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30 mars 2016 3 30 /03 /mars /2016 21:47

Pour la députée Front de gauche, la poursuite de la mobilisation des jeunes et des salariés, notamment avec la journéee nationale du 31 mars, est un bon moyen de pression.

 

Si la loi travail, dont le retrait est réclamé avec beaucoup d’énergie et une nouvelle journée nationale d’actions le 31 mars, arrive cependant devant le Parlement, pensez-vous que cette mobilisation demeurerait nécessaire ?

Jacqueline Fraysse Oui, dans tous les cas, la mobilisation est nécessaire et même essentielle. À l’Assemblée, le texte sera examiné en commission à partir du 4 avril et toute la semaine. Ensuite, il viendra en séance publique à partir du 2 mai. Il est incontestable que l’ambiance au sein des commissions comme en séance publique n’est pas la même quand le pays entier est en effervescence. Tout le monde en tient compte.

Les jeux ne sont pas faits et l’on voit bien que le gouvernement est en grande difficulté. Désormais, au-delà de la pétition (près de 1,3 million de signatures – NDLR) et des manifestations s’organisent de nombreux débats publics. Tout cela montre que l’on peut tout à fait obtenir le retrait de ce texte.

 

Peut-on penser qu’à l’Assemblée des élus Front de gauche, écologistes et frondeursdu PS, qui rejettent le texte gouvernemental, puissent travailler en commun ?

Jacqueline Fraysse Nous avons déjà des prises de position communes et, effectivement, nous pouvons rassembler nos efforts. Les élus Front de gauche vont déposer des amendements pour la suppression d’un nombre important d’articles, ainsi que des propositions alternatives.

Même chose du côté des frondeurs socialistes ou encore d’écologistes. Je pense que l’on pourra faire converger ces prises de position. Si au Parlement on y réussissait, sans nier nos différences, ça permettrait d’être plus fort et ça donnerait un signe aux citoyens. En tout cas, nous allons nous soutenir et nous devrions finalement défendre nos amendements ensemble.

 

Quand elle défend le texte, la ministre Myriam El Khomri insiste sur « l’équilibre de la loi », une affirmation que vous ne partagez pas. Que lui répondez-vous ?

Jacqueline Fraysse Ce texte est profondément déséquilibré en faveur des aspirations patronales. En dépit de quelques petites concessions, rien n’a changé. Le texte renforce la flexibilité, la précarité, augmente les horaires de travail, n’ouvre aucune perspective et ne créera pas d’emplois. C’est un texte qui pose des questions de société au-delà du Code du travail, sans se soucier de l’humain. Certes, la société a bougé, les technologies ont progressé, et il n’est pas inopportun de revoir le Code, de l’adapter et en même temps de conquérir des droits nouveaux, comme une diminution du temps de travail, pour permettre aux salariés de vivre dignement mais aussi pour donner du travail à tous ceux qui en sont privés. On peut aussi envisager un salaire pour tous avec des périodes de formation et de travail effectif, plutôt que de faire la promotion de reculs qui, c’est l’évidence, ne régleront rien.

 

La jeunesse est très impliquée dans cette opposition à la loi, cela vous surprend-il ?

Jacqueline Fraysse Non, pas du tout. La jeunesse est directement concernée. C’est son avenir qui est en cause. Et les jeunes ont bien compris qu’ils sont prioritairement et directement visés par ces modes de vie que l’on voudrait nous imposer. La flexibilité, la précarisation du monde du travail, les horaires que l’on ne maîtrise pas, les délocalisations, même si c’est en France, ils comprennent ce que cela veut dire. Plus largement, c’est la société dans laquelle ils vivront qui est remise en cause et je ne suis pas du tout étonnée qu’ils s’en mêlent de cette façon. Il est remarquable qu’ils ne réagissent pas à l’émotion car ils ont compris ce qui se trame.

Jacqueline Fraysse

Députée Front de gauche

 

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