudi dernier, le théâtre de la Belle Etoile, à Saint-Denis, accueillait le lancement de cette initiative. Une grande mobilisation « inédite à la veille d'une élection ».

« Ca fait trente ans qu'on entend parler de troisième tour social. Et rien ne vient. Aujourd'hui, nous prenons les choses en main avant le premier tour », a ainsi déclaré au micro Mickaël Wamen, de la CGT Goodyear. Selon lui, « nous sommes à la fin d'un quinquennat qui s'est avéré destructeur pour le monde du travail » et la convergence des luttes est plus que jamais nécessaire pour faire bouger les lignes. Devant une salle pleine à craquer, Mickaël Wamen a insisté sur les multiples cas de répression anti-syndicales qui ont émaillé, durant des semaines, le combat contre la loi El Khomri et a appelé à la création « partout », de « collectifs militants pour réussir cette action du 22 avril prochain » et « reprendre la rue ».

Entre applaudissements et petit air de guitare, syndicalistes, artistes engagés et militants citoyens se sont succédé au micro, pour défendre, d’un côté, une lutte sociale dans son entreprise, de l’autre, détailler les activités du collectif auquel il appartient. Ainsi, Annie, femme de chambre dans un hôtel de Chevilly-Larue (Val-de-Marne) et syndiquée à la CNT est revenue sur ses conditions de travail. « Nous sommes nombreuses avec des contrats à temps partiel de quatre heures. Seulement, la charge de travail ne nous permet pas de finir dans les temps. Nous restons souvent plusieurs heures de plus pour finir, sans être payées » explique-t-elle. « Nous n'avons pas de visite médicale et lorsque nous le disons au patron sa réponse est sans appel : c'est à prendre ou à laisser », poursuit Annie. Particulièrement touché par les coupes budgétaire et au cœur de la casse du service public, le secteur de la santé souffre « des réformes successives qui ne prennent jamais en compte les besoins de la population », a enchainé Isabelle Bosseman, du CHRU de Lille. Signe révélateur, « plus de 50 préavis de grève ont été déposés dans l'établissement par la seule CGT au cours de l'année 2015 », détaille la syndicaliste.

Salariée de la FNAC, professeur en zones d'éducation prioritaire (ZEP), syndicaliste du Havre, de Mulhouse ou d'ailleurs, militants d'Attac ou du DAL, ils sont tous venus appeler à une large mobilisation, estimant qu'il n'est plus temps de faire des constats et qu'il faut désormais agir. « Ce n'est qu'un point de départ vers une société où nous prendrons possession des outils de création de richesses » conclut l'appel lancé en amont de ce premier tour social, le 22 avril, place de la République.

 

Le « premier tour social » des anti-loi Travail !
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L'HUMAIN AVANT TOUT Canton de Pont-du-Château - dans Société Politique
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14 février 2017 2 14 /02 /février /2017 21:50
Le mouvement « Stop Linky » contre l’installation de compteurs dits « intelligents » ne cesse de prendre de l’ampleur partout en France. Pourquoi ? Enquête et entretiens.

Le mouvement « Stop Linky » contre l’installation de compteurs dits « intelligents » ne cesse de prendre de l’ampleur partout en France. Pourquoi ? Enquête et entretiens.

Mercredi, 8 Février, 2017 - Humanite.fr

 

Les CLIC (Collectifs locaux inter-associatifs de citoyens) regroupés au sein du réseau  stop linky non merci se multiplient. En cliquant sur ce lien vous pouvez prendre connaissance de leurs actions et de leurs raisons. 

Il en est de même pour bon nombre de communes dont les conseils municipaux et leurs maires prennent des arrêtés ou des moratoires contre l’installation des compteurs Linky. Ça concerne, à ce jour 321 communes comme vous pouvez en prendre connaissance sur le site dédié http://refus.linky.gazpar.free.fr/

Précisons que ce n’est pas une affaire de « vieux réacs » et de communes de la France profonde. En effet, ça se passe à la campagne mais aussi en milieu urbain. Vous le lirez en cliquant sur le lien ci-dessus, petites et grandes communes, tous bords politiques confondus, comme Saint-Denis, Aix en Provence, Lyon 1, Douarnenez, Coudekerque-Branche, Yerres, Bagnolet, Melun,  Biarritz, Caen, Gaillac, Quimperlé, Carhaix, Forcalquier, Saran etc. ont pris une délibération ou adopté un moratoire contre l’installation de Linky et de Gazpar.

Pourquoi ce mouvement « Stop Linky » ? En voici les principales raisons complétées nos entretiens avec :

- le médiateur national de l'énergie - Jean Gaubert

- l'adjoint au maire de Saint-Denis - Michel Ribay

- un des initiateurs du mouvement "Stop Linky" - Stéphane Lhomme

- la conseillère Front de Gauche de Paris, Danielle Simonnet qui explique pourquoi elle s'oppose au déploiement des compteurs Linky à Paris sur https://www.youtube.com/watch?v=rjvK3HXG-2o

 

Linky et le danger des ondes électromagnétiques

Linky émet-il des ondes électromagnétiques qui vont s’ajouter à celles émises par les téléphones portables, les antennes-relais, la Wifi, les télécommandes etc. ?

Dans le doute, les communes ont voté des délibérations et adopté des moratoires comme celui de Saint-Macaire (Gironde) deliberations-anti-compteurs-st-macaire à l’origine de la fronde contre les compteurs intelligents et dont nous avons interviewé son initiateur Stépahne Lhomme.

Ou encore le moratoire de la ville de SAINT-DENIS-93 qui considère que « des incertitudes demeurent sur les conséquences que peuvent avoir ces nouveaux compteurs  sur la santé des personnes». Ce qui lui vaut d'être traduit par Enedis devant le tribunal adminsitratif (lire l'interview de son maire adjoint ci-dessus).

Tout récemment, le conseil municipal de Saran (Loiret) a demandé un un-moratoire-sur-linstallation-des-compteurs-Linky Il en ressort que "faute de certitudes, le principe de précaution qui a valeur constitutionnelle, s’impose".

Pourtant la très officielle ANSES (Agence nationale de sécurité sanitaire) dit qu’il n’y a pas de danger ni de risque sanitaire dans son rapport compteurs-communicants-des-risques-sanitaires-peu-probables

Les ARS (agences régionales de santé) s’en servent même pour "rassurer" les maires à l’image de la note de l'ARS de Bretagne téléchargeable sur http://milizac.fr/index.php/component/jdownloads/send/34-compteurs-linky/66-reponse-agence-regionale-de-sante-sur-le-compteur-linky

En gros, Linky utilise la technologie du CPL (courant porteur en ligne) et respecte les normes européennes quand au champ électromagnétique.

Cependant,  l’ANSES reconnaît que ces compteurs communicants sont installés au moment où les objets connectés se multiplient ainsi que la numérisation des services et des infrastructures. Et donc recommande que « le développement des objets connectés s’accompagne de normes techniques afin de ne pas exposer les personnes »… aux ondes électromagnétiques.

Alors pas de problèmes d'ondes électro-magnétiques ? Pas sûr à la lecture de l’alerte du CRIIREM - Centre de recherche et d'information indépendant sur les rayonnements électromagnétiques

Selon lui, « les mesures citées dans le dossier de l’ANSES sont incomplètes puisqu’elles n’incluent pas les champs d’induction magnétique et les champs électriques 50 hertz. »

Sont également posées les questions sur la sécurité des données personnelles et la sécurité tout court. La presse régionale se fait l'écho de compteurs Linky ayant pris feu ou perturbé d'autres appareils électriques et bien d'autres problèmes.

 

La légalité des délibérations et des moratoires

Pour comprendre de quoi il retourne, il faut avoir bien en tête que  « les ouvrages des réseaux publics de distribution appartiennent aux collectivités territoriales » - article L322-4 du code de l'énergie

ENEDIS en est le concessionnaire et le gestionnaire dont les missions sont définies à l’article L322-8 du code de l'énergie

Alors légaux ou non ces délibérations et moratoires pris par les communes ?

- « Non », selon l’AMF (association des maires de France) et la FNCCR (fédération nationale des communes concédantes de réseaux). Pour elles, « L'installation des compteurs Linky est  une décision de l'État, conforme aux directives européennes. »

Egalement interpelée par de nombreux parlementaires, à l'image du député Philippe Kémel questions.assemblee-nationale ,la ministre de l’écologie s'est retranchée derrière l'arrêt du Conseil d'Etat du 20 mars 2013

- "Si ils sont légaux" considèrent les élus et juristes opposés à l’installation des compteurs Linky. Parce que les communes en restent proprietaires même après en avoir transféré la compétence AOD (autorité organisatrice de la distribution d'électricité) à un Syndicat départemental d'énergie (SDE).

Toujours est-il que si la forme que prend l’opposition des communes est discutable juridiquement (la question n’est en fait pas tranchée par les nombreux jugemetns devant les tribunaux administratifs), son fond est légitime ce d’autant qu’il se fait l’écho des populations.

De toute façon ce n’est ni à l’Etat ni au préfet de juger illégales les délibérations. Seul le tribunal administratif est compétent.

C’est pourquoi de nombreuses communes comme celle de Saint-Denis (voir interview de l’adjoint au maire) se retrouvent devant ce tribunal. Toutefois, ce n’est pas systématique et  tout dépend de la façon de rédiger la délibération ou le moratoire selon le point de vue du juge du tribunal administratif de Nantes

Les jugements qui ont été pris ne l’ont pas été, pour l’instant, sur le fond. D’où cette mise au point-juridique par les opposants aux compteurs communicants.

 

Le refus par les usagers, conséquences

Indépendamment des délibérations et moratoires des conseils municipaux s’opposant  aux Linky, les usagers ont la possibilité de demander à leur maire de refuser l'installation d'un Linky comme d'un Gazpar ou son retrait si celui-ci a été installé selon les explications et la lettre type (à envoyer au maire) à télécharger sur http://refus.linky.gazpar.free.fr/contacter-maire-demander-retrait.htm

C’est mieux que d’agir seul et le fait que l’installation d’un compteur doit faire l’objet d’un courrier 45 jours avant la date prévue, laisse du temps. A propos de délai et d'information de la population avant toute installation, il semblerait qu'ENEDIS force un peu voire beaucoup la main en utilisant des méthodes discutables

Insistons, ENEDIS doit obligatoirement envoyer un courrier aux abonnés concernés 45 jours avant la date du rendez-vous pour procéder au changement de compteur. Pas question d'accepter des rendez-vous par téléphone.

Par ailleurs, la loi de transition énergétique ne sanctionne pas le refus individuel de changer son compteur existant contre un Linky. La CRE (commission de régulation de l’énergie) menacerait de taxer 19 euros HT par mois le relevé manuel des compteurs à tous ceux qui refusent Linky (dont le relevé se fait à distance). Ce qui serait illégal comme de couper le courant aux récalcitrants.

 

La pose d’un compteur Linky est gratuite

Exact, de même que la dépose de l’ancien compteur !

Cependant un décret du 31 août 2010 relatif aux dispositifs de comptage sur les réseaux publics d’électricité prévoit que le financement soit assuré par les consommateurs via le TURPE - tarif d'utiliation des réseaux publics d'électricité à raison de 1 à 2 euros par mois prélevés sur les factures d’électricité… jusqu’à atteindre le coût du compteur Linky (de 120 à 240 euros).

Ce tarif figure sur les factures de tous les usagers comme vous pouvez le vérifier et sera augmenté de 2,71% en moyenne le 1er août 2017.

Au final les compteurs Linky sont bien financés par les consommateurs !

Et quel gâchis financier de remplacer les compteurs actuels qui fonctionnent trés bien!

 

La question de l’emploi et du service public

Certes les entreprises chargées de la pose des nouveaux compteurs Linky  (et Gazpar) recrutent des techniciens de pose, des planificateurs et des chefs d’équipe. Mais ils sont salariés des entreprises sous-traitantes de pose et non d’ENEDIS et pas forcément sous CDI (contrat à durée indéterminée). Il s’agit donc d’emplois précaires.

C’est assez paradoxal car dans le même temps, Itron, fabricant de compteurs électriques a annoncé des suppressions d’emplois comme vous pouvez le voir sur France 3 région

Quant au personnel d’ENEDIS,  il suffit de discuter avec l’agent venu relevé le compteur pour comprendre que Linky va supprimer des emplois et le service public qui va avec comme le dénonce le conseiller municipal de Quimper Piero Rainéro dans son récent voeu sur les compteurs Linky

Finis les relevés à domicile et donc la présence humaine, importante pour de nombreux usagers isolés.

 

Liens utiles

- site du méditeur national de l'énergie http://www.energie-mediateur.fr/

- énergie-info.fr/Les-compteurs-communicants-Linky-et-Gazpar

- la position de la CGT Mines-énergie et de l’indecosa.cgt

- l'association Robin des Toits

- appel des médecins : ondes-electromagnetiques-un-nouveau-scandale-sanitaire

- l'impact sur l'emploi et la vie quotidienne selon Basta magazine

- vidéo de la table-ronde organisée à l'Assemblée nationale sur les compteurs Linky

Lire aussi :

Stéphane Lhomme: «Nous étions usagers, nous voilà clients et fournisseurs de données »

Michel Ribay: « On ne peut balayer d’un revers de main les interrogations des citoyens »

Jean Gaubert: « Ces compteurs permettent une facturation au plus juste des consommations »

 

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13 février 2017 1 13 /02 /février /2017 22:05
D'Aulnay à Bobigny un seul cri : « Justice pour Théo »

D'Aulnay à Bobigny un seul cri : « Justice pour Théo »

Lundi, 13 Février, 2017 – L'Humanité - L'Éditorial par Michel Guilloux.

Vérité et justice. Voilà en deux mots ce que réclament les habitants d’Aulnay-sous-Bois et les milliers de personnes, singulièrement jeunes, qui se sont réunis samedi en soutien au jeune Théo. Un crime a été commis, un viol pour nommer les choses, à moins d’expliquer autrement ce qui peut aboutir à un déchirement anal de dix centimètres intervenu lors d’une interpellation. Depuis la mort de Zyed et Bouna et dix ans de procédure pour rien, jusqu’à celle d’Adama Traoré, l’été dernier, est-il infondé de penser que le sentiment de racisme et d’injustice s’enracine sur une réalité de terrain ? Quiconque a la moindre indulgence envers ce qui s’est passé là nourrit les pires dérives antirépublicaines et antidémocratiques. Nombre de manifestants contre la loi travail, dont nombre de lycéens, en ont d’ailleurs été aussi les cibles.

Certains avaient émis la promesse de récépissés pour les contrôles d’identité. Enterrée, comme tant d’autres. Mais casser le thermomètre fait-il disparaître la fièvre d’une double discrimination : raciste et sociale ? Pourquoi le jeune animateur a-t-il été arrêté ? Parce qu’il passait par là ? Parce qu’il avait la peau sombre ? Ou pour les deux ? Et pour faire du chiffre. Cette politique, inaugurée par un Nicolas Sarkozy, avait l’« avantage » de passer par pertes et profits ses coupes dans les moyens de la police comme de la justice. Sans effet, et pour cause, sur les trafics.

Qui peut prétendre que l’absence d’une police proche et au service des citoyens ne nourrit pas la défiance? Que la fermeture systématique des services publics, là comme en zones rurales, n’a aucune incidence sur le « vivre ensemble », formule devenue gargarisme de salon ? Et que la casse industrielle, comme à PSA Aulnay, n’a aucun effet sur la région et la désespérance dans laquelle on enferme des générations entières ? Question subsidiaire : peut-on vanter la loi du fric comme unique valeur, donner des milliards d’argent public sans contrôle aux rentiers et prédateurs sans en retirer autant aux dépenses utiles à la nation et à ses enfants ? De tous côtés, il est urgent d’œuvrer ensemble pour contrer ces logiques mortifères qui gangrènent toute notre société.

Conclusions de l'Observatoire des Violences Policières Illégitimes du Puy-de-dôme sur les circonstances de la mort de Wissam El Yamni

 

L'affaire Wissam El Yamni
Les faits se sont déroulés dans le quartier de La Gauthière à Clermont-Ferrand, dans la nuit du 31 décembre au 1er janvier 2012.  Ce qui aurait dû rester une " fête " réunit des jeunes sur un parking avec de la musique, de l'alcool, du cannabis … Les événements s'enclenchent quand l'un d'eux, Wissam El Yamni, lance une pierre sur une voiture de police. Il sera appréhendé, subira plusieurs fractures, et arrivera inanimé au commissariat, avant d'être transporté à l'hôpital où il décédera le 9 janvier.
Avec un point de départ somme-toute banal, comme beaucoup d'affaires de ce genre, suivie d'une simple course poursuite, nous ne comprenons pas qu'une intervention respectueuse du code de déontologie puisse aboutir à la mort de la personne interpellée.

 

Situation de l'affaire en  janvier  2017  et conclusions.
Après avoir écarté sommairement les contre-avis médicaux sérieux apportés par les avocats une fin d'instruction est annoncée et serait motivée par des expertises médicales contestées plutôt que par des éléments d'enquête relative aux faits.
De notre point de vue, les responsabilités du décès de Wissam El Yamni restent pourtant à établir.
Pour cette affaire comme pour beaucoup d'autres affaires de violence policière, l'établissement de la vérité semble très difficile parce que semé d'obstacles.
C'est ce qu'expliquait le sociologue Laurent Mucchielli dans La Montagne du 12 janvier 2012 :  " …  Quelles que soient les responsabilités, côté policiers,il y a très vite un mur du silence et une communication institutionnelle disant :  « On n'y est pour rien, les jeunes ont été agressifs »  …
C'est aussi ce qu'évoque Laurent Bonelli,  maître de conférence en science politique, dans La Montagne du 7 novembre 2012  : …/... "Comme les autres « affaires » de même type, [cette affaire] est singulière. Elles sont toutes singulières. Cependant je crains hélas qu’elle ne s’inscrive dans une longue liste.   Même fond, même mécanismes de défense : il se droguait, il a provoqué la police…, même système de justification, même ligne narrative. " …/...
Les contrôles de la "police des polices", l'IGPN 1, souvent efficaces pour les dérives, maffieuses par exemple, semblent très insuffisants en cas de violences policières. Les interdépendances entre la police et les parquets compliquent encore la situation.

 

 
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28 janvier 2017 6 28 /01 /janvier /2017 19:58
Il y a 15 ans, le 21 septembre 2001, à 10h17, l’usine AZF de Toulouse était détruite par l’explosion d’un stock de près de 300 tonnes de nitrate d’ammonium. Bilan : 31 morts et quelque 3 000 blessés, 27 000 logements endommagés, 3 500 entreprises touchées ainsi que de nombreux bâtiments publics, dont 120 établissements scolaires !

Il y a 15 ans, le 21 septembre 2001, à 10h17, l’usine AZF de Toulouse était détruite par l’explosion d’un stock de près de 300 tonnes de nitrate d’ammonium. Bilan : 31 morts et quelque 3 000 blessés, 27 000 logements endommagés, 3 500 entreprises touchées ainsi que de nombreux bâtiments publics, dont 120 établissements scolaires !

Bruno Vincens - Jeudi, 26 Janvier, 2017 - L'Humanité

Image floue, absence de son, manque de moyens techniques :  la retransmission du procès AZF tourne au fiasco.
 

L’explosion de l’usine AZF, en 2001, a eu lieu à Toulouse mais le procès en appel de cette catastrophe se tient à Paris. Pas très commode pour les milliers de victimes parties civiles. Pour calmer leur colère, le ministère de la Justice leur a promis que les audiences seraient diffusées en direct dans une salle toulousaine. Les avocats du groupe Total ont obtenu qu’aucune intervention dans les débats ne soit possible depuis Toulouse. Mardi, à l’ouverture du procès, de nombreux Toulousains affluent donc vers le centre de congrès Pierre-Baudis pour suivre les débats. Première mauvaise surprise : seuls deux portiques de sécurité ont été mis en place, ce qui allonge les files d’attente à l’entrée, d’autant que chacun doit subir une fouille minutieuse. Vers 13 h 30 on croit deviner sur le grand écran que le procès débute : l’image est floue, de très mauvaise qualité… et pendant les premiers instants il n’y a pas de son. Puis on entend enfin la voix de la présidente du procès, Claudine Forkel. La retransmission des débats s’avère vite préhistorique : une seule caméra fonctionne et le réalisateur ne connaît que le plan fixe, serré. Les frères Lumière auraient fait mieux ! Apparaissent uniquement à l’écran Claudine Forkel et ses deux assesseures.

Seule la présidente possède un micro : on entend ses questions mais pas les réponses de mystérieuses personnes restées hors champ. Qui a parlé ? Qu’est-ce qu’il a dit ? Bref, impossible de suivre les débats. En cours d’audience, la liaison s’interrompt et l’écran devient désespérément vide. Puis l’image revient, mais ne sauve pas cette retransmission du fiasco. À la fin de l’audience, plusieurs parties civiles expriment leur mécontentement : « Inadmissible ! » Le ministère de la Justice va-t-il maintenant tenir son engagement et assurer une véritable retransmission des débats ?

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