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20 décembre 2014 6 20 /12 /décembre /2014 21:15
Conseil Municipal du 12 décembre 2014 - Vœu Abeilles - Intervention de Jacky Grand - Adjoint au Maire de Billom

Notre ami et camarade Jacky Grand a, lors du dernier conseil municipal de Billom abordé un sujet très important, celui de la baisse du nombre d'abeilles en France et dans le monde.

Nous publions donc le texte de son intervention !

Conseil Municipal du 12 décembre 2014 - Vœu Abeilles - Intervention de Jacky Grand - Adjoint au Maire de Billom

Les abeilles font marcher notre Terre. Ce sont des Insectes pollinisateurs c’est à-dire portant le pollen des fleurs qu’elles butinent sur le pistil d’autres fleurs, elles permettent la fécondation et la reproduction des espèces végétales. C’est grâce à cela que nous mangeons des fruits, des légumes, des épices,….

Aussi curieux que cela puisse paraître, elles contribuent « sans rémunérations » à créer beaucoup de richesses. Des estimations officielles montrent que plus du tiers de la nourriture mondiale produite est directement lié à ces pollinisateurs. La valeur liée au travail de pollinisation des insectes est estimé à la colossale somme de 153 milliards d’euros, c’est-à-dire à l’équivalent de près de 10% de la valeur de la production agricole mondiale. Autrement dit, la disparition des abeilles aurait de catastrophiques conséquences sur l’agriculture mondiale. Vraisemblablement, la production agricole et alimentaire diminuerait. Les prix alimentaires s’envoleraient. Voici donc un grand sujet.

En France, en 2013, la production annuelle de miel n’a jamais été aussi faible avec seulement 15 000 tonnes récoltées, soit moins de la moitié qu’en 1995, pour un nombre de ruches constantes ! Une inquiétante hécatombe qui touche de plein fouet les apiculteurs dont les rendements s’effondrent, les privant d’une grande partie de leurs ressources. Les consommateurs vont devoir acheter leur précieux nectar de plus en plus cher.

Personne ne conteste que l’introduction, dans les années 1990, des insecticides pour traiter les cultures, a coïncidé avec le début des difficultés des apiculteurs, constatant un déclin du nombre comme de la vitalité des abeilles. D’autres causes peuvent être invoquées, en particulier des épidémies de parasites ou de virus, la venue du frelon asiatique détruisant les colonies d’abeilles.

Mais le problème de fond reste le développement de l’agriculture industrialisée qui a incité à utiliser de plus en plus de fongicides, insecticides, herbicides qui se diffusent dans toute la plante au fur et à mesure de sa croissance, y compris dans les fleurs quebutinent les abeilles. Confrontées à des résidus, même à petites doses, les abeilles sont désorientées, se refroidissent et ne retrouvent plus leurs ruches. Leur système immunitaire étant affaibli, elles peuvent aussi développer des maladies qui entraînent la mort en quelques jours.

Depuis le 1er décembre dernier seulement, les institutions européennes ont décidé d’interdire pour deux ans, sur quatre cultures, trois insecticides, commercialisés sous les noms de Gaucho, Cruiser et Poncho.

La croyance en une agriculture industrialisée de plus en plus insérée dans l’économie capitaliste, pilotée par de puissants secteurs industriels et financiers ; la pression permanente des industriels de l’agrochimie expliquent certainement l’attitude des autorités européennes qui ont mis si longtemps à décider d’un simple moratoire sur l’utilisation de ces insecticides. Mais la suspension pour deux ans des 3 insecticides risque fort de ne pas suffire à rétablir les populations d’abeilles. Car, d’une part, l’interdiction ne concerne que le maïs, le colza, le tournesol et le coton, mais pas les céréales à paille semées en hiver (blé et orge), qui représentent en France un million d’hectares dont un tiers est traité aux insecticides.

Ces cultures sont pourtant souvent utilisées en rotation avec le tournesol, très attractif pour les abeilles. Et d’autre part, ces substances présentent une très grande persistance dans le sol, et les résidus de ces produits, utilisés pendant deux décennies sur des centaines de milliers d’hectares de cultures, resteront encore pour quelques années dans l’environnement.

Encore une fois on joue aux apprentis sorciers et c’est la nature qui nous le rappellera assez vite avec violence ! Il faut agir avant qu’il ne soit vraiment trop tard.

Je puis vous assurer que le député européen, Patrick Le Hyaric, PCF Front de gauche mène un combat acharné sur ce sujet.

 

Conseil Municipal du 12 décembre 2014 - Vœu Abeilles - Intervention de Jacky Grand - Adjoint au Maire de Billom

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