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17 mars 2015 2 17 /03 /mars /2015 09:36

Sous ses airs de remède contre les inégalités d’accès aux soins, ce projet de loi fomente un nouvel épisode de privatisation du système.

 

On aurait tort de ne voir dans la fronde des professionnels de santé qu’un mouvement corporatiste arc-bouté contre la généralisation du tiers payant. La tendance existe. Elle est réelle même, relayée par la droite, en guerre contre la « gratuité totale des soins qui pousse à l’irresponsabilité », comme vient de le déclarer François Fillon.

 

Mais le malaise est bien plus profond. Macron-Touraine même combat ? La loi santé, qui entame aujourd’hui son parcours parlementaire, porte la même signature : un seul texte pour pléthore de sujets, un déni démocratique cette fois-ci incarné dans le recours à la procédure d’urgence et des lièvres à déterrer dans tous les recoins. À commencer par la généralisation du tiers payant, mesure de justice sociale mais dont la gestion pourrait être assurée par… les assurances complémentaires privées.

 

Sous ses airs de remède contre les inégalités d’accès aux soins, ce projet de loi fomente un nouvel épisode de privatisation du système. Rien n’est précisément écrit dans le texte mais tout est précisément suggéré. Ainsi, l’article 1er indique que les organismes de complémentaire santé sont « appelés à contribuer de façon décisive à la politique de santé ». Une première dans un texte législatif, inoculant le poison d’une tendance qui s’inverse entre les prises en charge de l’assurance maladie et celle des complémentaires.

 

Or, si les mutuelles gardent une approche solidaire, il n’en est rien des assureurs, Axa, Gan, Groupama, qui pensent avant tout en termes de gain de parts de marché. En Europe, c’est à ceux-là que Tisa, accord négocié en secret sur le commerce des services, tend les bras. Plutôt que de s’y soumettre, l’annonce, par exemple, d’un tiers payant obligatoire et 100 % Sécu aurait permis d’y résister. Tout comme le renoncement à une politique d’exonération de cotisations sociales qui amputent la Sécurité sociale des moyens de déployer ses missions de couverture solidaire et universelle. Oui, la santé a un prix. Inestimable. Celui de la vie.

 

Macron-Touraine

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