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15 juin 2016 3 15 /06 /juin /2016 19:56

Pour la présidente du groupe Communiste, républicain et citoyen (CRC) au Sénat, le chef de l'État "porte atteinte au droit constitutionnel de manifester" quand il annonce qu'il n'y aura plus d'autorisation de manifester si les "biens et des personnes" sont menacés. La CGT estime de son côté que "menacer d'interdire les manifestations était le signe d'un gouvernement aux abois".

 

"François Hollande a dépassé un point très grave et porte atteinte au droit constitutionnel de manifester dans notre pays", a déclaré Elianne Assassi, au lendemain d'une nouvelle journée d'action contre le projet de loi sur le travail actuellement en discussion au Sénat, émaillée de violences. "Nous pensons que cette journée fut une démonstration de force de l'intersyndicale, et non un baroud d'honneur", a souligné la sénatrice de Seine-Saint-Denis, affirmant que "cette réalité a échappé au gouvernement". Pour elle, "la réponse du pouvoir à l'exigence populaire de retrait du texte est terrible". "Quand Manuel Valls dit qu'il ne veut pas rediscuter de l'article 2, il fait le choix de l'affrontement". Et "s'il fait le choix de rester droit dans ses bottes, nous serons droits dans nos bottes", a-t-elle prévenu. "J'envisage de demander une commission d'enquête sur les faits qui se passent en marge de la manifestation", a-t-elle aussi annoncé.

 

"La petite musique où on essaie d'amalgamer la CGT, Daech, le terrorisme est scandaleuse", a jugé de son côté Jean-Pierre Bosino. Le sénateur CRC de l'Oise a souligné que les auteurs des troubles étaient au début de la manifestation "encadrés par deux rangées de policiers et à la fin il y a eu des incidents. On peut s'étonner".

 

François Hollande a annoncé ce mercredi en Conseil des ministres qu'il n'y aurait plus d'autorisation de manifester si la préservation des "biens et des personnes" ne pouvait être "garantie". De son côté, Manuel Valls a déclaré, ce matin sur France Inter que "le gouvernement ne changera pas un texte qui est déjà le résultat d'un compromis avec les syndicats réformistes il y a plusieurs mois".

 

"C'est aux pouvoirs publics d'assurer la sécurité dans les manifestations". La CGT a estimé mercredi que "menacer d'interdire les manifestations était le signe d'un gouvernement aux abois", en dénonçant les accusations "inacceptables" du Premier ministre Manuel Valls qui a évoqué une attitude "ambiguë" du syndicat à l'égard des casseurs. La CGT a souligné qu'il incombait "aux pouvoirs publics" dont Manuel Valls "a la première responsabilité, d'assurer la sécurité et le maintien de l'ordre", au lendemain de violences intervenues lors d'une manifestation nationale. La CGT "tient à rappeler au Premier Ministre que, comme il n'est pas de la responsabilité des supporters d'assurer la sécurité dans et autour des stades de l'euro de football, de la même façon il n'est pas de la responsabilité des manifestants d'assurer la sécurité dans et autour d'une manifestation autorisée par la Préfecture de police". Elle assure avoir pris "les dispositions nécessaires afin de garantir la sécurité des participants à cette manifestation massive". "Plutôt que de faire l'inventaire tendancieux d'éléments à charge contre la CGT, Manuel Valls ferait bien mieux d'entendre la majorité des salariés, des jeunes et plus largement des citoyens qui rejettent ce projet de dumping social et de destruction de notre modèle de société" conclut la CGT, en référence à la loi travail.

 

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