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6 juillet 2014 7 06 /07 /juillet /2014 22:09
Manuel Valls lors de la conférence de méthode préparant la conférence sociale.

Manuel Valls lors de la conférence de méthode préparant la conférence sociale.

Une tribune de Bernard Lamirand, retraité, syndicaliste. « La conférence sociale devait permettre, nous disait Hollande après son élection, le dialogue social entre les différentes parties en cause et pour le développement social et économique. Ce n’était qu’une vaste blague, quand on voit les dégâts sociaux et économiques depuis l’élection de ce président. »

Regard sur la conférence sociale - La revanche de la classe de la collaboration

Depuis plusieurs jours, un formidable tir de barrage prépare un nouvel assaut du patronat contre les conventions collectives et le droit du travail. Dans un paysage social désolé depuis l’arrivée de Hollande au pouvoir, paysage auparavant labouré par Sarkozy, le mis en examen, il ne devrait plus y avoir que des ruines sociales et mettre à bas le programme du Conseil national de la Résistance (CNR) et le ranger dans une sorte de crypte mémorielle à laquelle le président viendrait exprimer quelques hypocrites nostalgies pour l’éternité. Rappelons la déclaration de Denis Kessler, ancien vice-président du Medef, gros assureur, qui disait à Sarkozy, devenu président de la République en 2007, dans le revue patronale Challenges, et préparant ses premières réformes sociales : « À y regarder de plus près, on constate qu’il y a une profonde unité à ce programme ambitieux. La liste des réformes  ? C’est simple, prenez tout ce qui a été mis en place entre 1944 et 1952, sans exception. Elle est là. Il s’agit aujourd’hui de sortir de 1945 et de défaire méthodiquement le programme du Conseil national de la Résistance » Eh bien, nous y sommes  ! Mais ce n’est pas Sarkozy qui le fait, bien qu’il en avait envie s’il eut été réélu en 2012, c’est Hollande, c’est Valls et le patronat.

Regard sur la conférence sociale - La revanche de la classe de la collaboration

Le tir de barrage se déroule actuellement pour préparer la conférence sociale. Toutes les organisations syndicales et patronales sont invitées à y participer. La conférence sociale devait permettre, nous disait Hollande après son élection, le dialogue social entre les différentes parties en cause et pour le développement social et économique. Ce n’était qu’une vaste blague, quand on voit les dégâts sociaux et économiques depuis l’élection de ce président. En guise de dialogue social fructueux, c’est un dialogue favorable au patronat le plus réactionnaire que la France ait connu depuis la Libération et dont les oreilles sont bouchées pour ne pas entendre le monde du travail qui n’en peut plus. Ainsi les patrons, unis comme aux plus beaux jours de la collaboration, qu’ils soient de grandes entreprises, de PME de l’artisanat et du commerce, ont envoyé un ultimatum à Hollande pour que celui-ci cède à tous leurs caprices, notamment à celui d’avoir des travailleurs taillables et corvéables à merci, à l’égal de ces travailleurs exploités provenant des pays de l’Est. Un Code défunt du travail, des conventions collectives devenant des règlements intérieurs patronaux, des temps de travail décidés unilatéralement par les patrons, des salaires de plus en plus minables, des droits démocratiques à l’entreprise amputés, la remise en cause de la pénibilité du travail pour avoir des droits supplémentaire à la retraite, des financements et des exonérations de cotisations sociales sans contreparties d’emplois, voilà les oukases patronales en direction d’un gouvernement, devenu une sorte de « maître queue » ou de vassal du Medef.

Regard sur la conférence sociale - La revanche de la classe de la collaboration

Ces exigences ont été reprises le mercredi 2 juillet, dans une tribune dans la presse, par Valls. Le patronat s’est immédiatement félicité de ce geste de déférence qu’il a reçu d’un premier ministre qui avait peur de la non-présence des patrons à la conférence sociale. Gattaz fils a ainsi gagné son pari : faire monter les enchères en faveur du capital et faire en sorte que le monde du travail en paye le prix fort, et que ce soit un président de gauche qui fasse le sale boulot. Une honte…

Regard sur la conférence sociale - La revanche de la classe de la collaboration

Nous assistons en ce moment à un étripage complet des droits des salariés et, en fait, à la concrétisation la plus extrême de leur mise en concurrence sous la base de la compétitivité, et donc de la réduction des coûts sociaux, comme ils disent. Le verdict est pourtant tombé dans un rapport officiel qui annonce pour la France un nouvel appauvrissement du monde du travail et l’enrichissement de ceux qui possèdent les moyens de production, financiers ou d’échange. C’est le résultat des abandons sociaux de ce gouvernement et de ce président, qui ne voient leur salut que dans l’unisson avec les forces de l’argent roi. Que vont faire les organisations syndicales dignes de ce nom ? L’accord national interprofessionnel sur la flexibilité, le pacte de responsabilité, la réforme des retraites, l’abaissement des droits concernant le chômage sont la triste résultante de ces conférences bidons. Certaines l’ont signé et se sont vautrées dans la collaboration de classe, et d’autres résistent, comme la CGT et FO. Alors, cette rencontre n’est qu’une conférence antisociale. Elle aura pour but le moins-disant social et le plus-disant pour les dividendes, mais aussi l’abaissement d’un pouvoir qui applique les décisions du patronat et en particulier celles prononcées par Kessler. Demain, que restera-t-il de notre Sécurité sociale en cours de démolition, de nos retraites déjà bien menacées et de nos comités d’entreprise qui pourraient disparaître ou bien ne relever que de seuils d’effectifs toujours plus élevés pour soi-disant embaucher sans ce seuil que le patronat n’a jamais accepté quand Ambroise Croizat l’a mis en place, notamment pour les PME ; même chose pour les délégués du personnel, pour les CHSCT eux aussi dans le collimateur, pour les conventions collectives, etc.

Regard sur la conférence sociale - La revanche de la classe de la collaboration

Nous sommes arrivés à l’exécution de cette revanche patronale, par ceux que de Gaulle, Croizat et le CNR stigmatisaient de leurs attitudes de collaboration avec les nazis pendant la guerre et de cette charte du travail – « travail, famille, patrie » – que ces profiteurs veulent ressusciter : aujourd’hui, ce beau monde revanchard a l’écoute d’un président élu à gauche. Quelle déshonorante attitude de sa part – je pèse mes mots. Alors, si on y va à cette Conférence sociale, c’est pour dire à Hollande : « Halte-là ! »

Regard sur la conférence sociale - La revanche de la classe de la collaboration

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L'HUMAIN AVANT TOUT Canton de Pont-du-Château - dans Politique
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