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21 septembre 2015 1 21 /09 /septembre /2015 21:59
Par Jean Ortiz. Et si nous reparlions de Révolution ? Ce mot « naît de la nécessité » ; selon le père Hugo, et « sera le nom de la civilisation ».

Par Jean Ortiz. Et si nous reparlions de Révolution ? Ce mot « naît de la nécessité » ; selon le père Hugo, et « sera le nom de la civilisation ».

Insomniaque de chez les insomniaques, je déblogue, je passe les nuits à rêver éveillé, à relire les classiques, les modernes , les dadaïstes, les « populistes » (ces affreux, ces nouveaux totalitaires !), les poètes et romanciers à mots si dits qu’ils en deviennent maudits, les œuvres complètes de Lénine, avant qu’elles ne soient vendues aux enchères, les discours du temps jadis de Fidel, les écrits de Gramsci, de Mariategui, de Simon Bolivar, d’Ernesto Guevara de la Serna, de Cantinflas, et jeanpasse la nuit.

Pour des raisons de ma volonté indépendantes, je n’ai pu « faire » la fête de « L’Huma ». Un vieil compañero journaliste communiste (donc suspect !), m’en a fait un compte rendu surprenant... Il y aurait vu beaucoup de jeunes avec des drapeaux rouges, des teeshirts du Che, assoiffés de révolution, d’utopies possibles. Je croyais jusqu’à présent, avec « Libé » et « LeMonde », qu’ils  venaient à la Courneuve pour les frites, la drague, la fumette, le couscous et les musicos. Tu en es sûr vieux frère? Tu les as vus ? Tu te souviens : La Havane, place de la Révolution... Les quadragénaires Chevrolet et Cadillac, leurs inusables soupapes, les Pontillac plus poussives que la papamobile.

Et si nous reparlions de Révolution ? Ce mot « naît de la nécessité » ; selon le père Hugo, et « sera le nom de la civilisation ». Le mot fait peur aux bourgeois, à beaucoup de petit-bourgeois, aux élites, aux exploiteurs, aux mous du popotin : eh bien tant mieux ! Reconquérons le vocabulaire long, le temps long ; n’ayons pas peur d’aller à contre-courant. Les classes dominantes criminalisent la sémantique de lutte des classes pour nous empêcher de penser, pour fabriquer des esclaves lobotomisés. Le danger de perdre des voix si nous reparlons de « révolution »? Je ne crois pas... Plutôt la certitude de regagner une âme, de l’enthousiasme, de garder la tête dans les astres... ceux-là mêmes dont la période pour accomplir une rotation... etc., etc. C’est selon le dico la définition de la révolution. OUI, « et pourtant elle tourne », et autour du soleil. La révolution trouble, paraît-il, les vérités institutionnalisées, l’ordre établi. Un ordre de cet ordre  (80% de la population mondiale se partage 5,5% de la richesse mondiale) mérite, exige, d’être troublé... Il y a fort longtemps, en 2014, les entreprises françaises réalisèrent un gain de + 30% de dividendes. Dans le même temps, selon la communisante INSEE, la France compte 8,6 millions de pauvres. Quelle autre solution par conséquent que de prendre aux riches, d’enfoncer le mur de l’argent, d’en finir avec ce système orwellien? La politique ne relève pas du cirque romain, dit un jour Julio Anguita ; elle doit faire penser, proposer l’unité, mais pour rompre avec le capitalisme, pas pour faire la chasse aux voix, pour se partager fauteuils et strapontins... Pour s’attaquer aux problèmes du quotidien, il faut voir loin. La révolution, ce n’est pas le sang dans les rues, mais donner à chacun ce qui lui revient, lui permettre de satisfaire rationnellement, sobrement, ses besoins, de manger à sa faim...

La faim, ce terrorisme du quotidien, qui tue 30 000 personnes par jour. Comment rester clean, propre sur soi, politiquement correct, face à ces holocaustes silencieux (et organisés) de la misère, face à toute cette pourriture, à cette nouvelle religion : l’intégrisme du marché ? Etre révolutionnaire,  c’est commencer par pousser un cri de refus et d’intelligence : cette société, je n’en veux pas ! Je ne l’assume pas ! Rébellion, révolution, ne sont pas des gros mots, mais les clés politiques d’un monde autre, qui nous rende chaque jour plus humains, qui nous donne une vraie conscience libre. Faire la révolution, c’est construire une majorité sociale, so-cia-le, loin de tout électoralisme, de toute démarche politicienne, des frivolités du système, c’est engager des processus pluriels de socialisation, de désaliénation, de démarchandisation, de partage des richesses, d’auto-gestion et pouvoir populaire, afin d’assurer le pouvoir (et les contre-pouvoirs indispensables) au plus grand nombre. C’est s’engager pour un monde de paix (il n’y a pas de paix sans justice), pour une remise en cause du productivisme effréné, du consumérisme sans limites, pour protéger la terre, la nôtre, la seule... Avant de couper un arbre, m’a confié au bord du lac sacré un paysan indien aymara, nous lui demandons la permission, et aussitôt, nous en replantons un autre...

Si j’avais vingt ans, la seule lutte contre l’austérité m’inciterait-elle à y consacrer une vie ? Jean doute.

Parlons de révolution, d’internationalisme, de socialisme, de communisme, et pas seulement aux jeunes.

Je sais, je sais... je suis rêveur chimérique, un brin archaïque, mais la ringardise a de l’avenir. *

Parlez-moi de révolution, donc d’amour !

 

 

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L'HUMAIN AVANT TOUT Canton de Pont-du-Château - dans Politique
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