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6 septembre 2014 6 06 /09 /septembre /2014 22:16
Kaddour Hadadi dit HK, chanteur et citoyen du monde Photo : DR Dans l'Humanité Dimanche. HK a troqué, un temps, le micro pour la plume. Il signe son premier vrai roman à paraître le 25 septembre. L’homme n’est pas du genre à taire ses convictions et brader ses valeurs. Son « Néapolis » évoque sans fard la Palestine.

Kaddour Hadadi dit HK, chanteur et citoyen du monde Photo : DR Dans l'Humanité Dimanche. HK a troqué, un temps, le micro pour la plume. Il signe son premier vrai roman à paraître le 25 septembre. L’homme n’est pas du genre à taire ses convictions et brader ses valeurs. Son « Néapolis » évoque sans fard la Palestine.

On connaissait Kaddour Hadadi, dit HK, chanteur et citoyen du monde. Infatigable, ce saltimbanque prêt à ne rien lâcher est toujours là où on ne l’attend pas. Né en 1976 dans un quartier populaire de Roubaix (Nord), HK, avec son ami d’enfance Dias, fourbit ses armes au sein du groupe de rap Ministère des Affaires populaires dès 2004. Il fait montre d’un engagement profondément ancré à gauche sans toutefois être dénué d’humour, à l’instar du deuxième album de MAP, « Les bronzés font du ch’ti ».

Après un succès au Zénith fort de ses deux disques, le nordiste prend la tangente. Fini le hip-hop et bonjour la chanson française avec HK et les Saltimbanks. Nouveau succès notamment avec « Citoyen du monde » paru en 2011 où figure le célèbre « On lâche rien », et nouvelle bifurcation. HK surprend avec « les Déserteurs ». Véritable ode au multiculturalisme et aux doubles cultures, Kaddour Hadadi reprend des standards de la chanson française comme « Vesoul », « l’Affiche rouge » ou encore « le Plat Pays » en version châabi, musique populaire du Maghreb, en hommage à ses origines algériennes.

L’AUTEUR DU CÉLÈBRE « ON LÂCHE RIEN » SAIT AUSSI REPRENDRE DES STANDARDS DE LA CHANSON FRANÇAISE.

De la chanson au récit, il n’y a qu’un pas qu’HK franchit avec gourmandise. En 2012, HK troque le micro contre la plume. « J’écris donc j’existe » est son premier livre. Par le récit autobiographique, HK croque son quotidien et autres souvenirs d’enfance dans l’ancienne cité textile. L’occasion pour l’auteur de défendre les valeurs de partage, de solidarité qui lui tiennent tant à coeur. Loin d’être un simple coup d’épée dans l’eau, ce « J’écris donc j’existe » s’annonçait comme un délicieux présage à d’autres livres. Chose désormais faite avec « Néapolis », son premier « vrai » roman qui paraîtra le 25 septembre aux éditions Riveneuve. À travers un homme privé de mémoire, HK interroge la nôtre.

« Néapolis » se veut être le double littéraire de Naplouse (Palestine). Même avec la forme fictionnelle, HK ne se coupe pas des réalités du monde. Mieux, il les expose avec philosophie, poésie et humanité. Le désormais romancier sera présent au village du livre de la Fête de l’Humanité ; quant au chanteur, il sera sur la grande scène pour un concert de soutien à Gaza.

 

 

CONCERT POUR LA PALESTINE, SUR LA GRANDE SCÈNE DE LA FÊTE DE L’HUMANITÉ, SAMEDI 13 SEPTEMBRE, À 18 H 20.

  • « Je suis noir » : HK par lui-même (Extrait de « Néapolis » d’HK, éditions Riveneuve.)

Aujourd’hui, j’ai hâte que les policiers viennent m’interroger. J’ai enfin des réponses à leur donner ! Certainement pas le genre de réponses auxquelles ils peuvent s’attendre, mais ce sont mes réponses. Et je n’en changerai pas une ligne. Quand ils m’interrogeront sur mon passé, je leur parlerai de mes ancêtres, ces femmes et ces hommes dont je me souviens étrangement bien plus que de moi-même : esclave enchaîné au fond d’une cale d’un bateau, s’en allant construire un pays nommé « liberté ». Indigène, étranger dans ce pays qui l’a vu naître. Autochtone au nez percé, parqué dans une réserve qu’on a bien voulu lui « prêter ». Prisonnier, pour cause d’une coupable différence, entassé parmi d’autres dans ce wagon, dans la nuit et le brouillard... La liste de mes aïeux sera longue et je voudrais tous les citer un à un, mais cela n’intéressera pas mes geôliers, j’en suis sûr. Ils me couperont la parole : « Soit ! Mais qui es tu aujourd’hui ? » Alors je leur montrerai mes compagnons de cellule, et je leur dirai : « Je suis chacun d’entre eux ! Nous sommes... de ceux que l’on enferme sans qu’on ait besoin de leur dire pourquoi ! »

Ils voudront me persuader que je me trompe ; que je suis différent des autres ; que je ne viens pas du même pays, que nous n’avons pas la même couleur. Je leur répondrai alors que je suis daltonien ! Et, reprenant les mots du poète exilé, je leur dirai : « La vérité a deux visages, et la neige est noire. » Puis, je poursuivrai : – Je suis noir, de par mon premier ancêtre, noir comme cette mine de charbon, noir comme ce champ de coton. Noir comme cette colombe là-bas qui prend son envol. – Ah non, Monsieur ! La colombe est blanche ! – Et alors ? Le blanc, tout comme le rouge, le jaune ou le gris, peut être noir aussi. Il n’y a pas de couleur pour être noir. Oui, je suis noir ! Noir, comme l’encre qui coule dans mes veines. S’ils me parlent de race, je leur dirai que je fais partie de la race humaine. Et, enfin, s’ils me demandent comment je m’appelle, je ne leur mentirai pas. Je ne mentirai plus, ni sur mon nom, ni sur mon « amnésie », ni sur ce que je pense d’eux et de leur cirque : je leur dirai que, jusqu’à preuve du contraire, mon nom est personne !

Il nous a semblé que cette image correspondait le mieux à l'esprit de cet article et à notre "désesprérance" y correspondant !

Il nous a semblé que cette image correspondait le mieux à l'esprit de cet article et à notre "désesprérance" y correspondant !

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L'HUMAIN AVANT TOUT Canton de Pont-du-Château - dans Culture et politique
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