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18 septembre 2016 7 18 /09 /septembre /2016 20:28
Photo : AFP Les mots qui fâchent par Philippe Torreton. « Chaque jour nous voyons des images d’êtres humains fuyant la guerre et la misère. »

Photo : AFP Les mots qui fâchent par Philippe Torreton. « Chaque jour nous voyons des images d’êtres humains fuyant la guerre et la misère. »

Chaque jour nous voyons des images d’êtres humains fuyant la guerre et la misère, des embarcations essayant de rejoindre la terre ferme, nous faisons le décompte des noyés, nous voyons les rescapés s’entasser le long de nos frontières closes, nous les voyons arrêtés et frappés par nos polices, nous les voyons s’avilir dans des camps de fortunes, nous voyons ces camps devenir des villes et la misère y avilir les hommes consciencieusement, nous les voyons espérer le cul d’un camion, un bout de tunnel pour quitter leur misère et en rejoindre une autre ailleurs dans une autre langue, pour travailler sans droits, sans syndicat, pour être cette chair à boulots que souhaite le grand capital et sa désormais célèbre flexibilité que des Macron et Gattaz appellent de leurs vœux en marchant.

Une photo nous choque quelques instants. Un reportage nous questionne et puis ça passe. Ça passe parce que nous pensons que cela nous dépasse. Que pouvons-nous y faire ? Ils sont des millions et nous avons déjà nos problèmes, notre pays ne va pas si bien. Notre économie est en panne. Et puis il y a la sécurité. Comment être sûr ? Comment savoir si parmi ces hommes et ces femmes ne se cache pas un terroriste ? Nos gouvernants nous le disent. Et où iraient-ils ? Nous sommes tellement nombreux à avoir des problèmes de logement. Dans quelles écoles ? Pour faire quel métier ? Il n’y a pas assez de travail pour tout le monde. Le président nous l’a laissé entendre, il n’a pas eu de bol avec le chômage. Cette société marchande a réussi à faire de nous, peuple des Lumières, nous derrière les cercueils de Hugo et de Jaurès, un peuple méfiant, un peuple affolé, un peuple replié sur lui-même, aujourd’hui aucune brigade internationale ne partirait d’ici pour aucune Espagne, nous acceptons l’inacceptable, nous acceptons ce jeu politique qui nous fait croire qu’il y a d’autres problèmes, d’autres priorités, qu’il faut penser à nous, faire des réformes dont le pays a besoin. Des populations se noient sur nos rivages européens et nous parlons de réformes, le monde brûle et se consume au rythme de nos obésités grandissantes, mais nous devons réformer. La répartition des richesses alimente les convoitises et les désespérances fanatiques les plus destructrices, mais nous devons réformer.

La planète crève de cette efficacité économique destructrice, mais nous cherchons à la rendre plus performante encore sur ce chemin de mort.


 

Notre pays ne va pas si bien !

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L'HUMAIN AVANT TOUT Canton de Pont-du-Château - dans Société
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