Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
15 août 2015 6 15 /08 /août /2015 06:25

L'éditorial de Michel Guilloux. « Par l’armistice, j’ai sauvé la France et contribué à la victoire des Alliés », osera déclarer Pétain à l’ouverture de son procès, le 24 juillet 1945

 

« Par l’armistice, j’ai sauvé la France et contribué à la victoire des Alliés », osera déclarer Pétain à l’ouverture de son procès, le 24 juillet 1945. Cinq années se sont écoulées depuis la mise à mort de la République à la faveur de la déclaration de guerre. Cinq ans de pillage systématique du pays au profit de la machine de guerre nazie, scellé par la poignée de main de Montoire avec Hitler. Cinq ans de persécutions contre tous ceux qui relèvent la tête, militants de la CGT, communistes, gaullistes ou chrétiens, venant rejoindre les boucs émissaires traditionnels de la pensée fasciste : les francs-maçons, les gens du voyage ; sans oublier le « zèle » mis à livrer aux chambres à gaz et aux fours crématoires les citoyens français ou étrangers juifs. Et certains voudraient encore faire passer le traître à la patrie devenu son bourreau pour une vieille baderne dépassée par les événements ?

 

Admirateur de Salazar, le dictateur portugais, l’homme qui a mis en place le régime de « l’État français » représente le pire de ce que la réaction française a pu engendrer : la grand peur d’un peuple prenant en main son destin à la faveur de la Révolution de 1789, destituant les nobles et l’Église de leurs privilèges, croisant la haine de possédants face à un peuple ouvrier porteur d’un idéal d’égalité toute révolutionnaire au XXe siècle qui mène au Front populaire et à ses avancées sociales. Cette haine de classe et cette grand peur nourrissent la pensée collaborationniste du régime de Pétain, défendu par la fine fleur de la bourgeoisie d’alors, à commencer par un Renault, dont l’infamie conduira à rendre bien public ses usines à la Libération.William Faulkner disait que le passé ne passe pas et qu’il n’était même jamais passé. Durant près de soixante-dix ans, la poussée de progrès social qui a succédé au crime a condamné à l’indignité nationale ses « enfants », bien au-delà des sphères des seuls nostalgiques du maréchalisme. Le 21 avril 2002 a rouvert la brèche dans laquelle a pu s’engouffrer un Nicolas Sarkozy. La droite « décomplexée » qui en est sortie l’est aussi à l’égard de cette origine-là : soit sous le vernis de l’ultralibéralisme, la pensée la plus réactionnaire qui soit.

 

Décomplexés…

Partager cet article

Repost 0
L'HUMAIN AVANT TOUT Canton de Pont-du-Château
commenter cet article

commentaires