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18 décembre 2015 5 18 /12 /décembre /2015 19:24

Le système Uber démontre à nouveau ses dangers pour les travailleurs. En baissant unilatéralement les tarifs sur les plateformes de réservations, ils baissent de facto le revenu des chauffeurs. Ceux-ci se mobilisent ce vendredi, conscients de leur extrême précarité.

 

Helmi Mamlouk, président de l'association CAPA-VTC, s'est fait le porte-voix du "ras le bol" des chauffeurs. "Le marché s'effrite complètement (...) on demande aujourd'hui que le gouvernement nous défende", a-t-il lancé au micro, devant 200 chauffeurs rassemblés Place Maillot à Paris. Quelques banderoles étaient disposées sur des berlines avec les messages "chauffeurs en colère" ou encore "ubérisation = paupérisation". Un mot d’ordre que les chauffeurs de taxi avaient déjà lancé il y a plusieurs mois…


Aujourd’hui les VTC, qui seraient autour de 9.000 en Ile-de-France, se tournent vers l'Etat pour que les tarifs des VTC soient réglementés, avec l'instauration de tarifs minimums, à l'instar des taxis. Car après avoir venté l’ultralibéralisme du système Uber, les chauffeurs reconnaissent qu’"être VTC aujourd'hui en France, c'est un piège (...) ils se retrouvent endettés, dans une précarité totale et sans cadre juridique clair et précis", explique Mohamed Radi, secrétaire général de l'association VTC de France.

 

Chauffeur pour 30 euros par jour

En plus de leur absence de statut, les chauffeurs sont victimes de la guerre des prix qui fait rage entre les éditeurs d'applications de réservation par smartphone (Uber, Chauffeur Privé, etc.), mais aussi entre ces sociétés et les taxis.  Le mastodonte du secteur, Uber, a décidé début octobre de réduire de 20% ses tarifs à Paris, et le minimum de course est passé de huit à cinq euros, déclenchant déjà deux mobilisations de chauffeurs.


La société assure que la baisse des prix s'accompagnera automatiquement d'une hausse de la clientèle, réfutant ainsi toute diminution du chiffre d'affaires...  En moyenne, tous frais déduits (commission, taxe, location du véhicule, essence), il reste 2.000 euros par mois à Emmanuel Spina, adhérent à Actif-VTC, qui affirme travailler "70 à 90 heures par semaine", soit nettement en dessous du Smic horaire. "Certains vont au-delà de 90 heures et dorment dans les voitures", affirme-t-il. Selon Djaffar Zemmam, patron d'une flotte de cinq chauffeurs, depuis la baisse des prix par Uber, "chaque chauffeur perd minimum 100 euros par jour", au point que certains gagnent en net "30 euros par jour pour 11 heures de boulot".


Et comme Uber n’en est pas à une mesure antisociale près, le géant a majoré pour la seule journée de vendredi le prix des courses en Ile-de-France, pour les chauffeurs, afin de les inciter à travailler et casser la grève...
Les chauffeurs de VTC réclament plus largement d'être davantage associés à la gestion des applications mobiles. "Les conditions de partenariat ne sont plus réunis", estime le SETP. Notamment "la mise en place d'une commission disciplinaire" pour faire la transparence sur les déconnexions des chauffeurs, momentanées ou définitives, pratiquées par les plateformes.

 

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