Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
11 juillet 2014 5 11 /07 /juillet /2014 18:00

La mobilisation des intermittents du spectacle ne faiblit pas. Le spectacle d’ouverture du festival d’Avignon a été annulé.

 

Ceux qui comptaient jouer le pourrissement dans le conflit des intermittents du spectacle en seront pour leur frais. Avec l’annulation de son spectacle d’ouverture, le Prince de Hombourg, le festival d’Avignon, vitrine du « spectacle vivant » à la française, est devenu vendredi dernier celle de tous ces artistes et techniciens mobilisés depuis trois mois contre un pseudo-accord qui veut, encore un peu plus, les enfoncer dans la précarité.

 

Seulement 43 % indemnisés

Les termes du conflit sont simples. Le régime d’indemnisation chômage des intermittents du spectacle, après la réforme de 2003, serait encore dégradé par l’accord signé le 22 mars par le Medef et quelques syndicats (CFDT, CFTC, FO). Trois mesures sont dénoncées, notamment par la CGT-Spectacle et la CIP (Coordination des intermittents et précaires).

 

Des salariés qui subissent une précarité constante

D’abord le raccourcissement du délai pour cumuler les 507 heures de travail exigées pour bénéficier d’une indemnisation : de 12 mois depuis 2003, il passerait à 10,5 mois pour les artistes et 10 mois pour les techniciens.

Ensuite l’instauration d’un délai de carence entre la perception des derniers revenus et le versement des indemnités. Enfin, l’augmentation de deux points des cotisations sociales, passant de 10,8 % à 12,8 %. Quand le Medef insiste sur le fait que les 507 heures travaillées (soit trois mois et demi) demandées aux intermittents constituent une « rupture de l’équité » avec le reste des salariés, qui doivent justifier de 610 heures, il « oublie » que ces derniers ont 28 mois et non 10 pour y parvenir. Surtout le régime des intermittents, créé en 1936, se justifie par la précarité singulière de ces professions, subissant des contrats très courts qui sous-estiment le travail réel. Par exemple, une représentation compte forfaitairement pour 12 heures de travail... sans tenir aucun compte des répétitions et du travail de préparation ! Résultat : sur 250 000 cotisants, 43 % seulement sont indemnisés. Quant à l’image de « privilégiés » des intermittents, elle est mensongère : le revenu médian de la profession s’établit à 13 700 euros par an, contre 18 400 euros pour le reste des salariés.

 

La lutte des artistes et techniciens du spectacle vivant est celle de salariés qui subissent une précarité constante, avec des répercussions lourdes sur leur vie et celle de leurs familles, sur leurs droits sociaux et économiques. Continuer à faire la sourde oreille serait pour le gouvernement, non seulement mettre en danger l’économie de la culture, mais commettre une injustice. Une de plus...

 

Leur vie, ce n’est pas du spectacle !

Partager cet article

Repost 0
L'HUMAIN AVANT TOUT Canton de Pont-du-Château
commenter cet article

commentaires