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6 février 2015 5 06 /02 /février /2015 19:25

Nous avons très souvent eu l’occasion de vous alerter sur les difficultés de la presse. Cela fait des années que le journal La Terre se bat pour se maintenir à flot.

En cette triste journée, nous avons appris l’arrêt de sa parution hebdomadaire. La Terre continuera cependant d’exister sous la forme d’une revue trimestrielle.

Alors quand dans tous les « médias « nous entendons parler de liberté de la presse…n’oublions pas que dans la société actuelle l’information n’est qu’un produit sommé de générer des profits et non le sang qui coule dans les veines de la démocratie.

 

Nous publions un article paru dans la terre cette semaine dans la Terre sur François Mioch, premier rédacteur en chef de La Terre qui ne revint pas des camps de concentration nazis :

 

« C’est avec émotion et respect que nous rédigeons ce portrait de notre premier rédacteur en chef, mort dans les carrières du camp de concentration de Mauthausen le 9 janvier 1945. À travers lui nos pensées vont aussi à celles et ceux qui ont fait et diffusé La Terre dès sa parution le 30 janvier 1937. Sans oublier les abonneurs.

 

Originaire de Florensac (Hérault), une avenue y porte son nom, dans une famille de petits paysans, François commença à travailler à 12 ans comme jardinier puis ouvrier agricole jusqu’à la guerre de 14. En mai 1917, il rejoint le 81e régiment d’infanterie de Montpellier. Il en revient caporal, croix de guerre avec palmes, mais surtout déterminé à se mettre au service des petits paysans et des ouvriers agricoles et viticoles.

 

À cet effet, il adhère successivement au syndicat des paysans travailleurs dont il fut par la suite le secrétaire général et au PCF, sous l’étiquette duquel il fut élu municipal de Florensac. Dans le même temps il écrit dans le journal communiste Le Travailleur du Languedoc (l’actuel Travailleur Catalan) ainsi qu’à La Voix Paysanne jusqu’à la fin de sa parution en 1936. Il lui arrive aussi d’écrire dans L’Humanité sur les questions paysannes et il publie « Le statut viticole et la défense des petits vignerons » en 1939. Entretemps , Waldeck Rochet lui demande d’être le rédacteur en chef de La Terre dont le premier numéro paraît le samedi 30 janvier 1937 : « Paysan voici ton journal ! ».

 

Quatre personnes assuraient alors la rédaction et l’administration du journal dont Lucien Camus et Michel Onof, qui seront déportés à Auschwitz et en reviendront. Il y a aussi Solange, Henri Faure, rédacteur et imprimeur, Renée Mirande- Thomas, avocate et responsable de la rubrique juridique du journal. Et de nombreux correspondants et collaborateurs bénévoles tels Renaud Jean, député, Georges Guézennec, ingénieur agronome qui sera à la Libération le second rédacteur en chef de La Terre... sans oublier Bernard Paumier.

 

Le dernier numéro de La Terre avant-guerre est daté du samedi 26 août 1939. François Mioch y tient la « Tribune de la CGPT », son dernier article traite du nouveau décret-loi sur la viticulture et de la défense paysanne.

 

La Terre est dès lors imprimée et diffusée clandestinement. François y consacre toute son énergie jusqu’à son arrestation le 3 avril 1942. Emprisonné au Puy (Haute-Loire), il s’en évade le 1er octobre 1943 pour rejoindre le maquis FTPF local dont il devient commissaire aux effectifs... jusqu’en juin 1944 où il est capturé, torturé et déporté à Mauthausen. »

Arrêt du journal hebdomadaire la Terre

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L'HUMAIN AVANT TOUT Canton de Pont-du-Château
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commentaires

pierrick 06/02/2015 22:59

Je suis lecteur de La Terre depuis environ quatre cinq ans.
Le journal des campagnes m'a beaucoup appris sur le monde agricole, sur le quotidien des paysans. C'est gràce à la Terre que j'ai mieux compris le fonctionnement du "modele agricole français". Et c'est surtour grace à ses articles que j'ai compris qu'un autre metier de paysan était possible. L'agriculteur fournit un des plus beaux métiers sûil soit, nourrir les Hommes. Et il n'y a rien de plus noble sue ce combat des agriculteurs pour nous offrir de ce que la terre peut fournir, en vivant dans une parfaite harmonie avec elle.
Le journal La Terre transmettait des valeurs. Et sa disparition, c'est une petite victoire pour les maquignons de l'agriculture productiviste et dévastatrice. Car ol n'y aura plus grand monde pour faire vivre cette alternative.