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4 septembre 2015 5 04 /09 /septembre /2015 20:08

Des milliers de Hongrois ont défilé mercredi en soutien aux migrants et pour dénoncer 
la politique ultraconservatrice du premier ministre Viktor Orban.

 

Plusieurs milliers de personnes ont manifesté, mercredi soir, dans le centre de Budapest, en signe de solidarité avec les migrants. Les participants, hongrois mais aussi étrangers, sont partis de la gare de l’Ouest (Nyugati) et se sont dirigés vers la place en face du Parlement pour un sit-in à l’appel de plusieurs organisations de la société civile telles que Migrant Aid ou Amnesty International Hongrie. Sur les pancartes, on pouvait lire « Pas en mon nom », mais aussi « Nous aussi nous étions des migrants », « Les réfugiés sont des êtres humains », 
ou encore « Nous avons besoin de ponts, nous ne voulons pas de barrières ». Un autre panneau dénonçait la barrière de fil de fer barbelé que les autorités hongroises ont érigée à la frontière avec la Serbie pour arrêter le flux de migrants.

 

Propagande honteuse d’un gouvernement qui veut tout contrôler

« Cette manifestation est importante. Elle représente la première occasion publique pour exprimer notre solidarité envers les réfugiés et protester contre la politique menée par le gouvernement sur ce terrain », nous a confié Janos, un jeune Hongrois. « Je critique les mesures adoptées par le gouvernement de Viktor Orban vis-à-vis de ce phénomène qui devrait être géré de façon plus humaine », 
a affirmé Judit, jeune participante au défilé.

Outre sa dimension solidaire, cette manifestation a servi aussi à dénoncer la dérive autoritaire du parti Fidesz, au pouvoir depuis 2010. D’après un groupe de manifestants interrogés devant le Parlement, il n’y a pas assez de lieux pour parler de l’activité d’un gouvernement qui voudrait contrôler tout dans le pays et qui a fait adopter une Constitution autoritaire, nationaliste et conservatrice. Mais il semble qu’Orban ne se préoccupe ni des critiques faites par les milieux progressistes de la société civile ni de celles prononcées par l’opposition de centre gauche, selon laquelle la propagande du gouvernement contre les migrants est honteuse. Honteuse et rétrograde parce qu’elle éloigne la Hongrie de l’Europe, et encourage les sentiments de xénophobie et de racisme.

 

Selon Orban, les flux migratoires menacentles racines chrétiennes de l’Europe

L’exécutif ultraconservateur fait construire une barrière à la frontière avec la Serbie, d’où arrivent presque tous les migrants qui cherchent à traverser le territoire hongrois afin de rejoindre les pays de l’Europe occidentale et du Nord, beaucoup plus forts sur le plan économique. Le mur a peut-être une vertu symbolique, mais il est inefficace à répondre aux objectifs de ses commanditaires. Si la barrière est presque achevée, le flux des migrants n’a pas diminué. Selon les autorités hongroises, cette année, le pays a été traversé par quelque 150 000 migrants, bien davantage qu’en 2014. Depuis plusieurs jours, la gare de l’Est (Keleti) à Budapest est pleine de personnes en attente d’un train pour se rendre en Allemagne ou en Autriche, en vain. Elles ne peuvent pas partir sans avoir obtenu le statut de réfugié. Les Syriens en appellent aux déclarations d’Angela Merkel en faveur de l’accueil. D’après le gouvernement hongrois, tout à son délire nationaliste, ces propos seraient responsables du chaos qui s’est créé gare Keleti. Jeudi, Viktor Orban a poussé le bouchon encore plus loin en publiant une tribune dans la presse allemande. Il y écrivait que les flux migratoires menacent les racines chrétiennes de l’Europe, celles qu’il entend défendre au nom des Hongrois, qui lui demanderaient d’engager cette bataille. Les manifestations de mercredi lui rappellent que sa croisade ne fait pas l’unanimité.

 

Hongrie : malgré le nationalisme, la solidarité

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