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11 juin 2015 4 11 /06 /juin /2015 16:37
Il y a dix ans, près de 8 000 personnes se sont mobilisées à Guéret pour défendre les services publics. Photo : Derrick Ceyrac/AFP

Il y a dix ans, près de 8 000 personnes se sont mobilisées à Guéret pour défendre les services publics. Photo : Derrick Ceyrac/AFP

Entretiens croisés réalisés par Sébastien Crépel, César Prieto et Adrien Rouchaleou
Lundi, 8 Juin, 2015 - L'Humanité
 
Samedi et dimanche prochains, syndicats, partis, collectifs citoyens convergeront à Guéret (Creuse) pour manifester et débattre afin de reconquérir les services publics. Entretien avec trois responsables de gauche.

 

La gauche ne devrait-elle pas mener la bataille idéologique pour montrer que le service public est un outil de socialisation des richesses et de leur redistribution, et non une dépense ou un coût ?

Sandrine Rousseau. La notion de service public est une notion centrale pour la gauche, elle doit le rester : il est plus que jamais nécessaire d’organiser la solidarité au sein de la société de telle sorte qu’aucune partie de cette dernière ne soit laissée dans la misère. Le service public définit ce qui fait société : si l’on estime que tel ou tel bien fait société, alors il doit être partagé entre tous les membres de la société de manière égale. C’est un principe qu’on doit continuer de revendiquer comme un motif de fierté et un fondement de la civilisation.

 

Isabelle Mathurin. L'impératif de réduction de la dette bloque toutes les discussions. Nous pensons plutôt qu'il faut partir des besoins des populations. Si on y regarde de plus près, le service public est profitable au développement social et écologique que nous souhaitons. Les besoins sont démocratiquement exprimés, c'est de là qu'il faut partir pour permettre l'égalité d'accès au service public sur tout le territoire, ce qui est loin d'être le cas aujourd'hui. D'ailleurs, au point de départ de l'initiative de Guéret, il y a la réaction à la suppression de services publics de proximité : Poste, hôpitaux, gares SNCF... A rebours de cette tendance, nous pensons que les services publics sont un bien pour l'économie et qu'ils peuvent permettre le développement de l'industrie sur tout le territoire, tout en favorisant l'écologie.

 

Pierre Larrouturou. Nous savons tous ce que nous devons à l’hôpital, à l’école et aux autres services publics. Nous sommes des millions à être profondément attachés à la qualité de ces services, qui sont une des poutres maîtresses du modèle social français. Cela ne signifie pas qu’aucune réforme n’est nécessaire : pour permettre un meilleur accès sur tout le territoire, peut être faut-il regrouper certains services publics en un même lieu et favoriser la polyvalence des agents. Mais contrairement à ce que disent certains, les fonctionnaires ne sont pas hostiles au changement : combien de pays permettent les déclarations d’impôt par Internet ? La plupart des fonctionnaires ne sont pas du tout hostiles au changement. Ils sont hostiles à la casse des services publics que cache souvent le mot réforme. Et ils ont raison.       

 

La gauche peut-elle reprendre l’offensive d’un mouvement prônant le développement, la démocratisation et l’extension des services publics plutôt que leur réduction ?

Isabelle Mathurin. On voit bien dans le monde, notamment avec des traités comme Tafta, que la tendance est inverse : il y a une volonté de marchandiser les services. Avec la réforme territoriale, les citoyens, les usagers ont de moins en moins de possibilités d'avoir accès aux institutions dans lesquels ils peuvent faire entendre leurs souhaits et besoins. L'esprit du rassemblement de Guéret, c'est exactement le contraire. Il va lancer tout un travail avec les associations, les syndicats, les organisations politiques, pour un nouveau service public, pour préserver et renforcer ce qui relève du bien commun. Aujourd'hui, on pense souvent à y intégrer l'eau, mais il y a plein de domaines à conquérir. Par exemple, faire du logement un droit effectif. Il y a beaucoup d'espaces à mettre en propriété sociale.

 

Pierre Larrouturou. De nombreuses mairies ont déjà remunicipalisé leur service des eaux car elles constataient que le public peut, évidemment, être aussi efficace que le privé. En règle générale, la crise de 2008 devrait rendre plus modestes tous ceux qui vantent toujours et partout les mérites du tout-privé et de la dérégulation. Au lieu de répéter des idées fausses, ceux qui se disent socialistes devraient s’atteler à prouver, au contraire, que le service public est un moyen moderne et efficace d’agir pour le bien commun. Dans une société de plus en plus violente, précaire et court-termiste, comment lutter contre l’échec scolaire et donner l’envie et les moyens aux enfants et aux adolescents de se former ? Comment éviter la fuite des cerveaux que provoque l’austérité imposée au CNRS ? Comment garantir une bonne qualité d’accès en milieu rural alors qu’on régresse dans ce domaine depuis des années ? Comment améliorer le lien entre les services publics et les citoyens ? Voilà les vraies questions. Des questions fondamentales pour notre vivre ensemble.

 

Sandrine Rousseau. Un service public, on ne lui demande pas d’abord d’être rentable, et il n’est pas vrai d’affirmer que la concurrence et le privé sont plus rentables que le public. Les télécoms sont un exemple flagrant : depuis que les renseignements téléphoniques ont été libéralisés, plusieurs sociétés se livrent à une concurrence effrénée. Peut-on dire que le service s’est amélioré ? Non, en revanche, les coûts de publicité et de marketing du fait de la concurrence ont été facturés aux clients. Autre exemple avec la téléphonie mobile : chaque opérateur développe sa propre antenne-relais. Moralité : les antennes se multiplient sur les immeubles, au prix de la multiplication des coûts et des effets néfastes des ondes sur la santé. Et in fine, les entreprises finissent par s’entendre sur les prix parce qu’elles ne peuvent supporter une trop forte dose de concurrence !

 

La lutte pour la notion de service public peut-elle être le ciment et le fondement d’un nouveau projet de gauche sur lequel toutes les forces antilibérales pourraient se retrouver par-delà leurs divergences actuelles ?

Pierre Larrouturou. C’est un élément très important en effet. Et qui dépasse sans doute la « gauche ». Certes, les dirigeants UMP semblent favorables aux privatisations et à la régression des services publics, mais on peut penser qu’une majorité de citoyens est attachée aux services publics. A nous d’expliquer qu’il ne s’agit pas d’un luxe auquel on doit renoncer mais d’un investissement fondamental pour le vivre-ensemble et l’avenir de notre société. C’est un point fondamental ; comme sont aussi fondamentales la question de la lutte contre le chômage et la précarité, la question du logement, du climat ou de l’Europe.

 

Sandrine Rousseau. Il faut mener une réflexion en profondeur sur ce qui fait société aujourd’hui. Le débat à mener doit permettre de déterminer les biens communs indispensables à partager. Cela demande une réflexion sur plusieurs rendez-vous, car cela ne peut se décréter de manière simple. Chez EELV, nous ne sommes pas pour des services publics gravés dans le marbre, il faut que le débat citoyen s’en mêle. Par exemple - ce sera peut-être une divergence entre nous - le service public de l’énergie doit être profondément modifié. On ne peut pas maintenir un monopole qui interdit ceux qui disposent de panneaux photovoltaïques de produire leur propre électricité. En revanche, l’eau, que l’on a très souvent confiée à des sociétés privées, doit être considérée comme un bien fondamental et sa gestion doit être publique pour garantir la santé des citoyens.

 

Isabelle Mathurin. Les services doivent être au cœur du projet de la gauche, car ils sont au cœur du développement social et écologique que nous préconisons. Il est évidemment possible de rassembler sur un tel projet, parce qu'il passe avant tout par une exigence de démocratisation du service public. Les signataires de l'appel de Guéret sont d'ailleurs très divers en plus d'être nombreux : collectivités, élus, syndicats, partis... Un rassemblement se crée autour de mesures d'urgence pour les services publics. Nous provoquons un débat démocratique auquel le gouvernement se refuse.

 

Au menu de la manif nationale de Guéret. À l’occasion de leur dixième anniversaire, les collectifs de défense des services publics se sont donné rendez-vous les 13 et 14 juin à Guéret dans la Creuse pour une nouvelle manifestation nationale en faveur des services publics prévue à 15 heures samedi. Il y a dix ans, près de 8 000 personnes s’y étaient déjà retrouvées, sous la neige. François Hollande, tenant du oui lors du référendum sur la constitution européenne, avait d’ailleurs été visé par des boules de neige. Pendant ces deux jours, un « village des services publics » sera installé, avec des débats quasi ininterrompus. Au menu : l’accord de libre échange Tafta, l’accès aux soins, la réforme territoriale. Un rassemblement qui se traduira par le lancement d’assises nationales et un nouveau manifeste du XXIe siècle

« Le service public définit ce qui fait société ! »
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9 juin 2015 2 09 /06 /juin /2015 22:47
Vortex : les alertes se multiplient autour du transporteur de personnes handicapées !
L’Humanité révélait mardi les pratiques de dumping social du numéro 1 du transport d’enfants handicapés, opérant dans 70 départements [dont le Puy de Dôme, Ndlr]. 
Entre temps, le comité d’entreprise de Vortex a lancé un droit d’alerte interne. Un élu du Grand Lyon se bat, quant à lui, pour obtenir un audit.

L’enquête publiée hier dans l’Humanité n’a pas manqué de faire réagir. La société Vortex, qui se présente comme le « leader du transport de personnes handicapées », emploie 2 600 chauffeurs, très majoritairement à temps partiel, retraités et souvent handicapés, dans le cadre de délégations de service public qui lui sont confiées sur la base d’appels d’offres où la société apparaît la moins chère. Un bas coût qui repose sur des heures de travail non rémunérées et sur des jeux d’écriture comptable entre plusieurs sociétés détenues par les dirigeants principaux, Éric Heudicourt, Guilhem Sala et Vincent Dumoulin – qui s’est dit « choqué » par notre enquête. En effet, celle-ci met à mal « l’image de l’entreprise », comme il le lui reproche, mais sur le fond, l’actionnaire chargé de communication et du développement de Vortex déclare « rester droit dans (ses) bottes », s’appuyant notamment sur un accord conclu directement avec la Fédération nationale CFDT des transports (FGTE) en 2009 et qui, selon lui, autoriserait Vortex à soustraire une demi-heure par jour de travail, et donc de salaire, aux chauffeurs au motif qu’ils stationnent leur véhicule de travail chez eux. « Je persiste à affirmer que Vortex est l’entreprise la plus vertueuse du secteur », nous a déclaré Vincent Dumoulin, estimant que la surfacturation dénoncée en 2014, en particulier sur des circuits de transports scolaire d’enfants handicapés du Rhône, était le résultat d’une « interprétation des contrats en faveur de l’entreprise » et que tout est rentré dans l’ordre, la preuve c’est que « le Rhône a de nouveau retenu l’offre de Vortex pour des contrats qui courent jusqu’au 31 juillet 2016 ».

 

« Il est question du transport d’un public vulnérable, pas de cagettes ! »

Il se trouve que nous venons de prendre connaissance d’une demande officielle d’« audit de fonctionnement sur la convention entre la métropole (Grand Lyon – NDLR) et la société Vortex pour le transport des élèves et étudiants handicapés de leur domicile à leur établissement scolaire ». Cette demande a été adressée directement au président de la métropole lyonnaise, Gérard Collomb, le 19 mai 2015, par André Gachet, maire et élu communautaire divers gauche (groupe Gram) du 1er arrondissement. Il nous précise avoir rencontré de nombreux acteurs de terrain (salariés, parents, usagers…) et invoque la notion de « responsabilité ». « Au-delà du prix, la qualité de la prestation et le respect total de la convention collective doivent entrer en ligne de compte dans les choix », confie-t-il par téléphone. « On peut faire parler les chiffres comme on veut, on ne peut pas faire dire ce qu’on veut aux comportements », résume-t-il, soucieux du « ressenti des usagers » et du bien-être au travail des chauffeurs. « Il est question du transport de public vulnérable, pas de cagettes ! » André Gachet estime qu’il y a « besoin que la collectivité mesure le sens de ses engagements ».

Du côté du comité d’entreprise (CE) de Vortex, réuni lundi soir dans une ambiance houleuse, il y a aussi du nouveau : le recours à la procédure du droit d’alerte interne. Selon nos informations, le CE a ainsi usé de ses prérogatives économiques et sociales en s’appuyant sur une expertise des comptes de l’année 2013 ayant relevé des « actes anormaux de gestion ». Des accusations graves dans le cadre d’une gestion d’entreprise. D’autres années comptables sont en cours d’expertise à la demande du CE.

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4 juin 2015 4 04 /06 /juin /2015 12:17
insee

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Gérard Le Puill - Mardi, 2 Juin, 2015 - bHumanite.fr
Les ghettos de pauvres en France  ! Et la grande pauvreté qui s'installe dans les cours d'écoles !

L’INSEE rend publique ce 2 juin une étude réalisée en 2012 à partir du « Fichier localisé social et fiscal » sur le taux de pauvreté en France. Elle confirme ce qui est observable à l’œil nu en y apportant des données chiffrées incontestables.

Selon l’étude rendue publique ce matin, les poches de pauvreté sont plus importantes dans le Nord et dans le Sud de la France que dans l’Ouest et l’Est du pays en général. Elles sont aussi plus importantes au cœur des villes que dans les périphéries résidentielles, plus importantes dans les départements qui ont beaucoup de logements sociaux que dans ceux qui en ont peu. Dans ces derniers, le niveau de revenu des ménages aisés est très élevé. A Neuilly , la ville dont Nicolas Sarkozy fut le maire avant d’être ministre de l’Intérieur, puis président de la République, le revenu annuel des 10% des ménages les plus aisés est le suivant :111.700€ par an pour une personne seule comptant pour un ménage ; 167.000€ pour un couple sans enfant ; 234.570€ pour  un couple avec deux enfants de moins de 14 ans. Précisons que  l’étude porte sur 2012, année ou Nicolas Sarkozy terminait  son quinquennat. Voilà dans doute pourquoi il préfère désormais disserter sur la République que sur la politique économique et sociale qui serait la sienne s’il revenait à l’Elysée. 

27% des habitants du 93 vivent sous le seuil de pauvreté [12 % à Lempdes, combien dans notre canton ? Ndlr]

Si on regarde maintenant le niveau de vie des 10% de ménages les plus pauvres, il ne dépasse pas les 11.700€ par an et par unité de consommation dans toutes les régions de la France métropolitaine. Mais il tombe à 8.990€ en Corse, à 9.650€ dans la région Nord-Pas de Calais. Quand au niveau de vie médian des ménages vivant sous le seuil de pauvreté, il est de 8.620€ à Paris par unité de consommation, contre 9.900€ en Vendée. Plus généralement, 20% des ménages habitants la Corse, le Languedoc-Roussillon, le Nord-Pas-de-Calais vivent sous le seuil de pauvreté. Il en est de même pour 27% des habitants de la Seine-Saint-Denis alors que l’on tombe à 9% dans les Yvelines. En Languedoc-Roussillon, la Lozère, moins favorisée que le Gard, l’Hérault, l’Aude et les Pyrénées Orientales par la nature, compte néanmoins un pourcentage de pauvres inférieur à la moyenne régionale. Sans doute faut-il voir là une conséquence de choix économiques davantage centrés sur les productions et activités qui utilisent intelligemment les ressources du  terroir et les circuits courts de mise en marché.

Faire grossir les villes-centres ne fait pas reculer la pauvreté

L’étude montre aussi que la part des prestations sociales dans le revenu disponible des plus pauvres est plus élevée que la moyenne nationale dans les villes-centres où elle représente en moyenne 46% pour les 10% de personnes les plus modestes. À l’inverse, pour les 10% de personnes les plus aisées de ces mêmes villes-centres, la part du revenu du patrimoine représente en moyenne  30% du revenu disponible. Bien qu’il ne s’agisse pas ici de l’essentiel, on peut penser que 20 années de défiscalisation offerte aux particuliers qui profitent de cette manne pour devenir des propriétaires de logements locatifs privés les ont bien enrichis, nos impôts servant à les enrichir une seconde fois des années durant via l’aide personnalisée au logement (APL) dont le produit profite finalement à hauteur de 94% au loueur dès lors que ça rend le locataire solvable.

Notons enfin que 77% de la population pauvre réside dans les 230 grandes aires urbaines de la France métropolitaine. 65% sont dans les grands pôles urbains dont 20% dans l’aire urbaine de Paris. Dit autrement, faire grossir les villes-centres en y concentrant fortement l’emploi et les activités économiques ne fait pas reculer la pauvreté. On peut même penser que la ségrégation par le logement dans les grands ensembles pose d’autres problèmes aux ménages qui quittent ces mêmes ensembles pour  devenir propriétaires de leur logement en lointaine banlieue avec des coûts de transports et des remboursements d’emprunts qui mettent beaucoup d’entre eux à la lisière de la pauvreté.

3.536.000 personnes sans la moindre activité

Cette étude a été rendue publique au lendemain de la publication des chiffres du chômage pour le mois d’avril. On y compte 26.2000 chômeurs de plus qu’en mars en catégorie A, soit un total de 3.536.0000 personnes sans la moindre activité. S’y ajoutent plus de 1.804.600 personnes qui n’ont pu avoir que quelques heures d’activité dans le mois, ce qui les maintient dans les statistiques des sans emploi avec le niveau de pauvreté et de précarité qui va avec. Autant dire que la pauvreté et la précarité se sont encore accrues depuis 2012 puisque le chômage n’a cessé de croître. Ajoutons que les mauvais chiffres du chômage en dépit d’un modeste rebond de la croissance du Produit intérieur brut (PIB) au premier trimestre cachent sans doute quelques perversités dans le fonctionnement de l’économie  dérégulée. Il s’agit notamment du travail clandestin sur lequel le gouvernement et son ministre du Travail ont tendance à fermer les yeux dans des secteurs comme le bâtiment, les travaux publics et les emplois à domicile.

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31 mai 2015 7 31 /05 /mai /2015 21:10

Comme vous le savez nous apprécions particulièrement le blog de notre ami et camarade Jean Ortiz "Toujours un poing levé et une main tendue, Jean Ortiz est un internationaliste assumé."

Nous n'avons pas résisté au plaisir de partager avec vous son dernier article !

Charb, dans l'HD du 8 au 14 janvier

Charb, dans l'HD du 8 au 14 janvier

Salauds les pauvres !

Le blog de Jean Ortiz

Les pauvres nous guettent,
nous harcèlent et nous volent,
nous cernent, nous copient,
nous envient, nous envahissent,
nous colonisent, nous étouffent,
nous coûtent cher,
menacent de ne pas rester pauvres.

Salauds les pauvres !
Les pauvres sont pauvres d’être pauvres,
ils se croient si nombreux
qu’ils voudraient tutoyer Dieu,
et oublier qu’ils sont pauvres
parce que Dieu l’a voulu ainsi.

Salauds les pauvres !
Ils enlaidissent nos places,
nos bas d’immeubles, nos trottoirs,
s’inventent des ghettos sauvages,
se cachent dans nos poubelles
pour les empêcher d’être poubelles,
aboient des onomatopées étrangères,
des dialectes menaçants de pauvres,
conspirent contre l’ordre naturel
qui les a faits pauvres par nécessité.

Salauds les pauvres !
Ils monopolisent nos faits d’hiver,
même au printemps,
voudraient ne pas rester à leur juste place,
criminaliser les riches pourtant compatissants,
et s’imaginent qu’il est facile d’être riche,
que les « gagneurs » ont besoin de « perdants »,
qu’ « Alternativ » est un groupe rock,
et le rock, ils le kiffent.

Devenir pauvre c’est facile,
accepter de le rester ne l’est pas autant.

Salauds les pauvres !
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28 mai 2015 4 28 /05 /mai /2015 22:46

Yves Housson - Mercredi, 27 Mai, 2015 - Humanite.fr

 

Retour d'une réunion syndicale de retraité-es où j'ai appris après bien des mauvaises nouvelles que l'Europe considérait les différentes réformes des retraites en France comme les plus dures d'Europe ! Comme titre européen on pouvait rêver mieux, non ?

AFP

AFP

Au Medef aussi, l’appétit vient en mangeant. A peine l’une de ses doléances satisfaites, il pousse le bouchon plus loin. Mais le patronat rencontre une opposition farouche des syndicats.

Après la « simplification » du compte pénibilité, après l’ « assouplissement » des licenciements (avec la loi dite de « sécurisation de l’emploi » de 2013), après les « accords de compétitivité » sacrifiant salaires et/ou temps de travail au nom de l’emploi, après la loi Macron et ses multiples dispositions de libéralisation, et alors que le gouvernement s’apprête à satisfaire largement ses vœux dans le projet de loi sur le « dialogue social » en réduisant les prérogatives des institutions représentatives du personnel, M. Gattaz et ses hommes s’acharnent sur les retraites complémentaires. Mais la séance de négociation d’hier a montré qu’en matière sociale, l’histoire n’est jamais écrite d’avance. La délégation patronale est arrivée à la table de discussion sur les régimes Arrco (où cotisent tous les salariés du privé) et Agirc (spécifique aux cadres) avec des propositions porteuses d’une telle régression sociale que tous les syndicats, même les plus conciliants d’ordinaire avec le Medef, les ont repoussées, avec des accents plus ou moins indignés.

« Un projet irresponsable »

« Un projet irresponsable », a tonné la CFTC. Des propositions « inacceptables », pour FO, suspectant le patronat de « politiser le dossier ». Un patronat qui « pousse le bouchon un peu trop loin », aux yeux de Jean-Louis Malys, de la CFDT. Le Medef jouait-il délibérément la carte de l’échec, en espérant « refiler le bébé » au gouvernement, comme le pensent certains ? Ou bien plaçait-il la barre très haut pour mieux faire accepter, dans un second temps, une potion amère légèrement adoucie ? Au-delà de calculs, les faits sont là : l’organisation patronale réclamait du monde du travail des sacrifices d’une ampleur sans précédent en matière de retraites complémentaires. Pas moins de 30 millions de personnes sont visées : 18 millions d’actifs cotisant à l’Agirc et à l’Arrco, et 12 millions de retraités percevant des pensions de ces régimes. En difficultés du fait du chômage et de la stagnation des salaires qui plombent leurs recettes alors que, avec la hausse de l’espérance de vie et le papy-boom leurs dépenses croissent, Agirc et Arrco sont entrés en déficit et doivent maintenant puiser dans leurs réserves financières pour payer les pensions.

Des réserves promises, en l’état actuel, à épuisement en 2018 pour l’Agirc et 2027 pour l’Arrco. Nul doute, donc, que des solutions doivent être rapidement trouvées pour équilibrer les comptes et pérenniser les régimes. C’est là que « deux approches » se confrontent, constatait Eric Aubin, chef de file des négociateurs CGT, lors d’un rassemblement devant le siège de l’organisation patronale, résumant ainsi celle de Medef : « les entreprises ne mettent rien sur la table et tout l’effort repose sur les retraités et futurs retraités ». Dans sa dernière version, le projet patronal ne prévoyait en effet pas la moindre contribution des entreprises. Un refus motivé au nom de la « compétitivité » et de la « cohérence avec le pacte de responsabilité et le CICE », rapporte Eric Aubin. Pourquoi le patronat ferait-il un effort quand le gouvernement le conforte dans son discours sur la soit-disant nécessaire baisse du « coût du travail » en l’arrosant de baisses de cotisations sociales et d’impôts ?... Du coup, pour trouver les 8,4 milliards d’euros estimés nécessaires à l’horizon 2020 afin de rétablir l’équilibre financier, le Medef veut taper dur sur les retraités. Première proposition, d’un genre inédit : imposer des abattements dégressifs sur les pensions pour tous ceux qui voudraient partir en retraite avant 67 ans. En décrochant malgré tout à 62 ans, âge légal dans le régime général de la Sécurité sociale, le salarié perdrait 40% de sa pension. S’il partait à 63 ans, la punition serait une décote de 30%. A 64 ans, 18%. A 65 ans, 2%, et à 66 ans, 1%. Seul le départ à 67 ans permettrait d’avoir une retraite complète.

Retraites complémentaires : le MEDEF contraint de faire machine arrière !

« Jouer sur l’âge effectif »

Le calcul patronal était limpide, comme l’explique Eric Aubin : puisqu’il « n’a pas la main sur l’âge légal de départ», il veut « jouer sur l’âge effectif ». Les abattements visent à dissuader fortement tout départ à 62 ans. L’argument est d’autant plus frappant que la retraite complémentaire représente entre 30 et 56% de la pension globale. Le Medef feint seulement d’oublier qu’à partir de 60 ans, et parfois même avant, nombre de salariés ont été évincés de l’emploi…Deuxième proposition en guise de coup de rabot : la prolongation pendant trois ans du gel des pensions à l’œuvre depuis 2013. En clair, celles-ci sont désindexées de l’inflation et perdent donc chaque année du pouvoir d’achat. Le Medef veut également mettre à contribution les veuves et veufs en réduisant les droits à pension de réversion qui seraient versées à partir de 60 ans, au lieu de 55 ans, et à hauteur de 55% de la pension du défunt contre 60% actuellement. Enfin, il prétend faire la peau au régime de retraite complémentaire des cadres en fusionnant l’Agirc avec l’Arrco. Une mesure qui n’apporterait aucune solution au problème du financement –la fusion de deux déficits ne créant aucun bénéfice- mais aurait un double effet, analyse Marie-Jo Kotlicki, secrétaire générale de l’union des cadres CGT (UGICT) : d’une part, « pousser les cadres à la capitalisation » ; d’autre part, liquider le statut cadre, aujourd’hui incarné, garanti par l’Agirc. Un statut qui permet la reconnaissance, dans les conventions collectives, de seuils de qualification, et donc de rémunération. Un statut qui représente ainsi un « ascenseur social », souligne Marie-Jo Kotlicki, pointant ainsi l’enjeu qu’il représente pour l’ensemble des salariés.

La médiatisation de ces propositions s’apparentant à une déclaration de guerre anti-sociale, leur dénonciation vigoureuse ces derniers jours par plusieurs syndicats, en particulier la CGT avec le rassemblement qu’elle organisait hier, et finalement la position unanime exprimée hier par les organisations de salariés les qualifiant d « inacceptables » et exigeant un effort financier du patronat, ont amené la délégation patronale, isolée autour de la table, à faire machine arrière.

« Le Medef s’est engagé à revoir sa copie », indique Eric Aubin. Lors de prochaines rencontres bilatérales avec les syndicats, il doit présenter « un texte complètement réécrit, intégrant les positions des organisations syndicales ». Pour la première fois depuis le début des négociations, le représentant du Medef a « entrouvert la porte » à une éventuelle augmentation des cotisations, se réjouit le responsable CGT, voyant dans ce recul la marque de l’unité syndicale. Une nouvelle séance est prévue le 22 juin. En cas d’échec, les discussions pourraient reprendre à la rentrée.

Retraites complémentaires : le MEDEF contraint de faire machine arrière !
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17 mai 2015 7 17 /05 /mai /2015 22:02

Parti quelques jours en vacances, nos voisines de table, charmantes au demeurant, nous ont tenu des discours sur ces migrants qui useraient ou abuseraient de nos aides sociales ! Ces discours récurrents, tenus habituellement par l'extrême-droite, nous ont incités à remettre les pendules à l'heure en donnant les vrais chiffres de nos politiques migratoires.

Ça nous a rappelé un peu le sketch de Fernand Raynaud "J'Suis pas Un Imbécile" :

 

 

 

 

 

Les vrais chiffres de nos politiques migratoires !

Les drames humains en Méditerranée ont replacé l’immigration au centre des débats. Souvent utilisées pour justifier l’inertie des pays de l’Union, 
les statistiques, regardées de près, démontent pourtant bien des a priori.

Les agents de police frappent des hommes à terre et les basculent par-dessus les glissières de sécurité de l’autoroute. Ce sont des migrants. Ça se passe à Calais. Le tout a été filmé et diffusé sur Internet par l’association Calais Migrant Solidarity, en début de semaine. Pendant ce temps, à Bruxelles, l’Union européenne feint de réagir aux naufrages à répétition qui transforment la Méditerranée en vaste cimetière marin. « Aucun pays ne devrait être seul face aux immenses pressions migratoires », affirmait Jean-Claude Juncker avant de proposer l’instauration de quotas par pays pour la prise en charge des demandes d’asile des exilés secourus en mer. Mais de quelle « pression » parle-t-on ? Et quel est le si grand péril que représentent ces migrants pour que la police de la République les traite de la sorte, sur les rives de la Manche ?

Un demi-million de migrants pourraient tenter cette année la traversée de la Méditerranée, estime l’Organisation maritime internationale (OMI). Si on choisissait de répartir l’ensemble de ces migrants sur le territoire de l’Union, cela reviendrait à… cinq personnes pour chacune des 103 000 communes que compte l’Europe des Vingt-Huit !

Mais nos chefs d’État ne s’inquiètent pas du sort de ces hommes, femmes et enfants. Dans le cas contraire, les sommes qu’ils comptent dépenser dans l’opération militaire défendue, cette semaine, par Federica Mogherini, chef de la diplomatie européenne, au Conseil de sécurité de l’ONU, seraient employées au sauvetage et à l’accueil des exilés. Mais cette fois encore, l’UE préfère la répression en cherchant à neutraliser et à détruire les bateaux utilisés par les migrants pour leur traversée. Nos dirigeants surfent sans vergogne sur les fantasmes populistes liés à l’immigration.

En France, on avance le chiffre de 200 000 entrées d’étrangers tous les ans. On oublie de préciser qu’on compte parmi eux 60 000 étudiants. On omet aussi d’indiquer que certains meurent, d’autres repartent réduisant le chiffre à 90 000 âmes dont plus de la moitié sont européennes.

Il faut, par ailleurs, distinguer les flux migratoires de ce que les démographes nomment le « stock ». Il correspond à la part de la population constituée d’immigrés, à un moment donné. En France, le « stock » actuel approche les 23 % de la population si on prend en compte les immigrés de la première et de la deuxième génération, parmi laquelle la moitié des enfants sont nés en France d’un seul parent immigré. Manuel Valls, premier ministre, et Najat Vallaud-Belkacem, ministre de l’Éducation, font, de ce point de vue, partie du « stock »

Par contre, les flux, sont particulièrement modérés. Chaque année, la population française augmente, mais le taux d’accroissement lié à l’immigration est de seulement 0,06 %, une infime partie. Et tout cela est extrêmement stable, quels que soient les motifs d’immigration. Nous sommes loin du « grand remplacement » que certains xénophobes télévisuels feignent de craindre. L’Allemagne doit, pour sa part, son salut à l’immigration. L’accroissement naturel outre-Rhin est négatif, mais la population continue, cependant, de croître grâce à un taux de migration de 0,58 %. Sans étrangers, la première puissance européenne serait démographiquement en déclin.

Les clichés tombent également concernant l’asile. La France serait prête à faire un effort de solidarité en acceptant la proposition des quotas présentée, mercredi, par Jean-Claude Juncker. Elle aurait donc à étudier les demandes de 11,9 % des réfugiés aux frontières de l’UE. En reprenant les prévisions de l’OMI, cela reviendrait à étudier 59 500 dossiers de demande d’asile. Autant dire que ce plan ne change rien pour la France. C’est à peu près le nombre de demandes d’asile étudiées, en 2014, par l’Ofpra… On fera moins de publicité sur les 71 % de personnes dont les dossiers n’auront pas été traités ou tout simplement rejetés. L’Angleterre qui, pour sa part, n’aura étudié que 26 000 cas l’an dernier, s’obstine dans la logique de forteresse. « Nous devons nous assurer de ne rien faire qui aggrave le problème », déclarait Theresa May, la ministre de l’Intérieur britannique, sans se soucier des conséquences humaines de son inaction, telles que nous les constatons à Calais.

 

Les vrais chiffres de nos politiques migratoires !
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17 mai 2015 7 17 /05 /mai /2015 10:51

Sécu et malades passent au tiroir-caisse. Depuis le 1er janvier 2015, les pharmaciens facturent 0,82 euro pour la délivrance de chaque boîte de médicament remboursable, censé « rétribuer la fonction du conseil de pharmacien ». Un alibi pour maintenir la rentabilité des officines sur le dos des usagers.

Révélation. Un nouveau racket sur le dos des malades !

À l'heure où de plus en plus de patients se voient contraints de diminuer leurs dépenses de santé, une réforme passée quasiment inaperçue grève encore un peu plus le budget santé des Français. Depuis le 1 er janvier, les pharmaciens facturent en effet 0,82 euro la délivrance de chaque boîte de médicament remboursable, qu'il soit prescrit ou non d'ailleurs. C'est ce qu'on appelle l'« honoraire de dispensation », censé rétribuer « la fonction du conseil de pharmacien d'officine ». Mais de quoi parlet-on exactement ? C'est simple : pour chaque boîte de médicament remboursable vendu, les pharmaciens perçoivent désormais 0,82 euro. Et, cerise sur le gâteau, quand l'ordonnance comporte cinq médicaments différents, s'ajoutent alors des honoraires pour ordonnance complexe de 0,51 euro. Sur une prescription de cinq médicaments, votre apothicaire encaissera donc 4,61 euros.

Prenons un exemple concret : l’année dernière, une boîte de Clamoxyl 1 g (antibiotique) de 14 comprimés coûtait 4,46 euros ; désormais, le patient la paye 5,28 euros (4,46 + 0,82 euro). L’assurance maladie affirme que « l’assuré n’a rien à payer ». Il est vrai que les honoraires de dispensation sont pris en charge par l’assurance maladie dans les mêmes conditions (au même taux, donc) que le médicament auquel il se rapporte, soit en moyenne 65 % (soit 0,53 euro), celui pour ordonnance complexe étant entièrement pris en charge par le régime obligatoire. Le remboursement de la Sécu sur la boîte de Clamoxyl 1 g interviendra donc sur la somme globale – 5,28 euros –, remboursée à 65 %, le reliquat (0,29 euro) étant remboursé par les complémentaires santé si le contrat le prévoit ou, et c’est là que le bât blesse, restera à la charge des patients qui n’ont pas de mutuelle. Ce qui arrive de plus en plus fréquemment… Seuls les patients en ALD (affection de longue durée) et les bénéficiaires de la CMU (couverture maladie universelle) ou de l’AME (aide médicale d’État) bénéficient d’une exonération totale.

« La ficelle est un peu grosse, s’agace Arnaud Faucon, secrétaire général de l’association de consommateurs Indecosa CGT. On rémunère soi-disant un conseil alors qu’il s’agit seulement d’augmenter la rémunération des pharmaciens. On estime que ces honoraires de dispensation devraient représenter 10 à 13 % de leur chiffre d’affaires. Les personnes âgées au faible pouvoir d’achat et les plus démunies vont en être les premières victimes. Vous êtes malade et on va vous faire payer encore plus cher le fait que vous êtes malade. Et tant pis si vous avez le malheur de ne pas avoir de complémentaire santé ! »

 

Des honoraires tout bonnement « discutable »

Même les principaux intéressés dans cette affaire reconnaissent que les patients sont pris pour les dindons de la farce. « Là où ils seront le plus pénalisés, c’est sur l’achat de médicaments sans prescription », indique ainsi Gilles Bonnefond, président du deuxième syndicat de pharmaciens (Uspo, non-signataire de l’accord qui a donné lieu à cette réforme), exemple à l’appui : « Le paracétamol et l’homéopathie représentent 25 % des médicaments remboursables délivrés sans ordonnance. À chaque fois qu’un pharmacien en vend une boîte ou un tube sans prescription, les 82 centimes vont directement dans sa poche, sans remboursement pour le patient. Il n’est plus question, là, d’honoraires, qui sont un acte de dispensation, puisqu’on le lie uniquement à une marchandise. Il y a ambiguïté. »

Pour comprendre l’origine de ce marché de dupes, il faut remonter à 2009 et la fameuse loi HPST (hôpital, patients, santé, territoire) de Roselyne Bachelot, qui officialisait de nouvelles missions pour les pharmaciens. Il avait été alors convenu que la future convention (qui lie les pharmaciens à l’assurance maladie) s’orienterait vers un nouveau mode de rémunération de ces professionnels de santé. L’idée étant de rétribuer les conseils donnés par les pharmaciens. La réforme en vigueur depuis le 1er janvier, issue d’un accord signé entre le syndicat majoritaire des pharmaciens (FSPF) et l’assurance maladie, s’est donc traduite par un arrêté (paru au Journal officiel du 28 janvier 2015) qui augmente les honoraires versés pour chaque boîte vendue de 82 centimes en 2015 puis 1 euro en 2016, et instaure une prime de 51 centimes par ordonnance complexe. En contrepartie, la marge commerciale que les pharmaciens perçoivent pour chaque boîte vendue (calculée en pourcentage du prix fabricant) a été ajustée à la baisse. Pour le syndicat signataire, il s’agit d’une « réforme positive qui permet de sécuriser le réseau officinal dans un contexte de baisse de chiffre d’affaires ».

« Concrètement, avec ce nouveau mécanisme, les prix des médicaments les plus chers baissent un peu, mais, inversement, les prix des médicaments pas chers augmentent, constate Bruno Bordas, pharmacien à Messeix (Puy-de-Dôme). Si on ne comptabilise pas les 82 centimes d’honoraires, le tube d’homéopathie passe de 2,02 à 2,08 euros. Ce n’est pas énorme, mais mis bout à bout… » Pour ce pharmacien, ces honoraires qu’il dit « subir » sont tout bonnement « discutables » : « Personnellement, je suis pour la valorisation de l’acte pharmaceutique, ce moment qu’on prend avec les patients lors de la dispensation de leur ordonnance. Ce n’est pas seulement sortir des boîtes, mais expliquer au patient son traitement, les dangers qu’il peut encourir… Pharmacien, ce n’est pas faire du commerce. »

 

« Il faut rouvrir des négociations sur la rémunération »

« Le but était de valoriser la fonction de pharmacien en accompagnant le patient et de décrocher les prix et les volumes, mais on fait l’inverse », dénonce Gilles Bonnefond, de l’Uspo, qui parle de « marché de dupes ». « Auparavant, notre système de rémunération faisait que plus on vendait de boîtes, plus on était payé. Et plus les boîtes étaient vendues chères, plus on y gagnait. Avec cette nouvelle réforme de rémunération, on s’accroche encore plus aux volumes. Ce qui n’augure rien de bon pour l’avenir. Si demain, je veux suivre les recommandations de la HAS (Haute Autorité de santé), quel sera mon intérêt si je suis lié aux volumes, si chaque fois que je pratique le bon usage, je suis pénalisé financièrement ? » interroge le président de l’Uspo. Pour ce dernier, on aurait tout aussi pu faire autrement : développer de nouvelles missions comme l’entretien pharmaceutique, l’information sur le risque de mésusage du médicament, l’éducation thérapeutique, etc. Et être rémunéré sur ces missions. Mais les pouvoirs publics ont manqué d’ambition et de courage, assène Gilles Bonnefond, convaincu que le gouvernement a plié face aux lobbies : « Il est certain que les laboratoires ne voyaient pas d’un très bon œil notre intervention pour réduire l’usage des médicaments… »

Alors que la prochaine étape de cette réforme est prévue pour janvier 2016, un certain nombre de pharmaciens ne désespèrent pas de faire reculer le gouvernement. « Sur les 22 500 officines, plus de 7 000 ont écrit au directeur de la Cnam (Caisse nationale d’assurance maladie) pour ne pas passer à l’étape de 2016 ; cela montre bien que la profession n’adhère pas à ce projet et qu’il faut rouvrir des négociations sur la rémunération », insiste le président de l’USPO, rappelant la tenue en fin d’année des élections professionnelles, qui pourraient changer la donne en matière de représentativité. En concluant : « La profession et les patients méritent mieux que de voir les pharmaciens courir après des boîtes de médicament ! »

Si la loi Macron a failli sonner le glas du monopole des pharmaciens sur la vente des médicaments sans ordonnance, ce n’est que reculer pour mieux sauter, craint Arnaud Faucon, de l’Indecosa CGT. « L’esprit de la loi Macron est toujours là, en filigrane. On ne m’enlèvera pas de la tête que l’idée, c’est de libéraliser encore plus le marché des médicaments. En attendant, le gouvernement cherche des débouchés pour compenser le manque à gagner que subiront les pharmaciens d’officine. C’est un système pervers. Tout s’intègre dans un plan préétabli qui doit amener plus de financiarisation sur le dos des assurés », analyse le syndicaliste. Heureusement, tous les pharmaciens ne sont pas dans cet état d’esprit. Bruno Bordas, ce pharmacien de zone rurale, lui, est prêt « à baisser (s)es revenus si on sort la santé du carcan de la finance ».

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14 mai 2015 4 14 /05 /mai /2015 21:57
Madame, Monsieur,

L'étude déplacement qui a été présentée par le cabinet TTK, lors de la réunion publique du mardi 05 mai dernier, à la mairie de Billom, va nécessiter un travail jusqu'au 15 septembre. 
A l'issue de ce délai, une nouvelle réunion publique sera organisée pour présenter les différentes hypothèses permettant de prendre en compte l'évolution des besoins de transports sur notre territoire.
De nombreux destinataires de ce mail avaient répondu au petit questionnaire que nous vous avions remis en 2012 et qui portait sur l'intérêt de la réouverture de la ligne ferroviaire Billom - Vertaizon. 
Vous aviez été très nombreux à répondre positivement sur ce sujet.
Je compte sur vous pour remplir ce nouveau questionnaire (en cliquant sur le lien suivant) :

https://docs.google.com/forms/d/1z8m7ZuDFjRY9Tll9efcwpul_6Uqz0Nlz2-q7G0d5TBk/formResponse

Votre participation sera déterminante pour la poursuite de notre action commune pour des transports collectifs qui préservent notre environnement et notre sécurité, développent la qualité de nos déplacements mais aussi améliorent notre pouvoir d'achat (cartes de transport).
N'hésitez pas à populariser cette information auprès de vos contacts et de me faire connaître toutes les adresses mail des personnes qui veulent être informées sur ce dossier ou participer à nos travaux.

Bien cordialement 

Jacky GRAND

Animateur du groupe de travail 
Réouverture de la ligne ferroviaire 
Billom - Vertaizon
Conseiller départemental
Adjoint au maire de Billom
Transports collectifs de l'Est clermontois (pour le moment sur le secteur Billom-Vertaizon, mais nous continuons le combat, notamment pour la gratuité de l'autoroute entre La Monnerie le Montel et Clermont-Ferrand)
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3 mai 2015 7 03 /05 /mai /2015 22:32
Puy de Dôme : Un Premier mai revendicatif, combatif et réussi !

Près de de 1600 manifestant-e-s ont bravé la pluie et se sont retrouvé-e-s partout dans le département pour célébrer la fête Internationale des travailleurs.

Au delà du rendez-vous traditionnel du 1er mai, il était important de maintenir le "feu" de la contestation sociale. On peut d'ores et déjà annoncer une réussite de cette journée :

  • 1200 manifestant-e-s à Clermont-Fd,
  • 150 à Riom,
  • 150 à Issoire,
  • 100 à Thiers,
  • à St Éloy se déroulait également une manifestation, nous n'avons pas encore les chiffres.

Les syndicats CGT, FO, FSU, Solidaires et UNEF ont proposé, à l'issue de la manifestation clermontoise, des prises de paroles dirigées unitairement contre l'austérité.

Une prise de parole de RESF a clôturé la manifestation, rappelant l'horreur qui se déroule en Méditerranée. La solidarité de toutes et tous a été implorée, tout en précisant qu'à Clermont-Fd, près de 5.000 logements sont vacants alors que des familles continuent de vivre à la rue. Cette réalité doit être combattue et RESF nous invite à participer à ses actions et réunions de travail, les lundis soirs à 18h au centre Jean Richepin à Clermont-Fd.

Et juste pour le plaisir (ce n'est pas si souvent que nous en avons l'occasion) grâce à notre amie Graziella !

François Morel, génial ! REPUBLICAINS : "acronyme ou sigle, monsieur Sarko, on apprend à tout âge"

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2 mai 2015 6 02 /05 /mai /2015 23:03
Photo Dominique Faget. AFP

Photo Dominique Faget. AFP

François Michelin, décédé le 29 avril, se posait en adversaire résolu des syndicats, du Code du travail, des 35 heures.

 

Dans son entourage, chez nombre de journalistes aussi, on ne cachait pas une certaine admiration pour ce patron « visionnaire », la « capacité d’écoute » de ce PDG n’hésitant pas à descendre dans les ateliers pour saluer les ouvriers, ce « chrétien fervent mariant son amour pour Dieu et sa confiance dans le capitalisme »… Tout juste concédait-on une ombre au tableau : ses relations « houleuses » avec les syndicats… François Michelin, décédé à quatre-vingt-huit ans, a régné pendant près d’un demi-siècle sur le fabricant de pneumatique basé à Clermont-Ferrand, dont il a quitté la gérance en 2002. Il a pris la tête de l’entreprise en 1955, après, dit la légende, y avoir occupé, sous une fausse identité, diverses fonctions, y compris celle d’ouvrier.

Michelin : Mort d’un défenseur gonflé du capitalisme !

Lors de la grande grève 
de 1977, il opposa 
une intransigeance de fer

 

Mettant à profit des innovations, dont celle du pneu à carcasse radiale, le groupe français prendra une dimension mondiale. Un développement économique réel, acquis aussi grâce à une exploitation sévère des travailleurs, mal dissimulée derrière le fameux paternalisme de « Monsieur François ». On le verra notamment lors de la grande grève de 1977 qui paralysa pendant dix jours toutes ses usines : aux Bibs qui refusaient l’instauration du travail en semi-continu, voulant farouchement sauvegarder leur temps libre le samedi soir et le dimanche, il opposa une intransigeance de fer. On le verra aussi lors de multiples plans de licenciement, qui saignèrent les effectifs du groupe, comme les 7 500 suppressions de postes décidées en 1999, en dépit d’une forte hausse des profits, et alors que la part de ceux-ci versée aux actionnaires avait grimpé de 21 % en un an… Si, à la différence de certains de ses homologues, il ne montrait pas de signe ostentatoire de richesse, François Michelin ne perdait pas le nord. « Rien ne se fait sans les hommes », chante-t-il dans une interview à Paris Match. Mais gare si ces hommes viennent à s’organiser pour défendre leurs intérêts… « Monsieur François » était un adversaire résolu des syndicats, pas utiles puisque « les racines de tout patron, c’est le contact avec les hommes en tête à tête ». Un pourfendeur du Code du travail, « d’inspiration marxiste car reposant sur la lutte de classes » ; plus généralement, d’ailleurs, selon lui, le « drame » du pays tient au fait que « depuis des générations la France est entre les mains des fils de Marx ». Un adversaire du Smic, qui « met dans le crâne des gens qu’il n’y a pas de relations entre salaire et travail », des 35 heures, « erreur monumentale ». L’« atypique » patron avait claqué la porte du CNPF en 1968 après les accords de Grenelle, lui reprochant d’avoir trop lâché aux syndicats sur les salaires. Trente ans après, il saluait l’arrivée de Seillière à la tête du Medef : « C’est la première fois que l’on parle avec cette force des actionnaires. » L’« original » « Monsieur François » n’aura jamais dérogé à la défense des fondamentaux d’un capitalisme prenant pourtant eau de toutes parts…

Michelin : Mort d’un défenseur gonflé du capitalisme !
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