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25 octobre 2016 2 25 /10 /octobre /2016 22:33
Tour construite à l'image du beffroi de Calais, dans le but d'un effort commun entre personnes exilées et une équipe d'artistes et d'architectes. Photo : Isabelle Serro

Tour construite à l'image du beffroi de Calais, dans le but d'un effort commun entre personnes exilées et une équipe d'artistes et d'architectes. Photo : Isabelle Serro

L'éditorial de Maurice Ulrich.

 

Quel est cet étrange pays où la justice poursuit ceux qui veulent vêtir ceux qui ont froid, nourrir ceux qui ont faim. Alors que se poursuit l’évacuation à Calais, comment ne pas revenir un instant sur la garde à vue de Cédric, cet agriculteur de la vallée de la Roya qui, avec d’autres habitants de son village, avait simplement décidé de donner quelques vêtements et à manger aux migrants de passage. Eh bien, disons-le haut et fort, ce ne peut pas être en notre nom. Que s’est-il donc passé, progressivement, insidieusement au cours des dernières décennies pour que nous en soyons là ? Pour que soit suspecte la simple humanité ? Pour qu’une part de nos concitoyens ne parvienne plus à se reconnaître dans le visage de l’autre, jusqu’à mettre le feu à des lieux d’accueil pour des hommes, des femmes et des enfants chassés de leur pays par la faim ou la guerre ?

Nous avons parlé de la « jungle ». Comment ce mot a-t-il pu devenir d’usage courant, sans que l’on s’alarme davantage ? Comment a-t-on pu laisser s’installer cette situation, si ce n’est parce que la France, cinquième puissance mondiale, s’est jusqu’alors refusée à toute véritable politique d’accueil. Oh, certes, comme dans toute l’Europe, la question des extrêmes droites n’est pas marginale, mais trop de politiques, de droite comme d’une certaine gauche, ont préféré le calcul politicien à la condition humaine. Fort heureusement, cette France-là, étroite, identitaire, n’est pas celle de tous. Comme dans la vallée de la Roya, nombre d’hommes et de femmes, d’associations œuvrent pour un accueil digne, une insertion, un apprentissage de la langue, la recherche d’un travail…

Sans doute fallait-il en arriver à ce démantèlement du bidonville de Calais et on ne peut que souhaiter qu’il se déroule au mieux, dans le respect de la dignité et du parcours souvent terrible de ces migrants qui ne veulent pas autre chose que vivre, travailler, aimer. Mais ce démantèlement ne peut se suffire en lui-même. La France de la fraternité inscrite au fronton de nos mairies doit agir et se faire entendre bien plus fort que les paroles de haine.

Pas en notre nom ! Ni à Loubeyrat ni ailleurs !

Communiqué de Presse

A Riom, le lundi 24 octobre 2016


 

Incendie de Loubeyrat

Répondons à la haine par la solidarité.


 

Dans la nuit du 23 au 24 octobre, le site de Loubeyrat destiné à abriter un centre d'accueil et d'orientation des migrants de Calais a été la cible d’un incendie criminel.

Ceci fait suite à une série d’actes criminels du même type en Isère, en Loire-Atlantique et en région parisienne. Je dénonce avec force cet acte aussi stupide qu’abject, témoin du climat délétère distillé dans notre société. J’en appelle à la solidarité des femmes et des hommes de notre territoire qui sauront répondre avec humanité aux actes racistes et xénophobes.

La responsabilité des personnalités politiques est d’éteindre plutôt que d’attiser les braises de la haine et du rejet de l’autre comme l’a fait récemment le président de région Laurent Wauquiez, en lançant une pétition contre l’accueil de 1784 migrants de la jungle de Calais dans notre région qui compte 7,7 millions d’habitants. Je veux retenir de ce week-end face à la bêtise des auteurs de cet acte ignoble, les centaines de femmes et d’hommes qui se sont rendus au Mézenc afin de proclamer notre région terre d’accueil.

Le rôle des élus est de défaire les préjugés alors que plus de 22 000 personnes sont mortes en traversant la Méditerranée depuis 2000, près de 4 000 en 2015. Nous avons un devoir moral. La France est la 6e puissance mondiale.

Sur notre territoire, la récente expérience de Pessat-Villeneuve qui a accueilli au printemps dernier une cinquantaine de réfugiés montre que la co-existence pacifique et le vivre ensemble ne sont pas des mots vains mais une réalité concrète à mettre en œuvre.

Je tiens à saluer la diligence du personnel de la maison de retraite et de son directeur, ainsi que l’action des pompiers qui ont permis de limiter les conséquences de cet incendie.


 

Boris BOUCHET,

Conseiller régional PCF,

Conseiller municipal et communautaire de Riom


 


 

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L'HUMAIN AVANT TOUT Canton de Pont-du-Château - dans Société
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