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24 juillet 2016 7 24 /07 /juillet /2016 19:04
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MARC DE MIRAMON - Jeudi, 21 Juillet, 2016 - Humanité Dimanche


 

« L’exécutif français, débordé par son opposition de droite, s’enferme dans un verbe martial, et réunit en urgence des conseils de défense, comme si la solution aux carnages attribués à une nébuleuse islamiste se situait dans les arsenaux de Dassault ou Lagardère. »

La « guerre sera longue » et il y aura « d’autres attentats », ont en substance martelé François Hollande, Manuel Valls dans les heures qui ont suivi le massacre commis à Nice sur la promenade des Anglais. Comme George W. Bush ou Donald Rumsfeld prophétisaient une guerre qui durerait des décennies au lendemain des attaques du 11 septembre 2001, l’exécutif français, débordé par son opposition de droite, s’enferme dans un verbe martial, et réunit en urgence des conseils de défense, comme si la solution aux carnages attribués à une nébuleuse islamiste se situait dans les arsenaux de Dassault ou Lagardère. Peu importe qu’un récent rapport du Parlement britannique accuse, secret de Polichinelle, l’Arabie saoudite de tolérer les financements de ses sujets à l’« État islamique », via des « systèmes informels de transfert de fonds ». Manuel Valls, qui s’inquiète que la France ait « fermé les yeux sur le salafisme », brandit fièrement son alliance « stratégique » avec l’ami saoudien, premier client des armureries françaises, et principal diffuseur de l’idéologie salafiste à l’échelle planétaire. Peu importe que le ministère français des Affaires étrangères, via Jean-Marc Ayrault, se soit scandalisé et ému de l’encerclement en cours de la ville d’Alep par l’armée syrienne, où cette dernière combat pourtant les fanatiques du Front al-Nosra, la branche syrienne d’al-Qaida. Parfaitement au fait de la nature réelle de l’opposition armée au régime, où les djihadistes dominent depuis au moins 2012, le Quai d’Orsay n’a cessé de la soutenir politiquement, voire militairement, obsédé par la chute d’un dictateur (Bachar Al Assad), dont la tête était sans cesse réclamée par les roitelets du Golfe et le sultan Erdogan de Turquie. « Il y a des questions qui se posent et nous les poserons. Il y a une part de fiabilité et une part de suspicion » dans la « sincérité » de la lutte contre l’« État islamique » en Turquie, a déclaré le même Jean-Marc Ayrault au lendemain de l’attentat de Nice. Une lucidité bien tardive qui ne doit pas exonérer la diplomatie française d’un même devoir d’inventaire, Paris n’ayant jamais révisé ses alliances problématiques avec les sponsors officieux du terrorisme international.


 

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L'HUMAIN AVANT TOUT Canton de Pont-du-Château - dans Politique
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