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30 août 2014 6 30 /08 /août /2014 22:44
Photo Frédéric Durand

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Frédéric Durand - Samedi, 30 Août, 2014

 

La réunion des frondeurs, samedi matin, en marge de l’université d’été de la Rochelle, a été un succès retentissant. Le passage éclair de la ministre de la Justice Christiane Taubira risque de rouvrir la polémique avec Manuel Valls, moins d’une semaine après le limogeage brutal des ministres récalcitrants.

 

Frédéric Durand, envoyé spécial à la Rochelle. 

« Nous serons implacables sur tous les textes qui viendraient inscrire dans la loi de la République le recul des droits sociaux ! ». Christian Paul, député  proche de Martine Aubry, concluait sous les acclamations d’un amphithéâtre plein à craquer, samedi matin en marge de l’Université d’été de la Rochelle, la réunion des frondeurs socialistes. Le cocktail de la gauche du PS, qui réunit désormais bien au-delà de ses rangs les nombreux contestataires de la ligne gouvernementale, vient de réussir son pari : fédérer et commencer à structurer les opposants aux orientations politiques du couple exécutif. Ceux, qui, selon les mots du député Pouria Amirshahi se sont « vus confisquer leur vote de 2012 ».  Et la visite à cette occasion de la ministre de la Justice, Christiane Taubira, préparée dans la plus grande discrétion, aura eu l’effet d’un coup de tonnerre, moins d’une semaine après l’éviction brutale des ministres récalcitrants. Visite dont elle assure « assumer toutes les conséquences », et qui apporte aux frondeurs une caution plus qu’embarrassante pour l’exécutif.

« La gauche se doit à sa mission de transformation, avec la justice et l’égalité comme boussole », écrivent les frondeurs dans un appel qui signe l’acte de naissance de leur nouveau mouvement : « Vive la gauche ». Car, poursuivent-ils, en allusion au passage remarqué de Manuel Valls à l’université d’été du patronat : « Les applaudissement du Medef ne seront jamais le critère de notre réussite ». 

Le camp présidentiel a beau vouloir minimiser l’impact de cette campagne hostile au gouvernement, le parti socialiste s’en trouve profondément troublé. Nombre de militants oscillant entre devoir de discipline et volonté de respecter ses convictions. « La gauche est belle quand elle est fidèle à ses valeurs », défend le député Jean-Marc Germain, « Quand on est héritier des combats ouvriers on ne renonce pas aux 35 heures ! ».

Et c’est sur tous les fronts que le gouvernement se voit attaqué, jusqu’au récent abandon par Valls, de la loi Duflot prévoyant notamment l’encadrement des prix des loyers, alors qu’elle venait d’être votée à l’Assemblée nationale. Attitude qui faisait dans la foulée réagir l’ancienne ministre du Logement qui a qualifié, vendredi, cette situation de « vertigineuse », considérant que sa loi avait été « piétinée ».

Charge enfin résumée en une phrase par Jérôme Guedj, président du conseil général de l'Essonne, « Nous sommes les dépositaires de l’esprit et de la lettre du Bourget », ville qui accueillit le meeting auquel le candidat François Hollande avait alors assuré avoir pour « ennemie » la « finance ».

Reste à savoir jusqu’où voudront aller les députés contestataires lorsque Manuel Valls leur demandera un vote de confiance dans quelques semaines. Une massive abstention pour faire chavirer le nouveau gouvernement. Pour Bruno Le Roux, patron du groupe socialiste « il y aurait une dissolution et on se retrouverait dans une situation identique à celle de 1993 », législature ou socialistes et apparentés avaient obtenu à peine plus de 60 sièges sur les 577 que compte l’Assemblée nationale.

Une catastrophe électorale que balaye Marie-Noëlle Linemann, sénatrice et animatrice de l’aile gauche du Parti socialiste : «  la dissolution n’est pas une obligation, c’est le président de la République qui le décide, il peut parfaitement décider de faire un nouveau gouvernement conforme à la majorité ».

Après un débat ce soir où sont invités à la discussion avec le premier secrétaire du PS Jean-Christophe Cambadélis, les responsables du Parti communiste Pierre Laurent et des écologistes Emmanuelle Cosse, l’université accueillera Manuel Valls pour son discours de clôture dimanche. Les réactions dans la salle des militants socialistes seront scrutées à la loupe.

Message aux militants socialistes qui se reconnaissent dans « Vive la gauche » et ceci n'est pas une tentative de débauchage !

Message aux militants socialistes qui se reconnaissent dans « Vive la gauche » et ceci n'est pas une tentative de débauchage !

Il y a peu, des camarades qui ont milité avec nous dans le Front de Gauche Pont du Château, nous reprochait le fait que Pierre Laurent ait accepté d'aller à l'université d'été du PS à La Rochelle, allant jusqu'à comparer avec la participation de Manuel Valls à l'université d'été du MEDEF !

Pour notre part nous estimons que toutes les ovations n'ont pas la même valeur, celle de Valls par le MEDEF et celle de Pierre Laurent par les socialistes à La Rochelle !

 

A La Rochelle, Pierre Laurent juge que le contrat de 2012 a été « déchiré devant les Français »

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L'HUMAIN AVANT TOUT Canton de Pont-du-Château - dans Politique
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