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27 juin 2015 6 27 /06 /juin /2015 23:31
L’Élysée à portée d’oreilles de la NSA  !
Bruno Odent - Jeudi, 25 Juin, 2015 - L'Humanité

Paris juge « inacceptable » l’espionnage sur les trois derniers chefs de l’État français mais se contente de réclamer le respect d’engagements antérieurs de Washington. Il appelle en même temps à « la mesure ».

L'espionnage de dirigeants français par les États-Unis et la directive européenne « secret des affaires » ont donné du grain à moudre à Maurice Ulrich, journaliste à l'Humanité. Réalisation : Abrahim Saravaki

Les téléphones des trois derniers présidents français ont été placés sur écoute par les services de la NSA, l’Agence nationale de sécurité des États-Unis. Les documents émanant du site WikiLeaks du lanceur d’alerte Julian Assange, publiés récemment par le quotidien Libération, sont sans appel. Aucune des démarches des trois chefs d’État, y compris celles qu’ils auraient souhaitées les plus confidentielles, n’a échappé aux grandes oreilles de Washington.

Après une série de scandales du même type, ces révélations prennent, cette fois, une dimension encore plus explosive et concrète. La preuve est apportée d’actes de barbouzerie systématiques au sommet de l’État par une puissance réputée alliée. « Inacceptable » , a dit le Conseil de défense réuni hier par le président français qui se contente toutefois de s’en remettre à un entretien téléphonique avec Barack Obama pour « rappeler que des engagements avaient été pris » par Washington, en 2013, après de premières révélations sur l’espionnage des télécommunications des Français.

Trop graves, des conséquences doivent être tirées immédiatement d’un tel comportement. À commencer par « stopper toutes les négociations sur le traité de libre échange transatlantique », a déclaré hier André Chassaigne, chef de file des députés PCF/Front de gauche à l’Assemblée.

Paris en appelle au respect des engagements pris par Washington en 2013 quand une première vague de révélations de WikiLeaks avait dévoilé l’ampleur du système d’espionnage des télécommunications des Français par la NSA. Dans le communiqué publié à l’époque, François Hollande et Barack Obama avaient souligné : « Les opérations de collecte de renseignements doivent être encadrées, notamment dans un cadre bilatéral, pour servir efficacement la seule lutte qui vaille, c’est-à-dire la lutte contre le terrorisme. » Sauf à considérer comme légitime de porter des soupçons de terrorisme sur leur personne, l’espionnage des trois derniers chefs de l’État français est en complète contradiction avec cette déclaration solennelle. Jane Hartley, la locataire de l’ambassade des États-Unis, dont le toit semble truffé des instruments d’écoutes les plus sophistiqués derrière un grossier dispositif de camouflage, a été convoquée. Il ne semble surtout pas question pour autant d’en tirer des conséquences plus tangibles. « Il faut qu’on garde la mesure », a aussitôt tempéré hier le porte-parole du gouvernement, Stéphane Le Foll, invoquant « les liens historiques entre les deux pays » et, une fois encore, « le combat commun contre la menace terroriste... »

L'Oncle Sam espionne la France et le pouvoir se couche !

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L'HUMAIN AVANT TOUT Canton de Pont-du-Château - dans Politique
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