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14 octobre 2015 3 14 /10 /octobre /2015 20:49

L'éditorial de Maud Vergnol. Un mauvais roman d’anticipation est en train de s’écrire sous nos yeux, dicté par les experts en novlangue libérale. Il s’appelle l’enfer social et on en connaît déjà les chapitres grecs et portugais.

 

Au rythme où nous emporte l’aveuglement gouvernemental, les services publics ne seraient très vite qu’un lointain souvenir. Après le cri d’alarme des maires, c’est au tour des départements d’appeler à l’aide. Les nouvelles coupes budgétaires qui leur sont imposées les placent au bord de la faillite. Quand les principales administrations d’un pays comme la France ne sont plus en mesure d’assurer leurs missions de service public, et de garantir le paiement du RSA qui permet à plusieurs millions de foyers de survivre, oui, la cohésion nationale est en danger.

 

Pour le gouvernement, ce serait le prix à payer pour une remise en ordre de la dépense publique. Tiens, 
on a déjà entendu cette petite musique… Ce fut le refrain qui accompagna le coup d’État financier contre la Grèce, cet été. Alors que le trio infernal s’acharne à réduire la dépense publique, en fragilisant toujours plus les classes populaires, les entreprises du CAC 40 vont pouvoir continuer à se servir généreusement dans les caisses de l’État, 
en recevant 16 milliards d’euros supplémentaires sans effets sur l’emploi. Et la dette va continuer à grimper…

 

François Hollande a scellé le sort de son quinquennat lorsqu’il a abandonné les clés de la politique économique aux technocrates de Bruxelles, en prêtant allégeance au traité budgétaire européen au lendemain de son élection. Il a suivi le précepte du maître à penser de la droite nationaliste française, Maurice Barrès, pour qui « la première condition de la paix sociale est que les pauvres aient 
le sentiment de leur impuissance ». C’est ce qui explique la violence du coup d’État financier contre la Grèce pour tuer dans l’œuf toutes les aspirations au changement. Quand les classes populaires commencent à être considérées comme un ennemi de l’intérieur, c’est qu’il est grand temps qu’elles reprennent la main.

 

 

L’État d’urgence sociale

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