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19 août 2016 5 19 /08 /août /2016 10:30

Le Modef a organisé hier, jeudi, une vente de fruits et légumes dans toute l'île-de-France à des prix équitables pour les consommateurs et les producteurs tout en dénonçant la concurrence déloyale de la grande distribution. Reportage place de la Bastille à Paris.

La vente solidaire de fruits et légumes organisée jeudi par le Mouvement de défense des exploitants familiaux (Modef) et le Parti communiste français (PCF) marque leur volonté concrète d’allier la rémunération du travail paysan avec l’exigence de produits de qualité au prix juste.

« Attention, voilà une cagette de tomates ! » « Ramenez des sacs de pommes de terre ! » Place de la Bastille, à Paris, les militants du Parti communiste et les paysans du Modef (Mouvement de défense des exploitants familiaux) n’ont pas les deux pieds dans le même sabot pour satisfaire la demande des Parisiens qui font la queue dès 8 heures, ce jeudi matin. « Une vente du producteur au consommateur, c’est ça qui nous motive à venir », expliquent Élisabeth et Michelle, toutes deux infirmières à l’hôpital Saint-Antoine et qui font le plein de fruits et légumes tous les ans.

Une initiative « qui touche à la question de la vie chère »

D’autres, comme Frédéric, Parisien sans emploi à qui sa sœur a conseillé de venir profiter des prix intéressants, sont là pour la première fois. Les prix, 2 euros le kilo de haricots verts, 1,50 euro le kilo de prunes ou encore 1,50 euro le kilo de poires, permettent à cette autre cliente de « manger des fruits et légumes pour la première fois depuis deux semaines », confie-t-elle. D’où l’importance de cette initiative qui met au jour un vrai sujet, selon le porte-parole du PCF Olivier Dartigolles, « qui touche à la question de la vie chère dans un contexte de rentrée difficile pour de nombreuses familles, mais aussi à la question de la santé publique ». Il ajoute : « Dans le même temps, nous sommes dans un moment d’accélération de la crise agricole et les mesures du gouvernement n’ont pas été à la hauteur. » Parmi elles, la décision prise par le ministre de l’Agriculture, Stéphane Le Foll, il y a moins d’un mois, de limiter le paiement redistributif à 10 % des aides du premier pilier de la PAC pour 2017. Soit privilégier l’agriculture de rente en gelant les subventions des petits et moyens paysans.

À l’inverse de ce renoncement politique, le PCF refuse que la sueur des exploitants familiaux qui travaillent dans les vergers et dans les champs ne coule pour rien. « Dès la rentrée parlementaire, les communistes porteront l’exigence de l’encadrement des prix de la grande distribution et la mise en place de prix rémunérateurs », garantit Olivier Dartigolles, ainsi que les tracts distribués par les militants en même temps que les sachets de fruits. Une exigence que les agriculteurs du Modef veulent coupler avec des mesures sur les produits d’importation traités avec des produits phytosanitaires interdits en France. Raymond Girardi, lui-même producteur de fruits et légumes dans le Lot-et-Garonne et vice-président du Modef, s’indigne : « Il y a des produits importés dans lesquels on retrouve du lindane et du DDT (deux puissants ­insecticides – NDLR) ! Des produits dangereux et interdits en France depuis des lustres. » Un dumping sanitaire contre lequel le syndicat agricole demande à l’État de prendre des mesures « fermes et urgentes » en interdisant les importations de fruits et légumes touchées par des produits phytosanitaires interdits en France. C’est l’objet de la lettre au premier ministre que le Modef a envoyée, le 1er août, et qui demande de « faire procéder à une enquête internationale qui définira pays par pays les molécules utilisées et le mode de contrôle mis en place dans ces pays pour respecter les préconisations du fabricant », ajoutant que « le devoir de transparence est pour nos concitoyens une valeur essentielle afin que chacun puisse acheter des fruits et légumes en toute sécurité ». Une revendication soutenue par la Confédération paysanne qui la juge « de bon sens ». À Paris, les élus communistes vont traduire en actes cette aspiration des citoyens consommateurs à plus de traçabilité et la nécessité de manger sainement pour un prix accessible. « C’est tout l’objet des halles alimentaires qui ouvriront dans les 10e, 14e et 20e arrondissements », annonce Nicolas Bonnet-Oulaldj, président du groupe communiste-Front de gauche à la Ville de Paris. Des halles qui inscriront dans le temps le principe de l’action politique et syndicale annuelle organisée ce jeudi, et qui proposeront de quoi remplir de provisions saines à prix équitables les paniers des familles populaires auprès desquelles elles seront implantées.

 

LE PCF, grand « oublié »  des autres médias  Alors que la participation des membres du PCF permet à la vente solidaire annuelle de fruits et légumes de se déployer dans près de 30 villes d’Île-de-France, plusieurs médias « ont volontairement occulté la solidarité des militants communistes et préfèrent ouvrir quotidiennement leurs micros aux représentants du FN », dénonce Nicolas Bonnet-Oulaldj, élu PCF de Paris.
Des étals pour changer l’agriculture et l’alimentation

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L'HUMAIN AVANT TOUT Canton de Pont-du-Château - dans Politique
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