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13 mars 2015 5 13 /03 /mars /2015 23:36
Emma Gabrelle a été agressée et insultée trois fois dans la même semaine, alors qu’elle soutenait un mouvement de grève au lycée Louise-Michel  Photo: Pierre Pytkowicz

Emma Gabrelle a été agressée et insultée trois fois dans la même semaine, alors qu’elle soutenait un mouvement de grève au lycée Louise-Michel Photo: Pierre Pytkowicz

Grégory Marin - Vendredi, 13 Mars, 2015 - L'Humanité

 

À Bobigny, les militants communistes prennent des coups. Mais la dernière agression, celle d’Emma Gabrelle, vingt ans, a resserré les rangs et ravivé la flamme du combat contre la droite aux manettes [Tous les communistes de France et d'ailleurs sont et seront toujours aux côtés de toutes les Emma de tous les militants agressés par les fascisants de tous poils : NO PASARAN ! Ndlr].

« Je sais qu’il y a des risques. » Maintenant plus que jamais, Emma Gabrelle, vingt ans, connaît le prix de l’engagement. Début mars, cette jeune communiste de Bobigny (Seine-Saint-Denis) a été agressée et insultée trois fois dans la même semaine, alors qu’elle soutenait un mouvement de grève au lycée Louise-
Michel. Une expérience qui l’a marquée, mais qui a aussi renforcé son désir d’action politique comme celui de ses camarades. « S’ils s’attendent à ce que je m’arrête… » Le 28 février, la jeune femme « rentrait de voir le match du tournoi des Six-Nations France-pays de Galles » avec des amis. À quelques pas de chez elle, elle se retrouve seule. Entend des pas derrière elle, quelques paroles graveleuses. « J’ai cru à des gars un peu lourds… » C’est un peu plus : deux hommes la bloquent dans un recoin sans lampadaire, la plaquent contre le mur.

« Vous êtes pas tout seuls, les communistes, faites attention. » La scène dure à peine quelques secondes, puis ils s’en vont. Emma, sous le choc, ne « pense pas à une agression politique » : « Quand j’ai vérifié qu’ils ne m’avaient rien pris, j’ai juste trouvé ça bizarre. » Ce n’est que plus tard que lui revient en mémoire une conversation rapportée par son camarade du Mouvement jeunes communistes (MJC) Renaud Boissac avec « un mec de l’UDI » locale. Sur un marché, le militant de droite lâche aux communistes : « Vous ne serez plus tout seuls, vous aurez une armée en face de vous. » Ambiance.

« Tu parles trop »

Le lendemain, piqûre de rappel : deux hommes s’arrêtent à sa hauteur en voiture, lui demandant si « c’était bien, hier soir » et si elle avait « retenu la leçon ». Plus de doute, l’attaque était ciblée. Pourtant, depuis la campagne des élections municipales, qui avait été très dure – plusieurs militants communistes avaient été agressés –, Emma n’a pas noté de « tensions au quotidien ». Est-ce la mobilisation à Louise-Michel (contre la baisse de la dotation globale horaire et le manque de professeurs), qu’elle soutient et coordonne parfois même si elle a quitté cet établissement, qui est à ce point insupportable à ses agresseurs ? La suite tendrait à le prouver.

Le 5 mars, la militante sort de chez elle « vers 7 heures ». Elle avait fixé rendez-vous, via un événement Facebook, aux lycéens, une bonne quinzaine de militants et sympathisants des MJC très investis. Trois hommes cagoulés l’attendent au coin de la rue. À nouveau, elle est plaquée contre le mur. Une main serre sa gorge, un coup de poing lui coupe la respiration : « Tu parles trop », lui souffle un de ses agresseurs à l’oreille. Elle pense alors à son frère, sorti quelques minutes à peine avant elle pour aller au même lycée. « T’imagines s’ils s’en prennent aux petits ? », lâche-t-elle avec le recul. « C’est à moi qu’ils ont fait ça, mais ce sont tous les militants qui sont visés. »

Devant l’absence de réaction officielle malgré une plainte (Emma assure néanmoins avoir reçu des soutiens de jeunes UMP ou PS), le Mouvement jeunes communistes a interpellé le ministre de l’Intérieur et la garde des Sceaux dans une lettre ouverte. Considérant que « l’engagement politique, bénévole et désintéressé, est un atout dans une société marquée par le repli sur soi et l’individualisme », Deniz Cumendur, responsable du MJC de Bobigny-Drancy, et le secrétaire de la section PCF de Bobigny Benjamin Dumas leur demandent « d’agir et d’assurer dans notre territoire les conditions d’une expression politique libre et pluraliste ». À ce jour, ils n’ont obtenu aucune réponse. Pas plus d’ailleurs de la mairie UDI, qui affiche un désintérêt flagrant pour les actes de violence commis dans la commune.

« Je n’attends pas grand-chose d’eux », évacue Emma. Pas vraiment sereine, la jeune femme exclut pourtant tout arrêt de son activité militante. Sous la pression de son entourage, elle a bien pris un peu de recul. Mais « si ses agresseurs pensent qu’ils vont la faire “péter”, ils se trompent », lance Deniz. Après son agression, un débat a été lancé au sein du groupe sur la publicité autour de cette affaire. Vite tranché : un tract affichant son portrait dénonce son agression – « Ne laissons pas la violence l’emporter sur l’intelligence collective » – et propose l’adhésion. Le collectif a serré les rangs autour d’Emma. Comme au rugby, qu’elle pratique. « Après la défaite aux municipales, la droite pensait que le pack se désolidariserait, mais on est resté debout. »

En campagne permanente. L’union de ville Bobigny-Drancy des Jeunes communistes, renforcée après 
les élections municipales, fait sentir 
sa présence sur le terrain. D’abord en prenant la mesure, à l’écoute des jeunes, de la destruction du tissu social par 
la majorité municipale UDI : la fin du dispositif « Réussite solidaire », par exemple, qui, par l’aide administrative, l’insertion, permettait à des jeunes de monter un projet, de trouver un emploi… Ou l’abandon des aides aux petits clubs sportifs. « Des choses auxquelles ils tenaient. Ils ne se résignent pas à ces pertes et nous serons à leurs côtés » pour les retrouver, promet Deniz Cumendur.

 

Un modeste cadeau à Emma de la part des communistes du canton de Pont du Château !

Un modeste cadeau à Emma de la part des communistes du canton de Pont du Château !

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