Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
30 septembre 2015 3 30 /09 /septembre /2015 21:01

Objet d’une enquête de la justice suisse, le président de l’UEFA oppose des arguments qui ne convainquent pas forcément. Le doute plane désormais sur la viabilité de sa candidature.

 

Lorsqu’on lui demandait comment il faisait pour effectuer des passes sans regarder, le joueur Michel Platini répondait invariablement : « J’avais regardé avant de recevoir le ballon ». Le responsable Michel Platini n’a pas retenu cette leçon - voir avant les autres - et le voilà empêtré avec quelque chose de bien plus ennuyeux qu’une balle en cuir : une enquête de la justice suisse. Et, en perspective, l’impossibilité de se présenter, en février 2016, à la présidence de la FIFA.

 

Les faits d’abord : il est soupçonné d’avoir reçu illégalement deux millions de francs suisses (1,83 millions d’euros), en 2011, de la part de la FIFA et de son président Sepp Blatter. Le président de l’UEFA assure que cette somme correspond à la rémunération de sa mission comme conseiller de Blatter de 1998 à 2002. La justice y voit le prix du silence acheté puisque le versement est intervenu au moment où Sepp Blatter se représentait pour un quatrième mandat, avec la non-concurrence de Platini.

 

Pourquoi ce dernier a-t-il attendu près de dix ans pour se faire payer son travail ? Ligne de défense de l’accusé, en substance : « On s’était mis d’accord sur le montant mais la FIFA n’avait pas les moyens à l’époque de tout régler. » On ne sache pas que la fédération internationale du sport le plus populaire au monde fut sur la paille après le Mondial français…

 

Se voulant offensif, le triple ballon d’or s’est adressé dès lundi dernier aux présidents des cinquante-quatre fédérations européennes. Pour prouver sa bonne foi, il assure avoir « entièrement déclaré ces revenus aux autorités, conformément à la loi suisse ».

 

Et il ajoutait : « Les autorités suisses m’ont interrogé à ce sujet vendredi passé, non pas en tant que personne accusée de quoi que ce soit, mais simplement en qualité de personne appelée à donner des renseignements ». Nouveau couac : le procureur général, Michael Lauber, a invalidé cette affirmation. « Nous n’avons pas entendu M. Platini en tant que témoin. Ce n’est pas vrai. Dans notre enquête, son statut est entre celui de témoin et celui d’accusé. » L’affaire se complique donc pour celui qui était présenté comme le grand favori dans la course à la succession de Blatter, qui a rendu les armes, en juin dernier, sous les coups de boutoir de la justice – américaine, celle-là.

 

Platini a certes réaffirmé hier qu’il maintenait sa candidature mais celle-ci n’a jamais paru aussi fragile. La date limite de dépôt des candidatures est fixée au 26 octobre. Le scénario des semaines à venir est loin d’être écrit. Sepp Blatter n’a-t-il pas été réélu triomphalement, quelques jours avant de se rendre à l’évidence que seule l’annonce de son retrait était politiquement viable pour l’organisation ?

 

Platini, mauvais défenseur

Partager cet article

Repost 0
L'HUMAIN AVANT TOUT Canton de Pont-du-Château
commenter cet article

commentaires