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8 février 2016 1 08 /02 /février /2016 21:19

Salarié de Manpower, Maxence a repéré des fraudes via sa fiche de paye. Les intérimaires et du même coup les organismes sociaux sont spoliés. L’Urssaf a déjà récupéré 41 millions d’euros pour les années 2007-2008. Le manque à gagner pour les employés du géant de l’intérim dépasserait les 200 millions en quinze ans.

 

Maxence Labourasse a aujourd’hui 37 ans. Depuis six ans, il épluche Code du travail, Code de la Sécurité sociale, rendus de jugements et fiches de paye des intérimaires. Des milliers de pages pour aboutir à cet implacable constat : Manpower gruge les salariés de quelques dizaines d’euros par-ci, par-là et, au bout du compte, ce sont des millions qui ne rentrent pas dans les caisses des organismes sociaux. Manuel Valls a reçu une lettre de la part du syndicaliste, la semaine dernière.

 

En 2010, Maxence est embauché par Manpower (deuxième société d’intérim en France après Adecco). Sa mission : occuper un poste à EDF, pour remplacer une salariée du service contentieux durant son congé de maternité. Durant cette mission, il est confronté toute la journée à des cas de familles qui ne peuvent pas payer leur facture. Et, à y regarder de près, le jeune homme s’aperçoit que ce sont des milliers d’euros qui sont illégitimement réclamés à certains usagers de l’entreprise publique d’électricité. « J’ai commencé à dénoncer des faits que je repérais en tant que conseiller clientèle. Des clients se retrouvaient devant des problèmes insolubles à cause d’EDF et d’une mauvaise gestion des relevés de compteurs. » Il commence à en parler autour de lui. Côtoie régulièrement des syndicalistes CGT. Maxence se retrouve dans le collimateur. Une nouvelle cheffe d’équipe est nommée sur la boutique de Perpignan et ses conditions de travail se dégradent. EDF rompt de manière anticipée, en entente avec Manpower, le contrat de Maxence qui refusait de taire ses remarques. Le jeune homme est déplacé sur un autre site EDF pour effectuer les six mois restants.

 

Maxence se syndique à la CGT et se retrouve rapidement représentant du personnel chez Manpower. Il se met à potasser la législation du travail pour être « le plus utile possible ». Surprise ! Il s’aperçoit que les règles de rémunération ne sont pas respectées entre les intérimaires Manpower (ou autres entreprises d’intérim) et les salariés permanents statutaires d’EDF et ERDF. Les intérimaires ne bénéficient pas des avantages en nature que sont les remises sur le prix de l’électricité et des majorations pour heures supplémentaires. De petites sommes manquantes, certes, mais qui, sur la durée et rapportées et au nombre d’intérimaires (près de 2 000 chez EDF à l’époque), se transforment vite en plusieurs millions d’euros. « À ce sujet, j’ai réussi à prendre contact avec un inspecteur du travail de Paris qui a contrôlé les antennes EDF et Manpower qu’il avait dans son périmètre. » Il a dressé un procès-verbal en 2013 pour « délit de marchandage » à Henri Proglio, PDG d’EDF de l’époque, et aux responsables de Manpower d’alors, Alain Roumilhac et Françoise Gri. Hélas, ce PV ne débouche sur « rien, aucune action syndicale, aucune action de la part de la justice », déplore le syndicaliste. Depuis quelques jours, il y a prescription pour ce PV. Mais Maxence tente de rester optimiste, fort d’un autre pan de son enquête qui concerne cette fois les pratiques et les omissions de paiement de cotisations sociales du numéro deux de l’intérim

 

La Sécu et des millions d'intérimaires spoliés par Manpower

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