Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
2 septembre 2015 3 02 /09 /septembre /2015 12:50

L'éditorial de Jean-Paul Pierot. Les masques tombent : la casse du code du travail est une entreprise savamment orchestrée, les "bad cops" ou "good cops" du gouvernements jouent leur jeu, mais leur but commun avec les représentant du patronat est bien de réduire à peau de chagrin les droits des salariés...

 

À peine a-t-elle été nommée au ministère du Travail en remplacement de François Rebsamen, qui préfère l’hôtel de ville de Dijon aux locaux de la rue de Grenelle, Myriam El Khomri a reçu une sorte de vade-mecum sous la forme d’une note du think tank social libéral Terra Nova. Une fois de plus – la chose n’est pas nouvelle puisque l’institut Montaigne, proche de la droite, s’est livré à la même opération – le Code du travail est présenté comme le responsable des maux dont souffre notre pays, comme le multiplicateur des chiffres du chômage. Six sociétés du CAC 40 enregistrent 40 milliards de profits en six mois sans que les créations d’emplois suivent et que les salariés n’en mesurent les effets sur la fiche de paie, c’est la faute au Code du travail. Va-t-on nous expliquer bientôt que le scandale de la prime de départ de 13,7 millions octroyée au patron d’Alcatel pour bons et loyaux services aux actionnaires – la suppression de 10 000 emplois – est rendu possible par une réglementation sociale trop protectrice pour les salariés ?

 

L’argument de tous les pourfendeurs du droit social, décliné à la manière du Medef ou à la façon de Manuel Valls et d’Emmanuel Macron, peut se résumer en quelques mots : en donnant aux salariés des garanties au niveau national face aux pressions d’un rapport de forces défavorable dans telle branche, telle région ou tel site industriel, le Code du travail limite les excès de la main invisible du marché. Face à ce qu’il considère comme un empiétement de la loi dans un domaine où devrait primer la « négociation », le grand patronat réclame de pouvoir exploiter sans contrainte : payer moins, augmenter le temps de travail, congédier à sa guise. Ce qui est nouveau, c’est que cette guerre sociale a enrôlé de nouvelles recrues au gouvernement et au Parti socialiste. Dans cette entreprise concertée contre le Code du travail, Terra Nova joue sa partition en poussant très loin des propositions qui conduiraient à une explosion du droit, laissant à MM. Valls et Macron le loisir de paraître plus modérés. Cela ressemble à un jeu de rôles dans lequel Myriam El Khomri, quelles que soient ses qualités, risque de ne pas peser bien lourd.

 

 

Partager cet article

Repost 0
L'HUMAIN AVANT TOUT Canton de Pont-du-Château
commenter cet article

commentaires