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12 avril 2016 2 12 /04 /avril /2016 17:49

Le président du Medef prétend que la loi El Khomri a été vidée de son sens et fustige les syndicats « comme la CGT et FO » qui, selon lui, empêchent le dialogue.

 

Le patron des patrons Pierre Gattaz poursuit son lobbying pour obtenir la loi travail la plus favorable possible aux employeurs, la méthode consistant à ne se dire jamais satisfait et à fustiger la moindre amélioration apportée au texte du point de vue des salariés. Hier, dans le Figaro, à côté d’un article dénonçant les « casseurs » nantais dans la manifestation de samedi contre la loi travail, et d’un autre vantant « la paix sociale » qui « règne » en Suisse où « il n’y a ni Code du travail, ni indemnités de licenciement, ni Smic, ni 35 heures », le président du Medef, interrogé par le quotidien, a démonté le texte du projet de loi tel qu’il sort de la commission des Affaires sociales de l’Assemblée nationale, après l’adoption de 300 amendements. Cette version est selon lui « un monument de complexité », de « désolation ». La « compétitivité des entreprises a été oubliée », fait-il mine de déplorer, en détaillant quelques aménagements qui le contrarient.

 

Alors que l’assouplissement du motif économique figure bel et bien dans le texte, et a même été encore modéré pour les TPE et PME, Pierre Gattaz admet que « c’est une mesure importante », mais que ces entreprises « auraient préféré le plafonnement des indemnités prud’homales, comme c’était prévu initialement », avant le retrait de cette disposition par le gouvernement en mars. Il ne manque pas de déplorer également le retrait de l’article qui modifiait le calcul de la représentativité des organisations patronales en prenant en compte les effectifs des salariés des entreprises adhérentes, comme l’avaient souhaité le Medef et la CGPME, malgré l’opposition de l’UPA (Union professionnelle artisanale). Ce retrait relance la guerre à couteaux tirés ouverte depuis deux ans entre organisations patronales sur la question de la représentativité, sur fond de partage des subventions.

 

Surtout, le président du Medef se lâche contre les syndicats qu’il accuse de bloquer tout dialogue : « Tant qu’on aura des syndicats, comme FO et la CGT, politisés et obnubilés par la lutte des classes, on ne s’en sortira pas », assène le dirigeant, selon qui « le devenir de cette loi donnera le ton du dialogue social dans les mois et années à venir. Nous ne pouvons pas discuter avec des organisations qui refusent la mondialisation et ont une culture de lutte de classes ». Pas sûr que cette musique antisyndicale visant à tuer dans l’œuf toute résistance soit très efficace pour démobiliser les salariés. Un sondage BVA indiquait hier que c’est de Pierre Gattaz que les Français ont une mauvaise opinion, à 79 %, et du Medef, à 64 %. Même les électeurs de droite ont une mauvaise opinion du patron des patrons, à 55 %.

 

Pierre Gattaz se lâche contre des « syndicats lutte des classes »

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