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19 septembre 2014 5 19 /09 /septembre /2014 22:00

La Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) fait paraître tous les mois un bilan des prix et des marges.

 

Il y a quelques semaines, les exploitants familiaux du Modef ont alerté, lors de la vente solidaire de fruits et légumes en région parisienne, sur la nécessité d’encadrer les prix agricoles. Ils proposaient notamment d’appliquer un coefficient multiplicateur, qui permettrait de rémunérer le travail paysan sans que le consommateur soit floué par des prix dispendieux. L’Observatoire des prix et des marges calcule l’évolution des prix agricoles à la production et à la consommation. Il calcule également le prix des matières premières agricoles importées. On apprend ainsi que le prix de ces denrées importées a augmenté de 5,4 % depuis l’été 2013, alors que les prix agricoles à la production en France sont en baisse de 5 %. Pour le consommateur, l’Observatoire détermine une baisse de 1,9 % des prix. Ce qui n’est pas aisé à déterminer dans un supermarché au premier coup d’oeil. Il existe une corrélation entre ces prix. C’est l’Insee qui la détermine.

 

« La hausse des prix des matières premières se diffuse très rapidement, en moins d’un trimestre, aux prix de production agricoles. Cette hausse des prix agricoles se transmet ensuite au bout d’un trimestre supplémentai re aux prix de production de l’industrie agro-alimentaire. Elle se diffuse encore un trimestre plus tard aux prix à la consommation de l’alimentation ». C’est ainsi qu’en 9 mois, les cours mondiaux soumis à la spéculation agissent sur le panier moyen du travailleur français.

 

Les cours mondiaux et les prix

À l’importation, la France est obligée de subir les coûts de produits qu’on ne peut pas cultiver chez nous. C’est le cas du cacao ou du café. En outre, les prix des céréales, de la viande, voire du lait sont presque tous aussi alignés sur les cours mondiaux suite aux différentes réformes de la PAC, et les derniers éléments de régulation sont en voie de disparition (fin des quotas laitiers en 2015 et des quotas sucriers en 2017).

 

En ce qui concerne les prix à la production nationale, il faut rappeler qu’ils sont eux aussi alignés sur les cours mondiaux. Leur évolution dépend également pour une grande partie (64,3 %) des coûts de production que représentent l’énergie, les semences, les engrais, l’alimentation animale pour l’élevage. Ainsi, selon le rapport de la DGCCRF, pour juin 2014, « le coût de l’énergie est en augmentation de 1,2 % sur un mois. Le rapport indique aussi ce que nous démontrons dans nos colonnes depuis longtemps, à savoir que par leurs achats et les conditions qu’elles imposent à ceux-ci, les industries agroalimentaires et la grande distribution ont aussi un rôle important dans la formation des prix agricoles ».

 

Les contradictions du libre-échange

Quant aux prix alimentaires à la consommation, leur indice en baisse reflète la manière dont la distribution répercute les hausses de prix agricoles, soit par une compression de ses marges, soit par un effort de productivité. Et la DGCCRF ajoute que ces évolutions comptables peuvent masquer certaines pratiques des distributeurs imposées à leurs fournisseurs. La baisse des prix alimentaires à la consommation n’est donc pas forcément une bonne nouvelle. Signe avant-coureur d’une possible déflation, la contraction des prix provoque nécessairement la hausse des taux d’intérêts réels. Les investissements sont bloqués et les salaires sont à leur tour compressés. Ce qui entraîne à terme une baisse de la demande et de la production. Le dogme libéral qui croit que les marchés se régulent eux-mêmes est pris au piège de ses contradictions.

 

 

 

Comment se forment les prix ?

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