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25 octobre 2015 7 25 /10 /octobre /2015 10:28

Nous dédions cet article à toutes nos amies, à tous nos amis amoureux de ce sport, surtout aujourd'hui où, en plus, nous avons appris la défaite hier de l'ASM !

Lundi dernier, l'Humanité titrait en Une :

 

« Rugby français, année zéro ! »

Que cet article fasse progresser la réflexion !

 

À la fin du match de vendredi, perdu face à Nouvelle-Zélande, la défaite était à l’image de la saison des bleus.  Photo : Franck Fife/AFP

À la fin du match de vendredi, perdu face à Nouvelle-Zélande, la défaite était à l’image de la saison des bleus. Photo : Franck Fife/AFP

L'Humanité - Stéphane Guérard - Lundi, 19 Octobre

 

La fessée (62-13) reçue par les All Blacks et l’élimination historique des Bleus en quart de finale 
appellent à une refonte totale du rugby français.

Et maintenant, bon courage Guy Novès. Depuis ce lundi matin, le maître à jouer du Stade Toulousain est officiellement sélectionneur du Quinze de France. À lui de faire voguer le navire amiral du rugby tricolore qui, à force de voies d’eau depuis au moins quatre années, vient de sombrer avec joueurs, entraîneurs et dirigeants. Pour la première fois depuis 1991, les Français n’atteignent pas les demi-finales d’un Mondial. Pire : leur élimination restera dans les annales comme la plus grosse défaite de l’histoire des quarts de finale. Les « manchots » tricolores du foot ont connu leur Knysna. La bleusaille taquineuse de ballon ovale vient de vivre son Cardiff. Et c’est dans un car gris-bleu silencieux que le Quinze de France a quitté la Coupe du monde dans l’anonymat d’une équipe médiocre, elle-même oriflamme de structures sportives dépassées.

Non pas que les joueurs tricolores se soient montrés aussi impolis que leurs homologues du ballon rond en 2010. Au contraire, ils furent très charmants. Au moment d’aller à l’abattoir, menés par leurs sélectionneurs et leurs dirigeants, ils se sont battus avec leurs faibles savoir-faire de professionnels élevés en batterie, puis payés chèrement pour se rentrer consciencieusement dans le lard chaque week-end de Top 14. Tous ont été balayés lorsque le niveau de jeu s’est élevé, face à l’Irlande puis contre la Nouvelle-Zélande.

Il y a vraiment deux à trois classes d’écart entre les deux équipes

La claque est violente. Meilleur joueur du monde en 2011, le capitaine Thierry Dusautoir, qui a sans doute disputé son dernier match international, reste soufflé : « Sortir d’une compétition comme la Coupe du monde, c’est compliqué, mais de cette façon encore plus. On n’a pas eu d’espace pour exister. Chaque fois qu’il y a eu des prémices de rébellion, on s’est fait contrer. Il y a vraiment deux à trois classes d’écart entre les deux équipes. » Parmi les trente et un engagés dans la compétition mondiale, soit la crème de la crème française, seuls les Maestri, Picamoles, Fofana et Spedding ont montré qu’ils pouvaient suivre le rythme.

Le naufrage des joueurs est d’autant plus affligeant qu’ils ont été lestés par leurs entraîneurs sélectionneurs totalement hors sujet. En 2012, Philippe Saint-André (PSA) dresse pourtant le bon diagnostic en appelant ses troupes à se préparer à tenir cinquante minutes de temps de jeu effectif. Mais ses remèdes sont totalement anachroniques, s’en remettant à un jeu restrictif, sécuritaire et bodybuildé digne du rugby des années 1990 quand toutes les autres nations présentes en quarts ont privilégié le mouvement et la prise d’initiative. Schématiquement, quand la France rêve de devenir l’Angleterre de 2003, avec une défense de fer et un buteur hors pair, tous les autres se convertissent au French flair.

Ce projet contre nature, et à contre-courant de l’évolution de ce sport, a fini par donner un haut-le-cœur au rugby mondial. À l’image de l’ancien international anglais Stuart Barnes, qui espérait samedi dans l’Équipe que la France « se fasse écraser et qu’on n’en parle plus. Pourtant, Dieu sait si je l’aime. Mais là, elle représente tout ce que je déteste : du muscle et pas de créativité ». La logique sportive a respecté la morale du jeu. Une équipe de France à la petite semelle ne pouvait vaincre des All Blacks aussi ambitieux. Avec 20 victoires, 2 nuls et 23 défaites, le bilan de PSA est le pire de ces vingt-cinq dernières années.

Depuis quatre ans, les Bleus stagnent aux dernières places du tournoi des Six-Nations et ne gagnent plus contre l’Irlande, la Nouvelle-Zélande, l’Afrique du Sud ou le pays de Galles. Mais comment en aurait-il été autrement avec un sélectionneur aussi indécis ? Saint-André a testé 82 joueurs, avec 17 formules différentes à la charnière, pour s’en remettre aux trois petits mois de préparation pré-Coupe du monde. « J’assume », a-t-il affirmé samedi soir après son ultime déroute. « Mais j’espère que le rugby français va se remettre en question et donner les moyens à ses joueurs d’être compétitifs, parce qu’on a des vrais talents. »

Tenter de changer le système, voilà peut-être le seul combat valeureux et sensé de Saint-André. Reprenant la cause de ses prédécesseurs, il s’est bagarré pour obtenir quelques jours de travail en plus avec ses sélectionnés. Il les a eus, à l’image du stage allongé de préparation au Mondial. Mais cette rustine déjà usitée en 2007 et 2011 n’a pu cette fois empêcher le naufrage. Car comme l’explique le vice-capitaine Pascal Papé, qui a annoncé sa retraite internationale samedi, « déjà en 2011, on le sentait : le rugby évolue dans tous les autres pays, sauf chez nous (…) Il faut que le rugby français se mette autour d’une table, qu’on pense un peu équipe de France. Sinon, tout prochain sélectionneur sera dans la galère. Cette Coupe du monde, c’est à l’image de ce qui ne va pas dans nos structures et dans notre rugby ».

Le tremblement de terre de Cardiff fera-t-il bouger les choses ?

Là encore, le diagnostic est connu de longue date. Le Quinze de France est la cinquième roue du carrosse français. Elle vivote, coincée entre une fédération gérée par des potentats aux rêves de grandeur (le grand stade d’Évry et ses 400 millions d’euros de budget) mais à la gestion à la petite semaine (à quoi a servi Serge Blanco en claquettes auprès des Bleus durant ce Mondial ?) et les clubs professionnels de l’autoproclamé meilleur championnat du monde, qui claquent leurs droits télé record en transferts non moins record, usent du ballon ovale pour se faire mousser ou spéculer dans l’immobilier. Pas sûr pour autant que le tremblement de terre de Cardiff et l’« alerte » envoyée par Pascal Papé fassent bouger tous les gouvernants de ce rugby de Clochemerle pathétique. Peut-être faudrait-il retirer le coq du blason des Bleus pour le remplacer par l’autruche ?

Grand chelem pour le sud ! C’est une performance inédite. Jamais dans l’histoire de la Coupe du monde de rugby, débutée en 1987, les équipes de l’hémisphère Sud n’avaient raflé les quatre places de demi-finalistes. Chose faite depuis ce week-end et sur le sol anglais, en plus ! Samedi, dans un match tendu, l’Afrique du Sud est venue à bout de coriaces Gallois (23-19) et a gagné le droit d’affronter la Nouvelle-Zélande dans cinq jours. Et hier, rebelote: l’Argentine a surclassé (43-20) une équipe d’Irlande courageuse mais limitée par les blessures. Elle sera opposée dimanche à l’Australie, bien bousculée hier par l’Écosse, mais finalement victorieuse (35-34) grâce à une ultime pénalité de Foley.

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