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9 mai 2016 1 09 /05 /mai /2016 23:17
NOUS REFUSONS L'IMPORTATION DE LA VIOLENCE DANS LA VILLE DE CLERMONT-FERRAND !

Le mouvement pour le retrait de la loi travail subit une répression sans précédent, y compris sous Sarkozy ou durant le CPE. Cela a commencé avec la répression violente des mobilisations lycéennes un peu partout. Cela se poursuit avec celle des Nuit Debout et des manifestations «  traditionnelles  » dans la plupart des villes. A cet égard, la séquence 28 avril-1er mai marque un tournant, avec le démantèlement violent et sauvage de Nuit Debout à Paris dans la nuit du 28 avril et l'attaque pure et simple de la manifestation du 1er mai. Depuis le début du mouvement, le nombre de blessés au flashball, de personnes matraquées ou gazées se compte par milliers... Pour un gouvernement minoritaire, aux abois face à 70% de français opposés sa loi, et à qui il manquerait 40 voix à l'Assemblée pour la faire voter, il s'agit de jouer la stratégie bien connue de tension et répression policière pour briser le mouvement  : tenter d'empêcher la convergences des luttes, des mondes associatifs, syndicaux et de Nuit Debout, faire en sorte que de peur de se faire gazer ou matraquer les rangs des manifestants se vident, et faire en sorte qu'une partie des manifestants excédés par de telles pratiques se radicalisent et basculent à leur tour dans la violence. Parler des «  casseurs  » permet en effet d'esquiver le vrai problème de fond  : une loi dont personne ne veut, imposée par un gouvernement minoritaire.

C'est cette stratégie qui a été appliquée à notre territoire le 29 avril, lorsque la Mairie a demandé à la Préfecture de déloger Nuit Debout à Clermont-Ferrand le jour du Conseil municipal, et 2 jours avant la manifestation du 1er mai. Dès lors, il s'agissait de refuser que cette logique de violence se décline ici. C'était la responsabilité du premier magistrat de cette ville  : le Maire de Clermont-Ferrand. C'était le sens de l'interpellation de Nuit Debout au Conseil municipal et relayée par les syndicats et un certain nombre d'élus  : faire en sorte que le débat politique et citoyen autour de «  la loi travail et son monde  » puisse s'exprimer librement sur la place publique.

Malheureusement, le Maire a fait le choix de s'aligner sur la stratégie gouvernementale quitte à amener la violence jusqu'au sein du Conseil municipal, ce qui est sans précédent dans la ville de Clermont-Ferrand et d'une extrême gravité. C'est à ce moment là que l'institution républicaine a été attaquée. En plus des manifestants présents, des élus ont ouvertement été bousculés, frappés, gazés, tazés, jetés à terre et hors de leur mairie parce qu'ils s'étaient déclarés opposés à la loi travail et solidaires de Nuit Debout. Des clermontois en terrasse de bar se sont fait gazer alors qu'ils n'avaient rien à voir avec les événements. Tout cela aurait pu être évité, mais ce n'était pas le choix du Maire pour qui il était possible de répondre à la demande officielle d'usage de la place faite par les syndicats (interlocuteurs reconnus et identifiés et auxquels il n'a même pas daigné répondre)  ; de mettre à disposition le cabanon associatif de la place de Jaude (pour éviter les construction «  en dur  »)  ; d'interrompre quasi-directement le Conseil pour recevoir Nuit Debout (comme cela se fait habituellement avec les associations et syndicats qui mènent ce type d'action) au lieu d'attendre 2h  ; de demander aux forces de l'ordre de se calmer quand elles ont commencé à pousser violemment les manifestants dans les escaliers  ; ou encore de s'excuser de ces «  débordements  » dans la presse au lieu de parler d'évacuation «  dans le calme et le respect des personnes  ». Il a fait le choix de la matraque et de la provocation. 

NOUS REFUSONS L'IMPORTATION DE LA VIOLENCE DANS LA VILLE DE CLERMONT-FERRAND !

Ce n'est pas comme cela que nous concevons la démocratie dans la ville de Clermont-Ferrand et dans notre pays. Tout cela est grave, lamentable et ne sera pas sans conséquences. Dans ce contexte, comment ne pas voir comme un signe avant-coureur de cette violence qui rend impossible tout «  dialogue social  » l'agression dont avaient été victimes les syndicalistes de la CGT de la ville de Clermont-Ferrand en début de mandat  ? Au-delà de Nuit Debout (que l'on soit d'accord avec ou pas), l'accepter serait créer une «  jurisprudence  » en la matière qui mettrait en péril la démocratie et menacerait les mobilisations citoyennes, syndicales ou associatives futures. Dans une démocratie on ne réprime pas à coup de matraques, de gaz et de tasers les divergences politiques  : on leur permet de s'exprimer.

C'est pourquoi nous condamnons les choix du Maire ce soir-là sans lesquels il n'y aurait pas eu les violences policières que nous condamnons également. Nous condamnons la volonté de faire porter la responsabilité des événements sur le syndicaliste arrêté, criminalisé et qui mérite justice et vérité. Afin que le calme et la sérénité puissent retrouver leur place,  nous exigeons des excuses et redemandons que la Mairie de Clermont-Ferrand autorise les citoyens, associations et syndicats à débattre, se rassembler et occuper la place de leur ville.

NOUS REFUSONS L'IMPORTATION DE LA VIOLENCE DANS LA VILLE DE CLERMONT-FERRAND !

Pour signer la pétition citoyenne :

 

Suivre le lien :

 

https://docs.google.com/forms/d/11fUG9klsQR3asVsUz5NJ6Q_Sc0z9PUn1wAjzP1gELn0/viewform?c=0&w=1


 

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1 mai 2016 7 01 /05 /mai /2016 22:18

C'est un défilé qui s'est déroulé dans le calme ce dimanche 1er mai entre la place Dellile et la place de Jaude. En effet, le conseil municipal de vendredi dernier a du être suspendu suite à « l'intrusion » ? des membres de Nuit Debout.

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29 avril 2016 5 29 /04 /avril /2016 00:06
Belle manifestation aujourd'hui 28 avril à Clermont-Ferrand : Un seul mot d'ordre « Retrait de la loi travail »

En vidéo Un seul mot d'ordre "Retrait de la loi travail" Partis vers 11 heures de la place du 1er mai, les milliers de manifestants (2300 selon la police, 4000 selon FO et 5000 selon la CGT) comptent maintenir la pression pour le retrait de la loi El Khomri. Auteur : Valérie Guinard

Belle manifestation aujourd'hui 28 avril à Clermont-Ferrand : Un seul mot d'ordre « Retrait de la loi travail »
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21 avril 2016 4 21 /04 /avril /2016 22:36
Photo : Ali Guessoum

Photo : Ali Guessoum

Entretien réalisé par Rosa Moussaoui - Mardi, 19 Avril, 2016

 

Avec le « Téléphone arabe », un dispositif qui fait appel aux arts graphiques, à la vidéo d’animation et au recueil de témoignages sur les discriminations, Ali Guessoum et son association Remembeur inventent de nouveaux outils de lutte contre le racisme, entre humour, réflexion et libre expression.

 

Entretien.

On connaissait certaines de vos affiches, qui tournent en dérision les clichés racistes. Comment est né votre « Téléphone arabe », présenté au mois de mars, place de la République ?

 Ali Guessoum. Il fallait mettre un coup de pied dans les outils traditionnels d’éducation populaire : les techniques de communication ont évolué, nous sommes dans l’ère du digital. D’un point de vue graphique, je me suis appuyé sur l’exposition d’affiches, créée pour le 30e anniversaire de la Marche pour l’égalité. Le public est mis en présence de quelque chose de beau, de vrai, de drôle, pas question de sombrer dans la victimisation, le misérabilisme. L’idée était de porter comme un regard d’éditorialiste sur la mémoire coloniale, les luttes pour l’égalité des droits, jusqu’à la banane jetée à la figure de Christiane Taubira, qui devient sur l’une des affiche une banane wharolienne pour dénoncer la « bananisation » du racisme comme glissement extrême. J’ai aussi un savoir-faire dans une autre forme de narration, le film d’animation. Nous avons articulé ces outils, avant de laisser le public se raconter. D’où l’idée du téléphone arabe, qui renvoie à l’idée de la rumeur, de radio-trottoir, de la parole qui circule. Je voulais recueillir cette parole sur les discriminations vécues dans la recherche d’un emploi, d’un appartement… J’ai d’abord pensé à une cabine téléphonique, où chacun pourrait laisser son message. Finalement, nous avons trouvé un bus équipé d’un dispositif multimédia, avec une salle de cinéma permettant de diffuser ces dessins animés. Nous avons aménagé, à l’avant du bus, un espace plus intime, aux allures de confessionnal, qui permet à chacun de se confier, de se raconter devant une caméra. Ces témoignages dessinent des histoires singulières, et autant de rapports différents aux injustices, aux inégalités, aux discriminations fondées sur l’origine, la religion, la couleur de peau. Nous travaillons maintenant à la restitution de cette parole.

 

Contre le racisme, détourner les clichés !

Ces témoignages mettent en lumière une violence sociale massive liée aux discriminations…

Ali Guessoum. Oui. Certains fondent en larmes. D’autres refusent d’être filmés, craignent pour leur emploi, mais parlent en off. Avec la situation dramatique que vivent de nombreux français, avec la crise économique, avec cette mondialisation qui laisse la plupart des gens sur le carreau, les inégalités se sont creusées. Des pans entiers de l’industrie ont disparu, le mouvement ouvrier s’est effondré. Tout le monde à peur de perdre son emploi, de ne pas en retrouver un ou de se noyer socialement.  Dans ce contexte, avec des médias et des responsables politiques qui instrumentalisent le racisme, désignent l’étranger, l’immigré comme la cause de tous les malheurs, les discours se radicalisent. Il y a eu, aussi, l’invention des « communautés ». Alors que dans la marche pour l’égalité, en 1983, il y avait des perfectos, des blousons noirs, des gens qui écoutaient Mickaël Jackson ou Bob Marley les cheveux au vent. Cette main tendue à la République a été coupée. Le mouvement a été détourné, au lieu de prendre le virage dans le bon sens, nous sommes allés droit dans le mur. Des gens que l’on a refusé de considérer comme français à part entière se sont tournés vers la religion. C’est l’une des conséquences de l’échec du pacte républicain.

 

Le Premier ministre, Manuel Valls, affirmait récemment, faisant référence aux Français de confession musulmane : « Il y a l'économie et le chômage mais l'essentiel, c'est la bataille culturelle et identitaire ». Quels sont les effets de tels discours sur la société française ?

Ali Guessoum. Je suis ulcéré quand de tels propos viennent du sommet de l’Etat, d’un Premier ministre qui signe des contrats avec l’Arabie Saoudite, le Daech en col blanc. C’est proprement irresponsable. Au nom de la realpolitik, les wahhabites sont soutenus par l’Occident depuis plus d’un siècle, depuis que l’or noir est devenu le diamant brut de l’économie. Faire porter aujourd’hui aux quartiers populaires la responsabilité de la montée du radicalisme religieux n’a pas de sens. En fait, Manuel Valls s’inscrit dans les pas de Nicolas Sarkozy, créateur d’un ministère de l’Identité nationale. On continue d’enfumer le peuple avec ce qu’il faut bien appeler un leurre. En vérité, ces gens sont incapables de surmonter la crise économique, alors ils invoquent l’arabe qui cache la forêt.

Contre le racisme, détourner les clichés !

Comment repenser un mouvement antiraciste capable de reprendre pied dans la société française ?

Ali Guessoum. Qu’on laisse déjà aux victimes du racisme, aux premiers concernés, le soin de raconter leurs propres histoires. Qu’on abandonne l’attitude paternaliste et le ton moral, comme ceux de SOS racisme qui a confisqué la parole des Noirs, des Arabes, de ceux qui se faisait shooter comme des lapins dans les cités, à l’époque des « bavures » policières et des crimes racistes. Ce nouveau souffle de l’antiracisme viendra de ceux qui prennent la parole pour mettre eux-mêmes des mots sur leur vécu.

 

D’où vient cette idée de détourner les clichés racistes?

Ali Guessoum. De diverses influences, celle des comédies italiennes qui prennent le parti de rire du drame, celle de l’humour algérien qui tourne en dérision la chape de plomb du régime… L’humour est une arme pour renverser les préjugés, les stigmates, comme un miroir qui réfléchit la bêtise. Le racisme est universel, ce n’est pas la France qui a déposé le brevet de cette connerie-là ! Il est ancré en chacun de nous… Nous avons tous le réflexe de juger hâtivement celui dont on ne connaît pas la culture. C’est donc par le savoir, la culture, l’esprit critique qu’on peut lutter contre ce fléau.


 

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19 avril 2016 2 19 /04 /avril /2016 22:26
Les riches : Une classe soudée pour préserver ses acquis !

Nadège Dubessay - Vendredi, 15 Avril - Humanité Dimanche

 

Ils sont grands patrons, financiers, hommes politiques, propriétaires de journaux, professeurs en médecine, gens de lettres... Tous ont ce point commun : ils sont riches. Puissants, ils savent se mobiliser dès qu'il s'agit de défendre leurs intérêts. En témoigne l'attitude de certains riverains du 16ème arrondissement de Paris férocement opposés à l'implantation d'un centre d'hébergement pour sans-abri. L'entre-soi se cultive, dans tous les domaines. La guerre des classes existe. Ils sont prêts à tout pour la remporter.

Une foule déchaînée qui montre les crocs, éructe un déluge de propos orduriers. La scène se passe à l'université Paris-Dauphine. Le 14 mars dernier, la réunion publique de présentation du futur centre d'hébergement, en lisière du bois de Boulogne, dans le très chic 16e arrondissement de Paris, tourne à la foire d'empoigne. « Salope ! » lance un homme cravaté à Sophie Brocas, la sous-préfète de Paris. « Escroc », « fils de pute », « stalinien », et même... « caca » ! La liste des insultes est longue. Il faut dire qu'une grande menace pèse sur ce quartier où 20 % des contribuables payent l'impôt sur la fortune et possèdent un patrimoine moyen de presque 3 millions d'euros.
La municipalité veut y ériger, cet été, des bâtiments modulaires afin d'accueillir 200 personnes, sans-abri ou familles aux difficultés sociales importantes. Alors la mobilisation tous azimuts s'organise. Les associations de protection du bois de Boulogne montent au créneau, à coups de procédures judiciaires, soutenues par le maire de secteur Claude Goasguen (« Les Républicains »). Peu importe si, ici, on ne compte qu'une vingtaine de places d'accueil.

 

Les riches : Une classe soudée pour préserver ses acquis !

Des seigneurs en leur domaine

En ce vendredi ensoleillé, la terrasse d'une brasserie porte d'Auteuil, dans le 16ème arrondissement, est prise d'assaut. Une bande de lycéens sirote bières et jus de fruits. « Le centre d'hébergement ? » Oui, bien sûr qu'ils savent, on ne parle que de ça, ici. Ilyes, élève de seconde au lycée Molière, ne s'oppose pas à son arrivée et déplore « la mauvaise image que ces riverains ont donnée du 16e ». Pourtant, il comprend leurs craintes. « Il faut être clair, quand on vient habiter ici, c'est pour rester entre soi. »
Rayan enchaîne : « Un peu plus de mixité, ça peut apporter du bon. Mais le risque, c'est la tentation de voler, face à des gens riches, bien habillés. » Inès hausse les épaules : « C'est beaucoup de bruit pour pas grand-chose. Vous verrez, il ne se passera rien ! » Aux abords du bois de Boulogne, tout défile lorsque l'épineux sujet est abordé. La fausse condescendance : « Mais où iront-ils faire leurs courses ? » fait semblant de s'interroger cette vieille femme. La pseudo-défense de l'environnement : « Le bois de Boulogne est un site classé, non constructible ! » assène un couple de retraités.
La sacro-sainte démocratie : « Les habitants n'ont pas été consultés ! » s'offusque cet homme. Les intérêts personnels : « Si nous payons très cher pour venir ici, c'est pour être tranquilles ! » tempête un joggeur qui craint ne plus pouvoir faire son footing dans le coin. La victimisation : « La Mairie de Paris veut punir les habitants du 16 e ! » estime ce jeune homme costume-cravate-attachécase. Et les arguments carrément racistes, en toute bonne conscience : « Ça va être la zone, la jungle... dégoûtant ! » grimace une femme très comme il faut, qui renchérit : « On n'a pas l'habitude d'avoir ce genre de personnes ici. » Ian Brossat, adjoint à la Mairie de Paris (PCF) en charge du logement, connaît bien l'hostilité de certains riverains à chaque tentative de mixité sociale. « Nous sommes confrontés à une opposition systématique depuis très longtemps dès l'annonce d'un programme de logements sociaux », constate-t-il. Alors, un centre d'hébergement ! Bien qu'habitué, il avoue que la violence et la vulgarité dont il a été victime ce 14 mars dépassaient toutes les prévisions. « Certains considèrent que la Mairie de Paris, les représentants de l'État ne sont pas légitimes. Ils vivent l'espace public comme leur propre espace privé. »

Repères.
0,01 % La part des Français les plus aisés gagnant plus de 80 000 euros net mensuels.
81  % À l’Assemblée nationale, les cadres, professions libérales et les patrons sont représentés à plus de 81 %, alors qu’ils forment 13 % de la population active.
1/10e Près d’un dixième des richesses est capté par 1/100 000e de la population.
6  % Entre 2013 et 2014, le nombre d’assujettis à l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF) est passé de 312 406 à 331 010, soit une progression de 6 %.
476,28 milliards La valeur totale des patrimoines déclarés s’élevait à 476,28 milliards d’euros en 2014.
714 Le nombre de départs de France de redevables de l’ISF s’élevait à 714 en 2013, soit 0,2 % des contribuables assujettis à l’ISF.

N'empêche, le centre ouvrira bien ses portes, cet été : le permis de construire a été accordé par l'État. Et des logements sociaux commencent à s'ériger. Préemptions, achats d'immeubles existants à des promoteurs privés, achats de terrains... la municipalité de Paris doit faire preuve d'imagination. De 1 % en 2001, les HLM sont passés à 3,7 % alors que l'arrondissement compte 4 500 demandeurs. Mais il faut, toujours, batailler ferme dans ce quartier où le nombre de foyers riches est onze fois supérieur à la moyenne nationale. Car ici, l'argent ne manque pas pour tenter à tout prix de faire casser les permis de construire grâce à une avalanche de procédures devant les tribunaux.
En tête des procéduriers, la coordination pour la sauvegarde du bois de Boulogne et de ses abords, qui regroupe une vingtaine d'associations. « Au final, explique Ian Brossat, nous finissons par avoir gain de cause, mais ces recours retardent considérablement les projets. »
Ainsi, à la porte d'Auteuil, il a fallu dix ans pour lancer la mise en chantier de 176 logements sociaux. « Nous avons racheté une friche à Réseau Ferré de France, en 2006. Les logements seront livrés en décembre, avec cinq ans de retard... » À noter que, parmi les riverains voisins opposés, figurent ceux de la très luxueuse villa Montmorency.

Les riches : Une classe soudée pour préserver ses acquis !

À l’école de l’entre-soi

Il n'y a pas qu'en termes de territoire où la grande bourgeoisie tente de reproduire un schéma social et des valeurs qui lui sont propres en écartant tous ceux qui « n'en sont pas ». Faire partie du gotha tient de l'héritage, mais aussi de l'éducation, de la culture. La famille doit reproduire la dynastie. Alors, pour les enfants de riches, le passage obligé dans des écoles à l'enseignement particulièrement soigné s'impose. Car le titre scolaire, indispensable, légitime les positions dans la société. Sans surprise, les établissements les plus prestigieux se trouvent dans les plus beaux quartiers. Saint-Louis, lycée du Quartier latin à Paris, n'accueille que des élèves en classes préparatoires aux grandes écoles. Quelques héritiers millionnaires et riches entrepreneurs y ont été formés, comme Serge Dassault et Roland Peugeot. De même, tous les héritiers des grandes maisons de champagne ont étudié au lycée Saint-Joseph de Reims. Et nos dirigeants ont tous été formés dans les mêmes écoles.
Face à une compétition sans merci, de plus en plus, l'éducation devient une « activité de service à haute valeur ajoutée », témoigne Arnaud Parienty dans son livre « School Business » (La Découverte). Cet agrégé en sciences économiques et sociales enseigne au lycée LouisPasteur de Neuilly (92). Là où siègent, parmi les membres de l'assoc iation de s a nc ien s élève s, pêle-mêle, Nicolas Sarkozy, une demi-douzaine de députés, un général de corps d'armée, un ecclésiastique, des chefs d'entreprise...
« Les ambitions des élèves, celles de leurs parents, de leur milieu sont très élevées, constate-t-il. La pression est terrible. » Ici aussi, tous les moyens sont bons ­ et possibles, avec des parents rapidement informés grâce à un puissant réseau et extrêmement mobilisés. « Après un souci sur une note, le lycée a reçu un courrier de l'avocat des parents », sourit Arnaud Parienty. Une faille dans l'administration ? Un professeur en manque d'autorité ? Et hop ! Le rejeton quittera l'établissement illico au profit d'une école privée. D'excellence, bien sûr. Un professeur absent ?
Grâce au réseau des parents, il sera immédiatement remplacé par un professeur d'un lycée prestigieux alentour qui viendra y faire des heures sup. Arnaud Parienty se souvient d'un grand lycée de Versailles privilégiant les sections « nobles » et refusant ainsi la section B (économie), malgré l'insistance de l'inspection générale. À sa transformation en section ES (économie et social), le lycée en fait enfin la demande.
Mais l'inspection s'y oppose. « Le proviseur a immédiatement mobilisé les parents d'élèves. L'association des anciens élèves a rassemblé 6 000 signatures en deux semaines. L'affaire est passée par-dessus l'inspection. Le ministère de l'Éducation a ordonné la création d'une série ES au lycée... »
Mais aujourd'hui, la culture générale, les codes sociaux, le réseau ou la maîtrise des arcanes du système ne suffisent plus. Il faut ajouter à ce capital immatériel du capital tout court. Entendez de l'argent, beaucoup. Cela tombe bien, les riches en ont. Préparation aux grandes écoles, soutien scolaire, coaching, initiation à l'anglais dès le berceau... le marché privé de l'éducation forme une véritable école de l'ombre. « Certains coachs m'expliquent comment rédiger une lettre de recommandation ! » L'enseignant constate que, dans son établissement, les séjours linguistiques à l'étranger font partie de la norme.
« Lorsqu'un élève décide de poursuivre ses études à l'étranger, je n'ai jamais ressenti de stress. C'est vraiment une conscience de classe ! » De même, ici, dès la seconde, il est de mise que l'élève bénéficie de cours particuliers dans quatre ou cinq disciplines.
Avec l'anglais devenu la discipline jouant un rôle décisif dans la sélection scolaire, les établissements bilingues ont la cote. Du privé hors contrat, le plus souvent, où il faut débourser en moyenne 7 000 euros par an. « Les écoles Montessori sont à la mode. Silicon Valley en est la cause. L'un des fondateurs de Google en vient, celui de Facebook aussi. Alors, maintenant, en plus de l'excellence, il faut développer la créativité. » En anglais, bien sûr. Les riches peuvent ainsi acheter pour leurs chérubins une scolarité complète, y compris en contournant les obstacles trop « scolaires ». En Espagne, les diplômes sont plus faciles à obtenir. À condition de débourser 50 000 euros.

Les riches : Une classe soudée pour préserver ses acquis !

L'hôpital public privatisé

Et l'histoire se répète dans bien d'autres domaines. À l'hôpital public, par exemple, qui ­ et ce n'est pas un scoop ­ ne garantit pas l'égalité de traitement. Là aussi, quand on sort son carnet de chèques, tout va mieux, plus vite. Là aussi, le réseau aide. Là aussi, de grands mandarins imposent leur loi. En 2012, « le Livre noir des médecins stars » (Stock), de la journaliste Odile Plichon, créait l'émoi dans ce petit monde bien fermé.
« Ce sont les patients privés, et notamment les plus célèbres, qui font la réputation de l'hôpital », tentait alors de se justifier le professeur en médecine Bernard Debré, député de la 4e circonscription de Paris (« Les Républicains »), ancien ministre... « 15 % des médecins hospitaliers pratiquent des consultations privées au sein de l'hôpital, précise l'urgentiste Christophe Prudhomme, syndicaliste à la CGT santé. Les abus d'honoraires se concentrent dans les CHU et certaines spécialités à haute valeur ajoutée, comme la chirurgie. » C'est ainsi qu'à l'hôpital parisien Cochin, les dépassements d'honoraires pouvaient atteindre 4 000 euros pour une opération de la prostate effectuée par Bernard Debré. À celui de la Pitié-Salpêtrière, tous les grands noms de la médecine savaient que le cancérologue star David Khayat multipliait les casquettes. Odile Plichon détaille dans son livre des salaires annuels, allant jusqu'à 600 000 euros, d'une quinzaine de ténors de salles d'opération exerçant à l'hôpital public. « Les mêmes, poursuit Christophe Prudhomme, que l'on retrouve dans les dîners de la grande bourgeoisie, les cercles, le Rotary Club... C'est un système clanique dont il faut faire partie pour être nommé professeur. » Un monde qui protège ses intérêts, toujours. L'urgentiste précise : « Le conseiller santé de François Hollande, Olivier Lyon-Caen, professeur à la Pitié-Salpêtrière, ne s'est jamais exprimé sur les abus de l'activité privée. Le frère de Marisol Touraine, le professeur Philippe Touraine, endocrinologue à la Pitié-Salpêtrière, pratique l'activité privée. Le système est pourri jusqu'à la racine ! »
Malgré leur hétérogénéité, ces riches forment une classe très mobilisée. Dans cette guerre de classes, il faudra bien trouver la contre-offensive.
Aux dernières nouvelles, la sous-préfète de Paris, Sophie Brocas, n'a pas porté plainte contre l'homme qui l'a insultée, pourtant bien identifiable grâce aux caméras de France 2. L'impunité, violente. Toujours.

VILLA MONTMORENCY, UNE CITÉ INTERDITE DANS PARIS
Impossible d'y pénétrer sans y être invité. gardiens, grilles et caméras veillent au grain. Créée il y a 160 ans, la villa Montmorency, dans le 16e arrondissement de paris, abrite sur 6 hectares une centaine d'hôtels particuliers et de villas cossues. s'y côtoient les plus grandes fortunes : vincent bolloré, arnaud lagardère, dominique desseigne (casinos barrière), Xavier niel (Free), alain afflelou, mais aussi Céline dion, Mylène Farmer et... le couple bruni-sarkozy.
un vent de panique a soufflé dans la plus huppée et secrète des enclaves privées à l'annonce, en 2006, d'un programme de logements HlM juste en face ! la villa entre alors en résistance, avec le soutien de la mairie d'arrondissement. Ce seront des années de procédures judiciaires. en vain. les 176 logements verront le jour cet hiver. avec cinq ans de retard...

 


 

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18 avril 2016 1 18 /04 /avril /2016 23:18

Jean Ortiz - Lundi, 18 Avril, 2016

 

« Dès qu’un crachat, réel ou fantasmé, retombe sur la tête d’un cracheur habituel, patenté, labellisé ; intouchable, hyper-médiatisé, tous les « ils » crient tous au scandaaale, au totalitarisme. »

Faut-il essuyer tous les crachats ? Cela devrait être la norme, mais elle se révèle sélective.

Il y a crachat et crachat. Il y a même selon plusieurs témoins, des crachats virtuels.

On peut cracher dans l’air du temps, cracher sur les Gitans, les cocos, les mélenchonniens, les syndicalistes (de classe), les « satrapes », les « populistes », la gauche « radicale », les révolutions latino-américaines, les immigrés, les révolutionnaires, les fonctionnaires, les faignasses de chômeurs, les jeunes « beurs » des banlieues ; on peut ethniciser, « racialiser » leurs révoltes, répandre la haine. On peut, et même l’on doit, cracher son venin contre les tyrans à la Chavez,  Maduro, Morales, Castro, cracher contre les « Noirs », les « musulmans », les « gauchistes », les nationalisations, les retraites, le code du travail... Crachez sur ces cibles, et visez bien !

 

Ces crachats-là, légitimes, mérités, fielleux, quotidiens, de mots dits -et qui tuent-, n’ont pas à être essuyés. Ces « blasphèmes anti Républicains » (Emmanuel Todd), contre les « Noirs et les Arabes » (2005), contre l’équipe nationale de foot qui serait « black-black-black », « ce qui provoque des ricanements dans toute l’Europe », et des flatulences au bar des fachos. Quel talent, quelle finesse de pensée, quelle hauteur de vue !... L’Académie, cela se mérite. « Et moi et moi et moi ». Ces crottes-là, jadis maoïstes, ne nécessitent pas aujourd’hui de motocrottes. Elles sont salutaires, saluées par la « classe politique » et ses médias de soi(e). En espagnol, les « medias » ce sont les « bas » ; ces chaussettes hautes blindent contre les crachats.

Dès qu’un crachat retombe sur la tête d’un cracheur habituel, patenté, labellisé ; intouchable, hyper-médiatisé, tous les « ils » crient tous au scandaaale, au totalitarisme. Ils croassent, ils vacarment, ils crapautent à tue-mots.

Quel émoi ! Quelle indignation ! Que de sermons, d’esclandres, d’apitoiements sincèèèères! C’est pire que lors des bombardements de Gaza ! La condamnation coule à flots, de toutes parts. « Et moi et moi et moi ».

Enfant, fils d’immigré pauvre, je crachais - évidemment- souvent... mais par terre. « El padre » et les hussards de la République, m’engueulaient, me tapaient sur la bouche. « Cela est  mal élevé », « impoli », « ne se fait pas ». C’est vrai. J’adoptais donc le mouchoir, les bonnes manières. Je finis même par comprendre que cracher en l’air (s’auto-cracher) peut vous salir la tête, vous souiller, que les mots peuvent criminaliser et tuer davantage que les crachats, que lorsque l’on sème la bave, la discrimination, une certaine forme de racisme, l’intolérance, la provocation, on récolte la pire des cracheries : le mépris, le rejet, la violence (« inexcusable »).

 

Et la République, qui se doit d’assurer le pluralisme des idées, des médias, leur expression publique, leur confrontation (sans crachats), fait tout le contraire. Pensée unique et bâillon.

 

Alors, alors, alors… ?

 

Faut-il essuyer tous les crachats ?
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17 avril 2016 7 17 /04 /avril /2016 23:01
La loi « Travail » ou « El Kohmri », la directive, récemment votée, « sur la protection des savoir-faire et des informations commerciales non divulgués contre l’obtention, l’utilisation et la divulgation illicites ». Et il y a aussi le traité « TAFTA », tout est fait pour la régression sociale, pour mettre les travailleurs dans une situation pire que l'esclavage

La loi « Travail » ou « El Kohmri », la directive, récemment votée, « sur la protection des savoir-faire et des informations commerciales non divulgués contre l’obtention, l’utilisation et la divulgation illicites »… plus connu sous le titre de « secrets des affaires » (En lançant, il y a plus d’un an, ce texte, la Commission européenne avait dit vouloir simplement protéger « la confidentialité », qualifiée d’« outil de compétitivité » des entreprises. En fait, le projet de directive « menace directement le travail des journalistes et de leurs sources, les lanceurs d’alerte, les syndicalistes, la liberté d’expression des salariés et nos droits d’accéder à des informations d’intérêt public – par exemple sur les médicaments, les pesticides, les émissions des véhicules, etc. », alerte une coalition européenne d’associations, de syndicats, de scientifiques et de lanceurs d’alerte).

Et il y a aussi le traité « TAFTA », tout est fait pour la régression sociale, pour mettre les travailleurs dans une situation pire que l'esclavage (comme le disait Gérard Filoche, il y a quelques jours à Clermont-Fd). En effet, les esclaves il fallait les nourrir, les habiller, les abriter, pour qu'ils et elles soient « productifs », le salariat revient bien moins cher !

Le combat citoyen contre le traité « TAFTA », doit aussi se réaliser au niveau international : Une petite vidéo en images pour comprendre tous les dangers de ce traité en cours de négociation, dans le plus grand secret, entre les États Unis et l'union européenne.


 

La loi « Travail » ou « El Kohmri », la directive, récemment votée, « sur la protection des savoir-faire et des informations commerciales non divulgués contre l’obtention, l’utilisation et la divulgation illicites ». Et il y a aussi le traité « TAFTA », tout est fait pour la régression sociale, pour mettre les travailleurs dans une situation pire que l'esclavage
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16 avril 2016 6 16 /04 /avril /2016 21:27
Situé dans le ventre mou des 35 pays étudiés en 2010, l’hexagone a encore chuté cette année à une peu glorieuse 28e place. (Photo : Boris Horvat/AFP)

Situé dans le ventre mou des 35 pays étudiés en 2010, l’hexagone a encore chuté cette année à une peu glorieuse 28e place. (Photo : Boris Horvat/AFP)

Dans son 13ème rapport consacré au bien-être des enfants des pays riches, l’Unicef constate une fracture de plus en plus béante entre les plus démunis et les autres. Un domaine dans lequel la France affiche des résultats particulièrement inquiétants.

«Plus d’égalité pour les enfants »  : le titre du 13ème rapport annuel de l’Organisation des Nations unies pour l’éducation et l’enfance, rendu public cet jeudi après-midi à Paris, sonne comme un signal d’alarme. L’étude passe la situation de l’enfance dans 35 pays riches au crible de quatre critères : revenus, éducation, santé, bien-être. Le bilan de l’accroissement des inégalités dans tous ces domaines, depuis la crise de 2008, est accablant. Véritable acte d’accusation des effets dévastateurs de l’austérité imposée depuis 2008, en particulier en Europe, le rapport épingle une dégradation encore plus flagrante dans ces différents domaines dans un pays comme la France. Un constat « préoccupant et troublant » pour Sébastien Lyon, directeur général d’Unicef France. Pour l’organisation internationale, réduire les inégalités de bien-être entre les enfants bénéficie à tous, et pas seulement aux plus démunis. Un vrai indicateur et enjeu de civilisation.

« Dans les pays riches, les 10 % d’enfants les plus pauvres sont de plus en plus laissés pour compte. » Tel est le résumé du rapport accablant que l’Unicef doit rendre public, ce jeudi après-midi, à la Bibliothèque nationale de France, à Paris, lors d’une conférence dont l’intitulé sonne comme une alerte mondiale : « Plus d’égalité pour les enfants ». Cette treizième édition du Bilan Innocenti, du nom du centre de recherches de l’agence onusienne, basé à Florence (Italie), révèle des « inégalités accrues » entre enfants dans les pays dits « économiquement avancés », en l’occurrence ceux de l’Union européenne et de l’OCDE. Un constat particulièrement vrai pour la France, qui peine, c’est le moins que l’on puisse dire, à tirer son épingle du jeu. Situé dans le ventre mou des 35 pays étudiés en 2010, l’Hexagone a encore chuté cette année à une peu glorieuse 28e place. Effet retard de la crise et de politiques budgétaires marquées par l’austérité ? Conséquences d’une action publique qui ne cible pas assez les enfants les plus défavorisés ? Si les causes peuvent prêter à débat, le résultat est là : la France maltraite ceux qu’elle devrait protéger le plus.

« Le débat public autour des questions d’inégalités a souvent tendance à se focaliser sur le cas des 1 % les plus riches, dont les revenus continuent d’augmenter plus vite que les autres, relève Sébastien Lyon, directeur général d’Unicef France. C’est certes un vrai problème, en quelque sorte la partie émergée de l’iceberg. Mais nous voulons attirer l’attention sur quelque chose de plus massif encore : le décrochage qui touche les enfants des familles les plus démunies, y compris par rapport aux enfants situés dans la médiane nationale. » Dans le rapport, quatre domaines ont été étudiés de plus près : les revenus, l’éducation, la santé et la « satisfaction dans la vie ». La France ne décroche la moyenne que dans le premier d’entre eux (elle est 13ème sur 41 pays), grâce à « l’impact des politiques de transferts sociaux », note l’Unicef. Sans celles-ci, les écarts de revenus observés entre les familles pauvres et celles dans la médiane auraient été de 36 % supérieurs. Reste que la tendance n’est pas bonne : « Entre 2008 et 2013, le revenu des enfants du décile le plus bas a augmenté plus lentement que celui des enfants dans la médiane », pointe le rapport. En clair, les inégalités se creusent.

Les fractures semblent de plus en plus profondes

Et dans les trois autres domaines, c’est pire ! Avec une mention spéciale à l’éducation, au sein de laquelle les fractures semblent de plus en plus profondes. Fondés sur les enquêtes Pisa qui mesurent, tous les trois ans, les performances scolaires des adolescents en maths, en lecture et en sciences, les données du rapport Innocenti ne sont pas tendres avec notre système scolaire. « Entre 2003 et 2012, date des dernières statistiques disponibles, la performance des élèves n’a pas chuté de façon catastrophique, relève d’abord Céline Hein, chargée du plaidoyer à l’Unicef et spécialiste des questions éducatives. En revanche, l’écart s’est creusé de façon très importante et inquiétante entre les élèves les plus en difficulté et ceux dans la moyenne. Pour être clair, on peut dire que notre élite scolaire s’en sort toujours bien, mais que ceux d’en bas chutent encore plus » (1). D’où cette honteuse 35ème place sur 37 de la France dans le classement des écarts de performance scolaire.

Dans le domaine de la santé, la position est à peine plus honorable (23ème sur 35). À noter que les chiffres se fondent là sur une compilation de huit symptômes (douleurs à la tête, au ventre, au dos, difficultés à dormir, vertiges, stress…) déclarés par les enfants eux-mêmes. Or, plus de 30 % des enfants de 11, 13 et 15 ans signalent être « touchés quotidiennement par un ou plusieurs » de ces problèmes. « Seules la Roumanie et la Turquie ont un pourcentage plus élevé d’enfants signalant des troubles de santé », note le rapport, qui relève aussi « une augmentation de l’inégalité concernant la qualité de l’alimentation ». Prévue dans la loi votée le 1er mars dernier, la mise en place d’un médecin référent dédié à la protection de l’enfance dans chaque département pourrait ne pas s’avérer inutile…

Beaucoup accèdent certes à l’école, mais pas aux savoirs

« Ce rapport témoigne d’une fracture, d’un recroquevillement de la société française qui est directement préjudiciable aux enfants les plus démunis », analyse Jean-Pierre Rosenczveig, président du Bureau international des droits de l’enfant. « Beaucoup accèdent certes à l’école, mais pas aux savoirs, faute de pouvoir maîtriser les codes de l’éducation nationale. De même, beaucoup de familles précaires ne sont pas prises en charge par les services sociaux, qui ne vont pas vers elles. Pourquoi ne pas installer une sorte de permanence de ces services, dans l’enceinte scolaire, une fois par semaine ? » suggère l’ancien magistrat. Qui plaide aussi pour une « approche politique » de ce rapport. « Un constat pareil devrait susciter un grand débat à l’Assemblée nationale et au Sénat », juge-t-il. Même tonalité au Secours populaire (SPF). « La Convention internationale des droits de l’enfant, adoptée par l’ONU en 1989, est régulièrement bafouée, nous le constatons quotidiennement en France, comme dans les 50 pays où nous intervenons », regrette Julien Lauprêtre, le président du SPF, qui appelle à un « sursaut » sur le sujet.

Europe : des tendances « décevantes »S’il note que réduire les inégalités de bien-être entre les enfants bénéficie à tous, et pas seulement aux plus démunis, le rapport de l’Unicef ne peut que constater des « tendances globales décevantes », dans les quatre domaines étudiés (revenus, éducation, santé, satisfaction dans la vie). Sans surprise, l’accroissement des écarts de revenus a frappé durement l’Europe du Sud (Chypre, Espagne, Grèce, Italie, Portugal), conséquence directe de la crise économique. « Très peu de pays sont parvenus à réduire à la fois l’écart de réussite et le nombre d’élèves en difficulté en lecture », note l’Unicef, qui constate même une dégradation dans des pays hier cités en exemple comme la Finlande et la Suède. Quant aux inégalités de santé, elles se sont creusées dans 25 pays sur 35, avec des « hausses considérables » en Irlande, en Pologne, en Slovénie et à Malte.

 

Chez les enfants aussi, les inégalités explosent !
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14 avril 2016 4 14 /04 /avril /2016 21:43
Spéciale dédicace à Marie, Carmen, Samuel et tout-e-s mes ami-e-s d'origine espagnole : 14 avril 1931 La Deuxième République espagnole

Triste anniversaire ce 14 avril, anniversaire de la création de la trop brève 2ème république espagnole !

14 avril 1931

La Deuxième République espagnole

 

Le 14 avril 1931, deux jours après des élections municipales qui ont donné la majorité à une coalition antimonarchiste, l'Espagne inaugure une Deuxième République, la première ayant duré sans éclat de 1873 à 1876. Celle-là va finir quelques années plus tard dans une épouvantable guerre civile.

 

Quelques vidéos pour ne pas oublier car comme nous le disait un ancien résistant survivant d'Auchwitz :

 

« Vigilance ! Vigilance ! Car tout pourrait recommencer ! »

LA PASIONARIA ¡NO PASARÁN!

NO NOS MOVERAN- JOAN BAEZ introducción: Poema Sube a nacer conmigo, hermano . Pablo Neruda

A las barricadas par El Comunero Le groupe El Comunero regroupe des membres des Hurlements d'leo, L'Air de Rien, La Varda, Anakronik electro Orkestra autour de chants de lutte et de chants républicains.

 

Ce sont des soirs comme celui-ci où je comprends ma fille Magali quand elle me reproche de ne pas lui avoir fait apprendre l'Espagnol !

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Michel Bouchet - dans Société
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31 mars 2016 4 31 /03 /mars /2016 23:20
Le 31 mars 2016, le député communiste du Puy-de-Dôme André Chassaigne, également président du groupe Front de Gauche à l'Assemblée Nationale, a demandé le retrait sans condition du projet de loi Travail.

Le 31 mars 2016, le député communiste du Puy-de-Dôme André Chassaigne, également président du groupe Front de Gauche à l'Assemblée Nationale, a demandé le retrait sans condition du projet de loi Travail.

Jeudi matin, il avait choisi de ne pas marcher mais d’haranguer. A Clermont-Ferrand, les 7 000 manifestants [entre 20 et 30000, Ndlr] ont pu l’entendre répéter sans relâche son opposition totale au projet de loi Travail. André Chassaigne, le micro dans une main et ses convictions dans l’autre, n’avait pas de mots assez durs pour dire tout le mal qu’il pense de cette réforme portée par Myriam El Khomri. « On ne peut pas admettre qu’on dise que l’intelligence, le progrès, c’est ceux qui veulent tout casser », hurle [déclame, n'exagérons pas ! Ndlr] le chef de file du groupe communiste à l’Assemblée Nationale.
 

 

Et ce soir, une réunion publique à Lempdes sur le décryptage de la loi travail avec le député André Chassaigne et son suppléant Eric Dubourgnoux, où près d'une centaine de personnes ont pu débattre et échanger sur les suites à donner à ce formidable mouvement social !

André Chassaigne (PCF) : « Ce gouvernement a abandonné ses fondamentaux qui devraient être les valeurs de la gauche »
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