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3 août 2015 1 03 /08 /août /2015 22:12
Meurtre d’un bébé palestinien - Gaël De Santis - Lundi, 3 Août, 2015 - L'Humanité
 
Le meurtre d’un nourrisson palestinien, brûlé vif vendredi lors d’une attaque de colons, a été condamné largement en Israël. Mais seule une partie de l’opposition met clairement en cause la politique de colonisation menée par le gouvernement de Benyamin Netanyahou.
 
 
 
REUTERS

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L’horreur, vendredi, à Douma, en Cisjordanie. Quatre hommes masqués ont lancé des cocktails Molotov sur la maison de la ­famille Dawabcheh. Le bébé de dix-huit mois, Ali, n’en réchappe pas. Il est mort, brûlé vif. Ses parents et son frère se trouvent dans un état « critique ». Les auteurs, des colons, sont recherchés par les autorités israéliennes. Si l’identité des agresseurs est inconnue, les visages des responsables indirects sont, eux, bien connus. Ce week-end, le premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou, a eu beau jeu d’user de mots durs. Il a qualifié l’incendie d’« attaque terroriste », un vocable qu’il utilise habituellement pour désigner les actions de la résistance palestinienne.

 

Mahmoud Abbas va saisir 
la Cour pénale internationale

Le chef de gouvernement, qui a rendu – fait exceptionnel – visite aux parents, a même promis « d’arrêter les meurtriers et de les traduire en justice ». Cela masque mal que sous son règne les actions des extrémistes implantés dans les colonies ont rarement fait l’objet de poursuites.

On compte 11 000 attaques de colons ces dix dernières années en Cisjordanie, ­rappelle l’Autorité palestinienne, tandis que l’ONG israélienne Yesh Din relève que quinze maisons palestiniennes ont été brûlées depuis 2008 sans que les auteurs ne soient inquiétés.

Le gouvernement israélien, et celui qui en tient les commandes depuis 2009, ­Benyamin Netanyahou, portent une ­responsabilité énorme. « Les partis de droite au gouvernement ne peuvent s’arrêter à la condamnation, en se lavant les mains », a dénoncé Dov Khenin, membre du Parti communiste israélien et député de la Liste unie. Depuis des années, le premier ministre n’a cessé de jouer avec le feu en s’appuyant sur les lobbies et les partis colonialistes. Certes, l’action des colons, rassemblés vendredi sous le mot d’ordre « le prix à payer », fait suite à la destruction, mercredi, de deux maisons inachevées dans la colonie de Beit El, à la demande de la Cour suprême israélienne. Mais ce même mercredi, le gouvernement a fait savoir qu’il autorisait la construction « immédiate » de 300 logements dans cette même colonie. Ce n’est pas la première fois qu’une telle annonce est prononcée. Les nouveaux logements pullulent notamment à Jérusalem-Est et autour de ce qui doit devenir la capitale de l’État de Palestine. Et pour cause : au sein du gouvernement de Netanyahou, qui voit la participation de l’extrême droite, les colons se sont arrogé de bonnes places. Le Foyer juif de Naftali Bennett détient ainsi le portefeuille de la justice.

En Cisjordanie, l’émotion a été vive. En témoignent les manifestations dès vendredi, journée au cours de laquelle deux adolescents ont également été tués par l’armée d’occupation. Tout le week-end, de jeunes Palestiniens ont affronté les ­soldats israéliens.

Peu confiante en la capacité de Tel-Aviv à faire justice, l’Autorité ­palestinienne, par la voix de son président, ­Mahmoud Abbas, a annoncé qu’il allait saisir la Cour ­pénale internationale, dont les ­Palestiniens sont membres depuis cette année. Le camp de la paix, en Israël, s’est également mobilisé. Des rassemblements se sont tenus samedi dans de nombreuses villes du pays. À Tel-Aviv, le mot d’ordre était « Stop à la haine », mais parmi les forces politiques, seules la formation de gauche Meretz et la Liste unie ont clairement mis en cause la politique de colonisation, relève un communiqué du Parti communiste israélien.

À Jérusalem, le cortège a pris un tour particulier : les manifestants se sont rendus sur les lieux où, jeudi dernier, un extrémiste religieux a blessé à coups de couteau six participants à la Gay Pride.

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